Nos nouveaux bombers : Patrimoine Vivant et renaissance de la filière laine 🐑 🇫🇷

Temps de lecture : 11 minutes

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"Il était temps !"

Voilà les premiers mots qui me viennent pour ces deux bombers.

En effet, c'est une forme que nous n'avions explorée qu'une seule fois par le passé .

Je suis donc ravi de vous présenter (enfin !) nos deux bombers à porter une bonne partie de l'année, y compris pendant cet automne doux, montés dans deux draps de laine tissés en France . Oui monsieur !

Alors que c'est une pièce qui est souvent prétexte aux matières synthétiques dont on ne connaît rien, ici vous saurez tout sur la laine utilisée et sur l'isolant.

Concentré de savoir-faire, de design, et de valeurs, je porterai fièrement cette pièce de l'automne jusqu'au printemps.

C'est parti !

-Benoît

Nos deux bombers en 30 secondes chrono

Pourquoi des bombers ?

Polyvalent, le bomber se combine à un grand nombre de styles.

#spoiler : Mais pour y arriver, il faut impérativement une très belle matière naturelle, à savoir de la laine... et vous allez voir qu'on a utilisé une laine vraiment très spéciale !

Et c'est une pièce qui a plusieurs avantages :

🌟Un design épuré : dans le registre décontracté, on peut difficilement faire plus intemporel

✌️Facile à porter : c'est une pièce portable avec des sneakers comme avec une paire de bottines

⚖️Polyvalence : un bomber bien conçu s'adapte à plusieurs saisons... de l'automne (avec un sweat, voire un tee-shirt) au coeur de l'hiver (avec un bon vieux col roulé) .

Un beau gris anthracite pour ceux qui veulent un premier bomber.

Tradition lainière et circuit court : deux draps de laine d'exception 🇫🇷

Parfois, il ne faut pas chercher loin : on fait de très beaux draps de laine en France.

Et ce n'est pas pour rien que depuis nos débuts en 2015, on utilise ceux de Jules Tournier, Entreprise du Patrimoine Vivant centenaire, basée dans le Tarn.

Sur le bomber gris, vous trouverez un de leurs magnifiques draps de laine, filé et tissé à Mazamet.

Geoffrey et moi, avec Lionel Bonneville (Jules Tournier), en train d'explorer l'entrepôt de laine de Mazamet.

Concernant le bomber beige, c'est une histoire encore plus dingue... Non seulement la laine est filée et tissée en France, mais elle provient de moutons français eux-aussi. Cela peut sembler banal, et pourtant, il y a encore 2 ans (avant le projet Tricolor), c'était quasiment impossible de trouver un drap de laine en circuit court pour en faire ensuite un vêtement !

C'est donc une première historique ! Et il était impensable pour nous de ne pas faire partie de ce projet.

On est émus d'avoir ce privilège, et surtout hyper admiratifs des hommes et des femmes qui ont ressuscité cette filière française de la laine.

Pourquoi deux couleurs ?

Parce que je n'ai pas réussi à choisir entre ce gris anthracite et ce beige chiné à chevrons quand on a reçu les premiers prototypes...

Gris anthracite

C'est LA couleur facile à porter en hiver. Sa sobriété permet de l'assembler avec des couleurs plus vives, car elles seront "calmées".

Et pour éviter un rendu trop "ennuyeux", nous avons choisi un drap de laine chiné de Jules Tournier.

Si on zoome sur la laine, on voit les différentes fibres de couleur qui donnent toute sa personnalité à la matière.

Beige à chevrons

Cela fait des années que je suis un grand partisan des couleurs claires en hiver. Ici, on a choisi une laine normalement réservée aux manteaux, pour un aspect habillé.

Voilà le motif à chevrons. Quand on l'a en main, on distingue bien toute la subtilité et les mille et une nuances de ce drap de laine.

Dernier élément incroyable : le motif en chevron est obtenu... sans aucun colorant ! Et il est vraiment magnifique !!!

Peut-être avez-vous déjà deviné comment c'est possible ?  Pour les curieux, j'explique tout ça dans l'article...

Oui, on va parler de moutons noirs dans cet article.

Bomber #1 : une version grise chinée en laine Jules Tournier 🇫🇷

Avec un beau col roulé, vous avez une tenue élégante pour la vie de tous les jours.

C'est la pièce urbaine par excellence, le meilleur du casual avec cette forme bomber. Avec en plus l'intemporalité de cette laine grise Jules Tournier.

Nous utilisons les draps de laine de Jules Tournier depuis 2015 sur nos manteaux gris et bleus, et évidemment sur notre fameux camel coat.

Pour rappel, nous sommes allés filmer cette filature intégrée et son savoir-faire français qu'il faut absolument préserver :

Concernant la laine de ce bomber :

Composition : pure laine évidemment, avec 30% de laine recyclée

Poids : 330g/m² (poids moyen pour la mi-saison et l'hiver)

Origine de la laine : Amérique du Sud (blend issu de différents pays) 🇦🇷

Filature et tissage : chez Jules Tournier à Mazamet (Tarn) 🇫🇷

C'est un gris bien chiné comme je les aime !

Avec quoi porter notre bomber gris ?

Dans une tenue jean délavé + pull col cheminée

Eh oui, je repasse devant la caméra !  J'ai voulu le porter très simplement, avec un jean délavé, des sneakers en cuir marron et notre pull col cheminée (très confort à même la peau).

J'aime beaucoup les proportions du col cheminée qui se mélange très bien avec le col du bomber.

Bomber et pull BonneGueule. Jean Orslow et sneakers Buttero.

Dans une tenue 100% laine, avec un pantalon et un col roulé

Bomber + col roulé = super résultat, sans trop d'effort (et en plus votre gorge est bien protégée contre le froid)

Donc amusez-vous avec vos mailles et votre bomber, ça passe tout seul.

Si vous voulez associer col roulé gris et bomber gris, vous pouvez porter un pantalon blanc pour ajouter de la lumière.

Pantalon blanc qui fera lui-même ressortir le très beau cuir marron d'une paire de souliers :

Avec un bon vieux henley

David a choisi de faire une tenue confortable, qui mélange plusieurs influences. Le henley est de couleur kaki délavé, et se marie sans difficultés avec le bomber.

Les sneakers quant à elles installent définitivement la tenue dans un registre décontracté.

Bomber BonneGueule, henley RRL, pantalon Officine Générale, sneakers Buttero.

En mode "sportwear vintage" avec un hoodie

Jordan s'est bien amusé sur cette tenue, dans laquelle il a voulu une touche sportwear vintage/workwear. Et comme d'habitude, le kaki s'assemble très bien avec différents tons de gris.

En tenue "à la Geoffrey"

Des chelsea boots, un jean brut qui se délave petit à petit, il n'en faut pas plus à Geoffrey !

Bomber, pull et chelsea Boots BonneGueule, jean Momotaro.

En détournant des codes tailleurs avec un jogpant bleu

Toujours en utilisant du vert, on va cette fois-ci le mettre sous le bomber, avec notre pull vert sapin. Et en bas, Jordan porte notre jogpant à rayures craie qui s'intègre parfaitement dans cette tenue "décontracté chic" .

En mode tee-shirt blanc et jean délavé

Dans cette tenue, c'est un retour aux sources pour le bomber, porté ici de manière très décontractée : un jean brut qui s'est bien délavé avec le temps, un tee-shirt blanc et une paire de sneakers vintage.

Là aussi, on reste sur des couleurs de base, mais on veille à avoir des textures très différentes.

Bomber #2 : en laine beige à chevrons 100% française 🇫🇷

Un de mes gros coups de coeur

Je vais être honnête avec vous : j'adore la couleur de ce bomber.

C'est un beige très chiné, presque poudré, avec une belle irrégularité. Franchement, on m'aurait dit que c'était un fournisseur japonais derrière cette pièce, je n'aurais pas été surpris.

Cette laine est tout simplement MAGNIFIQUE.

Ce qui donne beaucoup de caractère à cette pièce, c'est le motif en chevrons très léger, quasiment en ton sur ton, comme s'il avait été crayonné à la main… Juste fondus comme il faut !

Composition : pure laine

Poids : 400g/m² (poids lourd pour l'hiver)

Origine de la laine : France 🇫🇷

Filature et tissage : Filature du Parc (Tarn) pour le filage et Le Passe Trame pour le tissage (Tarn) 🇫🇷

Et si vous vous approchez de très très près, vous verrez l'infinité de couleurs des fibres.

Bref, c'est une matière qui démontre magistralement le savoir-faire français quand il faut faire des tissus avec une âme.

Et comme je l'ai déjà dit, une grosse fierté, c'est que cette laine provient de moutons français ! Ça paraît bête dit comme ça, mais c'est tout sauf un détail…

Une couleur réalisée sans teinture

Le plus impressionnant sur cette laine ? Il n'y a absolument aucun colorant.

Ce que vous voyez, ce sont juste les laines de trois races françaises de moutons plus ou moins foncées, habilement mélangées par le tisseur :

🐏la race bizet, une race dite rustique, assez peu répandue en France, dont il ne resterait que 8.000 têtes. Pour l'anecdote, jusqu'en 2012, le plus gros troupeau de bizet, parfaitement adapté à un climat rude, était situé… sur les îles Kerguelen.

🐏la race lacaune est la race de mouton française la plus courante, avec 1.300.000 têtes en France. On l'utilise principalement pour son lait afin de produire du roquefort. Grâce au projet Tricolor, on arrive enfin à valoriser sa laine.

🐏la race noire du Velay est une race françaises si ancienne qu'on en connaît mal les origines. Elle était déjà élevée par les Celtes. Et comme son nom l'indique, elle fournit une laine complètement noire.

La race bizet, où on voit bien cette laine couleur beige/crème.

Un petit pas pour BonneGueule, un grand pas pour la laine 🚀

Ce bomber en laine élevée en France, c'est mine de rien un petit morceau d'histoire qui s'écrit. Car cela faisait des décennies que ça n'existait plus à une échelle industrielle !

Pourquoi est-ce nouveau de tondre des moutons français pour faire des vêtements ?

Pour faire simple, les tisseurs français ont généralement du mal à travailler les laines locales au rendu très brut et au faible tonnage. C'était plus simple de commander du mérinos issu des élevages australiens ou néo-zélandais.

Et pour certaines races, il est vrai que la qualité de la laine, très rêche, n'est pas à la hauteur pour faire un pull ou un manteau .

Je vous rappelle que les moutons en France sont avant tout élevés pour produire du lait, du fromage, et de la viande, mais pas pour de la laine.

Sauf que ces moutons, il faut bien les tondre ! Et les éleveurs de moutons français ne savaient pas quoi faire de leur laine...

Alors on en fait quoi de la laine des moutons français ?

Ce fut une surprise pour moi : la laine des moutons français est considérée comme un déchet.

C'est à peine si elle finit en isolant pour le bâtiment, ou exportée en Chine… quand elle n'est pas détruite !

C'est bien plus simple et moins coûteux pour les éleveurs, qui font déjà un métier dur, de brûler cette laine dont personne ne veut vraiment.

Il y a bien quelques initiatives pour valoriser la laine de certains moutons français, mais vu que chacun fait ça dans son coin, elles ne sont pas assez organisées pour être utilisées par des marques de vêtements.

Il y manque une vraie dimension industrielle pour que des marques comme BonneGueule puissent accéder à ces draps de laine très particuliers.

Mais ça c'était avant. La demande croissante de matières éco-responsables, en circuit court, et un certain attrait pour les matières plus brutes, riches en histoire, ont permis au projet Tricolor de restaurer une relation entre éleveurs et tisseurs.

Le projet Tricolor

Tricolor c'est un projet de Première Vision et Made in Town .

Comme vous l'avez compris, leur objectif est de relancer les filières lainières françaises, de revaloriser la production annuelle de laine française.

Énorme respect pour cette initiative exemplaire ! Bravo... et merci !

J'applaudis également des deux mains leur projet de web-série.

Pour tout vous dire, alors qu'on pensait prendre nos caméras pour filmer, et quand on a vu la qualité de ces vidéos, on s'est dit que le travail avait déjà été superbement fait…

Je vous invite particulièrement à regarder les épisode 3 et 4, où on voit la Filature du Parc et le Passe-Trame en action, ce sont eux qui sont derrière cette belle laine beige. Et l'ami Lionel Bonneville, dirigeant de Jules Tournier, y fait même un caméo !

Ça, c'était mon instant émotion ! Place aux looks...

Avec quoi porter ce bomber beige ?

Toujours avec un col roulé, vous pouvez rajouter un pantalon laine cargo, toujours dans cette veine d'avoir une tenue décontractée mais qui reste élégante et "mâture".

Le résultat ? Une belle tenue toute en laine.

Petite variante ici où on a remplacé le col roulé par notre pull col cheminée blanc. Les deux cols se superposent très bien !

L'intérêt du blanc, c'est que ça fait aussi ressortir la couleur vraiment réussie du bord côte marron.

Un très beau mélange de textures et de motifs.

Dans une tenue aux tons beiges et blancs

On peut aussi faire un très beau camaïeu de blancs et de beiges, où c'est notre chemise en coton/lin qui vient subtilement faire la transition entre la couleur du bomber et celle du pantalon :

Une photo que j'aime beaucoup : de légers chevrons côtoient de fines rayures…

Dans une tenue aux tons pastel

Avec une laine beige aussi beige, dès que vous mélangez les gris, et les tons crème/ivoire, ça donne un résultat magnifique :

Bomber, pull et pantalon BonneGueule, écharpe Hircus, chaussures Tricker's.

Avec un pantalon en velours (oui oui !)

Là, on joue sur du contraste de texture. Le velours constraste l'aspect "mat" de cette la laine du bomber, et de son côté rustique.

Et qu'en est-il du bien-être animal ? 🐑

Je suis très content si le sujet vous intéresse : que ce soit la laine grise ou la laine beige, ces deux draps de laine sont garantis sans mulesing.

Attention, posez votre sandwich, c'est le passage pas très glamour.

Le mulesing, c'est une pratique qui consiste à couper la peau autour de l'anus du mouton, afin qu'elle soit remplacée par du tissu cicatriciel.

L'intérêt ? Eviter que les excréments du mouton restent coincés autour de l'orifice à cause des replis de la peau, ce qui attirerait bon nombre de larves et de parasites en tout genres.

Le problème, c'est que le mouton souffre énormément pendant cette ablation de peau, et je déconseille aux âmes sensibles de regarder des vidéos ou des images de mulesing… éloignez les enfants !

Du Polartec® ALPHA léger à l'intérieur de ces bombers

Ce n'est pas tout !

Eh oui, à l'instar de nos blousons en laine Jules Tournier, c'est à nouveau ce merveilleux Polartec® ALPHA qui sert de rembourrage.

Si vous ne connaissez pas du tout cette matière, cliquez ici (attention, c'est long, et c'est geek) :

En 2017, nous avons été l'une des seules (et des premières) marques françaises à utiliser du Polartec® ALPHA dans le cadre d'un vêtement urbain. À tel point que nos pièces en Polartec® ALPHA accompagnent désormais l'équipe française de Polartec dans ses salons professionnels.

Deux ans plus tard, je reste toujours aussi satisfait de cet isolant du futur.

Ce n'est pas du lapin angora, mais du Polartec® ALPHA. Sur notre pièce, il est totalement invisible, puisqu'il se situe entre la doublure et laine extérieure.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce fantastique isolant, voici ce que j'avais écrit à l'époque :

Le rappel salvateur à propos du Polartec® ALPHA

L'importance du rembourrage

C'est l'autre grande caractéristique de ce blouson : sa technicité cachée.

Je suis frustré de voir que cet élément, pourtant clé du confort, est trop souvent traité à la légère.

Chez une marque lambda, voilà comment le choix de l'isolant d'un vêtement matelassé est décidé :

George-Michael, chief-designer :

"Allons demander à Jean-Mich' de la prod où c'est qu'on va trouver la ouate de coton la moins chère !".

(j'exagère à peine)

Le plus souvent, les marques y voient le composant qui doit être le moins cher possible.

Elles se contentent alors de préciser qu'il y a un "rembourrage", sans jamais indiquer son origine ni ses propriétés.

C'est d'autant plus dommage que les isolants pour vêtements ne cessent de s'améliorer. Du coup, dès que j'ai commencé à m'intéresser à ce genre de matière, il était clair que cet aspect de notre blouson en laine Jules Tournier serait soigné. Mon côté techwear a parlé !

Et très vite, c'est le Polartec® ALPHA qui a retenu mon attention...

Le Polartec, l'isolant des Forces Spéciales US

À la base, le Polartec® ALPHA est une commande des Forces Spéciales de l'armée américaine.

Dans les régions froides , les soldats alternent souvent des moments d'activité physique intense, où ils transpirent, et des moments beaucoup plus statiques, où la température de leur corps peut descendre rapidement .

"Les batailles de neige entre collègues, c'est sympa, mais je porte quoi comme vêtement ? Et comment faire pour ne pas avoir froid quand c'est fini ?" C'est là que le Polartec Alpha® intervient ! (crédit Reuters)

Jusqu'à maintenant, les Forces Spéciales disposaient d'un système de couches de vêtement à enlever ou à porter en fonction de la situation. Du bon vieux layering, en somme.

C'était pénible, surtout quand la transpiration n'avait pas le temps de s'évacuer et que le soldat devait rester immobile : des conditions parfaites pour grelotter...

Leur cahier des charges était donc aussi clair que compliqué à mettre à en oeuvre. Pour les protéger du froid, ils avaient besoin de quelque chose qui :

  • tienne chaud (la base),
  • facilite la mobilité, donc assez compact,
  • résiste bien à la compression, notamment si on roule le vêtement dans un sac ou si l'on porte un sac à dos par-dessus,
  • respire quand il y a du mouvement : l'excès de chaleur doit être évacué,
  • ne craint pas l'humidité et sèche vite.

Et c'est comme ça qu'est né le Polartec® ALPHA ! D'ailleurs, le directeur marketing de Polartec dira que sa technologie "rend inutile d'enlever ou d'ajouter des couches pendant les grandes activités."

 Le pétillant Brendan Leonard brosse avec humour un portrait du Polartec® ALPHA, en le comparant avec la chouette des neiges. Cet animal maintient son corps à 38-40°, même lorsqu'il en fait -50° dehors.

J'ai également été rassuré de voir la liste des marques utilisant du Polartec® ALPHA. Citons notamment :

  • Triple Aught Design, une marque techwear à mi-chemin entre des vêtements d'explorateur et un esprit urbain,
  • Kitsbow, une très jolie marque de vêtements pour vélo,
  • Millet, Black Yak et Rab, qui je peux dire sans trop me tromper font partie des meilleures marques outdoor au monde. Là aussi, que des marques aussi exigeantes utilisent du Polartec® ALPHA est très bon signe pour moi.

Mais pourquoi est-ce que cela régule aussi bien la chaleur et l'humidité ?

Habituellement, l'isolation synthétique ressemble à une ouate, comme du coton utilisé en pharmacie. De longs filaments cotonneux forment une matière plus ou moins épaisse. Problème : la ouate peut s'affaisser, mal se répartir, être trop encombrante, etc.

Polartec est donc reparti de zéro, cherchant une autre voie .

Ici, les filaments sont remplacés par un mesh bien résistant et stable dans le vêtement. Il y a de minuscules "poils" sur chaque face : ce sont eux qui emprisonnent l'air et gardent la chaleur.

Et c'est la structure en maille qui permet à la transpiration de circuler facilement. Il est important que le Polartec® ALPHA sèche vite, car un air sec est un bien meilleur isolant qu'un air humide.

Puisque le tout est beaucoup plus compact que la ouate, cela perm des vêtements isolants relativement proches du corps peuvent être créés.

Polartec a fait une vidéo dont ils ont le secret , et qui explique de manière très visuelle le fonctionnement de l'Alpha®.

Mettez le son à fond pour la musique épique, et vous aurez envie de sauver le monde.

Un matelassage qui ne s'affaisse pas

Le Polartec® ALPHA a un autre avantage, tout bête pour de l'outdoor mais très important sur un vêtement plus urbain...

Souvenez-vous, les autres isolants sont sous forme de ouate ou de plumes. Si on les dispose tels quels en rembourrage, ces isolants s'affaissent . On a donc besoin de les compartimenter : c'est le "matelassage en chambres", ces petits emplacements que vous voyez sur n'importe quelle doudoune.

Mais on n'a pas du tout ce problème avec le Polartec® ALPHA ! Puisqu'il s'agit d'un mesh bien stable, on peut le mettre en couche très simplement — presque comme un entoilage de veste tailleur — sans avoir besoin de le compartimenter.

Au niveau du rendu extérieur, sur une pièce "mode", ça change tout. On a un extérieur qui ressemble à un blouson classique, sans le look doudoune !

Bon alors, ça fait quoi de porter du Polartec® ALPHA ?

C'était la grande question quand j'ai reçu le premier prototype. En effet, si le Polartec est très perméable à l'air, sur ce blouson, il est quand même monté sous un bon vieux drap de laine Jules Tournier. Ce qui m'intéressait, c'était donc la compacité.

Eh bien, pour le moment, c'est un blouson qui remplit parfaitement son rôle. Il est agréable de ne pas avoir trop chaud dès qu'on commence à marcher un peu vite ou à l'intérieur d'un magasin, tout en étant protégé du froid quand on est assis dehors par exemple.

Un an plus tard, pour avoir plusieurs fois porté sur Polartec® ALPHA, je reste toujours aussi satisfait de ce matériau qui donne un côté "douillet" à cette pièce. Ceux qui ont porté notre gilet sans manches savent de quoi je veux parler, quand bien même c'est difficile à décrire : c'est une chaleur enveloppante et réconfortante.

Quand vous combinez la laine Jules Tournier au Polartec® ALPHA, vous avez aussi un super résultat coupe vent.

Parce que je ne vous cache rien : les limites de cette pièce

Pas l'isolant le plus chaud, mais le plus polyvalent

Déjà, ça ne remplace pas une énorme doudoune en duvet pour les grands froids, type Canada Goose.

Tout simplement car le duvet est ce qu'il y a de plus isolant. Mais au moins, il n'y a pas eu — avec certitude — d'oies maltraitées pour la conception de cette pièce.

D'ailleurs, le Polartec® ALPHA n'a pas pour vocation d'être l'isolant le plus chaud possible, mais plutôt celui qui a le meilleur ratio encombrement/chaleur/respirabilité.

Et c'était exactement ce que je voulais sur cette pièce urbaine, qui doit passer d'un couloir de métro où il fait chaud, à une rue froide, pour retourner ensuite dans un grand magasin très surchauffé.

Polartec est d'ailleurs très transparent à ce sujet :

Est-ce que l'Alpha est "plus chaud" qu'un isolant en duvet ou en synthétique, à poids égal ?

Nate Simmons, directeur marketing de Polartec : "Ce n'est pas plus chaud qu'un isolant synthétique, à poids égal. On n'a pas cherché à inventer un isolant plus chaud. On a cherché à inventer un isolant plus respirant, plus actif, et qui stocke plus d'air.

De la même manière que les isolants synthétiques ne sont pas plus chauds que les duvets naturels, mais remplissent d'autres fonctions.

Cette polyvalence permet à l'Alpha de convenir à un panel plus large d'activités et de conditions météo. C'est ce qui en fait un bon rembourrage sous une matière coupe-vent, là où les autres vestes rembourrées évacuent mal l'humidité." 

Pour un usage citadin, où l'on passe sans arrêt du chaud au froid — tout en souhaitant garder une silhouette ajustée — c'est précisément ce qui m'intéressait.

En résumé...

Outdoor Magic, un super site sur les vêtements d'outdoor, termine son test du Polartec® ALPHA avec une conclusion plutôt rassurante... C'est ce qui m'a conforté dans le choix de cette technologie !

Outdoor Magic : "Hmmm, c'est au final un isolant un peu magique. Pas trop chaud quand vous bougez, pas trop froid ou humide quand vous vous arrêtez. Ce rembourrage est celui que l'on a le plus vu cet hiver, et cela ne va pas changer dans un futur proche.

Est-ce que c'est un isolant ? Est-ce que c'est un thermo-régulant ? Est-ce que c'est un isolant thermo-régulant ? Ou bien un rembourrage mutant ? Ou bien une matière-ornithorynque qui combine toutes ces propriétés ?

Vous savez quoi ? Je n'en sais rien et je m'en fiche un peu. Ce qui compte vraiment, c'est que ça fonctionne. Et cela fonctionne de manière admirable."

Votre témoignage sur le Polartec® ALPHA

Parce que vous êtes encore mieux placés que nous pour parler de sa chaleur, on voulait faire une petite place à un commentaire client sur sa performance !

Merci Jonathan pour ce retour détaillé !

 

A quelle température porter ces bombers ?

Réponse courte : entre 5°C et 20°C.

C'est l'intérêt de ces bombers : ils vous accompagneront de l'automne jusqu'au printemps, du matin au soir.

Prenons un cas concret : lors d'un après-midi d'automne assez doux, avec un pic de température à 20°C à 16h, mettez un tee-shirt ou une chemise en-dessous, et vous avez de quoi vous promener toute la journée, y compris quand les températures baissent sérieusement vers 18h en-dessous des 15°c et que vous voulez vous poser en terrasse pour la soirée .

L'isolant qu'on utilise y est pour beaucoup (vous connaissez mon obsession pour les isolants technologiques de haute volée). Il était hors de question de mettre une ouate à l'origine inconnue.

Ce Polartec® ALPHA qui, comme son nom ne l'indique pas, est parfaitement adapté pour l'automne quand les températures changent sans arrêt. On est d'ailleurs la seule marque française qui l'utilise pour du vêtement de ville .

Et cet hiver, en fonction de l'épaisseur du pull, vous aurez largement de quoi faire face à des températures toujours plus descendantes : 10°C, 5°C, et même en-dessous…

Le Polartec® ALPHA, caché sous cette doublure douillette, fait son grand retour.

Des finitions haut de gamme

Un bord-côte en laine et acrylique made in France

Un beau bord-côte avec de la nuance.

C'est l'un des détails que je préfère sur ces bombers : les bords-côtes sont dans un mélange de laine et d'acrylique.

Habituellement, les marques préfèrent ne prendre que du 100% synthétique pour des raisons de coût.

Mais pas chez BonneGueule, où l'ajout de laine donne un très bel effet chiné — impossible à avoir avec du 100% polyester/acrylique — qui se marie très bien avec les couleurs des deux laines de nos bombers.

Voici sa composition : 46,5% acrylique, 41,9% laine, 10,5% polyamide, 1,1% élasthane.

De la laine se cache dans cette photo, sauriez-vous la retrouver ?

Certains vont penser qu'on s'embête pour rien, et que c'est un détail qui sera inaperçu par 99% des gens qui verront cette pièce, et ils auront raison. Mais moi, je le sais. Et ça m'amuse beaucoup de faire une finition appréciée par seulement 1% de nos clients…

Et pour l'anecdote, c'est une autre société française qui fournit ces bords-côtes. Plus précisément, ils sont fabriqués à Inchy, dans les Hauts-de-France.

Les poches doublées en polaire

C'est LE détail qui nous est systématiquement réclamé.

Quand vous mettez les mains dans nos poches — qu'elles soient extérieures ou à l'intérieur —, si une douce chaleur enveloppe vos doigts, c'est tout simplement grâce au tissu polaire, totalement invisible de l'extérieur, qui tapisse la poche.

Même si comme je l'ai dit, c'est une pièce qui convient autant à l'hiver qu'à l'automne.

Les poches intérieures zippées

Pour avoir vos effets personnels en parfaite sécurité, les deux poches intérieures de ces bombers sont zippées.

Cela paraît tout bête, mais c'est un détail que j'aime beaucoup et qui, à ma grande surprise, est loin d'être systématique chez d'autres marques haut de gamme. J'ai déjà vu de l'outerwear à plusieurs centaines d'euros avec une seule poche intérieure, uniquement boutonnée…

Plutôt que de mettre une doublure ennuyeuse, on n'a pas pu s'empêcher de mettre une jolie doublure en coton.

Une doublure toute douce

C'est l'italien Cervotessile qui fournit cette doublure en pur coton gratté, tout douce. Personnellement, l'intérieur de ce blouson m'évoque une couette réconfortante…

Au niveau des manches, c'est une doublure classique 100% viscose .

C'est tout simplement pour une raison pratique : si on ne met pas de doublure en viscose à cet endroit le blouson deviendrait pénible à enfiler, car il y aurait trop de frottements entre les manches de votre vêtement et les manches du blouson.

Enfin, comme pour nos manteaux, ces deux bombers sont fabriqués en Roumanie, dans notre atelier spécialisé. D'ailleurs nous fabriquons aujourd'hui tous nos vêtements en Union Européenne ! 🇪🇺

L'indispensable guide des tailles

C'est bon, vous êtes encore là ?

Eh bien maintenant que vous savez tout, c'est à vous de jouer ! 🔥

Benoît

Comment se procurer ces bombers, les pulls cols roulés et le cargo ?

Rendez-vous dans nos boutiques de Paris 3e, Paris 6e, Lyon et Bordeaux ou sur notre e-shop.

Benoît Wojtenka Benoît Wojtenka

J'ai fondé BonneGueule.fr en 2007. Depuis, j'aide les hommes à construire leur style en leur prodiguant des conseils clairs et pratiques, mais aussi des réflexions plus avancées.
Et j'ai quelques lubies : le sport en salle, le techwear… Et j'adore le thé sous toutes ses formes, que je bois à raison de plus de trois litres par jour.

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