Reportage : Le cycle de la laine, visite de la filature Cerruti à Biella

filature laine cerruti biela
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J'ai profité des jours fériés de Mai pour me rendre en Italie. Cela faisait longtemps que je voulais visiter l'Italie, et tout particulièrement une filature de laine. En effet, nos voisins transalpins ont su conserver un savoir-faire de pointe dans la production des étoffes (comme je le disais en vitesse dans l'article sur le textile made in China).

Note : Et comme d'habitude ceci n'était pas un "voyage presse" : j'ai séjourné en Italie à mes frais, et bien entendu nous n'avons rien perçu pour écrire l'article.

Histoire de Biella et de la filature Cerruti

Les filatures Cerruti ont été fondées en 1881 par le grand-père de Nino Cerruti (artisan de l'industrialisation de la filature familiale et fondateur de la marque de prêt-à-porter du même nom), et arrière-grand-père de Julian Cerruti (qui dirige actuellement la filature avec son père et développe Natural Born Elegance, qu'on présentera dans un prochain article).

L'usine est une filature qui fait à la fois du filage (fabriquer les fils à partir de fibres) et du tissage (tisser les fils pour fabriquer des tissus). Elle est située à Biella, environ 80km à l'Ouest de Milan, en plein centre d'un bassin textile encore très actif.

vue de biella

Les hauteurs de Biella.

L'industrie textile de Biella ne remonte pas à hier, puisqu'on trouve mention des filatures aussi loin que dans des documents du XIIIème siècle. Cela s'explique par la situation géographique idéale de Biella, enclavée dans les contreforts des Alpes qui procurent pâturages pour les moutons et eau pure pour le lavage, la teinture et les autres étapes de la transformation de la laine. Malgré les vagues de délocalisation de ces 30 dernières années, on trouve encore de nombreuses filatures et ateliers textiles à Biella, comme la filature Zegna, également très connue.

L'arrivée par la route à Biella est impressionnante. On passe d'abord des zones industrielles et quelques magasins d'usine sans grand intérêt dans la plaine...

filature biella

Une des usines de confection en périphérie de Biella.

… puis on arrive dans le centre de la ville, où trônent encore les témoins du passé florissant de la petite capitale de tisserands : hôtels particuliers, le duomo, son église de la Renaissance italienne, et ses arcades (hôtel de ville) et bien sûr ses filatures, véritables cathédrales de l’époque industrielle.

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Vue du centre-ville, avec le Duomo au milieu.

hotel particulier biella

Un vieil hotel particulier de Biella.

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Le duomo (hôtel de ville) de Biella.

Mais en y regardant de plus près, on se rend compte que nombre des bâtiments industriels sont abandonnés. On remarque alors les carreaux brisés par endroit et la végétation qui envahit les friches industrielles en plein centre ville. On se croirait presque dans I Am Legend avec Will Smith.

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Une des filatures abandonnées du centre-ville.

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Une autre filature abandonnée en bordure d'un torrent de Biella.

Pour rejoindre la filature Cerruti, on serpente alors dans les contreforts des Alpes qui plongent dans la ville, parfois en apercevant les torrents de montagne qui irriguent les filatures et rendent leurs activités possibles.

La filature Cerruti opère en bordure d’un de ces torrents, dans un bâtiment moderne, à quelques mètres de l’ancienne filature abandonnée : une friche de plus.

Quand vous descendez le petit chemin pour arriver à la filature, vous vous retrouvez entre deux époques, avec à votre droite le vieux bâtiment abandonné mais toujours magnifique, avec ses façades recouvertes lors de la seconde guerre mondiale d’un camouflage ocre, que le temps a depuis largement patiné.

Ce bâtiment datant du XIXème siècle est aujourd'hui inadapté aux évolutions modernes du textile : machines plus lourdes, infrastructures mieux élaborées pour permettre des productions à flux tendu, et accroissement des capacités de production.

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Ancienne filature Cerruti en partie abandonnée.

usine cerruti

Restes de camouflages de la 2nde guerre mondiale.

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Arcades de la filature qui ont plus de 100 ans.

Le nouveau bâtiment moderne permet de fonctionner à flux tendu, avec un stock minimal de tissu et de matières premières (un stock, c'est de l'argent qui dort, ne travaille pas, et donc coûte énormément d'argent à une entreprise). C'est ce qu'on appelle aussi le "just in time", un ensemble de règles de production développées par Toyota au Japon.

stockage cerruti

Le stock totalement automatisé de Cerruti,
véritable cathédrale de caisses et de tissu.

De l’autre côté de la route, le nouveau bâtiment abrite un savoir-faire textile mêlant traditions ancestrales et technologies de pointes. La construction de ce bâtiment et la modernisation de la filature est l’œuvre de Nino Cerruti, considéré par beaucoup comme un génie de l'industrie textile.

usine a lepoque

Vue d'époque de l'ancienne usine (celles des photos précédentes).

nouvelle usine cerruti

Photo de la nouvelle usine.

vue de haut de lusine

Vue aérienne des deux usines.

Nino Cerruti est né en 1930 à Biella. Il a entrepris des études de philosophie pour devenir journaliste, qu’il a finalement délaissées à l'âge de 20 ans, pour reprendre la filature Cerruti fondée par son grand-père.

Nino a alors innové dans bien des domaines. Le domaine technique tout d’abord : il créé de nouveaux types de fils et de nouvelles collections de tissu, pour répondre à la fois aux demandes techniques, stylistiques et économiques d’une industrie prêt-à-porter encore naissante.

Cela se transcrit par une modernisation de l’outil industriel, mais aussi la création d’un petit laboratoire de recherche et de contrôle qualité qui permet d’évaluer les caractéristiques de couleur, d’élasticité, de thermorégulation et de résistance de chaque fils et étoffes produits par la filature.

Nino Cerruti se lance également dans le prêt-à-porter de luxe, peu répandu à l’époque car quand un homme voulait un costume ou une chemise, il n’allait pas faire les boutiques mais se rendait au contraire chez son tailleur ou son chemisier attitré. La première ligne sort en 1957 à Milan : il s’agit de HITMAN, première ligne de costume de luxe à avoir été lancée.

Puis Nino Cerruti s’installe en 1967 à Paris, alors capitale incontestable de la mode dans le Monde. Cela se traduit par la création d’une griffe : Cerruti 1881, sur laquelle travaillera notamment Giorgio Armani avant de lancer sa marque éponyme. C’est alors le premier à distribuer une collection homme et une collection femme côte à côte, et c’est surtout le seul designer à produire ses propres matières.

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Première boutique Cerruti à Paris, place de la Madeleine.

Innovation dans la communication de marque également : Nino fait apparaître sa marque dans les films hollywoodiens dès la fin des années 80 (Pretty Woman, Basic Instinct) et sponsorise des évènements sportifs en habillant par exemple l’écurie de formule 1 Ferrari : la scuderia Ferrari.

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Nino Cerruti et Sharon Stone.

Toutefois Cerruti 1881 est revendu en 2000 à un fonds d’investissement italien. On a donc deux entreprises bien distinctes aujourd’hui : les filatures Cerruti (Lanificio F.lli Cerruti) et la marque de prêt à porter Cerruti 1881 (avec ses déclinaisons). Si la filature sort des tissus hyper-qualitatifs et souvent très intéressants en terme de style, Cerruti 1881 ne présente qu'un faible intérêt, et ne répond pas aux standards de qualité que nous préconisons sur le blog.

Après la revente, Nino Cerruti a arrêté de s’occuper de Cerruti 1881 pour se concentrer entièrement à la filature, qu’il gère encore aujourd’hui à l’âge de 83 ans, aux côtés de son fils Julian qui a eu la gentillesse de m’accueillir à la filature de Biella.

nino cerruti

Nino Cerruti à côté des métiers à tisser.

La filature emploie environ 400 personnes, et produit près de 3,5 millions de mètres de tissu par an (ce qui fait quelque chose comme un demi-million de costumes taillés dans une toile Cerruti chaque année : cela reste assez exclusif à l'échelle mondiale).

Visite de la filature Cerruti

La laine à l’état brut

Voilà, on a planté le décor. Rentrons à présent dans la filature.

Tout commence avec de la laine, importée majoritairement de Chine, de Mongolie et de Nouvelle-Zélande, qui en sont les principaux producteurs mondiaux. La laine arrive à l’état brut, littéralement, c’est à dire qu’on s’est contenté de la tondre sur l’animal pour la livrer ensuite en l’état.

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Ballots de laine.

La filature Cerruti utilise différents types de laines : du mouton majoritairement, mais aussi de l’alpaga et de la vigogne (littéralement hors de prix ! tellement que même les déchets de laine de vigogne doivent faire l'objet d'une traçabilité anti-contrebande). J’ai appris que certaines qualités de laine de mouton pouvaient largement dépasser le prix du cachemire et de la vigogne, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Enfin, la filature Cerruti utilise également de la soie, du lin et d'autres fibres.

Ces fibres sont utilisées pures ou mélangées pour aboutir à des matières qui combinent de nouvelles caractéristiques, en alliant par exemple le soyeux de la soie à la thermorégulation de la laine.

pelotes de laine melangees

Ici on a mélangé des couleurs, mais on aurait
pu mélanger des laines de différents animaux.

Lavage et cardage de la laine

La première étape du traitement de la laine, c’est son lavage. Cela se fait dans des machines industrielles qui respectent les caractéristiques de la laine : il ne faudrait pas la brûler ou lui infliger un traitement trop agressif.

On sèche ensuite la laine, en la laissant s’égoutter dans une salle humide (ambiance hamam, j'ai testé), pour qu’elle se réhydrate lentement. Car il ne faut pas oublier qu’elle a fait un long voyage depuis la Chine ou l’Australie.

Arrive ensuite le cardage ou le peignage (selon la longueur des fibres de la laine utilisée). La fibre est passée dans des machines avec des dents interchangeables (= les peignes, qu’on change régulièrement car ils s’émoussent avec le temps). Le peigne va nettoyer la laine de ses impuretés, mais également ôter de la laine les fibres trop courtes, impropres au filage.

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Ce sont également ces deux étapes qui peuvent mélanger les différents types de fibres que l’on y insère pour faire des matières chinées (fibres de différentes couleurs) ou mixtes (par exemple laine / soie, ou laine / cachemire).

peignage de la laine

La laine arrive par le fond de la machine pour être peignée.

Si vous imaginez un simple peigne mécanique, détrompez-vous, car ces machines sont extrêmement techniques : elles doivent opérer sans détruire la fibre de qualité. Celles de Cerruti sont construites par Schlumberger, qui est un constructeur historique situé en Alsace (la région fut un grand bassin textile à une époque) et un des leaders mondiaux pour les machines textiles.

Teinture de la laine

La teinture peut s’opérer à différents moments selon les résultats que l’on souhaite obtenir. On peut teindre de la laine brute non-filée si on veut ensuite mélanger la laine et obtenir un fil d’une couleur chinée. Ou alors on peut teindre directement la laine sous forme de fil. Et si on tisse avec deux fils de couleurs différentes, on obtiendra ce qu’on appelle une matière jaspée (comme sur le t-shirt BonneGueule x Belleville).

Utiliser des fils de couleurs différentes permet aussi de créer des motifs sur la toile, c’est ce qu’on verra plus tard.

salle de teinture

Salle avec les cuves pour teindre fil, pelotes ou laine brute.

cuves de teinture

Ici on teint directement les rouleaux de laine peignée.

Il faut savoir que c’est très difficile de reproduire une teinte précise, car cela dépend de nombreux facteurs comme la laine utilisée, la quantité de pigment, la température ou encore la durée du bain de teinture. Du coup, la filature Cerruti conserve méthodiquement un échantillon de chaque couleur avec les conditions qui ont permis de l’obtenir, ceci afin de reproduire plus fidèlement la teinte.

echantillons de couleurs

Archives de couleurs.

Les matériaux teints sont ensuite passés dans un analyseur de spectre pour vérifier que l’on ait bien obtenu la couleur voulue (c’est parfois dur à dire à l’œil nu, d’autant qu’une couleur est perçue différemment selon la lumière du lieu et les teintes qui sont à côté d’elle). Un analyseur de spectre est une machine qui décompose la couleur dans les différentes teintes qui la composent, des infra-rouges aux ultra-violets.

pailasse lumiere naturelle

Paillasse à lumière naturelle.

Filature de la laine

Il faut ensuite filer la laine : on passe des fibres à des pelotes de fil bien régulier. Les machines à filer séparent les tas de fibres en filaments plus petits, qui sont ensuite entremêlés et "twistés" pour constituer des fils.

filature

filage 2

filage 3

Le fil ainsi produit est parfois plus fragile à certains points et il risquerait de céder là où le fil devient trop fin. Il est donc passé devant des optiques laser qui actionnent une petite lame qui coupe le fil lorsque c’est le cas.

Tissage de la laine : naissance de la trame

On utilise à présent les bobines pour constituer la trame du futur tissu. Chaque fil correspond à une bobine, et il est coincé avec une sorte de clé en métal qui sépare les différents fils.

creation de la trame

On fixe chaque fil au bon endroit en les délimitant par des clés.

creation de la trame 2

Et la trame apparait.

La trame passe ensuite dans un métier à tisser, qui fait passer le fil de chaîne dans la trame, pour former l'armure du tissu. Cela se fait très vite, et c’est impressionnant de voir la précision du métier qui assemble chaque fil. Les clés sont propulsées via un système électrique, ou à air comprimé pour les métiers plus modernes, à une vitesse qui dépasse largement la perception de l’œil.

Et c’est là que la magie opère : le tissu apparaît petit à petit, un peu comme une feuille à la sortie d’une imprimante.

Repassage, finissage et contrôle qualité

Le tissu étant un peu tendu et le fil ayant été pas mal secoué à chaque étape de la fabrication, on passe les rouleaux de tissus dans des machines à repasser géantes qui assouplissent et détendent la toile.

repassage

Repassage des rouleaux une fois tissés.

salle de repos

Salle de détente.

D’autres traitements très perfectionnés peuvent ensuite intervenir, comme un léger cirage de la toile par exemple. D'autres traitements basés sur l'eau, la vapeur, la pression et la chaleur donnent des mains (= toucher) différentes au tissu. Julian me confie que ce sont ces traitements, fruit d’une histoire et d’un savoir-faire technologique, qui rendent une filature comme Cerruti compétitive face aux pays émergents, car ces méthodes de production ne sont pas encore maîtrisées ailleurs : ce sont des secrets bien gardés par la maison.

On laisse ensuite reposer à nouveau la fibre quelques heures dans une salle où il fait humide et froid.

Les rouleaux subissent ensuite un dernier contrôle qualité, où une opératrice déroule lentement les rouleaux à la recherche d’imperfections. Une lumière spécifique l’aide à mieux les repérer. J’en ai peu parlé préalablement, mais des contrôles de qualité ont lieu à chaque étape de la production : qualité de la fibre, de la teinte, résistance à l’abrasion, à la traction, qualité du twist du fil, du tissage, et du tissu final.

Le laboratoire textile des filatures Cerruti

Une partie des contrôles ont lieu lors de la R&D. Quand les filatures Cerruti développent un nouveau tissu, ils lui font également passer toute une batterie de tests pour savoir s’il a les propriétés souhaitées (comme l’isolation thermique et le pouvoir thermorégulateur de la matière).

Cela se fait dans un laboratoire où travaille une petite équipe qui vérifie chacune des propriétés de la matière et établit des rapports d’analyse qui sont ensuite livrés avec le tissu aux clients.

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Stylisme des collections

Les filatures Cerruti ne se distinguent pas uniquement par leur savoir-faire technologique et la qualité des matières. Elles ont aussi prospéré grâce à leur compréhension du marché et des tendances.

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Atelier des stylistes.

Par exemple, la gamme s’est très tôt segmentée en matières soit traditionnelles, soit techniques, avec notamment des inventions maison comme la gamme Oxygen, particulièrement thermorégulante.

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Certes, la famille Cerruti a cessé pendant une dizaine d’années de produire des vêtements. Mais les gammes de tissu fonctionnent tout de même avec une logique de collection. Chaque année, de nouveaux tissus sont développés pour suivre les tendances en terme de compositions, de motifs, de couleurs.

D’autres matières anciennes sont également fréquemment rééditées, et la maison peut alors compter sur ces immenses archives qui remontent à la première moitié du XXème siècle.

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Dans un prochain article, je vous présenterai Natural Born Elegance, qui marque le renouveau du prêt-à-porter chez Cerruti. C’est une ligne d’accessoires et de pièces plus imposantes d’une très grande qualité et technicité. Mais on garde ça pour le prochain épisode !

Le mot de la fin

Benoît écrivait récemment dans un article qu’il était de plus en plus convaincu que le succès d’une marque ou d’une entreprise était intimement lié à la personnalité du dirigeant. Je pense que Cerruti ne déroge pas à la règle, car j’ai beaucoup apprécié la proximité et la simplicité de l’accueil de Julian Cerruti et de Serena qui s’occupe des relations presse.

preparation des commandes

Commandes prêtes à être envoyées.

station epuration cerruti

La station d'épuration restitue une eau propre à la ravière.
Et une station de cogénération fournit l'usine en électricité.

Je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer Nino Cerruti, mais sur le chemin, Serena m’a confié que la tradition et l'éducation jouaient un rôle très important dans l’entreprise, et que « Monsieur Nino » était toujours très agréable et galant, allant jusqu’à rester debout jusqu’à ce que les dames se soient assises dans la petite cuisine de l’usine où les Cerruti déjeunent.

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Ce n’est sans doute pas grand chose, mais mis bout à bout, ces attentions créent un état d’esprit qui conditionne chaque processus de l’entreprise et implique les personnes qui y travaillent. C’est ainsi que des entreprises traversent les âges et que des légendes se forgent.

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Julian Cerruti à gauche et Nino Cerruti à droite.

Merci à Serena et à Julian pour leur accueil (et les images d'archive), ainsi qu'à Ugo le directeur marketing, et au responsable production qui m’ont accompagné dans ma visite avec beaucoup de patience.

Et à E.M. Pour tout.

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  • Pierre-M

    Plaisir partagé !

  • RafikBG

    Merci à toi Pierre, lire tes retours est toujours un vrai plaisir ! 🙂

  • hello,

    globalement les tissus de la filature Cerruti (Lanificio F.lli Cerruti) sont de bonne, voire très bonne qualité (à ne pas confondre avec le prêt-à-porter Cerruti, qui appartient à un autre groupe, et qui est pour sa part assez médiocre).

    La laine de ce costume Father & Sons est donc de bonne qualité, mais le montage reste standard chez cette marque. Je pense que c’est du thermocollé, donc rien de bien qualitatif (ça se voit sur les finitions des poches extérieures par exemple sur les photos). La coupe n’est pas extraordinaire non plus.

    Bref, c’est ce à quoi on peut s’attendre sur cette gamme de costume, ni bon, ni vraiment mauvais.

    A bientôt,
    Geoffrey

  • Bordolopok

    Bonjour !

    http://www.fatherandsons.fr/collection-permanente/4700-costume-gris-deux-boutons-en-pure-laine-vierge.html
    « Costume gris deux boutons en laine Lanificio Flli Cerruti »

    Est-ce que le fait que ce costume soit « Lanificio Flli Cerruti » est un gage de qualité ? Ou n’a-t-il de Cerruti que le nom ?

    Et aussi : que penser de la qualité de ce costume en général ?

    Merci

  • L’Oncle Yass’

    Génial merci pour les précisions !

  • merci Yassine 🙂

    quelle soif d’information ! 😉
    Oui on prélève toujours le cuir sur un animal abattu (ça frôle le film d’horreur de le dépecer vivant haha).

    Ce qu’on appelle cuir pleine fleur est un cuir plus brut, qu’on a pas poncé pour en corriger les aspérités. Donc oui, même chose.

    Pour une peau ça dépend de l’animal, mais en général je dirai 2m2 pour un ovin et 5 ou 6m2 pour les plus gros bovins. Cela dépend aussi de la qualité de peau que tu recherches car c’est le centre de la peau (= le dos) qui assure la meilleure qualité.

    à très vite,
    Geoffrey

  • L’Oncle Yass’

    J’avais l’impression de faire le voyage avec vous tellement c’est bien raconté !

    Merci Geoffrey pour cet article technique, ça répond à pas mal de questions que je me posais.

    D’ailleurs pour le cuir, on l’obtient seulement quand l’animal est mort ? Du genre, un cuir pleine fleur, il faut que l’agneau soit mort pour le récupérer ?

    Je me demandais aussi combien on pouvait retirer de mètres carrés de cuir d’un seul animal..

    Et totalement d’accord avec Benoit pour le lien entre le succès d’une marque et la personnalité du fondateur. Mais bon ça une faillite n’est pas forcément liée à un manque de personnalité hein..

  • merci, je viens de corriger !

  • Jazz

    En tant que fan de Bagnole, attention c’est la scuderia Ferrari, et pas « scuda »

  • Montres Lip

    Un article absolument génial sur la filature de cette maison pour le moins mythique ! On ne peut s’empêcher de penser qu’il y a en Italie, des prédispositions au bon goût en matière de design ainsi qu’un respect de l’ancien et du beau sans pareil !

  • en fait c’est encore un peu différent, les étapes ne se font pas dans l’ordre mais au choix selon le type de laine (fibres longues ou courtes).

    j’update, merci pour la précision

  • merci pour ton retour.
    pour une collab, qui sait, on en a en tout cas parlé, notamment concevoir notre propre tissu 🙂

  • Steve

    Un reportage passionnant et qui sort des sentiers battus (1000 fois à coups de boucles de ceinture en laiton) : la mode est une chose, l’élégance une autre, et la connaissance est l’affaire des passionnés.

    Il est à noter le choix surprenant, en apparence, de Nino Cerruti de privilégier la filature au PAP dont il s’est délesté finalement (Cerruti 1881 a été racheté récemment par le groupe chinois Trinity).
    Comme le rappelle Geoffrey, il est extrêmement rare qu’un designer produise lui-même ses propres tissus. Le standard actuel dans le secteur repose sur le contrôle du Marketing/Design et de la Distribution (visant elle-même à renforcer le contrôle et la gestion de la marque) alors que la Production est confiée à des fournisseurs sous contrat.

    Bientôt une collection BG-blazer-en-laine-produite-par-la-filature-Cerruti? 😉

  • JulienB

    Super intéressant, merci pour ce chouette article.
    J’apprécie le fait de parler de l’histoire de la région et de la marque, on en apprend pas mal !

    Vivement la suite 😉

  • Excellent article, très instructif !

    Petite précision tout de même, le cardage et le peignage sont deux étapes différentes.

    Le cardage permet de « créer » les rubans bruts et le peignage à retirer les fibres courtes et à rendre parallèles les fibres des rubans.

    Ce qui permet d’avoir un fil avec des fibres d’une longueur homogène.