Notre veste en jean Kuroki : comment repenser un classique masculin ?

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La veste Kuroki : pourquoi on a voulu faire les choses différemment ?

Quand on parle de "veste en jean" la première image qui nous vient à l'esprit, c'est la fameuse "trucker jacket" que l'on trouve partout depuis des décennies.

Nous sommes les premiers à l'apprécier (on l'aime même d'amour), et elle restera à jamais un classique de la garde-robe masculine... Mais on s'est dit que cette fois, on pouvait aller un peu plus loin dans cette réflexion, et vous proposer quelque chose de vraiment différent.

Parce qu'honnêtement, la veste en denim ne manque pas de déclinaisons qui piochent dans les inspirations rétro ou le workwear bien brut.

En fait, même le type III, qui est le basique plus contemporain que l'on voit partout, a malgré tout une connotation bien vintage.

Alors si on parle du type II ou I qui sont beaucoup plus rétro, ce n'est même pas la peine de chercher la modernité... C'est vintage, ou rien !

Type I, type II, type III... Depuis des décénnies, voire même plus d'un siècle pour certaines, rien n'a changé dans le design des vestes en denim. On voulait vraiment quelque chose de différent...
(Crédits : Heddels)

On constate même que de nos jours, si une marque décide faire une veste en jean originale, elle va probablement se tourner vers quelque chose d'encore plus rétro, avec des modèles qui s'inspirent carrément des vêtements de travail des siècles précédents... Très sympa, mais vraiment pas ce qu'il y a de plus accessible.

Bref, depuis plus d'un siècle, rien n'a vraiment changé : ce sont de gros boutons de jeans qui habillent le devant de la veste, il y a toujours ces coutures oranges dérivées du jean, et ces poches à rabat sur la poitrine…

Notre mission : réaliser la veste en denim de notre époque

Et nous, on voulait une veste plus moderne, moins chargée, tout en conservant une certaine noblesse dans le choix du denim, sans perdre ce souci de la matière authentique que l'on retrouve justement sur les modèles vintage.

Cette veste, on l'a pensée comme  la veste que vous pourriez porter en parfaite cohérence avec nos sneakers blanches tout en gardant la même philosophie de design. Un peu plus racée, un peu plus sobre, mais pas banale pour autant.

Il y a le même état d'esprit que celui qui a animé la création de nos sneakers : on a une pièce qui se porte très facilement avec tout, mais qui apporte pourtant quelque chose de pur et de différent dans ses lignes.

On voulait  aussi créer des lignes plus fortes, qui valorisaient la silhouette du porteur, quelque chose dont l'allure serait urbaine et moderne. On ne voulait pas faire du "vintage" ici, mais réellement quelque chose de contemporain.

Alors si l'on partait de la type III historique, avant de créer et de la moderniser, il fallait d'abord l'épurer.

C'est simple :  plutôt que d'ajouter des éléments, on a pensé qu'il fallait en enlever.

Plus particulièrement, il fallait retirer ce qui donne la connotation vintage d'une veste en denim classique, mais sans perdre l'essence de la forme d'une vraie veste en denim. Vous me suivez ? Ok, allons-y...

Le processus : des lignes plus pures, un design plus moderne

On commence par s'attaquer au plus visible : ces coutures oranges vue et revues. Elles ont donc été remplacées par des coutures ton sur ton, plus discrètes.

Des coutures ton sur ton discrètes, qui mettent la matière au coeur du sujet.

Ensuite, on a retiré les boutons en métal visibles sur la gorge ainsi que sur les poches poitrine. Les lignes de la veste sont plus allégées et un rendu plus contemporain commence enfin à émerger…

Les boutons pression discrets qui viennent remplacer les boutons de jeans classiques. Une fois fermée, la veste aura une ligne centrale continue et pure plutôt qu'une rangée de boutons.

Idem pour les manches, qui ne présentent plus les boutons classiques, mais des boutons pressions cachés.

Toujours dans un but d'épurer la silhouette, on a supprimé les rabats des poches avant, et elles ont maintenant la forme d'une poche arrière de jean, clin d'oeil à nos premières amours vestimentaires.

Mais pour donner une ligne plus forte, on a décidé de faire monter une ligne de couture du bas de la veste jusqu'à la poche poitrine. Cela permet d'avoir une signature visuelle plus singulière.

Il faut les voir comme deux lignes de force qui "portent" visuellement la face avant de cette veste, un peu comme deux poutres en architecture.

La touche finale : des poches poitrine sans rabat, comme celles de l'arrière d'un jean, et une ligne de force que les traverse diagonalement, pour souligner la silhouette et apporter de la structure.

Cela permet d'ajouter de la structure à l'ensemble, de créer une ligne qui attire le regard, et que l'oeil suit naturellement quand on observe la veste.

La teinte "stonewashed" : un choix esthétique comme pratique

Enfin, il fallait se pencher sur la question de la couleur.

Il n'était pas envisageable de sortir une teinte "bleached" comme pour notre jean, car c'est celle qui l'aurait le plus emmenée vers une connotation vintage. Et puis comme on vous l'a expliqué dans notre article sur la veste en denim, il est bien plus simple de combiner différentes nuances lorsqu'on veut assembler plusieurs pièces en denim dans une même tenue. Le ton sur ton peut très vite donner un effet des plus étranges...

Quand à choisir la toile à l'état brut, non lavé... Ça peut avoir beaucoup de charme, mais rappelez vous : l'indigo est un pigment instable par nature, qui tend à dégorger très facilement sur les couleurs claires.

Alors autant lorsque c'est un pantalon qui dégorge sur vos chaussures, ça peut se gérer assez facilement avec un entretien adapté ou en choisissant des couleurs sombres... Autant sur une veste, on tenait à vous éviter de tâcher toutes vos chemises, mailles, ou tee-shirts clairs.

Les belles nuances de la toile Kuroki, dans sa version "Stonewashed".

C'est donc tout naturellement que nous avons choisi une teinte "stonewashed" !

Pour rappel, cette nuance designe les denims qui ont été légèrement lavés afin d'obtenir un bleu un peu plus vif, qui laisse apparaître quelques reflets azurs, mais encore plutôt sombre dans sa teinte d'ensemble.

(Le nom vient du fait qu'habituellement, c'est fait à l'aide de pierres ponces et de nombreux lavages. Mais pas chez nous, comme vous allez le voir très vite...)

Pour résumer : avec cette teinte stonewashed, on a obtient donc...

  • une veste qui peut se porter avec tous les jeans que l'on a réalisé chez nous jusqu'ici : du brut au bleach, en passant par le gris ou même le pantalon canevas. À vous les camaïeux de bleu !
  • Une veste qui ne va pas dégorger sur tous vos beaux vêtements clairs. C'est mieux, quand même, non ?

Avec cette nuance "Stonewashed", les plus pointus d'entre vous pourront même s'amuser à introduire de subtils camaïeux de bleus avec des jeans bruts plus sombres, une chemise navy, une maille bleue ciel...

Quelques rappels sur cette toile Kuroki et le lavage à l'ozone…

C'est exactement la même toile que notre jean bleached : une toile Kuroki de 12,7 oz. et c'est aussi un délavage à l'ozone (mais plus léger que notre jean bleached).

Le résultat une toile plus souple et douce qu'une toile selvedge classique, et dont le délavage met en valeur les magnifiques irrégularités de couleur et de relief de ce tissu japonais.

Une toile Kuroki de 12,7 oz qui rencontre de l'ozone

Amateurs de denim japonais, vous avez déjà croisé le nom de Kuroki. Ils fournissent beaucoup de marques de puristes du jean.

Établis en 1950, ils ont la particularité d'avoir une usine dédiée à la teinture, une autre au tissage, et une dernière au finissage. Ils ont un énorme savoir-faire dans la teinture, car ils savent régler très finement les différents paramètres qui influent sur la couleur finale (oxydation de l'indigo, coton utilisé, etc).

Un vrai patron à la japonaise ! Image extraite de leur site internet. Notez la mention de l'eau pure…

Petit à petit, ils investissent de plus en plus dans l'environnement, notamment sur le traitement des eaux de teinture.

Ils commencent également à placer des panneaux photovoltaïques — actuellement, 10% de l'énergie consommée par Kuroki vient du soleil. Espérons qu'ils continuent sur cette lancée ! Je vous invite à explorer la page dédiée, c'est un sujet qui semble leur tenir à coeur.

Pour les plus curieux, les créateurs de la marque workwear US 3sixteen ont publié un article complet sur Heddels à propos de leur visite de l'usine.

Ah, et pour l'anecdote, leur métier à tisser le plus récent a été acheté en 1958 ! C'est donc une toile qui est en plein dans le folklore japonais du vieux métier à tisser qui travaille très, très lentement…

Un délavage à l'ozone ?

On peut dire que notre jean est "ozone washed" ! Pour rappel, l'ozone est une molécule composée de trois atomes d'oxygène, au puissant pouvoir oxydant. Si vous avez quelques notions de chimie, voici un lien qui récapitule ce qui se passe.

C'est une solution bien plus écologique qu'un délavage traditionnel obtenu avec de l'eau, des enzymes, des produits chimiques et de la pierre ponce. Son fonctionnement est plutôt simple à comprendre : les jeans sont humidifiés puis exposés à ce gaz, pour ensuite être rincés.

Par exemple, pour un seul jean :

  • 6 à 7 lavages et rinçages sont traditionnellement nécessaires,
  • contre 2 à 3 seulement avec un délavage à l'ozone.

Le délavage à l'ozone permet ainsi de diminuer :

  • la consommation en eau de 50%,
  • la consommation d'énergie de 61%.

Si vous avez le courage, voici le décompte détaillé de la dépense énergétique d'un délavage à l'ozone… Et si vraiment vous voulez encore creuser la question, je vous invite à lire ce document d'un fabricant de machine. Et si vous n'êtes toujours pas satisfait, lisez également ce document...

L'ozone est ensuite reconverti en oxygène ordinaire avant d'être libéré dans l'environnement !

Les finitions : vive le selvedge et les poches cachées !

Ce n'est pas parce qu'on a épuré le design qu'on allait pour autant vous livrer une pièce sans les petites touches supplémentaires qui font son charme !

Au contraire, on a mis le paquet sur les détails cachés, car on sait que vous adorez ça !

Toujours dans un esprit de clin d'oeil à notre jean Kurabo, les poches poitrines ont des rivets cachés, et si vous regardez à l'intérieur, vous verrez un liseré selvedge qui borde chacune d'entre elles…

Et du liseré selvedge, il y en a un peu partout :

  • le plus visible, c'est celui qui court le bas de la veste, à l'intérieur…
  • à l'intérieur du col…
  • puis dans les poches pour les mains, sur les côtés !

On a vraiment laissé apparaître du selvedge un peu partout sur les parties cachées de cette veste. C'est quelque chose de coûteux à réaliser, mais ce sont le genre de détails "secrets", que seul le porteur peut apprécier, et que nous tiennent à coeur.

Et justement, ces poches ont une particularité que l'on a vu nulle part ailleurs : chacune d'elles renferme un poche zippée en plus. Vous avez donc une poche zippée à l'intérieur d'une autre poche. C'est une "Inception" de poches !

En effet, on n'est jamais très rassuré de glisser des objets dans des poches sur une veste en jean, et là, vous pourrez sécuriser quelques effets personnels dans la poche zippée.

Et enfin, cette veste est dotée d'un intérieur soigné, grâce à de belles ganses bleues qui finissent toutes les coutures. Le bonus, c'est évidemment la doublure à motif Sahsiko, comme sur notre jean bleach. On voulait un design extérieur sobre, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas se faire un peu plaisir sur les parties cachées !

Les coutures sont gansées pour un rendu le plus propre possible, et on a utilisé la doublure "Sashiko" de notre jean bleach comme rappel à l'univers japonais de la toile Kuroki.

 

Notre chemise légère coton lin Maruwa et son bleu exclusif

Mais, quelle est cette chemise que l'on aperçoit au loin...?

Vous vous souvenez de notre chemise en flanelle japonaise de cet hiver ? On veut maintenant vous proposer un équivalent pour les beaux jours !

Ici, c'est un mélange coton/lin (45/55%) qui nous vient tout droit de chez Maruwa.

... C'est la nouvelle venue de la Japan Line ! Une chemise idéale pour les beaux jours, et pour donner plus de personnalité à une tenue toute simple.

On a voulu choisir un motif qui apporterait de la variété entre vos chemises unies, et il fallait garder cette touche japonaise qui nous plaît tant.

La solution ? On a demandé à Maruwa de développer un coloris spécialement pour nous !

Le tout, dans des tons de bleus et des dégradés plus ou moins irréguliers pour le côté japonais.

Hé oui, c'est donc un coloris totalement exclusif que vous ne retrouverez pas ailleurs !

Il faut dire qu'il y a quelque chose de grisant au fait de savoir qu'un fabricant japonais de renom à configuré son métier à tisser en fonctions de nos demandes spécifiques, rien que pour nous...

On voit bien les dégradés des carreaux ici, ce sont eux qui apporte une touche unique par rapport à une chemise à carreaux classique.

Vous le savez, je ne suis pas un grand fan des carreaux sur chemise très "premier degré", c'est pour cette raison que je préfère largement quand il y a de la subtilité, du fondu, des dégradés très légers entre les couleurs, comme on le voit sur les photos.

Concernant la provenance des matières premières, l'origine du coton brut se répartit ainsi : USA 60%, Brésil 20%, Australie 10% et Grèce 10%. Il est ensuite filé et tissé au Japon.

Là, pour les amoureux du détail, un très gros plan de la matière, où on voit clairement comment les fils de couleurs se mélangent progressivement.

Quant au lin, il vient de Belgique !

Et pour les plus techniques d'entre vous, son poids est de 157 g/m2, ce qui correspond à une main plutôt légère.

La main du coton lin de la chemise contraste très bien avec la flanelle de laine de notre gilet sans manches. C'est une tenue printanière très simple à composer, notamment au niveau des couleurs, et qui vous permet de faire face à des variations de températures caractéristiques du printemps.

La couleur des motifs va particulièrement bien se marier avec des teintes kaki ou olive.

Petite note de fin : dans cet univers très japonais, c'est Boras du blog Borasification qui s'est porté volontaire pour porter nos vêtements d'avril. Un grand merci à lui !

Comment se procurer les nouveautés d'avril ?

Nos vêtements sont disponibles sur notre e-shop et dans nos boutiques à ParisLyon et Bordeaux. A toi de choisir !

Nicolò Minchillo Nicolò Minchillo

Moi, c'est Nicolò. Chez BonneGueule, je m'occupe des tests de marques, et évidemment de faire des vidéos de conseil avec Sape m'en Cinq. À côté de ça, je prête parfois main forte au pôle produit pour qu'on développe des vêtements inspirés, dans de super matières.
J'aime la funk, le jiu-jitsu brésilien, le bacon, les manteaux majestueux, les blousons en cuir et les belles boots.

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