Nos 20 chemisettes préférées du cinéma – Bobine #2

Temps de lecture : 23 minutes

Publié par le 15 juin 2020

Après les pyjamas au cœur du confinement, BonneGueule se penche à nouveau sur les vêtements au cinéma avec cette fois une pièce de saison, la chemisette. Rendez-vous ici tous jours à midi pour découvrir un nouveau film.

1. La chemisette la plus Riviera : Alain Delon dans Plein Soleil de René Clément (1960)

Il y a le ciel, le soleil et la mer. Véritable énigme dans la carrière somme toute gnangnan de René Clément, Plein Soleil n’est peut-être pas tout à fait un film de cinéma : c’est un parfum d’été late fifties, une histoire de mode matinée d’intrigue criminelle au large des côtes italiennes et peut-être même un documentaire un peu étrange sur l’impatience de la jeunesse et sur le jeune Alain Delon en particulier.

Bien plus que l’intrigue, c’est d’ailleurs ce dernier aspect qui fascine encore aujourd’hui. Car le soleil ici, c’est peut-être bien Alain Delon lui-même. Caractère ambigu, style affirmé, photogénie aveuglante, rien d’étonnant à ce que Plein Soleil revienne hanter chaque été les pages de mode plutôt que les revues de cinéma.

(Photo Sunset Boulevard/Corbis via Getty Images)

Cette irrésistible attraction, on la doit entres autres choses au charisme fou (mais compliqué) de son acteur principal et à son style très Riviera. Dans ses valises peuplées de faux-semblants : un miroir probablement, mais aussi des matières légères, beaucoup de chemises au ton pastel (rose et bleu clair), des mocassins blancs mais pas seulement, des blazers regatta et bien sûr de beaux pantalons blanc, crème, gris clair, etc. C’est simple : Plein Soleil est un guide du style pour l’été.

C’est parfait, intemporel, toujours de bon goût et rien ne manque : ni les shorts de bain, ni les accessoires (ceinture, montre, lunettes), ni même la chemisette imprimée qui va bien. Poche poitrine, belle couleur, beaux motifs. C’est une des stars du film, la petite touche d’élégance et de décontraction qui fait également office de symbole. Car oui, le vêtement ici n’est pas qu’un prétexte de style : c’est aussi une signature, une carte d’identité, le point de bascule entre deux personnalités.

Pour plus d’Alain Delon au cinéma : L’Éclipse (Michelangelo Antonioni, 1962)

2. La plus hawaïenne : Elvis Presley dans Sous le ciel bleu de Hawaï de Norman Taurog (1961)

Elvis Presley connaissait la Fureur de vivre par cœur et rêvait de marcher sur les traces de James Dean. Poussé comme toujours par l’appât du gain, le Colonel Parker (faux colonel, vraie arnaque, manager exclusif d’Elvis dont il empocha le quart des revenus de 1956 à 1966 puis la moitié de 1967 à 1977 !) fera de la carrière du King au cinéma un cauchemar.

Photo Sunset Boulevard/Corbis via Getty Images

Si Elvis Presley n’a tourné que dans une invraisemblable série de nanars dans les années 60, pourquoi se forcerait-on aujourd’hui à revoir Sous le soleil bleu de Hawaï ? Pour ses paysages, sa cabane-refuge sur la plage, ses cocktails Mai Tai et son insouciance sixties ?

Peut-être tout simplement par curiosité, pour Elvis lui-même, sa voix bien sûr mais aussi son style et… ses chemisettes hawaïennes : pas de blue jeans ici, mais des couleurs locales semblables à celles popularisées quelques années plus tôt au cinéma par Montgomery Clift, Fred Astaire et Ernest Borgnine dans From Here to eternity (Fred Zinneman, 1953).

La formule est simple : une guitare ou un ukulélé, une paire de souliers noirs ou beiges, un pantalon blanc ou beige, le tout rehaussé par une impressionnante collection de chemisettes plus ou moins imprimées. Elles sont de toutes les couleurs (blanc, beige, jaune, bleu ciel, bleu marine, rouge), de tous les styles (patchwork, western, unies ou à motifs, avec des oiseaux, des fleurs et même des bateaux) et certaines sont aussi cools que magnifiques.

Vous pouvez oublier tout le reste (les clichés, le mauvais scénario, la mise en scène absente, le jeu des acteurs), fermer les yeux et remettre un disque du King, Blue Suede Shoes par exemple.



Pour en savoir plus sur Elvis Presley : le Roman d’Elvis de John Carpenter (1979)

3. La plus calypso : Robert Mitchum dans Les Nerfs à vif de J. Lee Thompson (1962)

A la fin des années 50, Robert Mitchum enregistre un disque d’inspiration calypso avec un groupe venu tout droit des Antilles. Le résultat est assez bluffant, et la pochette, avec notre homme en pantalon blanc, bouteille à proximité et chemise bleue grande ouverte, est un collector.

Quelques années plus tard, Robert Mitchum tourne Les Nerfs à vif avec Gregory Peck. C’est un thriller bien ficelé, une bonne surprise au regard du CV de son réalisateur J. Lee Thompson et surtout un rôle parfait pour Robert Mitchum. Si la musique calypso évoquée plus haut laisse ici la place au beau suspense orchestré par Bernard Herrmann (Psychose, c’est lui), le style de l’acteur reste quant à lui dans l’esprit tropical : accoudé au comptoir, chapeau Panama sur la tête et cigare aux lèvres, mocassins, pantalon blanc, chemisette à col ouvert et motifs à pois.

(Photo Silver Screen Collection/Getty Images)

Vous ne trouverez probablement pas de « bad guy » plus décontracté en 1962. Évidemment en face, il est souvent question de morale, de loi et de sécurité et le reste du casting peine parfois à exister dans ses vêtements plus stricts et sans histoire(s).

Au début des années 90, Martin Scorsese reprendra ce film à sa manière, plus violente, Robert de Niro poussant le rôle de Mitchum plus loin encore. Le personnage est clairement plus dérangé mais la chemisette est toujours là, cette fois-ci en couleurs et dans un style très aloha.

Plutôt fan, Robert de Niro en porte d’ailleurs d’autres au cinéma, comme par exemple dans cet autre film de Scorsese : New York New York en 1977.

Pour plus de Robert Mitchum au cinéma : La Nuit du chasseur (Charles Laughton, 1955

4. La plus oscarisée : Sidney Poitier dans Le Lys des Champs de Ralph Nelson (1963)

(Photo LMPC via Getty Images)

Le nouveau western, moderne. Jean blanc ou chino beige, tee-shirt blanc, chemisette à carreaux, veste en denim blanche : la coupe de toutes ces pièces est parfaite, merveilleusement actuelle, avec une belle paire de boots pour parfaire le look et fouler tranquille les terres arides de l’Arizona.

TAOS, NM - MAY 1963: Actor and director Sidney Poitier on the set of the movie 'Lilies of the Field' for which he won the Academy Award for best actor, in Tuscon, Arizona. (Photo by Michael Ochs Archives/Getty Images)

L’image est belle, rehaussée par le grain du noir et blanc et l’ambiance générale, soleil de plomb, désert jusqu’à la pointe de l’horizon. Ainsi s’avance Sidney Poitier sans chapeau ni cheval, héros « feel good » et travailleur d’un petit film sur la foi et le rêve américain qu’on aurait probablement oublié s’il ne lui avait permis de décrocher l’Oscar du meilleur acteur en 1964. C’est alors une première pour un acteur noir à Hollywood : belle récompense pour cet homme parti de rien qui tournera dès les années 50 avec quelques-uns des plus grands cinéastes de l’époque, de Joseph Mankiewicz à Otto Preminger.

Si le Lys des champs vaut surtout pour la performance un rien écrasante de son acteur principal, force est de constater que Sidney Poitier y charme aussi par son sourire bienveillant, son style et ses tenues toujours simples mais bien senties. Ici un beau costume typique des sixties pour les célébrations, là une chemise d’inspiration militaire pour la touche workwear, ailleurs une apparition quasi divine sur les routes abandonnées du grand Ouest : lunettes noires, tee-shirt blanc, belle chemisette imprimée qu’on imagine colorée et très agréable à porter, pantalon et jolis souliers pour conclure.

Ce n’est sans doute pas la tenue rêvée pour fendre la poussière, mais c’est assurément la plus magique de ce film par ailleurs plutôt modeste et austère.

Pour plus de Sidney Poitier au cinéma : Dans la chaleur de la nuit de Norman Jewison (1967)

5. La plus élégante : Sean Connery dans Opération Tonnerre de Terence Young (1965)

affiche film opération tonnerre James Bond
Question existentielle récurrente à l’approche de l’été : comment rester élégant avec une chemisette ? Si Alain Delon apportait un premier exemple de pure élégance méditerranéenne dans Plein Soleil , le personnage incarné par Sean Connery depuis 1962 devrait en toute logique continuer de vous inspirer : dans les années 60, c’est quoiqu’on en dise un incontournable du style au cinéma et les variations estivales d’Opération Tonnerre ne dérogent pas à la règle.

Photo Michael Ochs Archives/Getty Images

En témoignent les nombreuses scènes tournées aux Bahamas et leur grande variété de polos et surtout de chemisettes : soleil au beau fixe, cols ouverts évidemment, Gingham rose ou bleu, monochrome bleu ou rose, voire même blanche à rayures bleues. Elles ont chacune leur truc et leurs tenues, qui va de l’été le plus habillé au plus décontracté et comme d’habitude, cela participe grandement à l’attraction du film.

Ma chemisette préférée de ce film de 1965 ? Sans doute la rose que l’on découvre en premier, pour la couleur, la coupe et la texture. A noter que l’ingénieux M cède lui aussi aux sirènes de la chemisette —tendance Hawaï et ananas— et que l’on trouve bien sûr plein d’autres trouvailles stylistiques et techniques dans ce film d’aventures à l’ancienne toujours aussi efficace, dans le juste sillage du précédent Goldfinger et avec quelques prouesses sous-marines en plus.

Pour plus de Sean Connery au cinéma : Marnie d’Alfred Hitchcock (1964)

6. La plus baroudeuse : Jack Nicholson dans Profession : reporter de Michelangelo Antonioni (1975)

10 ans ont passé depuis les belles chemisettes camp collar de Sean Connery. Notre série reprend sa route, quelque part sur les pistes cramées du Sahara et le ventre mou des seventies.

La météo est caniculaire, le style baroudeur et presque documentaire et notre personnage du jour file en Land Rover à travers un océan de sable : sandales en cuir, utility trousers kaki, chemisette à carreaux rouge très largement ouverte, lunettes de soleil iconiques et bob fatigué.

Personne d’autre que Jack Nicholson n’aurait pu mieux faire son entrée, ainsi accoutré, dans le cinéma du plus mystérieux des cinéastes italiens : Michelangelo Antonioni. Si Profession : Reporter est le premier authentique chef-d’œuvre de cette sélection, on le doit autant à la vision de son auteur qu’à ses deux interprètes principaux, Jack Nicholson et Maria Schneider.

(Photo Sunset Boulevard/Corbis via Getty Images)

C’est un film d’aventures, de fugues et de regards qui raconte un peu de ce que Cesare Pavese appelait le métier de vivre. C’est aussi un film pas bavard où l’on voyage beaucoup et où l’on s’habille un peu, notamment avec des chemisettes.

Pour Maria Schneider : unique, imprimée de bleu et d’oiseaux. Pour Jack Nicholson : plurielles, écrues, vertes, bleues, bordeaux, de type classique, unies, à carreaux ou safari, souvent munies d’une poche poitrine et simplement associées avec des chinos et pantalons à pinces . C’est simple, efficace et il y a même des souliers bordeaux et une belle moustache pour les fans de Panache.


Pour plus de Jack Nicholson au cinéma : Chinatown (Roman Polanski, 1974)

7. La plus extra-terrestre : David Bowie dans L'Homme qui venait d'ailleurs de Nicolas Roeg (1976)


Nouveau Mexique, fin des années 70. A propos de son premier grand rôle au cinéma, David Bowie avouait n’avoir rien compris à ce qu’on lui faisait jouer. A sa décharge, le travail de Nicolas Roeg est parfois difficile à suivre.

Si l’œuvre du cinéaste anglais aime brouiller les pistes et jouer avec les références, elle aime aussi faire tourner les musiciens : Mick Jagger dans Performance, Art Garfunkel sans Simon dans Bad Timing et donc David Bowie dans l’Homme qui venait d’ailleurs.

 

C’est un film à mi-chemin entre la science-fiction et le documentaire. Son sujet : l’Amérique, le grand Capital, les médias et bien sûr son acteur principal dont le style s’inspire ici des années 20, du Japon et de la mode occidentale. On trouve donc pêle-mêle un beau manteau à capuche , des chapeaux, des costumes, un Harrington, des pantalons coulissés ou des kimonos mais la séquence qui nous intéresse le plus se joue entre le « salon » et la salle de bains, entre un mur de téléviseurs allumés sur le monde et une femme qui prend son bain.

Bowie est comme absent. Chemisette blanche ajustée, pantalon anthracite large, belle tenue « homewear » qui se révèle surtout dans ses petits détails : la chemisette est joliment texturée, à la manière des cotons japonais, et le pantalon pourrait bien être un jogpant comme on les aime, confortable et stylé.

Bien des années plus tard, Bowie endossera une chemisette moins extraterrestre mais tout aussi étrange dans Twin Peaks, à travers une tenue qui s’inspire autant des années 40 que du Don Johnson de Miami Vice . De quoi hanter une nouvelle fois les écrans.

Pour plus de David Bowie au cinéma : Twin Peaks : Fire Walk With Me (David Lynch, 1992)

7bis. La plus insolite : Jacques Villeret dans Les Naufragés de l'île de la tortue de Jacques Rozier (1976)


Tout aussi extraterrestre, du moins à l’échelle du cinéma français des années 70 :
 ce très beau film d’évasion(s) tourné en grande partie aux Antilles par le trop rare Jacques Rozier.

A son bord la star du Grand blond avec une chaussure noire comme vous ne l’avez probablement jamais vue : plus Pierrot lunaire que jamais, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire, ici sur les traces de Daniel Defoe, des films d’aventures, de pirates et d’îles aux trésors.

Si l’idée de départ ressemble à une blague, le film a tout du poème improvisé, comme s’il était à l’instar de ses personnages en quête d’une île déserte qu’il finira par trouver en lui-même : les Naufragés de l’Ile de la Tortue est un film vierge, unique en son genre, le refuge ultime pour qui souhaiterait s’affranchir du déjà-vu au cinéma.

Coté style aussi, c’est assez unique : si vous n’avez jamais vu de costume en jean patchwork, vous le trouverez ici, chez Pierre Richard. Évidemment, ça vaut le coup d’œil et les scènes parisiennes sont les plus connotées seventies .

Heureusement les choses s’estompent rapidement vers le plus de blanc, à mesure que l’on s’éloigne des temps modernes. Pierre Richard est ici un fervent partisan du chapeau de paille, du henley de Robinson gris ou rose et plus généralement, à l’image d’un chevalier de l’absurde, de tout le reste en blanc (blazer, pantalon, chaussures).

Ce n’est pas le plus pratique pour une expédition en pleine jungle mais ça ne manque pas de style. Pour l’assister dans cette équipée sauvage, son fidèle écuyer n’est autre que Jacques Villeret, et c’est à lui qu’on doit notre chemisette du jour : associée à un pantalon blanc, c’est un modèle d’inspiration Caraïbes dont l’imprimé semble lui aussi se faire la malle. Une histoire à dormir debout, pour qui veut s’essayer à disparaître des cartes.

Pour plus de Jacques Villeret au cinéma : Passe-Montagne (Jean-François Stévenin, 1978)

8. La plus décontractée : Harry Dean Stanton dans Alien de Ridley Scott (1979)

Un classique de science-fiction, d’une modernité sidérante malgré son bel âge. Tout y est au plus juste : la bande sonore, les décors labyrinthiques et le monstre de HR Giger, les références mythologiques, le huis clos infernal, la peur bleue de l’inconnu et la mise en scène de Ridley Scott, parfaite dans ce qu’elle suggère ici plus qu’elle ne montre.

Mais Alien ne serait peut-être qu’un film de genre de plus s’il n’y avait le rôle clé de Sigourney Weaver et ce qu’il raconte de la féminité et de la société des hommes. Plus anecdotique, mais tout aussi actuel et passionnant : le style général du film et celui d’Harry Dean Stanton en particulier.

American actors Sigourney Weaver, Yaphet Kotto and Harry Dean Stanton on the set of Alien, directed by Ridley Scott. (Photo by Sunset Boulevard/Corbis via Getty Images)

Il y a bien quelques combinaisons spatiales pour nous rappeler que nous sommes ici perdus dans un espace lointain. Mais pour le reste, rien d’extraordinaire ni de futuriste. C’est même plutôt comme à la maison : café et céréales au petit déjeuner, vestiaire hybride, estampillé « born in the USA » et presque décontracté, ici à la croisée des genres streetwear et militaire.

Si la majeure partie de l’équipage est abonné à l’uniforme blanc, au tee-shirt kaki et aux Converse blanches, le personnage d’Harry Dean Stanton fait preuve d’une nonchalance salutaire, à contre-courant de l’ambiance oppressante qui règne à bord. Imaginez plutôt : Converse blanches, utility trousers bleu pale, henley blanc à manches longues, chemisette imprimée , casquette US et veste kaki d’inspiration militaire. Ajoutez-y du charisme, de la crasse, du cambouis et une cigarette roulée aux lèvres et vous obtiendrez probablement la tenue de mécanicien spatial la plus cool de l’univers.

Pour plus d’Harry Dean Stanton au cinéma : New York 1997 (John Carpenter, 1981)

9. La plus bling-bling : Al Pacino dans Scarface de Brian de Palma (1983)

Le film original d’Howard Hawks nous avait prévenus : « Well, that outfit’s enough to give anybody the yips ». Cette réplique cinglante s’adresse à un gangster redoutable mais déjà tenté par le mauvais goût. Cinquante ans plus tard, c’est comme si tout avait changé, en pire : vous ne trouverez pas plus bling bling que le Tony Montana de Brian De Palma, sorte de croisement improbable entre un candidat de télé-réalité, Richard III de Shakespeare et le Travolta de la Fièvre du Samedi soir.

Photo Universal

Pour l’élégance, la subtilité et l’intelligence, vous trouverez Al Pacino à son sommet dans le Parrain II de Francis Ford Coppola. Pour tout le reste, la mode en particulier, son rôle dans Scarface nous rappelle si besoin que l’argent et le pouvoir ne font pas tout, et surtout pas le style.

Il suffit de jeter un œil à ce vestiaire pour le moins piquant. Les tenues sont d’abord simples et estivales, presque pas mal : un pantalon beige ou un jean bleach, un tee-shirt blanc, un bandana et de jolies chemisettes imprimées blanches ou rouges, avec palmiers, tigres ou toucans.  Quelques détails trahissent cependant un goût prononcé pour le clinquant qui va progressivement s’étendre à l’ensemble de son vestiaire et à son mode de vie.

Évidemment le rêve américain prend cher à travers le parcours de Tony Montana et tout ici est outrancier, les fringues, la violence, les dialogues, la musique, le jeu des acteurs, etc.

Mais Brian de Palma est un cinéaste malin, à ne pas prendre au premier degré : longtemps détesté, son Scarface revisité est désormais culte, loué entre autres pour sa mise en scène virtuose et distanciée.

Pour plus de sobriété : Scarface d’Howard Hawks (1932)

Pour plus d’Al Pacino chez Brian de Palma : l’Impasse (1993)

10. La moins fute-fute : Nicolas Cage dans Arizona Jr de Ethan et Joel Coen (1987)

On a pu le voir à travers quelques exemples : d’Elvis Presley à Al Pacino, l’imprimé hawaïen a fait son chemin au cinéma. Le phénomène explose dans les années 80, sur le petit écran américain à travers des séries comme Magnum ou Miami Vice, mais aussi plus largement dans les films, tous genres confondus.

Régulièrement associée à un mode de vie confortable et une certaine réussite sociale, la chemisette hawaïenne peut aussi raconter une toute autre histoire : celle par exemple des laissés pour compte de l’Amérique. En témoigne le deuxième film des frères Coen, plongée cartoonesque au pays des perdants magnifiques de Ronald Reagan.

Photo by Sunset Boulevard/Corbis via Getty Images

Parmi eux, l’improbable personnage de Nicolas Cage, le plus demeuré et attendrissant loser de l’année 1987. L’accent est particulièrement rustique, le style plutôt « personnel » : des boots, une paire de jeans fatigués, débardeur blanc sous une chemisette imprimée Hawaï rouge ou bleue toujours ouverte, tatouage Woody Woodpecker, moustache, rouflaquettes et coupe de cheveux wtf pour « parfaire » le style. Ça, c’est pour la tenue type.

Pour les grandes occasions, un costume échappé des seventies peut faire l’affaire, voire pourquoi pas quelque chose de plus osé : polo « habillé » taupe, beige et saumon, pantalon blanc cassé et mocassins blancs. C’est drôle, foutraque, servi par un casting au poil , bourré de clins d’œil et de chemisettes sympas. (Merci Vincent pour la recommandation)



Pour plus de Nicolas Cage au cinéma : Sailor & Lula (David Lynch, 1990)

11. La plus artistique : Tom Cruise dans Cocktail de Roger Donaldson (1988)

affiche film cocktail
Artistique, le mot est lâché. Ce n’est pas le premier à venir à l’esprit quand on songe à Cocktail ou à son réalisateur Roger Donaldson. Et pourtant, il y a bien quelque chose de cet ordre-là dans cet improbable carton au box-office 1988. La musique ? Il y a bien le Tutti Frutti de Little Richard pour sauver les meubles mais la chanson des Beach Boys fait pale figure face aux pépites de Pet Sounds ou Surf’s Up.

La mise en scène, les acteurs, le scénario peut-être ? Non plus : Cocktail est l’un des plus mauvais films de Tom Cruise et cette histoire de jongleries de bar matinée d’idéologie libérale a de quoi rebuter jusqu’au plus fidèle des habitués de comptoir.

Cocktail tom cruise

Mais alors, tout est dans le style ? Elisabeth Shue nous donne un premier indice dans son appartement cosy de Manhattan : « my name is Mooney, not Monet ». Étrange formule pour un film qui n’a que l’argent à la bouche, mais le fait est qu’il y a des toiles un peu partout ici et même une exposition d’art contemporain au sortir de laquelle s’affichent Bogart, Bergman et Casablanca sur la devanture d’un cinéma.

C’est déjà très inattendu, mais le meilleur est ailleurs, quelque part sur les plages de la Jamaïque : Tom Cruise en petites chaussures en toile blanches, beau pantalon blanc et chemisette imprimée ample, un peu saumon et surtout très inspirée, un peu comme si Jackson Pollock s’était lui-même chargé de sa confection.

Il y a bien sûr d’autres chemisettes et tenues estivales dans Cocktail, mais rien qui n’arrive à la cheville de celle-ci. C’est l’image du film : un brin de style et de peinture abstraite dans un monde tristement matérialiste. Bien joué, Flanagan.



Pour les amateurs de cocktails : L’heure du cocktail de Marcel Requien et Lucien Farnoux-Reynaud (1927, réédition Corps Reviver Editions)

Pour plus de Tom Cruise au cinéma :  Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick, 1999)

12. La plus esthétique : Leslie Cheung dans Nos Années sauvages de Wong Kar-Wai (1990)

Nouvelle décennie, nouveaux horizons. La chemisette n’est pas l’apanage des seuls Européens et Américains, on en trouve dans tous les cinémas du monde : par exemple en Afrique chez Idrissa Ouedraogo, en Inde chez Satyajit Ray, au Japon évidemment et plus généralement dans le nouveau cinéma asiatique que l’Europe découvre avec envie dans les années 90.

Photo by MICHAEL TSUI/South China Morning Post via Getty Images

Ils s’appellent Hou Hsiao Hsien, Tsaï Ming-Liang ou bien encore Wong Kar-Wai et pour nombre de cinéphiles, c’est une véritable claque esthétique. Deuxième film du Hong-kongais Wong Kar-Wai, Nos Années sauvages annonce déjà l’inusable classique In The Mood For Love. Même beauté plastique, même thème et période de prédilection pour un style tout aussi réussi : celui de Maggie Cheung bien sûr, mais aussi, surtout, de Leslie Cheung, aussi élégant que décontracté.

C’est un genre de séducteur oisif et nonchalant, un esthète qui ne sort jamais sans son peigne ni sa montre, accessoires qu’on utilise ici aussi pour leur portée poétique, comme s’il s’agissait d’un parfum subtil et entêtant, ou d’une petite musique qui reste en tête éternellement.

Au commencement, il y a presque toujours un débardeur blanc. Puis viennent les couleurs, les polos, les chemises et chemisettes, toujours associés avec de beaux pantalons à pinces et des souliers noirs. Sa plus belle pièce est unique : par-dessus un tee-shirt blanc, une chemisette d’une belle couleur kaki, avec des empiècements sur le col et la poitrine, petits carreaux bleu et blanc. Superbe.

Pour plus de Leslie Cheung et de Wong Kar-Wai au cinéma : Happy together (1997)

13.  La plus décalée : Takeshi Kitano dans Sonatine (Takeshi Kitano, 1993)

Encore un peu plus à l’Est du monde, une autre découverte majeure des années 90 : le cinéma du japonais Takeshi Kitano. Volontiers contemplatif, son quatrième film est tout à la fois noir et empreint d’une étrange légèreté. Il se déroule en grande partie à proximité des plages, quelque part sur l’île d’Okinawa, dans une maison sommaire où des yakusas en planque et en chemisettes redécouvrent les joies de la nature loin de leur routine habituelle .

Si Sonatine chamboule allègrement les codes du film de yakuzas , son personnage principal nous donne enfin l’occasion d’aborder ici le versant plus habillé de la chemisette. Vous pensiez impossible l’association de cette pièce avec un costume ?

Takeshi Kitano s’y essaie avec sobriété, faisant tomber parfois la veste et surtout les souliers pour ne conserver que le pantalon (marine) et l’associer avec des sandales et une chemisette blanche à col cubain. En résulte une tenue astucieusement décalée, simple et efficace, comme une déclinaison relax du costume de bureau, qui sied à merveille à ce rôle de chef de clan aussi silencieux qu’espiègle, toujours un peu perdu dans ses pensées.

Autour de lui, comme un autre monde : une poignée d’hommes d’action bavards, amateurs de couleurs et de chemisettes imprimées (fleurs, dragons, vagues ou poissons). Le calme et la tempête, portés par la musique de Joe Hisaishi et le ressac du temps.

Pour plus de Takeshi Kitano au cinéma : Hana-Bi (1997)

14. La plus workwear : Kevin Costner dans Un Monde parfait de Clint Eastwood (1993)

affiche film Un monde parfait
Incroyable décennie que celle des années 90 pour le réalisateur Clint Eastwood. Passé maitre dans l’art du film crépusculaire, l’icône du western moderne enterre coup sur coup deux genres ultra-balisés du cinéma : le western avec Impitoyable (1991) et le road-movie avec Un Monde parfait (1993).

(Photo by Warner Brothers/Getty Images)

Pour Kevin Costner, c’est tout à la fois le rôle et le film de sa carrière, et avouons-le aussi son meilleur style au cinéma, presque un cas d’école pour tout amateur de tenues workwear. Texas, 1963 : l’histoire d’une cavale à travers la campagne américaine. Tout ici est délicieusement vintage et garanti made in USA : les canettes de sodas, les belles voitures (Ford, Cadillac, Chevrolet), la musique et bien sûr les vêtements.

En témoigne le style très couleur locale du Texas Ranger grognon et taiseux interprété par Clint Eastwood : avec sa chemise western, ses boots et son chapeau de cow-boy, personne ne l’imagine ailleurs que dans un état du Sud. Moins pittoresque, plus iconique, le personnage de Kevin Costner trouverait certainement aujourd’hui son bonheur dans le workwear revisité d’Universal Works ou Champ de Manœuvres.


En attendant, il porte ici une grosse veste en laine à carreaux noir et rouge jusqu’à ce qu’on découvre, soleil et chapardage aidant, la véritable tenue du film : jolies workboots camel à semelles blanches aux pieds, jean bleu clair de chez Levi’s, tee-shirt blanc sans manches, lunettes de soleil et chemisette d’inspiration western, carreaux bleus et gris, boutons pressions et manches légèrement retroussées. Un cousin d’Amérique, en somme.

Pour plus de Kevin Costner au cinéma : Danse avec les loups (1991)

15. La plus ténébreuse : Justin Theroux dans Mulholland Drive de David Lynch (2001)


Près de vingt ans après sa sortie, Mulholland Drive n’a rien perdu de ses mystères : on continue d’errer dans les dédales de ce film-monde, bel hommage au cinéma et synthèse parfaite de l’univers de David Lynch. Impossible de se défaire de la musique obsédante d’Angelo Badalamenti, de ses deux actrices clés (Naomi Watts et Laura Elena Harring), de sa galerie de personnages hauts en couleurs et de la mise en scène du maître.

Fait étrange pour un film aussi stylisé, ce ne sont pas les vêtements qui retiennent ici l’attention. Notons tout de même ceux du personnage de réalisateur chafouin incarné par Justin Theroux, l’occasion d’évoquer le cas sensible du tout en noir dans une tenue.

Avouons que cette déclinaison permanente de noir et d’anthracite n’est pas très réussie et que l’inventivité du film est à chercher ailleurs : dans ses oppositions par exemple, en particulier lors d’une scène fugace où notre homme laisse apparaitre une chemisette noire ornée de fleurs grises et rouges lors d’une audition qu’on aurait bien vue pour Alfred Hitchcock.

Alors quoi, BonneGueule plébiscite la chemisette noire à présent ? Toujours pas, ce qui est intéressant ici se trouve dans les replis de l'écran. Sur le plateau, depuis son fauteuil de réalisateur ténébreux, le contraste est pour le moins saisissant avec les couleurs et la lumière d’en face : une jeune femme blonde, parfaite dans sa robe rose à paillettes, se lance dans un playback d’I’ve told every little star de Linda Scott.

C’est une madeleine de Proust, qui vous propulsera illico aux heures les plus pop et acidulées du début des années 60. C’est parfait, et pourtant la séquence est chargée d’un tout autre sens : malaise, violence sourde, tensions palpables. Ça ne vous rappelle rien ? Si vous avez déjà vu Blue Velvet, il est probable que vous n’écoutez plus In Dreams de Roy Orbison de la même manière.

Pour plus de Justin Theroux : série The Leftovers (Damon Lindelof et Tom Perrotta, 2014-2017)

16. La plus sixties : Leonardo Di Caprio dans Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg (2002)

Après avoir ouvert le bal des années 2000 dans la noirceur et la science-fiction (A.I., Minority Report), Steven Spielberg revient à un peu plus de lumière et de légèreté : Arrête-moi si tu peux est une réjouissante partie de cache-cache, et contrairement au Mulholland Drive de David Lynch, son style est moins à chercher dans l’œil mouvant de la caméra que dans sa culture aiguisée du vêtement.

Crédit United International Pictures

Vous retrouverez ici tout ce qui fait le charme vestimentaire des années 60 : la coupe, les couleurs, l'émancipation généralisée de la mode et celle des femmes en particulier. Ceci dit, Arrête-moi si tu peux est un film très masculin, l’occasion pour Spielberg de revenir sur ses motifs préférés : la famille et ses petites histoires, la figure du père et surtout Peter Pan, cousin pas si lointain d’un Leonardo Di Caprio plus séduisant que jamais.

Son personnage est un caméléon du style, aussi à l’aise en costume de pilote PanAm qu’en complet emprunté au 007 de Goldfinger. De nombreuses tenues valent le coup d’œil : celle par exemple de Noël 1963 , celle aussi de l’été brûlant suivant .

Évidemment, les chemisettes sont aussi du voyage. Parfois exotiques et fugaces , souvent à carreaux , elles témoignent toutes d’un goût très assuré pour la mode, ici tout entier dédié à la jeunesse.

Pour plus de Leonardo Di Caprio au cinéma : J. Edgar (Clint Eastwood, 2011)

17. La plus noir et blanc : Alden Ehrenreich dans Tetro de Francis Ford Coppola (2009)

Buenos Aires, Argentine. On peut ressortir ses disques d’Astor Piazzola pour l’ambiance, ou bien déambuler dans les rues de la ville, à la recherche d’une terrasse familière, avec nos deux personnages du jour. En tête, Vincent Gallo : ici artiste sans œuvre à la poursuite d’une mémoire neuve, blazer, henley à manches courtes, pantalon à pinces, soulier, plâtre et béquilles. Pas loin derrière, le jeune Alden Ehrenreich dont c’est le premier rôle au cinéma : teenager en quête de sens, tee-shirt blanc, belle chemisette à pois pop, pantalon clair ou coloré (les mystères du noir et blanc), converses blanches aux pieds.


Les deux hommes sont liés par un secret de famille qui s’étendra jusqu’au style, l’un influençant irrémédiablement celui de l’autre. S’il y a bien quelques histoires de vêtements ici , Tetro est surtout une affaire de famille , d’art et de cinéma : celui de Michael Powell en particulier, ici évoqué à plusieurs reprises pour ses Contes d’Hoffmann ou ses fameux Chaussons Rouges. Un jour viendra peut-être où l’on réévaluera encore d'un cran l’œuvre de Coppola.

Vampirisé par les objets de culte que sont le Parrain ou Apocalypse Now, son cinéma possède l’une des arrière-boutiques les plus intéressantes de sa génération.
En attendant, Tetro est un étonnant témoignage de ce qu’un homme qui a tout connu est capable de remettre en jeu, faisant fi de sa stature, de son âge et des faux-semblants de l’expérience. C’est l’histoire d’un éternel recommencement.

Pour plus d’Alden Ehrenreich et de Francis Ford Coppola au cinéma : Twixt (2011)

18. La plus contemporaine : Gaspard Ulliel dans Juste la fin du monde de Xavier Dolan (2016)

Dernière ligne droite pour notre tour d’horizon des chemisettes au cinéma : les années 2010. Étrange décennie, marquée par l'avènement des super-héros partout au box-office et des séries Netflix en chaîne à la maison.

Si on trouve de chouettes chemisettes chez Narcos ou Stranger Things, le cinéma contemporain interroge : est-ce que les films d’aujourd’hui ne sont pas un peu moins stylés que leurs aînés ? Et aussi, plus anecdotique : peut-on envisager de porter du velours avec une chemisette ? Voilà au moins deux questions intéressantes pour lesquelles vous trouverez peut-être une réponse ici.

Ce n’est pas la seule, mais puisqu'il faut choisir : il y a dans ce film de Xavier Dolan quelque chose qui réunit assez bien la mode, le théâtre, la musique et le cinéma moderne dans un mélange potentiellement clivant d’épure et d'excès en tout genre(s). A voir les tenues de ses acteurs principaux (Gaspard Ulliel et Vincent Cassel), on se réjouit de constater que le style au cinéma n’est pas mort. Notez qu’on doit la conception des costumes à Dolan lui-même.

Pour Vincent Cassel : une paire de jeans, des baskets blanches, un blazer en velours marron et une très belle chemisette indigo à rayures. Pour Gaspard Ulliel : espadrilles beiges, casquette marine, manteau ¾, blazer et pantalon à jolie texture (bleu patiné).
La chemisette en dessous est parfaite, imprimée, avec différentes teintes de bleu et la silhouette entière pourrait pourquoi parler aux fans d’Officine Générale. C’est élégant, bien porté et l'absence de fantaisie trouve évidemment écho dans le caractère solitaire et mutique du personnage. L’un des plus beaux rôles de Gaspard Ulliel jusqu'ici au cinéma.

Pour plus de Gaspard Ulliel au cinéma : Les Egarés (André Téchiné, 2003)

19. La plus romantique : Timothée Chalamet dans Call me by your name de Luca Guadagnino (2017)

Une fois n’est pas coutume : faisons d’abord un détour par le clip délicieusement eighties du Week-end à Rome de Daho. Si l’on y décèle quelques traces de sa fascination pour le style ombrageux des Jesus & Mary Chain, sa tenue la plus estivale se décline près de 40 ans plus tard dans un film qui raconte, à sa manière loin de la ville, peu ou prou la même époque.

Converse blanches, jean bleu clair, chemise à rayures rose pastel et veste en denim bleu clair elle aussi : Timothée Chalamet brandit bien d’autres références que Daho mais l’esprit stylistique de cette tenue est le même.

Call Me By Your Name est aussi l'occasion de redécouvrir toute une variété de tenues légères à base de shorts, de bermudas en jean, d'espadrilles, de tee-shirts et surtout de polos Lacoste rayés et/ou colorés. Vous les aviez oubliés ? Ils s'affichent ici au grand jour, au cœur de l’Italie 1983.

Si on compte de nombreux grands films associés aux amours d’été, Call Me By Your Name joue lui dans sa propre catégorie : c’est une bulle dorée où tout se joue à l’abri des problèmes du monde, du temps et du cinéma.

Une grande villa de campagne délicieusement ombragée, avec du caractère, une terrasse, une piscine, de grands espaces verts et des bicyclettes pour les promenades : c’est dans ce cadre idyllique que l’on découvre le vestiaire léger du personnage incarné par Timothée Chalamet.

Sa chemisette à lui ? Assurément parfaite, simplement associée avec des baskets en toile blanches et un jean clair. C’est un bel imprimé à fleurs bleues et blanches : tout simplement la chemisette la plus romantique de notre sélection.

Pour plus de Timothée Chalamet prochainement au cinéma : The French Dispatch (Wes Anderson, annoncé pour l’automne 2020)

20. La plus cool : Brad Pitt dans Once upon a time in Hollywood de Quentin Tarantino (2019)

Un feu d’artifice, pour conclure cette sélection dédiée à la chemisette. Once upon a time in Hollywood n’est peut-être pas le plus grand film de Quentin Tarantino mais que ne ferait-on pas pour une poche de résistance aussi salutaire et cinéphile ? Il est une nouvelle fois ici question de cinéma un peu partout et Leonardo Di Caprio et Brad Pitt sont tout simplement irrésistibles, tout comme le soleil californien de 1969, et l’avalanche de couleurs et de style(s) qui l’accompagnent.

C’est une des particularités du cinéma de Tarantino : il donne régulièrement envie de voir ou revoir plein d’autres films. Et parfois aussi, il donne envie de s’habiller. Des chemisettes par exemple, vous en trouverez très souvent chez lui. Si les désormais classiques Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Jackie Brown ou Kill Bill ont tous la leur, la plus remarquable à ce jour est peut-être celle que porte ici Brad Pitt en toute décontraction, dans ce qu’on peut légitimement considérer comme un de ses meilleurs rôles de la décennie : jaune éclatant et imprimé tropical, difficile de faire plus cool, surtout lorsque la chemisette en question s'associe avec des lunettes de soleil, un tee-shirt blanc « Champion », un Levi’s 501, des Minnetonka camel et des balades tranquilles en Cadillac sur les boulevards de Los Angeles.


On peut dire que c’est la tenue du film, quand bien même il y en a d'autres pour Brad Pitt et que l’on aurait aussi beaucoup à dire sur le style des autres acteurs clés de Once upon a time in Hollywood ou sur le style chez Tarantino en général. Une prochaine fois peut-être, dans le cadre d’une autre série sur le vêtement au cinéma.

Pour plus de Brad Pitt au cinéma : The Tree Of Life (Terence Malick, 2011)

Pour d’autres chemisettes au cinéma

  • Charles Chaplin dans Une idylle aux champs (Charles Chaplin, 1919)
  • Kirk Douglas dans le Gouffre aux chimères (Billy Wilder, 1951)
  • James Dean dans Géant (Georges Stevens, 1956)
  • Dustin Hoffman dans Macadam cowboy (John Schlesinger, 1969)
  • Eliott Gould dans MASH (Robert Altman, 1970)
  • Cuba Gooding Jr dans Boyz in the hood (John Singleton, 1991)
  • Jack Kao dans Goodbye south goodbye (Hou Hsiao Hsien, 1996)
  • Thanapat Saisaymar dans Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures (Apichatpong Weerasethakul, 2010)

Et dans les séries aussi

  • Russ Tamblyn dans Twin Peaks (David Lynch & Mark Frost, 1990)
  • James Gandolfini dans The Sopranos (David Chase, 1999)
  • Jon Hamm dans Mad Men (Matthew Weiner, 2007)
  • Wagner Moura dans Narcos (Chris Brancato, Carlo Bernard & Doug Miro, 2015)
  • David Harbour dans Stranger Things (Duffer Brothers, 2016)
Jérôme Olivier Jérôme Olivier

Ex-caviste et rock-critic de poche, grand amateur de films et de chats sibériens, je m'intéresse aux petites histoires qui vont avec les vêtements. Je réponds également à vos questions au quotidien avec Camille et Clémence au Service Client, et avec David à l'Edito.

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