Workwear, habillé ou décontracté : le style en espadrilles au cinéma – Bobine

Temps de lecture : 12 minutes

tenue homme estivale espadrilles short de bain plage marine

Publié par le 14 juin 2021

enVoilà l'été ! Les températures et le soleil sont là. Nous y sommes presque. Dans le vestiaire masculin, les pièces à connotation estivale ne sont pas rares : le bermuda, la chemisette ou bien encore les espadrilles !

C'est précisément le sujet de cette nouvelle Bobine. Elles ont leurs fans et leurs détracteurs. Elles ont aussi une place à part au cinéma. On les retrouve ainsi chez les plus grands, d'Yves Montand à Sean Connery.

En attendant de vous présenter nos propres espadrilles plus en détail cette semaine, remontons un peu le fil du temps, à la redécouverte d'une paire de chaussures singulière, qui ne s'arrête pas qu'aux portes de la Riviera.

1. Espadrilles & tenues de travail

«Le Salaire de la peur» (Henri-Georges Clouzot, 1953)

Yves Montand le salaire de la peur tenue homme workwear espadrilles

Esprit workwear et tenue claire pour Yves Montand, ici dans «Le Salaire de la peur». Copyright: Courtesy Everett Collection MBDWAOF EC003

Une chose est sûre : les espadrilles ne sont pas nées avec le cinéma, mais ça, vous vous en doutiez déjà. Dans leur forme la plus ancienne, on peut retrouver leurs traces dès le Moyen-Age. Avec le temps, elles ont pris leurs aises, notamment des deux côtés des Pyrénées.

Il y a le pays Catalan espagnol, et bien sûr, de ce côté-ci de la frontière, le Pays Basque cher à Benoît. La suite, vous la connaissez : les espadrilles ont investi bien d'autres territoires. On les retrouve désormais un peu partout en été. Autre fait marquant : elles ne sont plus liées au travail mais à la détente, et même dans certains cas particuliers au homewear.

Au cinéma, on aperçoit les espadrilles aux pieds des grandes stars hollywoodiennes comme Errol Flynn ou Gary Cooper. Avant-guerre, elles peuvent être affublées de lacets à nouer autour de la cheville.

C'est précisément une paire de ce type que l'on découvre dans «Le Salaire de la peur» d'Henri-Georges Clouzot. Vous allez le voir, la tenue associée est plutôt à chercher du côté du registre workwear.

L'histoire se déroule dans un coin paumé d'Amérique centrale. L'ennui, le chômage et la misère règnent au village. Quelques Européens échoués vivotent tant bien que mal autour du bistrot local. Parmi eux, le personnage incarné par Yves Montand. C'est un séducteur désœuvré.

Il fera bientôt partie d'un groupe d'hommes dont la mission s'annonce à hauts risques : il s'agit en effet de convoyer de la nitroglycérine jusqu'au puits de pétrole en feu qui fait vivre la région.

C'est le premier grand rôle d'Yves Montand au cinéma. Le film est un coup de maître, admirablement construit et chargé de tensions psychologiques. Encore aujourd'hui, « Le Salaire de la peur» reste une inépuisable source d'influence pour bon nombre de cinéastes.

Souvenez-vous, on a déjà évoqué le style d'Yves Montand dans Bobine. C'était à travers le cinéma de Claude Sautet : on y parlait trench, mac et imperméables. Nul besoin de ce type de vêtement dans «Le Salaire de la peur» : la chaleur est écrasante. Les tenues sont donc légères, souvent usées et composées avec des couleurs claires.

C'est précisément le cas de la tenue d'Yves Montand : une veste de travail, un débardeur défoncé, une ceinture cloutée en cuir, un pantalon bien droit et des espadrilles. Pas de chaussettes, mais un bandana autour du cou. Avec la ceinture, on tient là les deux seules pièces contrastantes d'une tenue qui hésite entre travail et décontraction.

C'est une première chose à retenir : on peut envisager les espadrilles dans cet entre-deux, en s'inspirant du workwear français ou américain pour les associer. Dans ce registre, toujours en France et pour composer avec moins de soleil, regardez par exemple ce que peut faire Gérard Depardieu avec des espadrilles :

gerard depardieu tenue homme workwear espadrilles

Une autre vision du workwear avec espadrilles chez Gérard Depardieu, ici avec son fils Guillaume dans les années 70. Crédit : Collection KHARBINE-TAPABOR

Certes, nous sommes loin du vestiaire chic de la Riviera. Mais c'est justement une des forces de ces chaussures : elles peuvent s'insérer à merveille là où on ne les attend pas. Essayez, vous verrez.

Si «Le Salaire de la peur» nous présente les espadrilles dans un cadre somme toute inhabituel pour nos yeux contemporains, notez qu'il présente en plus de ses qualités cinématographiques une relation quasi fusionnelle entre les personnages et leurs vêtements.

Ainsi le noir qui s'insinue peu à peu dans les esprits du film s'incruste-t-il jusque dans le tissu des vêtements. Ce n’est pas forcément beau à voir si vous aimez prendre soin de vos habits, mais c'est passionnant.

2. Espadrilles et tenues farniente

«Bonjour, Tristesse» (Otto Preminger, 1958)

jean seberg deborah kerr david niven bonjour tristesse espadrilles chemisette tenue homme estivale

Jean Seberg, Deborah Kerr et David Niven dans «Bonjour, Tristesse». Chemise en lin et espadrilles, parfait pour une pause sur la plage. (Photo by Columbia Pictures/Getty Images)

De nos jours, les espadrilles sont surtout associées aux vacances. À la simple évocation de leur nom, vous pensez peut-être même déjà au soleil, aux côtes méditerranéennes et au dressing chic et décontracté d’une certaine Côte d’Azur.

Au cinéma, cela pourrait se traduire par les tenues du «Talentueux Mr Ripley» d’Anthony Minghella. Il y a des mocassins, des chemisettes tricotées à col ouvert comme en fait aujourd’hui Scott Fraser Collection. Mais y a-t-il aussi des espadrilles dans les valises de Matt Damon et Jude Law ? Pas sûr.

En revanche, on en trouve aux pieds d’Alain Delon dans «Plein Soleil» de René Clément. Souvent copié, ce film condense à lui seul une certaine idée du style estival : pantalon blanc, espadrilles ou mocassins, blazers et pantalons légers, et bien sûr chemisettes. On en parle justement ici.

jean seberg david niven bonjour tristesse tenue homme estivale espadrilles short de bain

Jean Seberg et David Niven, toujours dans «Bonjour, Tristesse». Espadrilles et short de bain, what else ? Copyright: Mary Evans AF Archive

Pour d'autres références, on peut par exemple regarder du côté d'Otto Preminger et de son adaptation de «Bonjour, Tristesse» . Le réalisateur de «La Rivière sans retour» y réunit David Niven, Deborah Kerr et Jean Seberg sur la Côte d'Azur, dans une jolie villa avec vue sur la mer.

Il est question de relation père fille et d'adolescence, d'alternance de sentiments, de lieux et de couleurs. Paris en noir, blanc et mélancolie. Le Sud en mode farniente et tout en couleurs. On y découvre comme un air de vacances dans le dressing du gentleman David Niven : des shorts de bain, une chemise en chambray nouée à la taille et... des espadrilles.

Nous voilà peut-être en territoire plus familier que dans «Le Salaire de la Peur» : les espadrilles, la détente, les après-midi chaises longues, les promenades au bord de la mer et les douces soirées d'été.

Dans cet esprit, on peut aussi trouver l'inspiration chez Patrick Bauchau dans «La Collectionneuse» d'Eric Rohmer en 1967 ou plus récemment dans «Call me by your name» de Luca Guadagnino en 2017 - deux beaux films d'été. Sinon, une valeur sûre, ici avec Lauren Bacall sur laquelle on reviendra un peu plus tard :

Humphrey Bogart Lauren Bacall tenue homme estivale espadrilles

Lauren Bacall et Humphrey Bogart en espadrilles dans les années 40. Notez que même le chien a du style ! (Photo by Mondadori via Getty Images)

Oui, c'est bien Humphrey Bogart, et il se la coule plutôt douce ici. Pour tout dire, c'est plus ou moins le même genre de tenue que porte David Niven dans «Bonjour, Tristesse». Chez lui, c'est par exemple un pantalon à pinces ample et couleur sable conjugué à une chemise à col ouvert couleur corail. Les matières sont respirantes. C'est probablement du lin.

Aux pieds, les espadrilles sont toujours là. Mais ce qui est remarquable dans les tenues de David Niven, c'est à la fois l'association des couleurs et l'aisance palpable des vêtements .

S'il y a une chose à retenir du David Niven de «Bonjour Tristesse», c'est bien son élégante nonchalance et son juste rapport aux volumes. Si vous voulez respirer en été, choisissez comme lui la voie de l'aisance. Quant aux espadrilles, rassurez-vous, nous allons voir encore quelques autres manières de les porter.

3. Espadrilles et tenues habillées

«Le Mépris» (Jean-Luc Godard, 1963)

Michel Piccoli Brigitte Bardot le Mépris Godard tenue homme estivale espadrilles

Michel Piccoli en espadrilles, ici avec Brigitte Bardot sur le tournage du «Mépris» en 1963. (Photo by Embassy Pictures/Getty Images)

Autre film, autre exemple. Une fois n'est pas coutume on va tricher un peu, ou plus exactement alterner entre l'image à l'écran et les coulisses. Car pour être tout à fait honnête, vous ne trouverez pas d'espadrilles aux pieds de Michel Piccoli dans «Le Mépris» - un des plus beaux et plus célèbres films de Jean-Luc Godard.

En revanche, vous en trouverez sur cette photo de tournage, avec chapeau, chemise et pantalon clair. Est-ce à dire que Michel Piccoli les préférait en off aux souliers du film ? Quelques explications s'imposent. Commençons dans un premier temps par situer l'action.

«Le Mépris» est une adaptation d'un roman d'Alberto Moravia. Il met en scène Michel Piccoli, Brigitte Bardot, Fritz Lang et Jack Palance. L'histoire est un film dans le film : on regarde ici une œuvre en train de se faire, et pas n'importe laquelle puisqu'il s'agit d'adapter l'«Odyssée» d'Homère. Jordan en parlait justement à sa manière ici.

Rome, l’île de Capri, la villa Malaparte : les décors et les images du «Mépris» sont magnifiques. Vous avez probablement déjà entendu sa grande musique. C'est assurément le plus beau film jamais tourné avec l'icône des sixties Brigitte Bardot.

Plus encore, Jean-Luc Godard y glisse quelque chose de sa propre histoire et de sa vision du cinéma. Plusieurs niveaux de lecture donc, et du style à revendre - pour homme et femme.

Regardez par exemple le personnage principal. Michel Piccoli s'habille à la manière de Godard. Il paraît même qu'il s'agit des propres vêtements du cinéaste. Ce qui ne serait qu'à moitié surprenant : les films de la Nouvelle Vague ont souvent été composés avec le vestiaire personnel de celles et ceux qui jouaient dedans. Pour Michel Piccoli, qu'est-ce que ça donne ?

Quelque chose d'à la fois nonchalant et habillé, inspiré par les années 40-50 : des costumes gris clair ou beige sable, avec des pantalons volontiers amples et plutôt taille haute, des chemises blanches ou bleu ciel avec ou sans cravate, un chapeau et... des chaussures noires.

Des chaussures en cuir noir en été ? Nous sommes bien au cinéma. Personne ici ne vous conseillerait une telle piste pour les journées de canicule. Michel Piccoli ne s'y trompe d'ailleurs pas.

Il suffit de jeter un œil sur le grand ciel bleu ou mieux sur le soleil qui irradie tout le film. Il fait chaud dans «Le Mépris». Cette paire d'espadrilles portée à l'abri de la caméra apparaît dès lors comme une oasis. C'est aussi une solution plus adaptée aux abords de la plage que des souliers.

Et si on allait plus loin, qu'on remplaçait justement les chaussures du film par les espadrilles des coulisses ? On obtiendrait là une belle tenue estivale et habillée, avec un soupçon de nonchalance.

Notez que ce tour de passe-passe pourrait tout aussi bien fonctionner avec le style lui aussi estival et très Indiana Jones avant l'heure de Fritz Lang sur la terrasse de la villa Malaparte.

Pour un film plus récent, qui capture lui aussi quelque chose d'assez propre à l'été et au cinéma, regardez «Un été brûlant» de Philippe Garrel avec Monica Bellucci et Louis Garrel.

Enfin, pour une autre tenue habillée avec espadrilles, on peut aussi jeter un œil chez Don Johnson à la fin des années 80, en croisant par exemple son travail au cinéma et à la télévision.

don johnson hot spot tenue homme habillé reto chemisette cravate

Don Johnson, ici avec Jennifer Connelly dans «Hot spot» en 1990 : une tenue habillée et délicieusement rétro. Copyright: Mary Evans AF Archive Orion Pictures

Prenez par exemple les jolies tenues rétro qu'il porte dans le film «Hot spot» de Dennis Hopper en 1990 : chemisette et cravates stylisées, vestes de costume légères et pantalons à pinces, avec du volume. Parmi les autres réussites du film : son atmosphère torride et ses airs de blues.

C'est l'histoire d'un homme qui arrive en ville , devient vendeur de voiture pour la couverture et braque une banque, l'air de rien. C'est peut-être là son vrai métier.

En arrière-plan, toute une galerie de personnages bien plus tordus et malins qu'il n'y paraît. Pas d'espadrilles ici non plus ceci étant. Mais rien n'empêche de transposer l'une des paires portées par son personnage mythique dans la série «Miami Vice» jusque dans les tenues qu'il porte dans «Hot Spot» - ça aurait du style, et cela fonctionnerait de la même manière que chez Michel Piccoli plus haut.

Don Johnson Miami Vice tenue homme estivale espadrilles costume mocassins

Don Johnson et l'équipe de la série américaine «Miami Vice» : costumes, espadrilles, mocassins ou chemisette, tout est culte ! Copyright: Mary Evans AF Archive Nbc

Si vous avez oublié «Miami Vice», rappelons simplement que la série phénomène des années 80 est un éloge au blanc, au pastel et à la couleur vive : henleys rose, costumes blancs, chemisettes hawaïennes, slip-ons, mocassins et autres espadrilles.

Tout n'est pas nécessairement à prendre. Mais il y a dans les deux premières saisons au moins des épisodes solides (et très sombres) ainsi que quelques tenues qui valent encore aujourd'hui le détour.

4. Espadrilles et tenues d'aventures

«Goldfinger» (Guy Hamilton, 1964) & «Opération Tonnerre» (Terence Young, 1965)

james bond sean connery goldfinger tenue homme estivale combishort eponge espadrilles

Sean Connery, ses espadrilles et la fameuse combi-short éponge de «Goldfinger» en 1964. (Photo by Daily Mirror/Mirrorpix/Mirrorpix via Getty Images)

C'est un des personnages récurrents de Bobine : pas qu'on soit particulièrement attaché à sa morale ou à son sens des relations humaines, mais il faut bien reconnaître qu'il y a toujours quelque chose à prendre en matière de style et de vêtements chez James Bond.

On a déjà évoqué « Goldfinger » ou son petit frère « Opération Tonnerre » à travers le pyjama ou la chemisette. On peut désormais ajouter au palmarès les espadrilles : c'est la même paire dans les deux films. Bien sûr, Sean Connery a sa manière bien à lui de les porter.

james bond sean connery goldfinger tenue homme estivale short de bain espadrilles

Un short de bain et des espadrilles : tenue détente pour Sean Connery dans «Goldfinger». Copyright: Courtesy Everett Collection

Dans « Goldfinger », on retrouve entre autres aventures Sean Connery sur un transat, en espadrilles et short de bain. La piscine n'est qu'à quelques pas. L'histoire des espadrilles de James Bond pourrait pourquoi pas s'arrêter là.

Sauf que notre homme n'a décidément peur de rien. Il enfile quelques minutes plus tard une combi-short éponge bleu ciel comme on en a rarement croisé au cinéma - et dans la vie, aussi, avouons-le. Si vous n'avez pas froid aux yeux, la marque Orlebar Brown s'en est inspirée ici.

Évidemment, il faut oser. Si cette pièce de tous les dangers n'est définitivement pas pour tout le monde, on peut s'inspirer sans risques de la tenue portée dans le film suivant, « Opération Tonerre ». Bien plus estival que son prédécesseur, le style déployé ici fait la part belle aux chemisettes camp collar, aux shorts et aux tenues légères.

james bond sean connery thunderball chemisette short de bain espadrilles tenue homme estivale

Sean Connery à droite, ou la magie des espadrilles et de la chemisette dans « Opération Tonnerre » en 1965. Crédit : Courtesy Everett Collection

En l’occurrence, la nouvelle tenue avec espadrilles bleues de James Bond se compose d'une très belle chemisette saumon et d'un short de bain. C'est une tenue de plage d'une simplicité désarmante. La chemisette fait office de pièce forte : elle porte la tenue à elle seule, discrètement accompagnée par le short et les espadrilles.

Si jamais vous vous demandiez comment bien faire avec peu, c'est une option à portée de main. C'est aussi, qui sait, la promesse de nombreuses aventures. Pour d'autres conseils sur les tenues estivales, Benoit a justement la vidéo qu'il vous faut ici.

Si vous vous orientez vers des destinations un poil moins ensoleillées, vous pouvez par exemple regarder du côté de Jacques Rozier et de son film de 1973 «Du coté d'Orouët». C'est un film libre et merveilleux, avec trois femmes en vacances sur la côte Atlantique et un Bernard Menez qui s’incruste comme il peut.

On y découvre des petites et grandes choses du quotidien, une approche quasi documentaire et un Bernard Menez qui donne un autre sens au cardigan col châle : avez-vous déjà vu quelqu'un le porter col relevé ?

Lui aussi porte des espadrilles à la plage, avec jean bleach ou pantalon marine, chemise rouge ou tee-shirt blanc, et parfois même un pull savamment noué autour du cou.

On peut lui préférer l'exemple de Mel Ferrer, ici aux côtés d'Audrey Hepburn : des espadrilles, un pantalon clair, une chemise sur un pull. Il n'en faut pas beaucoup plus. Un pot de fleurs, peut-être ?

audrey hepburn mel ferrer tenue homme estivale espadrilles chemise pull pantalon blanc

Mel Ferrer et sa vision du style en espadrilles, ici avec Audrey Hepburn en 1956. (Photo by Pictorial Parade/Hulton Archive/Getty Images)

Pour les curieux, vous pourrez retrouver l'acteur dans «L'Ange des Maudits» de Fritz Lang ou «Lili Marleen» de R.W. Fassbinder. Mais il a bien sûr tourné avec beaucoup d'autres grands cinéastes.

Quant à Audrey Hepburn, les espadrilles non plus ne lui sont pas étrangères. Jetez un œil sur le très beau «Voyage à deux» de Stanley Donen en 1967 : costumes Paco Rabanne ou Mary Quant, et ici sur cette image des espadrilles pour elle et des desert boots pour lui. L'amour, les chaussures, l'amour des chaussures ?! Allez, un dernier point pour la route !

audrey hepburn albert finney stanley donen tenue homme femme estivale espadrilles desert boots

Albert Finney et Audrey Hepburn dans « Voyage à deux » en 1967 : une histoire d'amour, des desert boots et des espadrilles. Copyright: 20th Century Fox/Courtesy Everett Collection

5. Espadrilles et tenue féminine

«Key Largo» (John Huston,1948)

humphrey bogart lauren bacall john huston tenue homme femme estivale espadrilles

La classe américaine : Humphrey Bogart et Lauren Bacall, sur le tournage de «Key Largo», dirigé par John Huston en 1948. (Photo by Sunset Boulevard/Corbis via Getty Images)

Évidemment, les espadrilles ne sont pas l'apanage des hommes. On les retrouve assez logiquement au cinéma dans le vestiaire féminin. Celui d'Audrey Hepburn comme mentionné plus haut, et plus généralement chez un grand nombre d'actrices, de Grace Kelly à Penelope Cruz.

«Key Largo» n'est pas le plus grand film d'Humphrey Bogart, mais c'est en tout cas un de mes préférés. Une fois n'est pas coutume, au-delà des talents de cinéaste de son réalisateur John Huston, c'est en très grande partie liée à la manière d'y porter la cravate chez Bogart - presque une obsession. Regardez plutôt :

humphrey bogart lauren bacall tenue homme chemise cravate club

Humphrey Bogart et Lauren Bacall, dans le film «Key Largo», en 1948. Difficile de passer à côté de cette cravate ! (Photo by John Springer Collection/CORBIS/Corbis via Getty Images)

« Key Largo » est un huis clos qui se déroule dans un hôtel de Floride. L'atmosphère y est poisseuse, étouffante. On découvre là une bande de gangsters, des otages, un ouragan qui approche et le merveilleux duo formé par Humphrey Bogart et Lauren Bacall.

La tenue de cette dernière est un modèle d'élégance : chemise oversize blanche, jupe en forme froncée à la taille et longueur Midi, espadrilles à lacets aux pieds. La ceinture ajoute un supplément de style et de caractère.

À noter dans un coin de notre tête : il faudrait si possible mener l'enquête, savoir comment s'organisait le style au sein du couple le plus mythique d'Hollywood.

S'influençaient-ils mutuellement ? Choisissaient-ils ensemble leurs tenues ? Ou tout cela n'était-il qu'un plaisir personnel qui trouvait comme par magie écho chez l'un et l'autre ?

En attendant, vous trouverez chez Lauren Bacall tout comme chez les actrices mentionnées plus haut (Jean Seberg, Brigitte Bardot, Audrey Hepburn) toutes sortes d'inspirations estivales passionnantes.

A-t-on déjà fait le tour ? Évidemment, non. Vous trouverez certainement d'autres espadrilles au cinéma avec d'autres manières de les porter. Je vous invite bien sûr à partager vos découvertes dans les commentaires.

Quant à la fameuse question du confort relatif des espadrilles, notez que de nombreuses marques se sont efforcées d'y apporter des réponses. Vous trouverez forcément chaussures à vos pieds.

Pour aller plus loin : le guide de l'été de Benoît.

Laisse-nous un commentaire

Questions de style, points de vue perso, bons plans à partager ? Nous validons ton commentaire et te répondons en quelques heures.