Road trip au Japon : les pièces workwear qu’on vous a rapportées

Temps de lecture : 7 minutes

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C'était il y a un an, la première fois que l'on foulait la terre du Japon avec Geoffrey.

On a commencé par Tokyo, cette gigantesque mégalopole 1000 fois racontée. Et j'avais les yeux grands ouverts en marchant à Shinjuku et à Shibuya.

Je voulais voir comment s'habillaient les japonais autour des meilleures boutiques au monde. Comment ils s'habillaient en dehors des magazines...

Quelques-uns des nombreux looks découverts dans les rues de Tokyo. A retrouver dans l'épisode 1 de notre road trip au Japon.

Et finalement, c'est avec des pièces très décontractées, naturelles. Même les blazers et autres pièces "tailleur" sont déstructurés. Les pantalons sont amples, peut-être parce qu'on y mange souvent assis sur les genoux dans un appartement exigu… Enfin c'est ce que je me dis.

C'est cette douceur de vivre et cette modestie dans l'approche vestimentaire qu'on a voulu retranscrire en ce mois d'avril.

3, 2, 1… c'est parti pour les nouveautés !

Quelles pièces ?

Il y en a très exactement 4 :

  • un pantalon à la coupe décontractée
  • une veste workwear dans le même tissu, un denim dit "neppy"
  • une chemise à col officier en lin/coton, avec une base écrue et une fine rayure
  • une chemise en chambray à rayures blanches irrégulières

Et elles sont toutes en matières japonaises !

Nous n'avons jamais été aussi près des plus belles matières japonaises.

Pourquoi ?

La veste et le pantalon en denim neppy ont une franche tonalité workwear, à porter séparément ou ensemble.

Portées ensemble ces pièces forment une tenue très harmonieuse, comme peut l'être un costume, mais en version évidemment 100 fois plus décontractée !

Et pour ces deux chemises, le but était de choisir des tissus avec beaucoup de caractère et de texture, pour un style printanier solide sans effort.

Quelles matières ?

Il y a trois matières japonaises utilisées :

  • un denim dit "neppy", avec de minuscules particules blanches de coton qui parsèment la surface et qui lui donnent une personnalité de dingue
  • un chambray bleu à rayures blanches irrégulières, avec un effet brossé qui rend le tissu très doux
  • un mélange coton/lin écru à fines rayures foncées, au toucher très estival

C'est ce que j'aime tant avec ces matières, cette beauté naturelle, comme si ces tissus sortaient tout juste de terre, et qui ne braillent pas : "regardez-moi, je suis là".

Tout est dans la simplicité, dans la modestie, mais avec mille nuances.

Et comme d'habitude, on remercie Boras qui a accepté de poser devant l'objectif.

Nos pièces en détail...

Une veste workwear et un pantalon en denim neppy

Une veste workwear en matière neppy ! Fatigue pant Drapeau Noir, tee-shirt Maison Cornichon, collier Jinji.

Un pantalon avec des poches italiennes, à la coupe décontractée. Chemise, pantalon, et sneakers BonneGueule, tee-shirt Maison Cornichon, bracelet doré M'Hong rapporté d'un voyage au Vietnam.

Qu'est-ce que le neppy ?

Un denim dit "neppy", c'est quand, pendant le tissage, des fibres de coton blanches créent de petites particules à la surface.

Dans le jargon, on appelle ce petit point blanc un "nep".

Le résultat ?

Un aspect visuel "neigeux", comme si de minuscules flocons de neige venaient de tomber sur un lac indigo…

A ne pas confondre avec le denim "slub", où le fil de trame est irrégulier à certains endroits, ce qui donne des stries verticales très marquées et variables.

Bon, je vais être honnête avec vous, quand la matière va se délaver, entre les mille et une nuances indigo et les "neps" qui vont ressortir, ça va être tout simplement magnifique. On est en plein dans la matière qui devient de plus en belle avec le temps.

Concernant l'origine de la matière, nous sommes allés la chercher loin puisque nous l'avons trouvée lors de notre voyage au Japon, chez un petit fabricant japonais.

Pour lui donner plus de souplesse et de douceur, cette matière a eu un premier lavage en usine certifié Oeko-Tex.

Le soleil fait ressortir toutes les nuances et les "neps" de ce beau tissu. Sweat Benjamin Jezequel, pantalon BonneGueule, bracelets APC et Cabo del Mar.

Une veste workwear

Avec cette matière, nous en avons fait une veste workwear (veste de travail en bon français).

En septembre dernier, j'avais déjà dit tout le bien que je pensais de ce vêtement :

C'est une pièce qui a un énorme potentiel "d'uniforme" du quotidien, car ça va avec beaucoup, beaucoup de choses, particulièrement pour un style décontracté. Chino, jean, ou même pantalon en laine, tee-shirt, chemise, sweat, c'est avec quasiment l'intégralité de votre garde-robe que peut facilement se marier une work jacket !

N'hésitez pas à porter cette veste avec un jean naturellement délavé, c'est totalement dans l'esprit. Veste BonneGueule, jean Soulive, chaussures Visvim, tee-shirt et sweat Maison Cornichon, collier Jinji.

Et forcément, mon avis n'a pas changé sur cette pièce !

J'aime particulièrement cette pièce en cette période de mi-saison, où elle module très facilement une tenue en fonction du froid/de la chaleur, car elle peut être portée avec un tee-shirt ou un sweat en-dessous, ou même en-dessous d'une parka.

Et évidemment, avec un jean blanc, c'est une veste qui s'assemble à la perfection ! Veste, chemise, et jean BonneGueule, mocassins Yuketen, ceinture Maison Boinet.

On retrouve les trois poches plaquées caractéristiques de ce type de pièce, mais surtout, une poche intérieure zippée pour les effets personnels à sécuriser.

Vous l'avez plébiscitée, la voici de retour : la tant utile poche secrète zippée !

Oui, comme notre précédente work jacket, les boutons sont "fish eye", c'est-à-dire que la gouttière protège le fil des frottements extérieurs. Colliers Jinji.

Un pantalon à la coupe carotte

Ici, on a voulu un peu plus s'amuser avec la coupe, avec deux critères : confort et décontraction.

A noter : sur les photos, ce pantalon a été volontairement retouché pour qu'il soit court, car on estime que c'est comme ça qu'il est le plus intéressant à porter.

On voit bien ici tout le travail sur le pantalon, avec un peu d'ampleur au niveau des cuisses et une jambe qui s'affine peu à peu. Veste Visvim, tee-shirt Maison Cornichon, chaussures GH Bass x Universal Works.

Mais si vous souhaitez le porter avec une longueur classique, pas d'inquiétude, on a prévu suffisamment de longueur pour le jour du lancement ! 😉

La fourche est basse, ce qui donne à la silhouette cet aspect relâché, et la jambe se resserre à la cheville : c'est ça, une coupe carotte.

Détail important : il a des poches comme un chino.

Pourquoi ?

Parce que quand on met les mains dans les poches, cela décontracte énormément la silhouette et la posture. Et ça collait parfaitement à l'esprit de la pièce.

On peut porter la veste et le pantalon ensemble ?

Oui, on peut !

Ça donne une sorte de costume ultra décontracté, dans la veine de certaines marques japonaises qui proposent des ensembles veste + pantalon à la tonalité très "chill".

Je pense notamment à Nanamica (pour leur Club Jacket et leur Club Pant) ou à Nonnative (pour leurs costumes totalement déstructurés à porter en voyage).

Ici, on pousse encore la décontraction d'un cran puisque la forme de la veste n'est pas un blazer mais une work jacket.

En s'amusant avec les accessoires (collier, bandana dans la poche poitrine), avec une chemise blanche décontractée, on obtient une belle tenue décontractée avec de la personnalité. Veste et pantalon BonneGueule, colliers tressés Borali, mocassins Yuketen, chemise NN07 pour french trotters.

Il faut donc ne pas hésiter à porter les deux ensemble "à la japonaise" :

  • avec une chemise franchement décontractée, pourquoi pas aux influences "Ivy League" comme sait si bien le faire la marque japonaise (hors de prix) 45r
  • avec un tee-shirt type marinière ou chiné (léger, pour ne pas entrer en confusion avec l'aspect neppy)
  • avec des sneakers ou des mocassins décontractés, et même paire de chaussures en cordovan à l'aspect vintage

Deux chemises à rayures à la beauté simple et discrète

Amateurs de chemises à la beauté lisse et consensuelle, passez votre chemin !

Geoffrey et moi, on est en désaccord, chacun reste campé sur les positions de sa chemise préférée.

A ma gauche, une chemise en lin et coton à la main brute, et à ma droite, une chemise chambray toute douce, avec un beau liseré selvedge visible.

#1 Notre chemise écrue à fines rayures à col officier

C'est la chemise favorite de Geoffrey ! Son toucher coton/lin lui apporte de la fraîcheur, et le "slub" (= les irrégularités) du tissu confère un rendu naturel à cette chemise.

Ah, et pour être sûr que vous ne soyez pas tenté de la porter avec une cravate, on a mis un col officier.

Le col officier décontracte fortement une tenue ! Chemise et tee-shirt coton/lin BonneGueule (oui oui, les deux sont dans un mélange de coton/lin), collier de la boutique 'Tibet forever' à Paris.

Un mélange lin/coton de chez Maruwa

C'est un mélange 55% lin et 45 % coton, où le lin apporte de la texture.

La base est un blanc cassé, un coloris naturel, comme si elle venait tout juste d'être tissée et qu'elle n'avait pas encore reçu moult traitement pour atténuer sa beauté naturelle.

Regardez le dessin des rayures, à la fois imparfait et discret… On le distingue un peu sur la photo, mais la base écrue est composée de minuscules et discrets chevrons ton sur ton. Un tissu décidément tout en subtilité !

Puis, elle est parsemée de rayures discrètes et modestes mais qui ne manquent pas de charme : on est en plein dans le wabi-sabi qu'on aime tant !

Au début, quand la chemise est neuve, la main peut paraître un peu "raide", mais rapidement, dès les premiers ports et lavages, elle va s'adoucir.

Une chemise col officier ouverte, un "fatigue pants" (oui, ça s'appelle vraiment comme ça), une paire de mocassins, et là c'est la décontraction ultime.

#2 Notre chemise en chambray à fines rayures

Ma passion du chambray a encore parlé !

Et celui-là est magnifique ! D'ailleurs, j'ai porté plusieurs fois le prototype de cette chemise dans mes vidéos et, à chaque fois, ça n'a pas loupé : vous avez systématiquement demandé quelle était cette chemise.

Entre l'irrégularité de la rayure, et l'effet brossé, le rendu est très, très, très cool.

Petite particularité : j'aimais beaucoup voir la ligne rouge de ce liseré selvedge cohabiter avec les rayures blanches simples et spontanées de ce tissu.

On a donc décidé de monter la chemise autrement, avec le liseré visible tout au long de la gorge, en plus de sa présence sur les hirondelles de renfort et au niveau de la patte capucin. Ainsi, quand vous retrousserez les manches, il sera très joliment visible.

Regardez comment ce petit liseré rouge irrégulier cohabite délicatement avec les rayures blanches…

Un coton à rayures de chez Kuwamura

Kuwamura a impeccablement bien travaillé ce fil de coton irrégulier, où de multiples slubs parsèment le tissu, en horizontal ou en vertical.

Il y a en plus un effet brossé qui apporte beaucoup de douceur au tissu, et qui donne un côté "neigeux" aux rayures, comme un très léger brouillard qui ne quitterait pas le tissu.

On voit bien cet aspect brut et irrégulier que j'aime tant sur le tissage de ce chambray.

Comment se procurer la veste, le pantalon et les deux chemises venus du 🇯🇵 ?

Rendez-vous dans nos boutiques à Paris 3e, Paris 6eLyon et Bordeaux ou sur notre e-shop.

Benoît Wojtenka Benoît Wojtenka

J'ai fondé BonneGueule.fr en 2007. Depuis, j'aide les hommes à construire leur style en leur prodiguant des conseils clairs et pratiques, mais aussi des réflexions plus avancées.
Et j'ai quelques lubies : le sport en salle, le techwear… Et j'adore le thé sous toutes ses formes, que je bois à raison de plus de trois litres par jour.

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