Nos looks préférés de Jean-Paul Belmondo au cinéma – Bobine

Temps de lecture : 13 minutes

tenue homme costume blanc

Publié par le 13 septembre 2021

(Crédit couverture : Jean-Paul Belmondo dans «Pierrot le Fou» de Jean-Luc Godard, 1965 / IMAGO / Prod.DB)

La nouvelle est tombée pendant que nous enregistrions notre podcast du mois, et c'est Benoît le premier qui lançait l'alerte : "Les gars, Jean-Paul Belmondo est mort".

Il y a quelques jours encore, je redécouvrais «L'Homme de Rio» sur les écrans d'Arte avec des étoiles plein les yeux. Voilà un film qui donne envie de voir la vie en bleu azur ! Et c'est à cet instant la première chose à laquelle je pense.

Puis viennent avec un peu plus de recul ses films avec Jean-Luc Godard, François Truffaut ou Jean-Pierre Melville et bientôt une foule de vêtements portés sur grand écran. Évidemment, Jean-Paul Belmondo, ce n'était pas que du cinéma.

Mais il y a déjà tellement à regarder dans ce domaine-là qu'on a de quoi en faire une Bobine un peu spéciale.

On peut lui trouver au moins un point commun avec Sean Connery, autre légende disparue en 2020 : vous pouvez compter sur l'un comme sur l'autre pour vous inspirer avec le vêtement. Alors allons-y : revue de style Belmondo sans ordre particulier, en huit pièces et associations clés.

1. Le blazer et le col roulé

«Un Singe en hiver» (Henri Verneuil, 1962)

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Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo dans «Un Singe en hiver» d'Henri Verneuil, 1962. (COLLECTION CHRISTOPHEL/IMAGO /Prod.DB)

Jean-Paul Belmondo, c'est près de 80 films et une carrière au cinéma qui débute à la fin des années 50. Si vous allez croiser ici de nombreux films des années 60, c'est que cette décennie aura été pour lui incroyablement productive. Il tourne alors beaucoup, à raison de plusieurs films par an. Et la plupart de ses grands rôles sont à chercher dans cette période.

Vous le savez : le pull à col roulé, c'est un grand classique de l'automne/hiver. On s'est d'ailleurs arrêté à deux reprises sur les pulls à col roulé de Jean-Paul Belmondo par le passé.

Si vous avez manqué ces épisodes, vous pouvez jeter un œil sur «Une Femme est Une Femme» de Jean-Luc Godard en 1961 ou «La Sirène du Mississipi» de François Truffaut en 1969. Au passage, il y a aussi de beaux manteaux dans ce dernier, comme celui-ci par exemple :

Mais revenons à notre combo gagnant : Belmondo porte dans chacune de ces histoires le col roulé avec un blazer. C'est une association classique mais toujours élégante. Ces deux films sont hautement recommandables si vous vous intéressez à la fois au cinéma et au vêtement.

Mais pour le plaisir, on peut en ajouter un troisième avec une combinaison identique : «Un Singe en hiver» d'Henri Verneuil.

Ceux qui habitent près des côtes normandes le savent sans doute déjà, le film a été en partie tourné à Villerville - jolies plages et village, si jamais vous passez par là .

Au casting de cette œuvre culte dialoguée par Michel Audiard, deux grands du cinéma français : Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo , ici dans la peau de deux grands "princes de la cuite" dont on découvre les aventures normandes, chinoises et espagnoles. Vous verrez que les deux hommes ont leur truc à eux pour voyager loin. Le Calva est évidemment de sortie mais rassurez-vous il y a bien d'autres choses à revoir.

À commencer par les vêtements. Ici, vous retrouverez certes Jean-Paul Belmondo avec un épais blouson shearling et c'est vrai, c'est une curiosité très intéressante.

Mais c'est bien une autre tenue qu'il faudra observer en priorité, pleine d'élégance et de sobriété et dont on peut plus que jamais s'inspirer : blazer en velours côtelé clair, pantalon et pull à col roulé sombres, probables mocassins aux pieds.

C'est parfait, et le film se revoit toujours avec le même plaisir. Alors bien sûr, rien de trop surprenant jusqu'ici pour les amateurs de vêtements qui nous suivent. Mais ceci dit, il est toujours bon de se remémorer quelques basiques du style. Poursuivons.

2. Le gilet de type workwear

«La Viaccia» (Mauro Bolognini, 1961)

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Jean-Paul Belmondo dans «La Viaccia» de Mauro Bolognini, 1961. (Collection Christophel/IMAGO/Prod.DB)

C'est une pépite méconnue de la filmographie de Jean-Paul Belmondo mais comment résister à pareil look ?

Pour le revoir, il vous faudra replonger dans le XIXème siècle italien et poser vos valises à Florence, une ville qui aime la mode et dont on vous parle entre autres chaque année à travers le Pitti Uomo.

En 1961, Jean-Paul Belmondo a 28 ans et Claudia Cardinale 23. Ils forment ici un couple ultra-séduisant mais ce n'est pas le seul atout de cette réflexion autour de la société des villes et des campagnes.

Les références y sont littéraires et l'ambiance est plutôt désespérée : un jeune quitte les champs et la maison familiale pour aller travailler en ville chez un oncle du genre Picsou. C'est alors qu'il rencontre le personnage de Claudia Cardinale et que l'histoire bascule.

Vous vous en doutez : les costumes de «La Viaccia» ne sont pas contemporains. On y trouve des robes et des costumes anciens.

Le look qui nous intéresse est assurément une tenue de travail plus que centenaire, avec un magnifique gilet de type workwear. Mais si vous avez déjà jeté un œil sur l'interview de Svante Nybyggars dans Déclic, vous savez qu'on peut tout à fait s'inspirer de ses ancêtres.

Des gilets avec esprit workwear, vous en trouverez par exemple chez ( L'Egoïste ) Paris, Universal Works, Tonton & Fils ou Carhartt. Pour d'autres pistes, vous pouvez également jeter un œil ici.

Celui qu'affiche Jean-Paul Belmondo ci-dessus ne manque vraiment pas de caractère : une matière rustique, probablement du velours côtelé et des poches un peu partout.

En dessous : une chemise blanche à rayures et une sorte de henley en maille à larges bords côtes. Le tout est complété par une paire de souliers et un pantalon qu'on imagine lui aussi dans une matière de caractère.

Inspirant ? Oui ! Mais vous allez voir que Jean-Paul Belmondo au cinéma, c'est encore pas mal d'autres propositions de style.

3. Le pantalon et le tee-shirt blanc

«Pierrot le Fou» (Jean-Luc Godard, 1965)

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Le plus grand film de Belmondo ? «Pierrot le Fou» de Jean-Luc Godard, 1965. (Collection Christophel / IMAGO / Prod.DB)

S’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait peut-être «Pierrot le Fou» de Jean-Luc Godard en 1965. C’est un film d’une richesse assez sidérante, qui combine tout ce qu’on aime à travers Bobine : le style cinématographique ET vestimentaire.

Jean-Paul Belmondo y est pour ainsi dire au sommet du style. Rien de tout cela n’a d'ailleurs pris une ride. Pour les curieux : une interview d'époque est à découvrir dans cette petite archive INA.

Il forme avec Anna Karina un autre couple mythique du grand écran. Mais «Pierrot le Fou» raconte bien plus que les aventures et l’histoire d’amour de leurs personnages Ferdinand et Marianne :

Peinture, BD, pop art, poésie, cinéma, etc. Le film est une somme d’influences et d’inspirations. Le travail sur la couleur en particulier est impressionnant. Cela se traduit logiquement jusque dans les vêtements.

Jean-Paul Belmondo ouvre ici le bal en costume Prince de Galles gris, chemise blanche et cravate rouge :

Tenue parfaite, bien vite suivie d’autres propositions qui oscillent entre le formel et le décontracté.

Et figurez-vous qu’il y a un peu tout ce qu’on aime chez BonneGueule : des mocassins, des chemises unies ou à rayures, des blazers en velours, des costumes marine et d’autres plus clairs, des pantalons à pinces, des chapeaux et des casquettes, et bien d’autres choses encore.

La tenue du film ? Peut-être celle qui illumine notre photographie ci-dessus : chemise à rayures colorée, mocassins et pantalon blanc, bel exemple de style estival inspiré.

Vous noterez au passage que c’est un jean blanc comme l'affectionnent Jordan ou Benoit, et peut-être le même modèle Lee que celui de Clark Gable. Vous pouvez le retrouver dans notre Bobine consacrée au denim américain.

Pour nos lectrices : les tenues d’Anna Karina sont aussi captivantes et figurez-vous qu’elle porte entre autres la veste militaire.

Au cinéma, on retrouve aussi du blanc dans les costumes et les tee-shirts de Jean-Paul Belmondo. Ces derniers sont incontournables dans le vestiaire masculin. Vous pouvez en apprécier un beau spécimen dans «L'Ainé des Ferchaux» de Jean-Pierre Melville en 1963 :

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Jean-Paul Belmondo dans «L'Ainé des Ferchaux» de Jean-Pierre Melville, 1963. (Collection Christophel/IMAGO/Prod.DB)

C’est un film foutraque et méconnu, qui raconte les aventures d’un boxeur déchu devenu secrétaire, garde du corps et homme à tout faire d’un homme riche et en fuite. Melville s’y dévoile pour la première fois en couleurs, et on y trouve aussi un joli thème de Georges Delerue.

Il est question d’affaires louches, d’Amérique, de Vénézuela ou de Frank Sinatra. Pour la petite histoire, Jean-Paul Belmondo a claqué la porte du studio avant la fin du tournage, embarquant avec lui l’autre acteur clé du film : Charles Vanel.

Ce n’est pas un mystère : les tournages avec Jean-Pierre Melville n’ont jamais vraiment été une partie de plaisir. Il se murmure que Robert de Niro aurait été approché pour un petit rôle mais que Melville aurait finalement envoyé promener l’acteur, ne le jugeant pas assez américain à son goût. Incroyable ? Tout est possible.

Sur la photographie ci-dessus, vous penserez peut-être au Marlon Brando d’«Un Tramway nommé Désir» (Elia Kazan, 1951). Après tout, c’est une des images les plus fortes du tee-shirt blanc au cinéma.

Comment faire simple et habillé ? Chez Belmondo, le tee-shirt blanc s’accompagne d’un beau pantalon à pinces gris et d’une paire de souliers.

Ailleurs, vous le retrouverez le plus souvent en costume gris clair, avec chemise blanche, cravate ou nœud papillon. C’est une approche du style plus formelle, sur laquelle on reviendra bien sûr tout à l’heure.

4. La chemise militaire ou à rayures et le polo manches longues

«L'homme de Rio» (Philippe De Broca, 1964)

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Francoise Dorlac et Jean-Paul Belmondo dans «L'Homme de Rio» de Philippe de Broca, 1964. (Collection Christophel/ IMAGO / Prod.DB)

Parmi les pièces fétiches de Jean-Paul Belmondo au cinéma : la chemise, sous toutes ses formes et couleurs. On peut par exemple jeter un œil sur les modèles qu'il porte dans «L'Homme de Rio» de Philippe de Broca en 1964.

C'est un très beau film d'aventures qui puise une partie de son inspiration dans les albums de Tintin. Paris, Rio de Janeiro, Brasilia : vous en prendrez probablement plein les yeux. C'est un film qui aime le voyage, le soleil et la couleur bleue - la mer, le ciel et les vêtements.

Au casting : Jean-Paul Belmondo et Françoise Dorléac, un des plus beaux couples à l'écran de cette année-là. Les tenues ne sont pas en reste : de chouettes costumes et smokings, une chemise à carreaux qui fait rêver et pendant une bonne partie du film une tenue issue de l'uniforme militaire habillé.

Soit un pantalon de type tailleur bleu marine et une belle chemise bleu ciel avec épaulettes et poches poitrine. Pour quelque chose dans ce genre, regardez par exemple du côté des pièces vintage de chez Brut Clothing.

Évidemment, l'émerveillement ne s'arrête pas qu'aux tenues de Belmondo. Françoise Dorléac aussi a quelque chose à raconter sur le style.

Pour ceux d'entre vous qui auraient besoin de voir pour croire, je vous invite à jeter un œil sur un des miracles du film. Ou comment Jean-Paul Belmondo transforme des souliers blancs en souliers noirs.

Vous trouverez bien d'autres chemises marquantes sur les épaules de l'acteur, à commencer par le modèle à rayures qu'il porte dans «A Bout de Souffle» en 1960 et que sa partenaire Jean Seberg n'hésitera pas à essayer. C'est le film étendard de la Nouvelle Vague.

Autre alternative ? Le polo à manches longues, tel qu’on peut le voir brièvement dans «L'aîné des Ferchaux» évoqué plus haut ou, plus présent et ensoleillé, aux alentours d’Aix en Provence, dans «A Double Tour» de Claude Chabrol en 1959 :

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Jeanne Valerie et Jean-Paul Belmondo dans «A Double Tour» de Claude Chabrol, 1959. (IMAGO / United Archives)

C’est un brillant hommage à Jean Renoir et à Alfred Hitchcock, en même temps qu’une peinture particulièrement violente de la bourgeoisie et de ses dessous-de-table.

Jean-Paul Belmondo y campe un jeune homme qui n’entend pas grand-chose aux règles de la bienséance. Un voyou aux yeux de Madame, mais un homme de style pour nous.

Imaginez plutôt : un blouson en probable cuir suédé kaki comme on pourrait en trouver chez Officine Générale, un polo à manches longues muni d’un joli col, un pantalon à pinces et des souliers. Soit une certaine vision de l’élégance masculine, chahutée ici par le caractère moderne et désinhibé d’un personnage qui inspirera celui d’«A Bout de souffle».

5. Le trench

«Le Doulos» (Jean-Pierre Melville, 1962)

Il ne vous aura pas échappé que Belmondo inspire depuis longtemps les marques de mode. C'est par exemple le cas d'Ardentes Clipei qui nous offre via la publication Instagram ci-dessus une belle occasion de revenir sur un des styles les plus marquants de l'acteur.

Vous vous souvenez peut-être de notre Bobine consacrée aux imperméables au cinéma : on y évoquait entre autres «Le Doulos» de Jean-Pierre Melville.

Beau casting : Serge Reggiani, Jean-Paul Belmondo, Michel Piccoli, etc. Et un film avec des costumes, des trenchs et des chapeaux en feutre, dans la plus pure tradition du film noir.

Jean-Pierre Melville est le plus grand ambassadeur français du genre. Des trois films tournés avec Jean-Paul Belmondo, «Le Doulos» est peut-être celui qui annonce le mieux les derniers chefs-d’œuvre du maître.

C'est un film signature, un polar avec tous les codes vestimentaires du genre, un jeu du chat et de la souris dans le milieu de la pègre.

Jean-Paul Belmondo s'intègre à merveille dans cet univers. Il n'y a qu'à voir comme il porte le trench, le chapeau et le costume ici : c'est comme s'il avait composé avec cette tenue toute sa vie. Nul doute qu'il a trouvé l'inspiration chez Humphrey Bogart.

Rien de surprenant ceci dit, l'acteur américain a largement contribué à véhiculer la silhouette si particulière du personnage de film noir. De son côté, Jean-Paul Belmondo imitait déjà Bogart dans «A Bout de souffle» de Jean-Luc Godard.

Si vous cherchez une inspiration habillée pour l'automne et ses jours de pluie, vous êtes dans tous les cas au bon endroit.

6. Le costume

«Charlotte et son Jules» (Jean-Luc Godard, 1961)

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Jean-Paul Belmondo, sa glace et son costume dans «Charlotte et son Jules» de Jean-Luc Godard, 1961. (Collection ChristopheL/IMAGO/Prod.DB)

Et le costume, me direz-vous ? C'est un passage obligé. Force est de constater que Jean-Paul Belmondo a connu plusieurs écoles au cinéma : costume trois-pièces, costume dépareillé, costume à l'italienne, costume ostentatoire ou pas, etc. Le choix et les matières ne manquent pas.

De mon côté, ma préférence va aux tenues présentées dans ses films avec Jean-Luc Godard. C'est un mélange d'habillé et de nonchalance, un art du costume plus ou moins dépareillé, avec des cravates parfois pas toujours impeccablement nouées.

Il y a bien souvent un chapeau pour conclure le look, ou bien une casquette de type gavroche comme dans le toujours influent «A Bout de Souffle» :

Sur la photographie plus haut, un autre exemple tiré du film «Charlotte et son Jules» en 1961. Chemise blanche et cravate, blazer avec du caractère et pantalon vraisemblablement dépareillé et de couleur claire. Des mocassins pour conclure ? On dirait bien.

C'est un petit court-métrage d'une dizaine de minutes, avec la voix du réalisateur comme fil conducteur et un Jean-Paul Belmondo qui porte également la marinière. Une jeune femme et son compagnon, une glace, un costume. Quoi d'autre ?

Pour d'autres costumes, et aussi de chouettes manteaux, on peut jeter un œil sur le moins connu «Classe tous risques» de Claude Sautet en 1960, avec Lino Ventura.

Enfin, pour les amateurs d'un style sartorial plus poussé, vous pouvez tout à fait jeter un œil sur le goût du luxe et de la belle vie affichée en costumes trois-pièces par les personnages de «Borsalino» (Jacques Deray, 1970) :

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Jean-Paul Belmondo et Alain Delon dans «Borsalino» de Jacques Deray,1970 (IMAGO/Cinema Publishers Collection)

Si ce style inspiré par les gangsters des années 30 vous semble un rien trop fort et stylisé, revenons à quelque chose de plus simple, brut et un peu sauvage : le blouson en cuir.

D'une certaine manière, on peut l'associer à l'une des particularités de Jean-Paul Belmondo dans le métier : son goût prononcé pour les cascades.

7. Le blouson en cuir

«Le Cerveau» (Gérard Oury, 1968)

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Jean-Paul Belmondo et Bourvil dans «Le Cerveau» de Gérard Oury, 1968. (Marcel Dole / IMAGO / Photo12)

Eh oui, c'est une des choses à retenir du style chez Belmondo au cinéma : la récurrence du blouson en cuir. On le trouve principalement dans ses films les plus populaires, comédies et films d'action comme «Peur sur la ville» (Henri Verneuil, 1975) ou «Le Marginal» (Jacques Deray, 1983).

Mon préféré de tous apparaît en 1968 dans une comédie un rien datée aujourd'hui, mais qui a le mérite de réunir le toujours très chic David Niven, Bourvil, Jean-Paul Belmondo et Eli Wallach, bien connu des habitués de Sergio Leone. Le générique est d'ailleurs un étrange croisement entre le western spaghetti et le psychédélisme sixties.

Pour l'histoire, disons qu'il est ici question d'un cerveau du crime, d'un casse exceptionnel à suivre dans un train postal et de deux hommes qui pourraient bien venir chambouler tout cela. C'est une des plus grosses productions françaises de l'époque.

Pour ceux d'entre vous qui n'ont jamais connu le sous-pull acrylique, vous en trouverez un bel exemplaire dans «Le Cerveau» : col roulé, couleur rouge/orange.

C'est typiquement le genre de pièces qu'on retrouvera partout dans la décennie suivante et que plus personne n'ose porter aujourd'hui. La matière utilisée pour les sous-pulls seventies en a probablement traumatisé plus d'un.

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De gauche à droite : Bourvil, Gérard Oury et Jean-Paul Belmondo sur le tournage du «Cerveau» de Gérard Oury, 1968. (Marcel Dole / IMAGO / Photo12)

En attendant, le porteur de ce sous-pull n'est autre que Jean-Paul Belmondo. Autour de cette pièce d'exception : un blouson en cuir marron, un pantalon noir et de probables mocassins marron.

Si le choix des couleurs n'est pas des plus heureux (orange, marron, noir), le blouson a quelque chose d'assez séduisant dans le design, avec ses poches à la poitrine et à l'épaule gauche.

De mon côté, je me prends même parfois à rêver d'un blouson équivalent avec les finitions et la matière du blouson en cuir de cerf BonneGueule. Vous imaginez un peu la bête ?

8. La casquette

«Itinéraire d'un enfant gâté» (Claude Lelouch, 1988)

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Jean-Paul Belmondo sur le tournage d'«Itineraire d un enfant gâté» de Claude Lelouch, 1988. (COLLECTION CHRISTOPHEL Etienne George / IMAGO / Prod.DB)

La casquette de type gavroche est indissociable d'un certain nombre de looks de Belmondo au cinéma. On pense évidemment à l'image du titi parisien. Aujourd'hui, on peut regarder chez Thomas Farthing ou A Piece Of Chic pour de jolis modèles.

Pour autant, c'est un autre type de couvre-chef qui nous intéresse ici et que j'ai déniché sur la tête de Belmondo au hasard de nombreuses recherches photographiques.

En 1988, Jean-Paul Belmondo a passé la cinquantaine et s’offre une nouvelle image à travers l’«Itinéraire d’un enfant gâté» de Claude Lelouch. Les deux hommes ont déjà travaillé ensemble à la fin des années 60, sur «Un Homme qui me plaît » avec Annie Girardot.

«Itinéraire d’un enfant gâté», c’est l’histoire d’une vie marquée par le cirque, la famille, les affaires et l’envie de tout envoyer valser. Le film est dédié à Jacques Brel.

S'il est parfois un brin alambiqué, il contient aussi des passages tout à fait intéressants. Jean-Paul Belmondo y interprète une figure paternelle et un drôle d’aventurier, qui disparaît en mer du jour au lendemain.

De là une nouvelle vie commence pour lui, faites de voyages, de solitude et d’éternels flashbacks. On découvre Belmondo en vieux loup de mer sur son bateau, avec couvre-chef en laine, grosse maille et ciré blanc. Sur sa table de chevet, «Robinson Crusoé» de Daniel Defoe.

Mais le plus souvent, c’est un homme comme revenu du style que l’on croise : une barbe grisonnante, des baskets, un Levi's 501 délavé, une ceinture à large boucle, un tee-shirt clair et un chapeau marron que n’aurait pas renié Indiana Jones.

Tout est devenu simple, sans excès, à l’exception d’un petit détail qui trahit encore son attrait pour les belles choses : une montre Breitling. Notez que Jean-Paul Belmondo a souvent porté de belles montres (Rolex, Hamilton, Cartier) au cinéma.

Sur la photo ci-dessus, on le retrouve probablement sur le tournage, avec tee-shirt clair, lunettes de soleil et casquette. Il y a probablement un jean bleach en dessous. Cette simplicité lui va comme un gant, et force est de constater que la casquette dans ces conditions a tout du couvre-chef parfait. Vous le savez, le sujet nous passionne et on en a déjà parlé ici.

Pour autant, Belmondo a toujours l’œil sur les choses de la mode, comme lorsqu’il reprend le personnage de Richard Anconina sur son costume : « Tu vas changer de costard parce que les rayures avec les rayures, ça va pas du tout ». Mais après tout, est-ce que tout cela vous étonne réellement ?

Et «Le Magnifique» alors ?

Depuis la disparition de l'acteur, la formule et le film de Philippe de Broca ont été repris par beaucoup comme un totem, notamment par une grande partie des médias. Est-ce pour autant la plus belle image à garder de Jean-Paul Belmondo ?

Je vous laisse vous faire votre propre idée ici :

De mon côté, j'avoue :  c'est un film "culte" du cinéma français des années 70 mais je ne suis pas client. Puisqu'il existe plusieurs Jean-Paul Belmondo au cinéma, chacun d'entre nous a bien sûr ses petites préférences et sa petite histoire avec l’acteur.

La mienne est finalement assez peu portée sur ses comédies, quand bien même vous avez déjà pu constater l'éclectisme assumé de Bobine.

C'est un bien étrange raccourci du personnage. Car ce n'est ni son meilleur film ni sa plus impressionnante prestation d'acteur, encore moins son personnage le mieux habillé. On peut éventuellement y piocher la tenue de l'écrivain devant sa machine à écrire mais pour le reste ?

C'est un film potache, pastiche des aventures de James Bond, et ça ne vieillit pas forcément très bien. Notez aussi que ce n'est pas non plus le plus grand succès en salles de Belmondo : son record au Box-office est détenu par «Le Cerveau» de Gérard Oury. Mais Jean-Paul Belmondo, c'est heureusement pour les passionnés de vêtements et de cinéma bien plus que «Le Magnifique».

Je vous recommande ainsi tous les films présentés ici les yeux fermés. Ils racontent tous quelque chose de l'histoire du cinéma et on y trouve des propositions stylistiques inspirantes, qui font écho au travail quotidien de la rédaction et peuvent s'inscrire dans des looks contemporains.

Alors bien sûr, si l'on regarde bien, «Le Magnifique» est un peu l'antithèse de tout cela : des tenues clinquantes et des accessoires qui brillent, tout y est le plus souvent too much. Mais c'est évidemment un parti pris assumé du film, que j'ai volontairement choisi d'écarter pour vous montrer j'espère un peu moins de second degré et davantage de subtilité. Pour le style et la rencontre de Broca/Belmondo, foncez plutôt sur «L'Homme de Rio» !

Évidemment, l'histoire ne s'arrête pas ici : il y a encore beaucoup d'autres films et tenues à redécouvrir chez Belmondo. C'est ici, si vous le souhaitez, que vous entrez en piste : partagez-nous donc votre histoire avec Bébel et racontez-nous vos tenues préférées de son cinéma !

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