Conseils : Vêtements vivants et vêtements morts, patine et usure des matières

Temps de lecture : 4 minutes

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Depuis quelques années, les gens commencent à mieux acheter leurs vêtements : ils s'éduquent à la qualité, aux savoir-faire, aux formes et aux couleurs.

Et ils sont disposés à investir un peu plus dans leur garde-robe... Quand cela est justifié bien sûr.

Mais certains sont rapidement surpris par le fait que les vêtements "vivent" :

"Ma chemise s'est un peu rétrécie/agrandie après 2 ans, et mon jean a légèrement déteint ! Pourtant je pensais avoir investi dans de la qualité..."

"C'est bizarre, il y a des petites irrégularités dans la matière"

"C'est vraiment pas pratique cette chemise en lin, elle froisse un peu après une journée, ce qui n'était pas le cas avec mes vieilles chemises en coton"

J'écris donc cet article pour vous aider à faire la différence entre un problème de qualité et les caractéristiques normales des vêtements.

Bref, prendre un peu de recul sur ce que l'on peut attendre de vêtements de qualité.

Les matières vivantes et naturelles

Tout d'abord les matières.

Ce que j'appelle une "matière vivante", c'est une matière naturelle, qui va vivre sa vie, bouger un peu, s'adapter à votre morphologie, se patiner...

C'est une matière imparfaite mais humaine et vivante, et donc belle dans sa texture, son authenticité, sa poésie (voir doctrine japonaise du wabi sabi).

matiere wabi sabi

L'indigo qui s'estompe

L'exemple le plus courant, c'est bien sûr l'indigo des jeans bruts. Pour rappel, Milone, spécialiste du workwear, a écrit deux articles de fond sur l'indigo : l'histoire de l'indigo et l'utilisation de l'indigo dans le monde.

L'indigo est un pigment - en général - naturel, peu fixant par nature, mais c'est là tout son intérêt.

On obtient ainsi des jeans ou des chemises qui vont se déteindre au fur et à mesure, là où la matière frotte et travaille le plus, reflet de votre mode de vie et de vos habitudes.

Plus le fil est teint avec une forte densité de pigments d'indigo, jusqu'au coeur de la fibre, plus le délavage qui apparaîtra ensuite sera subtil, avec des reflets allant du turquoise au bleu ciel, voire parfois émeraude ou touchant sur les rouges et les violets sur certaines toiles traitées avec de l'écorce de grenade par exemple.

Une bonne grosse cuve d'indigo.

Chaque matin, un grand bol d'indigo.

Les jeans avec les plus beaux délavages trouvent même leur place dans des Hall of Fames sur Internet, et il existe toute une communauté autour des délavages de jeans bruts, qui s'amuse par exemple à glisser des pièces de monnaie ou d'autres petits objets dans les poches pour les voir apparaître ensuite par transparence lorsque la toile extérieure délave.

gradation delavage indigo

Les mille nuances de l'indigo naturel qui se délave, tout en subtilité. Vous n'aurez jamais ça avec des pigments et des mordants synthétiques.

Une matière qui change, qui se patine, quitte à dégorger un peu de pigment sur vos sneakers ou l'intérieur de vos blazers. Mais une matière qui vit.

Avant / Après.

Avant / après sur notre toile Kurabo, à l'indigo naturel et en "deep core dying".

C'est 1.000 fois plus intéressant que d'avoir des jeans aux couleurs fixées artificiellement, qui se déteignent sans subtilité au lieu de se patiner : c'est ce que j'appelle les matières mortes.

Usure et vieillissement du cuir

On retrouve exactement la même chose avec le cuir.

On a d'un côté les cuirs végétaux qui sont des peaux d'animaux, mais tannées avec des écorces, résines, et huiles naturelles (donc sans métaux comme le chrome et le soufre ).

Ces cuirs se patinent, se froncent par endroits qui frottent, et se lissent à d'autres quand ils sont tendus . Mais ils vivent avec vous, ils sont les témoins de votre histoire, ils conservent ce côté organique et brut qui fait que c'est du cuir, et pas une substance alien sortie des labos du KGB.

cuir vegetal

Le cuir végétal, quand le produit est neuf.

cuir1

Le même cuir qui s'est patiné après 1 an ou 2.

À l'opposé, il y a les tannages aux métaux qui "tuent" le cuir ; le fixent totalement.

Ce sont les cuirs les plus utilisés, à la fois pour des raisons de coûts, mais aussi pour des raisons de préférences des consommateurs, particulièrement en mode féminine où la cliente préfère que ses accessoires et chaussures conservent un aspect net et inaltérable dans le temps . Idem pour une bonne partie du luxe masculin.

Je peux tout à fait le comprendre, mais l'important est de ne pas prendre un cuir végétal qui se patine pour un mauvais cuir, sous prétexte qu'il se "salirait" plus vite.

Cela dit, le tannage au chrome, ça a vite un rendu très chiant.

Cela dit, le tannage au chrome, ça a vite un rendu très chiant.

Le vrai mal étant le cuir totalement mort, et étouffé, comme le cuir bookbindé, qui est un cuir gratté, poncé, et recouvert d'un film plastique.

Ça a l'air très joli et net en magasin, ça permet de faire passer du cuir de mauvaise qualité et veiné pour de la crème, sauf que ça s'use de manière dégoutante, ça ne se patine pas du tout, ça se dessèche rapidement sous le film plastique, et ça fait plein de plis là où le cuir travaille (on repère ces cuirs en pliant le nez de la chaussure, cf photo).

À éviter totalement !

Le rendu type d'un cuir bookbindé. On sent d'ici l'odeur de plastique.

Le rendu type d'un cuir bookbindé. On sent d'ici l'odeur de plastique.

D'ailleurs, la marque Jacques et Demeter a publié un article passionnant sur le tannage végétal.

Le coton qui duvette

Autre phénomène souvent pris pour un manque de qualité : le coton qui duvette en s'usant, et qui devient plus doux.

Certains cotons de qualité, notamment les tissus épais, sont précisément conçus pour durer et s'adoucir en duvetant avec le temps (c'est tout leur intérêt).

D'autant qu'un coton qu'on a fait duveter artificiellement, ça s'appelle... une flanelle.

Sauf que pour la flanelle, le processus est un peu plus abrasif (on n'a pas 2 ans à consacrer au processus de duvetage), alors qu'un bon coton se duvette naturellement, et sa solidité est préservée.

Détail d'une chemise militaire américaine qui a commencé à pas mal se flaner.

Détail d'une chemise militaire américaine qui a commencé à pas mal duveter.

La version fast fashion d'une "gabardine" chez une enseigne qui commence par un Z. Déjà neuf ça crée aucune émotion, voilà ce que j'appelle une matière morte, aseptisée.

La version fast fashion d'une "gabardine" chez une enseigne qui commence par un Z. Déjà neuf ça ne crée aucune émotion, voilà ce que j'appelle une matière morte, aseptisée. Ça n'a même plus l'air organique, et pourtant c'est du coton...

Le lin qui froisse

Bon, cela va peut-être en faire sourire certains, mais on a parfois des retours de lecteurs qui se plaignent que leur chemise en lin froisse plus qu'une chemise en coton.

Bien sûr, c'est désagréable et cela fait vite négligé de porter une chemise couverte de gros plis, mais on ne parle pas ici de cas extrêmes, mais seulement de quelques plis dans le dos à la fin d'une journée où il a fait chaud.

Ce n'est donc rien d'autre qu'une propriété intrinsèque du lin. Ça froisse, ça vit, bah oui, et c'est comme ça, ça fait partie du trip. Et en contrepartie, c'est plus aéré, c'est bien plus solide que le coton. À chacun de choisir.

Mais impossible d'avoir le beurre et l'argent du beurre.

Eh oui, ça froisse un peu. Eh non, c'est pas tout lisse.

Eh oui, ça froisse un peu. Eh non, c'est pas tout lisse.

Il faut bien se dire que des plis sur des vêtements, c'est tout à fait normal, et il faut sortir totalement de cette vision aseptisée d'une tenue sans plis qu'ont parfois des débutants un peu zélés à force de regarder des lookbooks où les vêtements sont retouchés à l'ordinateur.

D'autant que ce sont bien les tenues trop propres, sans pli, aux matières sans reliefs, et sans un cheveu qui dépasse, qui font des looks de gentils garçons trop lisses . Un peu de spontanéité et de lâcher-prise ne fait de mal à personne !

Le coton huilé et ses nuances

Je ne vais pas m'attarder sur le coton huilé des vestes "type Barbour",  mais là encore ça suinte au début, c'est un peu gras, mais ça se calme ensuite, et après une saison le rendu est magnifique.

Comme si vous aviez bourlingué toute votre vie dans cette veste.

Ça valait le coup de se salir un peu les mains au début !

veste barbour neuve

Coton huilé neuf : ça brille et ça suinte. Peut mieux faire (joli jean, par contre).

veste barbour portee

Coton huilé qui a un peu vécu : yeah ! Même veste Barbour dans les deux cas.

La laine de qualité qui peluche un peu, puis plus du tout

Une laine qui peluche n'est pas un signe de mauvaise qualité.

Dans le cas des laines de grande facture, et notamment des beaux cachemire , le peluchage est une étape inévitable, où les fibres courtes de la laine s'évacuent.

La vraie différence entre qualité et ouate de sauvage ne se voit pas avant une dizaine de lavages :

  • Qualité : les peluches apparaissent vite mais disparaissent ensuite progressivement sur les belles laines,
  • Cochonnade : les peluches apparaissent plus lentement , mais le processus dure ensuite très longtemps, voire à vie, jusqu'à amincissement total de la matière et trous.
Douceur et gonflant tentant en magasin. Pourtant aucune certitude sur la qualité à ce stade !

Douceur et gonflant tentants en magasin. Pourtant aucune certitude sur la qualité à ce stade !

Les laines vierges à toute épreuve

Autre idée reçue sur la laine.

Beaucoup de consommateurs résument la situation à :

  • laine douce = qualité
  • laine rêche = cochonnade

Pourtant rien n'est plus FAUX !

NEIN ! NEIN ! NEIN !

NEIN ! NEIN ! NEIN !

La laine des chaînes de fast fashion est toujours super douce, car bourrée d'adoucissants : autant de cache-misère qui dissimule une laine qui deviendra rêche et "plate" par la suite, et bien souvent se délitera, peluchera à vie, et se trouera en quelques lavages, faute d'une densité suffisante en fibres longues

C'est un peu l'équivalent des cuirs bookbindés, dont ces chaînes sont également friandes.

À l'opposé, une laine de choix est rêche, et tient des années, tout en s'adoucissant. C'est par exemple le cas avec les très belles laines d'agneau.

La bonne grosse maille SNS Herning d'un des forumeurs BonneGueule.

La bonne grosse maille SNS Herning d'un des forumeurs BonneGueule. C'est brut, c'est solide, c'est fonctionnel, et ça ne changera pas au premier lavage. Et quel gain de relief pour un look !

La matière qui bouge le moins ?

Eh bien c'est le synthétique !

Le synthétique est relativement inerte. Il ne bougera presque pas suite aux passages en machine et au sèche-linge.

Par contre, c'est une matière qui a de très nombreux défauts :

  • aucune respirabilité (bah oui, c'est du plastique sauf si matière technique type membrane, etc.),
  • plus d'odeurs corporelles qui apparaissent (conséquence du point précédent),
  • des couleurs pauvres, standardisées, sans nuances
  • elle ne se patine pas, elle s'use de manière laide,
  • ah oui, et elle lustre très rapidement quand elle est soumise à des frottements (= magnifiques auréoles luisantes sous les coudes et sur les genoux des costumes de mauvaise qualité).

Bref, c'est une matière parfaite si vous vous en foutez de votre image, de votre confort, et globalement de la qualité de vos vêtements.

Parfait si vous en faites une boule le soir, hop en machine à 90°, et tranquilou le lendemain avec la chemise et le costume qui vous font transpirer dans les transports en commun.

Mais après tout, chacun son choix.

Zoom sur une fibre de polyester (inerte, aucune propriété particulière) et sur une fibre de laine (avec ses écailles qui permettent la régulation de la chaleur et de l'humidité).

Zoom sur une fibre de polyester (inerte, aucune propriété particulière) et sur une fibre de laine (avec ses écailles qui permettent la régulation de la chaleur et de l'humidité).

Les traitements naturels

Bon, vous avez bien compris le truc avec les matières, et j'aurais pu citer plein d'autres exemples.

Vient ensuite le traitement : teintures, enduction , flammage , calandrage , etc.

Comme je l'ai écrit, en partant d'une même matière naturelle , on peut tout à fait arriver à une matière qui garde sa force vitale, ou à un résultat aseptisé et mort, type cuirs tannés aux métaux ou laines bourrées en additifs.

chemise dobby

Zoom sur deux de nos chemises à nous. Comme quoi on peut faire beaucoup de choses avec du naturel.

Comme quoi on peut faire beaucoup de choses avec du naturel.

Respect de votre santé

Au final, privilégier le vêtement vivant, c'est un peu comme choisir de manger des aliments bio, avec leurs petits défauts visuels, mais du vrai goût et l'absence de conservateurs qui nous nuisent sur le long terme.

L'élément qu'il faut bien prendre en compte ici, c'est la dimension chimique.

ll existe des apprêts mécaniques inoffensifs (flammage, grattage, repassage, calandrage, etc.) mais aussi des apprêts chimiques (comme les agents gonflants ou assouplissants de la laine, les traitements du coton anti-plis, ou des fixateurs de couleur, ou des pigments qui peuvent eux-même être toxiques).

Certes certains agents chimiques peuvent améliorer un tissu , mais il faut à chaque fois faire attention à leur toxicité.

Dans les débuts de BonneGueule, cela m'est notamment arrivé de faire une allergie (couvert de plaque rouge) en pleine soirée presse alors que je testais une chemise d'une enseigne bas-de-gamme. Et j'ai déjà eu d'autres retours autour de moi (n'hésitez pas à poster les vôtres).

Il existe des labels attestant la non-nocivité des matières, mais ils sont essentiellement présents dans le haut-de-gamme (et dans la fast-fashion, c'est encore du n'importe quoi).

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On peut citer les labels internationaux bluesign®OEKO-TEX®, ou encore le label européen Master of Linen®

Cela dit, la meilleure manière de ne pas courir de risques reste de favoriser les matières 100% naturelles, traitées également de manière naturelle (ou via des apprêts mécaniques).

metier a tisser

Respect de l'environnement et de l'humain

Pour un tissu qui vous causera des allergies, on peut aisément imaginer ce que sa production à grande échelle inflige aux ouvriers des usines qui les produisent. Idem pour la nature et pour les cas d'empoisonnement des eaux consommées par les populations.

N'est-ce pas rassurant de savoir que le vêtement qu'on achète et que l'on porte ne fout pas le bordel à 10.000 km de chez vous, voire cause des morts ?

Merci les matières vivantes.

teinture chine industrielle

Usine de teinture chimique industrielle en Chine, dans la région de Tianjin au Nord-Est.

Extraction de l'indigo en Inde.

Extraction de l'indigo en Inde.

teinture inde traditionnelle

Teinture artisanale des tissus à Fès au Maroc.

Le cas des teintures naturelles

Enfin, il existe de plus en plus de teintures naturelles, notamment pour le coton.

Le phénomène est encore récent, on ne trouve pas encore toutes les teintes (et encore moins toutes les intensités, notamment avec le noir qui est très fade), mais on arrive quand même à produire de très belles couleurs bleues, marron, ocre, rouges, violette, beiges, écru avec des pigments 100% naturels.

Bien sûr il y a l'indigo naturel, mais on peut aussi citer les peaux d'avocat (violet), la cochenille (rouge), le henné (marron), les boutons de rose (rose), les écorces de bois (marron, beige), ou encore le safran (jaune).

Exemple de teintes que l'on peut obtenir soi-même assez facilement.

Exemple de teintes que l'on peut obtenir soi-même assez facilement.

Là encore on est dans des matières qui vivent : les pigments sont moins fixés et ils délavent par endroit à la manière des chemises et des jeans teints à l'indigo.

D'ailleurs les fixants (qui permettent au pigment d'adhérer à la matière) peuvent également être naturels : alun, acide oxalyque (extrait de la rhubarbe), crème de tartre, acide gallique (extrait d'une sorte de caroube), carbonate de sodium (déjà utilisé par les Égyptiens), sulfate de fer (dont on faisait l'encre des moines au Moyen-Âge), etc.

Les teintes finales ne sont pas forcément hyper uniformes, mais c'est ce qui donne des looks réels, plus bruts, ancrés dans une vraie réalité. Des marques comme Visvim ou GANT Rugger développent d'ailleurs beaucoup ces usages.

Hiroki Nakamura, le fondateur de Visvim.

Hiroki Nakamura, le fondateur de Visvim.

Je vous conseille aussi d'aller jeter un oeil au site de la marque Johanna Riplinger, entièrement développée à l'aide de pigments naturels. Sa créatrice développe d'ailleurs ses propres matières, certaines très belles, avec des partenaires situés en Inde (un des pays leaders de ce mouvement).

Johanna Riplinger et une de ses collections. Cela vous donne un autre exemple de la palette des teintures naturelles.

Johanna Riplinger et ses créations. Cela vous donne un autre exemple de la palette des teintures naturelles. Ce serait d'ailleurs un bon axe de travail pour nous, même si le sujet est encore assez expérimental.

L'âme du vêtement

Enfin, les matières vivantes apportent un certain supplément d'âme à un vêtement.

Connaître l'histoire de son design, ses techniques de production, et qui sont les mains qui ont tenu le fil et l'aiguille, c'est embarquer avec soi une partie des hommes et femmes qui sont intervenus dans le processus.

Et je ne pense pas qu'il ne s'agisse que d'un truc psychologique, ou d'une bonne conscience.

Mais plutôt de tous les micro-détails qu'on ne voit pas distinctement au premier abord, mais qui font qu'on se dit "ce vêtement tombe vraiment bien, il transpire quelque chose, il a vraiment une gueule".

inis meain ile

inis meain vagues

inis meain zoom pull

Exemple d'une marque bourrée d'âme avec les pulls Inis Meáin, fabriqués dans les îles d'Aran en Irlande.

Des objets à plusieurs vies

"Le luxe, c'est ce qui se répare" Charles-Émile Hermès (1831-1876)

C'est un petit dicton que l'industrie du vêtement a vraiment oublié ces dernières années.

Pourtant, c'est une vraie jauge de la qualité d'un produit : on préfère réparer un vêtement ou resemeler des chaussures qui portent bien leur âge et leurs égratignures plutôt que de les jeter et les remplacer.

Parce que les vêtements de qualité se patinent au lieu de s'user.

Je dirais même que plus ils prennent de patine et de petites écorchures, plus ils ont "de la gueule". Un peu comme une personne, ils gagnent en caractère. Cela aussi leur donne leur caution d'âme.

Les Japonais (encore eux) ont même un art que je trouve génial : le Kintsugi. Il s'agit de réparer des objets brisés (en particulier des céramiques) à l'aide d'une laque saupoudrée de poudre d'or.

La brisure est alors mise en avant et magnifiée. C'est une belle philosophie qui respecte le passé de l'objet, et présente ses accidents non pas comme une date de mise au rebut, mais comme le début du cycle d'utilisation suivant.

kintsugi bol japonais

On peut aussi parler des tissus Boro, à la base les kimonos rapiécés avec des coutures grossières (sashiko) des démunis du siècle dernier. Ce sont aujourd'hui des pièces de collection :

boro kimono 2

boro kimono 1

Vie et mort : quelle durée de vie peut-on vraiment attendre d'un vêtement ?

Le facteur fréquence

Dernier point important, quand on reconstruit son vestiaire, il faut prendre en compte la fréquence de port.

Souvent, un débutant qui commence à refondre sa garde-robe ne va plus porter que ses vêtements neufs qu'il adore, tout simplement parce qu'il a à ce stade peu de vêtement dont il est vraiment satisfait.

C'est ainsi que certains vont porter la même chemise 1 ou 2 jours par semaine par exemple. Et s'étonner en fin de compte qu'elle lâche au bout d'1 an ou 2, alors que 100 ports et lavages, c'est tout à fait acceptable (essayez de visualiser 100 cycles complets de lavage, plus le port intensif derrière).

un jour sans fin gif bill murray

Rien d'étonnant donc à ce qu'une très belle chemise laisse apparaître un trou au coude après 2 ou 3 ans de port intensif, ou à ce qu'un jean en toile japonaise vous gratifie d'un trou à l'entrejambe après 2 ans si vous le portez un jour sur deux, éventuellement assortis de bonnes cuisses, de changements de poids ou de voyages en moto.

Voici un petit listing de la durée de vie acceptable d'un vêtement, avec une fréquence de port raisonnable (2 à 4x / mois), un vêtement choisi à votre taille sans tensions et frottements particuliers, et un respect des conditions d'entretien :

  • Tee-shirt : difficile à dire, même en entrée de gamme. Les tee-shirts en coton sont solides car le jersey de coton est une matière stable qui dure dans le temps. Un tee-shirt peut donc durer facilement plusieurs années, sauf pour les mélanges de matières plus fragiles comme un coton / soie sur des tee-shirts très haut de gamme, ou sur des grammages vraiment légers. 
  • Chemise : plus ou moins 3 ans. Une belle matière peut durer dans le temps. C'est surtout la qualité du thermocollage du col qui détermine sa durée de vie. C'est lui qui permet au col de tenir (ou non).
  • Chino : environ 3 ans. Ce n'est pas la matière qui lâchera en premier mais la teinture, qui perdra de son éclat.
  • Jean : environ 3 ans. Je rappelle qu'il ne doit pas être porté tous les jours pour une durée de vie telle. Cela dépend aussi de l'épaisseur de la toile, de la morphologie du porteur, et même, de la manière dont il marche. Les points d'usure d'un jean sont tous différents selon les personnes.
  • Pull en laine : Tout dépend de l'épaisseur de la maille... et des mites dans vos placard. Donc au moins 3 ans pour une maille fine et au moins 5 ans pour une grosse maille.
  • Veste / blazer : si la pièce est entièrement entoilée, la durée de vie se compte en dizaines d'années. Sinon, 4 à 5 ans pour un semi-entoilé.
  • Pantalon de costume : environ 3 ans devrait couler avant d'apercevoir l'usure de la matière sur les points de frottements (sauf si comme moi vous êtes un démolisseur de pantalons avec de bons cuisseaux).
  • Manteau : 5 ans ou plus, selon l'épaisseur de la matière.

J'espère que cela vous permettra de cadrer vos exigences, et d'adapter votre budget en conséquence.

Tout objet à une durée de vie

Il faut donc accepter que tout vêtement reste un consommable. Simplement parce qu'un vêtement indestructible, ça n'existe pas et que rien n'est immortel.

À un moment, je devrai quand même lui dire bye bye :'(

À un moment, je devrai quand même lui dire bye bye :'(

Selon la qualité que l'on achète, on retrouve donc :

  • des consommables bas de gamme, qui s'usent vite, que perdent rapidement leurs propriétés esthétiques et fonctionnelles (exemple extrême : la fast fashion),
  • des vêtements qui peuvent parcourir une génération, parfois deux pour les très beaux objectifs en cuir et les costumes de tailleurs traditionnels... mais qui rendent toujours l'âme à un moment, ou plutôt qui partent de leur belle mort (exemple extrême : l'artisanat de luxe).

Parce que oui, même dans les meilleures qualités, il y a un moment où après ses premières rides et ses derniers trous, un vêtement vous lâche pour de bon .

À vous de prendre la défunte étoffe dans vos bras, de lui raconter une dernière berceuse, et de le laisser alors voguer vers le paradis des gentils vêtements. Après tout, il vous aura bien servi tout ce temps.

wabi sabi fin

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Geoffrey Bruyere Geoffrey Bruyere

Je suis un des deux fondateurs de BonneGueule. Je crois aux contenus de qualité, au digital qui n'oublie pas l'humain, et aux marques positives ✊ Et c'est moi qui trouve les surnoms dans l'équipe !

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  • Nicolò – BonneGueule

    C’est une bonne question, et ça dépend des pièces.

    Il faut aussi prendre en compte que certaines pièces, en terme de resitre stylistique, supportent bien mieux l’usure et le côté « rapiécé » qu d’autres.

    Sur un jean ? C’est même désirable !

    Sur un pantalon de costume ? Il y a intérêt à ce que ça ne se voie pas.

  • Jean-Baptiste

    Bonjour !
    Article intéressant, j’ai toutefois une remarque pour la partie sur la durée de vie : surtout pour le chino, j’ai l’impression qu’on me parle de « date limite d’utilisation optimale » plutôt que de « date de péremption », pour reprendre le vocabulaire de l’agro-alimentaire.
    Certes, usés les vêtements seront moins jolis, mais de combien de temps dispose-t-on (« on est pas à une vache près », pour citer Karadoc parlant justement de temps) avant l’apparition des premiers vrais dégâts ?
    Je ne dois pas être le seul lecteur qui interdit la retraite à ses vêtements 😀

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Jeff !

    Effectivement, comme tu l’as dit, impossible de prévoir à 100% l’usure d’une pièce. 🙂

  • Jeff Gd

    C’est vrai qu’au vu des prix de certains vêtements de qualité il est inquiétant de savoir qu’à une fréquence de port faible les dix ans de durée de vie sont utopiques.
    Investir un millier d’euros dans un beau blouson en cuir pour en faire le pilier de sa penderie et faire tourner les pulls, jeans et tee-shirt ça semble être une des options les plus rentables sur le long terme; encore faut-il que cela nous plaise par contre 🙂

    Je sais bien que vos chiffres ne sont que des moyennes mais l’usure des vêtements variant réellement d’une personne à l’autre ça ne ma parait pas bête de s’y référer tels qu’ils sont.
    Après, il n’y a pas mieux que soi-même pour déterminer la durée de vie moyenne du type de pièces que l’on possède.

  • Euxane – BonneGueule

    Hello Guillaume,

    Je comprends que tu sois embêté et que tu tiennes à ta veste, surtout quand celle-ci s’est parfaitement adaptée à toi avec le temps. Et ce qui va suivre risque de te décevoir mais je te déconseille fortement de la teindre, c’est vraiment trop casse gueule et le résultat a peu de chances d’être réussi…

    Maintenant pour ce qui est de la porter ainsi, c’est difficile de juger sans photos. Mais surtout je pense que c’est à toi de te poser la question. Est-ce que ça te gêne vraiment ? Es-tu à l’aise de la porter ? Assumes-tu le côté vieilli de la pièce, ou trouves-tu cela moche ?

  • Guillaume

    Bonjour à vous, et merci pour cet article très intéressant,

    Je suis justement confronté à la problématique du vieillissement sur un de mes vêtements. Généralement, ça ne me pose pas de problème de voir mes vêtement évoluer, mais dans le cas présent je suis un peu embêté. Je possède un une veste sport (ou disons blazer) Tommy Hilfiger que j’adore, à la coupe impeccable qui s’est adaptée à ma morphologie, d’une couleur bleue marine, et le produit vieillit très bien puisqu’elle ne s’use pas. Par contre, le gros problème, c’est que la couleur à pris une claque à cause du soleil et la pluie. Ça fait 4 ans que je l’ai maintenant, et bien qu’elle soit dans un état impeccable, je ne la porte plus à cause de cette couleur qui a viré par endroit en une sorte de violet. J’ai pensé à la faire teindre par un professionnel, mais il semblerait que cela ne fasse plus vraiment. J’ai appelé plein de teintureries (qui n’en ont que le nom) et personne n’a pu me répondre positivement, et une dame m’a rapporté que c’est de toute façon une opération trop couteuse, et qu’il valait mieux faire ça soit même. Qu’en pensez-vous ?

    Ma veste est 100% coton, c’est un modèle printemps/été, mais l’étiquette indique un nettoyage à sec uniquement, prohibant la machine et même le lavage à la main. D’où ma question : est-ce que je prends un risque à teindre moi-même cette veste, à la main ? Visiblement, ça se fait avec de l’eau très chaude, ce qui ne me parait pas du tout idéal.
    (pour info j’ai un autre blazer, beige, et 100% coton, pour lequel il est préconisé un lavage machine à 30°, et interdisant le nettoyage à sec)

    Ou vaut-il mieux au final que je continue à porter ma veste avec cette teinte passée, comme quelque chose de naturel, et devant considéré que cela fait parti du charme de cette pièce ?

    Merci beaucoup à qui pourra me conseiller, ou me donner son point de vue.

    Guillaume.

  • Luca – BonneGueule.fr

    C’est une moyenne, en fonction du nombre de ports et de son utilisation tu peux pousser à plus de 5 ans en effet. Tout dépend également du poids et de la densité de la toile.

  • Mokyx

    3 Ans seulement pour un jean ?
    Un selvedge digne de ce nom devrait être capable de durer plus longtemps non (entre 5 et 10 ans) ?

  • Nader Aoun

    Merci de ton conseil

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Mike 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Remy, c’est corrigé !

  • Mike Vön Dub

    Très bon article comme toujours! Concernant la pigmentation et teinture naturelle je viens de tomber sur la marque Whole via un reportage de La Maison France 5 qui illustre parfaitement vos propos et une démarche plus humaine, responsable et écologique… Je vous le conseille vivement. Bonne continuation 🙂

  • Remy

    Je souffre de lire Soufre avec deux F (dans la partie cuir). Le moyen mnémotechnique est cadeau.

  • C’est vraiment purement indicatif Simon, et ça dépend des pièces.
    Mais dans ce raisonnement, la fast fashion tient moins le coup (et prend un aspect usé souvent dès le premier lavage), alors ça reste vrai pour des vêtements pas chers qu’on porte à la même fréquence mais se dégradent plus vite, et coûtent souvent plus chers à la fin…

  • Mc Paül Tyler

    Bonjour les BG,

    Un article qui résume bien ma démarche depuis 18 mois déjà,
    je dirais que j’ai enfin trouvé mon style. J’achète aujourd’hui seulement des
    vêtements avec une âme (donc une histoire).

    Je trouve que les vêtements vivant on quelque chose en plus que
    le BASIC le truc qu’on remarque mais qui à un social-proof facile. Personne ne
    va vous reprocher de porter une chemise en chambray japonais ou un jean selvedge.
    La prise de risque est minimum pour un impact maximum.

    Ce sont des vêtements qu’on est contant de porter et de voir
    évoluer.

    Exemple : j’ achete parfois du HM et binh quand le
    vêtement à un trou ou se découd je le jette, je n’ai aucune attache émotionnel
    avec ce vêtement alors qu’une belle sape en cas de coup dûr c’est directe à la
    couturière. J’en fais pas tout un fromage ça fait partie du cycle de vie normal
    d’un fringue.

    Les pièces dont je recommande pour toutes ces raisons, Je les portes au quotidiens et j’en
    suis fière (un peu trop) : Workboots RW bordeaux, jeans NAF et BG, une vielle ceinture en cuir de 10 ans d’âge,
    bracelet en cuir US qui patine, TS BJ et DN en tissu jap, 4 chemises en
    chambray dont une Momotaro que je ne quitte plus, un manteaux occas Barbour qui
    a était une révelation sur ceux que sait un vêtement qui s’embellie avec le
    temps.

  • Luca – BonneGueule.fr

    Encore une fois, tout dépend de la qualité du tissage et de la laine. Logiquement, ce sont des pièces qui tiennent longtemps (environ 3 ans selon l’usage). Le fait qu’une laine bouloche n’est pas forcément mauvais signe (seulement sur les points de frottement en revanche).

  • Luca – BonneGueule.fr

    Et quelle cordonnerie ! On l’ajoute de ce pas. Merci 🙂

  • Simon

    Sympa le petit encart sur la duree de vie des vêtements 🙂
    Mais d’un côté ça fait froid au portefeuille…
    La duree de vie générale d’un vêtements est de 3/4 ans selon le tableau pour un usage modéré (2-4 fois par mois).
    Pour porter ses vêtements à cette fréquence ça sous entend qu’on en possède une certaines réserves, par exemple rien que pour le bas en prenant une moyenne de 3 ports/mois il faut dans l’idéal 10 chinois/jeans/pantalons.
    Ce qui represente un bel investissement…

    Si comme moi on souhaite étaler dans le temps les dépenses et bien finalement lorsque l’on atteint ce chiffre de 10, les 1ers achetés sont deja bon à etre remplacer 😮
    Ça n’empêche pas que le plaisir de porter de la qualité même si l’on sait qu elle est consommable donne confiance en son look et en soi 🙂

  • Rafik – BonneGueule

    Hello les gars,

    Il n’y a pas de règle universelle là-dessus ; comme le souligne justement Jérémy, les habitudes de port et le soin qu’on y apporte sont déterminants. Les chiffres de Geoffrey sont là pour te donner un ordre d’idée, mais oui il y a plusieurs facteurs qui jouent. 🙂

  • Foucault Jérémy

    Un jean momotaro, à mon avis si tu en prend soins, si tu l’alterne avec d’autres pantalons, et vu que l’été tu le portes pas, tu peux le garder tout une vie.

  • Nader Aoun

    Bonjour à tous !!!
    Je voudrais savoir combien de temps tiennent en moyenne les chemises à carreaux en flanelle ?
    Sachant que j’en avais acheté une Redskins cet hiver et au bout de 5 mois, elle peluche de tous les côtés ( ça se voit de prés, pas encore de très loin ) alors que je l’ai porté une fois par semaine ( maximum deux ) et que je ne l’ai pas énormément lavé ( lavage à la main ).
    Merci d’avance

  • Pierre

    Merci pour le retour Geoffrey et Jeremy 🙂

  • JC

    Dans vos adresses des meilleurs cordonniers manquent la cordonnerie des deux lutins 14 rue saint Marc dans le 2e à Paris : excellents artisans et passionnés

  • Euxane – BonneGueule

    Hello Nicolas,

    On vient de créer 3 pages :

    – Les meilleures retoucheurs à Paris : https://www.bonnegueule.fr/les-meilleurs-retoucheurs-a-paris/
    – Les meilleurs retoucheurs en région : https://www.bonnegueule.fr/les-meilleurs-retoucheurs-en-region/
    – Les meilleurs cordonniers de France : https://www.bonnegueule.fr/les-meilleures-adresses-de-cordonniers-en-france/

    J’espère que tu trouveras ton bonheur et n’hésitez pas à nous communiquer vos bonnes adresses ! 🙂

  • Luca – BonneGueule.fr

    Oui, sur [email protected]. Merci Nicolas !

  • Nicolas Duclos

    C’est gentil, je tâcherai de t’envoyer une photo (par mail?).
    Merci beaucoup!

  • Hello Nicolas,

    Normalement de la laine ça ne se lustre presque pas, c’est signe d’un enduit ou de matières synthétiques.
    Si tu m’envoies des photos je pourrai te dire.

    Très bonne journée,
    Geoffrey

  • Nicolas Duclos

    Article très intéressant pour qui veut investir (c’est le mot) dans une garde robe de qualité.
    Que faire contre les costumes lustrés? Eviter de porter la veste quand on est assis au bureau? Et est-ce un signe de mauvaise qualité?
    Merci pour vos réponses

  • ce sont vraiment des moyennes, à ne pas prendre à la lettre, mais plus une idée globale

  • Alexandre Blot

    Bravo pour l’article il est génial! 😉
    Tu parle de durée de vie brut sans autres critères?ce sont des moyennes ou il commence véritablement à être user au bout de 3 ans pour un jeans?(un momotaro par exemple)
    excuse moi pour cette incompréhension je veux y voir plus clair… 🙂
    merci d’avance,

  • Très bel article, une façon de penser qu’on peut appliquer à tous les domaines de la vie. Merci Geoffrey.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Nicolas !

    Ce serait un excellent sujet d’article ça, de répertorier les bonnes adresses pour ça.

    En attendant…
    Pour le cuir tu peux trouver une « carte des meilleurs cordonniers » sur le web.

    Pour les vêtements ou retouches, dès que ça devient complexe, va chez Elysée Couture. Tu payes plus cher mais le résultat est vraiment garanti.

    Pour le cuir par contre, comme sur des blousons, on a pas encore d’adresse qui pourrait par exemple faire de la retouche dessus (c’est assez rare comme savoir faire chez les retoucheurs)

  • merci Yoann 🙂

  • Nicolas

    D’ailleurs, messieurs de chez Bonnegueule, auriez vous de bonnes adresses d’artisans pour réparer tel ou tel vêtement, ou chaussures, cuirs, etc?

  • Alexis

    Les mecs c’est de la poésie en prose cet article…

  • Foucault Jérémy
  • ah oui on est tout à fait d’accord ! je parle bien sûr de patine et pas d’usure prématurée !

  • Yoann

    Magnifique article ! Geoffrey, tu as su non seulement insuffler une fois de plus ta passion du vêtement et des matières, mais tu as également mis en lumière toute leur poésie ! Bravo et merci !

  • Romain Rousseau

    Alors effectivement c’est souvent utilisé pour les vestes (avec un peu de coton) mais j’ai bien vu des chemises et des tshirts en soie/lin… Sauf que ce n’était pas en France, et assez cher. Je sais que les marques Majestic et Montagut font des t shirts et polo dans ce mélange, mais je n’ai pas testé le produit outre mesure.

  • Johann Lorillon

    Hello,
    Belle philosophie en effet mais qui a mon sens ne doit pas être extrémiste non plus… La jolie patine oui mais le Chino qui se délave en une semaine la chemise qui duvette trop ce n’est pas chouette! Je pense que la patine s’adapte bien aux pièces et aux looks casuals mais beaucoup moins au dressing formel: la veste de costume qui bouloche et les richelieux trop patinés ça fait vite « 68are sur le retour »… Toute proportion gardée !
    Et puis quand meme: j’ai deux chemises hast blanches, magnifique ’tissus lumineux en sortie du colis mais dès le 2eme lavage (à 30° essorage pas trop fort) – le blanc est blanc mais a perdu cette lumière magique du neuf et c’est quand même relou 😉
    Expérience identique avec un très beau polo en soie/coton… Et c’est relou quand même ,-)))

  • Gouhouf

    Coucou,

    Encore un très chouette article. J’ai appris ou redécouvert plein de choses sur le viellissement de certains habits.

    J’essaye de me mettre autant que possible à la réparation. Ce qui a également un coût évidemment. Mais quand on aime vraiment un vêtement, c’est trop dur de s’en séparer… Mais là je me dis qu’à Paris et dans toutes les grandes villes, on trouve tres facilement tous ces corps de métier, par contre dès qu’on s’éloigne en banlieue, les gens ne savent parfois même pas que le métier de cordonnier existe encore. Quand je dis que j’y passe une à deux fois par mois, on me fait de grands yeux étonnés.

    Gouhouf

  • Officine Générale en a des sympas en solde en ce moment

  • Pierre

    Bonjour,

    Super article! Je suis bien d’accord avec vous, les matières naturelles sont imbattables en comparaison avec les matières synthétiques.
    Pour les chemises en lin, j’ai du mal à trouver de bonnes marques qui ont un rendu similaire à vos chemises récentes. Auriez-vous des recommendations?

  • merci Pierre

  • merci Eliot

  • merci !

  • c’est indiqué pour la compo sur l’étiquette, ensuite pour le mode de teinture, il faut creuser un peu la marque
    après c’est sûr que ce n’est pas dans la fast fashion que l’on trouve cela

  • oui c’est sûr que ça joue, après c’est quand même la matière qui fait qu’on tombe dans de l’usure bête ou de la patine

  • Boisgerault François

    Très bon article, j’ai apprécié.

    Bonne philosophie du vêtement/ de vie.

  • Cyril

    Romain ,
    tu parles de mélanges soie/lin pour les vestes non? Ou bien as-tu des référence sur des chemises?

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Nativo !

    Merci pour ton commentaire ! 🙂

    Pour la question du lin je trouve que c’est normal que les gens le repassent (ou au moins sur une chemise, sinon ça ne ressemble plus à rien au niveau du col par exemple), mais c’est normal aussi qu’en fin de journée ça crée de plis, crevasses… Ca fait même le charme de la matière je trouve 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Pierre-Alex 🙂

  • Romain Rousseau

    Une réflexion intéressante, en particulier pour ce qui concerne la réparation, qui est aussi l’occasion d’une éventuelle customisation du vêtement – à condition d’avoir un bon couturier 😉 Pour le lin qui froisse, on commence à voir des mélanges soie/lin assez miraculeux si je puis dire, parce qu’en plus d’atténuer le froissage, la soie apporte une brillance et une profondeur des teintes hyper intéressantes. Mais il est vrai qu’un peu de lâcher-prise surtout en été ne fait vraiment pas de mal.

  • BastienBarlier

    Article intéressant même si ça peut calmer certaines ardeurs.

    Personnellement je pense surtout, sans vouloir offenser personne, que c’est la morphologie qui est avant tout responsable de l’usure des vêtements.

    Pour mon cas personnel, j’ai des jambes très minces et mes pantalons ainsi que mes jeans s’usent très peu, voire jamais, juste la teinture sur les chinos qui s’éclaircit un peu quoi mais ça on ne peut pas vraiment y échapper mais contrairement à mon père par exemple qui a des cuisses plus volumineuses que moi je n’ai pas de signe d’usure à l’entrejambe comme on peut le rencontrer chez des personnes ayant des adducteurs imposants.

    Après j’imagine qu’il faut investir en fonction de la durée de vie d’un vêtement aussi, à mon sens il est ridicule de dépenser 60 € dans un t-shirt à part si travail sophistiqué de création ou 200 € dans une chemise quand on sait qu’en 2 ans à peine il faudra s’en séparer, en revanche des pièces plus importantes comme un beau manteau qui peut durer des dizaines d’années ou une belle maille en laine épaisse et bien robuste qui peut s’éterniser un peu ça mène à dépenser plus intelligemment son argent je trouve :).

  • Quentin De Mot

    Très instructif comme toujours!
    Au niveau des traitements, pour les vêtements en matière naturelle, comment peut-on savoir? Cela doit normalement être indiqué sur l’étiquettes? Ou bien c’est à force d’expérience qu’on reconnaitra un vêtement traité naturellement ou chimiquement?

    Merci!

  • Rémy Brichart

    Enorme article, merci Geoffrey ;-)!

  • Lacker

    Très bon article Geoffrey !

  • Nativo

    Merci pour cet article de qualité ! Je me souviens des « défauts » signalés par un atelier de confection français à propos du tissu vivant 100% coton biologique, que je les ai fourni pour la confection de sous-vêtements. Car ils ne sont pas habitués à travailler avec ce type de qualité de tissu naturel (comme c’est peut-être le cas de certains consommateurs actuellement). On a oublié, ou on ne connaît pas les caractéristiques d’un textile naturel. Mais on est là pour instruire, pour répondre aux questionnement de consommateurs.

    Bon point > le lin qui froisse, justement on discutait avec un ami sur cela, sur pourquoi certaines personnes portent des vêtements en lin bien repassés et ne souhaitent pas que le lin bouge, plutôt qu’admettre que le lin froisse et le porter ainsi. C’est une question de goût, j’imagine. Mais si l’on achète du lin on peut s’attendre à voir le résultat des propriétés intrinsèques que vous citez, le froissement.

  • Pierre Alanski

    Extraordinaire Geoffrey ! Merci beaucoup !!!
    Cet article reflète vraiment l’image que j’ai de Bonne Gueule !!! 😉 😉

    Pierre-Alex