[Hors Sujet] Mon voyage en Mongolie à moto (1/2)

Temps de lecture : 24 minutes

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En août 2017, j'ai parcouru la Mongolie pendant 3 semaines, à moto, sans tour operator.

Cela fait une éternité que je n'avais pas écrit un article ne traitant pas de mode, et c'est avec beaucoup de beaux souvenirs que je me suis replongé dans mes aventures.

C'est aussi un moment important pour moi, car vous vous apprêtez à lire le récit d'un voyage dont je me souviendrai toute ma vie…

Mes deux compagnons de voyage, Valentin et Dimitri

Valentin, le "super vagabond"

Vous avez déjà eu l'occasion de le voir sur BonneGueule, lorsque je me suis intéressé à son approche très radicale du vêtement.

Fondateur de la marque de thé matcha bio premium Kumiko Matcha, il est très sensible à son empreinte écologique en voyage et au fait de manger correctement (il est vegan).

Et évidemment, il adore l'aventure, c'est vraiment un truc en lui.

Dimitri, le "digital freelance nomad"

Dimitri est le meilleur ami de Valentin. Ce duo de choc est habitué aux voyages à moto bien rudes.

C'est un gros passionné des chiffres et de la data. Par exemple, il adore calculer la distance moyenne parcourue en une journée, et en déduire un rétro-planning.

Il ne veut pas être salarié et est donc freelance pour de petites entreprises. C'est quelqu'un qui fait preuve d'une grande pédagogie et il accorde de l'importance à la notion de dépassement de soi.

Le choix de partir en Mongolie

Nous avons hésité entre plusieurs pays : le Kazakhstan car une amie de Dimitri y vit, le Vietnam car Valentin connaît bien ce pays, le Laos ou encore la Birmanie.

On savait qu'on voulait partir ensemble, tous les trois, mais nous n'arrivions pas à nous décider. Finalement, après de nombreuses recherches, nous nous sommes mis d'accord sur la Mongolie.

Genghis Khan est LA figure historique de la Mongolie.

C'est un pays qui présente plusieurs avantages :

  • pas de vaccins obligatoires ni de risques sanitaires type paludisme ou dengue (contrairement au Vietnam) ;
  • coût de la vie très bas (comptez moins de 1,50 € pour une pinte de bière) ;
  • politiquement stable, ils viennent d'abolir la peine de mort (pas comme la Birmanie)
  • visa très simple à obtenir ;
  • très beaux paysages, sensation de liberté, peu de monde sur les routes (contrairement aux circuits touristiques birmans, très balisés, donc incompatibles avec la soif d'aventure de Valentin et Dimitri) ;

Valentin avait une vision plus pointue : il voulait que ce voyage transcende et inclue ses précédents. Je m'explique : 

  1. un espace plus sauvage,
  2. avec encore plus de liberté et de responsabilité,
  3. donc en camping sauvage, ce qu'il ne faisait pas avant.

Pour ce qui est de l'inclusion, il tenait à garder ce qu'il avait aimé dans ses précédents voyages :

  1. le fait de partir avec des bons copains,
  2. la sensation à moto.

La Mongolie était donc idéale.

Qui peut résister à ça ?

Cette expérience vous sera raconté en deux grands articles :

  • le voyage en lui-même : où nous sommes allés, comment, les joies, les galères...
  • mon équipement : comment je l'ai choisi, mon avis, ce que j'ai aimé...

Mais avant, on va répondre à une question que vous vous posez peut-être.

"Je n'ai jamais fait de moto, ce voyage est-il une bonne idée ?"

Hmmm, c'est une question bien délicate.

Pendant le voyage, on a rencontré un couple qui faisait de la moto pour la toute première fois. C'est donc possible. Moi même, je ne suis pas motard, je n'ai pas de deux roues, et c'était mon premier voyage à moto.

Cela dit, j'ai eu beaucoup de chance de le faire avec Valentin et Dimitri, très expérimentés, et bienveillants avec moi.

Les arguments pour...

  • En Mongolie, il n'y a pas de circulation. Le paysage se compose d'immenses steppes, vides pendant des heures et des heures. Même dans les villages, vous croiserez bien peu de véhicules en mouvement.
  • Les chemins vous forcent à rouler lentement, diminuant d'autant plus les risques d'accident lié à la vitesse.
  • Quand bien même vous seriez sur une route goudronnée, le trafic est faible, et les voitures vous dépasseraient sans problème.

Du vrai off-road se cache dans cette photo, sauriez-vous le retrouver ?

Les arguments contre :

  • La conduite "off road" offre son lot d'imprévus, nous avons connu quelques moments compliqués...
  • Faire de la moto demande un minimum de technique ou d'apprentissage, ne serait-ce que pour la démarrer avec un starter usé ou passer correctement les vitesses. Dans un premier temps, vous n'auriez aucune idée de comment se comporte le véhicule en freinage, sur une bosse, comment bien prendre un virage, éviter un trou dans la route...
  • Les bons réflexes ne s'acquièrent qu'avec les kilomètres parcourus. Vous ne pouvez pas rivaliser avec les nomades qui chevauchent leur moto depuis 10 ou 15 ans.

Ma réponse définitive est donc : oui, c'est possible. Cela dépendra principalement de votre degré d'anxiété face à l'apprentissage d'un nouveau moyen de transport. Ne faites pas les imbéciles à rouler trop vite dans les chemins de terre les premiers jours, prenez le temps de bien vous familiariser avec la moto.

Et surtout, ne lésinez jamais sur la sécurité. N'ayez pas peur d'être franchement "trop" prudents. Les chutes et les glissades ont 90 % de chances d'arriver. Ce n'est pas très grave en soi : on se fait jamais mal si l'on roule à petite vitesse sur des sols mous. En revanche, faire ce voyage sans compagnon qui soit à l'aise à moto me paraît une mauvaise idée.

Je vous conseille aussi vivement de passer plusieurs heures sur Moto Sécurité — le BonneGueule de la moto —, notamment sur cet article traitant des risques, et plus généralement les articles de réflexion ou sur la conduite.

Pour vous donner une idée de l'ambiance, le youtubeur "Bibix" a publié une longue vidéo qui retranscrit bien ce que j'ai pu voir, même si je ne cautionne absolument pas sa conduite sans gants, ni sa manière agressive de faire de l'inter-file pour sortir d'Oulan-Bator...

Le YouTubeur Walane a également fait une série de vidéos où je me suis reconnu dans les paysages traversés. Un bon aperçu de ce à quoi vos journées ressembleront.

C'est parti, voici le récit de mes trois semaines mongoles !

L'arrivée à Oulan-Bator

Selfie pendant l'escale à Moscou. Notez que je ne suis pas très serein...

Peu de choses à dire sur Oulan-Bator : c'est une ville comme une autre, pas particulièrement jolie, qui garde quelques traces de l'époque soviétique dans son architecture.

Je ne sais pas du tout à quoi m'attendre en arrivant dans la capitale Mongole de 1,39 millions d'habitants. Et si de grandes chaînes de boutiques y sont présentes, je découvre une jeunesse mongole qui aime le streetwear, avec des goûts pointus, qui me rappellent presque mon voyage à Séoul.

On récupère notre Airbnb, qui est de loin le plus rustique que j'ai pu tester : quasiment vide, sans mobilier, un lit qui n'en est pas un et une salle de bain presque insalubre, mais Valentin et Dimitri sont aux anges. Ils le trouvent bien plus confortable que leurs habituelles guest houses asiatiques.

La salle de bain surréaliste de notre Airbnb. Après 8 heures de vol, le choc a été rude (pour moi).

La chambre très dépouillée…

Et le fameux "troisième" lit dans l'annonce : il s'agit d'un transat avec un tapis en guise de matelas…

Un délicieux repas 100% vegan qui m'a fait un bien fou !

Mon expérience d'une discothèque mongole

Le soir même, Valentin rencontre une fille locale, qui travaille dans une clinique de chirurgie esthétique. Son prénom : Nagui. Gardez ce nom en tête, car elle va réapparaître à la fin du voyage.

Elle nous emmène en boîte de nuit, le Mint. Je n'avais absolument aucune idée de ce qui nous attendait ! Finalement, on tombe sur un endroit plutôt haut de gamme, avec une très bonne ambiance. Une mongole qui habite en France vient même nous aborder pour nous dire qu'on a de la chance d'habiter dans un si beau pays ; les gens sont très chaleureux.

Dj Billy au Mint, la boîte la plus huppée d'Oulan-Bator ! J'y découvre une jeunesse mongole très fêtarde, c'est la surprise.

Le lendemain : le départ se précise

Le lendemain, on décide de visiter le "black market" d'Oulan-Bator. Rien d'illégal, c'est juste un endroit immense avec des tas de petits commerçants qui vendent absolument tout et n'importe quoi.

On y va dans l'espoir d'acheter une moto, mais le prix et les formalités pénibles nous découragent. On décide alors de rester sur notre plan initial qui est de louer une moto.

C'est là que je remarque pour la première fois que nombre d'hommes portent de très grandes bottes noires…

Ah, j'oubliais, si vous cherchez des belles boutiques de vêtements à Oulan-Bator, oubliez. J'y ai même vu de faux jeans Diesel vendus en toute sérénité dans un grand magasin.

La Mongolie est un pays où vous avez l'impression d'être millionnaire avec 300 euros en poche. Note pour le prochain voyage : acheter une pince à billets !

 

C'est le départ, nous prenons nos affaires, et nous nous dirigeons chez le loueur de moto que nous avions repéré en amont : Cheke Tours.

Récupération des motos... et première panne !

On arrive donc chez Cheke Tours. C'est une petite maison, avec une yourte à l'écart de la ville, tout prêt de l'aéroport. On rencontre Cheke, femme mongole qui parle Français, haute en couleurs, au caractère bien trempé.

Elle n'avait pas noté notre réservation et nous dit ne plus avoir de motos disponibles. Après quelques coups de fils, tout finit par s'arranger : nos trois destriers nous attendent. Ce sont des Shineray Mustang, de 150 cm3, que l'on peut donc conduire sans permis.

Préparation des motos. Le truc bleu à gauche, c'est un container qui contient la trentaine de motos que Cheke loue aux touristes.

Il n'y a pas à dire, ce sont des engins plutôt robustes, surtout au vu des chocs quotidiens qu'ils subissent. Ils ne vont pas très vite mais, dans la steppe, ce n'est pas nécessaire. Et surtout, ce sont des motos utilisées par tous les nomades. Il est donc facile de les réparer et de trouver des pièces détachées. Dernier point important : elles sont munies de petits plateaux pour accrocher facilement ses bagages. Des motos taillées pour la steppe !

Le prix : 13€ par jour, avec en caution votre passeport ou 600 €. Évidemment, tout est en liquide et doit être payé d'avance. C'est clairement l'agence la moins chère de toute la Mongolie. La concurrence est très rare ; ailleurs, ce sont des motos de 350 cm3 et l'addition grimpe à 60$ par jour.

On emporte avec nous le fameux stover, ce mini-réchaud pour nous faire à manger qui sera vite indispensable.

On y est presque ! Notez la présence de "crash bars" pour protéger la moto en cas de chute, et les plateaux sur les côtés pour y sangler diverses affaires.

Les motos chargées, il est l'heure de partir pour de bon ! On s'élance et là… ma moto a un problème. Impossible de passer la deuxième vitesse, l'embrayage bloque. On retourne donc chez Cheke, et ses deux mécanos me réparent ça.

De tout le voyage, je n'aurai plus de problèmes majeurs, contrairement à Dimitri…

Le départ (pour de bon)

On suit donc le trajet d'une carte papier achetée chez Cheke. On roule sur une route toute neuve, dont la taille correspondrait à une départementale chez nous. Le trajet se passe bien, ma moto est plutôt agréable à conduire, bien que le compteur de vitesse ne fonctionne pas.

Déjà, une ambiance tout particulière commence à s'installer : le soleil se couche et illumine joliment les collines.

Et puis d'un coup, la route s'arrête net.

La route s'arrête d'un coup...

Et quand je dis net, c'est vraiment net. Vous roulez sur du goudron et, le centimètre d'après, c'est de la terre battue — le revêtement des chemins qu'on connaîtra majoritairement pendant tout notre voyage.

Nous expérimentons donc notre première conduite "off road", et ça se passe bien.

Notre première nuit dans la nature mongole

Le côté aventurier de Valentin prend le dessus. Il insiste pour sortir du chemin et aller grimper une colline.

Première soirée sous la tente, avec un panorama sublime.

C'est chose faite, on recueille du bois et on fait notre tout premier feu de camp, avec un panorama magnifique. On essaye péniblement d'utiliser la pierre à feu, mais ça ne donne rien. Alors, on emploie les grands moyens : Valentin fait tremper du papier toilette dans son réservoir d'essence, on met du bois dessus, un coup de briquet, et hop, on a un joli feu de camp.

C'est là qu'une série de gestes répétées se met en place et nous ne quittera pas pendant tout le voyage : allumer le stover, faire chauffer l'eau, mettre le riz, manger, faire le thé, le boire dans la même gamelle pour la pré-rincer, se laver les dents et utiliser cette même eau pour laver la gamelle, etc.

On se couche, la nuit est difficile à cause du froid.

7h du matin, on se réveille. Ça y est, notre road trip commence pour de bon ! Et il va falloir descendre cette colline pour de bon…

Le lendemain, première conduite sportive, puisqu'il faut descendre cette colline. Pour mon deuxième jour à moto, Valentin et Dimitri ne me ménagent pas beaucoup ! On continue notre progression dans le lit d'une ancienne rivière, c'est très beau.

Petit à petit, on croise de moins en moins de voitures sur ces chemins de terre.

Après avoir récupéré quelques snacks dans la micro épicerie d'un micro village, on file, et c'est là qu'elles apparaissent…

Les premières steppes mongoles

Le petit vent agréable, ces étendues vertes, vides et infinies, cette impression de liberté absolument totale... C'est le bonheur ultime.

Un paysage mongole typique : de mystérieuses collines à des kilomètres qui ne demandent qu'à être explorées…

On voit tout à des kilomètres à la ronde. Cette région de Mongolie n'est pas très vallonnée, il y a seulement de petites collines, rien qui ne puisse nous arrêter.

Il n'y a pas de réseau en Mongolie, à part dans les villages, donc dans les steppes, rien ni personne ne peut vous déranger.

Pour les gamers, je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais ces décors me rappellent ceux de Zelda Breath of the Wild. À tel point que je me demande si Nintendo ne s'est pas inspiré de la Mongolie.

Tout est tellement beau... Le moindre arbre, le moindre rocher, tout semble être parfaitement à sa place.

Le souffle de l'aventure ! La Mongolie est aussi surnommé le pays du ciel bleu, et vous comprenez maintenant pourquoi…

C'est une étrange sensation qui nous envahit chaque jour. Les kilomètres de pistes infinies s'enchaînent sous un soleil magnifique. On ne sait pas où on dormira le soir, c'est la liberté totale. En sachant que trois semaines comme ça nous attendent, le plaisir est aussi infini que ces steppes.

Un repas typique : du riz et des oignons dans une feuille d'algue japonaise. Absolument délicieux et très réconfortant. J'en profite pour remercier Valentin et Dimitri, qui ont géré comme des chefs pour la cuisine. (Note : la planche à découper est un accessoire sous-estimé dans ce genre de voyage.)

La préparation du thé matcha de Valentin, au petit matin, a une saveur toute particulière...

Première galère : la moto embourbée !

On aperçoit un lac au loin. Puisque cela deux jours que nous ne nous sommes pas lavés, on se dit qu'une petite baignade s'impose.

C'est donc plein d'assurance que je m'élance sur cet immense lac en partie asséché. Une belle étendue de terre craquelée à perte de vue, ça va être un régal à faire à moto !

Le lac asséché en question, et ma moto embourbée qui tient debout toute seule.

Boum... D'un coup, ma moto n'avance plus et Valentin, dès qu'il m'aperçoit, m'ordonne immédiatement d'arrêter d'accélérer. En effet, si la moto est bloquée, faire tourner la route ne fera que creuser davantage le sol et s'y enfoncer.

Au bout d'une heure, à force de creuser et de tirer la moto par l'arrière, on finit par la dégager, en partant au plus vite de cet endroit infesté de moustique (merci la cagoule en mesh de chez Maharishi).

Bon ben, y a plus qu'à creuser ! Merci au Polartec Power Stretch Pro qui a parfaitement évacué ma transpiration sous le soleil.

Valentin et Dimitri prennent ça avec beaucoup de légèreté. Ils adorent cet aspect de notre aventure mais moi, je m'en veux un peu de m'être fait avoir comme un débutant et de retarder notre trajet prévu de la journée.

Cadeau, voici un beau dossier me concernant. Valentin est complètement hilare et très amusé par la petite pelle :

Il faut le prendre avec philosophie. Ce voyage, c'est aussi ça. La galère arrive, on la surmonte, puis l'aventure continue. Mais ce n'est que la première de cette journée…

Deuxième galère : la perte de la tente !

Le premier troupeau de camélidés que nous croisons !

Une heure plus tard, catastrophe : on s'aperçoit que la tente s'est détachée de la moto de Valentin, et impossible de la retrouver. On retourne sur nos pas, on cherche mais rien n'y fait, elle est perdue à jamais.

Et comment faire pour trouver une tente au fin fond de la steppe ?

On décide de filer au plus vite au prochain village, pour essayer d'acheter une bâche qui servira d'abri de fortune. Alors qu'on peine à nous faire comprendre, une dame vient près de nous avec une tente ! C'est un miracle mongol, un coup de pouce venu tout droit des steppes, une bonne étoile du voyage !

On l'achète pour 40 € — sûrement trop chère mais bon, c'est la loi de l'offre et de la demande. Et pour le coup, la demande est très élevée…

ON A LA TENTE ! Nouvelle tente pour nouvelle vie !

Alors évidemment, elle paraît bien moins aboutie que la tente Décathlon qu'on avait, mais ça fera largement l'affaire pour la suite du voyage.

Des steppes, toujours des steppes

Un aperçu de la configuration de mon sac, où les passants MOLLE se révèlent très utile. Note importante : prenez des mousquetons, et de plusieurs tailles.

Le nomade à gauche nous a bien aidés : il a réparé la moto de Dimitri, nous a montré un point d'eau et surtout, nous a indiqué que les steppes étaient remplies de… ciboulette ! Grâce à ça, nos repas n'en sont devenus que meilleurs ! Avec le même véhicule que nous, il roulait deux fois plus vite, c'est incroyable de les voir maîtriser à ce point le relief et la moto.

Premier hôtel à 7 € la nuit par personne, après 4 jours sans se laver : la douche est complètement cassée, les lits très rigides, mais ça nous fait un bien fou de dormir au chaud et de laver nos vêtements dans le petit lavabo de la chambre !

L'un de mes meilleurs souvenirs : une plaine gigantesque, sans chemin tracé, un sol très agréable sur lequel rouler (pas de bosses, cailloux ou trous) et un temps splendide. On roule comme ça pendant deux heures, la sensation de liberté est à son paroxysme. Un très grand moment.

Dès que le soleil se couche, la lumière est magnifique… Notez l'importance de l'écharpe, de la cagoule Maharishi et du bomber PowerStreth Pro !

Petit à petit, le décor change, on sent qu'on se rapproche du désert de Gobi… Il s'agit de "Tsagaan Suvarga", et de belles photos vous attendent sur ce blog de voyage.

On rencontre un couple d'Allemands retraités, qui a acheté la carcasse d'un camion de l'armée pour la transformer en camping car. À l'arrière, ce sont deux petites motos cross pour s'amuser, avec une mini-grue pour les descendre… Leur histoire est tout simplement incroyable.

Troisième galère : la vallée pluvieuse dont j'ai oublié le nom

Embourber la moto, ça va.

Perdre la tente, ça va aussi.

Mais ce moment-là est le premier du voyage où je pense "je serais mieux à Paris".

Valentin et Dimitri, comme d'habitudes, sont ravis de vivre l'aventure avec un grand A. Tout simplement parce qu'ils adorent "le moment où les choses vont mieux, après".

On doit donc visiter une vallée mais, alors qu'on pense se rapprocher d'un climat chaud et sec, les températures descendent d'un coup et il commence à pleuvoir, comme s'il y avait un micro climat...

L'un des moments les plus pénibles de notre voyage : cette ballade à cheval sous la pluie. Le chemin est pénible, le bien-être des chevaux n'est pas forcément assuré, les conditions climatiques pas terribles. Bref, je ne le referais pas si j'avais su. Pour la petite histoire, Dimitri porte la veste Canada Goose que j'avais testée il y a quelques années.

Le chemin est compliqué, "tough" comme diraient Valentin et Dimitri. Descendre du cheval et reprendre la route est presque un soulagement.

Mais comme d'habitude, on pardonne tout à la Mongolie avec ses paysages magnifiques…

Avec un terrain aussi boueux, les glissades sont forcément à prévoir… Heureusement, c'est sans gravité !

De la boue et de la pluie pendant des kilomètres… Il faut à tout prix éviter d'être trempé, sinon c'est le début des galères. Heureusement, mon pantalon et ma softshell Triple Aught Design sont redoutables (explications à venir).

Dès qu'on sort de cette vallée, le paysage ressemble à ça. Une immense plaine avec un paisible troupeau de chevaux sauvages et une météo bien plus clémente. La vallée en question est au fond. Le bonheur et la liberté de ce voyage reviennent !

Quelques jours plus tard, on croise un groupe de Suisses qui fait un grand road trip à moto (6000 km en 3 semaines !), efficacement équipés.

Ils sont très étonnés d'apprendre que l'on a traversé cette vallée avec nos petites 150cm3. Ils nous confient que, avec leurs motos et leur grande expérience, la tâche avait été difficile. Pour moi, voyageur à moto débutant, c'est une grande fierté d'entendre ça.

Ce voyage, c'est ça aussi : des kilomètres de steppes, et une énorme introspection…

Notre panorama après cette rude journée, et ces belles couleurs qui reviennent…

La nuit est tellement froide que je n'arrive pas à dormir. C'est très pénible, nos sacs de couchage sont trop fins.

Du coup, j'emploie les grands moyen et déplie la mini couverture de survie au petit matin. Bien que ce soit une plaie niveau condensation de la transpiration, je peux m'endormir un peu.

Et je me jure que, pour de mon prochain voyage, je creuserai à fond le sujet des couvertures de survie

Valentin et Dimitri prennent ces difficultés avec le sourire, il ont connu pire dans leurs précédents voyages. Cela m'aide beaucoup à relativiser, sans compter leurs encouragements et leur enthousiasme qui restent intacts jour après jour.

Je prends conscience de la chance que j'ai d'avoir deux compagnons de voyage sur lesquels je veux vraiment me reposer quand la situation devient rude.

Après une nuit glaciale, les premiers rayons de soleil font tellement de bien…

Et on n'oublie pas que l'infini nous attend toujours !

Les fameuses pistes "tôles ondulées" en Mongolie

Petite interlude entre deux photos : pour aller au désert de Gobi, on doit prendre une piste tout simplement affreuse.

En Mongolie, le truc qui vous plonge dans un état presque méditatif quand vous roulez, c'est de trouver LA bande de terre sans bosses de quelques centimètres au milieu du chemin. Et vous passez votre temps à "micro-zigzaguer" sur la piste.

Sauf que sur ce chemin, la qualité de piste est insupportable. C'est comme si des chenilles d'engins de chantier avaient ravagé la terre, qui présente de minuscules ondulations. C'est ce qu'on appelle une piste "tôle ondulée".

C'est éprouvant pour la moto, qui est secouée dans tous les sens, que l'on aille à 20 km/h ou 50 km/h. Je ne cesse de me demander quelle est la meilleure méthode avec nos petites 150 cm3. Si jamais vous avez la réponse, je vous en supplie, postez-là en commentaire ! Je ne suis pas le seul à me poser la question.

D'ailleurs, comment une terre aussi friable peut-elle se transformer en épouvantable tôle ondulée dure comme du ciment ? Réponse : eh bien, figurez-vous que l'on pas totalement compris le phénomène.

Apparemment, rouler au-delà de 60km/h permet d'avoir la bonne fréquence, celle où le véhicule "flotte" sur la piste. Mais les suspensions sont mises à rude épreuve et, avec nos motos, c'est une solution impensable, ne serait-ce que pour des questions de sécurité (l'adhérence des pneus chute drastiquement).

Le désert de Gobi

On aperçoit enfin les dunes du désert de Gobi ! Là aussi, après la froide nuit précédente, je vis l'un des meilleurs moments du voyage : le temps est splendide, avec un léger dénivelé, peu ou pas de chemin tracé, et on file vers le soleil. Et plus loin, c'est la surprise…

Un camp de yourtes touristiques aux portes du désert ! Le grand luxe pour nous qui sortons d'une éprouvante nuit glaciale.

Le confort dans une yourte est très sommaire : il y a juste trois lits et c'est tout (pas de chauffage). Mais au moins, nous sommes protégés du froid et les couvertures sont chaudes ! Cela fait beaucoup de bien au moral, même si la douche du camp ne fonctionne pas.

Après la piste façon tôle ondulée, le lendemain, c'est la conduite sur sable qui nous attend ! Objectivement, ce n'est pas très dangereux, mais c'est très très compliqué et contre-intuitif. Il faut résister à l'envie d'aller tout doucement (c'est là que la roue avant fait n'importe quoi) et ne pas hésiter à prendre un peu de vitesse pour "glisser" sur le sable. On voit des nomades, à deux sur la même moto que nous, nous dépasser à toute vitesse en riant sans comprendre quel est leur secret.

Programme de la journée : escalader à pied cette énorme dune (elle est beaucoup plus grande que la photo ne le laisse voir).

L'ascension est éprouvante pour moi. Dimitri et Valentin doivent mettre 30 minutes pour le faire ; moi, il me faut une heure. Les points noirs au fond sont là où sont stationnées nos motos, donc le point de départ.

Le selfie du sommet, où le désert de Gobi commence pour de bon. À noter que s'il faut une heure pour monter cette dune, il ne faut pas plus de 4 minutes pour la descendre à toute vitesse en courant…

Retour au campement, avec un magnifique coucher de soleil dans mon dos. Un vrai bonheur.

Remontée vers le Nord

Le désert de Gobi derrière nous, on remonte vers le nord avec encore un décor digne de Breath of the Wild. Enfin un point d'eau pour laver nos gamelles !

L'un des plus beaux endroits pour dormir. Je sais que l'on va avoir froid, la nuit sera encore une fois compliquée mais le cadre est magnifique.

On continue de rouler vers la la vallée de l'Orkhon, et on croise nos premiers yaks !

Voilà à quoi ressemblent la plupart des "villes" en Mongolie : un amas de petites maisons au beau milieu d'une steppe, sous un ciel lumineux. Dès que vous vous approchez, votre téléphone peut accrocher l'antenne du village.

C'est là qu'on commence nos premiers franchissements de rivière ! Ce n'est pas très compliqué, il suffit juste de rouler tout droit et de maintenir une bonne allure. Même si on n'est jamais à l'abri d'une petite frayeur ou d'un pied posé à terre (ou plutôt dans l'eau)…

Je suis allé un peu vite, et mon pantalon est trempé. Heureusement, le nylon de ce pantalon Triple Aught Design fait des miracles et sèche en clin d'oeil !

Si ce n'est pas une invitation à l'aventure !

Quatrième galère : le piège de la balade des huit lacs

Le moment le plus difficile du voyage, c'est celui-ci.

Le but est de voir huit très beaux lacs, accessibles à moto d'après ce qu'on nous avait dit. Tout commence par ce chemin :

Le premier lac est très beau, je vous l'accorde ! Pour y aller, il faut emprunter le chemin sur la gauche. On ne le voit pas à la photo, mais il est TRÈS raide et n'est composé que de caillasse.

Un bon aperçu de la pénibilité de la piste ! La moto n'a aucune adhérence sur ce genre de caillou, la conduite est risquée car on dérape sans arrêt. Valentin trouve une méthode expéditive : il coupe le contact, enclenche le coupe-circuit pour empêcher le moteur de démarrer et se laisse rouler avec le frein moteur. Je ne sais pas si c'est quelque chose de recommandable, mais ça marche très bien pour lui !

A mesure que l'on progresse, le relief devient de plus en plus difficile pour nos motos.

Au bout d'un moment, on ne peut plus passer à moto ! On est bloqués à flan de montagne, pris au piège sur un versant. Il nous reste approximativement 300 mètres pour finir de contourner la montagne. C'est d'autant plus rageant que l'on voit une plaine bien plate qui nous attend juste derrière.

Comment faire pour passer à moto alors qu'on peine déjà à contourner les 300 mètres restants à pied, de rocher en rocher ?

On envisage deux scénarios :

  • faire un mini-radeau à la Bear Grylls pour faire passer les motos — belle connerie, mais au moins on n'a pas à rebrousser chemin ;
  • on rebrousse chemin et on perd une journée, sans compter la remontée du terrible chemin de cailloux.

De toute façon, il est trop tard pour faire quoi que ce soit ce soir-là. On décide de camper sur place, en trouvant tant bien que mal un endroit plat pour poser notre tente.

Le moral est au plus bas me concernant, car je sais qu'on va encore avoir très froid cette nuit.

On ne le voit pas sur la photo, mais je commence déjà à avoir froid. Mon confort quotidien me manque terriblement, je rêve de mon matelas Tediber et je suis abattu, c'est une sensation bizarre à décrire.

Pour dormir, je décide donc d'employer les grands moyens : j'enfile tous mes vêtements !

  • je porte en même temps mon legging en mérinos, le pantalon Schoeller et le pantalon Triple Aught Design ;
  • je porte mes trois tee-shirt mérinos en même temps, une polaire et le bomber Power Strech Pro.

C'est péniblement que j'arrive à dormir 3 ou 4 heures. J'accueille avec plaisir le soleil qui se lève, on va enfin pouvoir se réchauffer. Mais il reste à prendre une décision : demi-tour ou pas demi-tour ?

Comme d'habitude, la Mongolie a décide de nous donner un coup de pouce pour la suite… Plusieurs nomades à cheval passent devant notre tente, et Valentin mime notre situation pour savoir s'il existe un chemin praticable à moto.

Ils nous regardent en riant et nous font signe que l'on peut passer au-dessus de la montagne, plutôt que de faire demi-tour ! C'est donc pleins d'espoir que Valentin et Dimitri partent en repérage à pied, pendant que je démonte et range notre petit campement.

Une heure plus tard, ils reviennent enthousiastes : il va falloir amener les motos au sommet de la montagne, et redescendre par un autre versant, occupé par une forêt.

On n'aura pas à faire demi-tour ! Mon abattement de la veille se transforme enfin en espoir.

En termes de difficulté, ils estiment qu'on sera à 7 ou 8 sur 10. Cela reste élevé, mais moins que les 9,5/10 de la veille — c'est le bon côté des choses.

Péniblement, on arrive à monter les motos au sommet et on entre dans cette forêt à flanc de montagne.

La forêt en question, dans l'une des portions les plus faciles. En prenant son temps, et en étant vigilant sur le freinage, "ça passe".

Une autre photo où on se rend mieux compte du dénivelé.

Petit à petit, mètre par mètre, arbre après arbre, on descend en y allant très doucement. 4 heures plus tard, c'est la victoire.

Ou plutôt, c'est le kiff ultime.

A gauche, on aperçoit le versant que l'on n'a pas pu traverser. Nous étions bloqués à cet endroit-là. Mais tout ça, c'est fini. Maintenant, une grande plaine nous attend !

C'est un énorme sentiment de soulagement qui nous envahit, une joie intense de l'avoir fait, d'avoir traversé cette montagne qui nous a causé beaucoup de tracas.

On a même un plan d'eau pour faire un peu de vaisselle ! On n'a quasiment plus d'eau potable, on décide de remplir une bouteille d'eau du lac et de la désinfecter avec une pastille d'Aquatab, au cas où.

Dans la vallée de l'Orkhon

Cette photo est trompeuse : alors que je m'attendais à une belle plaine, c'est en fait un champ de patates ! Ma pédale de frein arrière s'arrache. Nous sommes obligés de rouler en première, mais le soulagement est tel que c'est une promenade de santé pour nous.

Après la nuit qu'on vient de vivre, j'espère du fond du coeur qu'on trouvera une yourte chaude et confortable… Mais on est loin d'être arrivés, et je me demande comment je vais pouvoir réparer mon frein arrière.

Plus de frein arrière, un frein avant qui ne bloque pas la roue tellement il est usé, une pente qui n'en finit plus, je ne suis pas du tout en confiance…

Mais la Mongolie reste toujours autant envoûtante… Et là, le plaisir de conduire revient, même sans frein arrière.

Et forcément, avec un tel dénivelé fait de cailloux, la glissade est inévitable, avec une authentique PLS ! Mais je vous rassure, contrairement à ce que la photo laisse penser, elle est absolument sans gravité. Je n'ai pas eu la moindre blessure, grâce à mes gants notamment. Cette photo doit vous convaincre d'emporter de vrais gants de moto de qualité !

Cela vaut le détour, avec cette magnifique vallée de l'Orkhon… A ce moment-là, on espère toujours trouver une yourte pour dormir !

La nuit commence à tomber et, avec toutes les rivières qu'on a traversées, on commence à être trempés. Mais d'un coup, au loin, c'est la victoire ! On aperçoit un confortable "tourist camp" et on s'empresse de demander à allumer le poêle dans la yourte.

Un poêle dans la yourte, c'est le luxe ultime. Alors qu'on commençait à avoir très froid sur nos motos, cette yourte qui s'emplit de chaleur et le bois qui craque libèrent en nous une énorme dose de dopamine. On est tellement heureux, tellement bien… Enfin un bon lit, enfin une nuit loin du froid !

Le lendemain, on repart, toujours dans cette magnifique vallée de l'Orkhon. On s'aperçoit que notre voyage touche petit à petit à sa fin, puisque on voit de plus en plus de touristes et de yourtes.

La Mongolie sauvage et isolée est loin derrière nous…

L'un des derniers camps où nous nous arrêtons. Ce monsieur, très en forme, monte à l'arrière de ma moto dès qu'il me voit, ça l'amuse beaucoup. La yourte n'est pas chauffée, mais ils nous ont donné une pile de couvertures.

La (presque) fin du voyage

Souvenez-vous, au début du voyage, nous rencontrons une jeune fille : Nagui. Le courant passe bien ; elle nous propose de rendre nos motos deux jours plutôt et de faire un mini road-trip dans un coin de Mongolie qu'elle avait envie de nous faire découvrir.

On accepte, mais le matin même de la remise des motos, celle de Dimitri tombe lourdement en panne, comme si le piston du cylindre était grippé. Et tout ça, en plein milieu d'une route goudronnée.

Un camion s'arrête, il accepte de prendre Dimitri et la moto jusqu'au prochain village. Sauf qu'aucun mécano ne semble pouvoir réparer la moto. Heureusement, on trouve un autre camion qui va à Oulan-Bator et qui emporte la moto de Dimitri moyennant une petite somme d'argent.

Entretemps, une épidémie de vache folle est déclarée dans le village de Cheke : toutes les routes sont bloquées… On se demande bien comment on va faire pour rendre une bonne fois pour toutes nos trois Shineray.

On arrive donc petit à petit à Oulan-Bator, où on s'essaye à la conduite sur le "périphérique" mongol.

Finalement, on fait face à une route bloquée par les policiers, avec Cheke qui nous attend derrière un cordon sanitaire. On récupère nos cautions et on dépose les motos. En posant le pied à terre, je réalise que ce road trip intense de trois semaines est terminé.

C'est sous un soleil couchant et toujours ce beau ciel bleu que l'aventure se termine, juste devant un cordon sanitaire. Au loin, on aperçoit la silhouette de Cheke qui nous attend.

Le mini road-trip avec Nagui

Notre découverte de la Mongolie n'est pas tout à fait terminée. À peine les motos déposées, c'est Nagui qui vient nous récupérer en voiture.

Et c'est reparti !

Elle veut nous faire découvrir un parc naturel au nord-est d'Oulan-Bator. Sur le trajet, je découvre une Mongolie que je ne soupçonnais pas : on passe devant des résidences très haut de gamme, on est dans le Oulan-Bator huppé.

On s'arrête faire les courses dans le plus beau supermarché que j'ai jamais vu, les toilettes sont tout en marbre ! Et la clientèle très mode, rien à voir avec les micro épiceries poussiéreuses perdues dans les steppes. Je me souviens d'avoir vu au moins une quinzaine de vodkas haut de gamme différentes, et un énorme stand Haribo.

On continue à rouler pendant une bonne heure sur une route parfaitement goudronnée, avec de nombreux camps de touristes tout au long. Ce n'est clairement plus la Mongolie sauvage et rurale qu'on a parcourue.

On tombe même sur un camp très haut de gamme où la nuit est à 50 € par personne, une véritable fortune ici ! À ce prix-là, la yourte est magnifique, mais c'est trop cher pour nous.

Rassurez-vous, on tombe sur un camp très sympathique :

Le dernier camp de yourte, avec un service de rallumage du poêle pendant la nuit !

La suite du voyage est beaucoup plus touristique. Ça nous fait tellement bizarre de voir autant de monde, et d'avoir des toilettes avec des chasses d'eau aussi répandues. C'est décidément une autre Mongolie qui s'offre à nous, et je ne sais pas quoi en penser.

Un très beau monastère…

Là, c'est un couple d'amis complètement ivres à 12h qui insiste pour qu'on boive des shooters de vodka avec eux. C'est décidément une Mongolie incompréhensible…

Qui dit Mongolie touristique, dit activité totalement touristique ! En l'occurence, un tour de chameau de 50 mètres. Pas grand chose à raconter ici, si ce n'est que le chameau semble être un animal très paisible et habitué à l'homme, et qu'une bosse bien ferme est signe d'un chameau bien nourri !

Le mémorial de Genghis Khan, avec cette énorme statue et le musée qui lui est consacré.

Des objets censés représenter l'artisanat mongol, dans une boutique de souvenirs. Mention spéciale pour la cravache en patte de chèvre que je tiens. Et évidemment, aucun moyen de vérifier la qualité de ce que l'on achète !

Pour notre dernière nuit dans la nature, on a paradoxalement toutes les peines du monde à trouver un endroit agréable et loin de la circulation pour poser notre tente.

On avait dit à Nagui qu'on avait eu très froids pendant la nuit, elle a alors eu la gentillesse d'amener son propre matériel : un tapis de sol réfléchissant qui couvre toute la tente, et d'énormes et encombrants sac de couchage, impossibles à transporter en moto, mais qui sont très chauds. Pour la première fois de ce voyage, je peux enfin dormir au chaud dans la tente, malgré une nuit fraîche.

Le lendemain, on rentre à Oulan-Bator dans la mâtinée pour acheter quelques souvenirs. Me concernant, je prends un plaid en baby camel, et Valentin et Dimitri ont pris des chaussettes en laine de yak chez Marty & Martha.

On retourne dans notre restaurant végétarien favori, un vrai délice après ces trois semaines à manger dans les steppes.

Et puis tranquillement, on s'endort pour repartir à 4 heures du matin à l'aéroport, et décoller au petit matin de cette majestueuse Mongolie.

“La distance qui relie la terre au ciel est celle de la pensée.” Proverbe mongol

Bilan Cheke Tours

Un petit mot rapide sur notre expérience avec Cheke Tours, qui est la seule loueuse de motos "low cost" du pays.

De manière générale, malgré un tas de petites avaries mécaniques, les motos qu'on a louées ont bien fonctionné en dépit des innombrables cahots, les cailloux et le sable de Mongolie.

En revanche, on a rencontré un français très atypique lancé seul dans ce trip avec Cheke Tours, qui a eu de gros problèmes avec sa moto tombée en rade plusieurs fois.

Celle de Dimitri a cessé de fonctionner le dernier jour. Quant à moi, les compteurs de vitesse et de kilomètres ne fonctionnaient pas. L'aiguille du compteur s'est même cassée à cause des vibrations !

Je ne sais donc pas trop quoi vous dire : si vous êtes débrouillards, que vous avez une bonne expérience à moto et que vous partez en groupe, allez chez Cheke sans problème. Si vous avez déjà le permis moto, que vous avez du budget et que vous souhaitez plus de confort, alors allez chez Vintage Rides.

En fait, le seul cas où je vous déconseillerais Cheke serait si vous êtes un grand anxieux de nature, que vous avez zéro expérience, et que vous partez soit seul, soit avec des personnes aussi inexpérimentées que vous.

Dans tous les cas, n'oubliez pas qu'avec Cheke, tout se fait en argent liquide. Pensez vraiment à prendre des gants de moto, et si vous avez votre propre casque et votre blouson, c'est un vrai plus (ce qui n'était pas notre cas).

Bilan final : la Mongolie dans nos coeurs

Bon alors, comment on revient d'un voyage en moto de trois semaines en Mongolie ? Puisque cet article est déjà bien long, on va essayer d'être synthétique sur la fin.

Comme je l'ai dit, le voyage est autant intérieur qu'extérieur. J'étais dans la découverte la plus totale : je n'avais jamais de fait de voyage en moto, ni de camping sauvage sur autant de temps et dans un coin aussi isolé !

Ca n'a pas toujours été une promenade de santé, ce n'est pas le voyage le plus reposant, mais ça fait partie du jeu. En tout cas, c'était très clair pour Valentin et Dimitri.

Et je savais très bien qu'en partant avec eux, ce ne serait pas un voyage avec de la gratification immédiate tout le temps, sans galère ni tension, rien à s'occuper, rien à gérer... Ce n'était pas le but de cette aventure, et j'ai fait mon choix en toute conscience.

Un souvenir inoubliable, y compris dans la reconstitution de cette yourte de Genghis Khan.

Mais la gratification est bel et bien là : j'en suis revenu avec un sentiment d'accomplissement, mais aussi de fierté — à mon échelle. Je suis fier d'avoir traversé tous les moments pénibles sous l'oeil bienveillant de mes camarades. Je suis fier d'avoir réussi à encaisser plusieurs nuits glaciale. Je suis fier d'avoir continué, malgré les glissades, les dérapages et les chutes (sans gravité, je le rappelle). Et je suis fier d'avoir pu encaisser sans aucun problème, et sans aucun manque, une alimentation assez spartiate (merci aux Choco Pie qui nous ont bien aidés).

En bref, j'y ai trouvé un dépassement de soi inattendu et, toujours à mon humble échelle, je comprends mieux pourquoi certains se lancent dans des ascensions périlleuses ou des tours du monde avec de lourdes contraintes. Je n'ai certes pas escaladé l'Himalaya mais pour moi, c'est déjà beaucoup.

Et je suis très reconnaissant d'avoir eu avec moi deux amis fantastiques qui m'ont si bien accompagné dans mes craintes et appréhensions d'un tel voyage. Je n'aurais pas pu espérer mieux, et je souhaite à tout le monde faire un voyage avec deux amis aussi délirants, enthousiastes, curieux et aventureux, mais aussi responsables, mentalement solides et sécurisants.

C'est finalement la chose la plus puissante que j'ai ramenée de Mongolie, une amitié encore plus forte et complète.

Merci à vous, les gars. Je vous dois beaucoup.

 

Benoît Wojtenka Benoît Wojtenka

J'ai fondé BonneGueule.fr en 2007. Depuis, j'aide les hommes à construire leur style en leur prodiguant des conseils clairs et pratiques, mais aussi des réflexions plus avancées.
Et j'ai quelques lubies : le sport en salle, le techwear… Et j'adore le thé sous toutes ses formes, que je bois à raison de plus de trois litres par jour.

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