Le perfecto April 77 et les brogues Dr. Martens en cuir vegan

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Pour ce test, qui accompagne notre dossier sur le cuir vegan, je vais vous parler de deux pièces taillées dans des cuirs artificiels : le perfecto Floyd shadow par April 77 et une jolie paire de brogues Dr. arloartens.

Ça vous intéresse ? Alors, on embarque !

Le test du perfecto April 77 en cuir vegan

Petite histoire d'une grande coupe

Maintes fois réinventé et constamment retravaillé, le perfecto demeure une pièce mythique du vestiaire masculin. Penchons-nous ensemble sur le passé de ce vêtement de légende.

Tout d'abord, quelques anecdotes croustillantes qui pourraient bien faire mouche lors d'un (ennuyeux) repas de famille :

  • saviez-vous que le perfecto tire son nom du cigare qu'avait l'habitude de fumer son créateur, Irving Schott ?

On reconnaît aisément le perfecto à son corps bombé.

  • Les premiers perfectos étaient vendus à moins de 6 dollars aux États-Unis !
  • Ce vêtement a été inventé en 1928, il a donc plus de 80 ans aujourd'hui.
  • Il a vu le jour lorsque la société Harley-Davidson a commandé à Monsieur Schott une pièce robuste, spécialement créée pour les motards.
  • À l'époque, Irving Schott taillait ses pièces dans un épais cuir de cheval, plus solide en cas de chute.

Vous avez maintenant de quoi épater votre mamie Monique à Noël et vos ami(e)s lors du prochain barbecue.

Irving Schott.

Des motards aux rockeurs

Le perfecto a fait son petit bonhomme de chemin depuis 1928. Il s'est peu à peu écarté des grandes routes américaines pour investir les scènes des concerts, sur les épaules des chanteurs de la fin du XXème siècle.

Popularisé par un certain Marlon Brando dans L'Équipée sauvage, le perfecto se trouve affublé d'une réputation associée à l'univers des bikers et de la rébellion.

Ce grand classique du 7ème art a véritablement popularisé le perfecto.

En France, cette association perfecto-insoumission se trouve renforcée lorsque les "Blousons Noirs" s'emparent de la pièce.

Plus tard, dans les années 1970, le mouvement punk et des grands groupes comme les Ramones remettent le "perf'" au goût du jour, sans pour autant l'éloigner de son imaginaire d'insurrection et de dissidence.

Tommy Ramone et sa bande, cuirs sur le dos.

Pas étonnant, donc, qu'Hedi Slimane ait élevé la "Motorcycle Jacket" au rang de basique chez Saint Laurent lorsqu'il y a amorcé un virage résolument rock dès 2012.

Anatomie d'un blouson de légende

Plusieurs éléments permettent de remarquer un perfecto au premier regard, parmi lesquels :

  • le cintrage : pensé pour empêcher l'air de s'engouffrer dans le vêtement lors des longs rides en Harley,
  • la coupe courte : initialement destinée à protéger le buste en cas de chute, elle se retrouve encore sur les perfectos contemporains. Généralement, ceux-ci s'arrêtent donc pile-poil sur la ceinture voire légèrement au-dessus,
  • le col typique : rabattus sur les côtés, les généreux pans du col sont habituellement maintenus par des boutons-pression,
  • la fermeture éclair asymétrique : détail notable de cette pièce, il permet une protection supplémentaire tandis que deux pans de cuir se superposent l'un sur l'autre. Aussi ingénieux qu'esthétique.

Largement décliné dans une infinité de couleurs et de matières depuis son invention, certaines caractéristiques demeurent. Vous pouvez d'ailleurs retrouver un historique plus complet et exhaustif dans l'article dédié.

Le Perfecto, marque déposée par Irving Schott, à l'origine en cuir de cheval. (Crédits photo : Vice.fr.)

En s'attaquant à ce monstre du vestiaire masculin, et en assumant de le travailler dans un cuir artificiel, April 77 fait donc un pari audacieux. Gagnant ? C'est ce que nous allons voir !

Poisson d'April ? Pas le moins du monde

April 77 est une marque française née à Paris en 2002. Elle propose un univers dont les inspirations rock et rebelles sont palpables, tout en revendiquant une forte dimension artistique se voulant proche des musiciens.

Les jeans de la marque présentent notamment un mediator dans la poche, clin d'oeil à l'univers de la gratte.

On aperçoit ici le médiator.

Réputée pour ses coupes très fittées, voire skinny pour ses denims, elle est également connue pour la dimension éthique qu'elle tente d'imprimer dans son ADN.

Du coup, on comprend pourquoi April 77 a décidé de composer autour du perfecto pour ses collections, tant l'imaginaire rock/contestataire de la pièce trouve un écho dans les valeurs de la marque.

N'est-ce pas ?

Quoi qu'il en soit, dessiner un perfecto dans un cuir vegan est une idée sinon astucieuse, au moins audacieuse.

Entrée en matière

Parlons peu, parlons bien, parlons... matière !

Quand j'ai fait un tour sur le site d'April 77, l'aspect du cuir artificiel de ce perfecto a piqué ma curiosité. J'ai aussitôt enfourché mon vélib pour me rendre à la boutique, afin de voir ce qu'il en était en réalité.

Jugez par vous-mêmes.

Très honnêtement, la similitude avec un cuir véritable est saisissante dès lors que l'on voit la pièce à plus d'un mètre de distance. Si l'on se penche attentivement sur celle-ci, certains détails en trahissent la fausseté.

L'aspect visuel, même à quelques centimètres, est assez étonnant.

Pour parvenir à ce résultat, April a travaillé un polyuréthane issu d'une fabrique italienne spécialisée. La doublure est un alliage cupro-viscose (50%-50%). Fabriqué en Pologne, ce perfecto affiche donc un beau design... 100% vegan.

Des détails qui n'en sont pas

Si le cuir véritable laisse sa place à un cuir artificiel, on retrouve néanmoins la majorité des détails traditionnels du perfecto classique.

Le zip asymétrique, typique sur ce genre de pièce, est respecté à la lettre par April 77.

Très fidèle, le col arbore également un large cran qui rappelle les modèles phares de chez Schott : le 613 et le 618.

Bien maintenu grâce au bouton-pression.

Le résultat ? Un col bien plaqué qui tombe parfaitement sur le torse.

Les petites épaulettes sont également un clin d'oeil aux modèles originels.

Le niveau de détail montre la volonté de la marque de s'inscrire dans la tradition du perfecto.

Des finitions soignées

Les finitions sont propres et annoncent une pièce robuste. De près, on peut voir que la matière présente un certain grain, rappelant le cuir de veau.

Les coutures sont nettes et droites : pas d'inquiétude à ce niveau-là.

Je trouve les zip un peu gros, mais ce côté "massif" joue incontestablement en faveur de l'univers "rebelle" et brut du perfecto.

Mes impressions

Mon raisonnement s'articule selon deux grands axes : le design et le port.

Un design convaincant

J'ai été séduit par le dessin de ce perfecto, son niveau de finitions et la justesse de ses détails.

Je n'ai pas un style de rockeur, encore moins celui d'un biker puisque le vélib est mon seul destrier, mais je suis parvenu à dompter ce vêtement et à l'apprivoiser assez naturellement.

Je ne vous cache pas qu'il m'a longtemps impressionné et qu'il a passé plus d'une journée juché sur son cintre, tant je redoutais de devoir le porter aux yeux de tou(te)s. N'étant ni motard, ni particulièrement rebelle (à l'inverse de mon responsable), je craignais de ne pas avoir la "légitimité" pour arborer une telle pièce.

Il faut dire que l'héritage de Marlon Brando pèse lourd sur les épaules...

Cet été, profitant d'une soirée plus fraîche que les autres, j'ai tout de même franchi le pas et suis sorti sillonner les rues de la capitale, perfecto sur le dos.

Je m'en doutais, et c'est de bonne guerre, mes potes m'ont accablé de nombreux surnoms et dont je vous épargne les détails.

Néanmoins, je me suis vite senti à l'aise. C'est une pièce très forte, dont on porte l'histoire à chaque fois qu'on la revêt, mais qui s'intègre étonnamment bien dans un grand nombre de tenues. Et si vous ne me croyez pas, rendez-vous un petit peu plus bas.

Un port limité

Je vous l'annonce d'emblée : cette étape a été un peu plus compliquée. Si j'ai vraiment été séduit par le design et le potentiel stylistique de la pièce, sa vie sur mes épaules a été autrement plus délicate.

J'ai plusieurs réserves, toutes liées à la matière :

  • tout d'abord, ce n'est pas une matière vivante. Contrairement à un cuir véritable, le polyuréthane ne se détend pas et ne bouge pas d'un centimètre. Du coup, le tombé est identique après 20 ports et la pièce demeure assez "rigide". Il n'est pas impossible de plier les coudes ni de bouger les épaules - loin de là - mais le confort n'est pas optimal et le perfecto ne s'adapte pas à son porteur, ni à sa carrure.

Oubliez ce genre de patine sur votre perfecto April ! (Crédits photo : Pinterest).

  • ensuite, c'est un article assez difficile à porter. Sa matière le rend impraticable une fois passés les 20 degrés, mais reste trop légère pour des températures basses. Concrètement, elle est appropriée pour des soirées fraîches ou des journées douces, mais oubliez-la s'il fait trop chaud ou froid car le polyuréthane ne respire absolument pas.
  • enfin, elle souffre du même mal que l'immense majorité des pièces d'entrée de gamme en cuir vegan : dès lors qu'on s'approche trop près, on remarque un effet légèrement plastifié qui efface les derniers doutes.

Cela étant, il faut reconnaître que le cuir vegan a des propriétés très pratiques dont ne peut pas se targuer son homologue véritable : par exemple, le polyuréthane ne craint pas trop la pluie, se nettoie extrêmement rapidement et facilement...

Comment le porter ?

Encore perplexes ? Je vous livre quelques inspirations pour vous prouver que porter un perfecto... ce n'est pas sorcier !

Facile et instinctif : le style rockeur. Passez votre perfecto sur un tee-shirt blanc, enfilez un jean slim et le tour est joué ! J'achève mon look avec des sneakers blanches mais les plus audacieux pourront leur préférer des bottines, voire des boots pour accentuer le côté rider. Qui a dit qu'il était difficile de domestiquer cette pièce ? (Tee Muji, Jean Lee, Sneakers National Standard, Perfecto April 77)

Ça fonctionne aussi en layering. Intercaler une chemise en guise de midlayer entre deux épaisseurs vous permettra de rester au chaud et d'affirmer un style plus travaillé. Vers l'infini et au-delà. (Tee Muji, chemise Meltin Pot, Jean Lee, Sneakers Nike, Perfecto April 77)

Avec du noir, le kaki marche toujours. Inutile de vous prendre la tête davantage, puisque le combo jean-tee-perfecto est très efficace. Si vous trouvez la tenue trop lisse, malgré la force du blouson, n'hésitez pas à accessoiriser et à roulotter votre denim sur des chaussettes colorées. (Tee Uniqlo, jean Lee, chaussettes Uniqlo, bagues Gudule, brigues Dr. Martens, perfecto April 77)

Plus osée, la chemise sous le perfecto permet de confronter deux univers totalement différents ; le formalisme face à la décontraction. L'ensemble n'est pas incohérent, les deux cols pouvant être assez complémentaires. Une certaine harmonie se dégage de ces inspirations a priori antagonistes, ce qui rehausse la tenue.

Chemise De Fursac, jean Lee, chaussettes Uniqlo, brogues Dr. Martens, perfecto April 77

Conclusion

Même s'il impressionnait au départ, le perfecto n'est pas un monstre. C'est un gros dur au coeur tendre, qui ne demande qu'à être aimé.

Laissez-vous le temps de l'apprivoiser, de vous l'approprier, laissez-le vivre sur vos épaules et il deviendra votre meilleur ami. C'est une pièce forte, pleine d'histoire, riche de symboles et de détails loin d'être anodins. Bref, c'est un pilier du vestiaire masculin.

Historiquement taillé dans un cuir robuste et bien épais, April 77 a pris le parti de le travailler dans un cuir artificiel, ce qui constitue un pari risqué mais qui, selon moi, mérite d'être salué.

C'est un vêtement au design élaboré, même si la matière peut poser problème à plusieurs égards comme je le disais plus haut.

J'en suis assez satisfait mais, à mon sens, l'engagement vegan est un mode de vie militant qui implique de devoir faire des choix. Tirer une croix sur certaines pièces, presque par essence en cuir, en fait peut-être partie... À vous de juger !

Les brogues Dr. Martens en cuir vegan

Trouver chaussure à son pied

L'histoire des chaussures "Dr. Martens" remonte à 1946. Cette année-là, le docteur allemand Klaus Maertens se blesse en skiant et tente, avec l'aide de son associé, d’adapter ses chaussures grâce à de nouvelles semelles à coussins d’air.

À force d'essais, les deux compères parviennent à créer un modèle au confort inégalé, robuste et doté d'un excellent maintien. À tel point que les personnes souffrants de problèmes orthopédiques commencent à se tourner vers la griffe.

La fameuse semelle AirWair.

La success-story est en marche, prenant logiquement naissance en Allemagne avant de s'étendre à l'Europe entière. Dans un vieux continent gangréné par la Seconde Guerre mondiale et perturbé par une germanophobie ambiante, le Dr. Maertens sacrifie son nom pour pénétrer le marché britannique.

C'est ainsi qu’au début des années 1960, "Dr. Martens" débarque outre-Manche sous ses consonances anglo-saxonnes.

Klaus Maertens et son associé Herbert Funck.

Changeant d’univers au fil des innovations, les “Doc” obtiennent une immense popularité auprès des milieux ouvriers britanniques puisque les chaussures présentent un excellent rapport qualité-prix.

Le bout des souliers est renforcé, assurant une protection supplémentaire aux travailleurs manuels. C'est ce même critère qui séduira les aficionados du mouvement punk, car très pratique lors des bagarres...

La Doc est reine dans le Londres des années 70-80.

Quoi qu'il en soit, la marque s'avère intimement liée aux évolutions culturelles de la société anglaise : d’abord ouvrières, elles deviennent le symbole de l’univers punk, puis celui des anarchistes et skinheads qui fondent un véritable code autour du port des mythiques workboots.

Avec l’essor des sneakers et la chute de popularité de la culture rock, Dr. Martens connaît une profonde période de creux entre les années 1990 et le début des années 2000.

Dernièrement, la marque se trouve réhabilitée par de nombreux créateurs qui jouent autour de son univers anticonformiste. Elle a même travaillé ses modèles phares dans un cuir artificiel à l'occasion d'une Vegan Line qu'elle assume depuis plusieurs saisons...

Elles ne vous lâcheront pas d'une semelle

J'ai tout de suite été séduit par le design de ces brogues, et très curieux de les voir sculptées dans un cuir vegan.

Chez Doc, on appelle ce matériau "cuir Félix" et on le caractérise ainsi : "cuir vegan en matière synthétique, souple et douce, avec une finition double-ton". Concrètement, il s'agit d'un polyuréthane traité avec un effet déteint noir.

Là encore, la matière fait illusion et il faut jeter un oeil avisé pour réaliser qu'il ne s'agit pas d'un cuir véritable.

Que ce soit au regard ou au toucher, ce "cuir Felix" s'approche étonnamment d'un cuir véritable.

Le grain est subtil et la chaussure prend bien la lumière, sans trop briller.

Du côté de la semelle, on retrouve celle qui a fait la renommée de la marque : l'emblématique coussin AirWair, résistant à l’huile et à la graisse, anti-usure et antidérapant. Le confort est optimal.

Petit plus : la semelle est fixée au soulier grâce à un cousu goodyear avec le fameux fil contrastant jaune. Ce montage, généralement robuste, est plutôt bon signe.

Pour plus d'informations sur les montages des souliers, c'est par ici. (Crédits : Jacques et Déméter).

Belle matière, confort accru, montage solide et design travaillé : de quoi offrir une belle paire de chaussures... mais comment se comportent-elles aux pieds ? Réponse juste en dessous.

Mes impressions

J'ai beaucoup porté ces fameuses brogues Doc Martens en cuir vegan ces dernières semaines, et plusieurs points ont retenu mon attention.

D'abord, je les trouve très jolies d'un point de vue esthétique. Les perforations apportent une touche d'élégance bienvenue chez une marque que l'histoire rattache plutôt à des univers bruts.

Les surpiqures jaunes revendiquent une identité que l'on reconnaît au premier regard et apportent un soupçon d'originalité qui me plaît bien.

De plus, la semelle qui a fait la renommée de Dr. Martens est un véritable atout : vous aurez partout l'impression de piétiner un petit matelas duveteux...

Cela dit, j'avoue avoir eu un peu plus de mal à me familiariser avec la matière. Même si elle est moins rigide qu'un cuir véritable lors des ports initiaux , elle se détend évidemment beaucoup moins.

Contrairement au cuir, matière vivante, ce "cuir Felix" artificiel ne vit pas aux pieds de son porteur et ne s'adapte pas vraiment à leur forme. De plus, elle ne se relâche que très lentement et les plis sont assez peu naturels.

C'est un détail que beaucoup ont remarqué parmi les acheteurs, lorsqu'on regarde les notes accordées. Petite précision : les brogues sont unisexes, d'où les commentaires féminins sur cet exemple.

Dernier point : le cuir artificiel Felix, en plastique, n'est pas respirant. Du coup, la sudation est accélérée et vos chaussettes en seront témoins.

En revanche, elles se nettoient très facilement et craignent beaucoup moins l'eau que les vrais cuirs, ce qui est plutôt appréciable en ce moment.

Comment les porter ?

Leur couleur classique, leur design bien mené et leur semelle typique font de ces Doc une paire relativement polyvalente. Elles s'intégreront sans mal dans un vaste panel de looks, du casual au formel.

La preuve en images...

Fuyez l'overthink ! Le combo brogues - jean - chemise fonctionne depuis la nuit des temps... au moins. Ça marche aussi avec une toile brute mais la chaleur parisienne le jour du shooting m'a dissuadé de l'enfiler... (chemise De Fursac, jean Lee, montre Fossil, brogues Dr. Martens)

Plus simple encore : un tee coloré, un denim slim et quelques accessoires pour rehausser la tenue. Idéal pour une petite balade estivale. (Tee-shirt Uniqlo, jean Lee, chaussettes Uniqlo, bagues Gudule, brogues Dr. Martens)

Vous pouvez aussi les intégrer à des looks jouant sur les volumes. Prenez un tee-shirt oversized, rentrez-le dans un pantalon original et roulottez les manches.(Tee Muji, sweatpant Uniqlo, chaussettes Uniqlo, brogues Dr. Martens)

Ça marche aussi avec un perfecto, mais vous le savez déjà !

Comment entretenir ses pièces en cuir vegan ?

C'est l'un des gros points forts du cuir vegan : il ne nécessite qu'un entretien mineur et rapide. C'est l'un des atouts de cette matière.

Prendre soin de son perfecto en cuir artificiel

Ce perfecto représente un investissement conséquent et, s'il ne coûte pas aussi cher qu'une belle veste en cuir véritable, il est tout de même onéreux. Il convient donc d'en prendre soin pour le faire durer le plus longtemps possible.

Pour ce faire, je vous déconseille de le frotter trop fort, et encore moins avec de l'alcool, des poudres ou éponges abrasives. Favorisez plutôt l'eau savonneuse qui, la plupart du temps, suffit à enlever les débris et autres saletés. À l'aide d'un tissu propre, frottez délicatement les parties qui nécessitent un "petit coup de polish".

C'est quand même bien mieux un perfecto propre, non ?

Si votre blouson présente des traces d'usure, vous pouvez tenter de les reprendre avec un peu d'huile de lin, tout en faisant des mouvements circulaires avec un chiffon de laine.

L'eau savonneuse peut également servir à nettoyer la doublure de votre pièce. En effet, cette dernière peut présenter des traces de transpiration inélégantes, et la frotter de temps à autres peut s'avérer utile.

N'oubliez pas de le laisser sur un cintre lorsque vous ne l'avez pas sur les épaules, afin d'éviter les plis disgracieux...

Chouchouter ses brogues en "cuir Felix"

Contrairement à des souliers en cuir véritable, ces Doc ne vous demanderont pas d'entretien long et laborieux. Vous n'aurez pas à consacrer des heures à les polir tant leur matière est facilement nettoyable.

Après l'achat, vous pouvez d'abord les imperméabiliser pour les protéger. Par la suite, vous pouvez leur donner un coup de chiffon de temps en temps pour enlever les poussières et autres impuretés, et les frotter doucement à l'aide d'une mousse nettoyante.

Un entretien simple comme bonjour.

Évitez leur autant que possible d'être exposées à la lumière du soleil et stockez-les dans un endroit aéré et sec.

Par ailleurs, l'usage d'un embauchoir en bois est conseillé, puisqu'il absorbera l'humidité et maintiendra vos souliers en forme.

Conclusion

Acheter une pièce en cuir vegan est un acte militant qui induit de refuser les maltraitances animales. Cela dit, être un consommateur vegan n'équivaut pas (toujours) à être un consommateur éco-responsable. Il faut garder en tête que l'industrie du pétrole et de ses dérivés (dont le polyuréthane) est très polluante elle aussi.

Objectivement, je dirais toutefois que les évolutions en la matière sont palpables et très rapides. J'y vois une source de progrès à fort potentiel de croissance ; c'est un marché qui devrait prendre de l'envergure dans les années à venir.

Sous l'impulsion des grandes marques disposant de gros budgets Recherche et Développement, de nouveaux matériaux eco-friendly voient le jour pour épargner à la fois les êtres vivants et l'environnement.

En ce qui concerne les pièces testées, je dirais qu'elles ont d'ores et déjà atteint un degré quasi-optimal au niveau du design, mais qu'il reste une marge de progression sur la matière avant de devenir réellement attractifs.

À mon sens, ils ne sont susceptibles d'intéresser que les vegans en l'état, et doivent bénéficier d'innovations avant de susciter l'adhésion du grand public.

Cela dit, je n'ai aucun doute sur les possibilités d'évolution de ces matériaux dans un futur proche puisqu'ils possèdent des atouts et des caractéristiques qu'on ne retrouve pas sur des cuirs véritables.

On verra ce que l'avenir nous réserve !

Lucas Marquiand A propos Lucas Marquiand

Quand Rafik m’a demandé d’écrire ma fiche-auteur, j’avais à peu près autant d’inspiration que Jul lorsqu’il a rédigé les lyrics de Tchikita. Du coup, j’ai demandé à une copine comment me présenter en quelques mots. Je vous livre sa réponse, lapidaire mais finalement assez fidèle : « Lucas Marquiand, 21 ans, j'aime CR7, le gin et mon chien. ». Sauf son respect, je me permettrais d’ajouter que j’ai également beaucoup d’affection pour ma petite soeur, ma maman et le quinoa.

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  • Alex – BonneGueule

    Hello no_one,

    Avant toute chose je me dois de re-contextualisé cet article, qui est la seconde partie de celui-ci (https://www.bonnegueule.fr/dossier-quest-ce-que-le-cuir-vegan/).

    Nous ne faisons strictement aucun éloge des matières naturelles, mais expliquons simplement ce qu’est ce type de cuir au même titre que toute autre matières utilisées dans ce grand monde du textile.

    Lucas commence très bien son article d’ailleurs avec je cite,
    « Ma seule prétention est d’aborder, de la façon la plus objective et impartiale possible, une thématique prégnante dans le secteur de la mode.
    Au fil de ce papier, nous verrons donc d’où vient le cuir, les conséquences qu’engendrent sa production et les alternatives qui peuvent raisonnablement y être envisagées. »

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Wildredge !

    1/ Tee blanc c’est une valeur sûre si tu es en manque d’idée. Le kaki c’est intéressant aussi.

    Mais pour moi un des couleur squi crée le plus d’harmonie avec le noir, c’est le beige / camel, surtout quand il atteint un certain équilibre entre un « écru un peu jaune » et un « marron clair ». Je ne sais pas si tu vois de quoi je parle. Je pense par exemple à la couleur de notre manteau camel.

    Le bleu marine est une bonne couleur pour des pièces positionnées de façon plus neutre dans le reste de la tenue (le pantalon par exemple). Idem pour le gris.

    Pour le rouge, j’en userais comme toujours avec beaucoup de parcimonie, sur des pièces plus petites. Mais tu peux totalement tricher en utilisant des nuances moins primaires : par exemple un vrai « lie de vin » qui tire sur le violet comme le cardigan que je porte ici

    https://www.bonnegueule.fr/sape-men-cinq-2-les-erreurs-de-shopping-de-debutant/

    Ou encore un marron qui tire sur le bordeaux comme nos bottines jodhpur « acajou ».

    2/ Jean brut bleu ou jean gris selon moi. Pas plus compliqué que ça.

    Pour les chinos, il faut penser premièrement à les choisir dans une forme plutôt casual (donc plus notre chino à un bouton, avec une coupe confortable mais ajustée, par exemple, qu’un chino très habillé dont la forme tire sur le pantalon de costume)

    Et deuxièmement user et abuser des couleurs plus masculines. Encore une fois kaki / olive, beige (mais pas le beige clair), tous les tons dits « terre » (dans lequel tu pourrais d’ailleurs plus ou moins ranger ton « orange rouille »)

    Pour les pantalons, si je devais reprendre des exemples parmi nos pièces : pantalon cargo en flanelle oui, mais pantalon pied de poule non.

    Pantalon en flanelle gris clair (qui le rend un peu plus casual) oui, mais pantalon marine, un peu moins.

    Tout ça après, ce sont les conseils « sans trop de risque », mais comme toujours, les résultats les plus stylés se découvrent en prenant un peu de risques… D’où l’intérêt d’aller en boutique essayer des trucs, tester… 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    https://www.atelier-bertrand.com/

    Jérôme d’Atelier Bertrand peut te faire ça 🙂

    Test le mois prochain sur BonneGueule, à priori.

  • David

    Je suis d’ accord avec toi et par contre tu sais ou je pourrais trouver un perfecto en cuir bleu marine de bonne qualitè bien sur, car ou j’ ai trouvè des choses vraiment cheap ou alors on est sur des choses comme je t’ ai envoyè chez Paul Smith à 1900 euros donc j’ aimerais trouvè le juste milieu si tu as des pistes je suis à l’ écoute merci d’ avance.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Abdel !

    Je t’ai donné l’adresse par mail 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello David !

    Le perfecto BG… C’est pas pour tout de suite ^^

    Ca arrivera peut-être un de ces quatre, mais déjà, on va commencer par sortir quelque chose de plus simple et « facile d’accès » sur un cuir 😉

    PS c’est généralement toujours trop cher pour ce que c’est. En photo et à cette distance cependant, ça a l’air très bien.

  • Foucault Jérémy

    Vu l’agressivité de ton message, tu dois être un vegan, sans aucun doute.

  • Nicolò – BonneGueule

    Non non entre vrai cuir d’entrée de gamme et imitation végane, si tu n’es pas concerné par la démarche éthique, vu ce qui existe actuellement, prends le vrai cuir d’entrée de gamme. (C’est mon avis du moins)

  • Alex – BonneGueule

    Hello,

    En fait tu es sur la deuxième partie de l’article, on aborde justement ce sujet d’un œil plus critique sur cet article :

    https://www.bonnegueule.fr/dossier-quest-ce-que-le-cuir-vegan/

    Comme tu le verras on est entièrement d’accord avec toi, preuve en un des paragraphes de Lucas :

    « Finalement, le principal problème du cuir vegan est celui de son empreinte écologique. Même s’il épargne les animaux et les dérives de la filière cuir à l’échelle de la planète, il est souvent à base de produits synthétiques dont l’origine n’est pas forcément propre. »

  • Alex – BonneGueule

    Hello Léo,

    Alors Lucas n’est pas vegan, il a cependant une sensibilité pour cette cause. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a voulu écrire cet article.
    Du coup en hiver il porte un manteau de laine.

  • Alex – BonneGueule

    Hello Martin,

    Coupe skinny bien vu ! Mais pas tapered (ça serait plus large au niveau de la cuisse) 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Entre le Schott et le « cuir vegan » April ?

    Si tu n’es pas concerné par l’aspect éthique de la chose, le Schott sans une once d’hésitation.

    Je ne disais pas non plus que le April ressemblait « plus à du cuir » qu’un Schott, je disais juste que la recherche des similitudes devait se faire via la comparaison d’une autre gamme de prix 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    En même temps Skippy, un perfecto Schott c’est pas dans des qualités ultra premium (même si c’est très bien pour le prix) 🙂

    Ca va te paraître paradoxal, mais le rendu là dessus est tellement lisse que ça ressemble plus (de loin, encore une fois) à un cuir très haut de gamme « parfait » ou presque, qu’à un cuir milieu / entrée de gamme comme tu en auras chez Schott. ^^
    Mais c’est le côté « trop parfait » qui le trahit justement.

    (D’ailleurs un blouson Schott « normal » n’a pas la même qualité que les modèles « made in USA », deux à trois fois plus chers et faits sur des peaux qui n’ont rien à voir.)

    Pour la souplesse, c’est le contraire par contre : ce « cuir vegan » est extrêmement rigide et c’est un des défauts de la pièce.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Alexis !

    Je peux déjà te donner un élément de réponse : au mieux, absolument pas, au pire, très mal. Mais en aucun cas il y aura de patine 🙂

  • Foucault Jérémy

    Totalement d’accord. Pour moi c’est la même aberration que les saucisses de tofu.

  • Alexis Rouxel

    Salut l’équipe !
    Lucas devrait nous refaire un article sur le sujet d’ici quelques années, je suis curieux de savoir comment va vieillir ce pseudo-cuir. Le cuir (le vrai ! ) se patine avec le temps.
    Je pense que les adeptes du véganisme devrait assumer leur refus du cuir et ne pas faire semblant d’en porter.
    Comme Lucas, je suis réticent à l’idée de porter un perfecto, je trouve ça beau chez les autres, mais je ne me vois pas trop avec, cette image de « bad boy » ne correspond pas à ma personnalité. Enfin, je changerai peut-être d’avis ! En attendant je porte un blouson en (vrai) cuir, type motard, en version assez sage, après avoir porté un cuir style aviateur, hélas acheté trop grand (avant que je connaisse BG ! )

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Luu !

    Ici il est double.

    Moi je fais le double roulottage sur notre tee en coton-lin et ça pose pas de problème. Les coutures intérieures tirent forcément un peu mais le reste de la manche garde le plu et c’est bon !

    Après peut-être que tu le portes plus fitté que moi.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Sam !

    « Les premiers se refusant à porter une pièce aussi fortement associée au cuir. ».
    Ah bon ? C’est pas du tout le constat que j’ai dans les questions que nous pose les lecteurs, personnellement 🙂

    Par contre oui, le perfecto c’est pas simple.

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Romain !

    Pour être tout à fait transparent, ce n’est pas forcément quelque chose qui sera récurrent dans nos colonnes, mais on se devait de traiter le sujet quand même 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Nico !

    Ton commentaire est très juste.

    Pour nuancer un peu, et parce que je l’ai essayé aussi, je dirais quand même que la ressemblance se perd un peu si l’on s’approche de suffisamment près (moins d’1 mètre), et surtout lorsque c’est porté (manque de souplesse).

    Mais c’est une belle progression par rapport à ce qu’on voyait dans les années 90-2000

  • Nicolò – BonneGueule

    Ahhh. Oui effectivement, c’est pas la première chose qu’on recommanderait.

    Mais pour être franc, le rendu reste convaincant tant qu’on s’approche pas de trop près, par rapport à d’autres imitations synthétiques que j’ai déjà vu.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Max !

    On aborde le sujet en détail dans la partie 1) de cet article. 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Non, ici c’est un abus de langage mais plutôt du figuré, parce qu’on est pas vraiment en train de faire référence au fait que la matière provienne littéralement d’un organisme vivant. 🙂

    C’est un terme utilisé pour expliquer les matières, qui a déjà été employé plusieurs fois dans nos colonnes, comme ici

    https://www.bonnegueule.fr/conseils-usure-vieillissement-vetements-vivants-morts/

    En fait quand on parle de matière vivante on veut dire « changeante », dont les propriétés se modifient à l’usage. (Et on sous-entend aussi que c’est une modification positive, ou du moins non négative, comme la patine, la détente d’un jean etc…) « Comme si » elle vivait. 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Fred, quand tu dis que cet article est « à des années lumières de l’esprit BG ! » … Sur quoi se base ta critique ?

    Comme tu l’as souligné Lucas s’est justement attaqué à un sujet compliqué sur lequel il a amené beaucoup de nuances, alors qu’il est lui-même végane.

    « J’espere que vous, qui nous avez appris à aimer les matières naturelles qualitatives, ne vous mettrez jamais à fabriquer un vêtement en toc. »

    Ce n’est pas prévu. A moins qu’on trouve un matériau synthétique avec des propriétés incroyables… Mais dans ce cas c’est du vêtement technique et c’est un autre sujet 😉

    Cela dit, ce n’est pas une raison pour ne pas informer nos lecteurs, surtout quand une partie d’entre eux, tout conscients qu’ils puissent être des différences de qualité avec le vrai cuir, manquaient d’alternatives pour s’habiller, et nous demandaient juste un simple dossier à ce sujet 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci à toi Jean-Michel 🙂

  • Alex – BonneGueule

    Hello Romain,

    Pas encore, on trouve qu’en terme de rendu le muskin, le « cuir » d’ananas ou le liège, ça ne ressemble pas vraiment à du cuir, à voir dans le temps si ça évolue vers quelque chose de plus jolie et de plus proche.
    Après on aime bien pour des détails, mais bon.

  • Romain D.

    Salut ! Le perfecto rends bien en photo. Il faudrait voir à quoi ça ressemble au bout d’un an ou deux… Et est ce que d’autres tests de ce genre sont prévus, notamment avec des « cuirs » vegan d’origine naturelle comme le muskin, l’ananas etc ?