Test : Yves Salomon, une ancienne Maison de luxe contemporain

yves salomon
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Après la présentation d'un pull Loro Piana, abordons aujourd'hui une Maison française, toujours familiale, spécialisée dans le travail de la fourrure et des peaux. Nous allons tenter de vous transmettre sa vision (ainsi que la nôtre), de l'utilisation de cette matière si spéciale.

peaux Salomon

Les ateliers des Maisons de luxe regorgent de trésors, ici des cuirs de toutes sortes et couleurs...

L'histoire d'Yves Salomon, une Maison aux savoir-faire atypiques

Si l'on reprend tout depuis le début, c'est jusqu'en 1910 que nous devons remonter. Grégory Salomon est citoyen russe, opposant au régime nouvellement en place : avec sa famille, il s'exile en Sibérie, dont nous connaissons les conditions extrêmes. C'était alors le lieu de passage obligé des marchands de peaux et de fourrures, commerce qui va rapidement le passionner.

Grégory Salomon, dépeint comme un personnage "petit, rond, jovial, charismatique et visionnaire" arrive en France avec la volonté intacte de travailler avec de belles fourrures. Après quelques années, il fera de nombreux voyages en train et chiens de traîneaux à travers la Russie, à la recherche des plus belles peaux.

enfants sibérie

Les nenets, habitants de la Sibérie, utilisent beaucoup la fourrure, seul rempart contre les conditions extrêmes.

Dans les années 40, il se voit contraint de quitter Paris suite à l'occupation, mais le fera de manière pour le moins surprenante. En effet, lui et sa famille (7 fils, tout de même !) parviennent à se hisser dans un wagon allemand jusqu'en zone libre, à partir de laquelle ils rejoindront les États-Unis.

A la fin de la guerre, et dès son retour en France dans les années 50, il n'a rien perdu de sa détermination et reprend le commerce de la fourrure : des Maisons comme celle de Christian Dior s'intéresseront, à partir de cette période, aux matières proposées par Salomon.

ancienne photo Dior

Un très ancien cliché de Christian Dior.

En 1965, alors que la deuxième génération prend la tête de l'entreprise à travers Boris Salomon, la Maison cherche à innover, et à se démarquer dans un secteur devenant concurrentiel.

Grâce à leur expertise, les ateliers parviennent à mettre au point une technique de teinture, permettant aux fourrures de se parer de couleurs vives et pop. Cela préfigure du raz-de-marée prêt à déferler sur la planète luxe...

Jean Paul Gaultier, Thierry Mugler, Azzedine Alaïa : cette armée de jeunes créateurs est venue bousculer les vieilles Maisons bien installées avec des designs innovants, voire révolutionnaires, des couleurs éclatantes et une identité très affirmée. Ils seront alors nombreux à se tourner vers Salomon pour profiter de ses connaissances.

teinture fourrure pistolet

La teinture au pistolet a nécessité un gros travail pour être mise au point.

Sous la houlette d'Yves Salomon, entré en fonction en 1972, l'innovation deviendra une priorité. La société va commencer par se doter de sa propre ligne de vêtements, après avoir travaillé longtemps pour d'autres marques.

Un département Recherche & Développement sera créé par la suite, s'ingéniant depuis à mettre au point et à expérimenter de nouveaux procédés. Les résultats sont là, avec, entre autres, l'invention de la fourrure stretch !

S'en suivront plusieurs techniques - assez répandues aujourd'hui - de tricotage des matières, et un gros travail effectué sur la légèreté, vers une utilisation plus technique et utilitaire de la fourrure...

machine travail fourrure

Le tricotage, la découpe et toutes les autres opérations nécessitent une grande minutie et un matériel spécifique !

Sur plus de cent ans, la famille Salomon a su maîtriser des centaines de matières différentes, marquant profondément le secteur du luxe de son empreinte.

L'innovation et la haute qualité des produits n'ont jamais empêché la Maison de proposer ses créations à un prix "raisonnable", comparé à ceux du secteur. Une vision unique de la fourrure s'est construite sur plusieurs décennies d'artisanat d'excellence, incarnée par la ligne masculine récemment créée.

R&D Yves Salomon

L'atelier de la R&D travaille à la mise au point de nouvelles techniques pour travailler toutes ces matières...

La vision Yves Salomon aujourd'hui

Vous, lecteurs de BonneGueule, êtes l'illustration de ce qu'est une clientèle masculine exigeante sur les rapports qualité/prix, et nous nous en rendons compte dans chaque commentaire ou mail que vous nous envoyez.

À l'extravagance facile, vous préférez la sobriété savamment conçue, le confort, le côté pratique et, bien sûr, la durabilité des produits vous est essentielle. L'énoncé de ces critères paraîtra évident, mais à regarder autour de soi, force est de constater que tous les consommateurs et, de fait, toutes les marques ne l'ont pas intégré, même dans le luxe.

Yves Salomon a fait le choix de s'adresser à ce type de clientèle exigeante, assurant une production de qualité en conséquence. Les total looks en fourrure sont rares, et laissent place à une vision plus rationnelle des matières pour l'homme, congruente à nos attentes et à ce que nous présentons habituellement.

D'ailleurs, les pièces masculines ne sont produites qu'en petites quantités en France, à l'opposé de la pression fast fashion imposant un renouvellement permanent des collections, et l'obsolescence programmée du style. La conception des pièces Salomon incarne une volonté de proposer des styles intemporels.

Patrons en cartons

Patrons en carton, premiers montages réalisés dans une toile de coton : la conception d'une pièce passe par plusieurs étapes rigoureuses, pour sans cesse ajuster le vêtement.

L'idée première est de dépasser une utilisation sujette à dissensus de la fourrure, lorsque celle-ci est réduite à un simple signe extérieur de richesse. Comment ? Simplement en essayant d'utiliser intelligemment ses propriétés isolantes uniques : c'est ce qui nous a beaucoup plu.

Par exemple, les parkas imperméables en tissus techniques se voient doublées de lapin, et disposent d'une capuche ornée de fourrure amovible, afin de s'assurer que le vêtement soit polyvalent et utilisable par temps de pluie.

Note de Geoffrey : les fourrures de lapin sont également issues de races à viande comme l'Orylag, les bêtes ne sont généralement pas élevées pour leur fourrure, mais bien leur viande.

lookbook Salomon 1

Être pratiques et très chaudes n'empêche pas ces parkas techniques d'être élégantes, avec de beaux détails !

Nous notons également la présence de fourrure en application sur des pièces comme des cardigans, associant le cachemire et le vison dans un équilibre très intéressant.

Si le style demeure reconnaissable, ce type d'association se révèle subtil et met véritablement les deux matières en valeur, sans tomber dans l'excès ostentatoire...

lookbook Salomon 1

La présence de cuirs et peaux retournées n'est pas en reste dans l'univers masculin de la marque, comme le prouve cet étonnant manteau en cuir contre-collé : cela suppose de coller la peau sur une autre matière afin de lui donner une forme et/ou une texture différentes.

Un manteau en cuir d'agneau retourné nous a aussi frappé pour l'aspect duveteux unique qu'il présente, structuré par ces lignes de cuir appliqué, et dégageant ce fameux contraste de textures que nous aimons.

lookbook Salomon 2

La texture du cuir contre-collé et celle de l'agneau retourné sont superbes.

La fourrure, mais dans l'esprit BonneGueule

Le message que nous voulons faire passer à travers la présentation de la Maison Salomon est qu'une utilisation "intelligente" de la fourrure est possible, et surtout qu'il y a une énorme différence entre la fourrure bas-de-gamme provenant d'on ne sait où, et la fourrure haut-de-gamme telle que cette marque sait en proposer.

La production associe une fabrication française à une sélection des matières effectuées auprès de peausseries essentiellement situées en Norvège, au Canada ou aux États-Unis.

Nous avons choisi de vous parler de cette Maison en particulier, car elle est cohérente avec les produits de haute qualité que nous avons l'habitude de vous présenter, et ne tombe pas dans le bling bling à la Kanye West.

L'utilisation en doublure de ces matières nobles et rares, pour profiter au maximum de leurs propriétés isolantes ; ou sur un col et une capuche, pour allier douceur et esthétisme, est apparue comme un compromis très intéressant.

Kanye West fourrure

Le genre de look que nous ne cautionnerons jamais : Enorme fourrure disproportionnée, leggins en cuir, sneakers et sac en python... Kanye est bien gentil, mais pour nous c'est un craquage bling bling !

Pour illustrer ce propos, et vous montrer avec advertance ce que l'on entend par "utilisation intelligente" de la fourrure, nous allons vous présenter une pièce facile à porte au quotidien, extrêmement confortable et faite pour durer.

Test de la doudoune Yves Salomon : version luxe en feutre, cuir et fourrure

Tout d'abord, quelques petits conseils pour reconnaître une vraie fourrure. Au toucher, une vraie sera incontestablement plus douce, les poils glisseront sur vos doigts, là où une matière synthétique sera plus rêche.

En règle générale, la légèreté de la matière est sans équivoque : en soufflant sur une vraie fourrure, vous allez tout de suite voir les poils bouger délicatement dans tous les sens, alors que les fourrures en synthétique apparaissent plus lourdes et cartonnées.

Vous pourrez aussi remarquer que sur une vraie, les poils ont différentes longueurs : ceux de la base sont plus courts, plus fins et ondulés, alors que sur une fausse, ils sont souvent de même consistance et longueur.

Enfin, il reste le "test" de l'aiguille : enfoncer une aiguille dans une vraie fourrure sera difficile, la pointe butant sur la peau, alors que sur une fausse, le tissu à la base ne devrait pas résister.

Mais trêve de prolégomènes (note de Geoffrey : merci Wiki), entrons dans le vif du sujet !

lookbook Salomon 3

Malgré un design original et raffiné, la pièce demeure vraiment facile à porter au quotidien.

Les doudounes sont des pièces devenues basiques dans le vestiaire masculin. Par conséquent, il était évident que ce blouson matelassé allait être intégré aux collections de différentes marques... et de différentes gammes !

Nous nous situons ici sur un produit très haut-de-gamme, extrêmement agréable à porter : malgré l'épaisseur de la pièce, jamais je n'ai eu l'impression désagréable d'être dans une cuve. La sensation de chaleur vient rapidement lorsque l'on enfile la doudoune, mais elle n'est pas oppressante grâce aux poils de lapin.

Nous avons aussi apprécié le fait que sur ce modèle, la fourrure apparaît judicieusement, et surtout à des endroits où cela est pertinent.

Romain Yves Salomon

La doudoune a toujours un aspect "bouffant", bien que la silhouette demeure assez nette, notamment aux épaules qui ont une belle ligne. La doublure interne en lapin recouvre aussi le col, ce qui est très confortable.

Notre doudoune en lainage est donc composée d'un drap anthracite à l'extérieur, composé à 60% de laine et 40% de polyester, mais attention : ce n'est pas un manteau, et son utilisation est prévue pour des conditions plus rudes.

Le gainage des matelas est réalisé à partir d'un mélange plumes d'oie et duvet, aux propriétés isolantes éprouvées. Mais ça ne s'arrête pas là : la doublure du manteau, amovible, est en lapin, ce qui procure un confort et une douceur exceptionnels.

Pour anoblir encore le vêtement, les épaules et la capuche sont en cuir d'agneau noir, et les manches et le bas sont resserrés grâce à un côtelé élastique (noir également). Indispensable pour bien garder la chaleur et éviter toute entrée d'air.

Doudoune yves salomon

Le côtelé de la manche évite les courants d'air, et facilite aussi la mobilité de la main. Notez la poche gansée de laine, et la petite fermeture permettant d'enlever la doublure en lapin.

La capuche dispose de rabats, et le tout est intégralement doublé en fourrure de lapin élevé en Espagne, alors que le bord est garni en marmotte de Finlande.

A peine a-t-on rabattu la capuche et fermé les rabats que l'on sent un nuage de chaleur s'installer autour du visage : en emprisonnant l'air chaud dans ses poils, la fourrure constitue un rempart contre le froid extrêmement agréable.

Doudoune yves salomon

Les très fins poils à la base de la peau constituent une couche d'air très isolante.

Mais ce n'est pas terminé pour les matières, car la doudoune se voit appliquée de cuir d'agneau sur les épaules et sur tout l'extérieur de la capuche. Cela ajoute au design luxueux du vêtement.

Vous aurez immédiatement repéré le contraste de textures créé entre le mât du drap et la brillance caractéristique du cuir. Évidemment, celui-ci a reçu un léger traitement afin de lui permettre de tolérer de rudes conditions, même s'il est déconseillé d'utiliser cette pièce par temps de pluie !

capuche doudoune yves salomon

La capuche rabattue est très surprenante avec son extérieur en cuir. Notez le liseré de laine cachant la fermeture permettant d'enlever la capuche.

Niveau détails, nous n'avons pas été déçus. D'abord au niveau de la capuche, amovible pour permettre un look plus habillé, les fermetures sont cachées par des liserés de laine.

D'ailleurs, aucune fermeture ni aucun bouton ne se voient, à part au niveau de la capuche : on est vraiment dans la volonté d'un jeu de textures épuré, non "pollué" par des touches de métal brillantes. Des coudières également en peau viennent renforcer ces zones souvent sollicitées par les plis.

Doudoune yves salomon

La coudière cousue de façon bien régulière renforce la matière à un endroit particulièrement sollicité.

La fermeture centrale de la doudoune dispose d'une superbe patte en cuir surpiqué, détail que l'on retrouve typiquement sur des pièces très haut-de-gamme. Les poches zippées sont elles aussi gansées de cuir, de façon à masquer élégamment la fermeture. On notera la régularité des points de couture, notamment sur l'angle de la patte, et le joli grain du cuir en général.

détails Doudoune yves salomon

Ce genre de détails fait tout le caractère luxueux d'un vêtement.

La seule chose regrettable est que la provenance du lapin ne soit pas, contrairement à celle de la marmotte, précisée sur l'étiquette, tout comme le Made in France ; même si nous savons que les ateliers sont effectivement situés dans l'Hexagone, et que ça ne remet pas en cause la qualité du produit.

Mais la législation au sein de l'Union Européenne tend à être plus restrictive à ce niveau-là, ce qui correspond d'ailleurs à une demande croissante des consommateurs.

Niveau entretien, globalement il faut être vigilant sur l'humidité et la température. Si la fourrure est vraiment mouillée, il faut simplement la laisser sécher, et ne jamais la laisser près d'une source de chaleur, ou de lumière directe genre spot.

La Maison Salomon propose un service d'été, période durant laquelle ils vont garder votre vêtement dans une pièce réfrigérée. Sinon, l'idéal est de stocker la pièce dans une housse en coton !

housse Doudoune yves salomon

La housse est parfaite pour stocker, mais aussi transporter certaines grosses pièces. Elle est bien évidemment fournie avec le produit.

Ce type de pièce constitue un investissement, avec des prix souvent compris entre 1.500 et 2.000 €, mais qui sont très loin d'être délirants vu les matières, les détails et le soin apporté à la fabrication.

Cela a un coût, et nous estimons que les prix Salomon sont loin d'être indécents... Surtout quand on sait, par exemple, qu'un manteau en coton ciré de chez Valentino est vendu 2.500 €, ou que Moncler vend plus de 1.000 € ses doudounes en plastique dont le coût de production est inférieur à 50€ !

Si vous souhaitez en savoir plus, ou voir de plus près le travail de la Maison, n'hésitez pas à vous rendre au 245 rue Saint Honoré ou au Printemps !

Romain Rousseau A propos Romain Rousseau

Voir un tailleur marquer sa toile m'impressionne, regarder une brodeuse faire virevolter son aiguille me donne des frissons, admirer un cuir parfait me fait sourire. Je suis passionné par le Luxe pour ce qu'il est (rigueur, excellence, amour du beau), et plus encore j'aime partager et transmettre cette passion. [email protected]

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  • Romain R

    Excellent choix de manteau : autant j’adhère peu aux collections été de WYM, autant l’hiver les défilés sont juste géniaux.
    Pour ta question, j’aura tendance à dire qu’effectivement si le col est rabattu avec en plus un blazer et une chemise en dessous, ça risque de faire assez chargé. Mais c’est qu’un avis personnel, et c’est pas grave parce qu’il est super ce manteau de toute façon !

  • Romain R

    Peut-être vont-ils faire des soldes ? Je n’ai pas d’informations à ce sujet. Seul bémol que je mettrai à la doudoune : pour l’instant j’ai un excédent de duvet qui a tendance à traverser la laine. A voir si cela perdure, car au début ce peut être compréhensible.

  • bien vu Jérôme 🙂

  • Jerome WANG

    Après avoir essayé la doudoune et la parka, je peux confirmer qu’il n’y a aucun soucis. Sauf le prix, même si il est amplement justifié.

  • Jerome WANG

    J’avais lu quelque part que Geoffrey avait une formation scientifique, je me suis dis qu’au moins quelqu’un comprendrait :p

    Pour les bons plans, je peux vous dire que sur Paris c’est déjà le moment, faut pas attendre les soldes ! Ca fait des années que les galeries et le printemps font des ventes « privées » juste avant les soldes.

    Il y a de grosses remises sur les articles de cette année alors que pendants les soldes ils ressortent les trucs hors d’age.

    Du coup les petites enseignes sont obligées de s’aligner, c’est pas indiqué par des panneaux mais si on demande (poliment of course)… bah le commercant préfère faire une vente immédiatement en te faisant une remise plutot qu’attendre et potentiellement te revoir pendant les soldes.

    Par exemple, n’ayant pas trouvé mon bonheur dans les grands magasins, j’ai fini la journée d’hier chez Wooyoungmi et j’ai acheté ce caban remisé de 40%, il fait un peu bizarre en photo mais en vrai il est très très beau, coupe parfaite et le drap de laine d’une beauté.

    http://www.farfetch.com/fr/shopping/men/wooyoungmi-manteau-asymetrique-item-10791649.aspx?storeid=9329&ffref=lp_6_

    Seul hic, j’ai l’impression que ca ne s’associera pas super avec un blazer, le col étant assez particulier, t’en penses quoi ?

  • RafikBG

    Hello Jérôme,

    « Une histoire de chiffres significatifs », je viens de faire un bond en arrière dans mes vieux cours de physique hahaha.

    Plus sérieusement, merci pour le partage, c’est très cool ! Le prix reste effectivement conséquent, mais pour ceux pouvant se le permettre, ça vaut clairement le coup 🙂

  • BenoitBG

    Prends la M, tu seras bien content d’avoir de l’espace que tu devrais mettre une veste ou une grande maille en-dessous. J’ai un manteau bien fitté, c’est très bien, mais c’est une vraie galère dès que tu veux mettre de l’épaisseur en hiver.

  • Romain R

    Malheureusement je crois qu’on ne laisse pas trop le choix à cette petite, dont les « parents » semblent se faire une joie de s’en servir comme produit de marketing. Leurs choix en matière de style semblent être à la bassesse de leur comportement…

  • Pierre-M

    Tel père, telle fille …
    Avec peut-être plus de goût !
    A voir 😉

  • Romain R

    Merci Tristan. Je ne connais pas du tout cette marque, je me garderai bien de porter un jugement sur le produit !

  • Romain R

    Bonjour Frédéric,

    La doudoune, par son matelassage, est forcément plus épaisse qu’un manteau : si vous voulez du cintré, ce n’est pas une doudoune qu’il vous faut. En l’espèce, celle ci est tout sauf grossièrement coupée… Peut être devriez-vous la voir de près. Quand à ma corpulence, je ne suis pas ce que l’on pourrait appeler un fil de fer mais suis sportif et de corpulence tout à fait correcte.

  • BenoitBG

    Lourde et massive ? Ce n’est pas une Canada Goose quand même ! Encore une fois, une doudoune ne peut pas être trop fittée car le moindre point de tension écrase le duvet et il perd alors tout son pouvoir d’isolation.

  • Frederic

    Si la fourrure de Kanye West est effectivement ridicule, la doudoune lourde et massive exposée ici, assez grossièrement coupée et portée par un modèle de très forte corpulence n’est pas très heureuse non plus, pour être honnête…

  • Romain R

    Je vous en prie 🙂

  • Pierre-M

    Merci pour votre retour détaillé et très instructif !

  • Romain R

    Bonjour Jérôme,

    La fourrure synthétique, parce qu’elle est rêche et moins souple, peut affectivement amener à faire remonter le vêtement contre lequel elle va frotter. Il n’y a pas ce problème avec une matière naturelle, dont les poils sont assez courts mais très souples. Cela étant, comme vous le dites, il serait intéressant lors d’une essayage de porter un pull en laine car les mailles sont les matières les plus susceptibles d’être « réactives », en quelque sorte, aux frottements des poils de la fourrure, alors qu’une chemise en popeline par exemple, grâce à sa texture plus lisse, ne devrait pas trop bouger.

  • Romain R

    Merci beaucoup pour ce riche retour.
    Effectivement, ce qui est dommage est que de nombreuses personnes éclipsent la vraie valeur intrinsèque de la fourrure pour n’en exploiter que la valeur « sociale » comme signe extérieur de richesse. Cela conduit à utiliser des quantités de fourrure monstrueuses comme sur le manteau de Kanye, jusqu’à en devenir moche et ridicule.

    Vos questions sur la fourrure sont tout à fait normales et légitimes, surtout lorsque l’on est un consommateur averti et exigeant… Concernant le cuir, la question se pose moins tout simplement parce qu’il est beaucoup plus banalisé car moins cher que la (belle) fourrure. Sachez (sans chauvinisme) que les cuirs italiens et français sont les meilleurs du monde à tout point de vue : les bêtes sont élevées pour leur cuir ET leur viande (obligatoire en France et Italie) dans de très bonnes conditions pour éviter que la peau ne s’abime (morsures, barbelés…). Je ne vous parle même pas du tannage végétal quasi systématique pour ces belles peaux…
    Le commerce de la fourrure a connu de très nombreux excès, et on ne peut nier que certaines bêtes ont été et sont élevées dans des conditions abominables… D’où l’importance cruciale d’une traçabilité des matières utilisées (pas qu’en fourrures d’ailleurs) afin de pouvoir estimer de quelle manière a été encadré l’élevage des bêtes… Surtout que toutes ne sont pas élevées pour leur viande, loin de là. Donc vraiment, dans la mesure du possible, demander (voir exiger) la provenance, et surtout se diriger vers des marques haut de gamme, pour éviter les fourrures produits à bas coûts à la traçabilité complètement opaque. Pour s’approvisionner, généralement les marques passent par la négoce à ce que l’on m’a dit chez Salomon, avec des producteurs qui viennent proposer leurs plus belles peaux aux enchères ou sur des salons dédiés. Cela étant, il me semble bien que pour des matières plus « communes » telles que le lapin, il est possible de passer directement par l’éleveur afin d’avoir une meilleure visibilité en terme de quantité. Sachez que l’UE a mis en place une norme interdisant d’une part l’import de fourrure de chats et chiens qui venaient tous de Chine, et d’autre part l’utilisation de ces fourrures au sein de la zone UE. Mais à mon avis, c’est bien du client que doit venir l’impulsion concernant un exploitation plus saine de ces matières… Ce qui donne des vêtements esthétique ET fonctionnels ! N’hésitez pas à demander des éclaircissements si certains points ne sont pas clairs, quoique mes connaissances demeurent assez limitées sur la filière fourrure en particulier.

  • Jerome WANG

    La parka bleu marine est juste trop belle.
    Une remarque vis a vis des doublures en fourrure. J’ai un blouson avec doublure en fourrure synthétique que je n’aime pas trop porter car le soucis c’est que le vetement a tendance a vouloir remonter au fur et a mesure de mes mouvements. (sens du poil toussa…)
    C’est assez désagréable, ca déleste les épaules et ca tire le tronc vers le bas.

    Peut etre qu’avec une fourrure naturelle ce problème n’existe pas (souplesse du poil…) mais je conseille d’être vigilant sur ce point.

  • Pierre-M

    Bonjour,
    L’article, étonnement, tombe à point nommé. Rien que lundi, je discutais avec ma femme de fourrure et surtout de mon ignorance sur ces matières.
    J’essaie d’être tolérant vis-à-vis des fourrures, mais j’avoue que très rapidement je me pose la question de l’animal, de la provenance, du braconnage, de l’intérêt …
    Paradoxe. Lorsque je parle cuir, cette question ne me vient pas à l’esprit. Pourtant elle est tout aussi présente !
    Lorsque je vois la photo de KW, ce n’est pas le look qui me saute aux yeux, mais c’est l’utilisation abusive, ostentatoire, sans aucun intérêt, irrespectueux de ces matières que sont le cuir et la fourrure. Ne me faites pas dire, que j’aime son look. Il est évidemment affreux !
    Cet article, même s’il ne répond pas à toutes mes questions (*), me montre qu’il est aujourd’hui possible d’envisager la fourrure pour ses réelles propriétés thermiques et que certaines marques comme Yves Salomon donc, le font et essaie de proposer des pièces où son utilisation est réfléchi.
    Mise à part le budget, je ne pense pas aujourd’hui être prêt à acheter, mais surtout à porter et à assumer un vêtement avec de la fourrure. Plus facilement, lorsque la fourrure est utilisée en tant que doublure, parce que cela est moins voyant. Que lorsque la fourrure est utilisée en tant que contrastant, comme sur le cardigan.
    (*) Succinctement, est-ce que vous pouvez me donner les grandes lignes sur la production de fourrure ? La note de Geoffrey ainsi que votre laïus sur la provenance des matières de la doudoune me donnent déjà un aperçu.
    Merci pour votre article et la doudoune a de la gueule 😉

  • Romain R

    Merci beaucoup Julien !

    Pour le workwear, j’avoue ne pas être un spécialiste : je vois ce mot utilisé souvent à propos de produits variés, mais au final j’ai du mal à définir en terme de style à quoi cela correspond avec précision. Mais je vais me pencher sur le sujet plus en détail.
    Pour le reste, tu mets en lumière quelque chose de très intéressant, évoqué dans l’article : mieux vaut n’acheter que du haut de gamme lorsqu’il s’agit de matières comme la fourrure. Et donc le choix de ton manteau, avec l’utilisation d’une matière comme l’alpaga me parait être une excellente alternative, et témoigner d’un choix tout simplement intelligent. Surtout que les doublures en alpaga sont rares et que c’est une très bonne matière ! Merci d’avoir évoqué ces marques, et notamment Nigel Cabourn particulièrement haut de gamme !

  • JulienB

    Très intéressant tes articles.
    Je ne connaissais absolument pas cette maison, leur travail est en effet raffiné. On a malheureusement en tête les écarts affreux tout en fourrure. C’est bien qu’ils sachent sortir de ça pour proposer des vêtements jolis et efficaces.

    Bon après on est quand même là dans le très haut du panier, peu de gens peuvent se permettre de s’acheter ce type de pièce, mais c’est bon à connaître, ne serait-ce que pour notre culture perso.

    Même si ce n’est pas dans le même délire (là c’est plus luxe « à la française », t’es-tu déjà penché vers le haut de gamme plus « workwear » ?
    J’ai par exemple un blouson The Real McCoy’s qui est une vraie tuerie, avec là aussi de très bonnes matières (toile de coton créée pour ce modèle, doublure entière en alpaga). On est aussi dans le haut du panier et il est vrai qu’une vraie fourrure fait vraiment toute la différence.
    Des marques comme Visvim, Nigel Cabourn et tout ça proposent aussi des choses rares et dispendieusement belles 🙂

  • Romain R

    Merci pour ces encouragements ! Effectivement l’article présenté est très luxueux, mais le prix est conséquent… Pour être honnête, et sans remettre en cause la qualité et la noblesse du produit, cela s’éloigne un peu de l’esprit « rationnel » et fonctionnel qui nous a beaucoup plu chez Yves Salomon.

  • Maeltan Gueguen

    C’est marrant, j’ai justement découvert cette maison ce weekend sur Farfetch qui propose un splendide hoodie de la marque en cashmere doublé en vison … Je joins le lien à mon commentaire pour les curieux, autant dire que si vous vous cotisez tous pour me l’offrir je ne manquerai pas de porter cette pièce bien sympathique 😉

    http://www.farfetch.com/fr/shopping/men/yves-salomon-homme-hoodie-a-doublure-en-fourrure-de-vison-item-10802584.aspx?storeid=9628&ffref=lp_3_

    L’article est génial comme d’habitude, c’est cool de pouvoir en apprendre plus sur cette marque !