Dossier : Le minimalisme, vivre mieux avec moins

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Aujourd’hui, je vis avec moins. Moins d’objets, de plastique, de téléphone, d’emails, de déchets, de réseaux sociaux, de voiture ou de télévision. Et je vis avec plus. Plus de temps, d’efficacité, de libertés, de relations sincères, d’élégance, de confiance en soi et de plaisirs.

Simplifier sa vie. Pourquoi ? Comment ? Dans quel but ? Découvrez comment le minimalisme peut vous transformer.

Disclaimer : Grégory est notre nouvel ambassadeur à Bruxelles. Il a fait le choix d'une vie minimaliste et a souhaité partager son expérience personnelle avec nous au travers de cet article. D'ailleurs, il tient lui-même un blog - Le Minimaliste - qui rassemble tous les thèmes abordés ici, sans oublier ses conseils. 

Le chemin du développement personnel

Depuis toujours, je suis curieux. J’adore la nouveauté. J’aime les défis, l’action, les challenges et apprendre en permanence.

Pendant mes études de publicité, je me rends souvent à la bibliothèque. Un jour, je tombe sur un livre : Le comportement vainqueur de S. Di Benedetto. Le premier pas vers le développement de soi-même...

Je tombe amoureux de cette discipline qui a un but : nous rendre meilleurs.

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Le livre qui a changé ma façon de voir les choses...

Je suis alors plusieurs formations sur l’assertivité, la PNL, les micro-résolutions, le mindmapping.

Être ouvert aux opportunités et vouloir s’améliorer, voilà ce qui m’a amené à découvrir le minimalisme.

Dis-moi ce que tu portes, je te dirai qui tu es

On me demande souvent par quoi j’ai commencé. Ma vie bascule surtout avec le zero waste mais, quand j’y pense, tout démarre par les vêtements.

En 2010, je commence à m’intéresser aux conseils pour mieux s’habiller et entends un message : privilégier la qualité à la quantité. Je décide donc de remplacer mes chemises, de m’acheter un bon jean et d’arrêter les fautes de goût. Je donné une partie de ma garde-robe... même s’il en reste encore un bon paquet.

Lorsque vous portez des pièces usées, inadaptées ou que vous gardez par obligation, vous êtes tout sauf vous-mêmes. De nombreuses personnes sous-estiment la puissance du style vestimentaire. Ils trouvent cela superficiel ; après tout, « ce qui compte se trouve à l’intérieur ».

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C’est hélas un conte de fée. La vérité, la voici : l’habit fait le moine. Vous aurez l'air plus accessible en portant un jean et des sneakers le week-end, qu'un costume et des Richelieu. Vous voyez l'idée.

Votre caractère influence vos actes et les actes influencent le caractère. C’est pareil avec les vêtements :  ils influencent votre état d’esprit ; votre état d’esprit influence votre manière de vous habiller.

Imaginez, vous portez des vêtements complètement délaissés et des chaussures qui ont fait la guerre. Vous les voyez tous les jours, vous les touchez, vous les mettez contre votre corps. Voici ce que vous voyez réellement au quotidien sans vous en rendre compte : la fragilité, la tristesse, le négatif...

Imaginez maintenant, vous portez des pièces durables, en très bon état. Uniquement vos vêtements préférés, qui vous mettent en valeur. Vous rencontrez alors chaque jour de votre vie la joie, la confiance, la beauté, l’authentique, le positif...

Vous êtes vous-mêmes, simplement vous-mêmes.

La loi de Pareto

L’Italien Vilfredo Pareto a découvert le principe des 80-20 : 80 % des effets sont le résultat de 20 % des causes. Il s’agit d’une règle universelle qui peut être employée dans la vie privée et professionnelle, comme :

  • 80% du temps, vous mettez 20% de votre garde-robe,
  • 80% du chiffre d’affaires provient de 20% des clients,
  • 20% de nos relations nous procurent 80% de bonheur,
  • 20% des objets dans une maison sont employés 80% du temps.
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Vilfredo Pareto, celui à qui l'on doit la célèbre loi des 80-20.

J’applique cette règle à mes vêtements jusque dans mes accessoires, pour mon portefeuille par exemple. Je n’utilise qu’un porte-cartes avec mes cartes d’identité, de crédit, de transport et de l’argent liquide. C’est tout ce dont j’ai besoin.

Pas de cartes de fidélité, de tickets de caisse, d’abonnement à un club VIP ou de mode d’emploi pour des premiers secours (certains en ont dans leur portefeuille, véridique). Je trouve cela plus pratique et facile à utiliser.

En utilisant cette règle, on voit le monde autrement.

Ma garde-robe en détail

En ouvrant ma penderie, vous trouverez :

  • un jean A.P.C,
  • deux chinos Bellerose,
  • cinq chemises formelles (Hackett et BonneGueule),
  • deux chemises casual BonneGueule,
  • deux pulls,
  • une veste en jean de seconde main Levi’s,
  • un trench de seconde main,
  • un manteau d’hiver de seconde main Burberry,
  • un blazer de seconde main,
  • un veston de seconde main,
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Nos deux ambassadeurs bruxellois ! Rémi, à gauche, et Grégory à droite, dans son beau gilet.

  • huit cravates,
  • un chapeau,
  • trois foulards,
  • une écharpe et un bonnet,
  • quatre ceintures,
  • deux paires de gants,
  • une paire de lunettes,
  • quinze boxers,
  • vingt-cinq paires de chaussettes,
  • deux pyjamas d’été et deux pour l’hiver,
  • cinq tee-shirts,
  • un short en jean,
  • cinq mouchoirs de poche,
  • une pochette de costume,
  • deux sweat-shirts,
  • un training,
  • une sacoche de seconde main Le Tanneur,
  • quatre paires de souliers,
  • un sac à dos Filson.

Ce nombre me permet des dizaines de combinaisons possibles. Je joue souvent avec les accessoires et les chaussures. Quand j’ouvre ma garde-robe, je vois toutes les pièces accrochées aux cintres. Elles sont cohérentes entre elles et me permettent directement de savoir comment m’habiller.

Je fais un gain de temps énorme. Mes vêtements me procurent un grand plaisir à chaque fois, ils sont pour moi une deuxième peau. Je les entretiens avec soin et je les répare quand il le faut. Aujourd’hui, ma collection est complète.

Mon dernier achat est un sac à dos Filson. Il remplace deux de mes sacs de voyage, donnés en seconde main.

dressing homme

Comment gérer l’arrivée d’un nouveau vêtement ou d’un objet en général ?

Un objet qui rentre = un objet qui sort. Je sais donc à l’avance ce qui doit être remplacé ou complété.

La seconde main est mon premier choix : on y trouve de l’originalité, de la qualité et un prix imbattable. J'acquière uniquement des pièces pour lesquelles j’ai un coup de coeur, avec de la qualité et dans des matériaux nobles, sans matières artificielles.

Je refuse qu’on m’offre des objets comme cadeaux, ni des bons cadeaux pour des magasins. Soit ces enseignes ne m’intéressent pas, soit c’est m’encombrer et me forcer à choisir un objet dont je peux me passer. Dans de rares cas, j’accepte et je les offre à des personnes qui en ont besoin.

Le Zero Waste

Comment j'ai eu le déclic ?

En 2014, ma vie fait un bond de géant.

Un jour, un ami m’envoie l’article d’une blogueuse américaine : Lauren Singer, du blog trash is for tossers. Elle a 26 ans, elle vit à New York et ressemble à n’importe qui.

À une différence près : ses déchets des deux dernières années tiennent dans un bocal à confiture. Elle a l’air heureuse et profite de la vie comme personne d’autre. Le déclic se fait chez moi.

lauren-singer

Si elle peut le faire, moi aussi. Je m’intéresse alors au sujet.

J’achète également le livre Zéro Déchet, de Béa Johnson (qui tient elle aussi un blog).

En un mois, les habitudes s’installent complètement. Plus que des déchets, c'est une philosophie.

Remettons la situation dans son contexte. À ce moment, cela fait trois ans que je veux quitter mon poste et vivre à Bruxelles. J’enchaîne les entretiens d’embauche. Rien à faire. Je suis coincé professionnellement et je vis dans un appartement déprimant au milieu de nulle part.

Puis, je découvre ce mode de vie sans déchets. Dans les six mois qui suivent, j’obtiens un nouveau job et je pars vivre à Bruxelles. Coïncidence ? Je suis certain que non. Ma vie s’est débloquée. Supprimer les déchets de ma vie physiquement m’a allégé mentalement. Comme si un poids venait de disparaître. Je suis devenu plus confiant, je me suis senti meilleur. Et cela s’est ressenti autour de moi.

appartement minimaliste

Un premier aperçu de mon nouvel appartement à Bruxelles.

La manière de faire

Le zéro déchet, c’est produire le moins de déchets possible, même les recyclables. Vous pouvez supprimer la poubelle de votre intérieur et composter les épluchures de fruits et légumes.

Les cinq règles à suivre :

  • Refuser : ce dont vous n’avez pas besoin.

Produits gratuits, cadeaux, échantillons, emballages, sacs de transport, prospectus, publicités, bons de réduction, shampoings d’hôtels, cartes de visite et manuels qui ne vous serviront jamais.

Rappelez-vous que consommer, c’est voter. Tous les jours, nous avons l’occasion de donner notre opinion. Accepter un sac en plastique, c’est dire oui au pétrole et au jetable. Et c’est surtout vous encombrer d’un objet de plus chez vous.

  • Réduire : ce dont vous avez besoin. 

Demandez-vous de quoi vous avez réellement besoin. Faut-il 36 couteaux de cuisine quand vous utilisez toujours le même ? Avez-vous besoin de cet abonnement à un magazine, de cette télévision ou même de la voiture ?

savon rasage

Avez-vous besoin de 10 savons différents quand un seul savon de Marseille peut tout faire ?

Le but est de remettre en question. En aidant une personne, je lui ai demandé à quoi lui servait sa voiture. Il s’est rendu compte qu’il pouvait s’en passer et l’a donc vendue. Il se sent plus serein et fait des économies désormais.

  • Réutiliser : pensez multi-usages et non plus mono-usage.

Supprimer de votre vie les objets jetables, gobelets en plastiques, couverts jetables, canettes. Prenez plutôt une belle gourde, des serviettes en tissu, de vrais couverts en métal.

À la place d’une boîte en plastique, utilisez un beau bocal en verre d’un litre pour stocker du riz, des lentilles, du fromage, de la viande, votre pique-nique, des ustensiles...

  • Recycler : ce que vous ne pouvez pas refuser, réduire ou réutiliser.

Existe-t-il une alternative sans déchets? Renseignez-vous auprès de votre région pour savoir ce que vous pouvez recycler.

  • Composter : les déchets organiques comme les épluchures de fruits et légumes.

Pensez au lombricompost, à un compost dans votre jardin ou à un compost collectif dans votre quartier. Pour ma part, je vide mon sceau de 5 litres dans un compost collectif toutes les deux à trois semaines.

Béa Johnson a donné beaucoup de conférences. Dans ce reportage rapide, vous pourrez vous faire une petite idée.

Se débarrasser du plastique

Pour atteindre cet objectif, il m’a fallu remplacer plusieurs objets. Et parmi eux, je me suis rendu compte combien le plastique était présent. Au-delà des aspects santé et environnement, le plastique a des effets dans notre quotidien. C’est laid, fragile et doit souvent être remplacé.

Vivre sans déchets m’a permis de le faire disparaître quasi totalement de ma vie. Et j’y prends énormément goût. Chaque objet a un équivalent sans plastique : stylo-plume, rasoir, bouteille, sacs.

Choisissez des matières durables comme le métal, le bois, le cuir, le verre, le coton... Un intérieur sans plastique, c’est magnifique.

deco minimaliste

Votre mental change. Vous vous habituez à la qualité, la solidité, la beauté, le durable.

Ranger son intérieur

Chaque jour est une grande occasion.

J’ai lu deux livres extraordinaires : L’Art de la simplicité, de Dominique Loreau et La Magie du rangement, de Marie Kondo. En résumé : gardez le meilleur dans votre vie. Et uniquement le meilleur.

Pourquoi gardons-nous nos plus beaux vêtements pour les grandes occasions ? Pourquoi sortons-nous la plus belle vaisselle une fois par an ? Pourquoi ne profitons-nous pas de la vie pleinement ? Chaque jour est une fête. Chaque jour, nous méritons de porter nos vêtements préférés.

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Un livre qui m'a aidé à comprendre dans quelle mesure le rangement influençait notre vie.

Fini les cadeaux dans les bidons de lessive, les verres avec des logos gagnés à l’achat de deux camemberts. Terminé de collectionner une vingtaine de parapluies en plastique qui cassent au premier coup de vent. Choisissez un et un seul beau parapluie en bois massif, à la toile brillante et solide.

Quel plaisir de manger dans une belle vaisselle avec des couverts élégants. Dégustez un vrai café dans une authentique cafetière à l’italienne. Avant, je gardais le meilleur pour de grandes occasions. Maintenant, je savoure le meilleur chaque jour.

Le grand nettoyage

Un déménagement est une opportunité pour changer de vie. C’est ce que j’ai vécu quand j’ai bougé vers Bruxelles. Vous devez passer en revue chacun de vos objets. Selon Marie Kondo, il y a une technique très facile pour trier. La voici en quelques étapes :

  • Prenez l’objet en main. S’il vous met véritablement « en joie », gardez-le. Sinon, donnez-le.
  • Le nombre d’objets dans votre intérieur sera toujours personnel. Certains auront besoin de trois chemises et d’autres, davantage. Le plus important est de garder uniquement ce qui vous fait le plus plaisir.
  • Donnez ce que vous avez reçu gratuitement, ce qui est inutile et qui vous encombre. Si vous n’avez pas lu ce fameux roman depuis que vous l’avez acheté, vous ne le lirez pas. Tout ce que vous n’avez pas utilisé dans les six derniers mois ne sert qu’à une chose : prendre la poussière.
chambre epuree

Je ne garde que l'essentiel.

  • Remerciez chaque objet pour la mission qu’ils ont accomplie et libérez-les. Parlez-leur. Oui, les minimalistes sont un peu fous.
  • Si vous ne déménagez pas, consacrez une journée entière à ce grand rangement. Levez-vous de bonne heure et restez calme, sans musique, pour vous concentrer sur l’objet. J’ai appliqué cette méthode après six mois dans mon nouvel appartement, il y avait toujours des objets dont se débarrasser.
  • Surtout, transformez cette journée en une fête. Cela doit être un plaisir, une nouvelle page qui se tourne.

Le cleandesk

Sur mon bureau, j’ai un ordinateur, un agenda, un stylo-plume et une plante. Je n’ai besoin de rien d’autre.

Avant, j’avais des post-its, des fardes remplies de vieilles factures, documents administratifs et relevés bancaires, un trophée que j’avais gagné quand j’avais onze ans, des classeurs avec des suspends, des cartes de visite... Tout ça a disparu. Je respire.

Comment faire ? Très simple, videz tout. Faites les poussières. Remettez le strict nécessaire, ce que vous utilisez plusieurs fois par jour. Mettez le reste dans un tiroir si vous en avez besoin. Achetez-vous des objets d’écriture de qualité. Un beau stylo-plume. Un bel agenda. Un beau bloc-notes.

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Comment se débarrasser de la paperasse ? 

Tout mon administratif tient dans une seule farde à moitié remplie. Il y a mon contrat de travail, mes diplômes, les résultats de ma dernière prise de sang et mon contrat de bail. C’est tout. Si j’avais un scanner, je les numériserais sur mon ordinateur.

La technique :

  • mettre une étiquette sur la boîte aux lettres pour refuser les publicités et journaux gratuits,
  • refuser les tickets de caisse,
  • demander une facture sans la prendre. Le vendeur est obligé de garder une copie pendant 10 ans,
  • digitaliser ce que vous ne savez pas refuser, comme les relevés de compte bancaire et les fiches de paie,
  • refuser le plus possible les flyers, prospectus, manuels et cours de formation.

Et pour l'immatériel ?

À force d’avancer, je me suis rendu compte que ma manière de penser changeait. Le matériel me quittait de plus en plus pour laisser place au plus important. Même si cela n’a pas été facile à comprendre au début.

Pourquoi ? Car nous vivons dans un monde matérialiste. Pour être heureux, il faut beaucoup d’argent, avoir une grande maison, deux voitures, un dressing immense, du parfum de styliste célèbre et un chien qui s’appelle Rex. C’est, du moins, ce qu’on veut nous faire croire.

Le destin a voulu que j’étudie le monde de la publicité et du consumérisme. Et me voici maintenant à prôner l’inverse. Le destin est parfois bizarre.

Les réseaux sociaux

Je ne suis sur aucun réseau social. J’ai testé et je n’en ai eu aucun retour bénéfique ou efficace. Quand je me suis désinscrit, j’ai ressenti une sensation de légèreté et de liberté.

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C'est fou comme cliquer sur un simple bouton change les choses.

Plus besoin de savoir quels comptes je possède, gérer des mots de passe, des notifications, des emails, des newsletters, des messages ou des informations sans valeurs ajoutées.

Lorsque j’ai besoin de contacter quelqu’un, je lui téléphone. Quand je suis dans le métro, je discute avec les passagers. Quand je vois un ami, il m’explique de vive voix, en face à face, ce qu'il s’est passé depuis notre dernière rencontre.

Les emails

On sous-estime la place que prennent les emails. Physiquement et surtout mentalement. En ce moment même, je possède cinq emails dans ma boîte de réception. Ils seront traités dans la semaine, puis supprimés. Les plus importants ou les plus pratiques sont archivés.

Il n’y en a que très peu. Ici aussi, on peut applique la loi de Pareto. 80% des emails que nous recevons peuvent être supprimés directement. Et si répondre vous prend moins de deux minutes, faites-le maintenant et supprimez le mail.

La télévision

Les réseaux sociaux se rapprochent beaucoup de la télévision. En moyenne, une personne passe 3h30 par jour devant la télévision ou sur Internet. Cela représente dix ans dans une vie entière.

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Un individu possédant TV, smartphone, ordinateur et tablette passerait en moyenne 417 minutes par jour devant ces écrans. Cela représente presque 7 heures... (Crédits : Zednet.fr)

Mon choix s’est vite fait. Je ne possède plus de télévision. Je passe ce temps à me développer personnellement, à me reposer, faire du sport, lire ou passer du temps avec mes proches.

L’actualité

Je ne regarde plus l’actualité générale. Il n’y a que des mauvaises nouvelles, sur lesquelles nous n’avons pas de pouvoir. Les plus grandes nouvelles finissent toujours par se faire entendre. Je contrôle mon environnement. Lorsque j’en ai besoin, ce n’est pas l’information qui vient vers moi mais bien l'inverse.

Les loisirs et associations

Pendant un moment, j’étais bénévole dans cinq associations en même temps, je faisais deux sports différents plusieurs fois par semaine et j’avais un cours de langue chaque mercredi. Je voulais rentabiliser mon temps au maximum et faire le plus de choses possible. De peur de manquer quelque chose.

C’est tout le contraire qui se passait. Je manquais à être bon dans chacun de mes engagements. Chaque décision doit être prise complètement et pas à moitié. Comment être excellent à la guitare si l'on pratique en même temps le théâtre, le judo et la pétanque ?

Les relations

Je possède 36 contacts dans mon répertoire. Il y a des personnes qui nous apportent du bonheur, et d’autres non. Il y en a qui ont compté pour nous, certains plus maintenant. D’autres ont été acceptées par politesse ou par obligation.

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Ne culpabilisez pas. Supprimer un numéro de téléphone, ce n’est pas assassiner. Et au pire, quand on veut reprendre contact avec quelqu’un, il y a toujours une solution.

Un soir, j’ai pris la peine de passer chacun de mes contacts en revue. J’ai alors découvert qui comptait vraiment pour moi. Pour ma part, je n’ai pas eu besoin de reprendre contact avec un numéro supprimé.

Le téléphone

Bien qu’il s’agisse d’un objet physique, le téléphone a un impact important sur l’immatériel. Au-delà du répertoire, il influence le comportement de son utilisateur. Nous pouvons tout faire en demandant à quelqu'un. Trouver son chemin, un bon restaurant ou un hôtel sympa.

Un père de famille m’a avoué qu’il trouvait son téléphone formidablement indispensable. Sa femme et ses trois enfants possédaient chacun une tablette. Je me suis imaginé le tableau, le couple et les trois enfants pendant une soirée d’hiver. Chacun assis dans son coin du canapé à regarder son écran.

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Est-ce vraiment le futur que je souhaite ? J’ai refusé cette image. Je voulais me prouver à moi-même que le téléphone n’était pas indispensable. (Crédits : NY Times)

Depuis février 2016, mon téléphone reste à la maison. Pour fixer un rendez-vous ? Facile, je demande une heure et un lieu. Je suis toujours arrivé au moment convenu. Souvent, ce sont les autres personnes qui arrivent en retard. Quand je parle avec quelqu’un, je suis cent pour cent concentré avec cette personne.

Sans possibilité d’être interrompu ou d’être tenté de regarder mes emails. Ce n’est plus mon téléphone qui me contrôle, c’est moi qui contrôle mon téléphone.

Cela me pousse en même temps à faire de nouvelles rencontres. Cet été, j’ai voyagé dix jours en Europe. Grâce à cela, j’ai découvert des personnes formidables. J’ai demandé mon chemin à des inconnus et que visiter ; j’ai même mangé avec eux. Maintenant, chaque jour, c’est les vacances.

La montre

Il y a quelques mois, la pile de ma montre tombe en panne. Même si cela n'arrive que tous les deux ans, la remplacer est un réel fardeau pour moi.

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Il faut prendre le temps de la déposer chez l’horloger, attendre, puis aller la récupérer. Le risque que la pile tombe à plat restait toujours présent comme une épée de Damoclès. (Crédits : Atlantime.com)

Je décide alors de prendre une montre automatique. Je fais le tour des magasins mais n’en trouve aucune qui me plaise. Depuis, je vis sans montre et, finalement, je me sens beaucoup plus libre.

Avant, j’avais peur de la griffer ou de l’oublier quelque part. Maintenant, je ne suis curieusement plus en retard. Au contraire. Je prends toujours une marge d’avance et cela me permet d’être plus détendu. La montre me rappelait le pouvoir du temps sur ma vie, je suis maintenant hors de ce pouvoir.

Les avantages que cette nouvelle vie me procurent

Un gain de temps énorme

Pour le ménage, il y a moins d’objets à déplacer pour les poussières, plus de surfaces planes, c'est donc plus rapide à faire. De même pour ranger : chaque objet est à sa place, les retrouver est très facile. Fini les trucs perdus, à se demander pendant des heures où on les a rangés.

Comme j'ai moins d’objets, il est plus facile à choisir. Prendre une décision me prend moins de temps. Comme choisir ce qu’on va porter comme vêtements.

Moins d’attaches immatérielles comme les relations ou les loisirs, c’est plus d’énergie et d’efficacité pour le reste.

Si je veux déménager ? Je peux le faire en une journée, emballage et déballage compris. Du jour au lendemain, je peux partir vivre où je veux. Voyager ? Faire ma valise est très rapide. Je vais à l’essentiel. Je n’ai plus peur de manquer de quoi que ce soit.

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Voici mon kit de voyage.

Pour faire mes courses, cela me prend 10 minutes par semaine. Fini les journées shopping inutiles. Je sais ce dont j’ai besoin ou non.

Une sensation de liberté

Se détacher du matériel : si un incendie se déclenchait, quels objets sauveriez-vous des flammes? De mon côté, je prendrais mes plantes car elles sont vivantes. Tout le reste est remplaçable.

Chaque objet demande une part d’attention. Plus nous en avons, plus nous y sommes attachés. Nous avons peur de les perdre. Nous devenons anxieux. Moins j’ai d’objets, plus j’en prends soin naturellement. Et si jamais j'en égare, je le prends comme une occasion d’avoir mieux ou de savoir si je peux m’en passer.

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À chaque étape de plus vers le minimalisme, votre vie s’embellit.

Plus de confiance en soi : pour chaque objet dont vous vous séparez, vous prenez une décision. Prendre une décision, c’est se prouver que nous sommes capables. Imaginez après plusieurs centaines d’objets donnés ! Vous devenez plus fort, vous savez ce que vous voulez. Chaque difficulté est prise comme une opportunité.

J’ose maintenant dire non. Non à la sensation d’obligation et d’anxiété. Je dis oui à la qualité, au plaisir et au meilleur.

Des expériences plus profondes : quand on se détache du matériel, on se rattache au reste. Mes relations amicales, familiales et professionnelles sont maintenant recentrées sur le meilleur.

Avoir 300 amis, garder une relation avec un membre de la famille qu’on ne voit plus ou avec tous les collègues de la société par politesse, ça ne m’intéresse pas.

Je préfère garder toute mon attention et mon énergie pour ce qui compte réellement. Quand je me promène, je suis connecté à la réalité. Je parle avec les gens, j’observe mon environnement et m’observe moi-même.

Se connaître soi-même

C’est l’un des plus gros avantages. Je n’y serais sûrement pas arrivé si je n’avais pas simplifié ma vie de cette manière. J’avais déjà effectué des tests de personnalité ou d’orientation. Rien de cela n’a été plus efficace.

Je suis devenu naturellement plus organisé et, en même temps, ouvert aux imprévus. J’adore le contact avec les autres. Enrichir mon environnement et les personnes qui s’y trouvent me procure beaucoup de bien.

Je me suis découvert une passion à partager ce que j’ai vécu. Je suis convaincu qu’il s’agit d’une belle manière de se sentir mieux et de résoudre de nombreuses situations.

Beaucoup ne se rendent pas compte qu’ils ont le pouvoir de contrôler leur vie. C’est pourtant possible et c’est ce que je vous souhaite aussi en suivant cette voie. Il s’agit d’un chemin comme un autre. Un beau chemin.

Pour finir cet article, voici d'autres blogs qui m'ont aidé dans cette démarche :

Grégory Laurent A propos Grégory Laurent

Cofondateur du site leminimaliste.com, j’aide les gens à aller à l’essentiel par le minimalisme et le zéro déchet. J'ai aussi rejoint l'aventure BonneGueule en tant qu'ambassadeur à Bruxelles. J’adore Kool and the Gang, le chocolat belge et James Bond.

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  • Pierre – BonneGueule

    Hello Murielle !

    Merci pour ton retour, c’est vrai que cet article plaît beaucoup même s’il est assez différent du reste. 🙂

  • Murielle Mélusine Guillaume

    Super article ! (commentaire qui fait visiblement l’unanimité, mais ce sont les seuls mots qui me viennent !)
    Merci pour cet encourageant partage, au masculin qui plus est, ce qui change un peu 😉

  • Pierre – BonneGueule

    Hello Ka Reine !

    Merci pour ton retour, et content que l’article te plaise ! 🙂

  • Pierre – BonneGueule

    Hello Thomas !

    Content que cet article de Grégory te parle autant ! 🙂

  • Pierre – BonneGueule

    Hello Magali ! Merci pour ton retour et content que l’article te parle. 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Nico !

    C’est un Hèdus (mais je suis même pas sûr que la marque soit encore ouverte)

    Et les sneakers sont des Juch !

  • Laurent TASCHET

    Visiblement tu as découvert un des piliers du bouddhisme, la source de la souffrance : l’attachement. Je répète souvent cela a mes collègues et mes amis: « l’attachement c’est la souffrance ». Ça les fait rire. Comprennent ils vraiment ? J’ai fait cette découverte de la philosophie bouddhiste suite à une expérience de vie traumatisante, me rapprochant de la mort. Ça permet recadrer sur l’essentiel. Continue dans cette voie… L’attachement c’est la souffrance…. C’est aussi la joie….

  • BonneGueule Bruxelles

    Bonjour Nicolas,
    Merci pour ta réaction !
    J’achète tout en vrac effectivement. Aussi dans les commerces de proximité et venant majoritairement de producteurs locaux.
    Ton astuce pour le bouillon de légumes est excellente, je la partagerai lors d’un prochain article !
    A très bientôt,
    Grégory

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Manu !

    C’est un Vicomte A. !

  • Stéphane MICARD

    Cher Grégory,

    Ca sera alors avec grand plaisir ! Tu pourras compter sur moi.
    Merci encore pour ton retour.
    A bientôt.
    Stéphane.

  • Parango

    Cool, j’ai justement commencé à lire « L’art de l’essentiel : Jeter l’inutile et le superflu pour faire de l’espace en soi » de Dominique Loreau la semaine dernière.

    Je ne comprends pas certaines personnes dans les commentaires qui sont tout de suite sur la défensive dès que quelqu’un présente un style de vie différent du leur. Je n’ai personnellement ressenti aucun jugement ou condescendance à la lecture du texte.

    Merci pour l’article, ça me motive encore plus !

  • BonneGueule Bruxelles

    Salut F4DE,
    Je te remercie pour ton retour intéressant.
    Si le superflu et des objets qui ne servent à rien te rendent heureux, c’est très bien.
    Et si cela peut te rassurer, je me trompe encore souvent dans ma vie 😉
    A bientôt !
    Grégory

  • BonneGueule Bruxelles

    Thanks Raphaël ! Grégory

  • BonneGueule Bruxelles

    Bonjour Robin,
    Merci pour pour ta réponse ! Tu es le bienvenu si tu veux des conseils pour y arriver !
    Grégory
    ps : les photos sont prises en soirée mea culpa. C’est mieux en journée 🙂

  • Clément

    Bonjour Grégory,

    ton article est très intéressant et inspirant à bien des égards. Je voudrais simplement revenir sur deux trois choses qui m’intéresse.
    Tu es confiant en toi, tu te sens bien, tu as l’air aussi plus heureux, mais ton appart ne reflète absolument pas ça. Pis encore, il n’a pas de personnalité et est monotone (ce qui ne l’empêche pas d’être bien fait), tout ton contraire a priori ! Que fait tu donc de cet aspect ? Qu’en est-il d’un beau tableau qui, par définition, est strictement inutile puisqu’il n’est « qu’un objet de décoration », mais qui montrerai à tes invités qui tu es ou qui donnerai du cachet ton salon ? Une belle photo souvenir d’un voyage magnifique n’a-t-elle pas sa place chez soi ?

    Et encore une fois, si ce mode de vie est très bien, qu’est-ce qui rend ton agenda papier meilleur et plus sain que ton agenda sur téléphone (alors même qu’il prend plus de place et de poussière au final) ? Qu’est-ce qui t’empêche de mettre ton téléphone en mode avion quand tu es en rendez-vous pour ne pas être dérangé ? Parce que c’est bête, mais si tu dois être prévenu d’un problème très grave et urgent, tu ne le sais que le soir après être rentré plusieurs heures après l’appel ? Si la personne ne peut finalement pas venir, comment le sais-tu ?

    Je te pose ces question alors que je suis moi-même très peu utilisateur du téléphone, mais il ne faut pas non plus en oublier ces avantages. Et il y a aussi pleins d’autres exemples.
    J’ai bien compris en lisant tes réponses que c’était plus un témoignage et non pas une vérité absolue que tu voulais faire passer mais il manque quelques nuances je pense pour ne pas faire donner l’impression d’une leçon de vie.

    Sinon, j’adhère – en partie – pas mal à cette philosophie ^^

    Merci pour l’article en tout cas !

  • Sylvain

    La lecture de l’article est intéressante et je trouve qu’il y a quelques pistes à explorer.
    J’ajouterai un bémol : la vie en famille ne permet pas d’atteindre la niveau d' »ascétisme » décrit (je ne parlerai pas des cadeaux pour la fête des pères : hors de question de balancer mes colliers en coquillettes !)

  • Romain D.

    Hello, un billet de qualité que je trouve, comme beaucoup, ici à la fois inspirant et (trop) péremptoire. S’il questionne de manière pertinente notre intellect quant à nos manières de consommer, il néanmoins difficilement applicable sur l’ensemble des pans qui composent notre vie quotidienne. Tu pourrait (sans doute à raison) rétorquer qu’au final on a toujours le choix. Mais choisir c’est aussi renoncer et nous ne pouvons pas tous renoncer à notre job, notre réseau d’amis, au tout autres communautés ne partageant pas la philosophie prônée ici. Ceci étant, je trouve que c’est plutôt facile à mettre en pratique concernant le vêtement et c’est bien là l’essentielle : on est sur Bonne Gueule quand même ! 🙂

  • Ywq

    Je salue ta considération, c’est tout bon tant que tu délimites clairement le subjectif et l’objectif.

  • Boisgerault François

    Article qui tombe à point, j’allais justement faire le ménage dans mon appartement aujourd’hui.

    Je me suis inscrit à ta Newsletter qui m’aidera certainement dans mon périple.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Taha !

    Juste par souci de précision, la « loi » de Pareto est plus un constat empirique sur plusieurs domaines qu’une loi dans le sens de celle que l’on impose. 🙂

  • Taha Boukhari

    merci Gourouf pour ce courage
    mais c’est tout simplement un problème de distinguer entre une loi et une manière.
    quant l’auteur parle de loi de Pareto, ici on est dans une loi on peu pas la changer; soit on l’accepte et on travaille avec ou on la laisse et toujours restera une loi qui s’applique dans notre vie .
    quant il parle de ne pas utiliser Facebook ou pas de montre c’est une manière de faire les choses il dépend de sa personnalité et de son besoin quotidien ….
    alors le minimalisme c’est juste une réponse a des problèmes et des challenges de productivité et d’organisation et du savoir vivre baser sur des lois mais jamais doit être impératif jusqu’à limiter notre créativité et conscience humaine

  • Clément Thieblemont

    La coïncidence ! Etant présentement étudiant en cinquième année de marketing, j’effectue un travail de plusieurs mois sur le slow life, où le zéro déchet rentre aisément !

    Comme l’affirme si bien Grégory, se retrouver à prôner le minimalisme et la qualité alors qu’on étudie et se destine à une carrière dans le marketing (dont la publicité), quelle surprise ! Et une certaine incompréhension chez moi, personnellement.

    Ça trouble tellement de voir de tels témoignages où bonheur, satisfaction et confiance en soi sont les maîtres mots. Je m’y intéresse de plus en plus depuis quelques semaines et je sauterais forcément le pas à un moment ou un autre.

    Très bel article et bonne continuation à toi, Grégory 🙂

  • Gouhouf

    Coucou,

    Je comprends que ce genre de trip puisse plaire. On trouve de nombreux sites sur le sujet (surtout en états-unien comme lifehacker), et je me dis que, si ça peut aider certaines personnes, eh bien tant mieux. Quelque soit le domaine, quelque soit la solution, si certains y trouvent leur compte et trouvent plus de plaisir à une façon de vivre qu’à une autre, c’est le principal. Dans la limite évidemment du bien-être des autres (limite très complexe à définir soit dit en passant). Certains trouveront leur bonheur dans ce minimalisme, comme d’autres dans le végétarisme, certains dans la religion, d’autre dans telle ou telle philosophie, certains dans l’élégance, d’autres dans le naturisme, certains dans un certain hygiénisme, d’autres dans une forme d’épicurisme. Chacun défendra son point de vue, développera des arguments parfaitement défendables. Et si l’une ou l’autre solution aide, eh bien tant mieux.

    Toutefois, ce qui m’embête dans ce genre de rhétorique, est qu’elle est principalement impérative. Faites ceci ou faites cela et vous serez heureux. Bah non, je ne pense pas que cela me rendrait heureux. Je suis désolé.

    Pour ma part, je suis plutôt un partisan du chaos. Car du chaos naît un certain renouvellement, une créativité, un besoin d’adaptation. On apprend bien plus du chaos que de l’ordre. Par exemple, comme l’auteur, je n’ai pas de voiture. Mais je ne tenterai pas d’optimiser un trajet en transport en commun, je ne serai d’ailleurs jamais à l’heure (cf. quart d’heure de politesse : http://www.deguermantes.com/articles/2016/10/19/quest-ce-que-le-quart-dheure-de-politesse-, je reviens sur ce point dans la suite) . Pour aller d’un point A à un point B, j’utiliserai autant que possible, chaque fois, un trajet différent (bon, le nombre de trajets possibles reste limité généralement) et je ne prends jamais le même trajet à l’aller et au retour. Chaque expérience de déplacement doit être différente et renouvelée. Le temps qu’il faudra pour faire ce trajet sera évidemment hautement aléatoire, mais c’est l’objectif.

    Je ne cherche jamais à gagner du temps, sauf réelle urgence. Mais il est très rare qu’il y ait de réelles urgences. J’ai appris à perdre mon temps en tâches inutiles. L’homme moderne travaille beaucoup trop à mon goût. Si la révolution industrielle a apporté beaucoup de bienfaits, en particulier en matière de santé, elle a amené ce culte du temps, où chaque seconde semble devoir être vénérée. Un monde idéal serait à mon sens un monde où le temps n’a plus aucune importance. Où l’on ne compte plus le nombre d’heures travaillées par semaine, le nombre d’heures devant la télé, devant l’ordinateur, le nombre d’heures dormies, etc. Je lis actuellement les « Lettres à Anne », de F. Mitterrand. Voilà comment il décrit un RDV (dans les années 60) : Je serai à la librairie untel, de 15h à 20h environ, retrouvez-moi là-bas quand vous le souhaitez. Pas besoin de plus pour se retrouver. Donner RDV pour un déjeuner, sans précision d’horaire, est bien plus agréable que de dire « Demain, 12h15 ». Celui qui arrivera le premier profitera du temps qu’il a pour réfléchir, lire, s’informer (en empruntant un journal au bar), prendre un apéritif, etc. D’ailleurs, je note que l’auteur dit ne pas avoir de montre, mais n’être jamais en retard. J’imagine qu’il passe tout son trajet, jusqu’à la destination finale à regarder l’heure, d’une façon ou d’une autre, pour le vérifier.

    J’organise de même mes activités professionnelles, je pars toujours dans plusieurs directions et on voit comment ça finit (ce genre de façon de travailler n’est certes pas possible dans tous les métiers). Le chaos permet la créativité. C’est en essayant sans se soucier du résultat que l’on obtient des résultats nouveaux. Dans le chaos, il y a toujours une forme de sélection naturelle, il faut juste savoir laisser disparaître ce qui est voué à disparaître. Sur un point, je suis tout à fait d’accord avec l’auteur, il ne faut jamais avoir peur de se séparer de quelque chose. Mais inutile de le justifier.

    L’exemple type de système chaotique avec sélection est le nourrisson. Il ne sait rien et n’a aucun a priori. Il va tout tenter, de façon plus ou moins aléatoire selon ses capacités (et tout de même sous surveillance des parents), et il sélectionne entre ce qui a, et ce qui n’a pas, d’intérêt. Sans pour autant théoriser ses actes, et tout en gardant suffisamment de chaos pour créer, tester de nouveaux gestes, de nouvelles expériences. On apprend beaucoup à leur contact.

    Sinon, concernant les vêtements, comme c’est aussi le sujet. Ce rapprochement avec BG sera sans doute une chance pour l’auteur de découvrir plein de nouvelles façons de s’habiller au-delà des basiques (en particulier ce dernier « Bon Look » de Luca sur 5 pièces fortes) et tout l’intérêt des pièces en synthétiques, qu’affectionnent tant Benoît.

    « Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos. » (F. Nietzsche, cité dans le Principia Discordia).

    Gouhouf

    PS : Concernant la question des déchets, j’essaye de les limiter au maximum. Mais difficile de trouver de vrais conseils sur le sujet. Hors quelques banalités (comme toujours refuser les sacs plastiques), on tombe généralement sur des gens qui vivent dans une autre galaxie où l’on peut venir avec son jerrican pour le remplir d’eau minérale. Pour le lait, par exemple, je ne connais à proximité immédiate aucun fournisseur, qui ne le vende pas en bouteille…

  • HyppoK

    Excellent article! Merci pour ce partage Grégory.
    Je m’étais lancé dans cette démarche de désencombrement de mon quotidien afin de me détacher des choses matérielles. Pas évident du tout et j’ai encore des choses à apprendre et du chemin à parcourir. Je retiens qu’il vaut mieux privilégier de loin la qualité à la quantité!
    Bonne année 2017 à tous.

  • Alcandre

    Pour ce qui est de la relation aux objets, on retrouve une préoccupation contemporaine où l’usage prime sur la propriété, et je trouve cette idée très séduisante.

    C’est mener une vie de moine : posséder le strict minimum, et pour le reste, trouver les ressources nécessaires dans chaque situation, dans l’occasion elle-même. Mais il me semble qu’il y a une limite : les moines peuvent posséder personnellement très peu, car les monastères leur fournissent tout le nécessaire. Transposé dans notre vie moderne, cela donne : je peux ne pas avoir de montre, car la société me fournit l’heure partout.

    Je délègue en quelque sorte la possession et l’entretien des objets sur les autres. Je ne m’en préoccupe pas, je laisse les autres s’en préoccuper pour moi. Et ce n’est pas injuste, car d’autres peuvent éprouver du plaisir à avoir une montre et donner l’heure aux inconnus qui la leur demande 🙂

    Quelque chose m’étonne dans cet article, c’est le lien que vous faites entre la possession minimale et le développement personnel. Surprenant, donc intéressant !