Petit guide des espadrilles (et test HuToPa)… pour des pieds au frais cet été

Temps de lecture : 6 minutes

BonneGueule accueille aujourd'hui Vincent pour un article sur les espadrilles. On voulait faire le test de HuToPa, ces drôles de chaussures argentines que l'on voit de plus en plus dans nos vertes contrées, alors on les a confiées à Vincent qui est un véritable passionné de la chaussure en toile.

La petite collection de Vincent.

Le soleil qui martyrise, l’air qui enveloppe doucement, c’est sensuel, c’est charnel, ce sont les beaux jours. Un parfum de vacances s’annonce, les odeurs marines viennent à l’esprit de manière entêtante, les terrasses pleines, la bière qui assagit l’humeur….

L’été pointe son nez, et avec lui son lot de changements drastiques : tout devient plus léger, les nourritures, les flirts et de fait, les vêtements.

Si les bermudas et les panoplies de lin et cotons légers sont de sortie, les chaussettes passent à la trappe et voici l’arrivée des ESPADRILLES.

Pendant longtemps décriées, moquées par les ignorants (vindicte favorisée par le clip des nuls « en espadrilles ») il s’avère cependant que pour les puristes du genre ou élégants nonchalants, lesdites chaussures en toile n’auront jamais été considérées comme passées de mode.

Pour faire simple, les espadrilles sont des chaussures de bergers des Pyrénées, c’est parfois basque, parfois catalan d’origine. La fabrication est relativement simple : une semelle en corde de chanvre, une couche de caoutchouc sous les semelles pour éviter l’usure de celles-ci, de la toile de jute sur le dessus, des coutures en gros fil qui si elles sont esthétiques sont aussi parfaitement utiles et basta !

Même si effectivement ces « souliers » présentent bon nombre de petits défauts tels que l’irritation causée par la corde sur nos douces plantes de pieds si l’on tente de faire un marathon avec, l’absence de bouts durs ou de contreforts en cuir pour protéger et maintenir solidement nos arpions en cas de chute d’enclume ou autre bricole sur ceux-ci et l’impossibilité morale d’y associer des chaussettes (de sport, blanches achetées pour 4€ le pack de 20 à Carrefour/Auchan/Leclerc) les espadrilles restent des outils pratiques, peu chers et chics quand portées de manière ad hoc et en temps voulu.

Allez, zou : explications et petit guide pratique des espadrilles

Payer moins de 5€ dans un supermarché une paire d’espadrilles est évidemment bien simple et bien pratique mais il s’agira cependant dans 90% des cas de fabrication chinoise de bien piètre qualité et qui ne durera guère plus que l’été, autant mettre un petit peu plus d’argent dans cet achat et ainsi profiter d’une semelle un peu plus épaisse, mieux finie, de toile plus solide et de coloris sympas et souvent plus variés en achetant de la production française, pyrénéenne même (le régionalisme est à la mode).

Pour être un chic, on peut opter pour la barbe de 10 jours, le teint hâlé, la chemise en bengal stripe, chambray ou carreaux vichy portée manches retroussées, un bermuda coloré, une ceinture tressée, on sort sa jolie montre et ses Wayfarer préférées. Mais pour les pieds, le comble de l’élégance légère se portant aussi bien dans les couloirs de métro que sur le boardwalk des plages normandes reste bel et bien en 2012 l’espadrille de couleur.

Assortissez-les avec un élément de votre tenue, contrastez avec un autre, attirez l’œil délicatement en traînant vos savates avec la nonchalance d’un vacancier, osez !

Il s’avérera très sûrement qu’au vu des prix des espadrilles vous vous décidiez à en acheter plusieurs paires, pour varier les plaisirs et les tenues ; grand bien vous en fera !

On l’a dit, l’option supermarché c’est bien pour un achat express quand on est déjà sur la route des vacances ou bien pris au dépourvu arrivé sur place constatant avec effarement que votre valise a été très mal faite et uniquement remplie de serviettes de bain et de tongs Speedo.

Donc, voici quelques plans (exhaustifs bien entendu).

  • Pare Gabia : on ne présente plus LA marque presque branchouille, qui a remis les espadrilles made in France au goût du jour, comptez 20 € la paire mais les matériaux sont d’excellente facture, le montage impeccable et vous vous paierez une dose de chic luxueux (rigolo pour des chaussons de berger non ?).

  • Dans un registre un peu similaire avec des designs très originaux, inspirés du car moc (le mix mocassin / chaussures de conduite), une vingtaine d’euros la paire : Espadrille France.

La qualité est vraiment bonne, cependant est-ce encore bien des espadrilles ? Allez disons oui car le travail réalisé est vraiment chouette et les produits vraiment beaux, cependant pour les puristes du genre, passez votre chemin.

  • LE vrai bon plan sympa, tirés de la Mecque de la chose, la ville de Mauléon, des espadrilles tirées de l’usine à prix très bas pour une durabilité et un choix de coloris vraiment vaste

En gros le modèle classique à 7,90, semelle fine, toile classique, mais aussi et surtout le modèle « Marixu » 11,40€, montage de la semelle traditionnel, grosse toile de jute rugueuse façon jean denim raw (attention ce modèle chausse légèrement plus grand, d’expérience), coutures délicieusement artisanales. De plus, fait amusant, ils proposent même des modèles sans semelle en caoutchouc, juste de la corde nue donc, comme « à l’époque ». A noter que les Tulières (avec semelle de propreté en veau velours) et lacets sont adorables et proposées avec le montage de semelle traditionnel.

  • Pour finir, si vous désirez entrer par la grande porte dans le monde de l’espadrille, Pascale Douet propose des choses faites main, 100% françaises, sur mesure. Pour seulement 20€, ca mérite d’être signalé

Si nous avons tous en mémoire Gaston Lagaffe affublé de ses vêtements qui fittent au mieux et de sa paire de sempiternelles espadrilles bleues usées jusqu’à la corde (!) l’espadrille c’est avant tout un truc de pyrénéens - basque ou catalan le débat fait rage. Enfin, des chaussures/chaussons qu’on achète avec délectation pour une bouchée de pain avant les vacances d’été et avec l’arrivée des beaux jours. Un côté légèrement snob quand portées à Paris l’été et tout plein de défauts qu’on adore : la corde de la semelle qui rape la peau, la toile qui se salit/patine rapidement et surtout ne pas avoir à distinguer pied droit et pied gauche.

En bref, les espadrilles du bonheur, pas ces horribles tongs en plastique ou autres horreurs en PVC douteux ; des matières nobles (corde, toile brute), souvent une couche de caoutchouc sur la semelle pour améliorer la durée de vie et un choix de coloris large et heureux.

N’en déplaise aux fortunés de ce monde, parlons prix : entre 5 et 10 euros pour une paire de qualité, ne cachons pas notre bonheur, l’espadrille est abordable.

Test des "alpargatas" HuToPa

Enfin, venons-en au cœur même du sujet, le test d’une paire d’espadrilles de la marque « HuToPa» (des alpargatas en fait, en quelque sorte la version argentine des espadrilles).

Nicolas et Florian, les créateurs de HuToPa

Le premier contact fut hésitant, pas sûr que ça ressemble à des espadrilles ça... De la toile OK, mais la semelle n’est pas en corde mais en caoutchouc, il y a une semelle intérieure en cuir, une doublure en toile légère dans le soulier, des couleurs bariolées et un élastique sur le dessus…..

Ouais non, ce ne sont pas des espadrilles, c’est moins smart/sport chic/promenade en bermuda avec pull sur les épaules mais résolument sportswear, pas vraiment ma came en somme.

En pratique cependant ces chaussures se révèlent résistantes, très confortables, agréables et tiennent bien aux pieds contrairement aux espadrilles classiques.

Alors si vous voulez du chausson facile à enfiler, avoir l’air (très) jeune tout en accordant une touche de couleur à votre bermuda beige sans avoir les inconvénients de l’espadrille de paysan des Pyrénées, allez y, achetez. Mais pour les autres, passez votre chemin.

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