Vêtements mythiques des Etats-Unis (partie 3/3) : 8 manières de porter le style Ivy League

Temps de lecture : 12 minutes

Bill Murray Moonrise Kingdom
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Ça finit en douceur.

Après la Partie I (c'était : Le Tailoring américain existe-t-il ?) et la Partie II (Aux Sources de l'Ivy League Look, né des campus américains), voici l'apothéose modeste que je vous propose : du tangible, du palpable, de l'appréciation en trois dimensions, de l'Ivy à porter !

Pour déguster ce dessert, pourquoi ne pas opter pour L'Essentiel de Dave Brubeck.

Malgré les connotations de "sang bleu" du style Ivy League, il y a chez moi comme une propension naturelle à vouloir ressembler à ces mecs.

Chausser les Weejuns et traîner ma nonchalance dans tous les coins du monde. Dans mon sillage, comme des exhalaisons de cool du matin au soir.

Pas vous ?

Bon, même si vouloir s'habiller comme ces mecs, c'est déjà faire l'aveu de son incapacité actuelle à atteindre ce niveau de cool. Toutefois, cela ne nous empêche pas d'essayer.

Mi-figue mi-raisin

Tenue #1 : le meilleur de tous les mondes

Andy Spade americana Ivy League look

Andy Spade et son sourire carnassier

Attention, un objet incongru s'est glissé dans cette photographie. Saurez-vous deviner lequel ?

Eh oui... il s'agit bien de cet haltère vert pomme posée négligemment sur cette pile de livres, comme pour dire qu'il est aussi important de muscler son corps que son esprit. C'est un objet de décoration plutôt étrange compte tenu de l'ambiance alentour.

Bref.

Si Andy Spade a une manière très à lui de sourire, au moins emprunte-il son style à l'Amérique. Et pas n'importe laquelle. On retrouve la sobriété générale de la mise, exprimée par des couleurs simples et universelles et dont le support, la matière, est épais, brut et franc.

C'est du cuir, du denim, du tweed pour les pièces qui structurent la silhouette.

Suffit ensuite de posséder une magnifique maison sans pareille à la décoration raffinée et bourgeoise et on se transforme en type intéressant. La vie, c'est facile.

Sélection

Veste sport Beams Plus, chemise Kamakura, cravate Drake's, chaussures Carmina, jeans Orslow

Veste sport Beams Plus, chemise Kamakura, cravate Drake's, chaussures Carmina, jeans Orslow

Alternatives Ivy

Tenue #2 : À l'aise partout

Le trentenaire urbain branché.

Chromatiquement, c'est un peu pauvre. Non mais c'est vrai, du bleu, du bleu, du noir, du blanc.

Mais cela n'empêche pas cette tenue d'être rudement stylée, en plus d'être pratique et contemporaine.

Le lien avec l'Ivy, c'est bien sûr les mocassins. La meilleure manière de les porter, c'est tout le temps. En fait, prenez-vous une paire bien confortable et pas trop chère : un cousu Blake pour le confort plus immédiat et portez-les avec autant d'acharnement qu'un jean brut. Bon, ces mocs ne vont pas se délaver à l'instar de la toile de denim mythique mais au moins allez vous vous différencier de bien belle manière de la foule en sneakers blanches.

De plus, cela ajoute un peu de charme à vos tenues de tous les jours.

(Et au fait : l'association jean - droit, de préférence, pour plus d'Ivy - et mocassins fonctionne à merveille !)

Sélection

Pantalon Editions M.R, Veste en denim NN07, Loafers Orban's, lunettes Baars, chemise Swann&Oscar

Pantalon Editions M.R, Veste en denim NN07, Loafers Orban's, lunettes Baars, chemise Swann&Oscar

Alternatives Ivy

Porter le madras sans passer pour un réac'

Certains comportements sartoriaux sont très Ivy.

Comme par exemple porter une chemise en oxford avec un col boutonné assez généreux et une cravate club. Ça c'est très Ivy. Ou alors, porter ses loafers avec une pièce de monnaie coincée dans l'œil du plastron et avec des chaussettes écrues et un chino beige.

Ça c'est vraiment très Ivy.

Ou alors, et après je m'arrête, porter une chemise oxford rose button-down avec un smoking et un nœud papillon club. Plus Ivy tu meurs.

Et porter le motif madras fait partie de ces choses vraiment très Ivy.

Trop Ivy peut-être ?

Non, c'était un piège, on n'est jamais trop Ivy.

À l'origine, le madras, nous vient du village portuaire indien du nom de Madraspatnam. On y tissait à la main la fameuse étoffe multicolore, avec du coton et de la soie. Les anglais se sont chargés de la distribution en Europe et jusqu'aux Bahamas, lieu de vacances des étudiants américains. C'est la rencontre entre ce tissu exotique et l'Ivy League.

Sur le plan du style, superbe motif que le madras, mais difficilement domptable. Je n'aime pas le considérer comme un tout dans une tenue, c'est-à-dire que malgré la complexité de son motif, il ne se suffit pas à lui-même. Il ne vibre jamais mieux que s'il fait écho à une autre pièce, est pondéré par elle ou l'encanaille.

C'est pour cela que j'aurais bien du mal à le porter en veste, comme un enfant turbulent sur les épaules, ou encore en pantalon comme le génial Bill Murray ci-dessous :

Pour un personnage de film, le madras exprime l'excentricité. Ou l'attachement stérile à des valeurs qu'on n'incarne plus. Pour Wes Anderson, il s'agit là de montrer au spectateur la déchéance psychologique (et physique) du personnage joué par Bill Murray, par le simple contraste entre le motif madras censé symboliser la réussite de la jeunesse des campus de l'Ivy, et le comportement du personnage.

Mais l'enjeu pour nous qui ne sommes pas dans un film, c'est de s'approprier ce motif pour le rendre aussi normal sur nous que n'importe quel autre vêtement un peu coloré. En faire un choix stylistique possible parmi tous les possibles.

Tenue #3 : N'avoir peur de rien

Nick Wooster madras beige cravate chambray

Nick Wooster, moustache bien en place, cigarette prête à être dégainée, main dans la poche pour se donner de la contenance, le regard fixé sur ses statistiques Instagram.

Elle est riche d'enseignements cette tenue. L'association de couleurs de la veste sport et du cargo : le beige de l'une et le marron de l'autre sont proches et même un peu trop peut-être. Le contraste, dans l'absolu, n'est pas suffisant. Mais cela fonctionne pour plusieurs raisons :

  1. La première, c'est que nous n'avons pas besoin d'un contraste fort en plus de celui que présentent déjà la chemise et la cravate ensemble.
  2. La deuxième, c'est qu'ainsi l'œil se dirige plutôt vers le haut du buste et le visage du porteur. Cela simplifie l'information générale de la tenue.
  3. La troisième, c'est que cette association un peu bancale donne plus d'humanité à la machine Wooster, plus de charme même. On se dit qu'il n'y a pas réfléchi une heure avant de dormir la veille, que cela s'est fait spontanément.

Ajoutez toujours un élément un peu discordant si vous trouvez que votre tenue est un peu trop propre, trop parfaite. Une pochette inattendue, une ceinture qui n'est pas de la couleur exacte des chaussures, un foulard criard. C'est le léger déséquilibre d'une tenue qui donne le charme.

Sélection

Veste Gant, chemise J.Crew, cargo MAN 1924, pochette Pochette Square, ceinture Balibaris, lunettes Persol, cravate Brooks Brothers, brogue Grant Stone

Veste Gant, chemise J.Crew, cargo MAN 1924, pochette Pochette Square, ceinture Balibaris, lunettes Persol, cravate Brooks Brothers, brogue Grant Stone

Alternatives Ivy

Tenue #4 : Faire la roue

Grey Fox seersucker bleu croisé madras cravate

Le Grey Fox dans sa maîtrise des bleus et de l'art de faire semblant de ne pas nous voir.

Seersucker, madras, rayures, selvedge et croisé. Le Grey Fox a voulu placer tous les mots compte triple au Scrabble sartorial. Et c'est bien fait.

Je suis déçu parce que j'aurais voulu trouver la photographie en pied de sa tenue mais elle a été engloutie dans les abysses infinis du dark web.

Franchement, si vous écriviez à David ou Nicolò pour leur demander s'il était stylistiquement possible de porter une cravate madras rouge et verte et bleue et orange et violette, avec une chemise à rayures bâtons bleu et blanc sous un croisé bleu marine en seersucker et agrémenté d'une pochette d'un bleu azur à liseré selvedge rouge, quelle serait leur réponse ?

Probablement un mélange de haut-le-cœur et d'incrédulité.

Mais voyez. Voyez comme c'est beau, comme c'est soigné.

Ça fonctionne parce qu'il y a des rappels (le rouge du liseré avec celui de la cravate, le bleu azur de la pochette avec celui de la cravate), parce que les motifs de la chemise et de la cravate sont à échelle différente et que, de plus, celui de la cravate est fondu.

Voilà globalement. Périlleux mais la récompense est à la mesure du risque pris.

Sélection

Costume Officine Générale, chemise Boggi, cravate Brooks Brothers, pochette The Hill Side, loafers Meermin

Costume Officine Générale, chemise Boggi, cravate Brooks Brothers, pochette The Hill Side, loafers Meermin

Alternatives

Avec mon seersucker de rockeur

Tenue #5 : Porter le costume comme un t-shirt

Pourquoi c'est Ivy ?

Eh bien, d'abord parce que c'est un costume en seersucker. Ensuite parce qu'il porte des mocassins. Et, pour finir, parce que le costume est un deux boutons et demi.

Autre chose : il n'y a rien qui vous choque ? Le truc que BonneGueule vous a toujours dit de fuir comme la peste mais que, pourtant, notre ami Kamoshita fait sans scrupule. Eh oui, vous avez deviné : il a un bout de salade entre les dents il n'a fermé que le dernier bouton du bas de sa veste.

Horreur.

Damnation.

C'est pour donner une saveur plus personnelle à l'ensemble. Je ne le conseille pas. Ça ne fonctionne jamais. À part sur lui, et encore, je n'en suis même pas convaincu. Alors que je suis un de ses plus grands fans.

Remarquez comme les revers de la veste s'épanouissent, sont généreux comme son sourire est espiègle ; la hauteur des revers du pantalon sont en harmonie avec l'ensemble ; la taille du col de la chemise est proportionnelle à la largeur de la cravate qui présente un motif intéressant.

Je le veux dans mon équipe.

Sélection

Costume Drake's, chemise Berg&Berg, loafers Velasca, cravate Post Imperial

Costume Drake's, chemise Berg&Berg, loafers Velasca, cravate Post Imperial

Alternatives

Tenue #6 :

Carlos Castillo Jorge Navares pitti seercucker jacket white bucks

"HAHAHAHA Le style Ivy ? Qu'est-ce que c'est que le style Ivy ? Nous on ne choisit pas nos vêtements, c'est les vêtements qui nous choisissent. Alors, du vent."

Laissez-moi vous présenter Carlos Castillo et Jorge Navares.

Ils ne portent pas le même nom mais se ressemblent comme deux gouttes de chardonnay d'eau. Comme Zooey Deschanel et Katy Perry. Comme Gandalf et Magneto. Comme Matt Damon et un pote à moi. Je crois bien que ces deux-là sont cousins ou quelque chose comme ça. J'ai fait des recherches, si, si, mais c'est un peu vague.

Comme s'ils avaient honte.

Bref !

Nous nous intéressons ici à la tenue de droite. Celle de Carlos, le directeur créatif de MAN 1924 dont M. Navares (en face de lui) est le CEO je dirais à son regard chaloupé.

Voilà pour moi une bonne manière de porter le seersucker : en veste et point final.

Ici, elle est croisée mais cela n'apporte pas grand chose. Une droite suffit, comme je vous propose ci-après.

J'aimerais que vous appréciez un peu les proportions de la tenue de Carlos. Le pantalon est droit et ample mais gentiment vous voyez, en douceur. La veste n'est pas trop étriquée. Maintenant, imaginez Carlos dans les mêmes vêtements mais vraiment ajustés. Vous pensez que cela aurait le même cachet ?

Non.

Donnez de l'ampleur à vos vêtements ! Ça vous rendra service.

Sélection

Veste Beams Plus, chemise Berg&Berg, cravate Shibumi, pantalon Scavini, white bucks Brooks Brothers

Veste Beams Plus, chemise Berg&Berg, cravate Shibumi, pantalon Scavini, white bucks Brooks Brothers

Alternatives

Du vent dans les cheveux

Tenue #7 : Vivre la vie qu'on mérite

Paul Newman en train de s'interroger sur des problèmes métaphysiques.

Il est 15h18, je suis au bureau de BonneGueule à Paris, et il fait une bonne cinquantaine de degrés.

Celsius ouais.

Il y a de fortes chances pour que, à l'heure où vous lisez ces quelques lignes, il fasse une chaleur de tous les diables chez vous également. Prenons donc une minute pour nous imaginer à la place de Paul Newman, sur la proue de cette modeste embarcation, dans les mêmes fringues.

...

Bah, je sais pas vous, mais de mon côté, j'y étais.

Concernant sa tenue, il s'agit là de fringues très Ivy aussi. L'Ivy rudimentaire, le sportswear Ivy, casual au possible. C'est pas une mauvaise tenue pour ne rien faire. Mais ce n'est pas non plus une mauvaise tenue pour faire des choses.

Au niveau des couleurs, c'est une sorte de non choix, et c'est en cela que c'est assez remarquable. C'est l'homme qui veut vivre avec la nature, celui qui ne veut pas se faire remarquer mais il veut lui remarquer ce qui l'entoure. Eh oui, c'est une tenue d'esthète, de conquérant, d'homme des grands espaces.

Sélection

Sweatshirt Albam, montre Seiko, chino Norse Projects, sneakers Asahi, lunettes Randolph, chaussettes Democratique Socks

Sweatshirt Albam, montre Seiko, chino Norse Projects, sneakers Asahi, lunettes E.Tautz x Kirk Originals, chaussettes Democratique Socks

Alternatives

Tenue #8 : Faire ce qui nous chante

Andy Spade encore avec un visage dont il a le secret.

Sur une échelle de 1 à Andy Spade, vous êtes à la coule comment ?

Bon, j'en conviens. Peut-être que posséder un domaine vinicole dans la Napa Valley peut aider à réussir un tel look. À la fois, je trouve cette tenue d'un lâcher prise total, autant d'un autre côté, je la trouve géniale d'insolence et d'irrévérence.

Je ne vous conseille pas particulièrement de porter cette exacte tenue qui ne va qu'à lui, voire même pas. Toutefois, le combo à conserver, c'est bien chemise oxford button-down, bermuda et grosses sneakers. La ceinture ajoute de l'Ivy. Comme si on n'avait pas encore compris.

Sélection

Chemise Gitman Vintage, ceinture Brooks Brothers, sneakers New Balance, bermuda Scavini

Chemise Gitman Vintage, ceinture Brooks Brothers, sneakers New Balance, bermuda Scavini

Alternatives Ivy

Tenue #9 (BONUS) : L'Ivy British

Vous le savez maintenant , l'apport du Royaume-Uni à l'Ivy League Look est colossal.

À ce propos, connaissez-vous John Simons ?

C'est un influenceur, curateur et directeur de magasin ayant débuté sa carrière dans les années 60. En fait, il a copié les vêtements de l'Ivy League Look... ce qui est assez ironique puisque les Américains se sont largement inspirés de la Grande-Bretagne pour développer le style Ivy. Mais je me répète.

En tout cas, ce que John Simons a fait, c'est de le démocratiser au plus grand nombre. Très lié au monde de la musique et aux sous-cultures, il a influencé les suedeheads, les cousins plus élégants des skinheads.

La bonne nouvelle, c'est que John Simons a désormais un e-shop sur lequel je vais bientôt commander à condition que je ne flambe pas tout ce que je possède dans des vacances au-dessus de mes moyens.

Un film, John Simons - A Modernist (dont voici la bande annonce) a été tourné. Le réalisateur, c'est Jason Jules un enthousiaste du style Ivy et mannequin vedette pour Drake's.

Pour venir à la tenue, c'est l'Ivy facile et intemporel. Suffit juste de troquer le parapluie pour une bonne vieille Triumph 500 TT et nous voici Harvey Mushman , rebelle et libre.

Vous n'avez pas besoin de moi pour réussir cette tenue. Il faut simplement une ouverture de jambe suffisante pour ne pas faire apparaître les pieds ridiculement grands. Mais c'est valable pour tous les pantalons ça.

C'est tout.

Sélection

Blouson Baracuta, chino J.Crew, t-shirt Uniqlo, Desert Boots Clakrs, parapluie London Undercover

Blouson Baracuta, chino J.Crew, t-shirt Uniqlo, Desert Boots Clarks, parapluie London Undercover

Alternatives Ivy

Le mot de la fin...

Classique.

Voilà le mot de la fin de cette Saga America.

Car "classique" est un mot grand comme un panthéon dans lequel entrent à jamais tous les vêtements mythiques ayant traversé les modes. L'Ivy League Look est de ceux-là.

Le blouson Harrington, le chino beige, le pull shetland, le col rond, la veste sport, les chemises à col boutonné, les mocassins sont pour moi des espèces de vérités générales qui s'emploient, comme des jokers du style, partout et tout le temps.

Et je voudrais vous partager les mots de David Coggins, auteur américain (ou plutôt new-yorkais !) et journaliste pour Condé Nast Traveler, Esquire et The Wall Street Journal, voix vibrante des bonnes manières et de la vie meilleure (telle qu'on peut la voir sur son compte Instagram @davidrcoggins) :

Dans “classique”, j’entends quelque chose de très naturel : les proportions harmonieuses et les idéaux du style masculin, qui n’ont d’ailleurs pas changé depuis longtemps. Le style classique, ce n’est pas seulement un costume confortable, ce sont des vêtements bien fabriqués, et qui font sens : qui révèlent qui vous êtes, l’image que vous voulez renvoyer. La vraie question, celle que devraient se poser tous les hommes, c’est “qu’a-t-on fait de meilleur dans le passé et en quoi cela fait-il sens avec qui on est, et la manière dont on vit de nos jours ?” Bien entendu, beaucoup de bonnes choses sont arrivées depuis : les matières plus légères, un nombre croissant de tailleurs, le fait qu’on puisse porter une veste déstructurée avec un jean… et être chic !

David Coggins costume corduroy bleu americana

L'auteur David Coggins qui pose chez lui.

Je suis d'accord avec David Coggins.

Souvent, dans la tête d'autrui, ce qui est classique a un pouvoir narcotique et une odeur à fuir, de rance et de poussière. Le classique pour beaucoup, ce sont les années, les errements stylistiques de nos grands-pères, l'austérité, la naphtaline et l'oubli. Porter la naphtaline comme du Chanel N°5.

Mais pour moi, si on sait se servir du vestiaire classique tel que l'Ivy nous le sert, c'est une source de cool intarissable. C'est l'assurance de parvenir à charmer toujours.

Ce que j'aime dans les vêtements classiques, c'est qu'ils ne montrent pas les muscles bandés sous les chemises mais suggèrent plutôt les corps, parce que l'ampleur relative des vêtements est une marque de respect, une manière de se présenter comme un animal social et non seulement comme un animal tout court.

La dignité induite par une tenue est le meilleur des styles. Ne pas se déguiser, faire simple mais vrai. Et c'est justement ce à quoi on peut aspirer avec l'Ivy League Look et par extension avec le style classique.

Mais je m'étale beaucoup trop, veuillez me pardonner.

Ainsi s'achève la troisième partie qui vous aura été utile je l'espère. Tant que vous prendrez du plaisir à vous habiller et à le faire pour vous d'abord, alors vous atteindrez toujours l'authenticité, si chère à G. Bruce Boyer. Servez-vous du style classique comme d'une arme sûre, qui ne s'enraye jamais.

Portez-vous bien et à bientôt !

Jordan Maurin Jordan Maurin

Adepte des romans d’Ellroy et de Vian, j’essaie de vivre ma vie le plus artistiquement possible (comme le disait Glenn O’Brien). Fervent défenseur du pantalon blanc (Squarzi président !), j’aime le vêtement quand il donne confiance et ne déguise pas. Pour moi, s’habiller différemment, ça veut dire se donner le droit de penser différemment.

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