Le Grand Comparatif des boxers : le très haut de gamme (Partie 3)

Temps de lecture : 15 minutes

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Après avoir traité, l'entrée de gamme dans l'épisode 1, et le milieu-haut de gamme dans l'épisode 2, il est temps de conclure ce comparatif par un dernier dernier volet...
Nous y voilà : le "très haut de gamme". Les boxers les plus chers, et à priori, les plus aboutis.

Je vous préviens : dans cette gamme de prix, il n'est plus vraiment possible de parler d'un "bon rapport qualité/prix". Pas parce que la qualité n'est pas assez bonne, mais simplement parce que le prix est bien trop élevé pour que ce soit à propos. Pour certains modèles, on pourrait même honnêtement parler de "luxe", tant pour le positionnement prix que pour le produit en lui même.

Et il est vrai que ces boxers coûtent une somme que la plupart d'entre nous n'oseront jamais mettre dans un sous-vêtement.
Cependant, chez BonneGueule, on aime le perfectionnisme et les matières de folie, ne serait-ce que pour le plaisir de les voir, et on est toujours curieux de connaître "ce qui se fait de mieux", pour chaque type de pièce dont on parle.

Je voulais donc que vous découvriez, avec moi, la réponse à la question suivante :

"Qu'est-ce qu'on achète comme produit quand on met plus de 50€ dans un boxer ?"

Rêvons un peu. Sans plus attendre, je vous propose de nous attaquer au...

Très haut de gamme : de 55€ à "vers l'infini et au delààààà"

Derek Rose

Prix : environ 55€  (soit 50£)

On démarre avec Derek Rose, une marque britannique qui se spécialise dans les vêtements d'intérieur haut de gamme. C'est à dire qu'ils proposent des pyjamas et des robes de chambre dont les matières vont du jersey de coton au très précieux cachemire, en passant par la soie, et même d'élégantes pantoufles en mouton retourné

En toute logique, la marque se devait de proposer une gamme complète de sous-vêtements pour compléter son offre. J'ai choisi de tester le modèle "Hipster", un boxer court, dans sa déclinaison "Ethan" en micro modal bleu.

Le boxer Derek Rose, vu de face et de derrière.

Toucher et main de la matière

10/10 (91% micro-modal, 9% élasthane) 

Sincèrement, c'est juste parfait en terme de feeling. Je ne vois pas comment ça pourrait être mieux.

Le toucher est exceptionnellement doux, souple et duveteux, et malgré l'absence de matières dites "naturelles", la main ne fait pas du tout artificielle. La matière dispose en plus de l'avantage d'avoir un splendide rendu visuel, avec un beau coloris bleu chiné très nuancé. Le stretch est absolument formidable aussi (peut-être trop présent pour ceux qui préfèrent un maintien très ferme, cependant), et rien qu'au toucher on sent à quel point ça respire sans problème, même par temps très chaud.

Mais du coup, le micro-modal, c'est quoi ? Hé bien c'est un type de modal dont les fibres ont été travaillées de façon a être particulièrement fines, ce qui explique leur douceur encore plus prononcée que sur le modal classique, qui est déjà une matière particulièrement douce et légère.
Et là il faut que je vous explique ce qu'est le modal, du coup... Petite parenthèse explicative.

Le très beau micro-modal du boxer Derek Rose.

Qu'est-ce que le modal ?

Le modal, c'est une fibre de la famille des "fibres artificielles", telles que la viscose (aussi appelée "rayon" en Amérique du Nord), le lyocell (dont le Tencel, présent sur le boxer Seagale, est un sous-type breveté et déposé par une marque), le cupro (dont le Bemberg est, lui aussi, un sous-type breveté...).
Bref, toutes ces matières que vous avez déjà vu dans vos doublures, ou dans des vêtements pour femmes à l'aspect particulièrement soyeux et fluide.

Le point commun de toutes ces fibres, c'est qu'elles sont créées à partir de fibres végétales reconstituées. Ces fibres peuvent provenir du bambou, d'eucalyptus, de l'écorce d'arbres, de plants de soja, ou même de branches de coton... Un grand nombre de sources possibles, donc, ce qui explique qu'elles soient souvent présentées comme écologiques (recyclables, utilisant potentiellement les déchets d'autres industries, etc...).

La raison pour laquelle elles sont à distinguer des matières dites "synthétiques", c'est que même si elles sont reconstituées en tant que fil à partir de procédés chimiques et industriels humains, les chaînes moléculaires qui forment la fibre sont celles qui ont été créées par la plante, et la nature.

En deux mots, cela leur confère un aspect, des propriétés respirantes et une douceur bien plus proches (sinon supérieures en certains points) des fibres naturelles, desquelles elles se rapprochent bien plus que des fibres "synthétiques", que l'on pourrait qualifier de plastiques, voire de "pétrochimiques" puisque dérivées du pétrole.

Le modal, quant a lui, est très proche de la viscose, à ceci près qu'il est travaillé de façon à pouvoir être plus fin et léger sans perdre sa résistance. Ce qui explique la grande douceur de cette fibre, et le fait qu'on l'emploie dans des sous-vêtements ou des tee-shirts plutôt que dans des doublures.

Après cette parenthèse, vous comprendrez donc que ce qui fait la valeur de cette matière, ce n'est pas tant la matière première dont elle est issue que le travail et l'innovation derrière les procédés utilisés pour la transformer. Difficile donc, de la comparer à du mérinos ou à un coton de très grande qualité, puisque pour ces matières-ci, la qualité initiale de la fibre fait une grande partie du boulot et explique en partie le prix.

Le modal d'un fabricant à la pointe de la technique sera bien plus convaincant et de bien meilleure qualité que le modal d'un fabricant moins compétent, alors que les deux utiliseront le même genre de fibres comme source de matière première.

Quoiqu'il en soit, ce micro-modal utilisé par Derek Rose est de loin une des meilleures matières que j'aie pu toucher durant ce comparatif, et remplit tous les critères de ce que l'on pourrait attendre d'une matière de boxer.

Aspect global et finitions

9,5/10

Les finitions du boxer Derek Rose. J'aime beaucoup la façon dont la ceinture a été cousue. Ça apporte une petite touche esthétique supplémentaire. Et le logo a été subtilement amené par la marque sans qu'on ait l'impression d'être une pancarte publicitaire.

Sincèrement, c'est presque parfait. Je ne peux pas mettre 10 car j'ai bien vu un minuscule fil dépasser quelque part, et que mettre 10/10 reviendrait à parler de "perfection", mais vraiment, on est pas loin. Couture très fines, très régulières, étiquette placée avec soin, intérieur impeccable grâce à la matière du boxer qui recouvre l'élastique.

Design (Good)

Juste ce qu'il faut de fantaisie pour que ça ne devienne pas trop non plus. La bande élastique blanche est parcourue de petites coutures bleues qui forment comme un motif géométrique, disposé tout le long de la taille. Le logo de la marque est habilement mis en avant par huit petites broderies ton sur ton d'une grande discrétion, formant les angles des lettres "D" et "R", de façon à ce que ce soit reconnaissable si on s'y attarde de près, mais que ça passe pour une simple décoration de loin. Je voudrais vraiment voir plus de marques de sous-vêtements utiliser ce genre de méthodes discrètes pour faire un compromis entre leur "branding" et la sobriété.

Et pour finir, la matière, très belle, participe évidemment à l'attrait visuel de la pièce.

Test au porté

Un super confort, comme le laissait présager la matière, et une grande liberté de mouvement pour ceux qui, comme moi, la trouvent préférable à un maintien très ferme. Notez que le boxer taille relativement grand, puisque je fais un S ici et que le M aurait été clairement trop grand.
Côté coupe, on est sur une longueur à peu près moyenne (très légèrement plus longue) qui conviendra à la plupart des morphologies.

Le boxer Derek Rose, porté par un mannequin, dans une version gris-bleu. Notez que de par ses cuisses très musclées, semble avoir pris une taille un peu plus grande que de coutume, ce qui expliquerait pourquoi le boxer paraît plus long que "moyen" sur lui, et pourquoi il est porté un peu plus haut sur la taille.

Test après cinq lavages (Good)

Rien n'a bougé. Rien à redire !

Lieu de confection et prix (Bad)

Encore une marque qui n'écrit pas le lieu de confection de son boxer, ni sur le produit, ni sur la page de vente du shop.

Et au prix où il est vendu, je trouve ça intolérable. Surtout que ça m'a l'air loin d'être un hasard, puisque l'étiquette dit "Designed with passion and expertise in London". Oui, d'accord  et... c'est fabriqué où, du coup ?

Bref, le seul point d'ombre de ce boxer que j'aurais trouvé autrement quasi parfait.

L'étiquette du boxer Derek Rose. Notez l'extrême propreté de l'intérieur de la ceinture grâce à la matière qui vient la recouvrir... Top !
Notez également le manque de transparence de la marque sur son lieu de confection... Dommage.

VERDICT

Excellent en tous points : esthétique, confort, matière, finitions... Mais je ne peux m'empêcher de rester méfiant à l'égard d'une marque qui en dit si peu sur le lieu de confection, en mettant plutôt en avant le "designed in".

Cependant, si ce n'est pas quelque chose qui vous gêne et que vous avez un budget conséquent, foncez, c'est un super produit.

Tom Adam

Prix : 55€

Le boxer Tom Adam gris, recto et verso.

Une petite marque très peu connue dont les seuls produits sont le boxer que nous allons tester et un maillot de bain.
La hasard fait bien les choses : au moment où j'ai commencé à dresser la liste des marques de ce comparatif, le fondateur nous a proposé de nous faire parvenir un exemplaire à tester. Voyant des boxers assez onéreux, mettant en avant une confection et une matière haut de gamme, j'étais intrigué par le positionnement prix de la marque.  Le timing était bon, et j'ai donc saisi l'opportunité de vous faire découvrir une nouvelle marque, tout simplement !

Le boxer Tom Adam en bleu, recto et verso.

Toucher et main de la matière

Coloris bleu : 9,5/10, coloris gris : 8,5/10 (modal 89%, élasthane 11%)

Zoom sur la matière du boxer gris Tom Adam.

Comme je vous l'ai dit dans l'épisode précédent, deux coloris peuvent parfois avoir un toucher assez différent sur la même matière !

C'est le cas ici : le bleu est extrêmement doux et agréable, respirant, au toucher naturel.... Le 1/2 point qui le sépare du micro-modal de chez Derek Rose s'explique par un toucher pas aussi "duveteux". La couleur est elle aussi très belle, un bleu "coblat" comme le dit très justement la marque, nuancé de petites fibres plus sombres.

Le gris est quant à lui plus "plat" dans sa couleur, et possède une main moins douce, moins duveteuse, bien que très bonne tout de même.

Zoom sur la belle matière du boxer bleu Tom Adam. Je la trouve plus intéressante que la grise.

Aspect global et finitions

8/10 Très bien fait, mais pas pour autant supérieur à ce qui se fait dans la gamme de prix de l'épisode précédent.

Les finitions du boxer Tom Adam, vues sur le modèle gris.

Design (OK/Good)

Celui-ci est assez quelconque, ça relève du boxer classique. Mais je mets "good" au bleu car le choix de matière lui donne un charme pas anodin : elle comporte de très belles nuances, et même quelques petits fils bleus foncés qui rappellent un peu le "nep" de certains chambrays japonais.

Test au porté

Taille très petit : la marque m'a fait parvenir un S et un M, et même le M m'est légèrement serré. Cependant, j'arrive aussi à passer le S sans que ce soit ridicule, il est juste inconfortable. Je dirais donc que la grande part de stretch permet une plus grande flexibilité entre les tailles. Quoi qu'il en soit, choisissez la taille au-dessus si vous hésitez.

La coupe est courte, donc je la déconseille aux grands et même à ceux qui ont des cuisses très volumineuses. Plutôt idéal si vous êtes petit ou éventuellement d'une taille moyenne.

Par rapport à la matière, le stretch ici est moins marqué que chez Derek Rose par exemple (malgré une part pourtant plus élevé dans la composition), ce qui donne un "maintien" plus ferme.

Le boxer Tom Adam gris porté par un mannequin. Je trouve que la coupe courte siérait mieux à quelqu'un d'un peu plus petit ou moins élancé.

Test après cinq lavages (Good)

Rien n'a bougé, que ce soit sur le gris ou le bleu. Rien à redire !

Lieu de confection (Ok)

Une confection Portugaise, qui vous l'avez compris, est le standard haut de gamme sur le sous-vêtement.

L'étiquette du boxer Tom Adam en bleu.
Le fondateur étant américain d'origine (il me semble), ce qui explique la maladresse dans l'utilisation du mot "Petite" pour traduire "taille small". Un détail qui fait m'a fait sourire.

VERDICT

Un bon produit bien fini avec une belle matière, mais je trouve ça tout de même un poil cher pour ce que c'est. Le modal est certes plutôt une matière haut de gamme dans le sous-vêtement (comparez les prix des boxers en modal les moins chers à ceux des boxers en modal les plus chers) mais il manque un petit truc en plus, ou une qualité vraiment superlative, qui permettrait de justifier les 20€ d'écart avec la plupart des boxers de l'épisode 2 du comparatif.

Zimmerli ("Coton Sea Island" et "Soie Charmeuse")

Prix : 102€ (modèle coton Sea Island) et 126€ (modèle en soie)

Le boxer en coton Sea Island Zimmerli, recto et verso.

La toute dernière marque de ce comparatif, et aussi la plus onéreuse.

"Zimmerli Of Switzerland" est probablement le nom le plus reconnu quand il s'agit de parler de sous-vêtements masculins de luxe. Comme Hanro, la marque a une histoire et une tradition suisse qui remontent à plusieurs siècles (les deux maisons semblent être des concurrents historiques). Mais contrairement à cette dernière, elle n'a pas délocalisé sa production, et continue de proposer une fabrication suisse.

Alors quitte à aller dans le luxe, j'ai décidé de ne pas faire les choses à moitié. On va ici tester deux modèles dans des matières de dingue : un boxer en coton Sea Island, le plus précieux au monde, et un surprenant boxer en "charmeuse de soie" !

Le boxer en "Soie Charmeuse" Zimmerli, recto et verso.

Toucher et main de la matière

Sea Island : 10/10 (100% coton) Hé oui, une matière en coton avec une douceur qui est proche de celle des matières artificielles les plus douces. Un stretch naturel bien présent alors que la matière n'a pourtant pas d'élasthane. Une main assez incomparable car son toucher est plus "vrai" et authentique que n'importe quel modal, malgré une douceur qui n'est pas supérieure.

Ça ne pouvait être que le coton Sea Island ! Comme je l'ai expliqué dans mon article sur Kalgati, le coton Sea Island est le plus rare (et cher) au monde, avec une production ne représentant que 0,0004% du total du coton produit sur le globe. Les conditions très particulières dans lesquelles il pousse, et les méthodes de cueillette à la main utilisées lors de sa récolte, lui confèrent une finesse et une longueur de fibre sans égal chez aucun autre coton. Par ici si vous voulez en savoir plus sur cette matière précieuse.

 

Zoom sur la matière du boxer Zimmerli en coton Sea Island.

Modèle en soie : Impossible à évaluer par absence de point de comparaison.
Figurez-vous que j'ai appris quelque chose que je ne savais pas, avec cette matière.

La "charmeuse" est un tissage spécifique à la lingerie (habituellement féminine), qui donne un rendu final satiné, très aéré et léger. On le retrouve aussi sur du coton ou de la viscose, mais ici, c'est bel et bien de la soie qui est utilisée.

Le toucher est assez incomparable à celui des autres boxers du comparatif. Ce n'est pas spécialement "doux", car la matière est tissée de façon très ouverte, et la douceur de la soie est très liée aux tissages lisses qu'on lui donne la plupart du temps. En revanche, vous avez l'impression de toucher quelque chose qui se rapproche d'un tissu de lin, mais en très noble, très satiné, extrêmement léger. Et pourtant assez robuste.
Les reflets que prennent la matière à la lumière sont malheureusement difficiles à retranscrire en photo.

En tout cas, tout laisse à penser que ça va respirer sans le moindre souci, vu l'ouverture du tissage. Et malgré le fait que ça ne soit pas si doux que ça, le contact de cette "charmeuse de soie" sur la peau est étrangement agréable car il ne se fait pas sentir.

Cependant, la matière comporte un sacré désavantage (ou avantage, selon votre point de vue)... que je vais vous expliquer dans la partie "Test au porté", plus bas.

Zoom sur le boxer en "Charmeuse de soie". On aperçoit le tissage assez ouvert de la matière, ainsi que la prise de lumière toute particulière de la soie, que les photos ne peuvent retranscrire fidèlement...

Aspect global et finitions

Modèle en Sea Island : 9,5/10

Une confection quasi parfaite. Mais seulement "quasi". Ici aussi, une malheureuse couture un tout petit peu moins droite m'empêche de mettre 10/10. La confection de boxer parfaite existe-t-elle, quelque part, en ce monde ? Nous ne le saurons jamais.

Les finitions du boxer Zimmerli en Sea Island. Notez le nom de la marque, brodé ton-sur-ton sur l'élastique.

Modèle en soie : 9/10

De par la difficulté que doit représenter le travail de cette matière au tissage très ouvert, la confection n'est pas aussi parfaite en terme de coutures que sur le Sea Island, mais reste exemplaire.  On ne peut nier le soin apporté aux détails  : les boutons situés sur la braguette sont de vrais boutons en nacre. Oui oui, rien que ça. De la nacre très blanche en plus, de toute première qualité. Sur un boxer, c'est ce que j'appelle "se faire plaisir".

Les finitions du boxer Zimmerli en soie, ainsi que son élastique.

Design (Ok / Good...?)

Modèle en Sea Island :  Rien à signaler, la marque ne se distingue pas dans son design, puisqu'elle est là pour affirmer son statut d'acteur historique, dans la maîtrise du "classique". Seul point notable : l'élastique du boxer se fend d'un "Zimmerli" en grande taille, mais qui a le mérite d'être brodé ton sur ton. Bon, c'est un peu moins subtil que ce qu'a fait Derek Rose, mais je comprends aussi que des clients achetant un tel boxer veuillent que la marque soit apparente...

Modèle en soie : Le style de ce boxer est vraiment particulier. Tellement que je ne saurais pas dire c'est bien ou non.

La coupe longue combinée à la braguette fermée par des boutons en soie rappellent le caleçon, et en même temps, la matière reste bien ajustée autour du corps comme un boxer. J'ai presque envie de dire que c'est un "boxer tailoring". Le genre de truc que vous porteriez sous un costume de grande mesure, pour faire les choses jusqu'au bout.

Une chose est sûre, ça ne sera pas pour tout le monde...

Test au porté

Modèle en Sea Island : C'est sacrément sympa d'avoir un coton pareil au contact de votre peau.

A part ça, c'est finalement un boxer comme un autre une fois porté. Notez la coupe courte convient plutôt aux petits ou aux moyens, et qu'il taille petit : je suis bien maintenu dans le M alors que je fais parfois un S.

Le boxer Zimmerli en Sea Island, porté par un mannequin. La photo est honnête pour le coup, car la face centrale est doublée, justement pour éviter la transparence. Et même de derrière, la transparence est très légère, rien de choquant, sauf peut-être pour les plus poilus d'entre nous, éventuellement...

Modèle en soie : Alors... Comment vous expliquer... C'est le moment du comparatif où vous pouvez rire un peu. Parce que, lorsque j'ai voulu tester un "boxer en soie", je n'avais pas forcément saisi la dimension "lingerie" qui se dissimulait derrière le concept.

Ce boxer est donc... Semi-transparent. On voit plus ou moins tout, mais en un peu flou.

C'est plus ou moins comme une chemise blanche 100% lin en été. Du coup je ne sais pas quoi en penser, honnêtement...

Clairement, ce n'est pas l'usage que j'en attendais, mais j'imagine aussi que c'est un peu voulu. Messieurs (et mesdames, du coup), sur un malentendu, je crois bien qu'une pièce de "lingerie sexy de luxe", pour homme, s'est glissée dans ce comparatif. Hé oui.

Niveau fit, la charmeuse de soie me semble tissée plutôt que tricotée, si bien que le boxer n'a pas l'élasticité habituelle d'un boxer. Du coup, il paraît beaucoup plus grand qu'il ne l'est réellement avant essayage. Mais il faut considérer que c'est un "fit" que vous remplirez sans faire intervenir beaucoup d'effet "stretch". Un peu plus comme un short extrêmement fin, souple et léger, que vous porteriez à même la peau, plutôt qu'un boxer normal.

Tout cela étant dit, on ne peut pas retirer à cette pièce le fait que l'enfiler est une expérience particulière. On a vraiment l'impression de porter un sous-vêtement "qui vient d'un autre temps", quelque chose qui rappelle l'époque où l'artisanat des choses précieuses était plus répandu. Rien que pour ça, je pense que je vais le garder quelque part dans mon placard.

La coupe longue assez particulière participe aussi à cette impression de "rétro" : ce boxer m'arrive à mi-cuisse ! Mais du coup avec la transparence, les considérations sur la morphologie qui ont été faites dans tout le comparatif ne s'appliquent pas nécessairement.

Bref, avis aux amateurs. Mais en tout cas, ne mettez pas ça si vous devez vous changer le jour même dans les vestiaires de votre salle de sport...

Le boxer Zimmerli en soie charmeuse, porté par un mannequin. Alors... Soit ce monsieur n'est pas constitué comme vous et moi, soit il y a eu un coup de Photoshop sur cette image, parce qu'en vrai, c'est plus transparent que ça.

Test après cinq lavages (Good)

Très légère perte de douceur sur le Sea Island, comme sur tous les cotons, mais le toucher reste exceptionnel.

La soie n'a quand à elle pas bougé.

Lieu de confection et prix (Good, mais...)

L'étiquette du boxer Zimmerli, en coton Sea Island... Fait en Suisse !

Good, mais c'est EXTRÊMEMENT CHER, pour les deux modèles. Alors évidemment, c'est fait en Suisse.
Vous aviez remarqué que le made in France était cher, et qu'on en trouvait très peu. Hé bien maintenant, regardez à quel point on trouve peu de made in Switzerland sur le vêtement. Et dites vous que c'est souvent encore plus cher à faire.

Mais par contre, contrairement au made in France, c'est si rare de le voir sur le vêtement que les quelques exemples de travail suisse que j'ai pu voir sur le textile, le cuir ou l'accessoire ont tous été synonymes de bonne, voire d'excellente qualité. Je ne pense donc pas que notre secteur (contrairement à celui de l'horlogerie) connaisse de "Swiss Washing" à l'instar de ce qu'on voit parfois chez nous avec le made in France.

Bref, on salue la qualité du travail et la préservation d'un savoir-faire textile local et historique, dans un pays où il se fait toujours plus rare. Mais tout le monde ne poussera pas ces salutations jusqu'à sortir le portefeuille...

L'étiquette du boxer Zimmerli, en "soie charmeuse"... Fait en Suisse aussi.

VERDICT

Je ne sais que dire. La qualité des deux boxers est une exagération en elle-même. Leur prix aussi. C'est plus ou moins la définition d'un vrai produit de luxe.
Et pour ce que je pense de celui en soie... Hé bien je ne sais pas toujours pas trop quoi en penser. Peut-être qu'avec la bonne lumière je... Non ? Bon, non, en effet.

Je pense en tout cas que si vous achetez des boxers Zimmerli en soie ou en Sea Island, vous êtes soit très fortunés, soit vous devez faire votre "coming out"... de tant que passionné de vêtement et de textile !

Le mot de la fin

"Bon, mais concrètement Nicolò, selon toi ça vaut vraiment le coup, des boxers aussi haut de gamme ? Ou même des boxers milieu de gamme ?"

Hé bien, tout dépend de ce que vous recherchez. Vous l'aurez bien compris tout au long des épisodes de ce comparatif : on paye plus cher pour une petite augmentation de la valeur ajoutée, un léger plaisir supplémentaire, une couture un peu plus propre, une matière un peu plus agréable...

Alors contrairement aux pièces en cuir, à un manteau d'hiver, un costume, ou à des chaussures, non, je ne dirais pas qu'acheter un boxer plus haut de gamme c'est "faire un investissement important". Et certainement pas que c'est "indispensable à votre style". Loin de là.

Pour peu que vous n'en achetiez pas de trop mauvais, vous vous en sortirez très bien avec des boxers à 5 euros toute votre vie, et il est fort possible que personne ne remarque jamais la différence.

Cependant si vous êtes un perfectionniste passionné de vêtements, dont l'intégralité de la garde-robe a déjà atteint un niveau poussé, et que vous ne voulez pas être en reste sur vos boxers, pourquoi pas. Ce ne sont pas des pièces jetables non plus contrairement à ce que certains pensent, car avec un lavage respectueux, vous pouvez espérer plusieurs années d'usage sur un boxer bien fait.

Et si vous avez l'envie et les moyens de vous offrir un petit plaisir superflu, ça marche aussi.

Ou encore, si vous êtes très attentifs à l'éthique, au lieu de fabrication et un peu méfiants des multi-nationales pas toujours très transparentes sur leur façon de travailler...

Bref, je pense que chacune de ces raisons sont bonnes à partir du moment où elles le sont, pour vous.
Quoi qu'il en soit, vous avez maintenant les clés en main pour faire votre choix, à tous les budgets.

À vous de jouer !

Nicolò Minchillo Nicolò Minchillo

Moi, c'est Nicolò. Chez BonneGueule, je m'occupe des tests de marques, et évidemment de faire des vidéos de conseil avec Sape m'en Cinq. À côté de ça, je prête parfois main forte au pôle produit pour qu'on développe des vêtements inspirés, dans de super matières.
J'aime la funk, le jiu-jitsu brésilien, le bacon, les manteaux majestueux, les blousons en cuir et les belles boots.

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  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Nicolas !

    Comme je l’ai expliqué dans le premier volet, le but n’était pas d’inclure des sous-vêtements à motifs ou à couleurs vives 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Ben de toutes façons un boxer à ce prix là, qu’il fait en Thaïlande ou en République Tchèque, tu payes une marge très importante quoi qu’il arrive.

    Derek Rose c’est pas vraiment une marque axée sur le rapport Q/P, c’est plus une marque qui propose des produits niche qui font rêver 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Ewan !

    Pas du tout pour le coup 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Greg !

    > « predominantly » pour ne pas dire « parfois en thaïlande »

    > « May I point out that all our products are sourced, designed and manufactured to the highest specification and quality irrespective of the country of manufacture and all our partners are audited on a regular basis to ensure this. »

    Très bien les gars. Dans ce cas, écrivez-moi où c’est fait et enlever moi le « designed in London » qui est volontairement trompeur, surtout quand il n’est accompagné d’aucune autre mention.

    Cette réponse ne me satisfait pas, personnellement, dans le sens où elle ne répond pas au fait que 1) Le pays de fabrication n’est pas ouvertement assumé 2) le client est induit en erreur.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Nico !

    Le terme est vague. Cela désigne généralement fibres synthétiques, parfois recyclées, dont la fibre a été produite sous forme plus fine (de la même façon qu’il y a une différence entre modal et micromodal)

    Ca ne te dit pas grand chose du coup, parce que selon que ta microfibre provienne de polyester, de polyamide, d’acrylique, d’une matière « artificielle » comme expliqué dans l’encart, ou même d’un mélange de celles-ci, les propriétés vont varier.

    Personnellement, quand j’entends « micro-fibre », je pense à ces serviettes un peu moches qu’on utilise pour le sport et leur capacité d’absorption et de séchage plus élevée, mais qui ont aussi un toucher « doux » mais étrangement désagréable car très synthétique.

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci à toi Vince 🙂

    Oui c’est sûr, si on peut se le permettre, pourquoi s’en priver, surtout dans le cas où ça soutient de belles entreprises !

    Ca doit être un peu fragile également haha ^^

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Paul !

    Merci beaucoup 🙂

    Ah bah ça, heureusement, j’aurais eu un sacré dilemme pour le Zimmerli en soie sinon.

  • Paul

    Bonjour, puisque vous citiez Dakota Jonhson dans 50 nuances pour illustrer la marque Hanro, on peut rajouter son compagnon de film, Jamie Dorman, pour Derek Rose.

    Sinon bravo pour ce tour de force de Nicolo qui fait trois articles sur les sous-vêtement sans jamais poser dans l’un d’eux 😂

  • Vince48

    Merci pour ce troisième volet, même si le sujet se situe en dessous de la ceinture:-)
    Quand tu as beaucoup d’argent, voire un budget illimité, tu ne vas pas t’acheter des calbuts Uniqlo, il faut toujours trouver la plus belle coupe, la plus belle matière.
    A une époque on trouvait des sous-vêtements en cachemires au bon marché sans que je me souvienne de la marque.
    Cela a t-il une incidence sur le transit ou la qualité olfactives des flatulences, je ne saurai le dire…
    En tout cas ça doit être grave agréable à porter.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Arthur !

    J’ai jamais testé les tees Zimmerli. Tout ce que je sais, c’est que le débardeur de wolverine dans le film est un Zimmerli haha :p
    Pour le reste, je ne peux pas t’aider plus que la page de vente du site ^^

    Le tee shirt blanc ultime ? Ca dépend de ce que tu cherches dans un tee blanc. Ca pourrait très bien être un tee blanc japonais avec une matière qui a plus d’aspérité 🙂

    Mais si tu veux du Sea Island oui, Zimmerli me semble être une bonne idée.

  • Nicolò – BonneGueule

    « Sans faire le féministe de base….Il existe des centaines de possibilités pour les nanas tant au niveau des formes, des coloris, des textures…il doit bien y avoir possibilité de faire des choses aussi pour les hommes….Je suis tjs étonné de voir que les femmes doivent faire attention et que finalement les hommes on s’en fout un peu plus…. »

    Attention, c’est selon moi une erreur de raisonnement que tu fais là : tu assignes au marché des choix « moraux » alors qu’il ne fait que suivre une demande pour des raisons économiques 🙂

    C’est un peu comme quand je lis que quelqu’un se sent discriminé parce qu’il n’y a pas assez de tailles plus petites / plus grandes ou de coupes qui lui vont. (Alors que les marques ne font que produire de façon à aller au plus grand nombre car c’est ce qui est rentable avec les contraintes du prêt à porter)

    Cela dit la demande en question peut être motivée par des choix moraux (ou un culture de société) mais du coup c’est aux consommateurs de changer ce qu’ils veulent, pas aux marques de créer cette demande. (Elles s’adapteront aussitôt avec une offre dès que la demande sera visible, ça c’est certain)

  • Jérôme

    salut, merci pour ta réponse.
    oui oui je parlais de réussir à faire des sous vêtements qui sortent un peu du tryptique bleu, blanc, gris….sans aller vers du mauvais avec des imprimés avec têtes de mort ou des petits nounours…. 🙂

    Sans faire le féministe de base….Il existe des centaines de possibilités pour les nanas tant au niveau des formes, des coloris, des textures…il doit bien y avoir possibilité de faire des choses aussi pour les hommes….Je suis tjs étonné de voir que les femmes doivent faire attention et que finalement les hommes on s’en fout un peu plus….

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci beaucoup Hub Jam 🙂

    Ahhh je ne savais pas du tout pour Hast, je vais jeter un oeil !

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci beaucoup Hub Jam 🙂

    Ahhh je ne savais pas du tout pour Hast, je vais jeter un oeil !

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Jérôme !

    « Autre question, je suis très étonné de voir que niveau boxers les marques ne sont pas des plus créatives….On retrouve tjs les mêmes boxers gris,blanc, noir, bleu….Est ce que c’est moi ou les marques manquent de créativité ? »

    Si ce sont mes articles que tu prends en exemple, y’a un biais dans le sens où j’ai volontairement choisi d’éviter les boxers hyper chargés en motifs (que je qualifierais de « rigolos ») et en couleurs flashy.

    Après si on parle juste de textures et de variété de nuances de couleurs, tu n’as pas tort, les marques ne misent pas vraiment là dessus. Je pense qu’il n’y a juste pas de demande en fait.

  • Nicolò – BonneGueule

    J’ai un ami hier qui m’a parlé de boxers en cachemire hahaha…

  • Chris

    Dans le haut-de-gamme, il ne me semble pas qu’il y en ai d’autres de toute manière, donc pas de liste à rallonge. A moins qu’un jour Loro Piana fasse des boxers en vigogne, je ne pense pas que d’autres marques se rajoutent à ta belle liste. 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Régis !

    Simple question de volume total de marques traité, il fallait bien arrêter la sélection quelque part ^^

    Merci pour ton retour !

  • Nicolò – BonneGueule

    « Sachant que Hircus n’a pas de grosses boutiques à payer comme Uniqlo ? »

    Uniqlo amortit bien plus facilement ses coûts pour une raison toute bête : les économies d’échelle (plus tu produits, moins ça coûte cher à produire)

    C’est d’ailleurs en partie grâce à ce phénomène (à un niveau bien moindre évidemment) que BonneGueule a pu baisser quelques prix à un moment 🙂

    Plus une marque vend, plus c’est facile de faire pas cher tout en faisant de la qualité (mais cela dit si tu fais de la qualité bof en vendant énormément tu fais une marges encore plus énorme hahah. D’où le fait que toutes les marques ne soient pas Uniqlo)

    https://www.bonnegueule.fr/dossier-quel-est-le-prix-reel-dun-vetement-et-quels-sont-ses-couts-caches/

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Chris !

    Haha oui je sais qu’il n’y a pas tout mais il fallait bien arrêter la sélection un jour. J’irais peut-être voir ces deux marques 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Ce n’est pas écrit tout simplement. :/

    Que ce soit le cas où non, à la fin, c’est pas normal de « laisser supposer » au client. Pas à ce prix.

  • Canard49

    Bonjour,
    Derek rose fait (faire) ses pyjamas et robes de chambre en République tchèque (sauf le très haut de gamme encore britannique), ce n’est pas la même chose pour les sous-vêtements?

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Anon !

    Trop simpliste. Si c’était aussi simple qu’un classement… 😉

    Mais même s’il y en avait un, je sais pas si je mettrais le Supima si haut. Je trouve qu’Uniqlo la ramène trop avec ça, c’est pas le saint graal non plus.

    Bien avant ça en tout cas, il y a les différents coton Gizeh égyptiens, certains cotons chinois (paraît-il)…

    Et en plus, comme je l’explique sur l’article sur le denim, certains cotons pas adaptés à des matières aussi douces ont d’autres pièces où ils sont plus valorisés (cotons américains ou australiens sur le denim par exemple) pour d’autres caractéristiques.

    Pour coton du zimbabwe, je ne le vois utilisé qu’en denim ou matières apparentées comme des canevas bien bruts, donc il doit y avoir une raison particulière.

  • Anon

    Bonjour,
    Par rapport à la qualité des cotons, pourrait-on dire que:
    Sea Island > supima > pima > coton du zimbabwe ? Il y a t il d’autre sorte de coton ?

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Marc !

    Ainsi que pour ta suggestion aussi 🙂

  • Marc Estephane

    Alors Nicolò j’avoue que je ne connaissais pas du tout Tom Adam. Un grand bravo pour ces 3 articles. Il était temps que ce sujet soit traité!
    Petit conseil aux lecteurs: Pour ceux qui veulent du 100% coton chez Zimmerli, essayez le 222 Business class. Un coton exceptionnel, un confort et une tenue top. Ils sont dans les 68-70 euros. Certes 70 euros pour un boxer ça peut paraître beaucoup, mais les bijoux de famille méritent toujours ce qui se fait de mieux!