🎥 Style Ivy League : les secrets pour se l’approprier – GIMMICK #12

Temps de lecture : 6 minutes

homme en veste en denim et casquette bleu marine

Publié par le 26 mai 2021

Je n'irai pas par quatre chemins : jusqu'à ce qu'on me prouve le contraire, je considèrerai que le style Ivy League est le père du casual chic.

Et, selon moi toujours, le casual chic est sûrement le style le mieux adapté à notre époque : il est facile de trouver les bonnes pièces pour le composer, il ne choque pas ou peu, il s'adapte à la plupart des situations du quotidien.

Voilà. Ce sont autant de raisons de prendre le style Ivy League au sérieux.

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Dans cette vidéo, je porte :

Je le concède, le terme "Ivy League" peut paraître flou. Obscur même pour celui qui n'a jamais regardé The Social Network ou Will Hunting et ne connaît l'Amérique que par le prisme du western et du Coca-Cola.

Pour vous, j'ai écrit cet article dont la lecture vous fera instantanément passer du statut d'observateur distrait à connaisseur.

Vêtements mythiques des Etats-Unis (partie 2/3) : aux sources du look Ivy League, né des campus américains

Look 1 : la panoplie

Voilà une tenue composée comme une bonne salade Ivy !

On trouve beaucoup d’ingrédients du style : le polo de rugby, la chemise oxford sous le polo, à la Drake’s (pas le chanteur, la marque), le chino militaire coupé en short, les desert boots. 

Le polo de rugby est un symbole de l’Ivy car le sport est très présent dans ces universités. Le sport, comme les études sont un domaine dans lequel on exprime son très fort sens de la compétition.

Le polo vient plus de l’Angleterre. Mais les cultures sont poreuses. Les écoles se rencontrent lors de tournois sportifs. Les étudiants américains empruntent ailleurs ce qu’ils aiment et se l’approprient. 

Voilà comment le polo investit le vestiaire Ivy. De la même manière que le rugby investit les universités américaines.

On remarque que le short a été coupé aux ciseaux sans autre forme de soin. Et si je vous fais remarquer ça, c'est que c'est pour moi un autre symbole du style Ivy : esprit de débrouille, impétuosité comme ça qui se devine juste avec cet acte presque rebelle.

Si vous voulez accumuler les symboles Ivy, c'est possible mais attention à ne pas se déguiser ! L’astuce : il ne faut pas que ce soit trop propre. Regardez le short tout froissé, les boots toute sales. Ça a été porté. C’est sûrement vintage d’ailleurs. C'est comme ça qu'il faut faire.

Look 2 : L'Ivy du dimanche

 

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Ethan Newton est australien. Et sa marque, c'est Bryceland's & Co.

Mais Ethan Newton est surtout quelqu'un qui s'habille bien.

Et il le montre ici, avec un je-ne-sais-quoi de débraillé. C’est pile l’esprit de l’Ivy League.

Typiquement, c'est le genre de tenue que les étudiants des années 50 vont porter. Sans la cravate peut-être la semaine. Ils la mettent pour aller à l’église le dimanche. 

C’est avec ce genre de tenue que naît le casual chic. Cette manière d’associer des pièces formelles et décontractées : 

  • Chemise Oxford : casual à l’époque 
  • Blazer : un formel qui tire vers le casual car moins formel qu’un costume 
  • Chino : casual 
  • Mocassins : casual pour l’époque. Casual qui tire vers l’habillé. L’exact opposé du blazer. 
  • Cravate : formel mais pas la plus formelle des cravates. 

Voilà l’art de l’Ivy League. Un art de le décontraction vestimentaire. Et un art des associations jusque là inédites. 

En parlant d’inédit dans une manière citadine de s’habiller : parlons du chino militaire ! 

Il n’a pas vraiment sa place dans une université… sauf qu'en 1944, il y a la GI Bill qui finance les études universitaires de soldats américains. Et les soldats débarquent, si j'ose dire, avec leurs chinos. Voilà comment il entre dans le vestiaire Ivy. 

Parlons maintenant des mocassins ! C’est assez inédit là aussi de les porter dans des tenues citadines. 

On commence à les trouver en 1936 sur le campus de Yale. Le roi d’entre-eux, c’est le Weejun de Bass. Et c’est peut-être le plus gros symbole du style Ivy League. La raison de cette adoption c’est que les mocassins s’enfilent rapidement, pratique quand on est en retard au cours de physique quantique.

Si les étudiants aiment être élégants, ils veulent une élégance facile. Pas tirée à quatre épingles. Et c’est exactement ce qu’Ethan Newton nous montre ici.

Look 3 : l'irrévérence de l'Ivy

Trois pièces et de l’Ivy plein les veines. 

Les mocassins bien sûr. Et bon on voit les chaussettes qui ne sont pas si invisibles que ça. Ça n'est pas terrible je trouve mais c'est un détail et Henrik Sunde Wilberg est un tel magicien de la silhouette, que je ne saurais en faire cas.

La pop-over shirt en chambray, je ne sais pas bien si on peut la qualifier d'Ivy mais en tout cas, c'est une sérieuse candidate :

  • Un col américain, donc boutonné
  • La forme pop-over fait sport, un peu comme un polo.
  • Elle est dotée de poches, donc une chemise pas très formelle en somme.
  • La matière : le chambray. Je ne sais pas si on en trouvait sur les campus. Mais c'est assez proche dans le registre et l'utilisation d'un oxford.

Donc pourquoi pas !

Le pantalon à présent. Il est typique. Et on parle d'un motif madras.

Motif le plus audacieux du style Ivy League et peut-être même de l’histoire du motif au sens large !

Son origine est coloniale : Madras était une ville d’Inde rebaptisée Chennai en 1996. Le tissu est fait de soie et de coton et a été rapporté par les militaires britannique en faction en Inde. 

Comment il se retrouve dans l'enceinte des Universités de l'Ivy League ? Bonne question. C'est que les étudiants américains le découvrent pendant leurs vacances aux Bahamas dans les années 30. Il faut dire que les Bahamas sont alors contrôlés par le Royaume-Uni. Eh oui.

Pour parler du motif en temps que tel : on sait que le style Ivy est synonyme de discrétion, tempérance, couleurs faciles, aisance, nonchalance. 

Mais là on remarque qu'il peut être aussi assez irrévérencieux. Exubérant.

C’est l’affirmation du groupe par le vêtement. Groupe suffisamment fort pour se ficher des convenances. C’est une des voies vers le Go-To-Hell Look qui a mené au preppy et ses pantalons de couleurs, ses motifs brodés sur les pantalons etc. 

À cet époque, porter du madras, c’est chercher les problèmes. C'est l'équivalent des jeunes qui portent des jeans troués en 2010. Si on veut.

Au-delà de tout ça, je trouve que la tenue est très harmonieuse. Suffit de l’assumer. Posé avec son chien et un café.

Look 4 : l'Ivy, hier comme aujourd'hui

 

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On remarque une affluence de symboles Ivy que l'on peut emprunter : 

D’abord les blousons courts, sportifs, type Harrington ou varsity Jacket. C’est le blouson de la jeunesse. La Harrington a été portée par James Dean dans Rebel Without a Cause. Elvis Presley et Steve McQueen. C’est le blouson de l’aventure, la fougue, le mouvement. 

Ici c’est plus une bomber Jacket on dirait. Mais l’idée est là.  

Vous pourriez très facilement imiter la tenue de gauche pour un dimanche à la cool par exemple ? Veste Harrington claire, t-shirt marine, 501, sneakers et chaussettes claires. Rien de plus simple. 

On note que l’ampleur n’était pas forcément une règle. Et on observe comme ce jeune homme en jean blanc nous le montre avec conviction.

Au-delà de ça, deux choses sont intéressantes sur lui : 

D’abord le pull avec la lettre « P » brodée. Non pas qu’il s’appellerait Patrick mais c’est sûrement car on est à Princeton ici. Les habits aux couleurs des Universités sont portés par les étudiants et cela devient cool.

Ensuite les chaussettes de sport blanches avec des mocassins.

Quand je vous dis que les mocassins c’est décontracté !

Ce n’est pas une légende, les étudiants portaient leurs mocs avec des chaussettes blanches de sport. Pourquoi ? Parce que c’est de la nonchalance pure. On se lève du lit, on a dormi avec ses chaussettes de sport parce qu’elles sont confortables et on saute dans ses Weejuns et on détale. C’est tout. Faut pas chercher plus loin. 

Voilà des choses pour défier l’Ivy Leaguer qui sommeille en vous. 

 Look 5 : Jaune ivy

homme en chemise jaune, jean et Converse blanches

J’aime beaucoup les tenues de Sideadjuster.

J’y vois beaucoup de créativité. Un goût du risque. Et je pense qu’il a cet esprit Ivy League qui consiste à dire « je porte ça, et alors ? Vous allez faire quoi ? » Et je trouve ça très sain. 

Bref !

Il s’inspire beaucoup du vestiaire américain typique. Et l’Ivy League n’y échappe pas. 

La chemise oxford d'abord et surtout ! Et puis dans une moindre mesure le Levi's 501 et les Converse.

Le jaune était une des couleurs favorites des étudiants américains. Avec le bleu, le blanc bien sûr et aussi le rose et le vert. Des magasins de campus comme The Andover Shop, et la marque J.Press ou Gant, les leurs fournissaient.

La chemise jaune se porte très facilement. C’est un blanc cassé en mieux. Et comme nombre de couleurs tirent vers le jaune, c’est parfait. Comme par exemple l’orange qu’il porte et le vert de sa casquette. Tout converge vers le jaune. 

Même le liseré du jean...

Et si on ne peut pas dire que les Levi's 501 sont Ivy, au moins ils entrent dans le style americana et ont leur place à côté d'une chemise oxford ou de mocassins et de polos de rugby. Et Stéphane joue admirablement bien avec ça.

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Jordan Maurin

Adepte des romans d’Ellroy et de Vian, j’essaie de vivre ma vie le plus artistiquement possible (comme le disait Glenn O’Brien). Fervent défenseur du pantalon blanc (Squarzi président !), j’aime le vêtement quand il donne confiance et ne déguise pas. Pour moi, s’habiller différemment, ça veut dire se donner le droit de penser différemment.

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