Dossier : L’histoire du Printemps de l’Homme, de sa naissance jusqu’à nos jours

/

Disclaimer (par Geoffrey) - Cela fait un moment que je m'intéresse à l'histoire des Grands Magasins. Ce sont des établissements plus que centenaires, qui ont amené de grandes évolutions dans la mode masculine (comme la mesure industrielle) ou la manière dont elle est distribuée (les prix fixes sur des étiquettes, la vente par correspondance). 

Aujourd'hui on y retrouve une offre variée (à l'image de sa clientèle), après un gros passage à vide dans les années 2000 et une concurrence frontale de magasins multimarques de grande qualité comme Frenchtrotters à Paris (on en reparlera bientôt).

Toutefois on assiste depuis peu à un renouveau chez certains Grands Magasins. Avec une offre très pointue au Bon Marché, et surtout de nombreuses marques créateurs au Printemps de l'Homme (Closed, Dockers, SNS Herning, Topman...).

Nous avons donc proposé un partenariat au Printemps, aux côtés de nos amis Modissimo et Matérialiste, pour promouvoir tant les nouvelles marques, que le renouveau de leur vaisseau : Le Printemps (non, ça ne parlera pas du Qatar). Et ce partenariat éphémère sera l'objet d'un prochain article.

En attendant, nous avons pu rencontrer Xavier Gaudemet qui est en quelque sorte l'historien du Printemps. Cette rencontre nous a permis d'apprendre des choses passionnantes sur l'histoire du magasin... d'autant plus intéressantes quand on les voit à la lumière des tendances d'aujourd'hui (retour à l'authenticité et à des relations saines et franches avec la clientèle).

Le Printemps : une histoire d’homme !

Le printemps, l’époque de l’année où le soleil recommence à faire son apparition, où le manteau et l’écharpe qui vous ont tenu au chaud, s’apprêtent à prendre un repos bien mérité.

Bref, je ne suis pas là pour vous parler de la pluie et du beau temps, mais de son homonyme : le grand magasin Le Printemps.

Geoffrey et moi-même, sommes allés à la rencontre de Xavier Gaudemet. C’est un peu le « Mr Printemps », il connaît son histoire sur le bout des doigts. Créé en 1865, ce grand magasin a muté à travers les époques : autant vous dire que son histoire est riche en enseignements.

Nous avons beaucoup appris, tant par l’histoire du Printemps, que par l’évolution du marché de l’homme depuis le XIXième siècle. Soyez rassurés, vous n’aurez pas d’interro surprise, l’idée n’est pas de vous faire un cours d’histoire rébarbatif avec une succession de dates comme on a tous eu (ou que vous avez encore) 😉

« E probitate decus » : mon honneur, c’est ma probité

La devise du Printemps, imaginée par son fondateur Jules Jaluzot m’a interpellé. Elle en jette, ou est-elle un peu pompeuse ? En gros, la parole est-elle suivie des faits ?

jules jaluzot

Jules Jaluzot, le fondateur du Printemps.

A cette époque, pas de bullshit marketing, de poudre aux yeux, ou presque : on est dans l’authentique. La promesse faite au client, on s’efforce de la tenir : on est dans le vrai et la relation de confiance à long terme. Mais l’accès à la mode et la possibilité de bien s’habiller n’est pas donné à tout le monde. Seule l’élite et les classes aisées peuvent se le permettre.

C’est pourquoi Jules Jaluzot avait des objectifs originaux pour l'époque :

  • faire du Printemps un lieu incontournable de la mode et de l’avant-garde. Mine de rien, il a eu du nez car à l’époque le boulevard Hausmann était en pleine mutation (pas d’Opéra Garnier, ni de gare St Lazare, juste du quartier secondaire, voire un peu de friche).
  • une expérience du beau : il fallait que le client ait une relation unique avec le point de vente, ce qui n'était pas le cas avant.
  • le luxe accessible : des prix 15 à 20 % moins chers que dans les boutiques.

La démarche d'honnêteté se traduit aussi par des étiquettes de prix sur les vêtements. Eh oui, cela parait bizarre mais avant elles n'existaient pas. Le vêtement se négociait, et le prix était donc à la tête du client.

Je sais peut-être ce que vous êtes en train de vous dire derrière votre écran : « bon tu es bien gentil Florian mais on est pas sur BonneGueule pour lire un exposé sur le Printemps… »

Je sais, et vous avez raison. Le décor est planté, prenez place dans la Dolorean de Mc Fly : c’est parti pour un voyage dans le temps !

delorean-nouvelle-edition

Une pour chacun !

A la conquête de l’espace de l’homme !

Je ne vous apprends rien en vous disant que la mode féminine était déjà bien plus développée que la mode masculine.

Au Printemps, les premiers coups de ciseaux dédiés à l’homme furent portés en 1878 avec l’apparition du rayon confection. A cette époque, le prêt-à-porter qu’on connaît tous aujourd’hui n’existait pas (j’y reviendrai). La pratique est au sur-mesure et à la demi-mesure. Mais pas de grande folie non plus : un modèle (costume complet) est proposé à la vente en 1890.

On n'est donc qu’aux prémisses du marché de l’homme, on teste, on tâtonne. Bref, on y va doucement. Ce qui paraît impensable de nos jours, est totalement véridique à l’époque : les Grands Magasins comme le Printemps n’ont aucune légitimité sur le marché de l’habillement masculin. La place est occupée par les boutiques et les commerces de proximité. C'était l'époque où chacun allait voir son tailleur de quartier. Les choses ont beaucoup changé depuis.

Note : En 1993, les indépendants (les petites boutiques) représentaient encore 50% du marché européen de l’habillement alors qu’en 2006 leur part de marché est tombée à 22 % et ne cesse de décroître au profit des chaînes spécialisées. Un chiffre qui fait froid dans le dos.

Les tailleurs conservent la clientèle aisée, avec laquelle ils ont tissé une relation mutuelle de confiance grâce à leur savoir-faire et leur relation privilégiée (de bons commerçants avec le sens du client).

Kulturgeschichte / Handwerk / Bekleidungs- und Textilgewerbe / Schneider

Crédit : un atelier de tailleur pour hommes dans la première moitié du XIX ème siècle, lithographie coloriée (Museum Europäischer Kulturen, Berlin).

La Belle Jardinière, un magasin de nouveautés spécialisé dans la confection est déjà bien implanté. Elle attire la petite bourgeoisie (ce nom ne vous dit probablement rien et c’est normal). Pas facile pour le Printemps de se faire une place.

La_Belle_Jardniere_Paris

La Belle Jardinière à Paris à droite (actuellement le Conforama et le siège de Louis Vuitton) et la Samaritaine à gauche (fermée depuis 2005) font aussi parti des Grands Magasins.

La_Belle_Jardiniere_Nancy

La Belle Jardinière : l’enseigne spécialiste de la confection au XIX ème siècle est présente partout en France (ici à Nancy).

Rien de nouveau jusqu’à la Première Guerre Mondiale. Le Printemps continue progressivement d’élargir sa collection pour homme.

Après la première guerre mondiale, les choses vont s’accélérer. La mode masculine se fait moins austère et plus sophistiquée. La coupe des costumes se veut plus près du corps également.

Au delà du style, les modes de vie changent. On cherche à gagner du temps. Par exemple, l’homme ne veut plus passer trop de temps chez un tailleur où les prises de mesures sont longues et fastidieuses. Voici à quoi ressemblait le magasin du Printemps dans les années 20.

annexe_provenceSuite à l’incendie du Nouveau Magasin, l’Annexe Provence qui faisait office d’entrepôt, est transformée en magasin et va progressivement être dédiée à l’homme à partir de 1922. Au passage : pas mal l’architecture pour un entrepôt.

En 1921, le Printemps lance sa marque pour homme avec le complet autrement appelé « complet-veston » ou « costume ». Aujourd’hui, on parle également de costume 3 pièces composé d’un gilet, et d’un costume (veste + pantalon).

complet printempsUne coupe assez moderne pour l’époque, fruit d’une confection soignée. Mais le complet « Printemps » n’arrive pas à s’imposer. Sa raison principale ? Le Printemps est trop associé à la femme et ne trouve pas écho auprès des hommes.

pub homme printemps

Extrait d’un catalogue avec des titres plein de bon sens : « le luxe est une question d’argent, l’élégance est une question de goût » (tout à fait d’accord et d’autant plus vrai aujourd’hui)

Qui dit consommateur à la recherche du gain de temps, dit adaptation de l’offre pour répondre aux besoins et attentes des clients. Dans cette logique, le Printemps se sépare de beaucoup de fournisseurs et investit dans ses propres ateliers de fabrication.

atelier_clichy

Les fameux ateliers du Printemps. Pour info, Clichy se situe à côté de Paris.
Une situation géographique qui apporte gain de temps et réactivité sur les tendances !

atelier_intérieur

Le travail à la main est très présent, on est loin des productions industrielles d’aujourd’hui. La qualité s’en ressent.

Petit à petit, le Printemps s'aperçoit qu’il peut s’imposer sur le marché de l’homme.

C’est ainsi qu'est lancée en 1930, la marque homme du Printemps : Brummell. Un nom emprunté au faiseur de mode à la cour de George IV et un des pères spirituels du dandysme. Son raffinement extrême (on disait de lui qu'il cirait ses bottes au champagne) lui conféra le titre « d’arbiter elegantiarum (arbitre des élégances) » à la cour britannique.

Un choix de nom assez pertinent pour l’époque tant Brummell incarne l’élégance masculine que veut refléter la nouvelle marque du Printemps.

affiche Brummell

Une publicité de l’époque représentant l’effigie de la marque :
« un dandy dans l’attitude d’heureuse satisfaction de lui-même » 

A noter que le célèbre affichiste de l’époque Leonetto Cappiello signe cette affiche. Même s’il a été stylisé depuis, le dandy est encore le logo de la marque aujourd’hui. Et oui, la marque existe encore et demeure la seule marque des Grands Magasins à avoir perduré malgré son net déclin depuis les années 90. Après il faut savoir qu'elle taille vraiment large et s'adresse à une clientèle plus âgée que le lecteur type de BonneGueule.

Dès ses premiers pas dans les années 30, le succès est rapidement au rendez-vous.

stratégie marque

Le succès est tel qu’en 1937 des marques d’accessoires made in Printemps voient le jour
(les prix peuvent paraîtres dérisoires mais le niveau de vie n’a plus rien à voir avec aujourd’hui, l’inflation est passée par là).

look époque 30Un extrait d’un catalogue de l’époque. C’est brut et sans filet, l’homme sait ce qu’il achète.

On voit clairement que certains codes et techniques de confection ont traversé le temps grâce à de vieilles maisons de confection (dont on peut parfois parler sur BonneGueule). Celles-ci ont su préserver leurs savoir-faire. Ces maisons sont généralement méconnues du grand public car elles sont souvent les fournisseurs des marques haut de gamme et de luxe.

La coupe est certes plus ajustée aujourd’hui mais sachez-le : on invente plus rien ou presque de nos jours.

Le vêtement Brummell, c’est quoi ?

Pierre Laguionie, qui a succédé à Jules Jaluzot (ayant quitté le Printemps en 1905), était également un visionnaire. Il a su prendre le train à temps : le passage du sur-mesure à la demi-mesure, voir aux prémisses du prêt-à-porter. Je m’explique.

Pour gagner du temps, il a mis en place une méthode fabrication plus rapide et standardisée. Dans chaque mesure, on trouvait 5 dispositions et 5 longueurs possibles : plus de 260 tailles différentes pour s’adapter à toutes les morphologies (je vous laisse imaginer le nombre de références).

Chaque modèle était portable immédiatement, c’est ce qui a séduit un bon nombre d’hommes. A la différence du tailleur où le client devait attendre plusieurs semaines. Cela peut vous paraître totalement normal mais à l’époque, ça l’était beaucoup moins.

Côté qualité, Brummell proposait des vêtements issus d’une fabrication artisanale dont les processus de production ont été optimisés, tout en travaillant avec des tissus de très bonne qualité. Moins cher qu’un tailleur pour une qualité à peu près similaire : c’était un bon rapport qualité/prix.

Les Trente Glorieuses : l’apogée de Brummell

L’époque d’après-guerre jusqu’au début des années 70 a été marquée par une forte croissance économique et un accès à la consommation de masse. Je vous épargne les détails que vous connaissez déjà grâce à vos chers profs d'histoire.

Les secteurs d’activités s’industrialisent et la mode masculine également. En 1952, le Printemps lance la « mesure Brummell » c’est-à-dire « le sur-mesure au prix du prêt-à-porter ». C’est un peu ce qui revient dans l’air du temps avec la multiplication de marques qui se positionnement sur ce créneau. Rappelez-vous des tests de Saint-Sens, d’Emmanuel Berg ou encore Surmon31.

A l’époque le délai de livraison du costume était de 4 jours seulement. Comme quoi la proximité a du bon. Même aujourd’hui, on ne fait pas aussi bien !

mesure_brummellLes 2 services proposés par le Printemps via Brummell :
la collection « prêt-à-porter » lancé dans les années 30 et la mesure Brummell des années 50

L’année 1952 fût également marquée par la création de l’enseigne Brummell (ce n'est plus qu'une simple marque). Le Magasin Provence aka le Printemps de l'Homme d'aujourd'hui (vous l’avez vu en haut dans l’article) prend le nom de Magasin Brummell. Cette époque de consommation de masse a poussé le Printemps à simplifier son offre. A leurs débuts, les Grands Magasins proposaient toute sorte d’articles (de l’alimentation à la mode en passant par l’électroménager).

Le pari est gagnant, Brummell s’impose comme l’incontournable de la mode masculine sur les autres Grands Magasins.

1970 à 1990 : la folie du marketing et de la communication

 printemps70

A cette époque, Le Printemps est le seul Grand Magasin, via le Magasin Brummell, à avoir un espace entièrement consacré à l’homme. Le marché de l’homme est encore sous-exploité : dix fois moins de magasins pour les hommes que les femmes.

Pour se démarquer, les marques dont les Grands Magasins vont user des concepts marketing pour attirer le consommateur. Pour mieux comprendre, la série Mad Men, qui se déroule dans les années 60 à New York, illustre à mon sens assez bien cette époque. Ce sont les débuts de la publicité de masse et de la recherche d’identité et d’une image forte au sein des marques.

Le magasin Brummell, devenu trop petit et vétuste, va être agrandi et rénové dans les années 60.

mag brummell avant

Le Magasin Brummell dans les années 50 (avant les travaux).

aggrandissement brummell

Son projet d’agrandissement.

brummell travaux

Les fameux travaux.

brummel rénové

Et voilà le travail ! Vous commencez à reconnaître le Printemps de l’homme d’aujourd’hui ?

Pour la petite histoire, la façade retenue a été choisie pour son caractère intemporel qui reflète l’image Brummell. On a quand même 1380 plaques de marbre d’Italie. Le marbre est en vogue à cette époque, il est convoité pour sa beauté et noblesse. Encore une fois, aujourd’hui, c’est une autre affaire.

Vous vous demandez peut-être pourquoi il y a une marguerite dans le B ? Excellente question, parlons-en !

logo printemps brummell

Le Logo commun au Printemps et à Brummell. Comme je le disais, on commence à prendre en compte la nécessité d’imposer une image de marque forte (ce qui continue d’ailleurs aujourd’hui mais d’une autre manière).

La marguerite stylisée est présente autant dans le P que dans le B pour accentuer le lien de parenté. On l’a bien compris, le Printemps voit les choses en grand et veut s’imposer comme un géant du secteur. D’autant plus qu’un voisin sort de terre en 1969 : le Galfa Club (les Galeries Lafayette Homme). 

intérieur brummellL’intérieur du Magasin Brummell dans les années 70. C’est coloré (couleurs pop) et la marguerite est omniprésente !
Vous l'aurez compris, on est en pleines années disco.

Plus sérieusement, le Printemps communiquait sous la double enseigne Printemps / Brummell : la première pour la femme et la seconde pour l’homme.

Le Printemps continue son développement dans les années 70 en s’exportant sur l’hexagone comme à Toulouse par exemple : c’est la création de la chaîne Brummell. Au fait, j’ai oublié de le préciser mais Brummell est alors un multimarque, tout comme le Printemps de l’Homme aujourd’hui.

Aujourd’hui : une situation bien différente

brummell pub

Dans les années 90, Brummell tire peu à peu sa révérence. L’annonce du déclin se ressent par exemple dans les publicités. Brummell est de moins en moins mis en avant et laisse la place au Printemps.

Le Printemps est désormais associé à une marque mixte, et l’enseigne Brummell n’a plus raison d’être. En 1999, le Magasin Brummell devient le Printemps de l’Homme que vous connaissez aujourd’hui. Mais Brummell est gardé comme la marque homme du Printemps.

D’un point de vue stylistique, la marque est assez classique et la concurrence est rude avec les marques haut de gamme du secteur comme De Fursac. Contrairement à l’époque où la marque commercialisait des vêtements plutôt « mode », actuellement la clientèle de Brummell est plutôt cinquantenaire.

Aujourd’hui, les ateliers de Clichy n’existent plus (ils ont longtemps été le siège de la FNAC par la suite). Brummell n’a pas échappé à la vague de délocalisation de la production mais la qualité des costumes reste correcte.

Il faut savoir qu’actuellement, il est difficile de produire en France et avoir un prix à la vente compétitif. L’une des raisons ? La main d’œuvre est tout simplement plus chère qu’ailleurs pour un savoir-faire équivalent même si l’on conserve encore en France des spécialités reconnues comme la ganterie de Millau par exemple.

C’est pourquoi la production s’est largement internationalisée à travers l’Europe (notamment pour le haut de gamme). Des pays globalement moins riches dans lesquels, cette délocalisation de la production a progressivement transmis des savoir-faire de qualité. Ainsi, je suis régulièrement surpris par la qualité de confection d'ateliers polonais et roumains, dont le savoir-faire n'a parfois rien à envier à un atelier italien.

grand magasin printemps

vitrine printemps de l'homme

vitrine printemps haussmann

Les magnifiques vitrines du Printemps Homme que Geoffrey aime beaucoup.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont validés manuellement, mais tous sont acceptés et publiés avec une réponse (il faut compter 24h en moyenne).

  • hélas non, mais on va sans doute se croiser un jour ou l’autre 🙂

  • AlbanC

    Très complet, merci. Vous n’avez pas rencontré Tancrède de Lalun qui y est pour beaucoup dans l’évolution récente de l’évolution de l’offre masculine?

  • Aucun problème, on ne l’a pas mal pris et je comprends tes arguments.

    On parle souvent de business, c’est d’ailleurs un peu mon dada : https://www.bonnegueule.fr/pourquoi-il-ny-a-pas-de-pubs-et-daffiliation-sur-bonnegueule/

    Et le tiers du Bonnegueule Book II y sera dédié. Même si ce n’est pas la préoccupation centrale des lecteurs, c’est effectivement important.

    Mais ici on est sur un sujet polémique, donc autant attendre que les choses se décantent, qu’on découvre quelles infos qui circulent sont vraies ou fausses, et si il y a des choses à dire dans 1 an on le fera je te promets.

    Après sur l’opé ça n’aurait pas été fair play vis a vis des équipes communication et partenariats (Cédric et Thibaut), de l’archiviste (Xavier) qui a passé du temps avec nous, des merchandisers qui nous expliqué leur métier, etc… de mêler en mi-parcours des actualités qu’on ne peut pas vérifier à une opé que l’on trouvait intéressante en soi.

    Sur ce je te souhaite un bon week-end et je te dis à bientôt sur le site 🙂
    Geoffrey

  • Guillaume

    Ah non, mais je ne mets pas en cause votre honnêteté, ni le boulot derrière l’article, et je ne doute pas de la qualité de la soirée. Ce n’était pas mon but !

    Mais je trouve que cette question de ne pas parler d’un pan de la question parce que vous ne vous estimez pas légitimes pose question. Ça me fait penser aux discussion qui ont traversé le monde du jeu vidéo récemment, où les relations un peu incestueuses entre presse et grosses boîtes ont été mises en lumière, et où certains journalistes/blogueurs se sont retranchés derrière un discours « on n’y connaît rien/ça n’intéresse pas nos lecteurs » qui me semble évacuer un peu rapidement le problème. La comparaison s’arrête là, vous n’êtes pas en train de vivre la grande vie tous frais payés par le Printemps, pas de Doritosgate chez BG. Mais la frontière entre l’information un peu complaisante, et le publi-rédactionnel involontaire est ténu. J’ai en tête le dernier épisode de Mad Men, où Dow Chemical se paye une émission de variétés à la télé pour faire oublier qu’ils produisent le napalm utilisé au Vietnam (pour le coup, rien d’involontaire).

    Et le terme bon petit soldat était déplacé, désolé. Sans doute l’émotion d’imaginer BG transformé en vitrine commerciale !

    Et malheureusement, mon seul contact Bon Marché est à la Grande Épicerie. Enfin, c’est déjà très bien :p

  • BenoitBG

    Guillaume, on n’a pas touché le moindre euro pour écrire cet article et encore moins pour organiser la soirée. On l’a fait parce que ça nous semblait sympa de rencontrer des lecteurs dans un tel espace, avec autant de marques. C’est tout. Et crois-moi, ça ne s’est pas fait en deux mails, ça a demandé pas mal de boulot.

    Mais si tu veux nous organiser la même soirée dans le Bon Marché, ou si tu as des contacts là bas pour nous faciliter la tâche, c’est avec un grand plaisir qu’on te soutiendra 🙂

    Le rachat et la direction voulue par les quataris, c’est autre chose (en tout cas, quand nous l’avons appris, le projet de cette soirée entre le printemps, les blogs, nos lecteurs était déjà très avancé). Je suis d’accord avec toi que le fait de vouloir en faire un pôle ultra luxe est dommage, mais notre regard sur la mode ne nous permet pas d’aller plus loin. L’industrie du luxe est un milieu compliqué, et c’est très modestement que je te dis que nous n’avons pas la légitimité pour donner un point de vue pertinent sur cette actualité financière/sociale/corporate (trois domaines sur lesquels cela serait bien prétentieux de notre part de nous exprimer) même si encore une fois, je déplore ce que tu cites.

  • C’est bien évident qu’un article sur BonneGueule les arrange : ils n’organiseraient pas la soirée sinon…

    Mais encore une fois je ne vois pas le problème : il y a beaucoup des marques que nous aimons tous les deux dans leur sélection, les gens que j’ai rencontré étaient très cools, et les lecteurs présents ne tiraient pas particulièrement la gueule…

    Quant au Qatar, ce n’est pas mon problème. Si Le Printemps change en mal sous la houlette des nouveaux actionnaires, on en parlera plus, tout simplement. Mais aujourd’hui ils ont une bonne sélection, leurs employés (j’en connais parmi mes amis proches) ne se plaignent pas, et la direction est cool aussi, alors où est le mal ?

    Enfin, il n’y a aucun publi-reportage : comme d’habitude on n’a pas touché un rond, quand bien même on nous propose des deals de pub, d’affiliation, ou de publi presque chaque jour.

    A bientôt,
    Geoffrey

  • Guillaume

    Bon petit soldat parce que ce genre d’initiatives ne peut qu’améliorer l’image de marque de cette boîte, avec un effet d’occultation sur les dessous économiques et sociaux de l’entreprise.

    Autant j’aime bien les articles de découverte et de mise en avant des petites marques de passionnés, autant un article qui ressemble à une campagne de comm’ pour le Printemps, ça me hérisse le poil alors même que ce qui se profile à l’horizon, au-delà de la vente aux qataris dans des conditions…particulières, est une transformation radicale du magasin en un temple du luxe à destination des touristes étrangers (ça rappelle les Galeries, ou ce que veulent faire les GL au BHV) : suppression des espaces bain et enfant, réduction drastique des espaces lingerie, maison, beauté, quasi-doublement de la surface homme. Avec une suppression de plus de 200 postes de salariés, remplacés par des petites mains des marques de luxe avec des contrats bien plus précaires.

    Et l' »argument » « ça n’a rien à voir, on ne parle que de mode » me paraît bien spécieux. In fine, cet article avec un petit air de publi-reportage, sans parler de la soirée, ne peut que servir la direction du Printemps et ses objectifs.

  • merci, on va éditer cela !

  • Otan d’Onu

    « Cinquantenaire » … oups,Mr Grevisse préfère « quinquagénaire » in franch, ehehe. (Clin d’oeil)
    Je vous embrasse BonneGueule, ça me fait très plaisir cet article d’histoire. Merci à vous de m’avoir fait découvrir l’existence de la « Belle Jardinière » aussi. Très instructif.

  • Très bon sujet !

    exact, en quoi est-ce intéressant de cibler sur le rachat par des quataris ? … Surtout pour ce support !

    Franck
    Rédacteur en Chef de luxury-design

  • Je suis en plein dans les histoires des marques, j’ai trouvé cet article passionnant.

    Du coup pas compris le sens de la marguerite, pourquoi ce logo en particulier ?

    Et je trouve ca génial que BG s’associe au Printemps, c’est une étape de franchie ca.

    Je suis curieux de voir les looks !

  • ben

    La j’ai juste envie de prendre la De Lorean et remonter dans les années 70 pour aller faire un tour dans le magasin Brumell 🙂

  • jeremy bw-yw.com

    La soirée donne envie, mais bien plus encore : l’article est très intéressant. L’histoire du printemps et l’évolution de l’accessibilité à la mode pour les hommes sont des sujets qui se perdent malheureusement !

  • Guest
  • Theo

    Ah cette petite soirée m’intéresse 🙂

  • Salut Guillaume,

    Merci pour ton lien, je l’ai inséré dans l’article.

    Par contre il faudrait que tu développes en quoi faire un article sur une boîte français qui a un siècle et demi d’histoire passionnante, c’est être un « bon petit soldat ».

    Bonne journée,
    Geoffrey

  • Guillaume

    C’est sûr, c’est plus facile de participer à la comm du Printemps comme un bon petit soldat plutôt que de faire un article d’investigation sur les dessous du rachat par des qataris…
    http://www.mediapart.fr/journal/economie/020413/printemps-les-millions-de-commissions-promis-par-le-qatar