Dossier : Le workwear américain aujourd’hui et sa démocratisation

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Disclaimer : Après une première partie sur l'histoire et les influences du workwear américain, Milone récidive, et s'intéresse cette fois à la démocratisation actuelle de ce style. En prime, ils vous livre quelques marques intéressantes, et distille de précieux conseils.

La démocratisation du workwear américain

Au XIXème siècle, les vagues d'immigration vers l'Amérique amenèrent principalement des Européens ; pour la plupart pauvres, et n'ayant d'autres tenues que celles avec lesquelles ils travaillaient.

Certes, cet apport est bénin d'un point de vue style, mais dans l'inconscient collectif, ce phénomène a permis de pouvoir porter au quotidien une tenue pourtant réservée au travail.

Immigrés Ellis Island

Des milliers d'émigrants arrivaient d'Europe par bateau, accueillis par la Statue de la Liberté, qui était la première chose qu'ils voyaient en arrivant.

Le workwear américain des années 30 aux années 50

Par la suite, avec la Grande Dépression, de nombreux travailleurs se sont retrouvés démunis et ont quasiment tout perdu. Le début de la démocratisation de la photographie a entraîné la circulation d'énormément de clichés, ce qui a contribué à faire connaître les tenues des travailleurs nord-américains. Et le début du cinéma, avec ses westerns, a fini de populariser le workwear américain au sens général du terme.

Dans les années 50, le cinéma, ainsi que la littérature, ont propagé l'image d'un rebelle, révolté contre le monde aseptisé des 30 Glorieuses. Les clichés étaient légion - des cow-boys et des motards - avec de grandes figures comme Marlon Brando, James Dean ou John Wayne. C'est le début de la mode du « blue jeans » et du blouson en cuir. On ne parlera pas des célèbres Santiags...

John Wayne

A l'instar de Clint Eastwood, John Wayne fait partie de cette génération d'acteurs qui ont popularisé la figure du cow-boy du Far West. Les spectateurs n'avaient plus qu'à en reprendre les codes.

Le workwear américain entre 1960 et 1990

Arrivent ensuite la déferlante du rock et ses codes vestimentaires : les jeans, plus ou moins larges selon les courants musicaux et l'époque, le manteau en cuir ou en denim, et surtout les premiers détournements du vêtement de son usage original. Ils se font non seulement par le « consommateur », qui achète et détourne des pièces pour son usage quotidien, mais aussi par les marques.

Dès lors, ces dernières proposent des fringues avec des coupes plus « dans l'air du temps », certains produits devenant des classiques de la garde-robe. Le tee-shirt remplace la chemise de papa, se dote d'imprimés, de slogans, et devient le prolongement « de soi » pour affirmer au reste du monde ce que l'on est, ou voudrait être.

ramones devant le CBGB

On peut noter que les jeans commencent déjà à être plus fittés, de même que le tee-shirt, qui est maintenant habillé de motifs. Ces silhouettes sont très représentatives du style rock des années 70.

Avec les contestations des 60's / 70's, le vêtement militaire, complètement détourné de sa fonction première, devient une manière d'affirmer son opinion politique ou sa façon de vivre. Au fil des années, les modes passant, le jean est également devenu un incontournable, perdant au passage son caractère rebelle pour celui plus policé de hype.

Dans les années 90, le hip-hop new-yorkais met au goût du jour certaines marques de workwear comme Carhartt, Timberland ou Caterpillar. Ces marques s'empressent de profiter de cet engouement pour développer des gammes de vêtements dits « urbains », ce qui revenait souvent à revisiter certains de leurs classiques pour pouvoir les intégrer plus facilement à ses looks, tant dans la vie de tous les jours que dans des pratiques urbaines (comme le skate ou le BMX).

Streetwear des 90's

Petit aperçu du style hip-hop des 90's : les tee-shirts et les jeans se portent plus larges, mais aussi plus longs ; les têtes sont coiffées d'une casquette ; et les Yellow Boots de Timberland étaient effectivement des chaussures très populaires.

Les années 2000 : un nouveau tournant pour le workwear américain

Au milieu des années 2000, un certain engouement pour l'American Heritage commence à se faire de plus en plus présent.

La gentrification (phénomène d'embourgeoisement) de certains quartiers de grandes agglomérations américaines et canadiennes apporte une nouvelle faune urbaine.

La présence de classes sociales plus aisées se matérialise alors par des shops de produits artisanaux, de cafés « à l'ancienne », de barbiers en chemises de flanelle, de magasins de vêtements proposant des produits encore has been quelques années auparavant, ainsi que de nombreuses petites marques fabriquant des produits classiques et qualitatifs.

gentrification Harlem

Avant, Harlem était un ghetto afro-américain où sévissaient la drogue et la criminalité. Mais ça, c'était avant !

Celles-ci se partagent le marché, parallèlement aux marques "traditionnelles" qui reviennent sur le devant de la scène avec un certain succès (qui s'explique notamment par leur histoire, et leurs produits parfois fabriqués de manière artisanale). Certains pièces sont devenues des classiques ces dernières années, comme la "Moc Toe" de Red Wing que nous avons déjà citée, autant portée par les fans purs et durs du denim, que par les hipsters barbus de Brooklyn.

Le « made in USA » est redevenu un gage de qualité aux yeux des fans ; tout comme le « made in Canada », si cher à Viberg et aux mecs de Naked & Famous / PaulRose Products.

Comme l'artisanat s'est perdu avec l'industrialisation et la mondialisation, beaucoup de produits sont aujourd'hui fabriqués au Japon. Ce savoir-faire y est toujours disponible, tant dans les matières que la conception.

métier à tisser selvedge

Ce genre de métier à tisser la toile selvedge (vous êtes maintenant incollables là-dessus) se trouve aujourd'hui en très grande majorité chez nos amis nippons.

Le workwear américain aujourd'hui

Le terme « workwear » est parfois utilisé à tort et à travers, nous y mêlons autant le pur look « à l'ancienne » que des choses d'univers différents.

Certaines pièces qui étaient à l'origine des vêtements de travail uniquement, comme le jean ou la parka, ont perdu en partie cet aspect typiquement workwear pour devenir des classiques de toute garde-robe actuelle. Quelques fois même devenant des pièces haut de gamme et / ou de tailoring, comme les trenchcoats.

Trenchcoat 1ère GM

Avant de devenir une pièce tailoring, le trench était avant tout porté par les militaires britanniques de la première Guerre Mondiale.

Les marques de workwear américain à l'esprit vintage

Une multitude de marques proposent des produits de qualité, à l'identité très marquée, classiques et rétros, qui permettent de retrouver un certain esprit vintage. On peut par exemple citer Post Overalls, Mister Freedom, Nigel Cabourn, RRL ou parfois Engineering Garnement.

Ce sont des pièces généralement très difficiles à inclure dans un look, à moins de déjà avoir une idée de ce que l'on veut, et une garde-robe suffisamment fournie.

Les coupes sont le plus souvent larges, confortables et extrêmement travaillées, de manière à être le plus proche possible des modèles originaux. Elles puisent leurs inspirations dans des pièces vintage historiques, souvent réinterprétées dans des matériaux classiques et / ou actuels.

veste inspi bucheron hyper pointue

Modèle Cabourn, parfait pour les espaces enneigés ! Notez le travail réalisé sur les couleurs, les matières et les volumes, mais qui rendent un peu compliqué le port de cette veste.

Les marques de workwear américain traditionnel

D'autres marques typiquement workwear font des vêtements plus faciles à porter, comme Carhartt ou Filson. Elles ont des labels « urbains » ou casual, plus adaptés aux tenues du quotidien, tout en gardant cet aspect « vêtement de travail » propre à leur histoire.

Elles présentent globalement un très bon rapport qualité / prix, il est d'ailleurs intéressant d'y jeter un oeil si vous cherchez une pièce bien précise, ou durant les soldes. D'autres marques sont totalement inconnues chez nous, comme L.L.Bean dont nous vous parlions dans la première partie de l'article, car elles sont peu ou pas distribuées en Europe.

Il existe ensuite une multitude de petites marques d'inspiration casual, preppy, workwear voire streetwear (rayez la mention inutile) qui proposent de très belles choses. On peut citer Noble DenimPenfield, Save Khaki, Saturdays, Deus Ex Machina, etc., la liste est longue !

chemise saturdays

Cette chemise en flanelle Saturdays s'intégrera sans souci à bon nombre de vos looks. Pas besoin d'en faire trop, un joli jean brut peut suffir !

Ces marques sont sans doute la meilleure alternative pour débuter, car vous pourrez très facilement les inclure dans divers styles et univers, et leurs pièces sont pour la plupart faciles à porter. De plus, beaucoup de magasins en Europe proposent pas mal de ces marques, ce qui vous évite facilement d'avoir à payer des frais de port excessifs (et éviter nos amis douaniers par la même occasion).

Je suis obligé de faire une parenthèse sur le monde du denim et de la boots. 

Les USA et le Canada ont de très bon fabricants de jeans : en dehors des « 3 historiques » que sont Levi's, Lee et Wrangler, et de leurs lignes « vintage » ou « heritage » (qui sont les seules vraiment intéressantes : LVC, Lee 101...), une multitude de petits fabricants passionnés existent.

Regardez du côté du demi-dieu Roy Slaper, ou des marques comme Baldwin, Stevenson, Left Field, Imogène & Willie, Rogue Territory, 3sixteen, ou encore Apolis, où l'on peut trouver des jeans taillés dans une toile de chez Cone Mills - dernière fabrique de denim de qualité aux US - ou en toile japonaise.

Cone Mills usine

L'usine Cone Mills existe depuis maintenant plus de 100 ans. Fondée par des immigrés européens, elle perdure depuis les années 1890.

Ces marques proposent un travail de passionnés qui mérite qu'on s'y penche, d'autant plus qu'il y a d'autres produits que du jeans, comme des chemises en chambray ou diverses vestes et accessoires. Je vous conseille de lire le très bon blog RawrDenim qui vous permettra non seulement de découvrir quantité de ces marques, mais aussi des shops qui valent le détour. Leurs articles sur l'univers du denim et son histoire sont très intéressants.

Et pour vos futurs achat, jetez un coup d'oeil à leur « denim finder » pour trouver ce dont vos cuisses rêvent. Pour les boots, peu de nouvelles marques ont explosé le marché, en dehors de Yuketen dans une moindre mesure. Les marques historiques continuent de s'assurer la plus grande part des clients.

Denim finder

Petit aperçu du "Denim Finder", regardez tous les critères de sélection proposés ! C'est le genre d'outil particulièrement utile lorsque l'on sait ce que l'on veut, mais qu'on ne sait pas où se le procurer.

Cependant, quelques petites productions artisanales proposent des produits de haute qualité, chers il est vrai, mais increvables : Viberg, White's, Wesco et Danners, mais faites attention au sizing !

N'hésitez pas si vous avez l'occasion de les essayer, car bien souvent ces boots sont oversizées. Cela s'explique par le fait qu'à l'origine, si vous avez bien suivi, elles sont destinées au travail en extérieur, et donc portées avec de grosses chaussettes.

Pour un usage « urbain », il vous faudra donc downsizer d'une taille, voire parfois d'une taille et demi. N'hésitez pas à mettre des embauchoirs lorsque vous ne les portez pas, et pour finir, sachez qu'elles sont pour la plupart ressemelables. Un bon cordonnier pourra changer la semelle assez facilement ; vous pourrez même changer la semelle originale pour une autre, histoire d'avoir votre paire de Moc Toe customisée, qui attirera tous les regards dans les soirées de l'ambassadeur.

Pour aller au bout du délire, Baker's propose un système que les fans de sneakers connaissent bien : la personnalisation. Comme avec Nike ID, vous pouvez faire votre propre paire de boots selon vos envies, avec une minutie de détails incroyable.

Baker's personnalisation

Note de Rafik : j'étais assez sceptique quant à la personnalisation des boots, surtout au niveau des critères proposés. Finalement, je vous invite vraiment à aller y jeter un oeil, vous trouverez pas mal d'options intéressantes.

Comment porter le workwear américain ?

Je finirai par parler des fabricants d’accessoires qui sont à même de vous intéresser, que ce soit une ceinture, un sac, un bracelet, ou autre. Les nombreux artisans américains et canadiens sont à même de vous satisfaire avec des produits haut de gamme, ayant un caractère parfois très affirmé et brut, comme Tanner Goods, Makr Carry Goods, Archival, Property Of, The Hills Side, etc.

Vous pourrez en prime y trouver des pièces de décoration intérieure assez intéressantes, et dans certains cas, de petites choses comme des colliers en cuir pour votre meilleur ami Médor, histoire de pouvoir matcher avec vos boots préférées. Pimp my dog !

étui carte de visite en cuir

Pour reprendre l'exemple de Tanner Goods, vous y trouverez de très beaux accessoires (et originaux) comme cet étui à cartes de visite en cuir patiné.

À cause de clichés, beaucoup de personnes appréhendent l'univers du workwear US. Mais sans tomber dans le pur look / lifestyle workwear, quelques pièces bien choisies peuvent donner du caractère à une tenue un peu fade, notamment en jouant avec les matières. En effet, comme une attention importante est portée aux tissus, cuirs et toiles, une multitude de textures est proposée, permettant même d'avoir une tenue totalement monochrome (vive l'indigo !) sans être tristounette.

Et si les pièces sont chères, la qualité est au rendez-vous (généralement...). Avec le temps, un jean, une chemise en oxford, ou une ceinture en cuir d'horween vont vieillir, et prendre encore plus de caractère. À ce propos, le workwear est l'un des seul univers, avec le look punk à chien, où la fringue n'a pas de date de péremption. Pas de prise de tête comme votre copine pour savoir si cette saison, le bleu canard est has been ou non !

Bien au contraire, un jean défoncé, ou une paire de boots au cuir patiné vont renforcer l'allure générale. Alors avec le recul, achetez une sape qui peut paraître hors de prix pour le mec qui s'habille habituellement dans les magasins de centres commerciaux péri-urbains, car c'est presque comme un investissement à long terme. Particulièrement si vous choisissez des choses classiques que vous pourrez porter dans d'autres style (chemises oxford, chinos, etc.).

jean délavé 26 mois

Après deux ans de port, ce qui était initialement un jean brut est devenu un modèle avec un très beau délavage, il n'y a qu'à regarder les marques avec différent types d'usures. D'où l'intérêt d'investir dans une belle pièce qui vieillira bien 🙂

Et aucun besoin d'avoir la carrure d'un trappeur de ragondins, ou les bras tatoués de l'adhérent d'un quelconque club de fan de motocyclettes personnalisées.

Il suffit simplement de faire attention et de bien choisir ses pièces, de savoir les mixer ensemble, et surtout d'être à l'aise dans sa paire de boots.

Prenez donc le temps de regarder des lookbooks, traînez sur les blogs dédiés, passez votre temps de travail sur Tumblr, achetez des magazines comme Inventory... Emmagasinez des images et faites vous une idée de ce qui vous plait, et de comment vous pourriez le porter !

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  • Thibault

    D’accord, merci tout le monde 🙂

  • RafikBG

    Merci pour ton apport Lionel !

  • Lionel

    Pour un premier jean je suis à moitié d’accord avec toi. Je connaissais déjà ma taille, je fais du 29, en prévoyant qu’il bouge pas mal au niveau de la taille. Et les tailles de chez Gustin correspondent tout à fait. Par contre j’aime les modèles straight, et j’ai du donc les faire refaire au niveau des cuisses ! Mais je le savais déjà.

    Ce que je veux dire c’est que si tu connais ta taille, et que tu sais ce que tu veux, acheter chez Gustin ne posera pas de problème. Pour corriger Julien ci-dessous, j’ai déjà effectué 2 annulations, et j’ai été remboursé sur ma carte VISA sans soucis. Je discute souvent avec les responsables et ils sont géniaux. Aussi non, les jeans bruts de chez Levi’s sont corrects. Et ils proposent aussi du selvedge, mais ca taille grand et les prix montent rapidement (trop) 😮

    Bonne journée !

  • Jean-Gilles Arpajou

    Tu peux regarder les marques de workwear japonaises. Généralement il faut upsizzer de une voir deux tailles chez eux. Et ils proposent des choses très interessantes.

  • JulienB

    c’est pas tout à fait vrai, ils acceptent les retours mais n’en parlent pas.
    Et ils sont d’ailleurs plus que compréhensifs.

    En plus ils sont créé une page « stock » (je ne sais pas si tout le monde y a accès ou pas) où justement ils vendent le matos qui leur est revenu.

    Seul truc ils remboursent sur votre compte sur leur site, mais pas sur votre compte en banque 😉

  • c’est pas faux, hélas

  • DrFlanagan

    Le workwear malheureusement inaccessible aux petites tailles… Aucune marque ne taille assez petit (XS americain) et les pièces sont du coup très dures à trouver …

  • BenoitBG

    Oui, on veut dire de « bonne qualité » ! Merci beaucoup pour la précision !

  • orangesanguine

    j’ai pris beaucoup de plaisir à te lire 🙂
    énorme Baker’s ! merci pour toutes ces découvertes

  • Lionel

    Salut « Guest » 🙂

    J’ai longtemps cherché diverses marques de jeans proposant des modèles uniques, de bonnes factures et évidemment de qualité robuste; et voulant sortir du cercle Levi’s, Lee, Wrangler et PAP, je me suis tourné vers Gustin, BG en a fait le test ici

    https://www.bonnegueule.fr/test-le-jean-gustin-finance-par-le-crowdsourcing/

    J’ai déjà le modèle Heavy American, qui est jusqu’à aujourd’hui le plus beau jean et plus qualitatif que j’ai eu .. Et bien sûr tout comme toi je ne veux pas me ruiner non plus. Leurs jeans sont vraiment uniques car à chaque « fournée » ils sortent un jean comme pas deux: comme pour la composition de la toile (parfois avec du chanvre) ou la couleur d’une des 2 trames.

    La moyenne d’un jean chez eux est de 90$, ce qui équivaut au jour d’aujourd’hui à 71€, ce qui est meilleur marché que des Lévi’s et pourtant un cran au dessus au regard de la qualité de la fabrique (je te passe la trame selvedge sur les passants de ceinture :D). Livraison et frais de douane en plus (car les jeans sont livrés de SF), tu arrives à 120 euros. Moins chère que les 220$ de ton lien sans compter livraisons et éventuellement frais de douane. Soi minimum 175€ !

    Aussi non, Balibaris fait de bons jeans, qui ont aussi été testés par les soins de BG, sans oublier Naked & Famous. Personnellement j’ai été conquis par Gustin, mais ayant déjà 2 jeans de chez eux, je vais maintenant m’orienter vers un jean gris et un jean noir.

    J’espère t’avoir aidé ! Bonne journée