Dossier : l’éthique du secteur textile et la mode responsable

Temps de lecture : 14 minutes

92
Le secteur de la mode évolue en permanence. Les problématiques environnementales et éthiques plus encore. Nous nous sommes à nouveau penchés sur ce sujet, notamment dans le registre de la transparence et de la traçabilité de nos vêtements. On fait le point ici

Responsable, éco, éthique, bio, engagée, naturelle...

Entre greenwashing (arnaque marketing saupoudrée de peinture verte), actions éthiques galvaudées et réels engagements, il n'est pas évident de s'y retrouver.

labels vert écolos

Euh... help !

Cela fait plusieurs années que j'essaie de comprendre le sujet de la mode responsable. J'ai encore beaucoup à apprendre mais j'ai acquis quelques réflexes après plusieurs années de recherche.

Mon objectif est de partager avec vous quelques infos, expériences et découvertes pour vous permettre de comprendre un peu mieux ce qu'implique l'achat d'un vêtement du genre.

Schéma Bionic Yarn recyclage

Et si on récolait le plastique souillant les océans pour le recycler et en faire une fibre mixte bien robuste ? Voilà comment Bionic Yarn innove intelligemment.

La mode doit-elle montrer l'exemple ?

Au sein de l’Union Européenne, le secteur de la mode représente 220.000 entreprises pour un chiffre d’affaire d’environ 200 milliards d’euros / an.

Autant dire qu’il a un rôle à jouer dans l’adaptation de nos modes de consommation aux limites de ce que la planète peut offrir et supporter.

Même s'il est souvent mal perçu (contraignant, régressif...), le développement durable est un puissant vecteur de progrès. Se servir de nos limites pour repenser les choses et innover, en s'appuyant sur des siècles de connaissances et de savoir-faire accumulés me semble être une aventure passionnante !

Je crois vraiment que c'est en combinant les efforts du consommateur (achat, utilisation...) et des entreprises (innovations, éducation...) que les choses avancent dans le meilleur des sens. D'ailleurs plusieurs associations comme la Fashion Revolution, Clean Clothes ou même Greenpeace engagent de nombreuses actions pas seulement pour dénoncer, mais aussi pour expliquer, guider et faciliter le passage à l'action.

Je vous présenterai quelques concepts / entreprises innovants en fin d'article, mais d'abord quelques indications pour savoir quels éléments regarder pour mieux acheter.

Quid d'un vêtement écologiquement ET socialement responsable ?

Il y a plusieurs aspects importants à envisager. Car n'oubliez pas que c'est au moment de l’achat que le consommateur a de l'influence ! Chacune de vos décisions d'achat est comme un petit bulletin de vote dans une urne qui favorisera un pan ou un autre de toute industrie.

D'abord les matières, la qualité de fabrication (un vêtement bien fait, c'est un vêtement durable), et puis l'Humain, derrière tout ce travail.

logos labels oeko-tex

Les labels permettent de savoir ce que garantit la marque.

Quelques mots sur les labels de vêtements responsables d'abord : c'est tout simplement le moyen le plus fiable de savoir ce que vous achetez. Ils assurent que le produit respecte un cahier des charges bien précis auquel vous avez accès, évitant le piège des faux labels créés et "auto attribués" par des marques sans aucune valeur.

Le leader est le GOTS (Global Organic Textile Standard). Il garantit une fabrication selon des standards environnementaux et sociaux exigeants. On a aussi le label OEKO-TEX, qui exclue de nombreuses substances nocives de toute la chaîne de production.

L'impact des matières textiles sur l'environnement

Petit aperçu des caractéristiques des principales matières composant nos vêtements !

Les matières synthétiques

vêtement pluie technique déperlant

Les vêtements techniques font partie intégrante d'un vestiaire fonctionnel.

Dérivées de l'industrie pétrochimique, les matières synthétiques sont les plus impactantes en termes de consommation d'énergie et de pollution. D'où l'intérêt de les utiliser "intelligemment" : un pull avec une quantité importante de polyester n'a aucun intérêt, à part celui de réduire les coûts pour le fabricant.

En revanche, elles sont intéressantes lorsqu'elles sont exploitées pour leur technicité (thermorégulation, évacuation de l'humidité, etc.). D'autant que dans ce cas elles sont particulièrement résistantes, un peu de plus vers la durabilité.

Peu à peu, l’industrie évolue et met en place de nouveaux procédés comme Bionic Yarn ou Seacell, fabriquant du synthétique à partir de cellulose végétale et d'algues.

Le coton

culture coton champs

Le coton est extrêmement gourmand en eau.

Le coton est la matière première phare de notre prêt-à-porter, bien qu'il soit gourmand en ressources. Il faut environ 10.000 litres d’eau pour produire un jean (de la culture de la fibre à l'assemblage), et 2.500 pour un tee-shirt de 250 grammes selon waterfootprint.org.

Ce site calcule la consommation en eau de nombreux produits, faisant la différence entre l'eau provenant de la pluie (donc tout à fait naturelle) et celle qui a été pompée, traitée...

Niveau pollution, le coton est souvent cultivé dans des pays où les normes environnementales sont inexistantes : il est gavé de pesticides nuisibles pour les sols.

jersey coton kaki

Le jersey de coton, confortable et robuste.

Il est encore largement dominant dans l'offre textile et, bien évidemment, il ne s'agit pas de le bannir. Tout est question de bon sens : l'épais jean selvedge porté plusieurs années se révèle beaucoup moins polluant qu'un jean délavé bas de gamme bon à changer tous les trois mois.

Surtout, le coton biologique, gourmand en eau mais beaucoup moins traité, tend à se généraliser et à devenir beaucoup plus abordable... Jusqu'à ce que l'on sache mieux recycler cette matière !

Les lainages

jersey de cachemire tissu

Laine mérinos, laine vierge... Des matières nobles et durables, indispensables en hiver !

Les lainages sont intéressants pour leur durabilité et leurs propriétés thermiques : c'est un peu du tout bénef. Ils sont recommandés à l’état vierge car ils n'ont alors subi aucun traitement chimique.

Le cachemire

Aussi doux que luxueux, le cachemire se démocratise peu à peu, ce qui n'est pas sans conséquences pour l'environnement.

En effet, les chèvres produisant du cachemire sont généralement élevées sur les haut-plateaux himalayens. Plus haute est l'altitude, plus les chèvres ont froid : le poil ainsi fourni n'en est que meilleur.

Chèvres cachemire

Malheureusement, la demande en cachemire à prix abordable a fait descendre les élevages de chèvre des haut-plateaux vers les plaines. Or, ces braves mammifères mangent tout sur leur passage, notamment les racines, ce qui entraîne une désertification des sols.

On a donc un cachemire bas de gamme, moins durable et dont l'empreinte écologique est plus lourde. Les vêtements en cachemire sont, et doivent rester, des objets durables et précieux, que l'on garde longtemps.

Faites donc bien attention à la provenance des matières et méfiez-vous des grandes enseignes qui ne donneraient pas d'indication sur leur cachemire bon marché.

Le lin et le chanvre

jersey chanvre tissu

Le chanvre souffre d'une très mauvais réputation, alors que mélangé à du coton, comme ici, il devient très intéressant !

Le lin est une matière très intéressant à tous points de vue : c'est une fibre particulièrement résistante, mais également thermorégulante (oui, vous pouvez tout à fait porter vos chemises en lin en hiver). Au-delà, c'est une culture qui ne nécessite AUCUNE irrigation !

Il y a aussi le chanvre, très connoté hippie en poncho vivant dans le Larzac. Son aspect le rapproche du lin et n'en fait pas une matière très séduisante, alors qu'il est doux et confortable. Cela étant, on commence à trouver des mélanges pertinents permettant de profiter des propriétés du chanvre.

Le cuir

tannage chimique tannage végétal comparaison

À gauche, tannage chimique réalisé au Bangladesh. À droite, tannage végétal italien. Je crois qu'il n'est même pas utile de commenter l'aspect esthétique.

Enfin, il y a le cuir. Qu'il s'agisse de veau ou d'agneau, l'exploitation de ces petites bêtes est très polluante (1 kg de viande de veau produite en France = 22 kg de CO2).

Heureusement, une belle peau peut se garder longtemps, d'où l'intérêt de s'acheter une ou deux pièces, avec une jolie confection qui durera plusieurs années. La patine n'en sera que plus belle et, surtout, l'impact environnemental de votre cuir sera réduit. Il est préférable de se tourner vers un tannage végétal, qui vieillit mieux.

Cela dit, gardons en tête qu'acheter des vêtements en cuir ne fait pas forcément  abattre plus d'animaux, car c'est l'industrie agro-alimentaire qui conditionne le nombre de bêtes qu'on élève.

Même si c'est un peu différent pour les moutons dont on exploite avant tout la laine.

Au-delà, il est dans l'intérêt des éleveurs de prendre bien soin des troupeaux s'ils veulent valoriser au maximum leurs peaux : les protéger des moustiques dont les piqûres marquent, donner de l'espace aux bêtes pour éviter qu'elles ne se mettent des coups de cornes, ou encore ne pas utiliser de fils barbelés qui abîment les peaux.

Une tendance que l'on espère voir se généraliser dans la plupart des élevages dans le monde dans la décennie à venir.

pollution tannage cuir bengladesh

Beaucoup moins fun, mais pourtant réel : la pollution générée par le secteur textile au Bangladesh, par exemple. Ici, le fleuve d'Hazaribagh, capitale des tanneries de cuirs bas de gamme...

Le vrai problème avec le cuir, c'est la question des teintures et des traitements.

Les procédés de teinture ou de tannage sont majoritairement réalisés dans des pays autorisants l'utilisation d'un arsenal chimique extrêmement nocif pour ceux qui les fabriquent ET pour l'environnement.

Les Nations Unies estiment que 22.000 m3 d'eau souillée sont déversées chaque jour, rien que pour la ville d'Hazaribagh. Patagonia évoque aussi certains fleuves chinois souillés dans les mêmes conditions.

L'Europe, avec notamment la France et l'Italie, a des normes contraignantes en ce qui concerne la teinture : ces 2 pays sont les références absolues du tannage végétal, méthode beaucoup plus douce offrant des résultats beaucoup plus qualitatifs. En revanche, le procédé est plus long et plus couteux.

La qualité d'un vêtement

bobine fil denim

La qualité : un critère essentiel !

La qualité du montage est au moins aussi importante que celle des matières utilisées, car qualité = durabilité.

Acheter des vêtements bien fabriqués signifie, tout simplement, en acheter moins tout en les gardant plus longtemps. Un vêtement qu'on renouvelle moins souvent et qu'on peut toujours réparer, c'est moins de matières premières consommées.

Corollaire : avez-vous vraiment besoin de ce trentième tee-shirt imprimé en soldes ?

Inutile d'en dire plus, la qualité est au coeur de l'esprit BonneGueule.

Le facteur humain dans l'industrie du prêt-à-porter

"Il y a quelques chose d'immoral dans le fait d'acheter un maillot de bain ou une robe au prix d'un cappuccino.". - Suzy Menkes

Suzy Menkes mode

Suzy Menkes est une journaliste réputée pour ses connaissances innombrables, son impartialité et son franc-parler. Sans oublier sa houppette.

La dimension humaine et sociale est peut-être l'aspect le plus difficile à juger quand il s'agit de bien acheter, car ces données n'apparaissent pas sur les étiquettes.

Les associations et organismes de surveillance de terrain sont clairs : certaines pratiques (travail des enfants, conditions de travail dangereuses et abusives) existent encore et sont loin d'être anecdotiques. Cela commence à changer positivement (notamment en Chine), même si on est presque "habitués" à ces images terribles pourtant bien réelles.

effondrement Rhana Plaza usine catastrophe

L'effondrement du Rhana Plaza, usine insalubre, a enclenché une réflexion autour des excès de la fast fashion à très bas prix. Peut-on prendre le risque de tuer pour fabriquer des tee-shirts à 9 € ?

H&M, parmi d'autres, est pointé du doigt pour ses engagements non tenus : la marque suédoise est souvent un bon cas d'école en ce qui concerne le greenwashing. Loin de moi l'idée d'incriminer bêtement, surtout que H&M a initié de belles choses avec ses lignes en matières recyclées. Pour autant, cela ne doit pas être un arbre qui cache la forêt d'autres pratiques inacceptables.

Ces chaînes ne connaîtraient pas un tel succès si tant de gens n'achetaient pas leurs produits sans se poser la moindre questions sur la qualité : cela interroge sur notre responsabilité individuelle au moment de l'achat.

Il faut être conscient que quand on achète un tee-shirt à 10 euros ou un jean à 30 euros, c'est que dans la chaîne, un des acteurs est écrasé : il n'y a pas de miracle.

Tantôt le fabricant, tantôt l'environnement (et donc à nouveau des êtres humains), et souvent les deux.

usine textile bengladesh

Il y a encore beaucoup de travail à faire.

Le Made in France

Cela nous amène à la question du «Made in France» : est-ce la seule solution ?

Non, bien que ce soit un modèle en ce qui concerne les conditions de travail, n'ayons pas honte de le dire. Aujourd'hui, en parallèle, des entreprises socialement responsables labellisées commerce équitable existent ailleurs.

Ensuite, il faut reconnaitre que plusieurs pays imposent, comme en France, certaines exigences de conditions de travail commet l'Italie, le UK, l'Espagne... La Corée du sud, au Brésil et d'autres pays de l'Est ou d'Asie commencent, de leur côté, à générer d'intéressantes mesures sur l'encadrement des conditions de travail.

Enfin, certaines entreprises choisissent de leur propre chef de fournir des conditions de travail décentes à leurs ouvriers. Mais sauf s'il y a un label objectif sur le produit ou une provenance claire, il nous sera impossible de savoir ce qu'il en est vraiment.

N'hésitez pas à lire les deux articles de Geoffrey sur le made in France et le made in China qui démontent beaucoup d'idées reçues.

usine textile France

L'utilisation, l'entretien et la fin de vie du vêtement

Un constat pour commencer cette partie : la façon dont nous portons, entretenons et "jetons" le vêtement représente 50 % de son impact environnemental !

Ces étapes du cycle de vie sont tout aussi importantes que la phase en amont de l'achat, nous allons voir qu'il y a certaines habitudes faciles à prendre.

Entretenir ses pièces de façon responsable

La machine à laver consomme de l'énergie (pas toujours renouvelable), ce qui constitue un premier élément à prendre en compte. Par conséquent, on peut être vigilant sur la catégorie énergétique (A, B, C...) de la machine au moment de l'achat.

étiquette consommation energie machine électroménager

Ces étiquettes vous permettent d'avoir une idée de la "gourmandise énergétique" de la machine !

Au moment de laver :

  • La température de l'eau a son importance : laver ses vêtements à froid, 20 ou 30° et uniquement quand ils en ont vraiment besoin dans un tambour bien rempli est déjà un progrès.
  • Naturellement, les chemises, tee-shirts et autres linges de corps nécessitent des lavages plus réguliers. La case sèche-linge, nuisible à tous les plans, est à bannir (même vos vêtements vous remercieront).
  • Autre impact, plus lié à la pollution cette fois : les lessives critiquées pour leur nocivité, à la fois pour l'homme et l'environnement.

Exemple : l'Acide éthylène-diamine-tétracétique (EDTA), classé comme poison, n'est ni biodégradable, ni filtré dans les stations d'épurations, donc rejeté dans l'environnement... Heureusement, l'industrie revoit ses vieilles recettes et développe des gammes "alternatives".

lessive écologique arbre vert

Active à froid, écologique (label U.E), fabriquée en France etc : Arbre Vert est leader sur les produits d'entretien écologiques.

Les lessives écologiques (labelisées) sont aussi efficaces que les lessives aux métaux lourds. Pour en utiliser depuis plusieurs années (sur des cycles à 30°), j'en suis extrêmement satisfait.

Elles peuvent aussi contenir des substances pétrochimiques, mais contiennent plus de substances d'origine végétale (citron, betterave, sucre...) et sont plus facilement biodégradables.

ingrédient lessive maison

Vraiment, la lessive maison, c'est easy !

Mieux encore et moins cher ? J'ai ce qu'il vous faut ! La "Rolls" des lessives écologiques est celle faite-maison.

Je m'y suis mis, avec des résultats très satisfaisants. À base de savon de Marseille (huiles végétales), de bicarbonate de soude (biodégradable) et d'eau, la lessive "do it yourself" est facile à faire.

J'ajoute quelques gouttes d'huiles essentielles de citron pour le parfum et l'action anti-bactérienne. Cela étant, lorsqu'un linge est vraiment très sale, je fais une tournée à la lessive écologique.

Savoir réparer les vêtements qui peuvent l'être

jeans réparé détail

Enfin, je termine avec un point sur la réparation. Si l'on pense aux pièces denim, parfois fragilisées, sachez que des entreprises comme Repair Jeans offrent une seconde vie aux pantalons fatigués pour un prix très raisonnable.

Il en va de même avec vos pulls, chemises, manteaux...

N'hésitez pas à consulter un couturier près de chez vous : si vous avez la chance de tomber sur quelqu'un de vraiment bon, vous verrez qu'il y a un éventail de possibilités impressionnant pour sauver ses vêtements. D'ailleurs j'ai récemment croisé une vieille dame qui disait à très juste titre : "Le vrai luxe, ce sont les objets que l'on peut réparer". À méditer.

remaillage artisanal couture

Il est même possible de reprendre ou remailler des matières très fines.

Concernant ces vêtements que vous ne pouvez plus porter, il y a les associations type Le Relais qui les donneront à des personnes dans le besoin.

Les vêtements fatigués peuvent aussi être utilisés pour votre running quotidien hebdomadaire : on peut se permettre de courir avec un tee-shirt trop grand ou à l'encolure vrillée. En parlant de tee-shirts, ils font d'excellents chiffons pour laver les vitres ou réaliser le glaçage de vos souliers. À bon entendeur.

Mode et développement durable synonymes d'innovation

Même si on n'en parle pas assez, de nombreux acteurs innovent constamment et débordent d'idées.

Biocouture : la matière du futur ?

biocouture textile innovant

Tout part de là...

J'ai failli ne pas en revenir en découvrant ce que prépare Suzanne Lee dans son laboratoire londonien. On a là une rupture inédite avec le textile tel qu'on le connait depuis des siècles. Ni fils, ni tissus, ni peaux, mais des bactéries.

La matière "pousse" littéralement, et une une fois cultivée, elle peut être travaillée comme un tissu... Ou presque, car le concept n'en est qu'à ses débuts, et biocouture ne cesse de chercher (et de trouver) de nouvelles idées.

biocouture découpe lazer

Un premier exemple : une matière fine, découpée au laser, avec un texture unique.

En plus de pouvoir travailler de nouvelles formes de couleurs et de motifs, cette matière vivante a aussi la possibilité de prendre soin de vous. Une peau sèche ou une allergie qui vous pourrit la vie ? La biomatière pourra avoir des propriétés hydratantes, anti-allergènes...

La science rattrape la fiction, et si aujourd'hui cela peut presque faire peur, il est évident qu'on a là une idée incroyablement intelligente, répondant à un grand nombre de problèmes environnementaux.

L'impression en 3D s'invite dans le textile

Cette technique trouve un nombre incalculable d'applications dans la vie quotidienne, l'industrie, la chirurgie, etc. Le secteur textile n'est pas en marge grâce au travail de jeunes entreprises comme Electroloom.

machine electroloom textile écologique

Là encore, c'est "tout simple" : le vêtement, conçu sur ordinateur est ensuite imprimé dans un matériau biodégradable. Certains vêtements pourraient être fabriqués intégralement sur-mesure et sans coutures. Plus de problème de stock ni d'invendus, et une utilisation très rationnelle de la matière sans aucun gâchis.

Electroloom matière textile

À ce stade du développement, voici la matière fabriquée par la machine Electroloom.

Évidemment, le but n'est pas de supprimer complètement la main-d'oeuvre : les vêtements / tissus complexes à réaliser, les finitions, pièces de luxe ou produits nécessitants un savoir-faire particulier auront toujours plus d'intérêt réalisés à la main.

Une nouvelle façon de teindre nos vêtements... au CO2 !

machine teinture textile gaz carbonique

Voici la machine grâce à laquelle on peut teindre au gaz en circuit fermé.

Ne plus utiliser d'eau ni d'additifs chimiques, aller plus vite avec un impact environnemental et un coût réduit. Utopique ? Non, c'est déjà proposé par plusieurs industriels et utilisé par des marques comme Patagonia (qui travaille avec CO2 Nexus). Cette innovation combine les intérêts de l'environnement, des entreprises et du consommateur.

Jean Patagonia teinture co2

Franchement, vous auriez remarqué que ce jean Patagonia était teint au CO2 ?

Dyecoo propose un système similaire assez simple à comprendre.

  • Un rouleau de tissu est enfermé dans une machine cylindrique,
  • Du CO2 à l'état "supercritique", entre l'état liquide et l'état gazeux, est injecté dans le cylindre en traversant un réservoir de pigments, colorant intensément le tissu,
  • Pas besoin de séchage, pas de déchets nocifs et, surtout, une machine qui fonctionne en circuit fermé. Le CO2 utilisé est récupéré, filtré puis réutilisé.

Leax : le pari de produire en France des vêtements respectueux de l'environnement ET accessibles

Tshirt LEAX écologique

Si l'innovation est essentielle en matière de développement durable, la notion d'accessibilité l'est tout autant. Voilà pourquoi des entreprises comme Leax sont extrêmement intéressantes : pour 39 €, vous achetez un tee-shirt en coton labellisé Oeko-Tex fabriqué en France (intégralement, jusqu'à l'étiquette).

On est typiquement au carrefour des trois piliers fondant la notion de responsabilité et de durabilité :

  • Un impact environnemental réduit,
  • Une main d'oeuvre respectée et justement rémunérée,
  • Un investissement dans l'économie réelle avec, ici, des circuits relativement courts.

Pour aller encore plus loin, la marque créée en juin a lancé un sweat en matières recyclées (essentiellement coton) !

sweatshirt leax recyclé

 

J'espère vous avoir rendu ce sujet intéressant : il n'est pas toujours facile à traiter mais vous connaissez maintenant quelques aspects positifs d'une mode durable.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas 😉

eco vegan gal

Laisser un commentaire

Questions de style, points de vue perso, bons plans à partager ? Nous validons ton commentaire et te répondons en quelques heures.

  • Jules Kiel

    Merci pour votre réponse si rapide, je ne connaissais pas Seagale et ça me semble parfait, merci beaucoup !

  • Nicolò – BonneGueule

    Franchement chez Seagale tu vas trouver ton bonheur je pense. En lus de ça le mélange Tencel-mérinos est sympa. Qu’en penses-tu ?

    Sinon y’a Maison Cornichon (à 60 sur certains modèles), Norse Projects avec un paquet de choix et qui n’est pas trop dur à trouver soldé / en outlet quelque part, et enfin, Son of a Tailor… Qui te le fera à tes mesures, pile dans ton budget 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci pour ton retour Matt 🙂

  • Matt

    Salut BG

    Juste un petit lien sur le coton et son économie très récent pour la communauté, c’est toujours utile dans le contexte et puisque je suis apparemment dans la bonne section, je vais le poser là : https://www.youtube.com/watch?v=_8dwxQGMgBw

    Merci

  • Paul Reynaud

    Merci pour ta réponse ! Oui, c’est assez triste… J’espère qu’un jour on arrivera à avoir une majorité d’entreprise soucieuse du mode de production des produits qu’ils proposent à leurs clients !
    Je vais déjà aller me renseigner sur ce label.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Paul !

    En marque d’outdoor ? Benoît te propose Klattermunsen, mais c’est à peu près tout ce qu’on a.

    Et effectivement pour le « greenwashing » c’est une réalité. Malheureusement peu de marques ont vraiment une démarche éthique tout en étant sous les projecteurs suffisamment souvent pour que des « enquêtes » soient menées…

    Mais si tu trouves le label « B Corp » ça c’est du sérieux sur l’engagement éthique, social et environnemental ! C’est hyper exigeant et les marques sont auditées (tous les deux ans il me semble) pour vérifier qu’elles restent sur la même trajectoire, et conserver le label !

    (D’ailleurs nous travaillons à son obtention pour la marque BonneGueule 🙂 )

  • Paul Reynaud

    Merci pour cet article, j’ai appris beaucoup de chose/

    Il y a-t-il d’autre marque responsable tel que Patagonia ou Leax ? Je cherche pas mal de mon côté en lisant les chartes éthique des marques mais je ne sais jamais si ce qui est dit est du greenwashing ou un engagement sérieux…

  • Fabiann Bouillard

    Ah oui, super c’est vraiment sympa de ta part. N’hésite pas à compléter ton expertise :p.

  • Pierre – BonneGueule

    Merci pour tes conseils, Khno ! 🙂

  • Khno

    Salut Fabiann

    Je ne sais pas si tu as trouvé ton bonheur, mais je me permets de te donner deux conseils: regarder du côté de l’Allemagne et de l’Italie. Les mouvements DIY italiens d’un côté, antispécistes allemands de l’autre ont donné (jusqu’en Autriche!) naissance à de nombreuses petites marques qui concilient recherche vestimentaire et pratiques plus censées… Je ne te donnerai ps de marque car je suis encore en train de tester un certain nombre de celles-ci et donc ne puis t’assurer de la tenue sur le long terme. Mais le fait est qu’il est, dans le cadre du veganisme comme de l’éthique, souvent intéressant d’utiliser des mots clés allemands ou italiens… (bien sûr les anglais sont en avance aussi, mais dans la masse des résultats, c’est vite perdu, et puis ils ont aussi une facheuse tendance à faire du bas de gamme fabriqué en chine un peu sur n’importe quelle niche…)

  • Lad Job

    Salut,
    Merci pour ta réponse.
    Je vois bien tes objections qui font tout le sel de nos recherches au niveau style et travail de la fibre.
    C’est là notre challenge!
    A bientôt.

  • je parlais vraiment du style : tu peux tout à fait faire du 100% lin ou 10% viscose sur des vêtements mais le lin ça tend à garder un côté très brut et la viscose c’est assez brillant en rendu donc déjà ça va pas toujours hyper bien ensemble ces 2 matières

    et ensuite ça fait des looks chelous si tu n’as que ça dans ta garde robe : [chemise + jean + veste] en viscose ça fait super satiné et féminin et [chemise + jean + veste] en lin ça fait vite hobo pas repassé

    après bien sûr on peut trouver des looks qui fonctionnent, etc, mais ça sera clairement galère pour le consommateur type, ou pour quelqu’un qui a des besoins très hétérogènes (boulot/voyage/sortie/etc.) ou pour de la garde-robe business

    mais avec plaisir pour nous envoyer ce que tu fais quand ce sera sorti ([email protected])

    Très bon week-end,
    Geoffrey

  • Lad Job

    Salut à tous,

    Article très intéressant, notamment pour avoir fait la liaison entre « durable » et « écologique » qui nous ramène à la question ultime du choix personnel et de nos motivations d’achat.
    Je souhaite réagir à la remarque : »à la fin, il reste le lin et la viscose… impossible de s’habiller avec ça » qui m’a fait lever un sourcil.

    Je ne m’étendrai pas sur la viscose, qui est une fibre artificielle.
    Je suis en train de créer une marque de PàP avec pour matière principale le lin. Au cours de mes recherches et discussions avec de nombreux acteurs (filateurs, tisseurs, etc) j’ai pu trouver des tissages et des tricotages particulièrement bluffant au niveau du confort, sans compter que le lin s’assouplit à mesure des lavages.

    Je vous propose donc, chère team BG, et particulièrement toi Geoffrey, qu’une fois la collection finalisée, de vous la présenter et surtout de vous faire changer d’avis sur cette fibre injustement oubliée.

    A plus!

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci pour la contribution Wilfrid !

  • Wilfrid DE CONTI

    Je rebondis sur le commentaire de Geoffrey qui a très justement noté qu’il était difficile de s’habiller éthique aujourd’hui.

    C’est un sujet important, qui mérite d’être traité plus souvent. Cependant avant toute chose, il est important de noter que la première étape vers le changement est d’adopter une consommation modérée. Posons-nous la question : en ai-je vraiment besoin ? Vais-je porter ce vêtements plusieurs fois, ou le garder plusieurs années ?

    Sur ce point, je suis entièrement d’accord avec toi Geoffrey.

    Sur le point de la mode éthique, en effet, comme tu l’as cité, il y a toujours un pour et un contre. Maintenant, je pense que la solution réside dans un compromis. Et tout dépend les facteurs que nous prenons en compte.
    Nous avions publié sur notre blog un article qui mettait en avant une initiative qui privilégiait le transport maritime. Une personne a commenté en nous expliquant que ce type de transport posait problème (lien vers l’article : https://besight.fr/podiums-a-mode-durable-ecolo-succes-deglantine-morin/) pour la perturbation de l’écosystème. Cependant, cela reste l’un des modes de transport les plus « écologiques » en terme d’impact carbone. Il faut savoir arbitrer…

    Une des solutions est de sensibiliser les consommateurs à leur consommation. A ce propos, voici quelques vidéos qui traitent du sujet de la fast fashion :
    https://www.facebook.com/opposingviews/videos/10154239561061051/
    https://www.facebook.com/HuffingtonPost/videos/338497529827734/

    Nous sommes passionnés par ces enjeux, et c’est pour cela que nous avons créé Besight : la première plateforme collaborative dédiée aux accessoires de mode responsables et à la promotion des jeunes talents.

    Venez nous rejoindre sur Ulule pour en savoir plus (https://fr.ulule.com/besight/ )
    Au plaisir d’échanger avec vous.

  • Rafik – BonneGueule

    Salut Alexandre,

    Merci pour ton retour, ravi que l’article t’ait plu ! Hélas, je n’ai pas la moindre idée quant à l’existence d’une telle appli.

  • Alexandre Segur

    Bonjour! Super article qui va mériter une attention toute particulière au quotidien.

    Existe-t-il des app pour smartphones à même d’apporter des orientations sur les marques? En somme, un outil qui décrirait et classerait les marques (je pense en premier lieu au secteur textile, mais pourquoi pas alimentaire, pharmaceutique…) en fonction de leur impact humain et environnemental?

    Ce que je trouve pour l’instant ne présente que quelques enseignes de distribution parmi lesquelles apparaissent systématiquement Zara ou H&M; mais je cherche quelque chose de plus global (et donc plus pratique lors d’un choix en magasin multimarque).
    D’avance merci pour les tuyaux!

  • Benoit – BonneGueule

    Très intéressant, merci !

  • Euxane – BonneGueule

    Hello Alban,

    Yes il est vraiment top, merci du partage !

  • Alban

    Salut la team,
    France 5 a diffusé un super reportage sur la production de coton dimanche dont voici le lien.
    Cela donne un autre éclairage sur votre article et nous pousse une nouvelle fois à consommer moins mais mieux et à toujours se renseigner sur l’origine du vêtement.
    https://youtu.be/UNI_IvQYUgo

  • Fabiann Bouillard

    Merci pour votre réponse (rapide, très rapide ^^).

  • Salut Fabiann,

    J’aime beaucoup l’idée, mais aujourd’hui on n’a rien trouvé de satisfaisant.

    C’est compliqué au final de s’habiller « éthique » :
    – le coton c’est une horreur écologique au niveau de la consommation d’eau
    – le cuir consomme aussi beaucoup de ressources (élevage)
    – la laine a aussi certains problèmes potentiels sur le traitement animal, et pose toujours la condition de l’élevage
    – les matières synthétiques c’est de l’hydrocarbure et hors vêtements techniques c’est désagréable et sans intérêt
    – en matériaux recyclés rien de vraiment concluant aujourd’hui (quoique VEJA propose des choses cools en baskets)

    à la fin, il reste le lin et la viscose… impossible de s’habiller avec ça

    du coup, je pense que le mieux c’est de viser du durable, acheter moins mais mieux, vu qu’aucune solution n’est idéale

    c’est le chemin que j’ai choisi pour ma propre consommation

    Très bonne journée,
    Geoffrey

  • Romain Rousseau

    Effectivement pour le coup sur certains produits il y a encore du boulot à faire. je ne sais pas vraiment comment ils se positionnent sur le sujet, parfois il est difficile d’être au point sur tous ces aspects lorsque l’on travaille avec des sous traitants. Mais dans la mesure où Patagonia communique sur l’aspect écologique de ses produits, effectivement on peut attendre certaines améliorations de ce côté là !

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Aymeri !

    Merci, la coquille n’est plus 😉

  • Aymeri Gallais

    Une simple remarque il faut écrire « ce que garantiT la marque » et non  » ce que garantie ». Sinon, super article, continuez comme ça, j’adore votre travail.

  • Dominique

    Merci pour cet article. Ci dessous un recent rapport de Greenpeace sur les traces chimiques laissées dans la nature par les vêtements techniques, notamment de ski. Où l’on apprend que même Patagonia pourrit la nature :
    http://www.greenpeace.org/international/Global/international/publications/detox/2016/Leaving-Traces.pdf

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Anthony !

    Super intéressant, merci pour le partage ! 🙂

  • Anthony

    Salut à toute l’équipe et merci pour tout ces articles intéressants !

    En parlant de mode durable je viens de tomber sur un article d’un pantalon inspiré d’une technologie des astronautes. Un jean qui n’a pas besoin d’être lavé mais qui ne sens aucune odeur, et qui ne tâche pas. En gros des litres et des litres d’eau économisé ! Ils prévoient aussi de décliner en chaussettes, t-shirt … (si c’est pas déjà fait)
    Après niveau design, qualité du textile etc je sais pas ce que ca vaut .
    A surveiller 😉
    http://www.clubic.com/mag/sport/actualite-792692-odo-pantalon-futuriste-besoin-lave-finance-kickstarter.html

  • Benoit – BonneGueule

    Hello Arnaud, alors pour te répondre, pour la plupart de nos marques préférées, la plupart fabriquent au Portugal, dans des ateliers où chacun est payé comme il faut.

    De notre côté, je t’invite à relire certains de nos articles, on montre énormément d’images d’ateliers, ce qu’aucune marque ne fait autant que nous. Par exemple, pour le pantalon Schoeller, on est carrément aller filmer sa fabrication de bout en bout 🙂

    Pour la partie écologique, on prépare quelques initiatives sympas dans ce genre qui vont arriver dans les prochains mois.

  • Arnaud Picard

    J’avais fait la demande d’un tel article il y a quelques temps, merci de l’avoir réalisé!

    Cependant, je suis déçu de ne pas avoir le positionnement de nos marques préférées, pour savoir où on se situe à ce niveau, dans ce qui est conseillé pour pleins d’autres bonnes raisons. Bon c’est clair que ça demande un certain travail d’investigation, et surtout, ça risque de faire grincer des dents les marques.
    Cela dit, ce qui me chagrine le plus, c’est que notre marque de vêtements préférée ne se positionne pas clairement sur le sujet (oui, je parle de vous BG 😉 ). Ou alors je suis passé complètement à côté…
    Vous nous avez habitué à une telle transparence que je suis surpris que rien ne soit dit à ce sujet, même (et surtout) si c’est pour dire que vous êtes conscients que vous n’êtes pas parfait, mais que vous faites de votre mieux, avec la maigre marge de manoeuvre que vous possédez.
    Comme il est dit par Romain dans l’article, c’est un enjeu incontournable dans les années à venir. Et voir BG à terme s’en faire un défenseur avisé (mais pas aveugle soyons clair), moi ça me plait.
    Think about it

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Audeline, merci pour ton commentaire !

  • Romain Rousseau

    Merci Thibaut !

    Pour compléter ce que dis Geoffrey, on entend beaucoup de gens dire qu’ils n’ont pas les moyens de mettre un certain prix dans leurs vêtements et qui n’hésitent pas même à vous dire que vous déconnez quand vous mettez 250€ dans un pull ou dans une paire de chaussures. Des gens qui roulent en Serie 1 sport design assurée pour 350€ par mois, qui se ruent sur le dernier iphone dès sa sortie et regardent la TV sur un immense écran. Je caricature (à peine) tout ça pour dire que c’est aussi une question de choix, et qu’il est « socialement » plus acceptable de claquer 500€ mensuellement dans l’entretien, l’assurance et le carburant de sa voiture plutôt que 900€ tous les trimestre (et c’est beaucoup) dans quelques belles pièces.

    Concernant les marques qui intègrent pleinement le facteur environnemental en plus d’une durabilité du produit, tu as bien sûr patagonia, Honest By qui propose 1) une transparence absolue et complète sur absolument tous les aspects du vêtement et 2)une gamme de vêtement recyclé ou recyclable, Leax bien entendu qui propose une alternative accessible à la mass/fast fashion, et à côté il y a des multi marque comme Eco sapiens (sur lequel tu trouveras par exemple du naked and famous) ou Origreen. Les sites sont pas toujours très bien faits, les produits pas toujours bien mis en valeur, mais ça donne de bonnes pistes pour commencer à se familiariser avec la mode responsable et pour acheter ses premiers vêtements éco-conçus !

  • Audeline

    Merci pour cet article. C’est toujours un véritable plaisir de découvrir que d’autres personnes partagent nos valeurs et encore mieux en parle.
    Nous sommes deux amies qui lançons notre concept : lesindependantes.com, un atelier de couture en ligne. Tous nos produits sont fabriqués en France. Notre tissu est imprimé également en France et nous ne produisons qu’à la commande.
    Dans notre développement de marque nous avons à coeur :
    d’avoir un impact environnemental réduit, de travailler avec des personnes respectées et justement rémunérées et surtout de proposer un investissement dans l’économie réelle avec des circuits courts. Nous y croyons et nous essayons. Au plaisir de vous lire !

  • Hello Ewen, cela dépend vraiment des tanneries et des gammes de qualité. Je ne pense pas qu’on puisse raisonner en termes de pays quand on parle de textile, car on trouve le pire et le meilleure partout dans le monde, parfois à 100m de distance. France comprise.

    https://www.bonnegueule.fr/la-vraie-verite-des-vetements-made-in-france-celle-de-ceux-qui-les-font/

    https://www.bonnegueule.fr/la-verite-sur-le-made-in-china-avec-ming-yin-de-three-animals/

  • Hello Thibaut,

    Je ne pense pas que cela coûte vraiment plus cher de bien s’habiller. Des vêtements de qualité, ce sont des vêtements qu’on renouvelle moins souvent, donc ce sont de facto des vêtements meilleurs au regard de l’environnement.

    Au-delà, des gens sous payés, malheureux dans leur travail, ne sont pas des collaborateurs propices à l’entretien et au développement de savoir-faire textiles de qualité. Un savoir-faire, c’est également un respect de l’humain.

    La plupart des marques que l’on traite ici remplissent ces critères de manière acceptable, j’aurai tendance à les recommander presque toutes, vu que c’est ce qu’on fait déjà 🙂

  • Thibaut

    Article très intéressant.

    En fait, toutes ces marques non-éthiques arrivent à fonctionner parce qu’il y a encore des gens qui en achètent, et qu’il faudrait que les gens arrêtent d’en consommer pour qu’elles améliorent leur pratique au niveau social et environnemental.
    Après je pense qu’on aimerait tous mieux consommer, que ce soit en termes de nourritures, d’habits, ou d’autres choses, mais le problème principal concerne le porte-monnaie. La majorité des gens n’ont pas les moyens d’acheter des habits de qualité, ce qui fait qu’ils se rabattent sur du Celio, C&A, H&m monoprix, etc… et que systématiquement dessus il est marqué « made in bangladesh »,ce qui fait que ces marques continueront à exister.

    Ensuite, est-ce que vous pourriez dire quelles sont les marques que vous recommandez, en termes de qualité, mais aussi en termes d’impact social et environnemental? 🙂

  • Ewen Th

    Bel article !

    Ca donne quoi le cuir made in turkey niveau impact écologique?

    merci d’avance,

  • Romain Rousseau

    Bonjour tout d’abord.

    – Il se trouve que la fourrure est tout de même ultra minoritaire (voire insignifiante) dans l’offre de vêtements masculins, en tout cas ceux dont nous parlons habituellement.
    – Evitons les amalgames sur les industriels : tous ne sont pas tels que vous les décrivez. D’ailleurs, si vous nous lisez, vous verrez que nous évoquons très souvent des filatures ou des maisons très soucieuses d’une production hautement qualitative, ceci incluant le bien être animal. Les moutons sont entassés et souffrent pour faire des pulls H&M ou zara, mais si vous regardez par exemple les élevages de la maison Loro Piana (qui vend à plein d’autres marques) vous verrez que la réalité est tout autre.
    – Les cuirs ne proviennent pas tous d’élevages intensifs, en tout cas pas ceux dont nous parlons. J’explique pourtant clairement le lien entre bien être de l’animal et qualité de la peau.

    Si je puis me permettre, il serait bon de vous renseigner si vous voulez vraiment servir votre cause, afin d’apporter des arguments étayés et tangibles. C’est par ce genre d’approximations, d’accusations et d’amalgames que l’on désintéresse et repousse nombre de consommateurs.

  • éthique et animaux

    Quelques précisions à apporter :

    – pourquoi l’article ne parle-il pas de la fourrure ?

    – la laine n’est pas sans conséquence puisque c’est une industrie, et les industriels se moquent éperdument du bien être des animaux :

    les moutons sont exploités, entassés et souffrent.

    pleins d’informations très faciles d’accès via google pour les intéressés.

    – pour le cuir, ils proviennent évidemment tous d’élevages intensifs où les animaux sont maltraités, l’industrie de la viande se fiche également et logiquement de leur bien être

    Et oui, un animal a des émotions et souffre tout comme nous …
    On ne peut pas parler d’éthique en faisant souffrir des animaux pour se nourrir ou pour s’habiller quand il existe des alternatives.

    (Quant à moi je n’achète plus de laine et de chaussure en cuir, et je suis végétalien.)

  • Romain Rousseau

    Bonjour Alfed et merci pour ton commentaire.

    Guillaume a déjà apporté l’essentiel des réponses à ton commentaire, mais je dirai juste que si effectivement acheter responsable est difficile, ce n’est surtout pas impossible.
    Ensuite, il ne faudrait pas négliger l’impact du consommateur sur l’offre développée par les marques : en peu de temps par exemple, des medias comme BonneGueule ont commencé à plébisciter le selvedge pour ses qualités diverses. Les lecteurs et consommateurs ont suivi, et en peu de temps on a vu apparaitre une toile confidentielle dans les rayons de uniqlo ou Zara.
    Enfin, j’évoque dans l’article des marques comme Biocouture ou Electroloom qui développent des solutions alternatives et surtout… bien moins chères à terme. De quoi encore une fois bousculer l’offre des marques vers une industrie beaucoup plus respectueuse des hommes et de l’environnement.

    Plus globalement, il faut « accepter » le fait que certaines convictions concernant l’écologie par exemple peuvent t’isoler et être décourageantes. Tout le monde ne comprend pas la démarche (le bio, tout ça, c’est que des conneries). On peut aussi avoir l’impression que les efforts que l’on fait et qui « profitent » à tous (l’air est le même pour tous) sont vains, et que ça ne se verra pas. Et c’est vrai, ça ne se voit pas, cependant je pense qu’il y a un cap à passer quand on veut entrer dans cette démarche « vertueuse ». Il faut passer outre le voisin qui achète un 4X4 pour faire de la ville quand toi tu te force à privilégier le vélo, et penser à tous les autres cyclistes qui font l’effort. Et bien sûr, ne pas oublier ce qu’il y a à venir à travers l’innovation et la banalisation des modes de production éco responsables. En gros, et parce qu’il le faut : ne pas se voiler la face mais croire en certaines valeurs, et rester optimiste parce que de belles choses se profilent.

  • Romain Rousseau

    Eh bien merci à toi Guillaume !

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Guillaume !

    Merci pour ton (autre) commentaire 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Guillaume !

    Bonne contribution, il y a effectivement beaucoup de nuance à apporter au sujet 🙂

  • Jimbofarrar

    Merci beaucoup pour cet article, j’attendais depuis longtemps que vous vous exprimiez sur le sujet. Benoît m’avait répondu par mail que c’était dans les tuyaux, et il n’avait pas menti ! Merci encore, de mon côté je me sens très concerné et j’espère que vous intégrerez de plus en plus ce sujet dans vos travaux !

  • Jimbofarrar

    Du calme : je comprends que le sujet nous tient tous à coeur, mais chacune de ces phrases est contestable. C’est certainement que le sujet est véritablement complexe, effectivement. De la même manière qu’on ne peut pas acheter sa nourriture à la légère (un long parcours avant d’arriver dans les rayons, même en « local ») on ne peut pas être au clair sur la question de la « responsabilité » de notre achat vestimentaire.

    « les entreprises cultivent cette culture de l’ignorance et la méthode de
    l’autruche. Il est impossible d’être sûr à 100% des provenances de notre
    consommation et je trouve ça révoltant »
    Certaines entreprises, mentionnées ici, font de leur mieux. Concernant la provenance des matières, on doit faire confiance aux entreprises, qui sont par ailleurs auditées. Il y a beaucoup de progrès à faire, mais on peut espérer que la technologie nous y amène assez vite.

    « je ne suis même pas sûr que le bilan écologique des entreprises
    produisant des vêtements de bonne qualité soient vraiment meilleur »
    L’argument (que tu reprends) de la durabilité des vêtements est pourtant excellent ! Entre une paire de godasses qui dure 2 ans et une qui dure 10 ans, le facteur est de 5 : 5 fois moins de matière, de chutes, de transport, et j’en oublie certainement beaucoup.

    « Dans le fond, qui se soucie VRAIMENT de l’impact écologique ? »
    Des tas de gens, des tas d’entreprises, des tas de gens dans ces entreprises. Faut pas sombrer dans le manichéisme, c’est trop facile. La réalité, c’est que changer les choses, c’est difficile ; qu’il n’y a pas de solution idéale (coton ? Il faut arroser, blanchir, transporter… synthétique ? Pétrole… etc.) universelle, et que comme pour les questions d’énergie par exemple, chaque cas est unique ; que les consommateurs ne veulent pas/plus mettre aussi cher dans leurs vêtements, et que ça force à réduire les coûts pour les producteurs ; et que changer et améliorer, c’est difficile.

  • Benoit – BonneGueule

    Si tu cherches un peu sur le blog, on a quasiment abordé toutes les matières que tu cites 🙂 Je crois qu’il y a que la soie qui n’a pas eu droit à des explications poussées.

  • Alfred Nguyen

    Aïe, bon article, mais je reste sur ma faim et les solutions proposées me laissent perplexe. Le label, c’est la première fois que je le vois (c’est dire la gravité de la chose), on nous ment sur trop de choses, les entreprises cultivent cette culture de l’ignorance et la méthode de l’autruche. Il est impossible d’être sûr à 100% des provenances de notre consommation et je trouve ça révoltant.

    Parlant des boîtes de consommation massive, je ne suis même pas sûr que le bilan écologique des entreprises produisant des vêtements de bonne qualité soient vraiment meilleur. Le seul point positif c’est que vous allez consommer à une fréquence moins élevée mais je vois ça comme une solution précaire (c’est « moins pire » comme dirait l’autre), et certainement pas comme une solution durable. Dans le fond, qui se soucie VRAIMENT de l’impact écologique ? si ce n’est pour déculpabiliser l’acheteur ou d’en faire un argument de vente. C’est d’ailleurs frappant de voir que c’est tout le contraire de ce qui est réalisé dans l’alimentation justement. Un aliment bio et local n’a rien à se reprocher alors par quel moyen un acheteur peut-il se repérer et être sûr de ce qu’il va dépenser ?

    Difficile de faire vaciller cet empire du prix bas et l’éco traçabilité des produits en prend plein la face. Donc qu’est-ce qui va pousser alors le consommateur responsable à changer ses habitudes si il ne sait rien et ne peut rien faire !

    Plastique petrochimique on nous dit : bien et pas bien, matières naturelles : on nous dit bien et pas bien, consommation locale (ie made in Europe) : on nous dit bien et pas bien. Pas du tout rassurant… Quel sont les choix les plus durables ? Qu’est-ce qui est à privilégier ?

    J’attends encore une entreprise qui va s’attaquer à la question, au coeur du problème. Je rêve d’une entreprise qui lierait bon goût et responsabilité et qui serait capable de faire trembler les colosses Zara et H&M. Je rêve d’une politique insolente, agressive, qui fasse enfin ouvrir les yeux du consommateur lambda habitant de la même, belle et unique planète.

  • Romain Rousseau

    Merci Vincent !

  • Romain Rousseau

    Bonjour Thomas et merci,

    N’hésite pas à me contacter sur [email protected]

  • Vincent

    Merci pour cet article ! A partager.

  • Abdelhamid Niati

    Hello Nicolo. C’est un plaisir. Je ne peux que t’encourager dans l’utilisation des ces lessives.

  • Romain Rousseau

    Le jugement des amis (mêmes proches) quant à la façon dont tu fais tes achats de vêtements est absolument inévitable. Ce que je leur dis, qui parfois a un réel impact sur eux, c’est de se demander s’ils auraient la même réaction si tu choisissais de mettre cher (en tout cas plus chers qu’eux) dans une voiture. L’achat d’une voiture ou de produits high tech chers (le prix d’un iphone 6 svp ?) est socialement beaucoup plus toléré que lorsqu’il s’agit de vêtements. C’est un fait, et il ne faut pas hésiter à rappeler certains qu’avec ce qu’ils ont englouti en forfaits mégadébitdelamort, téléphone et tablettes dernier cris etc, il y a largement de quoi se payer les vêtements incriminés…Et que donc, finalement, tout n’est qu’une question de choix dans sa façon de dépenser !

  • Romain Rousseau

    Merci Romain.
    C’est effectivement compliqué, et je pense qu’on est un peu obligés de « pondérer » certains critères sans pour autant les renier complètement, en essayant de les équilibrer sur l’ensemble de tes achats. Mais de mon côté j’y travaille, donc à voir s’il y aura de quoi refaire un billet sur le sujet !

  • Frédérik

    Pourriez-vous faire un article sur les différentes matières (Caractéristique/utilisation) que l’on utilise pour faire des vêtements comme le lin, soie, coton, laine, cachemire…?

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Simon !

    Merci beaucoup pour ton retour 🙂

  • Simon

    Bonjour,

    Ce qui m’a le plus frappé c’est la citation de Suzy Menkes. C’est devenu une norme de trouver, encore plus chez les femmes, des t shirts a 5€, des jeans à 10€, voir moins chez Kiabi et Vetaffaire etc…

    Honnêtement cependant, j’apprécie quand même les tshirts Monoprix a une dizaine d’euros avec un bon rapport qualité prix…
    A l’inverse on peut acheter des vêtements à des prix relativement élevés chez des marques comme G Star, Guess, Zadig etc.. mais je ne suis pas bien certain que la qualité soit superieure et les ouvriers mieux traités.

    Cest pour ca que j’apprécie vos sélections de marques dans vos articles afin de nous permettre de découvrir des marques peu touchées par le marketing de masse er donc, généralement, un prix plus « vrai ».

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Romain !

    On prend ta remarque en compte ! Ceci dit ça ne serait pas une tâche aisée justement parce que regrouper bon goût, qualité, et éco responsabilité, c’est encore une démarche rare ou peu commune 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Abdelhamid !

    Merci pour ton commentaire, pertinent comme d’habitude ! 😉

    D’ailleurs ton témoignage sur l’état de ton linge me pousse à me tourner aussi vers la lessive bio, mine de rien.

  • Romain D.

    Merci pour cet article. Passionné de mode et écolo-vegetarien sur les bord, ça fait plaisir de voir que ce sujet préoccupe votre équipe ! Est ce qu’une sélection un peu plus large que les quelques exemples présenté ici pourrais faire l’objet d’un futur billet sur BG ? On trouve bien sur des sites traitant de vêtements ecolo-socio-responsable, mais en terme de style… c’est rarement le critère numéro un !

  • Salut Romain,

    excellent papier, bravo ! J’aimerai te proposer une interview sur ce thème pour mon blog http://bio-entrepreneur.com Qu’en dis tu ?

  • Abdelhamid Niati

    Hello Romain et la team. Un excellent article avec une analyse à 360 degrés. L’Homme est acteur d’un voire plusieurs eco systèmes et en cela son impact est durable. ce dernier terme est souvent galvaudé et utilisé à tort et à travers mais en relisant Bonne Gueule, on voit que depuis le début, l’éducation se fait par une consommation raisonnable du vêtement le tout pour équilibrer le dressing. Ce dernier n’est pas le seul concerné dans le sens où il faut mettre le juste prix dans un article et ce pour deux raisons : 1 payer un savoir faire avant une marque 2 connaitre les procédés de fabrication (le fameux made how). Sur ce point tu as raison d’insister sur le lin qui est une culture très délicate et non gourmande en eau (la rosée fait le travail : https://www.youtube.com/watch?v=l-jMvrJzrmM) et sur le coton biologique (la culture du coton réclame trop de pesticide). Concernant la lessive bio, les grands esprits se rencontrent car nous utilisons la même (on la trouve partout même en hyper). J’y suis passé parce que mon linge était de plus en plus rêche et que mon lave linge fatiguait (avec ça j’ai sauvé mon linge et le lave linge). On peut aussi utiliser des copeaux de savon de Marseille et le résultat est impeccable. Enfin, on assiste à de petites révolutions dans le monde du textile et il est intéressant que tu parles de Leax car j’ai soutenu le crownfunding de la marque et je les supporte car un made in France à ce prix demande beaucoup de travail (car dans le made in france il y a un peu tout et n’importe quoi comme le souligne l’article de Geoffrey), d’endurance et de foi en l’avenir. Un excellent article d’un bout à l’autre qui donne même des conseils nutritifs (des âmes végétariennes à venir?). Merci la team

  • clément

    Hummm… ? effectivement, voilà un sujet bien complexe. En fait plus on essaie de démêler le problème, plus il se complique. J’ai l’impression qu’une consommation 100% éco est un véritable défi, pour ne revenir que sur la question du Cuir, ne pas « consommer » de cuir pour des raisons de végétarisme ou veganisme me parait un brin réducteur. Même si je comprends tout a fais l’objectif, en réalité c’est plus complexe. Un vegan va devoir substituer beaucoup d’éléments et d’oligo-élément qu’il ne pourra plus trouver dans l’alimentation « omnivore ». Il va donc se tourner vers des protéines végétales du type soja (pour ne prendre que l’exemple du soja). Hors ce dernier demande d’importantes ressources et surtout des terres pour sa production, sans parler de la déforestation, assèchement des terres, etc… Ayant pour effet de chasser plusieurs populations encore indigène (Brésil par exemple), et autres espèces animales tout simplement menacer d’extinction…
    Bref, je me fais un peu l’avocat du diable car j’ai moi-même conscience de l’importance de réduire la consommation de viande, mais au lieu de me radicaliser sur un type de consommation j’essaie juste de consommer moins pour consommer mieux sur un peu de tous les domaines (nourriture, textile, transport, loisirs,…).

  • Romain Rousseau

    Bonjour Théo,

    Je suis bien d’accord avec toi concernant les aspects du cuir que tu évoques, et c’est bien pour cela que j’ai mis côte à côte un cuir h&m et un cuir de luxe. L’idée c’est de dire qu’acheter une peau proche du sac poubelles n’a aucun intérêt, et qu’en plus entre l’élevage et le tannage pour en arriver à ce résultat plus que médiocre, il a dû effectivement se passer quelques abominations.
    Maintenant tout est question de mesure. Il n’y a pas d’apologie du cuir de mon côté, simplement un constat : si on achète une fois tous les 10 ans une veste et quelques paires de chaussures le tout en beau cuir origine France ou Italie, on s’assure d’acquérir un produit à garder longtemps dont les méthodes de fabrication demeurent -à priori- tout à fait décentes.
    Mais c’est un plaisir de voir qu’il y a des lecteurs vraiment avertis sur le sujet et qui n’hésitent pas à faire part de leur point de vue !

  • jonathan

    Et le pire, c’est que je passe justement pour un « bourgeois » aux yeux de mes amis quand je mets 150 euros dans un pull ou 300 euros dans un manteau, et pourtant ce sont des marques confidentielles inconnues du grand public, mais bien connue ici….sauf que :
    1- je construis ma garde robe depuis 3 ans avec des indémodables et quelques pièces fortes
    2- j’achète bien moins en quantité qu’eux
    3- la valeur marchande de mon dressing est plus faible contrairement à ce qu’on pourrait croire
    4- les produits sont durables
    5- je peux me regarder dans la glace en sachant que j’ai « bien » acheté avec de bonnes matières 1eres et un respect de l’ouvrier qui l’a produit !

    Mais bon quand j’expose ce 5eme point je passe pour un extraterrestre au près de 90% des gens 😮

    Et tu as tout à fait raison, le plus effrayant c’est que la NORME aujourd’hui c’est justement le « consommable »

    Je m’evertue pourtant à leur prouver qu’au lieu d’acheter un jean Diesel ou Levis, il ferait mieux d’acheter un Naked&Famous, et au lieu d’acheter 3 pulls chez H&M ils feraient mieux d’acheter un seul chez John Smedley, Six&Sept ou Howlin….idem pour les chaussures au lieu d’acheter des sneakers Nike qui tiendront une saison, mieux vaut acheter des National Standard (même prix en solde) et des Meermin. Mes chaussures ont 3 ans et sont absolument comme neuve malgré les ports hebdomadaires !

    En tout et pour tout je dois avoir dans ma garde robe 3 jeans 2 chinos 2 pantalons flanellles, 3 costumes, 6 pulls, une dizaine de chemise (port quotidien), 3 costumes, 2 paires de sneakers et 3 paires de chaussure de ville

  • Salut Théo,

    Merci pour ton message, j’ai ajouté quelques lignes complémentaires dans l’article pour incorporer une partie de tes apports.

    Pour te donner un peu d’info sur ma position vis a vis de l’emploi de laines, la consommation de viandes, etc, je suis personnellement à l’aise avec l’élevage des animaux pour leur viande ou leur laine quand c’est fait de la bonne manière.

    Dans des conditions qui respectent le vivant, c’est pour moi tout aussi acceptable d’élever un mouton pour sa viande et sa laine que de voir un lion manger une gazelle. La chasse ne m’émeut pas non plus quand elle est raisonnée. Mais je conçois qu’on voit tous le sujet d’une manière différente.

    Je réduis tout de même ma consommation de viandes rouges au fil des années, surtout par goûts et par convictions nutritionnelles, pas particulièrement par empathie.

    Bonne soirée, bonnes fêtes et à bientôt,
    Geoffrey

  • Romain Rousseau

    Oulà le jour où une fille me sort ça, elle me donne un sacré motif de rupture !
    Blague à part, merci pour ton retour. Leax est une marque qui se lance mais leur style me semble bien reconnaissable et vraiment bien !

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Khante !
    Merci pour ton commentaire 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Dimitri !

    Merci 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Xavier !

    Merci pour tes contributions 🙂

  • Romain Rousseau

    Bonjour Xavier, et merci !
    Effectivement je sais que certaines marques travaillent à créer un cuir synthétique ET d’origine végétale, car finalement un cuir synthétique est souvent un dérivé de l’industrie pétro chimique.

  • Romain Rousseau

    Bonjour Dimitri.
    Effectivement, l’article évoque des concepts de base qu’il faut approfondir par la suite : j’y travaille en tout cas !

  • Romain Rousseau

    Merci beaucoup pour ce retours bien sympathique !

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Jonathan !

    C’est exactement ça ! Il fut un temps où tout le monde n’avait quelques vêtements, mais qui duraient des années ! Avec le temps on s’est mis à considérer le « jettable » comme le standard et la qualité qui était, autrefois « normale », comme un luxe (et pour certains, un luxe vain.)

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Richard !

    Merci pour ton commentaire. Effectivement, l’idée de durée dans le temps et d’investissement à long terme n’est pas souvent présente dans la mode féminine et c’est dommage (notamment parce que l’idée de tendance est très forte.)

  • effectivement je ne suis pas non plus d’accord avec la logique de ton ancienne copine, c’est ce qui fait qu’on en est là aujourd’hui

  • hélas la matière vieillit assez mal de ce qu’on en a vu, et selon mon point de vue, le cuir de qualité ne souffre pas de défauts éthiques (cf article).

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Ianfi !

    Merci à toi 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Robin !

    Merci pour ton commentaire et tes infos complémentaires.
    Je ne sais pas si parler de « vintage » est forcément pertinent vu que les tendances vintage s’épuisent et se ravivent avec le temps, elles aussi. Ceci dit on te rejoint entièrement sur l’idée d’acheter des vêtements « intemporels », tant dans leur design que par leur durée de vie.

  • Khante

    Merci Romain pour ce très bon article, c’est bien de sensibiliser les gens et ca manquait sur BG. C’est très intéressant et bien écrit, beau travail.

  • Dimitri

    Un grand merci pour cet article. C’est un bon point de départ (qu’il faudra creuser en profondeur) et un très bon indicateur de vos idéaux 🙂

  • xavier

    Article très intéressant, c’est un sujet auquel je m’intéresse de près depuis quelques années. Pour rebondir sur le cuir, végétarien convaincu je refuse d’en porter, mais j’ai découvert deux marques qui proposent des produits très intéressant à base de faux-cuir : Good Guys qui propose uniquement des chaussures ( http://goodguys.bigcartel.com/products ) et surtout Brave Gentleman ( http://www.bravegentleman.com/home ) qui propose des vestes et des chaussures incroyables. Peut-être que cela intéressera des lecteurs, car ce n’est pas encore évident de trouver des chaussures élégantes qui ne contiennent pas de cuir.

  • jonathan

    Excellent article, j’essaye moi-même depuis quelques années de « consommer » mes vêtements de manière plus responsable et adhère à 100% à « Il y a quelques chose d’immoral dans le fait d’acheter un maillot de bain ou une robe au prix d’un cappuccino. » je rajouterai même que c’est CRIMINEL quand on sait les conditions dans lesquels travaillent les (enfants) ouvriers !!
    J’en arrive même à être en colère lorsque je vois autant de monde chez H&M, me dire que tous ces consommateurs ne se posent pas une seule seconde la question « mais comment sont produits ses vêtements ».

    D’ailleurs ce sujet alimente souvent les conversations avec des amis, et c’est toujours le même discours « moi j’ai pas les moyens » ! Alors effectivement tant qu’on achète un vêtement comme du consommable rien ne change, et j’explique souvent qu’il est plus responsable humainement et économiquement d’acheter 1 seul pull à 100 euros car fabriqué en Angleterre ou en Ecosse avec une laine de qualité que 3 pulls H&M à 30 euros…mais j’ai l’impression de souffler contre le vent 🙁

    Un autre « argument » revient parfois « oui mais au moins ça donne du travail à ceux vivant dans ces pays sous développé » MON DIEU QUELLE HORREUR d’entre pareil « argument » !!!!!

    Donc sous prétexte qu’effectivement ces pays ont besoin de se développer et leurs citoyens de travailler, il semblerait légitime de les exploiter tel des esclaves ! AU SECOURS

  • Valentin Richard

    Super article qui fait effectivement bien réfléchir sur notre responsabilité en tant qu’acheteur et, quand on voit que vous démontrez avec aisance que l’on peut bien s’habiller pour pas plus cher qu’avant, le prix n’est au final pas un obstacle quand l’on touche à l’écologie (surtout que Leax m’a l’air être mon style, merci pour la découverte !).
    Cela me rappelle aussi une ex qui me disait « arrêtes d’acheter un habit cher et achètes en plein de petits » pour voir ses armoires plus que pleines déborder de vêtements au mieux mis une seule fois… A méditer

  • Ianfi

    Excellent article très complet avec quelques idées intéressantes à retenir. Merci !

  • Très bon article sur un sujet passionnant.

    Pour avoir tourné et retourné cela dans tous les sens, pour moi le coeur du problème est la base même de ce qui fait que la mode est la mode : C’est que les consommateurs se lassent de leurs produits. La meilleure solution serait que chacun se mette à chérir ses produits, leurs histoires, leur patine, et que l’on arrête de penser que tout est jetable.

    Deux-trois points complémentaires :

    – Le vintage est le meilleur moyen de s’assurer d’acheter un produit ayant une très faible empreinte carbone. Les beaux vêtements, qualitatifs, avec un style relativement classique, de marques reconnues, sont facilement revalorisables sur le marché de la seconde-main. C’est nettement moins le cas pour les combi-short à fleur de chez Primark.

    – Concernant la fin de vie d’un produit, il est important aussi de noter que tous les produits dont nous ne voulons plus, lorsqu’ils ne finissent pas dans nos friperies ou recyclés en isolant pour l’immobilier, partent pour des pays en voie de développement où ils sont revendus à un prix dérisoire. Cela pourrait paraître intéressant mais cela peut aussi avoir un mauvais impact social en empêchant une industrie textile de se développer au sein de ces pays.

    – Un projet intéressant qui rejoint l’exemple d’impression 3D de vêtements : En combinant une application web et une machine à tricoter du jacquard intégral, Unmade produit des mailles uniques, à la demande, et au coeur de Londres : http://www.unmade.com . Ils viennent de faire une belle levée de fond…

  • Romain Rousseau

    Alors non mais ce n’est pas faute de l’avoir cherché 😉 Merci Pierre !

  • Romain Rousseau

    Merci beaucoup Imer !

  • Romain Rousseau

    Merci Jérémy ! Suzy Menkes est assez exceptionnelle, et je te conseille de lire notamment ses critiques pour le Herald Tribune, plus pointues à mon sens que celles qu’elle fait pour vogue. En plus, pour avoir eu la chance d’échanger quelques mots avec elles (tant bien que mal, j’ai quand même été totalement tétanisé), c’est une personne qui semble profondément accessible, ce qui est assez rare pour être souligné.

  • Théo

    Je suis content de lire enfin un article sur ce sujet qui alimentera sans doute pas mal de réflexion.

    Je me permet réagir lorsque vous expliquez ceci :

    « Cela dit, gardons en tête qu’acheter des vêtements en cuir ne fait pas abattre plus d’animaux,
    car c’est l’industrie agro-alimentaire qui conditionne le nombre de
    bêtes qu’on élève. L’utilisation du cuir n’est qu’un sous-produit de
    cette industrie, et donc une forme de recyclage. »

    Malheureusement cette conclusion est un peu trop hâtive… Le cuir n’est pas QU’UN sous-produit de l’industrie agro-alimentaire. Les deux plus gros producteurs de cuir au monde sont l’Inde et la Chine et ces deux géants de l’industrie textile génèrent pour une large partie de leur production du cuir POUR du cuir. Les animaux sont élevés pour leur peau et seulement pour cela. Il n’y a se renseigner sur les vaches indiennes censées être « sacrées » que je soupçonne de terminer dans nos sneakers entrée de gamme… Pour les curieux, regardez l’étiquette de vos Stan Smith, un joli « made in India » y est inscrit…

    Je pense de plus un peu expéditif de penser que le cuir est « une forme de recyclage » car c’est tout l’inverse qui se produit. Certains animaux (vaches, moutons, et bien d’autres.) sont élevés dans le but principal de récolter leur peau/laine (on les manipule de plus génétiquement pour augmenter leur rendement) et lorsqu’ils deviennent trop vieux et trop peu productifs, les éleveurs les « réforment » et ce n’est qu’à ce moment là qu’ils finissent dans une assiette. Selon moi, ça ne ressemble pas beaucoup à du « recyclage »…

    Alors oui ce paragraphe est en partie vrai :

    « Au-delà, il est dans l’intérêt des éleveurs de
    prendre bien soin des troupeaux s’ils veulent valoriser au maximum
    leurs peaux : les protéger des moustiques dont les piqûres marquent,
    donner de l’espace aux bêtes pour éviter qu’elles ne se mettent des
    coups de cornes, ou encore ne pas utiliser de fils barbelés qui abîment
    les peaux. »

    En partie vrai car ces lignes décrivent le destin de bêtes que l’on élève afin d’obtenir d’elles des cuirs de bonnes, voir, très bonne qualité. Les vaches qui finissent en J.M. Weston (pour citer une marque dont je connais les élevages bovins) ont de l’espace et ont pour barrières des clôtures électriques pour éviter qu’elles n’abîment leur peau sur des barbelés.

    Le paragraphe précèdent décrit les cuirs de grandes maisons… Malheureusement je doute que les animaux dont la peau a servi sur l’empiècement cuir de votre pull coudière ou étiquette arrière d’un jean achetés chez H&M (puisque vous citez cette marque dans l’article) proviennent des mêmes types d’élevages… Je pose la même question pour des marques de gamme moyenne. J’attends vos lumières.

    Pour terminer j’aimerais aborder le sujet de la laine qui, au contraire de ce que l’on pourrait croire, peut elle aussi provoquer beaucoup de souffrance chez l’animal.

    Je vous invite à regarder à quoi correspond la pratique du « mulesing » (même si cette pratique ne se retrouve pas dans tous les élevages de laine). Je vous propose aussi de vous renseigner sur les pratiques communes à TOUS les élevages que sont l’équeutage et la castration sans anesthésie des bêtes.

    Voilà une partie de la réflexion que je propose. Pour qu’elle soit tout à fait honnête, je voudrais rajouter que j’ai un conflit d’intérêt : je suis végétalien et en passe à devenir vegan.
    Pour ceux qui aiment faire des raccourcis, je ne détiens aucune vérité, je me pose seulement des questions en essayant de trouver des réponses et je serais très heureux de découvrirent les vôtres !

    La réflexion reste ouverte !

  • Pierre Alanski

    Très bel article, en plein accord avec votre crédo 😉
    Juste une question : quel est le numéro de la fille de la photo à la fin ? 😉

  • imer

    Un article synthétique, sur un sujet très vaste et dont on ne parle pas assez (une première pour Bonnegueule d’ailleurs me semble-t-il). Tous les points traités confortent mes convictions. Je n’ai qu’un mot à dire : bravo !

  • Foucault Jérémy

    Très bon article, qui pousse les gens à ne pas être des « con-sommateur ». Et merci pour la découverte de Suzy Menkes