Test : Vicomte A. le test vérité + interview vidéo d’Arthur de Soultrait

31

Je vous le confesse, jamais je n'aurais pensé écrire un dossier concernant Vicomte A. sur BonneGueule.

Et encore moins interviewer son dirigeant Arthur de Soultrait (d'ailleurs, lisez la liste des publications de son ancêtre, ça vaut le détour. Georges de Soultrait était décidément quelqu'un qui aimait écrire du contenu pointu et unique) !

Vicomte_arthur-Une-640x960

Portrait d'Arthur de Soultrait, dans son style dandy fétiche et avec son fidèle compagnon au regard énamouré.

Ma rencontre avec Arthur de Soultrait

Ma rencontre avec Arthur remonte donc au Pitti 86, en juin 2014, via Benoit Carpentier de Marchand Drapier ; dans un petit restaurant florentin.

J'ai été surpris par Arthur, car il a un vrai goût des petites marques et aime rencontrer de jeunes créateurs. D'ailleurs, il est amusant de constater que la plupart des créateurs dont on parle sur BonneGueule ont déjà conversé plusieurs fois avec lui, ce dernier étant visiblement très curieux et attentionné pour leur travail (au-delà de son image médiatique, c'est quelqu'un avec beaucoup d'écoute et de bienveillance).

Il m'a ainsi demandé très franchement ce que je pensais de sa marque ce soir-là, étant très attentif aux retours qu'il peut obtenir de la part de personnes "dans le milieu".

Pour moi, la réponse était claire : je ne me reconnaissais pas du tout dans cette marque, tant dans ses valeurs (que je pensais connaître), que dans ses produits (que je pensais connaître bis). Mes arguments étaient simples : le côté preppy / BCBG très coloré, le nom de la marque, ses campagnes de communication axées sur des rallyes ou des tournois de polo ; bref, rien ne me parlait.

vicomtea-k0c4636

Intérieur d'une boutique Vicomte Arthur : une couleur omniprésente, mise en valeur avec les murs blanc et un univers un peu décalé avec ses animaux empaillés.

Sauf que quand on se trompe, il faut savoir le reconnaître. Et je le reconnais, j'ai eu le préjugé un peu facile concernant Vicomte A.. Mais avant de vous expliquer, on va tout reprendre à zéro...

Je vous laisse d'abord regarder cette interview où Arthur parle de son parcours, avant d'aborder la partie test produit.

Vous apprendrez que le démarrage n'a pas été facile, qu'il est lucide sur ses erreurs et qu'il reste encore très conscient des axes d'amélioration.

Qui est Arthur de Soultrait, fondateur de Vicomte A. ?

Il n'en demeure pas moins que la réussite entrepreneuriale est indéniable, car il est la preuve qu'une marque de vêtements en France peut se développer en plusieurs années tout en restant indépendante. Il faut ensuite rendre à César ce qui est à César : qui, parmi nous, peut se targuer d'avoir voulu monter une boîte à 21 ans, et d'avoir fait ses armes en faisant du porte à porte ? On ne peut pas lui reprocher cette énergie qu'il a d'entreprendre.

Pour lui, tout a commencé il y a une dizaine d'années, aux Etats-Unis, plus précisément en Caroline du Nord. À l'époque, il est stagiaire dans le cadre de ses études supérieures, au sein d'une entreprise qui, malheureusement, fait faillite. Dès lors, ses parents l'encouragent à se débrouiller seul : il décide alors de se lancer dans le porte-à-porte, afin de vendre ses propres cravates (j'ai été surpris de découvrir que Gilles Masson lui a filé un petit coup de main au tout début du début).

Sa volonté et sa dégaine à la française séduisent immédiatement ses interlocuteurs, et on l'encourage très vite à lancer son propre business. Finalement, suite à une importante commande, Arthur se constitue un capital qui va lui permettre de créer sa société pour de bon.

L'histoire du nom de la marque est un peu particulière. C'est un de ses amis américains qui le pousse à utiliser son titre de noblesse comme nom de sa marque. Ce mentor américain, le malicieux Jay Myers, a joué un grand rôle dans la naissance de la marque. Arthur lui en sera éternellement reconnaissant, au point de l'interviewer en vidéo (regardez-la vraiment, cela fait plaisir de voir l'énergie d'un tel personnage). Vous découvrirez que le nom de la marque, que l'on pourrait penser pompeux, est en fait un tout autre (et beau) message.

Arthur de Soultrait, PDG de la marque VIcomte A. Palm Beach-Paris.

Arthur s'amuse allègrement à se jouer des codes classiques, et rhabille George de Soultrait.

Vicomte A. : du polo à l'élargissement de gamme (chemises, chinos, cardigans)

En 2005 (il y a 10 ans donc ! ), la marque de prêt-à-porter « Vicomte A. Paris-Palm-Beach » voit le jour en Floride, puis à Long Island. La marque s’exporte par la suite en France et ouvre son premier point de vente sur la rive droite parisienne.

Aujourd'hui, elle compte près de 350 points de vente à travers le monde, dans les villes réputées "show-off" : Deauville, Palm Beach, Saint-Tropez... S'il est indéniable que ce sont des points de vente plutôt prestigieux, ce fut, à mon avis, aussi une faiblesse pour Vicomte A, car cela a polarisé l'image d'une marque peu être un peu trop élitiste, surtout face à un public français qui déteste tout ce qui a une connotation "clinquante".

Le succès est cependant tout de suite au rendez-vous : et presque 10 ans plus tard, le chiffre d'affaires 2013 atteint 17,5 millions d’euros, une évolution impressionnante en l'espace de si peu de temps et très rare dans le prêt-à-porter masculin français !

Au départ, l'offre produit se compose exclusivement de polos homme bicolores, qui ont divisé les foules (n'aimant pas les polos à la base, c'est le genre de produit qui ne me parle pas).

shinymen-Vicomte_A-1

Les fameux polos bicolores de chez Vicomte A... Voilà concrètement ce qui ne me parle pas (et mon premier contact avec la marque il y a quelques années).

Avec un positionnement prix "haut-de-gamme abordable", Arthur élargit ensuite sa gamme aux chinos, cardigans, pull-overs et surtout aux chemises. À cette époque, la marque s'adresse exclusivement aux hommes (la collection Femme n'a été lancée que lors de la Collection Automne / Hiver 2013). Les vêtements sont agrémentés de couleurs fortes et vives (d'ailleurs, le fuchsia est la couleur favorite d’Arthur). Si l'utilisation des couleurs très vives devint la signature de la marque, c'est aussi l'élément qui fut le plus critiquable chez Vicomte A, car le plus reconnaissable.

N'oubliez pas, après des années où l'expression "bling bling" a été utilisée à toutes les sauces, le client français veut de la discrétion. J'ouvre une parenthèse, mais c'est quelque chose que je déplore tellement, ne serait-ce que pour les nombreuses possibilités flamboyantes que j'ai vues au Pitti en janvier dernier.

Cela dit, il y a un aspect sur lequel la marque n'a pas assez communiqué à mon avis, c'est l'envie de faire la qualité à un prix abordable. En effet, il a fallu que j'aille interviewer Arthur pour apprendre qu'il utilisait du coton pima pour les polos (made in Lima, au Pérou) ou des tissus Albini et Thomas Mason. Je le ne savais pas du tout avant. Et comme on va le voir dans instant, une autre montée en gamme des matières se joue en coulisses...

Mon avis sur le style de la marque Vicomte A.

La cible de Vicomte A, à la base, ce sont les jeunes gens de bonne famille, entre 25 et 35 ans. En effet, sa communication met en avant une jeunesse un peu élitiste, au style dandy / preppy, mais un peu "rebelle dans l'attitude", légèrement irrévérencieux. Mais comme vous vous en doutez, la majorité des clients français ont horreur de tout ce qui touche de près ou de loin aux codes "de bonne famille". Encore un élément qui, à mon avis, a provoqué un certain clivage non voulu de la marque, et qu'Arthur a envie de changer.

vicomtea940x360

Pourtant, la vérité est ailleurs, et j'avais mal compris la communication de la marque. Si on peut effectivement y voir un aspect bonne famille, les valeurs qu'Arthur a voulu exprimer sont plutôt l'audace, la liberté, et surtout un certain humour à se mettre en scène dans des situations insolites, comme la campagne en moto cross, l'impressionnant tracé de Simon Beck, ou encore celle du breakdancer qui danse au Louvre.

Certaines ambiances sont même inattendues chez Vicomte A, comme cette vidéo dans de grands espaces sauvages où le décor est très dépouillé (de la nature, et rien d'autre !), mais où la musique et les mannequins viennent rappeler que la marque n'est pas là pour se prendre au sérieux.

Vicomte-A_IMG_1448

L'illustration du côté décalé que veut apporter Vicomte A. à ses shootings.

Elle s'apparente ainsi à des marques comme Ralph Lauren ou Tommy Hilfiger, dans ses campagnes publicitaires, mais en plus rafraîchissant.

Voyons maintenant les vêtements en détails. Comme je l'ai dit, j'avais pas mal de préjugés sur les collections Vicomte A : trop de couleurs voyantes ou trop de logos par exemple. C'est donc avec beaucoup de curiosité (et, avouons-le, un soupçon de dédain) que j'ai enfilé un blazer et un pantalon Vicomte A.

Test du blazer Vicomte A. en flanelle bleu marine

boutons blazer vicomte A

Notez le dessin en pointe de la poche, plutôt original.

IMG_0692

Je ne suis pas fan des empiècement blancs en alcantara, un peu trop évident. Pour rappel, l'alcantara est un tissu qui a un toucher très doux, presque comme du velours.

Voyons d'abord le positionnement de la veste. Sur l'e-shop, la version 100 % laine est à 325 €.

Important : la mienne était un peu moins chère (sous les 300 € je crois), mais elle a un mélange 80 % laine et 20 % polyamide. De visu, le mélange fait totalement illusion et imite une jolie flanelle à un prix évidemment plus accessible. Les 20 % de polyamide sont en proportions trop réduites pour en avoir les inconvénients : la matière reste soyeuse et prend bien la lumière. De plus, elle ne fait pas spécialement transpirer.

coudière blazer vicomte A

Les coudières sont en 100 % laine. Même si ce style me parle peu, c'est un élément caractéristique d'un vêtement preppy.

À ce prix là, pas de surprises, on est sur un thermocollé (il semble impossible de proposer du semi-traditionnel en dessous de 300 €, je n'en ai jamais vu), mais il est de bonne qualité. Vicomte A doit absolument maintenir cette qualité dans cette tranche de prix, et ne surtout pas descendre en-dessous car pour quelques dizaines d'euros en plus, on peut déjà commencer à trouver du semi-entoilé chez d'autres marques.

boutonnière blazer vicomte A

Oui, les boutonnières sont ouvertes, un bon point !

Cela dit, il y a quelques détails haut-de-gamme franchement bienvenus pour ce prix là : les boutonnières des manches sont ouvertes, il y a une parmenture généreuse, et tous les bords de tissus visibles sont bien gansés (cela demande plus de travail que de poser une doublure normale). Je dois me rendre à l'évidence : le prix, au regard de ce que j'ai vu, est correct.

IMG_0702

La parmenture (= le pan de tissu où sont cousues les poches intérieures qui remonte jusqu'aux aisselles), la demi doublure en papillon, et les coutures gansées sont des finitions haut de gamme.

Une fois essayée, c'est la grosse surprise : cette veste est parfaitement bien coupée ! Le cintrage est parfait, et mon étonnement vient de la coupe du dos, qui est tout simplement impeccable.

Arthur ne m'avait pas menti quand il m'avait dit accorder la plus grande attention à la coupe de ses vêtements et il m'est bien difficile de trouver un reproche dans ce sens. C'est d'ailleurs l'une des vestes qui me va le mieux dans ma garde-robe, jamais je n'aurai pensé dire ça d'un vêtement Vicomte A.

Amende honorable de ma part encore une fois !

IMG_0655

La carrure est nette et sans plis, et le cintrage bien travaillé : je valide la coupe ! (en guest star, notre jean BonneGueule Kurabo qui se délave jour après jour ) !

dos blazer vicomte A

Peu de choses à reprocher au niveau de la coupe du dos... La cambrure est proprement soulignée.

Parlons maintenant du design : c'est en même temps la force et la faiblesse de la pièce.

Il y a un vrai côté preppy qui ne me parle pas (cf les empiècements en alcantara), étant habitué à la sobriété d'une veste Husbands, ou au côté plus créateur d'une veste Marchand Drapier. Mais c'est une affaire de goûts personnels.

On est sur un design particulier, que l'on pourrait trouver chez Hackett, si vous aimez ce genre d'univers. Cela dit, Vicomte A. semble décidé à explorer des pistes plus épurées, comme nous allons le voir dans un instant...

Test du pantalon Vicomte A.

chino vicomte A.

Veste Hèdus, chemise Outlier, sneakers Lanvin, et lunettes de soleil pour faire râler Geoffrey (il condamne l'usage de solaires dans les shootings quand moi je l'encourage !).

Après la bonne surprise de la coupe de la veste, c'est donc avec un regard neuf que j'ai enfilé ce chino, en laissant de côté mes préjugés. La bonne impression se confirme, la coupe est très soignée (surtout au niveau des fesses en ce qui me concerne) et je suis agréablement surpris par les finitions.

IMG_0715

Ceci est une anglaise avec un point d'arrêt.

IMG_0714

Le dessin des poches arrières est plutôt original et le logo est très discret (une bonne chose !).

Pour le coup, si j'étais moins convaincu par le design du blazer malgré la coupe et la jolie matière, on est ici face à un bon produit sur tous les plans, avec un prix très correct (moins de 120 euros pour un chino). La matière est un coton avec 1% d'élasthanne ce qui lui donne un côté stretch confortable.

Enfin, les finitions sont vraiment soignées : coutures gansées, travail sur le dessin de la poche, anglaise ouverte avec point d'arrêt dans le bas du dos, attache avec deux boutons et cette jolie finition bleue au niveau de la ceinture (ce n'est pas tout à fait une ganse). Il est impossible de prendre ce chino en défaut.

IMG_0724

Les coutures sont gansées, un détail que j'apprécie beaucoup.

IMG_0717

La finition où le bord de la ceinture est en bleu est bien visible ici. Notez également la jolie bande de tissu légèrement texturée tout autour.

Il n'y a donc pas grand chose à reprocher à cette pièce car que ça soit le prix, le design ou la coupe, tout est satisfaisant. Une bonne surprise !

Le renouveau de la marque avec Taïga Nomura

La marque n'avait cependant pas fini de m'étonner, car en allant au Pitti en Janvier dernier, Arthur a tenu à me présenter son nouveau directeur artistique (= la personne qui dessine les vêtements ! ), le japonais Taïga Nomura.

Après avoir fait ses armes dans la section knitwear (= vêtements tricotés) d'une maison française de luxe (indice : c'est l'une des marques de prêt-à-porter françaises les plus chères), c'est désormais lui qui est en charge des collections à partir de l'hiver 2015 / 2016.

Ce n'est donc pas lui qui a composé la collection d'été qui arrive en magasin, il va donc falloir attendre un peu avant de voir son travail en boutique (après les soldes d'été 2015) !

Vicomte A.

Oui, ça c'est du Vicomte A... Tout est plus épuré et élégant. La tenue aurait pu se trouver sans problème dans le lookbook d'un créateur haut de gamme.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que son influence "maison de luxe" a fait du bien à la marque. Elle s'est détachée des designs preppy très... premier degré dirons-nous, pour s'épurer et se rapprocher doucement de designs à la Gant Rugger.

Influence japonaise oblige, j'ai apprécié voir quelques liserés selvedge au niveau des poches ou des cols de certaines chemises.

Visiblement, Taïga souhaite apposer un sceau "qualité" dans son travail. Il me semble même avoir aperçu quelques matières techniques. Les mailles étaient d'ailleurs prometteuses et Taïga, au vu des contraintes d'accessibilité de la marque, s'en sort très bien.

Il y a certes un mélange 80 % laine et du synthétique, mais j'ai vu du 100 % laine et des grosses mailles bien sympathiques, cohérentes avec le positionnement milieu de gamme de la marque.

Aussi, il a rendu le logo plus discret, ce qui était une vraie nécessité selon moi pour que l'image de marque de Vicomte A. monte en gamme.

vicomte A. veste

La chemise à motifs est joliment encadrée par les tons neutres de la veste et de la cravate. Et les empiècements ostentatoires des poches ont complètement disparu ! On est face à une silhouette beaucoup plus haut de gamme en terme de design.

Vicomte A. : une marque pour qui ?

Vicomte A, contrairement à ce que je croyais, n'est pas un uniquement une marque de polos. Évidemment, ils sont toujours présents sur le site (une marque ne peut pas se couper d'un coup de sa clientèle historique), dans des couleurs et des tailles de logos que je ne porterais pas, et on aurait bien du mal à vous les conseiller sur BonneGueule.

Mais petit à petit, les pièces changent.

La marque semble bien partie pour réussir sa mutation. Si la qualité, au regard du prix, était satisfaisante (encore une fois, je fais amende honorable), le design global avait encore une belle marge de progression, et Taïga semble très prometteur à ce sujet.

Sur la collection de l'hiver prochain, il y a plusieurs pièces que je me verrais facilement porter. Le virage avait été amorcé cet hiver avec notamment une parka qui avait joliment interprété un design vintage.

Alors, finalement, à qui s'adresse la marque ? Elle me fait penser, en terme d'univers, à un Ralph Lauren à la française. Tous ceux qui sont attirés par le style preppy coloré à un prix accessible devraient au moins faire un tour dans une boutique Vicomte A, car j'ai été surpris par le soin apportées aux coupes et à certaines matières (il y a du Albini ou du Thomas Mason sur les chemises par exemple).

maxresdefault

On reconnait bien le style preppy ici, même sous une girafe.

Il y a toujours des éléments de la marque qui me laissent de marbre (le côté "people" de la marque, cet univers de sport haut-de-gamme, etc.) mais en tant qu'insatiable curieux de la mode masculine, il serait dommage que je m'arrête à ça.

Je vous conseille également de suivre l'évolution de Vicomte A., car c'est souvent un sujet passionnant que de voir une marque évoluer et mûrir face à des problématiques d'image (je compte d'ailleurs écrire prochainement un article sur ce sujet).

Le mot de la fin

Dernière chose, j'aimerais finir ce dossier sur une note un peu plus personnelle : il est facile dans ma position d'amateur de lookbooks minimalistes de dire que la marque n'est pas assez ceci ou cela, que l'image de marque joue trop sur le polo, mais il y a un moment où il faut respecter une chose, c'est que la personnalité de la marque est finalement totalement cohérente avec Arthur, et il ne cherche pas à cacher quoique ce soit.

Vu qu'il adore le polo, c'est tout à fait normal qu'il utilise les codes de cet univers, pourquoi l'en empêcher ? Alors que mon travail consiste à répéter aux hommes de s'assumer, d'être fiers de leur image et de porter enfin ce qu'il leur plaît, loin du carcan des jugements des autres, pourquoi conseiller à Arthur de faire le contraire ?

maxresdefault-2

Arthur et un de ses mannequins lors d'un shooting de campagne de pub : en mode décontracté, t'as vu !

Comme le disait Jay Myers dans la vidéo, le monde de la mode est rempli de personnes qui s'inventent une identité, où qui cherchent à être quelqu'un d'autre.

Arthur, quand il aime la motocross, il décide d'en faire une vidéo avec ses vêtements, qui seront allègrement salis. Idem pour le ski. Difficile d'être plus spontané, et beaucoup d'autres marques gagneraient à se décontracter de la sorte.

C'est peut-être ça le plus paradoxal chez Vicomte A. : alors qu'elle se traîne une image élitiste, c'est une marque avec une communication bien plus ludique et sincère que les autres.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont validés manuellement, mais tous sont acceptés et publiés avec une réponse (il faut compter 24h en moyenne).

  • Loic

    Oui je suis d’accord avec toi Nicolo, j’ai retourné le problème dans tous les sens, c’est difficile à porter. Merci pour ton retour, en tout cas. Le bonjour à toute l’équipe 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Loic !

    Honnêtement le rouge vif c’est une couleur que l’on conseille par petite touche. Personnellement j’ai toujours trouvé que ça faisait tâche dans les tenues, sauf si tu adhères vraiment au full preppy super bariolé. (Et encore, je trouve que pour ce style là les tons pastels sont plus chouettes)

  • Nicolò – BonneGueule

    Il vient de me le confirmer 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Marc !

    Je pense qu’il avait pris son 48 habituel (mais je ne suis pas sûr qu’il ait encore le blazer pour vérifier.)

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Romain !

    Pour les questions de sizing, je te conseille de demander directement à la marque. Ils sont mieux placés que nous pour te répondre 🙂

  • BenoitBG

    J’ai vu la prochaine collection pour l’hiver prochain, et franchement, ils sont vraiment sur la bonne voie. Ils vont devenir le Hackett à la française en plus accessible.

  • RafikBG

    Merci pour ce retour complet Erwann !

  • ConstanceBG

    Cher lecteur,
    Bien au contraire, notre avis sur SuitSupply est plutôt positif, comme en témoigne ce test que nous avons effectué l’été dernier : https://www.bonnegueule.fr/test-des-costumes-suitsupply-le-vrai-constat/

    Ce que Benoît dit est simplement qu’il faut faire attention aux photos qu’on peut voir sur les sites des marques, car lors des shootings, les vêtements sont souvent recintrés sur le mannequin…

    Quant à Vicomte Arthur, c’est une marque qui a son style propre, mais de là à dire que c’est vulgaire… C’est une question de goûts et de couleurs bien sûr ; mais il est vrai que la prochaine collection d’hiver marque un changement dans l’identité de la Maison.

    Bonne journée à toi

  • RafikBG

    Anecdote très intéressante, merci Frédéric !

  • RafikBG

    Merci pour ce bel esprit d’entraide les gars !

    Frédéric, je te conseille d’également regarder du côté des marques spécialisées dans le jean : Nudie ou Wrangler, par exemple, proposent des modèles intéressants 🙂

  • ConstanceBG

    Merci d’avoir partagé ton avis sur ce modèle !
    Bonne fin de journée

  • BenoitBG

    Je veux bien pour SuitSupply, mais si tu veux essayer ça en boutique en France, c’est pas pratique ! Par contre, ne te laisse pas avoir par les photos de SuitSupply, les shootings sont faits avec des épingles dans le dos des vestes pour les recintrer.

  • BenoitBG

    C’est exactement la même réflexion que je me fais sur les différences de patronnage avec les femmes, mais je pense tout simplement qu’il y a moins de différences sur les tailles de bras chez les femmes, alors que chez les hommes tu peux avoir du très fin et tu très bien musclé. Chez les femmes, il y a moins d’écart j’ai l’impression, ce qui me fait penser que c’est plus simple de proposer des manches fittées en PAP de masse.
    Ca dépend du type de vêtement aussi. J’ai une veste de smoking avec des manches bien fittées, et franchement c’est pas super confortable quand tu plies le bras. Idem pour ma veste en shearling de chez Chevignon qui se veut fittée. Me concernant, il y a un moment où je ne suis pas prêt à rogner sur du confort pour avoir 1 cm en moins de circonférence de manche.

  • BenoitBG

    Et oui, le problème, c’est que l’esprit de la marque peut être très vite mal interprété, mais j’ai été assez surpris de leurs dernières campagnes de communication, cf la motocross ou le tracé dans la neige.

  • BenoitBG

    Incroyable en effet ! Et sur des pièces plus habituelles de la marque, tu as d’autres alternatives de ce genre ?

  • BenoitBG

    Pour avoir fait quelques protos sur nos pièces avec des manches bien fittées, je t’assure que c’est pas évident du tout, car dès que tu touches à la largeur de la manche, il faut bien soigner l’emmanchure, sinon c’est très inconfortable et ça peut emmener un point de fragilité. Bref, on dirait pas comme ça, mais offrir des manches fittées, c’est très technique ! April 77 j’y avais pas pensé, mais tu dois pouvoir y trouver ce genre de pièces !

  • Oui, on est d’accord, mais je pense que cette franchise et cette montée en gamme progressive sur le produit et le design est à saluer.

    D’autant que je ne vois pas beaucoup de marques qui auraient accepté ce type d’interview.

    Alors de notre côté on regarde la suite avec attention 🙂

  • DGreenleaf

    Intéressant ! Mais tout ça donne plus l’impression d’une belle réussite entrepreneuriale que de celle d’un amoureux des fringues ou du design : Il l’avoue lui même, il ne commence que maintenant à s’y intéresser un peu . Ca me confirme ce que je pensais de cette marque en fait .

    Après si virage il y a, on pourra regarder à ce moment là, mais pour l’instant …

  • BenoitBG

    Franchement, non. Les autres trucs que j’ai essayé étaient trop dans le délire workwear donc assez larges… Peut-être chez Naked and Famous à la rigueur ?

  • Théophile Barbin

    Modeste retour sur Ted Baker : j’en ai une élégante paire de bottines qui me tient aux pieds depuis deux ans. La qualité n’est pas exceptionnelle, mais le travail de la ligne, les finitions et le cuir sont honorables. Je crois les avoir eues en soldes autour de 120€. Enfin, après un tour sur le e-shop, le style me parle bien : anglais un peu décontracté, dans la droite lignée de Monsieur London (mais en 5 fois moins cher ^^)

  • Frederic

    Tiens, je me suis acheté la même veste en denim Hèdus que toi, Benoît.
    Belle coupe, épaules et « chest » impeccables, mais manches baggy hélas. Du moins à mon goût. Connais-tu des créateurs proposant des blousons en denim bien fittés, y compris au niveau des manches?

  • BenoitBG

    Intéressant ton retour, c’était ce que je pensais aussi. Justement, quelles sont les autres marques que tu conseilles dans cette gamme de prix ?

  • BenoitBG

    Oui, je suis tout aussi curieux que toi de voir comment cette collection va être accueillie !

  • BenoitBG

    Oui, c’était pareil pour moi, mais la marque prend un virage plus sobre et mature visiblement.

  • BenoitBG

    Marque je connais malheureusement assezmal en terme de produit…

  • Hummmmmm… Honnêtement, je ne suis pas encore convaincu. C’est une marque danger pour moi, un peu comme Tommy Hilfiger. Du bon, du moins bon, à vous de trier et à ne jamais acheter les yeux fermés. C’est aussi un surf sur des finitions hauts-de-gamme pour certains produits pour attirer le chaland et tromper le critique à mon sens. Le plan est sûrement de se recentrer sur des gammes identifiables, comme le font d’autres marques dont Hugo Boss mais qui ont tendance à noyer l’acheteur pour prétexter une tarification différente et souvent injustifiée. Reste aux e-shop le soin de sélectionner ce qui de la marque leur semble présentable ou pas. Mais ce n’est pas une marque correct à mes yeux.

  • Nicolas Boulle

    Ça me fait penser à la marque Ted Baker, très présente au UK !

  • Chris

    Merci pour cet article, qui me permet de découvrir Vicomte A. sous un tout nouveau jour.
    A voir les pièces présentées pour la collection AH15-16, aucun doute j’irai voir leur collection dans quelques mois.

  • Alcandre

    C’est marrant j’ai suivi le parcours exactement inverse avec cette marque. J’avais d’abord touché un polo, sans connaître la marque plus que ça, et la qualité m’avait séduit. Mais en me renseignant un peu plus… ouh là ! Couleurs criardes et jamais accordées, gros logos bien visibles, et des boutiques dans lesquelles je me sens en complet décalage avec la clientèle.

    Personnellement, tout ça m’a fait fuir, mais je vais suivre avec curiosité l’évolution à venir de la marque.

  • BenoitBG

    Tout à fait ! Dans ce cas là, les boutonnières sont placées à assez haut, donc il y a un peu de marge pour la retouche.

  • flop94

    Juste un point, concernant les boutonnières opérationnelles. C’est certes un détail qui renvoie à du haut-de-gamme (puisque ‘est sensé venir du sur-mesure), mais attention, sur du PAP, ça peut vite devenir un handicap, car cela impose que toute retouche au niveau de la longueur de manche se fasse par le haut, ce qui demande un retoucheur compétent (ils sont rares) et un prix plus élevé (80-100€ contre 20 par le bas je dirais)