Dossier : L’art de la patine des chaussures en cuir

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Note de Benoît : nous avions déjà présenté Jacques & Déméter à travers une interview, il y a quelques années. La marque a beaucoup évoluée depuis, tant en terme d'élargissement de gamme que de style.

Le but de Valentine et Maxime (créateurs de la marque) est resté le même : bénéficier du savoir-faire français réputé dans la fabrication du soulier.

Nous reviendrons très prochainement sur Jacques & Déméter à travers un article test.

Maxime, grand passionné de la patine, a tenu à nous transmettre son savoir-faire à travers cet article. Il nous explique tout !

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Vous l’avez souvent lu ici : l’avantage d’investir dans des vêtements de qualité c’est qu’ils vont vivre et se bonifier avec le temps. Ce qu’on appelle la patine désigne la variation des teintes et couleurs que vos jeans, chaussures, etc. prennent en vieillissant.

Mais, depuis quelques années, pour les chaussures (et les objets en cuir par extension) certaines personnes s’amusent à pratiquer une patine artificielle.

Le phénomène a pris tellement d’ampleur qu’il en est devenu un art à part entière avec ses adeptes, ses experts et bien évidemment ses détracteurs.

Cela consiste, avec une technique bien particulière et qui demande beaucoup de pratique, à jouer sur les contrastes et teintures ; afin de donner un aspect unique à vos chaussures.

Note : l’article est axé sur la patine des chaussures, mais vous pouvez faire la même chose sur vos ceintures, sacs et autres pièces en cuir !

La patine artificielle, ça vient d’où ?

On attribue l’invention de la patine artificielle à Olga Squeri (plus connue sous le nom d’Olga Berluti). Alors que dans les années 80 les souliers pour hommes sont noirs, marrons ou bordeaux pour les plus originaux, elle a l’idée de développer l’art de la patine afin de proposer des chaussures uniques, qui ressemblent à l’homme qui les porte.

Patine Berluti

Des tons pastels caractéristiques des patines Berluti et du cuir Venezia.

Selon la légende, en « constatant l’influence de la lune sur la dépigmentation du cuir », elle eut l’idée de développer (en étroite collaboration avec une tannerie) un cuir brut au tannage mixte, minéral et végétal : le cuir Venezia ; qui est une exclusivité de Berluti. Ce cuir est connu pour sa capacité à absorber joliment les teintures et ainsi donner aux couleurs la transparence si caractéristique des chaussures de cette Maison.

Bien que plus adepte de la patine naturelle, ce sujet m’a toujours intéressé et je me suis même amusé à tenter l’expérience de la patine artificielle. Elle permet de redonner une seconde jeunesse à une paire de chaussures en fin de vie ou simplement de personnaliser une paire dont vous vous êtes lassé. Certains, passés maîtres dans l’art de la patine, peuvent faire des miracles sur une vieille paire de souliers.

Restauration avant/après Patine

Sur cette paire de C&J, Paulus Bolten a réussi à faire des miracles. Impressionnant, non ?

Je vais donc maintenant vous expliquer comment réaliser une patine, de A à Z, en décrivant avec le plus de précision possible toutes les étapes et les produits utilisés.

Avant cela, voici quelques précautions à prendre :

  • L’art de la patine n’est pas évident à réaliser. Je vous déconseille donc de vous lancer, pour votre première fois, sur une paire de chaussures que vous aimez bien. Entraînez-vous sur une paire qui a déjà fait son temps et qui ne vous fera pas pleurer lorsqu’elle sera bonne à jeter, étant donné que votre première patine à peu de chance d’être une œuvre d’art.
  • Des petites quantités : il est bien plus simple de rajouter que de retirer ; alors allez-y doucement sur les doses de produit.
  • Une chaussure dont le cuir est naturellement clair sera plus facile à patiner. Je vous expliquerai plus loin que vous pouvez patiner le cuir noir mais c’est bien plus compliqué.
Patine ame d'artiste

Réaliser une patine, c’est révéler votre âme d’artiste !

  • Armez-vous de patience ! Une patine c’est long. Par exemple il faut parfois plusieurs heures pour simplement bien décaper le cuir. Laissez vos chaussures sécher entre chaque étape. N’espérez pas réaliser une patine complète en 30 minutes, c’est tout simplement impossible !
  • Évidemment si vos chaussures sont en cuir "bookbindé" (cuir de mauvaise qualité souvent recouvert de plastique) ou en simili cuir, cela ne sert à rien de tenter de les patiner. Il faut un cuir avec une couche de protection inexistante (cuir naturel) ou la plus fine possible (cuir pur aniline).
  • Avant de faire toute la chaussure, faites un petit test sur une partie pas trop visible (cambrure intérieure par exemple) afin de voir comment le cuir réagit. Chaque patine est unique car chaque cuir réagit différemment ; donc renseignez-vous avant de vous lancer. Prudence est mère de sûreté comme on dit.

Comment réaliser une patine sur une paire de chaussures ?

Les précautions de base ont été détaillées et vous êtes prêt à sacrifier sur l’autel de l’expérience artistique une de vos paires de chaussures.

Alors entrons à présent dans le vif du sujet !

Les variations possibles étant limitées par votre imagination, je vais essayer de vous donner autant de pistes que possible, mais vous pouvez bien sûr en trouver d’autres. Ce que je vais décrire ici est plus un fil conducteur ; mais je vous invite à vous en écarter afin de laisser s’exprimer votre âme d’artiste !

De plus, la patine, comme l’entretien des chaussures en cuir, possède presque autant de chapelles que de pratiquants.

Le matériel nécessaire pour une patine

Materiel patine

Oui, la patine demande un peu de matériel... Les petits pots de confiture sont très pratiques pour mélanger les différentes couleurs de teintures.

Pour réaliser une patine vous allez avoir besoin de :

  • Une paire d’embauchoirs,
  • Un chiffon,
  • Un décapant (acétone ou décapant Saphir),
  • De l’alcool à 90° (qui joue le rôle de gomme en cas d’erreur),
  • Différentes teintures (je vous conseille les teintures françaises au drapeau de chez Avel),
  • Crèmes et pâtes à cirer (Saphir classique et / ou médaille d’or),
  • Des outils pour la réalisation du dessin : pinceau fin, large, à poils durs et souples, chiffon, éponge, pistolet, mèche de coton, etc. Tout dépend de ce que vous souhaitez faire.

Comment patiner le cuir d'une chaussure ?

Avant toute chose, vous avez bien évidemment protégé votre plan de travail, mis un beau tablier et des gants. N’oubliez pas que vous utilisez des produits qui sont permanents et que vous souhaitez, normalement, les utiliser uniquement sur vos chaussures : ne négligez pas ces protections.

De plus certains produits peuvent être très nocifs, notamment la javel : des lunettes de protection ne seront pas de trop, tout comme une pièce bien aérée.

Vous pouvez protéger vos semelles, l’intérieur des garants et le fond de la chaussure avec du scotch de peintre. Personnellement, je ne le fais pas. Cela vous oblige à vous concentrer et à garder de la précision dans vos gestes.

Pensez également à ce que vous souhaitez faire en amont. Les teintures de la marque Saphir (les plus couramment utilisées) ne sont pas disponibles dans une variation de couleur aussi large que les crèmes. Vous avez le choix parmi neuf teintes, trois couleurs primaires et une base éclaircissante. Il faut ensuite jouer au magicien des couleurs afin d’obtenir ce que vous souhaitez.

triangles complementaires

Les triangles complémentaires vous permettent de visualiser les teintes que vous pouvez obtenir avec les 3 bases primaires, du noir et la base éclaircissante.

D’ailleurs, lorsque je vous ai dit précédemment que "la seule limite est votre imagination" : j’ai menti. Le bon sens en fixe d’autres. Par exemple, n’espérez pas transformer vos chaussures noires en marron clair.

Décaper ses souliers

Même si vos chaussures sont fabriquées avec un cuir naturel, cette étape est obligatoire, longue et fastidieuse ! Cela va permettre de retirer toutes les anciennes couches de cirage, crèmes ainsi que l’apprêt de finition du cuir qui empêcheraient la teinture de bien pénétrer.

Decapage acetone

À droite : la chaussure dans son état d’origine, à gauche : celle décapée à l’acétone. Ce produit marche très bien. En revanche, il est très volatile donc pensez à imbiber votre chiffon régulièrement.

Avant d’appliquer le décapant, passez un coup de brosse pour retirer les grosses poussières, puis un chiffon humide afin d’avoir une surface bien propre.

Cette étape est sans doute la plus simple mais aussi la plus risquée. En effet, les produits utilisés peuvent avoir des conséquences désastreuses sur le cuir de vos chaussures. Prenez le temps et allez-y par couches successives afin de voir comment le cuir réagit, en le laissant sécher 15/20 minutes entre chaque application.

Dans un premier temps, je vous conseille d’utiliser le décapant Saphir ou, à défaut, de l’acétone et... de l’huile de coude ! Le décapage c’est physique et, avec un chiffon, il va falloir frotter énergiquement.

Dans le cas de chaussures en cuir noir, ces produits ne vont pas suffir à décolorer suffisamment le cuir, et vous ne serez donc pas en mesure de les reteinter. Il va donc falloir utiliser, en dernier recours et de façon exceptionnelle, de l’eau de Javel (vous pouvez aussi passer à la Javel des teintes très foncées qui n’ont pas, selon vous, été assez décapées).

L'eau oxygénée est une bonne alternative à la Javel dans un premier temps : moins efficace mais moins dangereuse.

Décapage cuir noir-1

Cette paire à été décapée d’abord à l’acétone, puis dans 3 bains de Javel de plus en plus concentrés. Ici, vous les voyez dans leur état de départ...

Notez que l’eau de Javel n’est pas bonne pour le cuir, elle le brûle. Il va donc falloir agir avec précaution :

  • Préparez-vous psychologiquement à mettre de l’eau de javel sur vos chaussures,
  • Décapez vos chaussures avant ! Utiliser de l’eau de javel ne vous dispense pas de (bien) les décaper avant. La Javel c’est le dernier recours ! Même sur du noir, le décapage va attaquer la couleur. Surtout, si la chaussure n’est pas parfaitement décapée, la Javel n’aura pas (ou peu) d’effet,
  • Appliquez l’eau de Javel avec un petit pinceau brosse, afin de mettre des petites quantités sur le cuir. Vous pourrez répéter l’étape autant de fois que nécessaire plutôt que d’en mettre trop d’un coup et de brûler toute la fleur du cuir. Sachez par ailleurs que frotter avec un chiffon ne sert à rien, et que l’utilisation d’un pinceau vous permet aussi de mieux cibler les zones sur lesquels vous souhaitez accentuer la décoloration,
  • Pour le premier passage, utilisez de la Javel diluée : 50% eau et 50% Javel,
  • Si vous jugez que la décoloration n’est pas suffisante pour ce que vous souhaitez faire, utilisez de la Javel de moins en moins diluée. Attention : cela signifie qu’elle est de plus en plus agressive avec le cuir,
  • Laissez agir entre chaque passage de Javel. L’effet n’est pas forcément immédiat (de quelques minutes à quelques heures selon le cuir), donc surveillez vos chaussures comme du lait sur le feu,
  • RINCEZ encore et encore en les frottant délicatement. Si vous ne le faites pas suffisamment, la Javel continue d’agir et va provoquer des dégâts irréparables sur le cuir,
  • Enfin, laissez sécher une bonne nuit au minimum.
Décapage cuir noir-2

Après un décapage à l’acétone et 3 bains de Javel de plus en plus concentrés : voici le résultat. La Javel fonctionne très bien mais, une fois encore, attention car c’est un produit qui peut ruiner votre paire de chaussures.

Ceci est la seule solution pour décolorer du cuir noir teinté dans la masse. Cependant, elle n’est pas sans conséquence : la Javel abîme le cuir ; ce qui aura une incidence sur la durée de vie de votre paire de chaussures. C’est pourquoi il est important de bien définir en amont le résultat souhaité, car il ne sera peut-être pas nécessaire de complètement décolorer le cuir.

Pour obtenir une décoloration uniforme sur une paire en cuir noir, il y a de fortes chances que vous deviez procéder à plusieurs bains de Javel, en insistant particulièrement sur certaines zones. Pensez à rincer à chaque fois.

Faites sécher vos chaussures sur embauchoirs afin qu’elles conservent une bonne forme.

Appliquer la teinte de base

On parle ici de la teinte qui va servir de référence claire pour votre patine. Elle doit être appliquée de façon uniforme au pinceau, au pistolet, à l’éponge, etc. Tout dépend du résultat souhaité. Un pinceau par exemple va laisser des « stries apparentes » alors qu’un pistolet donnera un aspect plus uniforme.

La teinte de base ne doit pas être trop foncée pour ne pas limiter les nuances que vous pourrez y apporter ensuite. Laissez sécher 15/20 minutes minimum.

Une fois encore, allez-y doucement sur la quantité de produit : si après la première couche vous estimez que la teinte de base est trop claire, vous pourrez toujours appliquer une seconde couche. Vous pouvez également appliquer une seconde couche d’une teinte légèrement différente pour apporter plus de profondeur à votre patine.

La première couche va être absorbée de façon hétérogène par le cuir, ce qui peut donner un effet de contraste. Si, en revanche, vous souhaitez quelque chose de plus homogène, alors il faudra passer plusieurs couches.

Teinte de base patine

La teinte de base doit être la couleur la plus claire de votre patine. Ainsi, vous pourrez la faire ressortir en gommant les couches supérieures de couleur plus sombres, donc plus couvrantes. Essayer de l’appliquer de façon uniforme : évitez de repasser de trop nombreuses fois au même endroit avec le pinceau.

Réalisation du dessin de la patine

Nous entrons à présent dans le vif du sujet, je ne vais pas pouvoir vous décrire un processus précis étant donné qu’ici, le but est de donner libre court à vos envies. Les possibilités sont infinies et la seule limite est votre imagination... et le bon goût !

Effet bois patine

L’utilisation d’un pinceau à poils durs aura pour effet de déposer une couche moins uniforme de teinture, ce qui vous permettra de réaliser un « effet bois » en mélangeant plusieurs teintes.

Tout ce que vous devez savoir c’est qu’il faut superposer les couches de teintures de la plus claire à la plus foncée. On parle alors de tons : une patine 2 tons, 3 tons... voire 7 tons pour les plus habiles (pas forcément les plus belles) ! Je vous donne cependant quelques exemples / idées :

  • Vous appliquez plusieurs couches de teintes différentes et atténuez à certains endroits pour plus de reliefs et de contrastes,
patine noir sur coutures

Par exemple : vous pouvez appliquer du noir sur les coutures pour les faire ressortir, et créer un contraste avec le reste de la chaussure.

  • Vous pouvez aussi réaliser un magnifique effet marbré sur le bout ou sur l’ensemble de la chaussure pour donner un air de museum calf (effet que vous pouvez voir ci-dessus) au cuir, en utilisant une éponge / un tampon, afin de décaper partiellement la couche de teinture plus foncée pour faire réapparaître la teinte de base par petites touches,
  • La réalisation de dégradés, c’est plus délicat à maîtriser. Par exemple, pour le bout dur, une des techniques consiste à essuyer en tirant avec un tissu absorbant, du bout vers le reste de l’empeigne. Pour cela, vous pouvez également utiliser un pinceau.
Effet marbré

La réalisation d’un effet marbré sur un bout droit rapporté peut apporter du cachet à vos chaussures. Vous pouvez aussi l’appliquer sur l’ensemble de la chaussure pour avoir l’aspect d’un cuir "museum calf".

Vous l’aurez compris il faut jouer avec les couleurs et les différents outils afin de créer les effets que vous souhaitez. Cette étape s’apparente quasiment à de la peinture sur cuir.

Un petit conseil : si vous souhaitez encore porter les chaussures après les avoir patinées, ne cherchez pas à en faire trop sur la même paire. La patine doit rester discrète sinon elle va happer le regard de vos interlocuteurs.

Travail des nuances, révélation et finition

Vu ce que vous venez de lui faire subir, le cuir mérite d’être entretenu. Une fois votre teinture sèche, il va falloir le nourrir et l’hydrater. De plus, vous allez vite vous rendre compte que la teinture toute seule manque de flamboyance, de brillance et de profondeur.

Avant finition patine

Une patine effet bois avec un dégradé sur le bout a été réalisée sur cette paire. Avant révélation et finition, vous pouvez remarquer le côté un peu terne de l’ensemble.

Pour nourrir et hydrater le cuir, commencez par appliquer de la crème universelle. Ensuite, pour continuer à nourrir le cuir tout en révélant et en sublimant le travail que vous venez de réaliser, il y a un produit parfaitement adapté : la crème (surfine ou médaille d’or chez Saphir).

Personnellement, je vous déconseille l’utilisation d’une crème incolore, qui va manger la couleur et va avoir tendance à atténuer le travail de teinture.

Préférez une crème d’une teinte légèrement plus claire que la teinture appliquée.

Vous pouvez utiliser une autre crème d’une teinte plus foncée afin de renforcer l’aspect du bout dur et des garants.

Après séchage de la crème (15/20 minutes minimum) pensez à bien lustrer le cuir. Selon le résultat, vous pouvez décider d’appliquer une seconde couche de crème.

Pour terminer votre chef d’œuvre, je vous conseille d’appliquer du cirage qui va apporter encore un peu plus de profondeur à votre patine. Appliquez le même raisonnement que pour la crème : un cirage plus clair pour l’ensemble de la chaussure, et un plus foncé pour valoriser le bout dur et les garants.

L’application du cirage peut alors s’accompagner – et c’est même recommandé - du glaçage du bout ; afin de lui donner plus brillance et surtout faire ressortir la profondeur de la patine.

Patine après finition

Les nuances ont été peaufinées en jouant sur l’utilisation de crèmes et de cirages. Le cirage et glaçage du bout apportent plus de brillance et de flamboyance au modèle.

Entretien de la patine dans le temps

Vos souliers s’entretiennent comme d’habitude. Préférez des crèmes et cirages de couleur, qui vont permettre de faire vivre la patine que vous venez de réaliser. Je déconseille l’utilisation de produits incolores car ils ont tendance (sur le long terme) à « manger » la couleur et surtout à s’incruster dans les microfissures des plis d’aisance, qui vont donc blanchir.

Je suis loin d’être un expert de la patine mais pas besoin de cela pour connaître le mode opératoire. Après, comme pour le reste, il n’y a pas de secret : il faut s’entraîner, s'essayer, pour améliorer sa technique et son savoir-faire.

Gardez à l’esprit qu’une patine artificielle ne sera jamais exactement comme vous l’aviez imaginée. Elle est une affaire d’expérimentation et de corrections pour arriver à un résultat qui vous plaît.

Vous devez bien avoir une paire de chaussures qui traine dans un placard non ? Alors lancez-vous ! Dans le pire des cas vous aurez gagné une place dans votre placard pour une nouvelle paire.

C’est super mais j’ai deux mains gauches. Comment puis-je faire ?

Je vous comprends parfaitement. C’est d’ailleurs bien pour cela que je n’ai pas utilisé des photos de mon « chef d’œuvre » pour illustrer cet article.

patine JM GAZEL

Patine réalisée par JM LEGAZEL.

Vous avez envie de tenter le coup sur une de vos paires mais vous ne voulez pas risquer de les ruiner ? Pas de problème : il existe plusieurs artisans à qui vous pouvez confier votre paire de souliers. Le mieux est de vous renseigner car, comme les artistes, chacun à son style, ses spécificités et ses spécialités.

À vous de voir celui dont l’univers est le plus proche de ce que vous souhaitez faire. Comptez, en général, de 60 à 120€, et des délais plus ou moins longs selon l’artisan.

Voici quelques adresses que je vous recommande. La liste ne donne que des adresses à Paris car je n’ai pas encore eu le temps de faire un Tour de France de la patine. Par ailleurs, elle est loin d’être exhaustive, mais je préfère vous conseiller des adresses que je connais ou dont on m’a beaucoup parlé :

  • JM Legazel : Palais des Congrès de Paris, 2 place de la Porte Maillot - 75017 Paris

À vous de jouer !

Maxime

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N'hésitez pas à faire un tour sur le site de Jacques & Déméter ou sur leur blog, vous apprendrez beaucoup de choses sur la construction de la chaussure notamment.

Et encore merci à Maxime pour son très bel article. 

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  • Nicolò – BonneGueule

    Probablement le Talon Rouge ou Septième Largeur. Emilie Patine, je crois, ne travaille plus avec les particuliers :/

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Jeff !

    En fait c’est le genre de chaussures que je ne porterais pas sans une pièce majeure formelle dans la tenue.

    Soit un blazer ou un manteau, pour faire simple. Même si il y a des moyens plus détournés de faire des rappels tailoring :

    des « super fancy pants » comme on dirait en anglais, avec ceintures ultra tavaillées et des pinces, des sahariennes situées à mi chemin entre le tailoring et le military… en y ajoutant une chemise semi-formelle… Mais on rentre dans un niveau « advanced », avec des contrastes de style très forts.

    En gros, on arrive à un niveau où si tu as besoin que je t’aide à faire le choix, c’est que tu n’es pas prêt ^^

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Jeff !

    C’est plus compliqué, et assez audacieux.

    Clairement, des doubles boucles ultra patinées avec un style vraiment casual, c’est moyen.

    En fait j’ai justement le projet d’avoir une paire de Jodhpur boots patinées parce que ça, avec une patine pas trop violente, ça passerait très bien dans un look plus rock ou casual 🙂

    Pareil pour des chelsea.

    Mais dès lors que tu commences à rentrer dans le soulier habillé, c’est souvent trop.

  • Pierre – BonneGueule

    Hello Erika !

    Merci pour la suggestion, ça a l’air sympa. 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Nico !

    Ca va te paraître un peu dur mais ce que je conseille c’est…
    Acheter des chaussures en cuir d’une qualité correcte. Parce que ce que tu me décris c’est pas « sauvable », sauf si tu veux passer ta vie à les « peindre » avec du cirage quoi.

    Pour la marque ça ne me dit rien.

    Mais sache que la qualité sur des souliers en cuir à moins de 150 euros (voire 200 si on veut vraiment un truc qui dure un peu) ça n’existe pas la plupart du temps…

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Nico !

    Oulah c’est pas normal tout ça.
    Par curiosité, c’était quoi comme chaussures ?

    Parce que vu ce que tu me décris on dirait que c’est pas de la teinture dessus mais de la peinture…

  • Benoit – BonneGueule

    Oula, je m’y risquerai pas, trop dangereux pour le cuir !

  • Jeremy Osborne

    BOnjour, je lis que l’on ne peux pas teniter un cuir bookbindé…

    Et si j’enlève délicatement a l’acetone, la couche de plastification… ?

    Et une fois enlevée, je reteinte, et reprotège.

    non ?

  • Benoit – BonneGueule

    J’adore ce que tu fais ! Merci pour les liens !

  • Maximilien Pettex

    Bonjour
    Merci d’avoir illustré votre article avec quelques unes de mes photos 😉 Vous en trouverez d’autres sur http:maximil.chez-alice.fr ainsi que sur http://www.facebook.com/patineschaussuresmaximil

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Gatien !

    N’hésite pas ! 🙂

  • Gatien

    très bien ça! Je vous donnerai aussi mon retour d’expérience si ça vous dit vu que j’en ai commandé une paire que je recevrai vers le 8/9 octobre prochain 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Gatien !

    Tu tombes bien, un test devrait sortir dans le courant de la semaine prochaine 😉

  • Luca Mariapragassam

    Merci pour ton retour Clément !

  • Clément Cosnier

    J’attendais un article sur l’art de la patine ! Dans la lignée du jean, du cuire ou de certaines toiles, c’est un des versant de la récup’, de la revitalisation du vêtement, en plein dans la tendance lourde du slow wear…mais avec une touche de distinction ici.

    Merci

  • ce sont des gens de qualité, en effet !

  • Abdelhamid Niati

    pour la patine j’ai fait appel à Bolten et Talon Rouge. Le résultat est magnifique. Entretenir ses chaussures est un réel plaisir et il y a même des ateliers et soirées glaçages chez Bolten et C&J.

  • Nicolò Minchillo

    Je vais probablement aller le voir même avec mon budget serré, ça ne coûte rien de demander.

    Tu sais s’il faut prévenir ou quelque chose du genre ?
    J’ai trouvé l’adresse sur internet (je crois), mais je ne sais pas trop comment ça se présente.

    L’idée d’avoir une paire de NS uniques me branche pas mal, tout compte fait hahaha.

  • BenoitBG

    On déconseille l’incolore de MANIERE GENERALE 😉 Mais quand tu as des vendeurs d’une marque aussi haut de gamme et portée sur la qualité qui te conseille ces produits, il faut aussi leur faire confiance !

    Là tu as bien compris que sur du gris, c’est très compliqué d’avoir du cirage, et un bon lait rénovateur et un cirage de temps en temps feront l’affaire !

  • Constance

    Merci pour ce compliment et pour les encouragements !

  • Constance

    Bonjour Laurence,
    Avec plaisir ! Merci d’avance pour l’adresse.
    Bonne journée

  • Constance

    Merci Jérémy pour le tuyau !
    Bonne journée

  • Jean-Baptiste

    Sujet très intéressant!

  • BenoitBG

    Oui, c’est ça. Mais cela dit, essaye de contacter Paulus Bolten, je sais qu’il aime bien ce genre de « projet » un peu insolite… Ca ne coûte rien d’essayer !

    Par contre, ça ne va pas coûter 35 euros…

  • BenoitBG

    Je pense que vu tout ce que ça a fait, tu ne pourras pas les récupérer, surtout si tu as déjà essayé la machine à laver.

    Pour une nouvelle teinture, tu avais le magasin 180 grammes qui faisait ça sur les sneakers, mais je sais pas si le shop existe encore…

  • Laurent TASCHET

    tres bon article DIY sur l’entretien des chaussures, ce serait super la même chose sur les vêtements, les techniques pour plier ou ranger dans ses placards, les techniques de repassage, bref encore des conseils!

  • merci, c’est très sympa en effet !

  • merci, j’ai en effet rajouté ces bons conseils à l’article 🙂

  • vas voir chez Septieme Largeur, ça me paraît vraiment être une super alternative sur ce type de beaux souliers.