Dossier : La (vraie) vérité sur les vêtements made in China – avec Ming Yin de Three Animals

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Disclaimer - Cela fait un moment que je voulais écrire cet article sur le Made in China. Surtout depuis les débats (parfois houleux) qu'on a pu découvrir sur un précédent article : celui de la marque Epicure Paris.

Les entrepreneurs de Epicure s'y faisaient bousculer, car ils ont eu l'honnêteté (ou le malheur, c'est selon) de se montrer transparents quant à leur chaîne de production (moutons en Australie, filage en Italie et tricotage en Chine). 

Fort de mes discussions avec des gens comme Ming Yin (Three Animals) et Thibaut Roblin (Epicure Paris) qui produisent totalement ou en partie en Chine...

...et d'autres comme Vincent Louis Voinchet (La Comédie Humaine), Bertrand Urban (Duke & Dude), Maxime Van Rothem (Jacques & Déméter), Gilles Masson (Gilles M), Séverine Lahyani (Ly Adams) ou encore Déborah Neuberg (De Bonne Facture) qui se sont posés beaucoup de questions entre produire en France ou dans le reste de l'Europe, j'ai à présent un avis clair sur la question.

D'autant que les avis convergent fortement : certains qui s'étaient lancés à fond dans l'aventure du Made in France l'abandonnent aujourd'hui... vous verrez pourquoi.

Made in China : entre mythe et réalité

"Acheter Chinois, c'est cautionner les mauvaises conditions de travail des ouvriers"

Quand je vois ce vois ce genre de vidéo à scandale, ça me déçoit de voir que des grandes chaînes se concentrent sur l'aspect le plus misérabiliste d'un sujet, occultant tout le reste. De la même manière, si on croyait cette presse, tous les gens de Lens seraient fans de tuning, tous les sportifs pros seraient millionaires, tous les américains seraient gros et sans mutuelle, et la Turquie serait un pays peuplé de femmes voilées et de gros machos.

Sauf que la vraie vie n'est pas une télé-réalité. En creusant un peu un sujet on se rend vite compte que c'est faux. Et NON, une vidéo scandale à la Michael Moore ne fera jamais figure d'évangile, c'est au mieux de la pornographie (au sens strict du terme : représenter la réalité de manière complaisante et obscène).

Certes, les personnes de ces reportages existent, mais ignorer sciemment les autres facettes d'un sujet est un mensonge par omission. Non, les ouvriers chinois ne sont pas des armées de petites souris faméliques qui bossent pour un dollar de l'heure, sans couverture sociale, à la chandelle et sans système de ventilation, avant de rejoindre leur cage.

En 2013, le coût moyen de la main d'oeuvre en Chine n'est plus que la moitié du coût moyen aux Etats-Unis, et il progresse en moyenne de 20% par an (sources : Boston Consulting Group). Et il dépassera les 60% en 2015.

Les marques occidentales qui ont délocalisé en Chine à la fin du XXème siècle ont apporté du travail et des capitaux à ces populations, tout en élevant votre pouvoir d'achat avec des produits importés qui coutent moins chers. En l'espace de quelques décennies, des millions de citoyens du tiers-monde ont quitté la pauvreté et ont accédé au mode de vie des classes moyennes : éducation, culture, transports, santé, environnement, libertés politiques élargies, grace à la mondialisation. Si tout n'est pas parfait, j'ai quand même du mal à voir quel argument ferait pencher la balance dans le négatif.

Note : Encore une fois, je ne dis pas que tout va pour le mieux et qu'une usine chinoise est ce qu'il y a de plus proche du royaume des bisounours sur Terre. Mais je veux montrer qu'il faut mettre un peu (beaucoup) d'eau dans son vin quand on montre la Chine du doigt en 2013.

usine textile 1

usine textile 2

Voici deux photos : j'ai pris l'une d'elle à Portland aux Etats-Unis, lors de ma visite de l'usine d'une des marques d'outdoor les plus belles au monde. L'autre photo représente une usine textile chinoise, trouvée au hasard sur Google Image. À vous de me dire quelle photo correspond à quoi... 

Pour tout vous dire, la Chine est devenue trop chère pour la plupart des marques textiles qui veulent réduire leurs coûts de confection en 2013. Celles-ci préfèrent l'Inde, les Philippines ou le Bangladesh. Si ces pays ne sont pas vraiment des lieux où il fait bon vivre aujourd'hui, ils seront demain au niveau de la Chine, et peut-être de Singapour après-demain. Et c'est tout le mal qu'on peut leur souhaiter.

"Acheter Chinois, c'est tuer l'entreprise en France"

Comme je viens de le dire, en 2013, le coût moyen de la main d'oeuvre en Chine n'est plus que la moitié du coût moyen aux Etats-Unis, et il progresse en moyenne de 20% par an (source : Boston Consulting Group). Toujours selon BCG, il dépassera les 60% en 2015. Il reste une différence de 40%, mais qui est largement gommée quand on y retranche les coûts de transport, les droits de douane, les frais de change et autres dépenses liées à l'investissement initial.

Au final, si certaines entreprises choisissent de revenir en Europe, c'est souvent parce que les différences de coûts se sont estompées, et probablement pas par devoir patriotique ou impair de qualité, comme voudrait nous le faire croire notre ministre du redressement productif.

arnaud montebourg

Très belle opé Arnaud : +5 points d'opinions favorables sur les ménagères.

Enfin, la concurrence ne se fait pas sur le même type de produit : les marques confient plus volontiers des productions à faible et moyenne valeur ajoutée aux sous-traitants asiatiques. Une partie du très haut-de-gamme et de l'innovation technologique restent en Europe, car les chinois ne maîtrisent pas forcément des savoir-faire textiles comme certaines toiles de costume subtilement cirées qui sortent des usines Cerruti de Biella, près de Milan (j'ai pu les visiter ce mois-ci en compagnie de Julian Cerruti qui me l'a expliqué, article à venir). A contrario, les chinois maitrisent aussi des savoir-faire que nous ne maîtrisons pas.

Pour terminer, la part de main d'oeuvre d'un produit haut-de-gamme est moins importante que dans un produit bas-de-gamme. Par exemple un pull bas-de-gamme coûtera 8 € (dont 6 € de main d'oeuvre, soit 75% du coût, et 2 € de matériaux synthétiques), alors qu'un pull haut-de-gamme coûtera 30 € (dont 10 € de main d'oeuvre et 20 € de matériaux de qualité avec des traitements particuliers). L'appel de la délocalisation est donc moins fort pour les produits haut-de-gamme, car seuls les coûts de main d'oeuvre diminuent.

"Acheter Chinois, c'est choisir le produit de moins bonne qualité"

Un ancien employé de chez Hermès me confiait dernièrement que ce qui limite la qualité des productions chinoises, ce n'est ni le savoir-faire technologique, ni la qualification de la main d'oeuvre, mais bien le cahier des charges du donneur d'ordre occidental. Car les marques occidentales venaient d'abord chercher des économies d'échelles en Chine, et à ce titre produisaient pour les marchés de masse. Les maisons de luxe qui sont arrivées ensuite se sont vite rendues compte qu'en demandant à l'ouvrier de passer plus d'heures sur chaque produit, on obtenait des productions toutes aussi bonnes qu'en Europe (hors savoir-faire et technologies de pointes).

De plus, l'argument du manque de savoir-faire chinois est à la fois historiquement et tendanciellement faux, y compris pour les vêtements made in China.

Historiquement faux parce que la Chine a été pendant des millénaires une grande nation culturelle, avec un mode de vie très raffiné. Pour les pays occidentaux, les produits chinois (soie, épices, cachemire, bijoux) étaient synonymes d'une qualité et d'un savoir-faire hors-pairs. Ils étaient acheminés en Europe par les fameuses routes de la soie, puis par bateau lorsque les premières routes maritimes furent découvertes avec les progrès technologiques dans l'industrie navale (routes des Indes).

Le XXième siècle est ensuite passé par là, avec de grandes guerres, des massacres, et un régime qui a causé la plus grande famine connue à ce jour. Puis l'emploi de la Chine comme pays de la copie et des productions à bas coûts dans la seconde partie du siècle. Difficile dans ces conditions de pérenniser des savoir-faire de luxe, mais ce n'est pas pour autant qu'ils ont disparus.

Enfin, l'argument de la non-qualité chinoise est tendanciellement faux car l'émergence des classes moyennes et aisées chinoises ont fait apparaître un consommateur de vêtements made in China ou non, à la fois intéressé par la qualité et l'origine locale du produit. Cela a pour effet de faire revivre et grandir les savoir-faire ancestraux, tout en faisant apparaître de nouveaux designers (Ming, si tu nous lis...), qui donnent naissance à la nouvelle génération des marques de luxe. La preuve ? On commence déjà à vous parler de marques comme Three Animals ou Mannequin, et dans les 5 ans, cela ne fera que s'accentuer.

shangxia_beijing

Hermès a lancé Shang Xia par exemple.

Vêtements made in France : tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Je ne vous apprends rien : le Made in China VS Made in France fait partie de ces sujets qui donnent vite matière à des échanges houleux et plus du tout raisonnés, au même titre que la politique, la religion ou l'écologie. Sans doute parce que beaucoup ont tendance à trop s'identifier au Made in France, comme si leur fierté en dépendait.

Avant de me balancer des objets contondants, essayez quand même de lire l'intégralité de l'article avec plus de logique que de sentiments.

Si la France conserve encore des savoir-faire d'exception sur des produits comme la soie et le cuir, c'est une toute autre chose quand on s'intéresse aux produits en maille ou en chaîne et trame (= les matières tissées). On peine à trouver des fabricants qui ont le niveau auxquelles s'attendent les petits créateurs dont nous parlons régulièrement sur BonneGueule. Et quand c'est le cas, trois problèmes reviennent dans la bouche de la plupart des créateurs que je connais :

  • 1 - Il faut des minima de quantité délirants pour pouvoir bosser avec l'usine en question.
  • 2 - Quand une usine accepte, les petites marques passent clairement derrière les grosses : les délais peuvent ne pas être respectés, manque de réactivité, peu de recours en cas de problème de délai ou de qualité.
  • 3 - Le produit ressort toujours plus cher que dans un autre pays de l'Union Européenne, à qualité égale. En cause la perte de nombreux savoir-faire ces dernières décennies, là où d'autres pays misaient davantage sur l'innovation technologique que les barrières douanières pour protéger leurs entreprises de la concurrence des pays émergents (cf Italie).

Je ne m'attarderai même pas sur l'apellation "made in France", tant elle est facile à contourner. En effet, nombre d'usines en France ou en Italie peuvent faire appel à des sous-traitants étrangers pour la confection. Mais une fois la commande livrée, le vêtement provient à 100% de l'usine française d'un point de vue comptable. D'autant que peu de gens se demandent d'où vient le coton et où est tissé la marinière made in France qu'ils achètent : vous en voyez beaucoup des champs de coton et des filatures en France ?

D'autant que les sweat shops existent aussi en France. Dans le quartier du Sentier à Paris où nous avons nos bureaux, il y a encore des ateliers clandestins, et je croise tous les jours les travailleurs étrangers qui attendent au croisement de la rue des Jeuneurs et du Sentier un peu de travail, payés au déchargement de camion. Oui, oui, on est bien dans le 2nd arrondissement de la capitale.

rue des jeuneurs

Vérifiez par vous-même sur Google StreetView,
ils sont une petite dizaine au croisement de la rue des jeuneurs et du sentier.

Bref, étant donné l'opacité et l'incertitude qui règne sur la traçabilité de la production (même pour les marques qui n'ont pas la main sur l'amont, vu qu'elles passent par des fabricants), autant se concentrer sur ce qu'on peut voir : le rapport qualité / prix du vêtement. Rapport que l'on retrouve bien souvent de manière optimale au Portugal et en Espagne pour le beau cuir et la chaussure, en Pologne pour la chemise haut-de-gamme, et en Italie pour le costume de qualité. Et tant pis pour le blue-washing.

Pour terminer sur une note plus cocorico, la France a quand même de sérieux atouts pour les marques locales : moins de coûts de transports, une même base culturelle (on se comprend mieux), et une proximité avec les usines qui permet de rapidement lancer des productions ou des réassorts de collection. Et le label made in France bien sûr, qui succède au vêtement bio ou équitable, mais qui a de moins en moins d'impact marketing sur les clients de l'héxagone.

Quant à la création, elle est extrêmement riche à Paris, peut-être même que c'est la ville avec le plus grand nombre de jeunes créateurs intéressants.

Les vêtements made in China : un choix patriote ?

À la lumière de ce qu'on a vu, et à l'heure d'une économie planétaire où le moindre crayon de papier contient des composants de différents pays, tout en étant monté dans un 3ème et vendu dans un 4ème, c'est difficile de savoir ce qui nous définit. Suis-je alsacien ? français ? européen ? citoyen de monde ? Personnellement je ne sais pas trop : sans doute un mélange des quatre.

Alors qu'est ce que je dois privilégier ? Acheter ultra-local ? Faire travailler mes compatriotes ? Renflouer la Grèce ? Faire bosser les Bangladeshi pour améliorer leurs conditions de vie ?

Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas à moi de vous dire quoi faire. À vous de voir ce qui est important pour vous, pour ensuite acheter en conséquence.

Quant à moi, j'alterne. Si je choisis en général le produit selon son rapport qualité / prix (vous commencez un peu à savoir ce qui nous obsède), j'apprécie également quand je peux m'y rattacher culturellement, car je suis très fier de ma culture française (je parle d'art, de bonne bouffe et de littérature, pas forcément de Top Chef et des Anges de la Télé-réalité, hein ?).

C'est un petit bonheur pour moi de savoir qu'une paire de Heschung est fabriquée pas loin de là où j'ai grandit, de retrouver dans La Comédie Humaine les références de la littérature balzacienne que j'aime, et de découvrir chez des petits créateurs des secrets de fabrication aujourd'hui méconnus, qui étaient pourtant gravés dans le quotidien de nos grand-pères et arrière-grand-pères.

La parole à Ming Yin !

Je laisse maintenant la parole à Ming Yin, qui a créé la marque Three Animals, distribuée sur internet par L'Exception (oui je sais, il était temps !).

Ming est une chinoise qui adore la France et qui est toute aussi fière de la Chine : elle travaille en France mais possède son propre atelier près de Shanghai où les vêtements qu'elle dessine à Paris sont produits.

Bonne vidéo !

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  • Benoit – BonneGueule

    Hello, pour les marges, oui elles sont « normales », ce qui les rend d’ailleurs d’autant plus difficile à expliquer au grand public. Mais pour un pull que la marque va acheter 30 euros à l’usine, en faisant la marge à 2,5, elle va le revendre 75 euros à des boutiques. La boutique en question va le revendre à 2,5 x 75 = 187,5 €. Je sais que ça peut paraître beaucoup, mais pour un intermédiaire, une marge au minimum à 2,5 est vitale, sinon, ça devient très compliqué de se développer, ou même, de tout simplement continuer à exister.

    J’en parle pas mal ici : https://www.bonnegueule.fr/comment-fonctionne-le-circuit-de-pret-a-porter-12/

  • Salut Fred,

    Oui, tout à fait, on est allé en Tunisie (dans un atelier d’une entreprise française) pour le jean le plus haut de gamme des autres pour des raisons de qualité : aucune usine en Europe ne savait atteindre ce niveau de détails.

    J’ai d’ailleurs été surpris d’apprendre que seuls quelques ateliers dans le monde savent produire ce type de produit, et qu’ils sont tous au Japon à l’exception de quelques autres en Tunisie, au Viet Nam et à Hong Kong.

    Pour la Maruwa, en effet c’est au Portugal, car il n’y avait pas de vrai enjeu technique par rapport à la première chemise en chambray italien.

    Bonne soirée,
    Geoffrey

  • Salut Guillaume,

    Jusqu’à présent nous fabriquons tout en Europe, là où est la qualité, selon les zones géographiques, car c’est conforme à nos convictions. Mais si un jour on doit faire du vêtement technique, on ira en Chine, parce que c’est eux les meilleurs sur le sujet.

    À l’inverse, sur les matières, on bosse avec des Suisses et des Japonais (je t’explique pas ce que ça coûte avec les taux de change actuels), simplement parce que c’est eux qui détiennent ces savoir faire.

    Et des Français pour le tee-shirt, car on a trouvé un atelier qui a un très bon niveau technologique, ce qui permet de faire de la qualité à prix abordable.

    Donc non, cet article illustre simplement ce que l’on pense au fond de nous.

    Mais pour en revenir aux savoir faire français, ont-ils jamais tous réellement existé en France ? Quelle est la réalité économique, mais surtout historique, de faire des chemises en France en 2015 ?

    Au moins, pour la sidérurgie ou les mines, il y avait un savoir faire de pointe. Sur des items comme les pantalons ou les chemises, il était juste normal…

    Nous avons écrit un second article qui t’en dira plus :
    https://www.bonnegueule.fr/la-vraie-verite-des-vetements-made-in-france-celle-de-ceux-qui-les-font/

    Très bonne soirée,
    Geoffrey

  • Merci beaucoup Anthony, on est effectivement sur la même longueur d’onde 😉

    Pour les costumes à 600 €, ça nous paraît être le prix le plus « efficient », celui où tu peux acheter de la durabilité (costume semi entoilé, bonne matière, bon montage) là où en-dessous (sauf offres très ponctuelles des mêmes bonnes marques que l’on conseille) tu n’auras pas cette logique « d’acheter mieux ».

    Je sais bien que certains ne disposent pas de cette somme, mais les costumes sont tout de même portés majoritairement par des professions tertiaires, et nous pensons que la grande majorité de cette population devrait acheter ce type de vêtements.

    Pour les autres, il y a la chasse aux petites annonces, ils devront consacrer en temps de recherche ce qu’ils ne peuvent pas mettre en budget (un vrai costume de qualité à moins de 300€, ça n’existera jamais).

    bonne journée,
    Geoffrey

  • Hello Anthony,

    Ce sont de bonnes questions.

    Il faut savoir que pour faire de la qualité, on ne peut pas mal payer les gens. Un vêtement de qualité demande de vrais savoir faire, des gens qui se forment sur la durée. Donc acheter peu mais bien, c’est déjà un très bon critère.

    Pour le bilan carbone, il faut effectivement en tenir compte autant que possible, mais il ne faut pas oublier que le made in France ne garantit pas une origine française des matières premières. On peut aussi se demander si un citoyen Chinois génère autant de carbone par sa consommation qu’un occidental 😉 Là encore, l’achat de vêtements avec de vraies valeurs ajoutées permet d’en acheter moins souvent, et donc de réduire de facto les impacts carbone liés aux transports.

    Bonne soirée,
    Geoffrey

  • Ludovic Astre

    Un article très bien écrit et j’ai un profond respect pour cette femme qui nous ouvre les yeux et peut changer nos apriori. J’apprend au delà de ce que j’immaginai avec BG. Bon boulot !

  • Salut Thibault,

    Je suis tout à fait d’accord avec toi.

    Effectivement, on n’est pas sûrs que donner du travail à des pays donnés profitera à ses habitants. Mais cela a fonctionné sur d’autres pays en élevant le niveau de vie des populations, donc on peut espérer que ça le fasse aussi sur d’autres.

    À condition bien sûr d’éviter les marques qui abusent de cet effet d’aubaine, et de se concentrer sur celles qui jouent le jeu.

    Bonne soirée,
    Geoffrey

  • BenoitBG

    Merci, ton compliment nous touche d’autant plus que c’est un avis féminin !

  • Nan

    Bien que je soie une femme, c’est vraiment sur votre site que j’ai trouvé des pistes et des réponses à mes questions concernant l’habillement, des conseils sensés, et les articles sont intéressants et bien écrits.

  • BenoitBG

    Un grand merci Pierre-M pour ce super retour ! Bonnes fêtes à toi !

  • Jerome WANG

    Tout à fait d’accord avec cet article.

  • KévinBG

    Hello Giuseppe !
    Tu as tout à fait raison. La situation de la Chine évolue petit à petit et tu remarqueras aussi qu’elle n’est plus forcément leader dans la main d’oeuvre low-cost, mais t’as maintenant le Bangladesh, le Pakistan et l’Inde qui eux ne progresse pas en terme de salaire.

  • Etienne

    Oui tout dépend du cahier des charges et du suivi de la part de celui qui passe la commande… Pour reprendre un de vos exemples, on trouve du selvedge médiocre qui ne vaudra une toile italienne ou américaine plus moderne :)… Bref tout ça pour dire que tout est relatif et est histoire de rapport qualité/prix :). Et en l’occurrence j’en suis content 🙂

  • On trouve vraiment du très bon et du très mauvais partout, comme je le dis dans l’article. L’important, c’est juste de bien connaître le produit 🙂

    merci pour ton retour !
    Geoffrey

  • Etienne

    Bonjour Rafik :),
    En fait je t’avoue que ma modeste réflexion a été nourrie par la petite déception que les produits W.1910 soient faits en Chine… L’aspect authenticité en prend un peu un coup à mon sens, mais bon probablement ils ont une très bonne raison (et je ne sais pas si une chemise faite en Pologne aurait été bcp plus « authentique ») :). C’est juste qu’après avoir acheté « européen » avec Homecore, Sixpack, Bold Boys, Loding, voire Français avec Paraboot, ou de lire des articles sur des produits faits au Portugal (votre jean est un projet d’achat 😉 ) ou en France (votre tee-shirt aussi 😉 prenons un exemple au hasard 😉 ) on finit par prendre goût au non-« Made in China » .
    Mais bon, au bout de quelques heures de port de la chemise achetée chez eux j’ai rien à dire sur le produit qui correspond à mes attentes en tout point :). Et bon peut-être est-ce une des raison du prix, 60 euros (après réduction de 50%). Et si elle vieillit bien je recommanderai chez eux :). D’autant que leurs produits sont magnifiques :).
    Amicalement,
    Etienne

  • RafikSenouci

    Merci beaucoup messieurs, je n’avais jamais réfléchi à la question sous cet angle !

    Face à la banalisation du made in China et autres pays émergents d’Asie, je tenais pour acquis ce genre de produits sans pour autant les lier à un aspect qualitatif, en me disant que de toute façon tout dépendait du cahier des charges de la marque. Mais après vous avoir lu, je me dis que le débat va bien au-delà de tout ça. Un grand merci donc !

  • Etienne

    Bonjour Geoffrey, bonjour Bastien, bonjour à tous,

    Je rejoins Bastien sur le problème d’images du Made in China. Même si j’achète de beaux produits, je ne peux m’empêcher d’avoir un pincement au coeur en me disant que ce même produit aurait tout aussi bien pu être fait par un ouvrier européen ou français. Par exemple je viens d’acheter une chemise W.1910 et j’ai été désappointé et rendu méfiant par l’étiquette « Made in China » dessus mais vraiment instinctivement, alors que deux secondes avant je la considérais comme une très belle chemise. D’ailleurs Geoffrey, je crois que tu possèdes une de leurs chemises, elle vieillit bien? 🙂

    Après reste à savoir pourquoi l’entreprise a sélectionné une entreprise chinoise plutôt qu’une entreprise européenne: les raisons et les conséquences peuvent être excellentes :). Et cela n’empêche pas d’avoir un produit de bonne qualité :).

    Après comme dit dans les commentaires, malheureusement tous (enfin une grande partie) les pays ont commencé des productions industrielles de qualité balbutiantes où les ouvriers étaient payés à coups de pied au c*l et progressivement les standards de qualité et de conditions de travail ont augmenté. Je pense par exemple au Japon qui après la Seconde Guerre Mondiale a recommencé comme de l’industrie d’assemblage (si je me souviens bien de mes cours d’histoire-géo.) pour petit à petit pouvoir devenir un leader dans certains domaines. Je pense aussi au fondateur de Sawa qui explique qu’avoir des usines qui marchent « à la chinoise » est bien pour l’Ethiopie car cela lui permettra de se moderniser et de ne pas être dans le rôle du « pays africain qu’il faut aider parce qu’ils sont incapables d’avoir le moindre savoir-faire » (ce qui néo-colonialiste au possible sous couvert de bons sentiments).
    Le tout pour la Chine est donc d’attendre, que ceux qui passent les commandes chez des façonniers chinois soient responsables et exigeants et ainsi probablement tout s’améliorera… Et il faut que nos industries nationales s’adaptent et mettent en avant leur savoir-faire (réel d’ailleurs si certaines marques qualitatives produisent en Europe ce n’est pas pour rien je pense) si elles veulent concurrencer la Chine. Et que les politiques de nos pays se décident aussi à promouvoir réellement les secteurs primaires et secondaires chez nous, les voient enfin comme des moteurs de croissance… Ce qui passent notamment par des politiques économiques stables et prévues pour le long terme et favorisant l’emploi, et une connaissance de l’entreprise et des ressorts de l’économie chez tous les citoyens (connaissance des grands capitaines d’industrie, de leur aventure écnomique et humaine etc). Mais bon on rentre dans un autre débat.

    Je pense en fait que ce qui me gène, c’est aussi l’idée (fondée à mon sens) que la Chine est encore un régime violent et autoritaire (voire très), basé sur une idéologie qui, poussée jusqu’au bout a démontré sa violence et sa criminalité (famines un peu partout, déportations et exécutions massives au Cambodge, en URSS et RPC), et que donc tout dialogue social semble biaisé…

    Bref après ce (trop?) long message pas forcément toujours dans le vrai, je vous souhaite une très bonne journée,

    Amicalement,

    Etienne

  • merci Yassine !
    au plaisir…

  • L’Oncle Yass’

    A noter ce reportage sur le textile, qui montre la toxicité de certains vêtements produits à l’étranger : http://www.france2.fr/emissions/envoye-special/textile-mode-toxique_123738

    Bon on ne peut pas échapper au ton dramatique de ce genre d’émission, qui pousse tout de suite à l’inquiétude (je suis sur que le commentateur sort de la même école que ceux de zone interdite ou enquête exclusive).

    Mais il y a quand même un risque.

  • avec grand plaisir !

  • Aleks Nguy Ly

    D’ailleurs avant de bosser avec une usine, un bon conseil est essayer de savoir quel est le taux de turnover des employés surtout après le nouvel an chinois. Si l’usine traite ces employés correctement, ils sont plus susceptibles de rester!

    Et je suis d’accord, ils font tous une sieste après le déjeuner ce qui est très bon pour la santé!

  • Aleks Nguy Ly

    Moi je produis en Chine et même si précédemment je disais que les usines étaient flexibles en ce concerne les minimums de fabrication, je te rassure, je passe très très loin derrière les gros clients! Je pense que c’est partout pareil…

    Et tu as bien raison de soulever le problème de la langue, ce n’est pas toujours simple de communiquer avec les usines…

  • Aleks Nguy Ly

    Avec plaisir. Je suis tombé par hasard sur votre site et je le trouve vraiment très intéressant. Je vais continuer à vous suivre avec attention! Bonne continuation!

  • merci beaucoup pour ce retour très intéressant !

  • Aleks Nguy Ly

    Bonjour Geoffrey,

    Je viens de lire ton article qui est extrêmement bien écrit et expliqué. Les habitant des pays occidentaux ont toujours des idées reçues sur la fabrication de produits en Chine et moi le premier avant de m’être rendu là bas et après avoir visité de nombreuses usines. Je suis d’accord pour dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu donc il est vrai qu’on peut trouver de la « merde » produite en Chine mais au final, c’est comme partout, si une entreprise cherche des produits très peu chers il ne faudra pas s’attendre à des miracles. On peut obtenir une qualité de fabrication exceptionnelle en Chine mais ça a un prix voilà tout.

    Je travaille actuellement sur une première collection d’accessoires (chapeaux essentiellement) et j’ai fais de nombreux devis en Europe, en Turquie et même d’autres pays d’Asie.

    Et comme tu l’as bien expliqué, le coût de la main d’oeuvre (surtout si elle est de qualité) est cher en Chine aujourd’hui. Et ensuite avec le transport, les droits douaniers, produire en Chine n’est pas forcément bon marché.

    Perso, j’ai fait le choix de produire en Chine car les usines sont bien équipées, et malgré mon cahier des charges assez chargé, les ouvriers sont à mon écoute. Les usines ici sont aussi plus flexibles qu’en Europe où on me demandait des minimums très élevés. En France et dans d’autres pays, plusieurs usines m’ont tout simplement demander d’aller voir ailleurs car travailler avec une petite entreprise ne les intéressent pas plus que ça…Produire en Chine me coûte cher, car j’exige de la qualité mais il n’y a pas de secret, ici comme ailleurs, tu payes +, tu as une meilleure qualité!

    En France, j’ai de la famille qui travaille dans des usines et des ateliers. Et les conditions ne sont pas extraordinaires. En Chine, j’ai vu des usines horribles, sans air conditionné, sans fenêtre, j’ai vu des personnes très âgées travailler etc. Mais il existe aussi des patrons d’usines qui ont des valeurs qui essayent d’améliorer les conditions des salariés. Si j’ai un conseil à donner aux personnes qui souhaitent travailler avec des usines « éthiques » en Chine, il faut se déplacer soi même, parler aux employés et parfois s’y rendre à l’improviste pour être sûr de voir ce qui s’y passe.

    Bref en gros pour résumer, je voulais juste appuyer ton témoignage et dire à toutes les personnes qui ont des idées reçues, d’aller en Chine au lieu de simplement regarder ces reportages qui ne reflètent jamais la réalité.

  • merci pour la propo, mais l’objet est un peu hors cible (ou en tout cas c’est encore trop tôt).

  • La Cie Vantis®

    Oui C’est en période de crise que la créativité est la plus intense et la plus intéressante. D’ailleurs on serait ravis de faire un Parapluie en collab avec vous 😉

  • Oui, c’est un tout, et je pense que c’est vers là qu’on tend. Des marques comme ça il y en a de plus en plus, on vit vraiment une époque intéressante 🙂

  • La Cie Vantis®

    Merci pour cet article ! Ça fait plaisir de soulever ces interrogations. Un bon produit est un produit pensé, suivi et réalisé avec de belles matières. Un iphone ne vient il pas de Chine ? C’est la conception le plus important. Bon après il y a l’éthique, l’écologie etc….

  • Nicolas Richard

    Salut Tibo,

    Non désolé, il a falloir aller voir sur le site de L’Exception : http://three-animals.lexception.com/fr/

    Bonne journée, Nicolas

  • Tibo

    Salut Nicolas,
    Je suis passé chez Citadium et ils ne font pas (plus?) la marque. Est-ce que tu aurais une autre adresse s’il te plaît?

  • Tibo

    Merci Nicolas.

  • Nicolas Richard

    Salut Tibo,

    Non il n’y a pas de boutique, par contre Citadium (en face du printemps Hausmann) distribue la marque.

    Nicolas

  • Tibo

    Bonjour,
    J’ai juste une petite question, y a-t-il une (des?) boutique three animals à Paris?

    Merci
    a+

  • merci pour ton retour !

  • Jitaidi

    Super content de lire ton article! Etant français et vivant à Shanghai depuis 3 ans, ça me surprend toujours à quelle point on est loin de la réalité en France.

    Pas grand chose à ajouter car tu as bien analysé le truc. Je pense d’ailleurs que la China va maintenant commencer à monter en gamme comme l’Allemagne, le Japon ou la Corée en leur temps tout simplement car les salaires sont déja presque trop élevés pour faire de l’ultra lowcost. Même en chine de l’interieur, la main d’oeuvre est déja plus cher qu’au viet nam, bangladesh ou bientôt la birmanie.

    Sinon car j’aime bien avoir des positions mesurées, je relativiserais pour ma part l’aspect historique de la tradition artisanale chinoise dont voit difficilement la trace aujourd’hui. Les decennies de communisme qui ont suivi le siècle de colonisation ont quand même agi comme une sorte reboot géant, A l’heure actuelle, les qualités chinoises c’est surtout de pouvoir pouvoir produire vite et pas trop mal en quantité gigantesque. L’évolution,
    ca va se certainement faire naturellement par la contrainte de la hausse des salaires et l’experience acquise depuis les années 80!

  • tu aurais des sources s’il-te-plait ? cela m’intéresse beaucoup

  • je pense qu’il faut un peu mettre de l’eau dans son vin avant de parler d’esclavagisme. Surtout quand tu vis dans le pays avec le plus fort taux d’imposition marginal au monde.

  • Philippe L

    Quand on lit de la part de Geoffrey « le pouvoir d’achat des chinois a au contraire explosé » c’est extrêmement réducteur car cela ne tient pas compte des inégalités … et ce n’est pas les occidentaux qui le disent mais les chinois eux-même :

    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/la-chine-est-devenue-la-championne-des-inegalites_364283.html
    « L’économie chinoise est l’une des plus dynamiques de la planète, mais elle suit une trajectoire explosive. Le fossé entre riches et pauvres en Chine s’est agrandi au point faire de la deuxième puissance économique mondiale l’un des pays les plus inégalitaires du monde, selon une enquête publiée par un institut lié à la banque centrale chinoise. Le coefficient de Gini, qui mesure l’inégalité dans la distribution des revenus, s’élevait en 2010 à 0,61, affirme le Centre d’enquête et de recherche sur les revenus des ménages, alors que les experts considèrent que les inégalités deviennent préoccupantes au delà de 0,40 (…) « Actuellement, les disparités de revenus entre ménages en Chine sont énormes », selon l’étude réalisée par ce centre créé notamment par l’Institut de recherche sur la finance, qui dépend de la banque centrale. »Des coefficients Gini s’élevant à 0,61 sont rares dans le monde », soulignent ses auteurs. Le creusement des inégalités sociales est un sujet de préoccupation majeur pour le régime communiste chinois, régulièrement confronté à des troubles provoqués par la corruption de ses cadres locaux.L’indice Gini est considéré comme particulièrement sensible par le gouvernement qui n’en a plus publié depuis plus d’une décennie. »

    Et quand je lis plus bas aussi qu’un ouvrier change d’emploi pour 20€, moi j’appelle toujours ça du semi esclavagisme …

    C’est au contraire en étant exigeant avec la Chine qu’elle sera obligée de développer réellement son marché intérieur … et un marché intérieur ne peut se satisfaire d’esclaves puisqu’il faut des consommateurs … c’est ce qui s’est passé dans nos pays occidentaux …

  • lastach

    Bon article qui fait penser au cas COACH, qui affiche fièrement sa production en chine et qui l’explique par les ,ombreux arguments que tu as évoqué dans ton article.

  • merci pour ton retour !

  • D’origine asiatique, quand un article va un peu à l’encontre de la tendance générale et décide de présenter avec objectivité la fabrication chinoise, je ne peux qu’applaudir.
    Donc, oui la Chine a une culture millénaire et un savoir-faire qui n’est pas en reste, malheureusement le gros de la production chinoise qui arrive en France correspond à de la grande distribution et contribue à donner une mauvaise image globale de la qualité Made in China.

    Pour avoir eu l’occasion de visiter quelques usines en Chine, (pour le même type de production) j’ai vu des usines dans un état déplorable, tout comme des usines très propres et ultramodernes.
    Malheureusement c’est toujours l’image la plus triste qui en est colportée en France.

    Et pour rebondir sur le pourquoi du Made in France, chez Un peu de tenue, nous avons fait le choix d’une fabrication française:

    – pour des questions de quantités, l’usine sélectionnée nous a permis de démarrer avec des quantités idéales pour une marque en démarrage.

    – pour des questions de développement durable, c’est peut-être un peu galvaudé mais pouvoir réduire un peu l’empreinte carbone en faisant produire dans un rayon de 400km, c’est sympa.
    – pour des questions de communication, au vu des difficultés de prototypage pour notre premier sac, la barrière de la langue aurait vraiment pu être un handicap.
    – tout simplement parce que le courant est bien passé avec les fournisseurs et que pouvoir rencontrer et échanger avec les personnes qui vont donner vie à un dessin, c’est forcément enrichissant.

    Par contre:
    – notre production passe derrière celle d’autres marques plus prestigieuses.
    – les coût de main d’oeuvre en France font rapidement grimper la facture pour le consommateur final. Ce qui renvoie à un sondage Ifop de janvier, 77% des sondés estiment que le critère de fabrication française « est suffisamment important pour justifier de payer plus cher un produit ». Mais le prix ne doit être supérieur que de 5 à 10% au final…

    TL;DR Merci pour un article qui n’oppose pas bêtement Made in China et Made in France.

  • John

    Y’a quand même un élément : l’irréparabilité des machines. Avant les téléviseurs par exemple, ça se réparait. Maintenant c’est pratiquement impossible. Pareil pour l’électroménager (les machines à laver se réparent encore assez bien pour l’instant mais ça ne va pas durer !)

    Et l’obsolescence programmée ça existe aussi…

  • hello Danny,

    J’ignore si c’est libéral ou autre, je ne me pose pas la question (je ne vois pas non plus de sources libérales, même si ça ne me poserait pas problème si elles sont fiables).

    Par exemple quand j’écris : «  »Les marques occidentales qui ont délocalisé en Chine à la fin du XXème siècle ont apporté du travail et des capitaux à ces populations, tout en élevant votre pouvoir d’achat avec des produits importés qui coutent moins chers. » ce n’est pas une vue d’esprit, ce sont juste des faits, je ne vois pas comment on pourrait les contredire.

    Par contre je ne suis pas forcément d’accord sur l’obsolescence. On a toujours l’impression de la robustesse, mais c’est seulement parce qu’on croise encore de vieilles machines, mais on trouveras aussi des machines contemporaines en état de marche dans 20 ans. D’autant que le nombre d’heures de travail pour se payer une machine n’avait rien à voir entre aujourd’hui et il y a 30 ans…

  • Coco

    L’article est quand même très fortement connoté « libéral », y compris dans le choix des sources.

    Exemple :

    Vous soutenez que « Les marques occidentales qui ont délocalisé en Chine à la fin du XXème siècle ont apporté du travail et des capitaux à ces populations, tout en élevant votre pouvoir d’achat avec des produits importés qui coutent moins chers. »

    Une machine à laver fabriquée il y a 30 ans en France (ou selon des critères anciens) durait 15 ans. Une machine à laver fabriquée aujourd’hui en Chine (ou plutôt selon des standards récents à bas coûts) dure 2 à 5 ans. Si vous vous voulez disposer d’une machine à laver sur la même durée qu’auparavant (donc acheter plusieurs machines) vous vous apercevrez que le coût a en fait augmenté. Mais comme il est fractionné, l’addition parait moins onéreuse.

    L’argument qui consiste à faire croire que ce qui intéressait des dirigeants et des propriétaires d’entreprise était le pouvoir d’achat de leurs clients est une diversion (on est quand même pas au pays des bisounours).
    Une entreprise, qui plus est dans un monde libéral est d’abord intéressée par elle même, pas par ces clients. Ceux-ci servent ses intérêts. Et non pas le contraire.

    Cet article a tout de même un mérite : celui de montrer que le chinois n’est pas plus bête qu’un français, et que l’association bas de gamme = chine est une généralisation hâtive.

  • lachaussetterie

    quand on suis l’actu on sait trés bien que ce n’est plus le made in china actuellement mais le made in Bangladesh qui est le plus utilisé par les « grande enseignes » maintenant il faut savoir ce que l’on veux acheter des produits basique bon marché ou de la qualité ou les deux , moi j’ai fais mon choix …

  • Je comprends tout à fait ce que tu dis, et j’aurai tendance à penser pareil (d’autant que je partageais l’avis global il y a encore 1 ou 2 ans).

    Mais 6 mois avant d’acheter un iPad je pensais que je n’en aurai jamais un car c’est inutile.

    Et il y a 2 ans je n’aurai jamais acheté un livre numérique.

    Parfois on se surprend soi-même à changer vite d’avis 🙂

  • Bastien

    je suis d’accord sur le fait que le consommateurs chinois commence a être éduqué envers ses propres marques et exigeant envers les marques extérieurs (Comme le consommateurs Japonais je pense). Et il est vrai aussi que la marque Shang Xia s’est peut-être trompée de consommateurs en essayant de se diriger vers des consommateurs chinois trop tournés vers l’occident.

    Mais j’ai vraiment des doutes sur le made in China et son image en occident. Avec le temps cela peut surement changer mais ma génération (22ans) et celle d’après vont être dur a convaincre au vue de tout ce déferlement de craintes sur le made in china. Merci pour votre réponse. Je suis en train de faire un dossier sur les enjeux du luxe aujourd’hui, et ce sujet est très intéressant!

  • s’ils le font partout, ils se tuent ^^

  • Merci d’avoir repris la question 🙂 A mon avis le changement d’image se fera spontanément au bout de quelques années, notamment via l’émergence de marques chinoises fortes vendues en occident.

    Sur Shang Xia, effectivement on peut y voir un échec, mais peut-être que le chinois n’achète pas justement parce qu’il sait que c’est Hermès derrière, et préfère à ce compte-là acheter du vrai Hermès.

    Par contre il y a vraiment différents profils de consommateurs de luxe en Chine : si certains achètent occidental (classe moyenne, nouveaux riches), d’autres achètent chinois (aristocratie du partie, clients plus éduqués).

  • thanks !

  • Vincent

    Excellent Article! Il est bien de replacer les choses dans son contexte et d’apporter des preuves. Le paragraphe sur l’impact de sa consommation est particulièrement vrai et donne matière à réfléchir.

    NB : Je pense qu’il y a une petite faute de frappe « Pologue » -> Pologne (en dessous de la Google Street View)

  • ça doit être la petite blague sur Arnaud 😉

  • Trololo

    Votre article a été repris sur Contrepoints, ce qui m’étonne d’ailleurs très peu, allez savoir pourquoi 😀

  • le pouvoir d’achat des chinois a au contraire explosé :

    http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/CHN/fr/NY.GDP.PCAP.PP.CD.html

  • merci beaucoup !

    « La compétions fait rage, un ouvrier est prêt à changer de travail si un employeur lui propose 20€ de plus par mois, sauf s’il est bien à son poste »

    -> j’adore cette remarque qui prend les idées reçues à rebrousse-poil !

  • Bastien

    Oula! je ne me suis même pas relus. J’avoue que tout ceci ne sonne pas français. Je trouve que le made in china possède un gros problème d’image même si on comprend bien que, d’après cet article, la production peut être de très bonne qualité. Comment pensez-vous que le pays pourrait améliorer cette image ? (Comme vous dites, on ne s’attend à un produit chinois de qualité) De plus, j’ai lu un article qui expliquait que shang xia était un échec et que c’était surtout des étrangers qui achetaient ce type de produits. En effet les consommateurs chinois sont très tournés vers l’occident et même eux tournent le dos au made in china.

  • BM

    Sur la qualité il n’y a qu’a voir ce que les retailers Japonais arrivent a faire faire en Chine. Le niveau de détail et les finitions sont impressionnants! Les cahiers des charges sont extrêmement pointus et la qualité se voit.

  • je ne comprends pas trop la question, tu pourrais reformuler s’il-te-plait ? Tu veux dire que ça poserait des problèmes si on ne s’attendait pas à ce qu’un produit chinois soit bon marché ?

  • je ne te dirais pas quoi faire, mais si j’ai pu alimenter une réflexion, j’en suis très heureux 🙂

  • j’allais te balancer mon agrafeuse quand au bout de ton article, je me suis mise à douter car vu l’actualité, j’avais vraiment décidé de consommer au maximum français…..Maintenant, je ne sais plus….

  • Romain R

    Tu me fais rêver avec cette notion de traçabilité !!! Gucci l’expérimente à l’heure actuelle pour certains articles de cuir

  • Bastien

    Vous ne pensez pas que l’on va avoir un gros problème d’image sur le Made in China sachant que la production devient de plus en plus chère là ba ? Notamment dans le reste du monde mais aussi chez les chinois qui sont très tournés vers l’occident

  • BenoitBG

    Merci Fabrice pour ce retour très instructif !

  • Merci pour l’article, Valentin de MonsieurLondon sort souvent de beaux papiers (on sent l’ancien journaliste !).

    Pour Epicure je ne sais pas trop, aux dernières nouvelles ils tournaient toujours.

    En effet on ne peut pas se fier au « made in ». L’idée ce serait d’avoir une transparence et une traçabilité à chaque étape de la chaîne de valeur : de la matière première jusqu’à la communication et la distribution. On pourrait ainsi voir si les marges sont bien réparties entre chaque acteur, et ce qu’on achète vraiment. Mais effectivement les marques n’y sont pas encore. On va peut-être intervenir prochainement sur le sujet dans le cadre de conférences auprès d’acteurs du luxe.

    J’espère que ça se fera et qu’on pourra en faire du contenu pour le blog, car le sujet nous passionne et on a vraiment pour mission de faire bouger les choses autant qu’on peut.

    Excellente journée,
    Geoffrey

  • Fabrice

    Merci Geoffrey,

    Pour travailler dans le textile depuis 5 ans, et depuis 5 ans basé entre Shanghai et la France je vous confirme qu’ateliers & usines sont mieux tenus en Chine qu’en France.

    2 raisons:

    – Ateliers plus jeunes, avec beaucoup plus de commandes du coup équipés avec les meilleurs machines les plus modernes (mieux amorties ect…)

    – La compétions fait rage, un ouvrier est prêt à changer de travail si un employeur lui propose 20€ de plus par mois, sauf s’il est bien à son poste.

    @ Martin: Notez que le made in China aujourd’hui est le made in Japan d’il y a 30 ans… Aujourd’hui le made in Japan est gage de qualité. Il se passe la même chose avec la Chine. Les donneurs d’ordre à bas coûts s’en vont, les usines montent en qualités, en prix ect. Ils prennent du recule sur leur savoir et ont de très bons artisans prêts à bosser (encore quelques années en tout cas).

    NB par rapport à la vidéo: Les chinois font toujours 1/2h de sieste après le déjeuner.. C’est très sain, on devrait tous le faire !

    S’ils travaillent tard le soir, ils ne commencent jamais avant le déjeuner. Après au journaliste de dire ce qu’il a envie de nous dire et à ceux qui ont envie de s’en sortir d’aller un peu plus loin que 8h par jour…

  • Je suis d’accord avec toi, on s’est juste mal compris sur les termes.

    Quand je parle de bas-de-gamme VS haut-de gamme, je parle vraiment de la qualité du produit final (et non de ce prix). Comme le dit très justement Romain dans les commentaires :

    « Pour moi, une paire de chaussures à 500€ [ou un pull Zadig] fabriquée en chine pour économiser sur la main d’oeuvre et augmenter la marge ce n’est pas un produit de luxe [ou haut-de-gamme], c’est un bien de grande conso à très forte marge. »

  • Les pays occidentaux qui ont choisi les services et les nouvelles technos s’en sortent bien : Canada, NZ

  • on est tous d’accord Rom, personne ne cherche à minimiser cela

  • Romain R

    Mieux lottis, sur ce point je dirai plutôt « moins pire ». On est quand même à 900 personnes mortes suite à l’effondrement de leur atelier, et ce n’est bien sûr par le seul exemple, surtout si on évoque ceux qui travaillent le cuir. Vraiment sur ce point je pense qu’on est sur ce qu’il y a de pire et que si des progrès ont été faits (disons bien « si »), ils n’empêchent pas que des ouvrières s’évanouissent de fatigue sur leur lieu de travail ou que des ateliers insalubres prennent feu (les exemples sont bien sûr nombreux). Et que dit un acheteur d’une grande marque textile ? « Je ne veux pas laisser tomber le Bangladesh. Mais le Vietnam, le Cambodge et la Birmanie pratiquent les mêmes tarifs qu’à Dacca ». Et si tout le monde se barre du Bangladesh pour éviter d’investir dans la sécurité des ateliers, ça risque d’être compliqué pour eux de se développer…

  • Maxime

    La situation actuelle nous le montre, c’est un gros problème que le pays ne sache plus produire industriellement, et les délocalisations de masse nous ont jeté dans la gueule du loup, en quelque sorte.

  • Luc

    Bravo (et Merci) Geoffrey ! =)

  • Maxime

    L’article a tout-à-fait raison de remettre dans son contexte la fabrication en Asie : par exemple, la région du Xinjiang produit un coton aussi qualitatif que le coton Pima, des marques de denim japonais haut-de-gamme commencent même à l’utiliser. En tous cas, on ne peut pas généraliser la fabrication chinoise à des milliers de Foxconn – l’entreprise sous-traitant pour Apple, Nokia et Samsung notamment, connue pour ses conditions de travail déplorables et le taux de suicide très élevé chez ses ouvriers – même s’il est vrai qu’une production éthique dont les ouvriers profitent pleinement ne concerne que peu d’ateliers à l’heure actuelle.

    Cependant, le pouvoir d’achat de l’écrasante majorité des chinois n’a que très peu augmenté depuis 20 ans, voire régressé dans les provinces intérieures, à cause d’une politique de redistribution de la richesse produite par le travail dont les salariés ne profitent pas. C’est seulement depuis le XXVIème congrès du PCC que la nouvelle équipe de Xi Jinping a du admettre qu’il fallait se concentrer sur cette problématique pour augmenter la qualité de vie de l’ensemble des chinois, pour mettre fin aux disparités sociales et régionales, mais c’est un autre débat. C’est surtout dans les prochaines années que les coûts de productions en Chine vont augmenter, beaucoup plus qu’auparavant.

  • Bel article Geoffrey. Monsieur London a publié il y a quelques jours un article du même style, très intéressant aussi…

    http://fr.monsieurlondon.com/blogs/almanach/7879597-du-bangladesh-de-la-viande-de-cheval-et-de-nos-habitudes

    Justement pour Epicure, la marque a l’air d’être morte, des infos dessus ?

    Mais le problème reste le même, le made in, on peut pas vraiment s’y fier. Ce qui nous intéresse c’est la provenance du tissu et très peu de marques sont transparentes par rapport à la traçabilité des pièces…

  • ale

    Quand vous comparez les pulls haut et bas de gamme, vous oubliez un élément essentiel: la marge. Et elle est très importante (je ne pense pas que le prix de vente d’un pull Zadig et Voltaire soit composé uniquement de la matière première et du salaire des ouvriers !)

  • On est d’accord. Simplement le Bangladesh et l’Inde sont aujourd’hui mieux lottis que hier, et le serait encore mieux demain.

  • Magid

    Bonjour,
    Merci pour cet article qui veut montrer qu’il y a aussi du bon dans le « made in China » et dans le « made in étranger » en général. Je suis d’accord pour dire qu’il y a aussi la qualite, le luxe et l’éthique dans le « made in étranger  » et pour dire qu’il y a aussi de la bouse dans le « made in France » (pour parler de la France).
    « En creusant un peu un sujet on se rend vite compte que c’est faux » ; « Non, les ouvriers chinois ne sont pas … cage. »
    – Les chinois peut-être pas (je ne pense pas qu’on puisse être catégorique) mais ailleurs ?? L’article est plus accès sur la Chine, mais cette « télé-réalité qui n’est pas la vie » s’est déplacée dans les pays voisins comme le Bangladesh. Très bien la Chine et les Chinois ont augmenté leur pouvoir d’achat et ont eu accès a la classe moyenne. Aujourd’hui c’est le tour du Bangladesh et dans 10 ans il aura aussi son boom économique, mais a quel prix? On ne peut pas (et on ne doit pas) rejeter tout ce qui s’y passe. On ne parle pas assez du cote positif, de ce qui se passe de bien pour le textile (ou autres produits) dans ces pays, c’est vrai… mais je pense que pour construire un avenir meilleur, il ne faut pas oublier ce coté sombre et dire que ce type de reportage c’est de la télé-réalité pornographique. (peut-être que je n’ai pas saisi ce que vous vouliez dire).
    Ming Yin a un peu résumé tout ca.

    Bonne journée et encore merci pour vos articles 🙂

  • Martin

    Au final on pourra dire ce qu’on veut pour défendre le made in china, moi quand j’achète un vêtement ce qui m’intéresse c’est la qualité et elle n’est pas là quand j’achète du made in china dans 95% des cas. En dehors des aspects économique du pays qui ne me concernent pas directement j’ai quand même bien l’impression de me faire « niqué » à chaque fois que j’en achète.

  • La France devrait se tourner vers les services mais cela passe par la consommation de produits français.
    Je ne parle pas là de made in France mais de marques à capitaux français. En effet, la France est un pays développé donc peu lui importe d’avoir des emplois dans la production de biens. Consommer français doit permettre l’embauche dans les domaines de la R&D, du marketing,…
    Certes les constructeurs automobiles français font tout faire à l’étranger, il n’empêche qu’acheter une voiture française rapporte bien plus d’emploi que d’acheter une Audi où seul le transporteur et le vendeur seront français.

  • « En ce qui me concerne, le made in france n’est pas une fin en soi, c’est plutôt le « made with integrity » qui a une valeur. »

    « Pour moi, une paire de chaussures à 500€ fabriquée en chine pour économiser sur la main d’oeuvre et augmenter la marge ce n’est pas un produit de luxe, c’est un bien de grande conso à très forte marge. »

    j’ai rien à ajouter 🙂

  • Je suis d’accord mais le % tu peux pas le tracker, du coup tu es limité à une valeur comptable dans le cas de produits où la chaîne comporte de nombreux intermédiaires.

    Imaginons qu’on monte une marque BonneGueule et qu’on fasse la confection dans une usine italienne. Si l’usine sous-traite 90% du travail à une usine en Slovénie, du point de vue de l’entreprise BonneGueule, tout a été acheté à des italiens, et c’est donc du 100% Italie : personne ne viendra vérifier.

    C’est alors l’éthique et la transparence qui jouent, plus que la loi. Je ne sais pas si je suis très clair c’est pas évident à expliquer 🙂

  • pas forcément, mais on pourrait tout à fait se concentrer sur les services, le tourisme, les nouvelles technologies… après ce n’est pas vraiment mon domaine ni le but du blog, mais effectivement il y a une notion de choix personnel.

  • BenoitBG

    Merci Steven, c’est très intéressant ce que tu expliques ici.

  • josue

    Un article qui devrait être lu par tous

  • watcha99

    Après est-ce qu’on préfère faire travailler les gens de chez nous, nos familles, ou le reste du monde… Ce serait dommage que demain, ou après-demain, la France devienne un pays où l’on vient chercher la main d’oeuvre low cost (on s’y dirige).

  • Steve H

    Enfin un article qui apporte des faits au lieu de se lancer dans une diatribe à la Mélenchon / Le Pen.

    Pour appuyer ces propos, le même constat peut être fait dans l’automobile : est-il patriote d’acheter une voiture française sachant que plus de 50% des pièces proviennent de l’étranger? Les deux grands groupes français ont adopté une stratégie pour se concentrer dans le milieu de gamme – stratégie désastreuse d’ailleurs – qui est par nature soumis à une hyper concurrence et dont le facteur clef de succès réside dans le coût. Pour rester compétitifs, ces groupes ont investi massivement dans d’autres pays à plus bas coûts et, maintenant, s’ils rencontrent des difficultés, c’est à cause de leur stratégie inepte et certainement pas à cause de la mondialisation ou à quelques « odieux capitalistes vendus à la finance internationale » comme les populistes des deux extrêmes le prétendent et certains ministres en mal de popularité.

    Quand on est en quête d’élégance, on recherche de la qualité et, cette qualité, elle se trouve dans de nombreuses marques qui peuvent être françaises ou étrangères. Pour ma part, à rapport qualité/prix égal, je préférerai systématiquement une marque française. Pas par chauvinisme, qui est une chose médiocre (« ce qui est français c’est ce qui a meilleur » : raisonnement creux, stupide et typique d’une personne qui n’a jamais vraiment vécu à l’étranger), pas par nationalisme qui est une chose haineuse (« les autres pays et ce qu’ils produisent sont haïssables » : raisonnement indigne d’une intelligence même moyenne), mais par patriotisme : « Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres. »

    Il y a suffisamment de marques pour choisir celles qui correspondent le mieux à nos valeurs et ces valeurs nous n’avons pas à les imposer aux autres. De mon côté, je sais que si Melinda Gloss propose des costumes à 700€ de qualité, bien coupés et effectivement fabriqués dans notre pays, Opening Ceremony propose parmi les meilleures Desert Boots du moment (d’ailleurs, merci à BG de m’avoir fait découvrir cette marque), confortables, stylées… et faites pour mes pieds.

  • Très bon article par contre le « made in France » comme le « made in Italy » n’est pas attribué de façon comptable mais plutôt par rapport à un pourcentage de la valeur ajoutée

    « Faute de législation européenne clairement établie sur le sujet, ce sont les politiques qui ont pris les devants en votant au mois d’avril 2010 la loi Reguzzoni-Versace concernant la filière textile. Celle-ci interdit ainsi à tout industriel de faire figurer la mention « made in Italy » sur les vêtements, chaussures et pièces de maroquinerie qui n’auront pas subi au moins deux étapes de transformation sur le sol italien. Par exemple, une veste conçue par un styliste italien et montée sur le territoire, mais dont le tissu provient de l’étranger ne peut recevoir l’appellation « made in Italy ». Pour Alain Gerbe, PDG d’Avance diffusion, qui importe la plupart de ses tissus d’Italie, »cela revient à réaliser environ 70% de la production sur le sol national ». A titre de comparaison, en France, un bien est estampillé « made in » lorsque 45 % de sa valeur ajoutée est produite sur le territoire en question. » ( http://www.lepetitjournal.com/rome/economie/103165-fabrication-le-made-in-italy-en-danger- )

    On peut donc dire que dans l’habillement le « made in italy » est un label sérieux.

  • Romain R

    Article très intéressant avec des témoignages qui apportent beaucoup et que l’on a rarement l’occasion de voir ! Félicitation pour ce travail. Si je peux me permettre de donner un avis personnel, je dirai concernant le made in china que tout est question de proportion. c’est vraiment plaisant de voir que Ming Yin et d’autres proposent des produits fabriqués dans de bonnes conditions, et dans ce cas c’est un réel plaisir que de pouvoir permettre à ces ouvriers de gagner leur vie. Mais quelle part de la production chinoise ces conditions représentent-elles ? En ce qui me concerne c’est la question la plus importante. Si on parle de Foxconn (sous traitant de Apple) qui a connu une « vague de suicides » (http://www.lefigaro.fr/international/2010/05/26/01003-20100526ARTFIG00753-vague-de-suicides-a-l-usine-chinoise-des-iphone.php) et qui a été très médiatisé l’année dernière suite à des émeutes contre des conditions de travail misérables, on voit bien que deux réalités se confrontent (car ce sont de faits qu’il s’agit, et les exemples sont nombreux). Sur le Made in France, c’est affectivement navrant de voir que la réglementation en vigueur a totalement vidé de son sens cette appellation, mettant en valeur le fait que sur le sujet les américains sont plus conservateurs que nous (c’est dire !). En ce qui me concerne, le made in france n’est pas une fin en soi, c’est plutôt le « made with integrity » qui a une valeur. Un tshirt à 9€ pour moi c’est un produit qui n’est pas à un prix « juste », et qui implique forcément un « sacrifice » derrière, que ce soit sur la main d’oeuvre ou les matières premières. Enfin, concernant le luxe, là je me permets d’être plus radical. Le prix auquel sont vendus les produits repose, si on adopte une vision « conservatrice » du luxe (voir l’ouvrage de JN Kapférer et V Bastien « Luxe Oblige ») , sur la valeur intrinsèque du produit. Pour moi, une paire de chaussures à 500€ fabriquée en chine pour économiser sur la main d’oeuvre et augmenter la marge ce n’est pas un produit de luxe, c’est un bien de grande conso à très forte marge. Dana Thomas l’explique à merveille dans son extraordinaire (je pèse mes mots) ouvrage « Luxe & Co : comment les marques ont tué le luxe », dans lequel elle montre que les gestionnaires ont remplacés les artisans, entrainent par la même une détérioration de la notion même de luxe notamment en recherchant une baisse des coûts du travail et des matières.

    En tout cas merci de permettre d’aborder ce sujet si passionnant ! C’est courageux et ça peut permettre de bons échanges 🙂

  • Très bon article !