L’horlogerie : comment on en est arrivé là. Acte 1

Temps de lecture : 11 minutes

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Bienvenue à Don, nouveau contributeur sur les montres. Il fait partie de l’équipe de Forumamontres, plus connu sous le nom de FAM, premier média horloger francophone. Son idée : apporter un supplément de connaissances dans un secteur réputé pour sa langue de bois.

Comme les fondateurs, les membres et les lecteurs de BonneGueule, FAM veut aller au-delà des publicités/communiqués officiels et au-delà des informations fournies par d’autres médias qui reproduisent fidèlement, à quelques mots près, les communiqués précédents.

Leur communauté comporte des gens très pointus, des écrivains sur le sujet, des "insiders" dans les grandes maisons ou en horlogers indépendants, ils ont donc accès à des informations solides et vérifiées.

Vous aimez vous renseigner avant d’acheter un costume entoilé à 1000 euros ? Alors quand vous envisagez d’acquérir une montre à plusieurs milliers d’euros, vous serez intéressé de comprendre un secteur à la fois riche – dans tous les sens du terme – et passionnant et pas seulement sur le terrain de la seule mécanique. Sa devise : « Le secret des affaires est de savoir quelque chose que personne d'autre ne sait » - Aristote Onassis.

Ce dossier a pour but de vous donner les clés pour comprendre le secteur horloger et d'être mieux armé pour l'achat de votre première "grande" montre. C'est ambitieux, mais Don a fait un travail de synthèse remarquable. Comme d'habitude, vos commentaires pour enrichir cet article sont les bienvenus !

Bonne lecture !

Les deux faces du secteur horloger

Côté pile : le luxe, les belles montres, la fabrication en Suisse, les beaux événements, les coupes de champagne, les jolies photos sur Instagram, l’image d’un film, vous êtes pilote, vous êtes cosmonaute, vous êtes agent secret…

Côté face : les chiffres, les prix, la domination des grands groupes, le marketing omniprésent…

Le secteur horloger et son ambiance feutrée fixent les projecteurs sur les montres mais, pour le reste, il garde jalousement ses secrets. Cela tombe bien, chez Bonne Gueule, nous adorons les dévoiler.

S’offrir et porter de belles choses doivent être un plaisir, mais le plaisir en est doublé quand on les comprend. Alors, cherchons à comprendre le fonctionnement du secteur horloger.

L’horlogerie en chiffres

Nous sommes plus de 7,55 milliards d’êtres humains mais savez-vous que ça n’est pas moins de 1,2 milliard de montres qui sont écoulées chaque année ? Autrement dit : à chaque seconde, 38 montres sont produites. Avec autant de montres, vous devez vous dire que les gens sont de plus en plus à l’heure mais ce n’est pas vraiment le cas.

La Suisse occupe largement la première place en termes d’exportations horlogères avec 20,2 milliards de dollars en 2017, Hong Kong occupant la seconde place avec 8,4 milliards de dollars d’exportations (*attention, Hong Kong est tourné massivement vers la réexportation de produits importés), la Chine exportant à hauteur de 5 milliards de dollars. La France exporte pour 2,8 milliards de dollars et elle se situe devant l’Allemagne.

Précision : si la première place occupée par la Suisse semble normale du fait de son histoire dans la production horlogère, beaucoup oublient que la Suisse ET la France étaient les terres d’origine de l’horlogerie moderne et que le français est la langue de l’horlogerie, l’anglais n’apparaissant sur les cadrans des montres que tardivement.

Maintenant, attention, ces exportations sont en chiffre d'affaires. En termes de quantités, la première place est occupée indéniablement par la Chine avec 688,3 millions de pièces écoulées en 2017, le prix moyen étant d’environ 4 dollars. La Suisse écoule quant à elle 24,3 millions de montres pour un prix unitaire moyen de 827 dollars.

Source : Fédération de l’Industrie Horlogère Suisse

Ce secteur présente ainsi de très grandes disparités. De la montre à quartz en plastique à la montre mécanique en platine, le marché de la montre-bracelet reste largement dominé en valeur par la Suisse alors que la Chine le domine nettement en quantité.

Si on s’intéresse davantage aux exportations suisses, on s’aperçoit qu’il n’y a pas que des disparités observables à l’échelle mondiale mais que le secteur horloger présente des gammes très différentes et qui évoluent – à l’image du secteur du prêt-à-porter d’ailleurs – séparément :

Source : Fédération de l’Industrie Horlogère Suisse

Si on rentre dans le détail en prenant l’exemple des exportations suisses, on s’aperçoit que les plus grands débouchés pour les montres évoluent sur le plan mondial de cette manière :

Source : Le Temps

Attention, les habitants de la région administrative spéciale de Hong Kong de la République populaire de Chine (*oui, c’est un peu long) et du Royaume-Uni ne sont pas nécessairement des amateurs compulsifs d’horlogerie, mais pour le premier il s’agit d’un grand marché d’import-export alors que le second tend à devenir une plateforme pour capter les achats horlogers des touristes et des voyageurs d’affaires en quête… de bonnes affaires et particulièrement dans les montres mécaniques.

Mécanique Vs. Quartz

Pour résumer très brièvement, si c’est la tension d’un ressort qui permet le fonctionnement d’une montre mécanique, une montre électronique sera animée par un mouvement à quartz dont l’énergie est fournie par une pile électrique.

Le match, s’il y en a eu un véritablement, s’est déroulé d’abord dans les années 70 quand l’arrivée massive des mouvements à quartz a failli mettre KO tout le secteur de l’horlogerie mécanique. Précision : c’est le « a failli » qui est important. Le marché horloger a considérablement évolué depuis.

Si en quantité le quartz règne sans partage – pensez à la Casio-calculette de votre enfance qui a retrouvé quelques faveurs récemment lors d’un retour de mode éphémère dans sa version en PVD couleur or – en valeur, la montre mécanique triomphe.

En termes d’évolution, aujourd’hui, le quartz cède du terrain par rapport à l’horlogerie mécanique : concernant les exportations suisses de montres entre 2016 et 2017, les montres à quartz reculent de 7,4% en volume (*et de plus de 42% en 20 ans) alors que les montres mécaniques continuent d’augmenter de 3,9% en volume (*et de plus de 191% en 20 ans). Cette tendance est nette depuis des années (en valeur, c’est en 2001 que la Suisse a réexporté davantage de montres mécaniques que de montres électroniques).

Quels que soient les arguments techniques du côté de la précision pure ou de la supériorité de la durée de vie d’une pile sur la réserve de marche d’une montre mécanique, les atouts qui jouent en faveur des montres mécaniques sont nombreux : le goût de l’histoire, de l’authenticité et le charme d’un mouvement mécanique à remontage manuel ou automatique demeurent sans équivalent par rapport à une montre animée par une simple pile.

Osez me dire que ce n’est pas beau… Le Calibre Royal de Pequignet Manufacture, une des dernières maisons françaises produisant son propre mouvement en France (Source : Le Point)

Même Seiko, qui a incarné à un moment avec Citizen le tsunami du quartz, revient massivement vers la montre mécanique et continue d’innover pour proposer notamment des technologies hybrides.

Certains diront qu’une montre ne se résume pas qu’à son mouvement. C’est vrai mais le mouvement reste le cœur de la montre. Et pour habiller ce cœur, il lui faut un excellent boitier et, justement, si le secteur horloger dégage une rentabilité en or, ses boitiers ne sont pas faits que dans ce métal.

Du plastique aux métaux précieux en passant par l’acier – en grande majorité du 316L mais il existe d’autres aciers comme le 904L utilisé par Rolex – le titane et d’autres alliages comme le bronze.

De toutes les montres en bronze, je préfère le modèle Black Bay de Tudor. Bonus : elle se marie bien avec les sneakers BonneGueule en lin !

Il existe évidemment un grand nombre de matières susceptibles d’être utilisées pour les montres et il n’importe pas d’en faire une liste exhaustive. En revanche, il est à noter que si le nombre de montres exportées en métaux précieux est très faible (2%), en valeur ces exportations de montres représentent 34% du total des montres suisses écoulées sur les marchés internationaux (la Chine en est particulièrement adepte) !

 

(Source : Fédération de l’Industrie Horlogère Suisse)

Plus de la moitié des montres suisses sont faites en acier, mais il ne faut pas croire que seul l’acier et les métaux nobles comme le platine et l’or dominent sans partage le secteur.

En réalité, il existe une certaine effervescence dans le secteur : l’industrie s’essaie à de nouvelles matières (pour les boitiers) :

  • La céramique : elle présente l’immense avantage de ne pas pouvoir être rayée contrairement aux autres métaux (*même le titane est susceptible d’être rayé, plus difficilement certes) et aussi d’être amagnétique. Désavantage : la céramique peut casser en cas de choc. La technologie évoluant, les nouvelles générations de céramiques en cours d’élaboration visent à corriger cet inconvénient.
  • Les polymères : utilisés pour les matrices des matières composites, ils peuvent présenter certains avantages mais, souvent, les détails les concernant ne sont pas fournis par les marques. Breitling utilise sur certains modèles le « Breitlight », certaines (bonne ou mauvaises) langues diront qu’il peut s’agir de plastique 2.0 à l’intérêt limité. Et d’autres répéteront -en chantant- le communiqué de la marque selon lequel s’agit d’un polymère renforcé de fibres de carbone… autrement dit, pour traduire ce charabia technique : du plastique renforcé.
  • Le saphir : oui, vous avez bien lu, il s’agit bien de la matière dans laquelle est souvent réalisé le verre des montres. . Cela donne des boitiers transparents avec des couleurs particulières. La marque Hublot commercialise plusieurs modèles avec ce type de boitier.

    Certains diront que ce n’est pas très beau, moi je dis que c’est transparent ! 😉 (Source : Hodinkee)

D’autres matières peuvent être utilisées comme le tungstène mais, encore une fois, nous n’allons pas faire de liste exhaustive. Il est important en revanche de comprendre que le secteur horloger cherche à innover et aussi à profiter de la moindre opportunité pour faire le buzz, et l'entretenir. La mode des montres en bronze continue (depuis quelques petites années), mais elle ne durera pas infiniment.

Le secteur horloger s’est depuis longtemps mis à l’heure de la mode et du marketing. Les cycles sont plus courts et le besoin en nouveautés est sans fin. Du fait des coûts associés au marketing, à la production, à la conception et à la recherche et au développement, les marques horlogères sont maintenant regroupées au sein de groupes qui dominent le marché.

Un groupe pour les contrôler tous…


L’œil exercé d’un horloger voit et contrôle tout depuis la Suisse jusqu’au Mordor !

Sauron aurait peut-être fait un excellent PDG de groupe horloger mais, dans la réalité, ce marché est dominé par un oligopole avec plusieurs groupes qui contrôlent une majorité de grandes marques horlogères. Pour comprendre la composition du panorama horloger actuel, il faut bien comprendre que ce secteur a connu une période de très grande remise en question : la FAMeuse crise du quartz.

Si les années 60 ont vu un âge d’or dans l’horlogerie, la décennie suivante, le secteur a connu la pire crise de son histoire. Cette crise a continué jusqu’au milieu des années 80 et a été fatale à un grand nombre de marques : Angélus, Büren, Difor, Gruen, Leonidas, Lip… certains noms de marque ont été repris pour atteindre le septième niveau des enfers. Puis revivre en s’efforçant de renouer très progressivement avec une petite partie de leurs traditions, comme Lip qui commence un peu à retrouver ses racines.

Certains ont oublié que l’agent le moins secret du monde ne portait pas que la FAMeuse Rolex…
mais également, de manière plus discrète, une Gruen en or (Source : govbergwatches)

Il fut un temps plus ou moins reculé où Breguet, Blancpain, Jacquet Droz, Omega, Longines, Hamilton, Tissot, Rado, Mido, Certina étaient des marques indépendantes ou faisaient parties d’autres groupes. Certaines étaient d’ailleurs des concurrents sur la même gamme (en particulier Omega, Longines et Hamilton).

Toutes les marques précitées ont été rachetées et/ou regroupées au sein de Swatch Group, qui s’appelait alors la Société de Microélectronique et d'Horlogerie, lui-même issu de la fusion de deux autres groupes (*la Société Suisse pour l'Industrie Horlogère et l’Allgemeine Schweizerische Uhrenindustrie).

Evoqué ainsi, la constitution d’un immense groupe horloger comme le Swatch Group (*il s’agit actuellement du premier groupe horloger au monde en termes de ventes) peut donner l’impression de l’éclosion d’une hydre mais il faut bien comprendre que l’horlogerie mécanique était menacée dans son existence même.

L’arrivée du quartz a bouleversé cette industrie et elle a entrainé une consolidation nécessaire avec une industrialisation de la production encore plus développée, condition première pour sa survie.

Les plus grands groupes horlogers actuels sont :

 

Si ces groupes tendent à réunir la quasi-totalité des marques horlogères historiques, ils ne constituent pas les seuls acteurs du secteur.

Et pour quelques acteurs de plus….

Le secteur horloger fonctionne traditionnellement avec trois acteurs : les marques/les groupes horlogers, les distributeurs appelés communément AD (*Authorized Dealers) et les clients.

NB : Les horlogers dans les ateliers appartenant aux marques sont plutôt en blouse blanche (et leurs outils sont plus fins). Avec l’automatisation de la production, même dans le haut de gamme, l’intervention humaine tend à se réduire.

Contrairement au secteur du prêt-à-porter, la majorité des marques horlogères disposent de leurs propres usines/ateliers de production. À partir de là, les choses se corsent. Une partie des marques ont adopté un modèle d’intégration verticale – c’est le cas de Rolex – qui permet de disposer et de contrôler tous les aspects de la production.

D’autres marques conservent l’assemblage et acquièrent auprès de fournisseurs les différents composants de leurs montres. La part de ce qui est produit effectivement par la marque et la part des composants achetés à des tiers varient d’une marque ou d’un groupe à l’autre. Jusqu’au tout début des années 2000, la société ETA (*Swatch Group) possédait le quasi-monopole de la fourniture de mouvements ou ébauches.

Non, on ne parle pas du même calibre que celui des canons de Navarone…
(avec l’immense Grégory Peck et le non moins excellent David Niven)

La situation a changé depuis : aujourd’hui, la majorité des mouvements suisses sont toujours produits par ETA, mais Sellita et Soprod sont devenus des concurrents directs. D’après les accords passés dans l’industrie, la fourniture des mouvements ETA devra se réduire progressivement jusqu’à ce qu’ETA ne fournisse plus que les marques de Swatch Group.

Certains groupes intégrés comme le Swatch Group produisent par le biais d’ETA les mouvements à destination de ses propres marques comme Omega, Longines, Hamilton et Tissot par exemple. Longines et Hamilton peuvent être équipés du même calibre 2824-2 (*l’un des calibres les plus courants dans l’industrie).

Omega ne produit plus ses propres mouvements mais la marque dispose d’une ligne de production spécifique chez ETA qui lui fournit exclusivement des mouvements comme le Master Co-Axial.

Les marques n’appartenant pas au Swatch Group ont dû s’adapter par rapport à cette nouvelle donne.
Tag Heuer (*LVMH) ou IWC (*Richemont) recourent pour leurs modèles les moins chers à des mouvements Sellita. Le calibre Sellita SW-200 est censé être un clone fidèle du calibre 2824-2 d’ETA… en théorie.

Dans la pratique, le degré de finition n’est pas le même et, de manière générale, l’original est souvent meilleur que la copie, même si elle est légale. Pour leurs modèles plus hauts de gamme, les marques recourent à des mouvements de manufacture qu’ils ont dû développer eux-mêmes ou acquérir auprès d’autres groupes pour ne plus dépendre d’un fournisseur (*ETA) qui a restreint ses livraisons.

Ainsi, Breitling équipe la très belle SuperOcean Heritage II d’un mouvement de manufacture fournit par Tudor. L’exemple de Tudor est intéressant car l’autre marque du groupe Rolex équipaient ses montres de mouvements ETA. Progressivement, la marque Tudor rééquipe ses modèles avec son propre mouvement dont l’architecture rappelle d’ailleurs ceux utilisés par la maison Rolex.

Traditionnellement, les marques passent par des distributeurs pour vendre leurs montres : en valeur, 90% des montres suisses sont vendues par les distributeurs (externes aux marques). Depuis une dizaine d’années, les marques ont commencé à développer leurs propres réseaux de boutiques.

Ainsi, vous trouverez à Paris plusieurs boutiques Omega qui sont la propriété de Swatch Group. Cette politique a tendance à envenimer les relations avec beaucoup de distributeurs qui se voient, pour certains, retirer leur licence de distribution. Le développement de l’e-commerce est également une autre source d’inquiétude pour les distributeurs.

Le cas du e-commerce

Si la majorité des clients (*60% d’après une étude de Deloitte) se renseignent sur internet à propos des caractéristiques, des retours d’expérience et des prix des montres, ils préfèrent en grande majorité les canaux traditionnels pour en acquérir une. Même si le facteur prix reste un frein à l’acquisition sur internet et la livraison d’une montre de plusieurs milliers d’euros, les marques préparent le terrain pour trouver dans l’e-commerce un relais pour leur croissance.

  • Problème : les prix qui sont pratiqués en ligne sont les mêmes que ceux pratiqués par les distributeurs… Autrement dit, il s’agit d’une désintermédiation sans que les clients en tirent le moindre bénéfice… Un jeu qui peut sembler assez dangereux, d’autant plus que les prix pratiqués par le secteur ne sont pas des plus anodins.

Comme vous pouvez le voir, l’horlogerie est en pleine transformation, aussi bien du côté de l’offre que du côté de la demande et elle aboutira à terme à une recomposition du secteur.

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  • DON

    Merci pour ton commentaire.

    La place de l’innovation est importante car le secteur doit continuellement s’adapter par rapport à l’environnement global, la concurrence et la demande. Pour prendre un exemple, Omega et Tudor adoptent progressivement de nouveaux mouvements (Master Co-Axial pour Omega et calibres MT pour Tudor) qui représentent des avancées sur le plan technique et technologique : + de réserve de marche, + grande résistance au magnétisme, nouvelles huiles qui permettent d’espacer la fréquence des révisions…

    Le développement de nouveaux mouvements représente un coût très important. Concernant Omega, les mouvements ne sont plus développés en interne mais ils sont développés par ETA (propriété du Swatch Group également). Swatch Group est un mécano industriel qui regroupe des activités communes à ses marques dans un souci de réduire/optimiser ses coûts. Les marques comme Omega gardent la main sur le design, le marketing et développement des ventes mais la logique industrielle intégrée du groupe est essentielle pour bénéficier des économies d’échelle.

    Alors oui, c’est perturbant, on aimerait tous avoir des montres fabriquées artisanalement avec des mouvements élaborés par les marques elles-mêmes. Le problème c’est que c’est devenu très difficile, les coûts de développement sont devenus trop importants [voilà pourquoi les jeunes marques proposent surtout des calibres dits « emboités » car elles n’ont pas, dans la quasi totalité des cas, les moyens de développer leurs propres mouvements, elles doivent donc se fournir auprès d’autres entreprises]. Omega était une marque qui avait ses propres calibres auparavant mais, la crise du quartz est arrivée et, pour assurer leur survie, la plupart des marques ont été regroupées pour accentuer encore leur industrialisation, condition de leur survie à l’époque. Maintenant, Omega dispose de sa propre ligne de mouvements dédiés chez ETA : ainsi, Longines ou Hamilton ne bénéficient pas du Master Co-Axial. Ce qui peut paraître en revanche perturbant, c’est de retrouver un 2824-2 chez Hamilton ET Longines, les deux marques pratiquant des tarifs différents même si après on retrouve des caractéristiques plus élaborées chez l’une plutôt que chez l’autre.

    Alors oui, cela complexifie la sélection mais je serai là pour décrypter à travers les articles sur BG. Il faudra y aller progressivement et il existe encore de bonnes offres qui correspondent à une démarche allant vers plus d’authenticité ET de qualité.

    Pour répondre à ta question sur les variations, il s’agit bien des variations entre 2017 et 2016 pour la partie L’horlogerie en chiffres.

  • DON

    De rien. 😉
    Je comprends, l’horlogerie est un monde passionnant et extrêmement riche. J’espère à travers ces articles – et grâce à la ligne éditoriale de BG qui correspond bien à ma vision personnelle – de permettre au plus grand nombre de s’initier aux plaisirs de l’horlogerie avec style et en essayant de décoder au mieux pour informer.
    A très vite !

  • Charles

    Salut Don,
    Bravo pour cet article qui présente très clairement le vaste univers des montres !
    En parlant de vintage, y a t il des boutiques (physiques) que tu recommandes aux personnes qui comme moi n’ont pas l’expertise pour faire la différence entre une arnaque et une belle opportunité ?
    Par ailleurs (j’en profite), j’adore les montres rectangulaires et squelettes mais les seules intéressantes que je trouve sont hors de prix comme la Reverso Tribute Gyrotourbillon. Connais tu des modèles ressemblant et plus abordables ?
    Merci bcp et vive BG !

  • Arthur

    Pas très fan de Converse/Van et j’ai rien trouvé chez Buttero. Par contre PRAS Japan et surtout Doek ont de superbes choses, merci beaucoup pour l’intervention !

  • Nico

    Merci pour les précisions, du coup j’attends ton article avec impatience.

    Il n’y a rien de tel qu’un magnifique mouvement en marche, personnellement je peux en avoir des frissons (oui c’est un peu bizarre); si un jour j’en venais à arrêter ce que je fais ce serais clairement pour me mettre à l’horlogerie !

    En tous cas je vais rejoindre votre forum pour en apprendre plus sur ce sujet qui me passionne.

    À très vite !

  • DON

    Merci !

  • DON

    Mon avis sur les campagnes de crowdfunding est mitigé :

    – La très grande majorité des marques qui se lancent sur le créneau des montres en entrée de gamme via le crowdfunding sont et seront éphémères. Passé l’effet « tout nouveau tout beau », une marque doit proposer d’autres modèles, renouveler son offre, etc… Il s’agit d’un véritable travail de fond et d’une vision de long terme et ce n’est pas donné à tout le monde. J’ai constaté l’explosion du nombre de jeunes marques qui se sont lancées sur ce créneau avec pratiquement à chaque fois la même offre : 150-350 euros (voir plus) avec en entrée de gamme du quartz ultra basique (du miyota ou du ronda) ou sinon une mécanique basique (souvent du miyota), boitier acier basique, verre saphir de temps en temps (le prix du verre saphir s’est plutôt démocratisé) ou sinon verre minéral, avec toujours la petite touche marketing histoire de dire que c’est différent des autres.

    – Il y a évidemment des exceptions : quelques jeunes marques méritent le détour, parce que leur démarche est fondée sur des bases plus pérennes. Les fondateurs cherchent à proposer de nouveaux modèles régulièrement, entretiennent leur communication de manière intelligente, offrent des produits plutôt qualitatifs, et consacrent leur budget sur le produit plutôt que sur la publicité, etc…

    Acheter une montre dont la marque risque fortement de disparaître à terme (donc plus de SAV, plus de pièces détachées…) ne me paraît pas généralement le meilleur choix mais c’est un choix qui peut convenir aux personnes qui veulent un design sympa pour un prix qui paraît à première vue relativement intéressant. Je ne suis pour ma part pas adepte du mode de consommation : « j’achète, ça marche pendant un temps puis next »… Avec le même budget, il y a des pépites en vintage (mais là hélas, il faut bien s’y connaître pour éviter quelques écueils dans ce domaine). Maintenant, les jeunes marques de montres qui se sont lancées dans le crowdfunding occupent un espace délaissé par les marques suisses, je souhaite évidemment que la plupart de ces jeunes marques réussissent à percer et à se maintenir dans la durée 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci pour le retour Don 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    A partir d’une certaine gamme de prix, oui je pense en effet que ça se rejoint

  • Nicolò – BonneGueule

    Coucou Gwen / Han Solo ! 😉

    Tu es sûr que Buttero en font encore ? Justement j’en vois jamais sur leur shop depuis un moment.

    CP c’est vrai, et c’est vrai que tout est impeccable chez eux, mais ça fait déjà un peu de la peine à recommander plein pot sur du cuir vu les prix, alors sur de la toile, j’aurais l’impression de pousser les lecteurs à la ruine… ^^

    Par contre Doek j’avais complètement oublié mais c’est juste, j’ai déjà lu plusieurs posts à ce sujet ! Et PRAS je ne connaissais pas, merci pour tes coups de mains toujours pertinents 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Tu m’en vois surpris, moi ça me tenait vraiment (vraiment) pas aussi longtemps quand j’étais ado, mais remarque, si c’est uniquement pour la belle saison ça diminiue pas mal le nombre de ports total, donc pourquoi pas pour quatre ans ^^

    Pour moi une paire de sneakers en toile, généralement, c’est moins d’un an de port intensif au total avant que la toile se mette à défaillir progressivement (y compris à des endroits critiques comme aux jointures avec la semelle)

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Arthur !

    Parce que les sneakers en toile sont très fragiles par nature… Du coup ça devient moins intéressant d’investir plus dedans. (Et oui, sur-celles ci on avait réussi à faire exception à la règle en proposant un canevas de lin très solide qui tenait bien dans le temps. Et non, on a pas encore retrouvé d’équivalent. Et oui, on réfléchit à en refaire nous mêmes du coup :p )

  • Arthur

    Ah, au temps pour moi ! A ce propos, des marques à proposer pour des sneakers en toile? Sur toutes les bonnes marques qui sont conseillées, je ne tombe que sur des sneakers en cuir =/

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Jojo !

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Arnaud !

    Je ne suis pas expert en montres mais je pense que comme pour toutes les campagnes de crowdufunding (de vêtement, de tech, de jeu vidéo comme de montre !), ça variera d’une marque à l’autre, avec pour certaines un bel écart entre la promesse et la réalité ^^

    Je sais par exemple que des amis qui ont commandé des « Baltic » étaient ultra heureux du résultat final, donc il y en a bien des bonnes 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Benoît 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Sébastien !

    Merci pour le retour 🙂

    Il est prévu de faire participer encore plus de rédacteurs sur le sujet… 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Max !

    Oui en effet j’ai bien l’impression que le concept n’est pas aussi central que dans le vêtement.

    Surtout que, dans l’absolu, la montre présente un besoin premier qui est moins fonctionnel que le vêtement (oui d’accord, donner l’heure et plonger pour certains mais on m’accordera que ça n’est pas comparable à tout ce que font les vêtements toute l’année ^^)

    Donc c’est normal que le choix se fasse aussi beaucoup sur le côté statutaire, l’histoire, et l’esthétique 🙂

    Pour te répondre sur notre position sur l’ultraluxe : forcément c’est plus trop une question de rapport Q/P donc ça sort totalement de notre démarche en effet.

    Mais je conseillerais très volontiers l’ultraluxe à un lecteur qui m’écrirait ! Je le fais par contre seulement dans les cas où il me dit « Nicolò, donne moi ce qui se fait de meilleur au monde dans X, je n’ai aucune contrainte de budget » (ce qui n’arrive environ que 2 fois par an sur des dizaines de milliers de questions ^^)

    Merci en tout cas pour ton retour !

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci pour la suggestion Nico 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Frédérik 🙂

    La critique (surtout avec des suggestions) nous est particulière utile ici car comme ce n’est pas notre domaine d’expertise et qu’on a besoin de rédacteurs externes pour le faire, ça nous permet de les orienter sur les sujets et de faire le tri de ce qui est pertinent ou non, de comprendre vos attentes etc… 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Arthur !

    Non, c’est l’ancienne collab BonneGueule X Buttero de 2015 ça ^^