Kiliwatch – repaire de vendeuses tatouées et fabricant de jeans

Temps de lecture : 6 minutes

Euh Kiliwatch… c’est une friperie, du vintage, une marque ?

Kiliwatch est à la base une friperie parisienne, devenue multimarque avec le temps. Longtemps décriée à cause de ses tarifs prohibitifs pour de la seconde main, l’espace de vente a le mérite d’évoluer au fil des années.

Et cette évolution se traduit aujourd’hui par une ligne de vêtements en propre et qui commence à bien s’étoffer.

Présentation du rayon friperie

C’est ici que j’ai acheté mon premier blouson en cuir il y a 5 ans.

150 € pour une pièce avec un bon fit et qui m’a tenu dans le temps : plutôt pas mal. Bien sûr ce n’est pas le cuir le plus incroyable au monde (quelques irrégularités en différents endroits du vêtement), mais il a fait son effet et est encore d'attaque.

Toutefois je vous déconseille le cuir en friperie le reste du temps : trop hasardeux de trouver la bonne qualité. Et puis une veste en cuir doit se choisir un peu serrée pour s’adapter ensuite à votre morphologie en se détendant là où ça tire.

Cela dit on parle ici de blousons « vintage », en fait neufs mais confectionnés à base de matières premières revalorisées (chutes de cuir, anciennes pièces dépiautées). On peut donc être confiant sur leur durabilité.

J’y ai aussi acheté mes fameuses GAT (German Army Trainers) pour une vingtaine d’euros.

Ce sont des trainers (= baskets d’entrainement) qui étaient en dotation dans les armées allemandes et autrichiennes avant la chute du mur en 1989 (c’est à dire en hipster avant que Berlin devienne swagg.

On continue à en trouver pas mal dans les friperies et sur internet, bien que les stocks se raréfient et que les prix augmentent.

En tout cas c’est une bonne paire de baskets à tout faire. J’ai trainé les miennes sur 3 continents depuis 2 ans, et elles n’ont presque pas bougé.

Pour terminer le tour d’horizon de ce que ce genre de « friperie haut-de-gamme » peut vous apporter, je citerai encore les blousons chauds en nylon style pilote de chasse, les chemises de bucheron et tous les accessoires occasionnels type foulards ou nœuds papillons.

Et si je veux du neuf ?

Eh bien ils distribuent pas mal de marqués intéressantes à présent, notamment sur le jean et le chino.

En résumé, il y a 3 choses à retenir de Kiliwatch :

  • De la fripe de qualité, avec un gros travail de tri en amont, ce qui justifie en partie le premium facturé par rapport aux friperies concurrentes.
  • Des lignes de vêtements « vintage » (avec des vêtements recyclés) et d’autres « façon vintage » que nous allons découvrir.
  • Des vendeuses tatouées et dark dans tout le magasin. Au point que cela semble être leur critère n°1 de recrutement. Ça ne change rien aux vêtements, mais on approuve quand même.

Test des jeans « façon Vintage » Kiliwatch

Mais passons au test du jean semi-slim. Tout d’abord : oui, c’est un jean délavé. Ceux qui ont lu notre livre numérique savent les jeans bruts sont à prioriser quand on construit sa garde-robe.

Toutefois le délavage n’est pas à exclure :

  • quand le délavage est subtil (= proche d’un résultat naturel) et de bonne qualité (= pas de trucs vulgaires faits en 30 secondes à la javel ou au marteau piqueur).
  • quand il apporte (vraiment) quelque chose, comme ici quelques légères déchirures et un effet plus grunge que ce que vous obtiendrez par vous-même avec le vieillissement d’un jean brut.

Il faut tout de même garder en tête qu’un jean délavé coute plus cher qu’un jean brut (toute chose égale par ailleurs). En effet les actions entreprises pour vieillir le jean sont logiquement autant de temps de travail en plus en usine.

D’où l’impératif de mettre un peu de sous dans l'affaire (au moins autant que pour un jean brut de qualité équivalente). Et de garder en tête la maxime : « un jean délavé pas cher, c’est un peu comme ramener une fille chez soi sous éthanol et la découvrir sans maquillage au réveil ».

Qualité de la toile et du délavage

La toile est okay, standard, elle fait l’affaire. Elle est tout de même suffisamment bonne pour supporter les traitements infligés par le délavage (qui reste une usure, donc une agression de la matière).

La régularité de la trame est correcte, mais sans plus : pas trop de « traits verticaux » trop marqués. Comme le confirment les photos prises dans la balconnière (une innovation BonneGueule).

La toile est bien sûr plus fine qu’un selvedge : prévoyez donc une détente d’une bonne taille après quelques ports.

En quelques endroits, on retrouve aussi de l’usure sur le tissu. C’est très bien fait, c’est réaliste : je valide.

Qualité de la confection et détails

La confection est bonne, rien de particulier à souligner de ce côté-là. Coutures régulières, soignées, c’est OK.

À noter que l’usure infligée à la pièce n’a pas endommagé la confection. C’est pourtant un problème récurrent dans le jean délavé d’entrée et milieu de gamme.

Enfin, quelques petits détails sympas ont été maintenus, en dépit du prix honnête de la pièce :

  • les coutures en point chainette, et une fermeture éclair de bonne facture.

  • Un patch arrière d’une bonne qualité, pas un truc mis à l’arrache parce qu’il fallait bien en mettre un.

  • Et une attention portée aux couleurs de fil. Même si la couture aurait pu être un poil plus renforcée ici. Elle reste bien plaquée, mais bon, avec le temps on est devenu un peu exigeants sur le site.

Coupe du jean et expérience porté

Je m’attendais à ce que le jean détende pas mal, je l’ai donc pris serré (pour ne pas dire moulant) et je l’ai porté une petite semaine avant de prendre des photos après détente de la toile, dans ma chambre d’hôtel (car je suis trop lourd pour le bac à fleurs).

Une composition photographique très travaillée.

Bonne silhouette au global : le jean n’est pas tombé trop bas en se détendant à la taille. C’est un semi-slim, donc ça passe bien avec un haut un poil ample comme ce tshirt Kowtow (test à venir). J'ai été surpris par le fait que le jean tombe très bas dans le dos, léger problème de coupe selon moi.

Une fois porté, les délavages se retrouvent aux bons endroits de la silhouette : moustaches sur l’entrejambe, fishnets derrière les genoux, bon délavage sur la jambe. La première impression de « naturel » se vérifie.

Bilan du test du jean Kiliwatch

Au final on a un jean délavé bien pricé (99 €) pour ceux qui en auraient un peu marre du gros brut japonais. C’est sans doute une des bonnes surprises de la saison, et qui vient confirmer l’intérêt des productions de Kiliwatch.

Vous pouvez commander le jean du test ICI sur SoJeans.

A noter que d’autres jeans existent, dont un modèle en gris/rouille lui aussi réussi.

Laisse-nous un commentaire

Questions de style, points de vue perso, bons plans à partager ? Nous validons ton commentaire et te répondons en quelques heures.