Pourquoi mon tee-shirt sent-il mauvais ?

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Quelle joie, la mi-saison.

Quelle joie de pouvoir se lever le matin en constatant que les 9 degrés sévissant dehors vous permettront de sortir votre plus beau jeu de layering.

homme imperméable layering denim bandana

Un t-shirt, une veste en denim, un manteau… et le monde est à vous.

Et quelle joie de se retrouver sous 21 degrés de soleil dès votre pause déjeuner le midi.

Sauf que vous, vous êtes toujours là avec vos quatre couches de tissus en tous genres sur le dos, qui se font un plaisir de vous faire transpirer, un plaisir qui ne tardera pas à se manifester sous votre nez ou celui de vos convives.

Et ça, c’est moins la joie.

meme homme transpiration

Et je ne vous parle même pas du retour à la maison en transports.

Mais face aux variations thermiques qui font leur loi, une solution s’offre à vous : bien choisir la matière de votre base-layer , afin de réduire au mieux tout chatouillement nasal lié à un ruissellement inconfortable .

Et pour avoir toutes les informations en main, quoi de mieux qu’un voyage au pays des fibres textiles pour comprendre quel sera votre meilleur allié face aux odeurs ?

Après notre dernière aventure parmi les atomes de vos pulls, je vous emmène donc faire un tour guidé des matières en les questionnant sur un point : quelle est leur réaction face à la transpiration ?

Vous saurez donc quel choix faire lorsque vous éplucherez les étiquettes de composition en magasin, et vous saurez avant tout pourquoi vous le faites.

Mais avant de découvrir ce qui se trame dans votre t-shirt quand vous êtes en plein sprint pour attraper votre bus, il est important de comprendre ce qu'il se passe en amont du fleuve salé : sur votre peau.

Que se passe-t-il là-dedans ?

On établit souvent un lien de causalité direct entre notre transpiration et les odeurs qui restent sur nos vêtements.

Pourtant, notre transpiration n’est pas directement coupable.

Les vrais coupables, ce sont nos bactéries.

microscope bactéries

Les vrais coupables, les voici. (Image : Michael Schiffer - Unsplash.com)

Au contact de nos cellules et de l’humidité évacuée par notre corps, qui régule ainsi sa température, elles produisent des déchets bactériens qui entrent en phase de décomposition.

Et l’odeur, elle provient tout simplement des déchets bactériens les plus petits, et donc les plus volatils. Ils sont en fait transportés dans l’air par nos vapeurs corporelles.

L’ampleur de ce phénomène chimique n’est d’ailleurs que décuplée dans la zone qui y est la plus sensible, celle qui impacte le plus nos tee-shirts : les aisselles. Sans vouloir faire peur aux hypocondriaques, deux chercheurs de l’université de Manchester ont pu trouver jusqu’à 300 différents types de bactéries dans cette zone, avec des effectifs qui peuvent atteindre les 10 millions .

Parmi elles, on en trouve deux qui seront plus communes que les autres :

  • Les staphilococcus,
  • Les corynébactéries

Et ce sont ces dernières qui ont le plus tendance à perturber notre odorat. Pas de chance, car il se trouve que les hommes ont tendance à en avoir plus que les femmes.

Mais ce qui nous intéresse surtout ici, c’est l'atterrissage de nos vapeurs corporelles chargées de déchets bactériens, de sels et d’acides sur les fibres de nos vêtements (ces sels et acides peuvent d’ailleurs directement influencer l’usure de nos pièces).

Homme course jogging nature

Que se passe-t-il donc lorsque tout ce petit monde arrive sur nos vêtements ? (Image : shashank shekhar - Unsplash.com).

Une fois que cette humidité impure a imbibé nos fibres, ce sera à ces dernières de se défendre : c’est leur morphologie chimique et physique ainsi que leur composition microbienne qui définissent leur capacité ou non à retenir les odeurs et à absorber l’humidité.

En effet, certaines fibres offrent plus facilement des conditions favorables à la prolifération microbienne que d’autres, et c’est ce que nous allons voir dans cette petite visite guidée.

Qui se défendra donc le mieux face au microcosme odorant ?

Le synthétique, roi du pétrole... et des odeurs

Éclairer nos lanternes quant à la réaction du synthétique en cas de coup de chaud, c’est le défi que s'est proposé de relever le laboratoire de recherche de l’université d’Alberta.

Et parce qu’ils ne font pas les choses à moitié, cette équipe de chercheurs a fait porter des tee-shirts dont une moitié était en coton , et l’autre en polyester, à huit hommes et femmes pendant 20 minutes d’exercice physique.

L'expérience s’est déroulée sur une période de 10 semaines.

course ligne départ

Petite pensée pour nos huit cobayes qui ont sans doute connu mieux comme vacances. (Image : Matt Lee - Unsplash.com).

Quelques analyses chromatographiques, détection par spectrométrie et une vingtaine de sessions de lavage de tee-shirts plus tard, ces courageux explorateurs d’odeurs en sont arrivés à la conclusion suivante :

  • La partie en polyester avait plus tendance à garder les mauvaises odeurs,
  • Elle avait aussi la particularité de les conserver même après le lavage.

Pourquoi ?

Pour une matière, ce qui fera la principale différence en terme d’odeurs, c’est ce qu’elle choisira de retenir entre ses fibres une fois que notre transpiration sera passée par là.

Et les fibres synthétiques, dont notamment le polyester, sont championnes dans un domaine : celui de retenir expressément les déchets bactériens et acides qui “sentent mauvais”.

D’après le Docteur Rachel McQueen, c’est là que deux autres caractéristiques chimiques de la fibre synthétique interviennent :

  • Elle déteste l’eau,
  • Elle adore les substances huileuses.

Elle va donc se débarrasser de la partie liquide de notre transpiration le plus vite possible par évaporation . Puis, sur les parois de ses fibres plastiques, il ne restera plus que les substances huileuses de notre transpiration , qui ne demanderont qu’à se joindre aux bactéries odorantes soigneusement choisies.

C’est donc parce que la fibre sélectionne expressément les bactéries malodorantes que notre transpiration n'émettra pas la même odeur sur un tee-shirt en polyester que sur une autre matière. Cette odeur étant nettement plus agressive sur les fibres de pétrole.

Pour en remettre une couche, les chercheurs de l’Université de Ghent (Belgique), dont le professeur Nico Boon et le docteur Chris Callewaert, ont découvert une autre source d'odeur piquante : le micrococcus.

Non, ce n’est pas une espèce d’orchidée, mais bien une bactérie malodorante qui n’apprécie pas la vie au sein des fibres naturelles, contrairement à un autre environnement où elle s’amuse plutôt bien : les fibres synthétiques.

Tableau graphique recherche Université Ghent

Sur ce graphique, le laboratoire de l'Université de Ghent (Belgique) compare les caractérisations d'odeurs du polyester avec celles du coton après transpiration. Zéro traduisant l'absence d'odeur, et dix relevant de "l'intolérable". Pour "Hedonic value", c'est l'inverse : quatre traduit une odeur "plaisante" et zéro une odeur "déplaisante". (Image : Université de Ghent - Belgique).

A noter par ailleurs que concernant la viscose, aucune bactérie malodorante n’a été trouvée au cours de l’expérience de l’Université de Ghent. Si vous achetez une veste ou un manteau, côté doublure, vous pouvez donc privilégier cette matière.

Pour ce qui est du nylon, il s’agit d’un excellent refuge pour les proprionibacteriums, source d’acné et de mauvaises odeurs. Evitez donc les tee-shirts composés de nylon.

"Ok, je me retrouve donc en fin de journée avec un tee-shirt dont les fibres sont chargées en déchets bactériens en tout genre. Un coup de machine à laver et c’est parti, non ?"

Eh bien cette question, nos chercheurs l’ont bien traitée aussi. Mais vous pouvez deviner la réponse vous-même à partir des caractéristiques du synthétique mentionnées plus haut.

Une caractéristique qui va particulièrement se manifester quand l’eau de votre machine va chercher à laver votre vêtement de ses microbes.

Vous l’avez trouvée ?

C’est bien l’hydrophobie : l’humidité corporelle ne sera pas le seul liquide rapidement rejeté par la matière. L’eau et la lessive peineront également à agir dessus.

Les fibres élastiques, telles que le lycra ou l'élasthanne constituent les cas les plus extrêmes d'hydrophobie. C’est pourquoi vos vêtements de sports composés de matière excessivement stretch seront les plus capricieux au lavage.

t-shirt Domyos gris

Ce type de tee-shirt sèchera rapidement après votre séance de sport, mais les odeurs ne feront que s'accumuler au fil des lavages. (Crédit : Décathlon).

Les fils de vos vêtements plastiques restent donc vaillamment accrochés aux huiles corporelles pleines de déchets bactériens, auxquelles viendront s’ajouter les différents agents chimiques qui auront tenté d’agir dessus au cours du lavage.

Aussi bien intentionnées soient-elles, les pratiques visant à économiser la consommation d’énergie telles que l’usage d’eau froide ou de machines limitant l'utilisation d’eau n’arrange rien au phénomène. Elles rendent la destruction des bactéries encore plus compliquée.

On peut bien entendu ajouter à l’ensemble de ces facteurs le fait que les vêtements synthétiques, contrairement aux matières naturelles, sont peu respirants et favorisent donc notre transpiration.

Tous ces facteurs ne font donc que s'accumuler.

Si j’étais vous, j’y réfléchirais à deux fois avant de prendre ce lot de cinq tee-shirts en polyamide pour passer la mi-saison. Ou l’été. Ou l’hiver. Bref, sortez de ce magasin.

Et pour le lavage ?

Si vos vêtements synthétiques sentent donc encore après leur passage en machine, il n'est pas forcément trop tard pour eux : Benoît vous recommande cette lessive pour favoriser une meilleure élimination des bactéries à température égale.

Le synthétique technique, une solution magique ?

Mais quel est donc le secret de tous ces sous-vêtements qui se disent techniques et nous promettent une vie sèche et sans odeur ?

Ils sont pourtant composés de matières principalement synthétiques. Ils devraient donc se comporter de la même manière en cas d’effort intense.

T-shirt Uniqlo gamme airism

Airism, la gamme bien connue d'Uniqlo, nous promet un été sans odeurs ni transpiration. Ce tee-shirt est pourtant composé de 94% de polyester et 6% d'élasthane. Quelle est la formule magique ? (Image : E-shop d'Uniqlo).

Eh bien la plupart de ces marques utilisent tout simplement des agents chimiques qui attendent sagement nos bactéries malodorantes pour leur faire la peau. Il s’agira souvent d’agents à base d’argent, aux propriétés bactéricides.

Cela donne donc un vêtement stretch, sec et non-odorant, grâce à l’hydrophobie des fibres synthétiques et aux autres avantages qu’elles peuvent avoir. D’où l’offre abondante de ce type de matières dans le domaine du sportswear.

Polygiene technologie schema

Par exemple, la technologie de tissu Polygiene utilise des sels d’argent pour inhiber les bactéries malodorantes.

Cette pratique, certes efficace lors des premiers ports, présente cependant certaines limites :

  • Leur efficacité baisse au fil des lavages
  • Elle trouve aussi ses limites à partir d’une certaine quantité de transpiration
  • Les biocides utilisés ne détruisent pas uniquement les bactéries malodorantes.

Ce dernier point est d’autant plus important du fait que les marques font de plus en plus appel aux nanoparticules.

Nico Boon, écologiste microbien à l’Université de Ghent, précise que ces biocides pourraient ainsi potentiellement impacter nos systèmes immunitaires.

En somme, on ne connaît pas assez précisément leurs effets à long terme. Même si pour l’instant, nous en sommes au stade du questionnement.

Côté environnemental, le chercheur spécialiste en nanomatériaux Eric Gaffet affirme qu’à partir d’une certaine concentration, les nanoparticules utilisées peuvent être néfastes à la reproduction d’espèces aquatiques. Elles peuvent également tuer des bactéries nécessaires au traitement des eaux usées.

Néanmoins, ce type d’impact dépendra tout de même des méthodes de fabrication engagées par une marque. Cela retombe donc entre les mains de leur eco-responsabilité et de leur gestion des déchets industriels qui engagent des problématiques allant bien au-delà.

Nanoparticule argent image microscope

Ce soir, vous pourrez vous coucher en sachant à quoi ressemble une nanoparticule d'argent. (Image : National Institute of Standards and Technology - Wikipedia).

Comme nous le dit cet article de 60 millions de consommateurs, les nanoparticules sont donc dans le collimateur des organismes de contrôle. La réglementation européenne impose la mention du terme “nano” sur les produits. Une réglementation qui peut être esquivée passé un certain diamètre de particules, comme l’a fait la marque Uniqlo pour sa gamme Airism.

Une autre approche permet de limiter la transpiration et les effets négatifs liés à la constitution des fibres synthétiques : elle mise sur le tissage même et la manière dont la fibre est utilisée.

Ici, on est complètement sur autre chose : plutôt que de masquer les dégâts avec des biocides, la matière est étudiée en elle-même pour régler le problème à la source, en optimisant la respirabilité et la ventilation au porté.

C’est le cas du tissus Gore Tex notamment, dont les pores sont étudiés pour être assez petits pour ne pas laisser passer l’eau mais assez grands pour évacuer l’humidité et la chaleur corporelle .

membrane gore tex technologie schema

On ne vous présente plus la fameuse membrane imperméable préférée de Benoît. Enfin, si, je viens de le faire.

Polartec est également très connu pour exceller dans ce genre de technologies grâce à leur politique de recherche et développement : les gammes Power Dry et Power Stretch en sont de très bons exemples.

Schema Power Dry polartec

Les tissus Power Dry disposent de deux couches aux fils de capilarités différentes. Celle qui sera en contact avec votre peau absorbera l’humidité, tandis que la couche extérieure séchera rapidement en la laissant se disperser.

Si vous souhaitez enchaîner avec un tour guidé des matières techniques et de leur secret, c'est par ici.

Le coton, outsider végétal

Là, on est complètement de l’autre côté de la force : le coton est une fibre vivante, d’origine végétale. Ses propriétés physiques et ses réactions chimiques face à l’afflux de transpiration seront complètement différentes.

champs coton fleurs nature

Ces petites fleurs ont l'air bien inoffensives comme ça, mais elles seront beaucoup moins clémentes avec nos bactéries malodorantes.

Premièrement, elles sont nettement plus absorbantes. Au cours de ses recherches, l’équipe du docteur Rachel McQueen a pu constater que “l’intensité des odeurs émanantes était inversement proportionnelle à l’hygroscopicité des fibres”.

En français, ça veut dire que plus une fibre est absorbante, moins elle laissera filer de mauvaises odeurs. Car les composés odorants produits par les bactéries restent ainsi coincés avec leurs confrères parmi les fibres, à l’abri de nos nez.

Cette capacité va se cumuler avec les propriétés respirantes du coton, bien plus efficace que le synthétique :

  • L’air chaud émanant de votre corps s’évacuera plus efficacement
  • Il en sera de même pour les excédents d’humidité non-absorbés
  • Ce qui permettra au tissu de laisser l’air extérieur vous rafraîchir plus efficacement.

En somme, comparativement au polyester qui n'en fera rien, le coton donnera un coup de pouce à la régulation de la température de votre corps. Ce dernier aura donc moins besoin de transpirer pour la réguler lui même.

tableau synthèse fibres odeurs

Dans cette étude du centre européen Reset (RESearch centers of Excellence in the Textile sector), les chercheurs nous montrent un aperçu du comparatif entre coton et autres fibres. Sur la ligne "Odour", on voit bien la différence marquante entre coton et polyester.

Et contrairement aux fibres synthétiques :

  • Le coton n’est pas un aimant à bactéries malodorantes,
  • Il n’est pas hydrophobe.

Résultat ? Des lavages bien plus efficaces, avec un gros score en bactéries tuées.

La contre-partie, notamment dans un cadre sportif, c’est qu’un tee-shirt en coton mettra plus de temps à sécher : la sensation désagréable liée à l’humidité risque de vous coller à la peau plus longtemps qu’avec un tee-shirt "dry fit" en plastique.

Le lin, pour un été malin

Comme le coton, le lin est une fibre d’origine végétale, à la seule différence qu’il n’est pas issu d’une fleur mais de l’intérieur de la tige de la plante. On dit donc que le lin est libérien.

L’ensemble de ses propriétés relatives à l’humidité et aux bactéries seront donc assez semblables à celles du coton.

lin culture plante

Voici à quoi ressemble le lin avant d'atterrir sur votre peau. (Image : mastersoflinen.com)

Le lin absorbera l’humidité corporelle au même titre que le coton. Ce sont ses pectines hydrophiles, liant les fibres entre-elles, qui lui donnent cette capacité à absorber jusqu’à 20% de leur poids en humidité, sans changer de sensation au toucher.

Le tout, sans préservation exclusive de mauvaises bactéries contrairement aux fibres synthétiques. Puisque le lin a aussi des propriétés anti-bactériennes.

La fibre de lin sèche aussi assez rapidement.

Ces mêmes pectines rendent aussi le lin extrêmement thermorégulateur : suivant les conditions climatiques extérieures, cette matière vivante s’adaptera pour vous garder au chaud ou à l’inverse au frais.

Ici, contrairement au coton, ce n'est donc plus un simple coup de pouce mais un véritable atout pour la régulation de votre chaleur corporelle.

L’inconvénient, c’est que le lin est rêche. A même la peau, il vous grattera probablement plus que le coton mais restera excellent à porter en chemise, l’été. Car il laissera l’air passer entre votre peau et le tissu.

look homme chemise lin orange

Lorsqu'il n'est pas collé à la peau, le lin est une arme estivale redoutable (Chemise De Bonne Facture).

Mais si vous êtes douillet, à moins de monter en gamme pour aller vers des qualités de fibres et de tissages supérieures, je ne mettrais pas un tee-shirt en lin sous mon pull l’hiver à votre place . Une excellente alternative peut être un mélange coton-lin, donnant lieu à un tissu plus doux et moins froissable.

La laine, indétrônable reine

La majorité des recherches ont abouti à une conclusion : à propos d'inhibition d’odeurs, la laine reste imbattable.

Elle montre une excellente capacité à absorber l’humidité sans laisser les bactéries malodorantes proliférer. Et cette absorption peut aller jusqu’à 35% de son poids !

Ensuite, elle laisse le tout s’évaporer tout en gardant le corps humain au chaud, même quand elle est mouillée.

Une autre étude néo-zélandaise mentionnée par le centre Reset a démontré que la laine retenait 66% d’odeurs de moins que le polyester et 28% de moins que le coton.

tableau inhibition bactéries laine coton polyester

Au cas ou mes tableaux et graphiques ne vous auraient toujours pas fait mal au crâne, voici le coup de grâce : pour chaque bactérie, la capacité d'inhibition de chaque matière. D'après l'étude, c'est la laine qui s'en sort le mieux en laissant chaque bactérie se développer correctement, sans faire de jaloux. Ainsi, elle absorbe le tout sans privilégier le développement d'un cocktail bactérien malodorant comme le fait le polyester.

La finesse et la constitution naturelle de la fibre de laine lui confère des pouvoirs magiques thermorégulateurs que l’homme a tenté de reproduire artificiellement pendant des décennies.

Et comme pour le lin, cette thermorégulation limitera les besoins de votre corps en évacuation d’humidité.

Que ce soit en amont ou en aval de ce phénomène de rejet de chaleur corporelle, la laine est donc ici notre championne. Avec en tête de course la laine mérinos, plus fine et donc plus souvent utilisée en base layer.

Et comme elle retient le moins d’odeur, ses lavages peuvent être moins fréquents que pour le coton ou le polyester. Un lavage qui sera tout de même plus contraignant, puisqu’il faudra entretenir votre pièce avec douceur, comme une maille.

Voilà donc pourquoi la laine mérinos est la grande favorite des randonneurs, des voyageurs, et de Benoît.

Pour un usage sportif, son temps de séchage reste tout de même plus lent de 50% par rapport au synthétique. Mais à ce prix, vous restez un cran au dessus en terme d’hygiène.

look chemise laine merinos homme plage

Les chemises en 100% mérinos, ça peut se trouver aussi : ici, un modèle de chez Beni.

 

Ne négligez pas les couches supérieures

Evidemment, ces conseils sont à prendre en compte quelque soit le "niveau" de la couche de vêtements en question.

Qu'il s'agisse de votre trench, de votre pull, ou de votre chemise, il est donc important de vous tourner vers des matières naturelles (ou techniques dans certains cas) pour ne pas rendre inutile votre investissement dans un t-shirt en laine à plus de 50€. Même si un vêtement d'extérieur synthétique porté sur un base layer naturel vaut mieux que la même combinaison avec un t-shirt en polyester.

Le mot de la fin

Vous l’aurez compris, le poly-pétrole ne sera pas sur le podium aujourd’hui.

Vous savez à présent pourquoi, si votre budget le permet, le base layer en mérinos reste un graal (rapidement addictif) en toutes saisons. Il est donc à la première place.

Pour les enveloppes plus restreintes, en seconde place, les pièces en 100% coton seront le meilleur compromis sous un layering.

Le lin est une excellente alternative, avec une meilleure thermorégulation que le coton. Mais il sera plus agréable sur une pièce ample l’été que coincé entre votre peau et un pull ajusté.

A présent, lorsqu'un ami vous demandera quelle composition de tee-shirt choisir, vous aurez une réponse pour le moins complète. Commencez tout de même par l'inviter à s'asseoir.

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