Test : Le Pantalon, la marque aux chinos accessibles

Temps de lecture : 7 minutes

Bon nombre de marques qui se sont lancées dans un positionnement "qualité au prix juste" ont réussi, telles que Hast et Maison Standards.

C'est ce que l'on souhaite à la jeune marque Le Pantalon, qui ambitionne de proposer des chinos de qualité à prix abordables.

Mais que vaut vraiment le chino de la marque Le Pantalon ? Pour le savoir, j'ai rencontré Olivier Gaudéchoux, le fondateur de la marque. Il retrace l'origine du projet et son intention. Après cela, vous découvrirez notre test-vérité sur la qualité du chino.

Rencontre-portrait avec Olivier Gaudéchoux, fondateur de la marque "Le Pantalon"

Quand on voit Olivier pour la première fois, on se demande d'où proviennent son sourire affable et sa sérénité.

À 26 ans seulement, il travaille au service Webmarketing du Figaro ; et fin août 2014, il a lancé "Le Pantalon" qui s'est taillé une bonne réputation sur la toile. Olivier m'a raconté la genèse du projet : "Beaucoup de mes amis s’interrogeaient sur les pantalons et leurs couleurs, ou alors ne trouvaient pas ce qu'ils cherchaient".

Cette remarque lui revenait souvent (presque un peu trop d’ailleurs) et a alimenté un constat : "il est vraiment difficile de s'y retrouver parmi toutes les offres. Ce que je veux, c'est faciliter l'accessibilité à une pièce simple, classique et élégante en toutes circonstances".

Lutter contre le "réflexe H&M, Zara"

C'est vrai, qui n’a pas connu ce réflexe du H&M ou du Zara pour se vêtir ?

Cela pourrait s’apparenter un peu à ce que j’appelle le « réflexe McDonald's ». Vous savez, ce drôle de moment où vous avez faim et que la seule solution qui se présente à vous pour vous restaurer est d’aller au McDo, par simple facilité.

Seulement, si vous aviez fait le petit effort de flâner encore un peu, vous auriez peut-être trouvé mieux, qui sait ?

Brochette de fruits

C'est beau, c'est frais, et ça donne envie de goûter autre chose qu'un sundae, non ?

Un véritable travail de recherche et de prospection

Olivier s’interroge et il décide alors d'approfondir l’univers de la mode et des vêtements : « Je suis allé visiter plusieurs showrooms pour me faire ma propre idée des coupes, des matières et de l’intention des marques ».

Au fil des découvertes, il remarque que quelque chose ne va pas : « Les couleurs ne sont pas suffisamment mises en valeur et les pantalons coûtent chers ». Il manque un juste-milieu entre qualité et accessibilité.

C'est ainsi qu'en 2011, Olivier débute son travail de prospection. Un an plus tard, il a une idée étonnante : "j'ai acheté tous les noms de domaines possibles et imaginables (une cinquantaine) sur ceux qui peuvent toucher aux vêtements".

Une stratégie rusée, mais face à cette conquête, notre Attila des noms de domaines butte sur deux petits mots qui lui résistent : "le" et "pantalon". Toute la suite de cette acquisition ne sera qu'une question de temps et de persévérance.

À peu de choses, près Olivier m'a dit avoir vu le film "300" pour se canaliser.

À peu de chose près, Olivier m'a dit avoir vu le film "300" pour se préparer au combat. "This is Le Pantalon !" Oui, derrière, ce sont les autres noms de domaines.

Un positionnement gagnant-gagnant

De retour en France après un fructueux voyage en Inde, Olivier a bien réfléchi. Son business plan est prêt, son positionnent est clair : "Je veux créer un produit correct, pour que tout le monde puisse se l’approprier au prix juste (79 euros)". Comment expliquer cela ? "J’ai fait le choix de ne pas dépendre d’intermédiaire dans ma distribution, forcément ça réduit les coûts".

Après ce travail de réflexion, Olivier choisit son propre atelier et ses fournisseurs de tissus, qu’il choisit avec parcimonie, après avoir écumé beaucoup de showrooms. Dès lors, plusieurs prototypes de chinos vont suivre des tests d’endurance. Ça y est, la marque Le Pantalon était prête à être lancée, mais il manque alors un site web. Olivier le conçoit seul avec les moyens du bord et sa formation en Webmarketing.

Site sobre.

Le site, tout en sobriété.

Un pantalon chino ou sinon rien

Entre fin août et mi-septembre 2014, 500 pièces sont vendues ; et ce, sans grande communication ("faute de temps").

Mais alors comment expliquer ce succès rapide ?

"J’ai pris le pari de choisir des empiècements plus chers et de prendre les finitions les plus qualitatives qu’on m’avait proposées, ce qui réduit la marge de bénéfice" dit Olivier.

Avant de poursuivre : "c’est un pantalon qu’on peut porter partout, et la marque veut rester sur cette maîtrise mono-produit". De cette manière, les clients "jeunes dynamiques de 25-40 ans", n’ont pas à s’interroger sur la coupe, ils n’ont plus qu’à choisir la couleur qui leur plait et le tour est joué !

Quant à savoir si la gamme va évoluer, Olivier n’exclut rien : "il y aura peut-être des pièces avec d’autres matières et d’autres couleurs ; mais pour le moment, je préfère me concentrer sur un savoir-faire précis avant de l’envisager". Comme il l’affirme, les retours de son pantalon ont été très positifs.

Il ne nous reste plus qu'à tester pour nous faire notre propre avis !

Test du chino de la marque « Le Pantalon »

Le Pantalon part d’une devise simple : un grand choix de couleurs, une seule coupe, et un prix juste.

Chemise BG - Chino Le Pantalon - Combat Boots Timberland

Voici un look simple avec une finition R&B au visage pour la barbe (plus compliqué à faire). Benoît ne comprend pas pourquoi je persiste à garder mes bottes en été. (Chemise en lin BG - Chino Le Pantalon - Combat Boots Timberland)

Concernant les coloris, il y en a pour tous les goûts : des plus clairs aux plus sombres. De ce point de vue-là, Le Pantalon présente plus de 15 couleurs : des basiques (bleu marine, beige, kaki) aux couleurs plus originales (orange rouille, bleu électrique, jaune pastel, etc.).

Pour ce test, j’ai choisi deux chinos : un orange rouille et l'autre kaki.

Onur - Chino Le Pantalon - Montage couleurs

L'élasthanne assure un certain confort et une bonne tenue.

Note de Benoît : le kaki est vraiment sympa, et la coupe est très bien pour des looks casuals, faciles à porter. Le rouille est plus coloré et se placera volontiers dans une tenue avec une chemise plus sobre.

Concernant la matière du chino, on est dans du twill de coton (97 %) pas très épais, avec 3 % d’élasthanne pour s’adapter à toutes les morphologies (même les cuisses musclées).

La toile italienne est issue d’une sélection haut de gamme : elle est stretch, douce, et très confortable dès les premiers ports. On n'en sait pas plus sur sa provenance (nom du tisserand)...

Tissu

Ça ne vous donne pas envie de toucher l'écran, là ?

Note de Benoît : ce tissu aux "rayures" (le twill de coton) en biais très fines et légèrement en relief est caractéristique des tissus italiens de chinos haut de gamme. Justement, plus elles sont marquées, plus c'est haut de gamme (en général) !

Si ce choix de matière stretch a été fait, c’est pour palier le problème de taille qu’on a tous rencontré tôt ou tard. Dans mon cas, je porte le chino en taille 38 (sizing à la Française). Tout a été conçu pour faciliter le choix et éviter les moindres doutes et interrogations sur la taille.

La coupe du chino est semi-slim, bien ajustée aux cuisses et un peu plus relâchée jusqu’au bas de la cheville (ouverture de jambe = 18 cm). La taille est légèrement basse, pour un style moderne. Le chino s’enfile très facilement et il est léger. C’est le genre de pièce qu’on peut porter avec des sneakers ou des bottines. Pour une tenue estivale, on peut aussi porter le pantalon à l’italienne, c’est-à-dire bien retroussé au niveau des chevilles, pour mettre en avant les souliers.

Tenue

Voici une idée de tenue estivale. L'énergie de la couleur orange est adoucie par la sérénité du bleu. (Chemise Hartford, Chino Le Pantalon et sneakers BonneGueule x Buttero).

Au niveau des détails, pas de dépaysement par rapport à ce qu'on trouve habituellement sur des pantalons haut de gamme. Pour commencer, les poches latérales sont renforcées par un point d’arrêt, il y a une braguette YKK en métal et les poches arrières sont passepoilées.

Poche

Le point d'arrêt renforce la solidité des poches. On peut aussi voir des coutures piquées très propres qui apportent un peu de relief, et donnent une touche plus artisanale (Note de Benoît : on appelle ça des coutures "AMF" du nom de la machine qui les produit).

Passants

Les passants sont proprement cousus. On peut aussi remarquer le V d'aisance à la taille, pour plus de confort et son point d'arrêt.

Onur - Chino Le Pantalon - Poches passepoilées

Atout classique d'un chino, les fameuses poches passepoilées. Si vous avez beaucoup d'imagination, vous pouvez aussi voir un visage !

YKK en métal

La braguette en métal est signée YKK.

Toutes ces finitions consistent la base pour constituer un bon chino entrée de gamme. Passons aux détails un peu plus élaborés, qu’on peut repérer dans un chino haut de gamme. Cela comprend des coutures propres, un intérieur doublé et gansé, un V d’aisance au milieu du dos, une fermeture à triples boutons avec patte boutonnée, et un ardillon.

Onur - Chino Le Pantalon - Liséré Liberty

L'intérieur doublé comprend des motifs à fleurs liberty qui apporte une petite touche d'originalité agréable.

Onur - Chino Le Pantalon - Fond de propreté

Il y a un fond de propreté, qui assure un bon maintien de votre masculinité. Les poches sont suffisamment profondes et surtout elles sont douces, une fois les mains à l'intérieur. Encore des bons points.

Onur - Chino Le Pantalon - Coutures intérieures gansées

Les coutures intérieures sont gansées, un détail que nous apprécions chez BonneGueule.

Onur - Chino Le Pantalon - Ceinture boutonnière intérieure

Il y a une double patte de boutonnage, qui permet d'avoir un meilleur maintien du pantalon. C'est un autre détail que l'on retrouve peu dans des chinos.

Onur - Chino Le Pantalon - Ardillon

Voici l'ardillon qui est situé au-dessus de la braguette, et qui permet de maintenir la ceinture en place (en permettant de bloquer la boucle).

Ça n'a l'air de rien, mais toutes ces finitions réclament des étapes supplémentaires dans la confection de la pièce, et cela entraîne des coûts supplémentaires. J'ai été surpris de relever autant de détails dans une pièce, surtout au regard du prix. On est vraiment sur un chino qui peut apporter beaucoup de confort et de fraîcheur à vos looks d'été !

Chemise Hartford

Voici deux exemples de tenues simples, mais efficaces : une chemise (Hartford), un chino coloré (Le Pantalon) et une paire de sneakers (BonneGueule x Buttero).

Conclusion sur le chino de la marque « Le Pantalon »

Ce chino est une très bonne surprise ! La qualité du tissu, la diversité des couleurs, l’efficacité de la coupe, le confort de la pièce et les détails du pantalon démontrent d’une qualité rare et à saluer ! On ne peut que valider l’excellent rapport qualité / prix du chino de la marque Le Pantalon.

Pour 79 euros, vous pouvez vous offrir un pantalon confectionné en Europe avec de bonnes finitions et une qualité très supérieure à ce qu’on peut trouver sur le marché à ce même prix. C'est un positionnement très compétitif !

En temps normal, une telle pièce coûte deux fois plus cher. Rien que pour ça, le pari d’Olivier est réussi : donner accès à une pièce haut de gamme au prix juste.

Note de Benoît : excellente marque, à l'offre simple et efficace, au bon prix. Considérez que c'est vraiment le Hast du pantalon !

Onur Karapinar Onur Karapinar

Fils spirituel de MacGyver et jumeau astral de James Bond, je suis un touche-à-tout hyperactif. Passionné par l'écriture, la radio, la musique et la scène créative. Pour moi, le style, c'est l'expression d'une intention qui extériorise une harmonie personnelle. Sinon, j'adore manger japonais et je médite souvent sur les flocons de neige.

Laisse-nous un commentaire

Questions de style, points de vue perso, bons plans à partager ? Nous validons ton commentaire et te répondons en quelques heures.