Comment s’habiller en 5 minutes le matin… et avec style !

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Ça y est.

Vous êtes en retard pour le boulot.

Et pourtant, vous êtes encore assis sur votre lit, la serviette de bain presque sèche autour de la taille, à vous demander quelle tenue vous allez porter aujourd’hui.

Vous envisagez chaque vêtement de votre armoire. Sur votre lit, une pile énorme s’amoncelle. Et, à côté de ce bordel magnifique, il y a vous, toujours assis et toujours nu aussi.

Y’a rien à faire, rien ne va.

À un moment, il est si tard que vous abandonnez tout, enfilez des vêtements au hasard et sortez de chez vous comme d'une maison en feu.

Et là, vous tombez sur votre reflet : vous avez autant d’allure qu’un nœud papillon en bois.

Fin de l’histoire.

Laissez-moi deviner : ça vous est arrivé récemment ?

Vous, ce que vous souhaiteriez au fond, c’est pouvoir vous habiller en 5 minutes chrono le matin et quand même avoir du style.

Je me trompe ?

Eh bien, approchez et tendez l’oreille parce que j’ai quelque chose à vous dire…

C’est possible.

D’ailleurs, Alessandro Squarzi confie à Luca dans son interview pour BonneGueule qu'il s’habille en 30 secondes et Bruce Pask, dans l’excellent podcast Blamo!, explique construire ses tenues « sans même y penser ».

A gauche, Alessandro Squarzi à Paris A droite, Bruce Pask dans le métro pris en photo par Mister Mort

Alors comment construire des tenues “sans même y penser” ?

Je le dis comme je le pense, j’ai même pas peur :

Bruce Pask fanfaronne un peu quand il dit qu’il n’y pense même pas.

Voilà.

Toutefois, ce qu’il veut dire est néanmoins très vrai : la spontanéité accroît le style.

Facile d’être spontané, vous allez me dire, quand on possède des wagons de fringues les plus incroyables les unes que les autres ! (Je crois que Squarzi a un hangar de 500m2 rempli à ras bord. Et je plaisante pas. Lui non plus apparemment.)

Collection de cravates de Nick Wooster prise en photo par The Coveteur. On se dit forcément que si ce type a autant de cravates alors qu’il en porte si peu, combien de vestes a-t-il ? Combien de paires de chaussures ? Combien d’épingles de col ? Combien de pinces à billets ?

Cependant, les yeux dans les yeux, je veux vous poser une question :

Est-ce que, si vous possédiez la collection de chemises de Gatsby le Magnifique, les trouvailles vintage d’un Squarzi, les plus fashion des vêtements d’un Wooster, les plus chics de ceux d’un Fred Astaire, vous feriez aussi bien ?

Est-ce qu’il vous arriverait toujours, certains matins, de buguer devant votre armoire gigantesque ?

Eh bien, y’a des chances vous ne croyez pas ?

Vous pourriez très bien me coiffer de la toque de Ducasse, me fourrer dans les mains des ustensiles d’une précision exceptionnelle, devant les ingrédients les plus appétissants du monde et tout ça dans la cuisine du Ritz que je raterais toujours aussi lamentablement mes omelettes.

Alors pourquoi, why et qu’est-ce qui se passe ?

Mais alors c’est quoi le problème ?

Je vais être brutal.

Vous faites trop confiance à votre talent naturel pour composer les tenues. Et vous manquez de méthode.

Votre enthousiasme est nécessaire mais pas suffisant.

Arrêtez de penser que chaque matin, vous allez pouvoir sortir la tenue qui tue le game du streetstyle, que feu Bill Cunningham va revenir d’entre les morts juste pour pouvoir prendre votre photo, qui sera son chef-d’œuvre posthume et vous faire gagner des millions de followers sur Instagram.

Good guy Bill. Dites “CHEEEEEEEEEEEEEEEESE” !

Non ça n’arrivera pas.

Je vous dis ça parce j’ai longtemps été dans cette illusion moi-même.

Et je me suis planté en beauté ! À tenter des tenues ultra-créatives, à me prendre pour Gauthier, pour Picasso parfois, alors même que je n’arrive pas à dessiner un bonhomme correctement.

Avant de finir au panthéon du style, il vous faut commencer par savoir comment vous habiller même les matins où vous ne savez pas comment vous habiller, non ?

Allez, je vais vous le dire, le secret.

C’est tout simplement de développer des tenues de survie sartoriale.

Hiroshima dans vos têtes !

Non ?

Pas encore ?

Partez pas, c’est plus puissant qu’il n’y paraît !

Euh... des tenues de quoi sartor-quoi ?

Quoi ?

Des tenues de survie sartoriale (des TSS quoi !).

Sartorial ça veut dire : « qui concerne l’art de bien porter les vêtements ; la connaissance des normes vestimentaires, des tissus, des coupes, etc. » comme le commente le linguiste Jean Szlamowicz sur le blog Parisian Gentleman.

Du coup, le concept de “survie sartoriale”, c’est de s’assurer un minimum vital de style quand on n’est pas à 100% de ses capacités.

J’explique un peu : il s’agit de développer de manière consciente des tenues construites par l’habitude et composées grâce à une ou plusieurs techniques stylistiques que vous répétez à l’envi pour les jours où vous manquez d’inspiration.

Si bien que, quand votre cerveau est encore en PLS, vous avez quand même les ressources nécessaires pour vous en tirer avec les honneurs !

Standing ovation au bureau.

Promotion dans la poche.

Echec et mat.

Comment construire ses propres TSS ?

Je vais tout vous dire. Promis.

Et même un peu plus.

Mais d’abord, sachez que l’intérêt de ces tenues réside dans le fait qu’elles soient plus inventives qu’une simple combinaison jean-basket-teeshirt-cardigan. Parce qu’il s’agit d’avoir du style, je vous le rappelle ! On a dit “survie”, mais on a aussi dit “sartoriale”, nom d’un jean selvedge !

Pas besoin de BonneGueule pour concocter une telle tenue non ? Photographie d’Alexandre Mattiussi, créateur d’AMI, par Yann Deret paru dans Elle.

Si vous parvenez à vous choisir au moins trois TSS, vous pourrez vous épargner une pneumonie due aux longs moments d’attente, nu sur votre lit.

Comment ça je dramatise exprès ?!

Etape 1 : Savez-vous ce qui vous va vraiment ?

Déshabillez-vous !

Faut pas lui dire deux fois à Don ! Il va plus vite qu’Arturo Brachetti.

Allez, faites pas les timides.

Mettez-vous tout simplement à poil. Devant votre miroir. Et, non, je ne suis pas fou !

Ceux qui s’habillent mal ont généralement une vision erronée de leur morphologie. Ils ont tendance à sous-estimer certains de leurs traits physiques et à en sur-estimer d’autres.

Ça arrive même aux meilleurs.

On a tous dans notre entourage cette personne qui porte ses chemises tellement slims qu’on plisse les yeux devant elle comme en face d’un revolver en joue, de peur que les boutons nous volent au visage.

C’est votre corps qui doit vous dire quelles coupes porter, pas la mode. La mode remplira votre armoire avec des vêtements qui vont bien aux autres.

Si vous voulez construire des TSS personnelles et adaptées à votre silhouette : déshabillez-vous et observez votre corps !

Je suis sûr que vous allez faire des découvertes.

Allez, personne ne vous regarde.

Comprendre son corps, pour être bien dans son corps. À l'aise partout et devant n'importe qui.

Quelles sont vos particularités ?

Bon, pour vous décomplexer, je commence :

  • J’ai de bonnes cuisses
  • Des jambes plutôt courtes
  • Un tronc assez long (ça va, je ne suis pas non plus Johnny Bravo !)
  • Un peu d’épaule, sans être une armoire normande non plus. Un buffet normand à la rigueur. Mais pas une table de chevet normande hein. Mais poursuivons plutôt.
  • Un long cou
  • Un tout petit peu de ventre (Je m’inscris à la salle demain !)

Ce qui me va le mieux, donc :

  • Des pantalons avec de la place aux cuisses (fit carotte, tapered ou regular) coupés plutôt courts et portés taille haute (pour allonger mes jambes) et structurer ma silhouette en deux blocs (haut/bas) mieux équilibrés.
  • Des vestes un peu longues pour couvrir les fesses, des épaules sans trop de padding (rembourrage)
  • Des chemises pas trop cintrées avec un col qui remonte un peu sur le cou pour le raccourcir ou un col italien dont les pointes désignent les épaules (pour accentuer l’horizontalité plutôt que la verticalité)

Et vous ? Ça donne quoi ?

Comment ça, vous n’êtes toujours pas à poil ?

Faites l’exercice, ça change absolument tout ! Comparez vous à l’homme de Vitruve et ensuite, consultez une nouvelle fois nos articles sur comment bien s’habiller selon sa morphologie.

L’homme éeéal existe.

Ecoutez les compliments que l’on vous fait !

Rappelez-vous.

C’était quand la dernière fois que l’on vous a complimenté sur votre apparence ? Et vous portiez quoi ce jour-là ?

Les réactions spontanées et sincères comme les compliments génèrent de la confiance en vous. Les vêtements faisant l’objet de ces compliments vous rassurent car ils ont été approuvés socialement.

Et vous savez quoi ? Une fois que vous avez identifié les vêtements qui vous flattent : mesurez-les et notez-les dans un tableur excel.

La prochaine fois que vous achèterez un vêtement à distance, ces mesures vous seront très utiles.

Et ça concerne aussi la couleur !

Privilégiez les couleurs qui suscitent des compliments. User et abuser desdites couleurs sera la meilleure idée que vous ayez jamais eue de toute votre existence.

Et si personne ne vous a jamais complimenté là-dessus, commencez par porter la couleur la plus proche de celle de vos yeux.

Ça marche à tous les coups.

OK, et après ?

Etape 2 : Avez-vous réellement rassemblé les basiques indispensables ?

Allez, avouez.

Regardez-moi dans les yeux et dites-moi que vous n’avez pas triché.

Que vous n’avez pas essayé de brûler les étapes. Que vous n’avez pas craqué pour une pièce originale, digne de David Bowie dans ses périodes les plus folles, qui allait « booster votre style », alors que vous n’aviez pas encore rassemblé tous les basiques essentiels.

FASHION !

Oui, mais voilà :

La pièce originale en question s’est abimée vite sous les regards réprobateurs des autres. Vous savez, le sentiment d’être observé de tous les côtés. Comme Tom Cruise dans “Eyes Wide Shut”.

Et du coup, assez vite, vous n’étiez plus tellement sûr de la raison pour laquelle vous l’aviez achetée cette pièce. À la fin, elle vous paraissait aussi improbable sur vous qu’une coiffe à la Davy Crockett.

C’est bien ça ?

Je le sais parce que j’ai fait pareil. Et après avoir commis cette erreur, je l’ai commise encore.

Et encore.

Du coup, vous possédez par milliers des vêtements qui roupillent dans les recoins noirs de votre vestiaire.

Et ça, c’est moche.

Le résultat est celui qu’on connaît : devant l’offre énorme que vous propose votre vestiaire, certains matins, vous vous dites : « J’ai rien à me mettre ! ». Ça s’appelle un paradoxe.

On ne peut porter des pièces fortes, celles qui affirment notre style, que si on possède d’abord les basiques pour les encadrer, les calmer et les mettre en valeur.

C’est, comme au foot, de vouloir faire une roulette avant de savoir dribbler.

Les basiques du vestiaire masculin sont le ciment des murs de votre maison stylistique. Ils font que vos tenues sont authentiques, cohérentes et harmonieuses.

Alors, je vous le demande solennellement : possédez-vous ces huit essentiels de la garde-robe masculine ?

Si tel n’est pas le cas, il est grand temps de les rassembler une bonne fois pour toutes. Et d’enfin réellement commencer votre voyage sur le chemin du style.

Etape 3 : Êtes-vous inspiré par des mentors ?

Il existe des surdoués du style.

D’où viens-tu Nick Wooster ? De Mars ? De Vulcain ? Du futur ?

Des types qui viennent d’autres planètes juste pour nous narguer avec de nouvelles manières de porter nos fringues.

En les regardant, on se rend compte qu’ils utilisent des gimmicks stylistiques.

Les gimmicks sont des manières créatives d’associer ensemble certains vêtements ou une manière nouvelle de porter un vêtement.

Des exemples que l’on connaît : la casquette à l’envers, le pull noué autour de la taille, porté sur les épaules, le foulard porté comme une ceinture, ou porter un t-shirt avec un costume par exemple...

Et maintenant, vous vous laisserez bien tenter par une toute petite anecdote ?

Une fois, durant un pique-nique en été, j’ai débarqué comme une fleur avec un foulard vintage en guise de ceinture. Hilarité parmi mes potes. Y’en a qui me montrent du doigt avec les yeux rieurs. D’autres qui s’étouffent avec leur rosé.

Fissure dans mon petit cœur.

D’autres encore, plus diplomates, m’ont demandé respectueusement comment j’avais eu cette idée originale.

Eh bien, j’ai menti. J’ai dit que ça m’était venu comme ça. L’éclair de génie en somme. J’ai vu les passants de mon chino, j’ai vu le foulard, je m’en suis servi de ceinture. L’inspiration tombée du ciel.

La vérité, c’est que ça ne m’est pas venu du tout comme ça : j’avais vu la photographie d’un type se rendant à un défilé et son utilisation nouvelle du foulard m’avait interpellé.

Sinon, y’a Fred Astaire aussi qui faisait ça. Et, pardon Fred, mais le rappel avec l’ascot et les chaussettes, c’est vraiment trop pour un seul homme.

Passée la douloureuse expérience du jugement sans procès, le foulard en guise de ceinture est devenu un gimmick personnel.

Et ça donne :

  • un t-shirt blanc rentré dans…
  • ...un chino beige ou marine ou vert ou marron porté avec…
  • ...des espadrilles, mocassins ou sneakers minimalistes
  • et bien sûr, le fameux foulard

C’est donc devenu une tenue de survie sartoriale estivale pour moi.

Ça y est, vous avez compris ?

Basiques + gimmick stylistique = TSS.

Du coup, quand vous n’êtes pas inspirés, au lieu de mettre simplement votre t-shirt blanc sur un chino beige en été (ce qui n’est pas mauvais, mais simplement stylistiquement un tantinet pauvre), vous pensez au gimmick du foulard/ceinture et cela vous donne une tenue plus intéressante et stylée.

Mais voilà : les gimmicks sont difficiles à créer à partir de rien. From scratch comme disent les américains.

Ainsi, il faut vous trouver des mentors à imiter. C’est vital pour pouvoir construire des TSS qui ont vraiment de la gueule et donner une perspective nouvelle à vos basiques.

Y’a rien de mal à imiter !

Vous croyez qu’un bon écrivain ne lit jamais que ses propres lignes ?

Vous croyez qu’un bon musicien n’écoute jamais que ce qu’il joue ?

Et je veux pas m’attirer les foudres des collectionneurs de cartes panini, mais même Zidane s’est inspiré.

S’inspirer, c’est admirer, imiter puis faire sien. Et c’est exactement ce que vous devriez faire avec le style.

A titre personnel, intime presque !, j’ai véritablement commencé à developper mon propre style quand j’ai connu ceux de Yasuto Kamoshita, de John Wrazej, de Jason Jules, de Nick Wooster, de Shuhei Nishiguchi, d’Alessandro Squarzi, de Mr Slowboy et les lookbooks de Drake’s AW16 et de Beams Plus.

Yasuto Kamoshita. Ça me fait des guilis dans le ventre, rien qu’à voir cette tenue. Je sais pas si j’ai un problème, mais ça m’émoustille sévèrement !

John Wrazej, impeccablement impeccable. Il pourrait prendre la pose pendant une demi-journée qu'il serait toujours aussi impeccable.

Jason Jules fait pas semblant d'être cool. Aussi cool qu'on peut l'être en fait.

Et vous ?

Qui sont vos mentors ? Qui sont ceux qui vous émoustillent ? Qui réinventent la manière dont vous voyez vos vêtements, vous donnent envie de porter d’autres couleurs ? Vous apprennent plus en une photographie qu’un article ou un livre ?

Attention, c’est extrêmement personnel et n’a pas besoin d’être justifié.

Aujourd’hui, rien n’est plus facile que de trouver vos papas du style : Google Images, Pinterest et Instagram sont vos amis.

Et j’ai quelques noms à vous proposer : Carlos Castillo, Haruo Suzuki, Anthony Madsen-Sylvester, Tom Wolfe, Robert Rabensteiner, Hirofumi Kurino, Lino Ieluzzi, Justin Doss, Fabio Attanasio, Bruce Pask, David Gandy, Johannes Huebl, Joe Ottoway, George Cortina, Edward Sexton, Sam Lambert, Shaka Maidoh, Matteo Gioli, Beppe Modenese, Takahiro Kinoshita, Angelo Flaccavento, Byron and Dexter Peart et l’innénarable Doug Bihlmaier.

Et j’en passe. Lesquels vous inspirent le plus ?

Je suis moins calé streetwear, mais si vous avez des noms, je suis curieux de voir de quoi ils sont capables.

Etape 4 : Admirez, imitez et appropriez-vous

En regardant encore et encore les virtuoses du style qui vous plaisent le plus, posez vous une question :

Quels sont les gimmicks les plus facilement imitables avec mes moyens ?

Ne fantasmez pas sur des pièces improbables qu’ils pourraient porter. Plus le gimmick sera simple, plus la TSS générée aura de chances de s’inscrire dans vos habitudes et deviendra un réflexe les matins où la créativité vous manque.

Bon, là par exemple, difficile d’emprunter le moindre gimmick à Robert Rabensteiner. D'ailleurs, je ne m’explique pas le bonnet. Si vous avez une explication rationnelle, je suis preneur. Le reste de la tenue, disons que c’est très avancé. Le mec a trouvé son créneau, des associations qui ne vont bien qu’à lui. Donc le gimmick veste croisée revers monumentaux et chemise de pyjama n’est pas forcément à imiter.

Voilà 6 exemples de gimmicks personnels que je me suis appropriés au quotidien :

  1. Le gimmick “Week-end à Rome”

Alessandro Squarzi a des gimmicks plein les poches.

Gimmick stylistique à imiter : le bandana porté posé autour du cou sous un t-shirt, un sweat, une chemise.

La TSS que j’en tire : un jean (blanc pour devenir un disciple de Squarzi) + un sweat + des mocassins (parce que j’aime le style, mais cela peut être des sneakers ou des desert boots par exemple) + un blouson ou pardessus + le fameux bandana.

Je me suis simplement rendu dans une friperie (Kiliwatch à Paris en l’occurrence) où j’ai acheté quatre bandanas de couleurs différentes pour la somme totale de 20€.

On peut y voir d’autres gimmicks :

  1. L’association du blanc + vert militaire + gris clair chiné
  2. L’intégration de pièces militaires dans un vestiaire basique (jean + sweatshirt col rond).

2. Le gimmick “Too Cool for School”

Dessin de Fei Wang, dit Mr Slowboy

Gimmick stylistique à imiter : porter une casquette avec du tailoring.

La TSS que j’en tire : un jean + une chemise oxford blanche + des sneakers style Vans ou Converse ou des mocassins + une pièce tailoring (blazer droit ou croisé ou alors trench ou mac + casquette à logo.

3. Le gimmick “Adulte mais pas trop”

George Cortina pris en photo par Le 21ème

Gimmick stylistique à imiter : porter un t-shirt avec un costume.

La TSS que j’en tire : eh bien de porter un t-shirt avec un costume et j’accompagne le tout avec des sneakers type Nike Internationalist ou minimalistes ou slip-ons ou derbys simples. Pour que cela fonctionne bien, il faut que le costume ait déjà quelque chose d’un peu décontracté. Ici, c’est du coton, la couleur est verte et la coupe du pantalon est un peu ample.

C'est un grand oui !

4. Le gimmick “camaïeu de couleurs”

Richard Biedul a peut-être un nom ridicule, mais ses nombreux gimmicks stylistiques pourraient bien vous plaire !

Gimmick stylistique à imiter : Assortir son café et sa pochette de costume… Non, bien sûr, je déconne ! Le gimmick est d’utiliser un camaïeu de gris jusqu’au blanc. Anthracite, gris moyen, gris clair et blanc.

La TSS que j’en tire : Typiquement, comme Pierre Mahéo, le créateur d’Officine Générale. Avec des sneakers blanches par exemple.

Franchement, c'est élégant non ? Je trouve que c'est sophistiqué et peut être dupliqué très facilement, non ? Il est pris en photographie pour le magazine Grazia.

Fastoche, non ?

Ça marche avec d’autres couleurs bien sûr : j’aimerais bien essayer avec du marron décliné en camel et en beige (avec une pointe de jaune peut-être). Ou sinon, voyez plutôt le lookbook d’Officine Générale Printemps/Été 2018 :

5. Le gimmick “Denimhead”

Justin Doss est un homme de style que l'on voit peu et c'est dommage. Aux dernières nouvelles, il travaillait pour le GQ USA.

Gimmick stylistique à imiter : Utiliser une veste en denim comme couche intermédiaire.

La TSS que j’en tire : Ça fonctionne bien avec des pièces tailoring. Donc comme ici, une veste croisée légère ou non, selon la saison, que l’on portera ouverte (alors qu’en théorie elle devrait se porter fermée). La couche du dessous peut être une chemise ou un t-shirt ou un henley. Pour le bas, le pantalon correspondant à la veste est une bonne option. Sinon, un bon basique comme un chino beige, écru ou jean blanc par exemple.

6. Le gimmick “Dress down or up”

Gimmick stylistique à imiter : Mélanger les registres “habillé” et “décontracté”

La TSS que j’en tire : On peut tirer des dizaines et des dizaines de TSS avec ça. Par exemple, j’ai un costume bleu marine tout simple acheté chez COS que je porte comme la photo, avec une chemise (à motif, mais c’est bien sûr pas obligé du tout  !) ouverte à moitié sur un t-shirt blanc en-dessous. Et je finis le tout avec des sneakers blanches.

Mais cela fonctionne également dans l'autre sens : quand je porte un jean et un t-shirt, je fais en sorte de mettre des chaussures en cuir, type double-boucle ou mocassins histoire que ce soit plus intéressant.

Ça, c’est un gimmick un peu général que vous avez déjà appris sur BonneGueule, mais qui, je pense, donne des TSS parfaitement adaptées au degré d’élégance requis au quotidien par notre société actuelle.

Etape 5 : Imprimez les photos de ces gimmicks et scotchez-les où vous pouvez les voir

Ah oui, c’est pas très écolo ça.

Bon. J'en conviens.

Au lieu de les imprimer, on peut aussi utiliser Instagram. Dès que je vois une photographie qui m'ébouriffe sévèrement l’encéphale, j’enregistre grâce au bouton “fanion” tout à droite en bas de la photo.

Voilà ce que ça peut donner :

Le mot de la fin...

Personne n’est capable de se créer à partir de rien des tenues inspirantes et inédites tous les matins !

Heureusement, vous pouvez compter sur les tenues de survie sartoriale.

Vous l’avez compris, il faut connaître son corps parfaitement, posséder les basiques qui vous vont vraiment et s’inspirer de mentors.

Consacrez du temps à fouiller Google Images et Instagram à la recherche des gimmicks stylistiques de vos mentors. L’inspiration est partout...

Et surtout expérimentez ! Tentez des choses que vous n’aviez jamais tentées jusque-là.

Avec le temps, vous jouerez avec ces gimmicks sans même vous en rendre compte et construirez le matin des tenues “sans même y penser”, comme Bruce Pask.

De quoi vous changer la vie.

Et, accessoirement, ne pas vous faire virer pour retards à répétition !

Jordan Maurin Jordan Maurin

Adepte des romans d’Ellroy et de Vian, j’essaie de vivre ma vie le plus artistiquement possible (comme le disait Glenn O’Brien). Fervent défenseur du pantalon blanc (Squarzi président !), j’aime le vêtement quand il donne confiance et ne déguise pas. Pour moi, s’habiller différemment, ça veut dire se donner le droit de penser différemment.

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