Dossier : Comment les meilleurs construisent et font évoluer leur style ?

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La capacité de certaines personnes à porter des vêtements archi basiques tout en ayant du style est impressionnante.

Prenez le type quʼon a tous dans notre entourage. Disons que son physique de base aide un peu, mais pas plus quʼun autre : il est plutôt grand, plutôt beau gosse, mais rien dʼextraordinaire non plus.

Il porte trois cent soixante-cinq jours par an le même t-shirt blanc à col bateau sous la même chemise en chambray, avec le même jean brut un peu passé sur des bottines fatiguées.

Mais alors, pourquoi ça marche ?

luca chemise chambray

Exemple pris tout à fait au hasard.

L'équilibre pour trouver son style

Cʼest le propre des gens qui ont du style : cette capacité à porter, semble-t-il, tout et nʼimporte quoi avec un naturel confondant. 

Le genre de type que l'on croise dans la rue, qui accroche l'œil un peu exercé avec un commentaire envieux : «Jolies boots !»

street style homme style débraillé

Ces gens-là se divisent en deux catégories :

  • Ceux qui savent exactement ce qui leur va, pour qui cʼest le fruit dʼun effort calculé, dʼerreurs et dʼexpérimentations,
  • Ceux qui le font inconsciemment, tombés un jour sur une pièce qui leur allait à merveille et qui la traînent des années, jusquʼà ce que mort sʼensuive.

Mieux vaut rejoindre la première catégorie, comme ça au moins, on est sûr de savoir où on mène sa barque.

Qu'est ce que le style ?

Le style dʼune tenue est, la plupart du temps, synonyme dʼéquilibre entre les pièces afin dʼatteindre un état dʼesprit où chaque élément, simple, répond à un autre de manière subtile et raffinée, sans faire de vagues inutiles.

Tout est dans la façon de gérer les contrastes de coupes, de matières et de couleurs. Superposer deux ou trois pièces fortes sans ressembler à un arlequin, porter juste assez dʼaccessoires pour avoir lʼair dʼun rockeur et non dʼun portemanteau de salon de coiffure.

Lʼun des maîtres dans cet art est Johnny Depp, sans conteste un des acteurs les plus stylés de sa génération.

Le seul, en tout cas, à avoir un style aussi unique, à base de lunettes Dita rondes à verres polarisés, de chapeaux Borsalino et de costumes de mafieux des années trente, avec des foulards et des colliers noués un peu nʼimporte où et nʼimporte comment... en apparence.

johnny depp costume rayé

Comme la métamorphose récente de Justin Timberlake pour Suit & Tie, vous pouvez observer, sʼil vous arrive dʼéplucher ses looks au long des années, à quel point il a évolué. Ado attardé aux cheveux permanentés, portant des costumes en jean il y a une quinzaine d'années, il est devenu l'homme ultra smart quʼon connaît aujourdʼhui.

Dans un genre plus discret, le musicien John Mayer est connu pour se rendre une fois par an au Japon et suivre, pour une semaine, les enseignements dʼHiroki Nakamura, créateur de la marque Visvim chez qui il sʼhabille quasi exclusivement. Il a été converti par Eric Clapton, et de plus en plus de personnalités suivent leur sillage.

John Mayer Visvim

Visvim est une marque dont lʼADN est lʼessence même de cet esprit japonais de lʼéquilibre : un mix subtil dʼinfluences bien digérées, entre les tenues des fermiers de lʼère Tokugawa et les uniformes Americana de la conquête de lʼOuest (notamment sur la dernière collection).

Maîtriser les katas de la mode, un long apprentissage

On peut penser la mode comme une forme dʼart martial, où on ne peut arriver au sommet - toujours provisoirement - quʼen ayant appris et désappris toutes les techniques nécessaires pour le gravir.

Le meilleur exemple, dans les arts martiaux, est Masutatsu Oyama. À coté de lui, Chuck Norris passerait pour un gentil boy-scout...

Qui était Masutatsu Oyama ?

Masutatsu Oyama, le fondateur de lʼécole du Kyokushinkai ̶ « lʼécole de la Vérité Ultime » ̶ et lʼun des plus grands karatékas de la seconde moitié du XXème siècle.

Il commença comme simple immigré coréen ̶ un zainichi - méprisé et considéré au mieux comme un membre pouilleux dʼune sous-race.

Masutatsu Oyama

Il se mit en tête de défier un par un tous les karatékas du Japon, jusquʼau dernier.

Son but ? Leur prouver quʼil était meilleur quʼeux, et que la culture de son pays valait au moins celle de celui du Soleil Levant, y compris jusque dans un art faisant partie de la fierté nationale.

Pour cela, il commença par ingérer en dojo toutes les formes traditionnelles de judo et de karaté jusquʼà y passer maître. Mais ce nʼétait pas suffisant.

La solution ? Oublier tout ce que l'on sait

Il se tourna alors vers des formes anciennes du hyunmudo, lʼart martial traditionnel coréen, fondé sur la connaissance interne de lʼanatomie du corps humain et de la maîtrise du ki, lʼénergie spirituelle qui sʼen dégage.

Toujours insuffisant.

Il sʼexila donc au sommet dʼune montagne et là, pendant trois ans, il entreprit de désapprendre tout ce quʼil avait appris en combat réel, en revenant à une forme de lutte beaucoup plus brutale et primitive : son corps contre la nature. Sʼentraînant contre des troncs dʼarbres, grimpant des falaises gelées à mains nues, méditant en sarrau (blouse à manches, ndlr) par moins dix degrés dans la neige.

Quand il redescendit de sa montagne, il sʼembarqua clandestinement jusquʼau Japon et défia un par un, méthodiquement, tous les plus illustres représentants de toutes les écoles de karaté. Jusquʼau dernier.

L'échelle du style masculin

Les hommes que vous croisez dans la rue pour lesquels vous vous dîtes instinctivement "quel style !" ont suivi ce même processus initiatique (les ascensions montagneuses en jupe traditionnelle en moins).

  • Ils ont commencé par acquérir les bases communes de la mode : morphologies, coupes, couleurs associées au teint, matières...
  • Puis lʼéquilibre entre les différentes pièces : quʼest-ce qui peut être porté avec quoi et, plus difficilement, avec quoi dʼautre ?
  • Enfin, ils ont remis en question tout ce quʼils avaient appris, afin de passer par-dessus ces codes bien établis pour créer un “style” fort : une attitude générale, plus quʼun look, qui les définit et les précède.

Cʼest à ce moment-là que vous réalisez quʼil existe certaines règles pour apprendre à sʼhabiller qui, passé un certain stade, ne veulent plus rien dire !

Steve Jobs style

Autre possibilité : garder une tenue basique toute sa vie, fonder Apple, devenir une légende, être admiré pour sa tenue basique. #Win

Si on voulait schématiser une ascension stylistique, ce pourrait donc être de cette façon :

  • Novice : perdu dans la jungle du prêt-à-porter, souvent conseillé par des personnes qui ne le devraient pas.
  • Aspirant : maîtrise des couleurs neutres dans une tenue (bleu clair ou marine, marron, gris clair et anthracite, blanc) ; savoir choisir les vêtements à peu près à sa taille ; reconnaître un bon jean ; commencer à sʼorienter vers des achats en pensant "qualité" plus que "quantité".
  • Cadet : maîtrise de couleurs plus avancées (bordeaux, bleu nuit, bleu pétrole, lie-de-vin, cognac, etc.) ; reconnaître immédiatement ce qui est à sa taille et ce qui ne lʼest pas ; nʼacheter plus que des pièces qui lui vont parfaitement, tant en termes de couleurs que de coupe.
  • Padawan : mixer matières (chambray et toile waxée par exemple) ; coupes (tee-shirt destructuré sur un sweatpant à la fourche basse et un cardigan col châle long, par exemple) ; couleurs (faire des camaïeux subtils comme gris souris, chiné, anthracite et bleu pétrole) ; reconnaître les spécificités dʼun créateur et, par conséquent, savoir exactement vers qui se tourner quand on cherche un type particulier.
  • Maître Yoda : Hiroki Nakamura, créateur de Visvim ; Jona, tête pensante dʼInAisce ; Stefano Pilati, ex-designer de Saint Laurent ; Gianni Agnelli, principal actionnaire de Fiat et maître incontesté de lʼélégance italienne pendant quatre décennies ; Doug Bihlmaier, le boss de Ralph Lauren Vintage...
style Jona InAisce

Le style de Jona peut ne pas faire l'unanimité, pourtant chaque pièce utilisée est complètement maîtrisée.

Tous ces personnages ont un style unique et complètement personnel, fruits dʼannées dʼaffinement vestimentaire et artistique, complètement différents et pourtant maîtres en leur demeure.

Et ensuite, comment faire progresser son style ?

Au bout dʼun moment, vous vous apercevrez que vous connaissez tout sur un aspect donné de la mode comme le jean ou le costume, par exemple.

Deux cas de figure :

  • Soit vous passez au stade supérieur parce que vous voulez vous construire un style puissant et personnel,
  • Soit vous vous intéressez à un autre domaine (élocution, cheveux, histoire de la mode, voire une toute autre passion comme les poteries de lʼHimalaya) parce que mission done. Cʼest aussi une bonne option, qui indique que vous êtes convenablement habillé et que vous nʼavez pas besoin de plus.

Mais si vous voulez passer au stade supérieur, prenez cinq minutes. Asseyez-vous et réfléchissez sur vous-mêmes.

réflexion

Parce que quand on en arrive à se poser ces questions, on nʼest plus simplement “bien habillé”, ni même “Padawan”, mais plutôt à un stade où le vêtement sʼintègre dans un tout qui est vous, dans une attitude face à la vie, une manière de réfléchir et de concevoir lʼexistence.

Bref, le vêtement est devenu lʼextension la plus visible de votre personnalité. Socrate disait “Plus jʼapprends, et plus je me rends compte de lʼétendue de mon ignorance”. Lao-Tseu disait “Plus je sais, et moins je comprends”.

En somme, si vous commencez à considérer dʼun bon œil un pantalon de Lumen Et Umbra ou un manteau Lad Musician - ou tout autre designer ultra pointu et particulier - alors il est temps de se poser la question de porter vos découvertes au stade ultime, ou de vous intéresser à autre chose...

Carol Christian Poell

On commence rarement son parcours stylistique par CCP, mais on peut finir par y aboutir...

Tableau des maîtres Jedi du style masculin

Le style ne cherche pas systématiquement le consensus : encore une fois, il devient une extension de votre personnalité.

Rester curieux et ouvert à tout permet de trouver de l'inspiration, parfois même là où on ne pensait jamais la trouver.

Nous terminerons donc cet article par un petit florilège d'hommes bien stylés, dans une manière qui leur est propre.

Au-delà de ce qu'ils dégagent, regardez la cohérence de leurs tenues et dans quelle mesure chacune des pièces répond aux autres.

Douglas Bihlmaier

Fin dʼaprès-midi, sortie du défilé Chanel. Vestes aux crans coupés au bistouri, talons interminables et lunettes de soleil envahissantes.

Clochard dʼun petit mètre soixante-dix qui tète une cigarette, les yeux ailleurs sous lʼombre dʼune casquette rapiécée.

Ce nʼest pas un clochard mais Doug Bihlmaier, officiellement directeur de Ralph Lauren Vintage, à lʼorigine de RRL, la ligne RL directement inspirée du Far West.

douglas bihlmaier style

Signes particuliers : répond rarement aux interviews, se laisse encore moins prendre en photo ; possède une garde-robe composée presque exclusivement de pièces dʼoccasion, récupérées en fripes, dans des vide-greniers ou des musées - certaines ont presque deux siècles - et ravaudées de toute part pour leur donner une seconde vie, une seconde identité.

Le style de Bihlmaier parle pour lui-même et son métier :

  • Pantalons larges de grosse toile ou de laine sergée,
  • Chandails épais superposés les uns sur les autres,
  • Chemises en jean délavé,
  • Besaces en cuir et en toile rapetassée,
  • Casquettes de lʼarmée confédérée tombant en morceaux sur une barbe hirsute, et des yeux brillants derrière des lunettes rondes dʼintellectuel de la Ivy League.

Il pourrait aussi bien avoir pris une machine à remonter le temps pour sʼextirper dʼun champ de bataille de la guerre de Sécession.

Douglas Bihlmaier style vintage

Le style Americana dans toute sa splendeur, et pourtant, shibui à lʼextrême : mesuré, calculé, simple et relativement discret.

Il est lʼincarnation du Tatterdemalion, cet archétype mythique du vagabond du Far West en haillons, toujours entre la paille dʼun wagon à bestiaux en route vers lʼOuest et la selle calleuse du Pony Express.

Takahiro Miyashita

Lʼincarnation ambulante de lʼesthétique japonaise yūgen qui est, comme la plupart des concepts shintos, intraduisible de façon exacte en langage occidental.

Takahiro Miyashita style

Yūgen se réfère à quelque chose dʼaussi profond que mystérieux, au-delà des mots mais pourtant bien inscrit dans notre réalité : lʼineffable beauté qui ne peut être quʼévoquée, et non décrite.

Quelque chose que définit ainsi Zeami Motokiyo, un esthète et dramaturge du début de lʼère Muromachi (XVe siècle):

Yūgen est la vision du soleil sʼabîmant derrière une colline en fleurs.

Lʼaventure dans une forêt profonde sans songer au retour.

La contemplation sur un rivage dʼun bateau sʼévanouissant derrière les îles au large.

Lʼessor dʼune volée dʼoies sauvages au sein des nuages.

Et, aussi, lʼombre ténue des bambous sur les bambous.

De nombreuses marques japonaises sont créées en se basant sur ce concept, à commencer par A Bathing Ape (BAPE - dont la première enseigne sʼappelait Nowhere, dans une rue déserte du quartier dʼHarajuku, à Tokyo) ou The Soloist, la marque en propre de Miyashita, construite à partir de ses propres designs et de ses humeurs vestimentaires quotidiennes très particulières...

the soloist lookbook

Tenues faites de coupes asymétriques, de modifications uniques de pièces classiques (tailler un jean en nid dʼabeille, ou porter des filets à courses - oui, les cabas de grand-mère - comme guêtres).

Nick Wooster

SI vous prêtez un peu attention au monde du street style, Nick Wooster y est omniprésent, au point que cela lui a valu une légion de haters qui le considèrent vaguement comme un équivalent de Kim Kardashian pour la mode masculine.

Nick Wooster look

Patron du département homme des mythiques magasins new-yorkais Bergdorf Goodman, il est invité à tous les défilés masculins de la planète et se fait remarquer par son look absolument unique.

Réminiscence à la fois :

  • Des couloirs de Sandhurst, lʼacadémie des officiers britanniques, par sa coupe de cheveux et sa moustache improbable,
  • Des uniformes des G.I. de la seconde Guerre Mondiale pour ses chemises à épaulettes et ses cravates rentrées dans la boutonnière (souvent de la même teinte que la chemise),
  • Des grandes boutiques de Savile Row pour ses costumes impeccablement coupés,
  • Le tout allié à des bras musculeux couverts de tatouages dans le style Irezumi.

Nick wooster derby jaune

Wooster est également connu pour porter des imprimés ou des pièces aventureuses absolument sans complexe : une paire de derby jaune canari avec un costume noir, ou encore un short brodé avec un blazer et des pantoufles léopard.

Et le mieux dans tout ça, cʼest quʼil arrive à avoir lʼair parfaitement badass quel que soit lʼaccoutrement.

Nick Wooster Pitti 88

Stefano Pilati

Dans l'une des interviews les plus passionnantes données à VICE Magazine en 2008, intitulée La Mort de lʼElégance, Stefano Pilati, alors à la tête de Saint Laurent, explique avec son franc-parler habituel son rapport à la mode et au style, notamment en ces termes :

Mon idée de lʼélégance, et cela vaut pour les femmes ainsi que pour les hommes, est quʼune personne devient élégante lorsquʼelle montre quʼelle connaît bien ce qui lui sied, lorsquʼelle fait transparaître un sens du naturel et de lʼestime de soi. Pas lorsquʼelle sʼhabille pour se montrer ou frimer.

Lʼélégance, cʼest vouloir donner une représentation optimiste de sa personne, quitte à se perdre dans la frivolité du style. Aujourdʼhui, tout le monde sʼen fout de vouloir être élégant ou chic. Si tu le fais, tu le fais pour toi-même, parce que cʼest ta façon dʼêtre.

Tu es sur le bon chemin quand tu ne te dis pas « ce truc est à la mode » et que tu ne tʼachètes pas des vêtements pour envoyer des messages précis. Si la mode est à la taille basse et que tu as un gros cul, eh bien, oublie les slims. Tu vas avoir lʼair ridicule. Tu devrais tʼhabiller en noir, clairement.

Le style de Pilati peut se résumer en quelques mots : intemporel, extrêmement marqué par une esthétique sartoriale.

Stefano Pilati style

  • Beaucoup de costumes américains de lʼaprès-guerre,
  • Palette de couleurs limitée (gris, brun, bleu) dans les vêtements dominants, avec souvent une touche de couleur vive pour rehausser le tout (il apparaît parfois avec un manteau orange),

stefano pilati

  • Coupes rétro, cintrées mais confortables, des pantalons à pinces bouffants, manteaux amples et longs aux épaulettes très marquées, etc.,
  • Matières nobles et “à lʼancienne” (cachemire, laine vierge, coton égyptien).

Hiroki Nakamura

Le créateur de Visvim correspond grosso modo à lʼidée quʼon se fait du baroudeur intemporel, sa marque est à son image.

hiroki nakamura-visvim

Un jour de 2008, il sʼest envolé pour lʼItalie afin d'apprendre lʼart de la chaussure auprès dʼun maître cordonnier ; la saison suivante en Laponie, chasser le renne et diversifier sa connaissance de la cordonnerie en étudiant les techniques de couture lapones.

Nakamura se distingue de la plupart de ses confrères par la variété de ses inspirations. Là où des maisons plus traditionnelles revisitent souvent les classiques de lʼélégance occidentale, Visvim rend ostensiblement hommage aux cultures navajos (Amérindiens de lʼUtah et Colorado), aux Sames du Nord de la Finlande ou aux classes ouvrières et agricoles du Japon médiéval.

Sans oublier de nombreuses matières françaises, comme la laine Arpin ou les tricots bretons.

hiroki-nakamura sherling

Son look est un mix subtil de ces influences. On y trouve des matières rustiques :

  • Denim, lin sauvage, bogolan (toile de coton grossier originaire du Mali), tussor (soie sauvage dʼInde),
  • Des coupes amples tirées du workwear traditionnel (quʼil soit japonais de lʼère Tokugawa ou américain de la conquête de lʼOuest),
  • Des couleurs simples (teintes naturelles, terre, gris, indigo) associées à des motifs et des pièces ethniques (colliers mapuches, ponchos péruviens, etc.).

visvim sneaker navajo

Ces choix reposent sur une seule idée shibui, au cœur de Visvim : oublier les techniques de manufacture moderne et concevoir des vêtements à lʼancienne, durables et intemporels (ce qui explique aussi les prix élevés de la marque).

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Vous l'aurez compris, le chemin du style est sans fin : rien n'est immuable, et l'inspiration est partout. Et vous, où vous situez-vous ? Quelles sont les figures qui vous inspirent ? Partagez vos expériences dans les commentaires 😉

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  • Nicolò – BonneGueule

    Merci pour les corrections Frank.

    J’ai moi-même essayé le Kyoku pendant quelques mois mais je n’arrivais pas à trouver le temps de faire ça ET du JJB 😉

    OSU !

  • Frank Quesnel

    Etant moi-même pratiquant du Karaté Kyokushinkaï (et même Shin Kyokushin pour être exact), il y a quelques erreurs concernant Masutatsu Oyama (de son nom Coréen CHoi Young-i). Issu d’une famille aristocratique Coréenne, c’est son père qui l’envoi au Japon à 13 ans car il est turbulent. C’est là qu’il découvre le Karaté et deviendra 4èm Dan à l’age de 20 ans. Regrettant le manque de contact dans le style Shotokan, il partira méditer et s’entraîner dans les monts Kiyosumi (pendant 18 mois au lieu des 3 ans initialement prévus), c’est là qu’il développeras le style Kyokushinkaï. En 1952 il part en tournée aux USA où il gagneras tous ses combats (270 combattants tout style, le plus souvent en un seul coup : Ichegeki), en 1953 il commence à enseigner et ouvriras son 1er Dojo à Tokyo en 1956…. A part ça, continuer vos articles, c’est de la bombe…OSU!!!

  • Nicolò – BonneGueule

    C’est tout à fait juste.

    Mais il y a aussi les cas plus rares de gens qui gagnent vraiment pas tant que ça, et qui, armés de beaucoup de patience et de méthode, se construisent une garde robe sur des basiques durables et de qualité au fil des années, qui savent guetter les bonnes soldes, qui fouinent sur les sites d’occasion et les forums, réfléchissent bien à leurs achats, savent maitriser les impulsions et prioriser les investissements importants… Et ensuite une fois que c’est fait, on peut se détendre, et acheter au coup de coeur, de temps à autres, quand on peut se le permettre, sur des choses moins importantes.

    Ca demande du sang-froid et des connaissances, mais c’est aussi ce que nous essayons de transmettre.

    (Je pourrais d’ailleurs presque dire que j’en ai fait partie mais j’ai toujours eu du mal à contrôler mes envies et il m’est déjà arrivé de manger des pâtes pendant 15 jours pour avoir une paire de sneakers de qualité haha)

    Mais par exemple Benoît, ou Geoffrey, lorsqu’ils étaient étudiants, en étaient de bons exemples.

    Donc oui, bien-sûr qu’avoir les moyens ça aide beaucoup, mais tu as aussi la dérive inverse de gens qui ont beaucoup de sous et qui n’achètent que sur Farfetch / LuisaViaRoma / Lyst et qui juxtaposent que des pièces hyper fortes sans aucune cohérence, par souci d’aller toujours vers « le mieux, le meilleur, le plus poussé ». Et les rendus peuvent être tout aussi peu crédibles que des tenues 100% fast fashion. (Et en plus ça peut passer pour de la prétention, par dessus ça.)

  • NightWatch

    Bonjour,

    Il y a aussi la question du pouvoir d’achat !

    Ce n’est pas une valeur absolue remarquez, on a tous un pote qui s’habille avec goût chez Zara ou H&M, et les filles sont très fortes à ce petit jeu : dénicher LA pièce (ou l’accessoire) qui va faire toute la différence, dans une montagne de fringues sans saveur.

    Mais quand même.

    A un certain niveau de prix les matières sont plus nobles, les couleurs sont plus subtiles, les finitions plus soignées, et les coupes mieux étudiées.

    Johnny Depp (a fortiori secondé par son (sa) styliste personnel(le)) a donc beaucoup plus de facilité à choisir et porter des vêtements impeccables et élégants,
    que Jeannot Crétin (Depp, en Allemand) smicard perdu entre les tas d’articles en 100% polyester aux coupes informes et fabriqués par des esclaves à l’autre bout de la planète 🙁

  • Felfel Qui Pique

    trés bel article , bien documenté notamment sur le lien arts martiaux et style , cela relève d’une approche originale  » je suis ce que je porte et je porte ce que je suis  » je mettrais quand mm une réserve sur Johnny Depp … une pale copie de Keith Richards ..

  • Rafik – BonneGueule

    Hello Violette,

    Merci beaucoup pour ton commentaire, cela nous fait très plaisir !

    Je te conseille de regarder le blog Mode Personnel(le) d’Isabelle Thomas – qui a d’ailleurs déjà écrit pour nous – ainsi que le blog Bien Habillée.

    A très vite !

  • Violette

    Article remarquable, références, contenu, synthèse, pertinence. Je suis une femme et je déplore qu’on ne trouve pas de source aussi qualitative dans la presse féminine. Peut-être en avez-vous à me conseiller? Ça serait adorable.
    Idem en matière de relooking… on nous prend pour des pintades, c’est lamentable. Si vous connaissez des personnes capable de cet exercice à un certain niveau, je prends!

  • Nicolò – BonneGueule

    Hey Yassine !

    Merci pour ce retour intéressant sur ton parcours stylistique !

    On voit bien dans ta liste comment tu es passé des premières erreurs, au valeurs sûres basiques, pour finir sur des pièces plus complexes 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Robin !

  • Robin Robin

    Je pense que Shui Tsang est une très bonne inspiration également, bien qu’assez noir (ce qui peut déplaire à certains…) http://shuitsang.tumblr.com/

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Anto !

    Ben… Visvim :p

    Mais c’est pas donné quoi.

    Pour faire du Visvim / de l’americana sans aller chez RRL Vintage ou Visvim, j’imagine que le mieux ça reste encore les frippes.

  • AntoFringuee

    Article super intéressant !!! Le style d’Hiroki Nakamura m’a marqué, je suis peut-être même tombé amoureux.. J’expérimente d’ailleurs ce style que j’adore et cherche des pièces du même genre que Nakamura mais moins chers. Vous avez des marques en tête ?

  • Jérôme

    Merci! Je vais me pencher un peu plus sur cette matière 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Jérôme !

    Pour moi, vu à cette distance, le gilet, le manteau et le pantalon ont tous les trois l’air d’être faits dans des flanelles de laine 🙂

  • Jérôme

    Petite question : Quelle est la matière du costume gris de Nick Wooster (photo du milieu) ?

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello MacaTunes !

    Merci on va corriger ça 😉

  • MacaTunes

    je rajouterai que l’exemple de John Mayer qui me porte que du Visvim et Hiroki Nakumura lui-meme illustre assez bien le propos de l’article. Mayer se contente d’empiler les refs visvim mais sans coherence ni ame, cela ne degage rien si ce n’est un style un peu gauche. La pochette se son album que vous avez publiee a ete mise en scene et stylisee par Nakamura en personne, et la ca claque. Nakamura lui, porte ses vetements avec un naturel et un sens du detail, qui n’ont rien a voir avec le hasard, et on a pu voir son evolution depuis 2001 ou son style baggy etait proche du milieu snowboard qu’il a frequente lorsqu’il travaillait chez Burton ‘ un style comme ceci ne choppe pas du jour au lendemain, comme vous l{avez ecrit c{est apres pas mal d{experimentations, de rates qu[on trouve son style propre et que ca transpire alors le nature. Et ca ca prend des annees (une dizaine je dirai).

  • MacaTunes

    Bon article ! En revanche c[est bien Clapton qui a entraine Mayer chez Visvim. Clapton suit la marque depuis es debuts en 2001, Mayer depuis 2006, Kanye depuis 2010….

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Gouhouf !

    Merci pour ton retour et ta contribution 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Nicolas !

    Bon retour, bon esprit 😉

  • Bastien

    Enfin un article sur le développement du style, je suis content :).
    Merci Bonne Gueule, en espérant que d’autres articles de ce type sortent un jour 🙂

  • Benoit – BonneGueule

    Une bien belle conclusion de l’article 🙂

  • Mc Paül Tyler

    merci très instructif
    j’ai regarder ensuite les lookbook de Visvim très inspirant en therme de matière assemblage, coupe, couleur, patine… le vêtement raconte quelque chose et j’aime beaucoup
    merci

  • Nicolas Duclos

    Quand la mode loin d’être frivole devient une quête initiatique et un voyage intérieur.
    Cet article est à lire et à relire. Un des tops 5 du site BG!!!

    Personnellement, je ne suis pas encore au niveau de pouvoir mettre une cape sur les épaules, un denim défoncé, des combats boots et sortir au boulot ainsi.
    Mais depuis deux ans et demi mon style a considérablement évolué. J’ose les chapeaux, les bracelets, les belle chaussures ou les lunettes de soleil originales. Le tout c’est d’assumer tout ça pour ne pas paraître déguisé.
    Je ne suis pas totalement fan de Johnny Depp (qui a souvent des vestes trop grandes) ou de Nick Wooster (le coup du costume avec le pantalon trop court et les chaussures jaunes canari). Mais les exemples cités sont des sources d’inspiration pour aller plus loin et approfondir son rapport au vêtement, au style.
    Mon crédo : Ne cédez pas aux diktats de la mode. Habillez-vous comme vous aimez. Amusez-vous. Soyez à l’aise dans vos vêtements. Expérimentez. Trompez-vous. Soyez élégant. Epatez votre entourage. Et trouvez votre « personnalité vestimentaire » !

  • Gouhouf

    Coucou,

    Article amusant. Je ne suis pas d’accord avec la phrase : « Ceux qui le font inconsciemment, tombés un jour sur une pièce qui leur allait à merveille et qui la traînent des années, jusquʼà ce que mort sʼensuive. », car je ne considère pas que porter la même chose pendant des années puisse être défini comme « avoir du style ». Comme « avoir fait une magnifique photo un jour par hasard » ne signifie pas être photographe. Mais peu importe puisque ce n’est pas le sujet de l’article 🙂

    Pour ceux qui sont intéressés par le style « homeless chic », comme Bihlmaier, mais au féminin, il y avait le film « The Lady in the Van », avec Maggie Smith qui est savamment décortiqué ici : http://www.arte.tv/magazine/pnb/fr/tutotal-tuto-fashion-065960-000

    Gouhouf

  • Philippe

    Super post passionnant, merci Vianney. Ca me donne clairement envie de m’intéresser au style nippon… Un article sur le sujet bientôt ? Marques connues et sympa, quelques « équivalents » en termes de rapports Q/P…

  • BartT

    Un article remarquable empli de philosophie qui précise véritablement l’essence de notre recherche ! Bravo

  • Stephane Verhoye

    Excellent article très instructif ! J’ai apprécié le rapport avec la voie martial. Parallèle très surprenant de votre part mais logique… Dans le budo, on ne néglige aucun art y compris le vêtement. Senseï Oyama était un fervent admirateur de Musashi, le plus grand maître de sabre de l’histoire du Japon, un autodidacte lui aussi. Il s’est inspiré de son cheminement pour développer son style.Tous les créateurs et buisness-men japonais sont imprégnés de son écrit : le traité des cinq roues. Sinon sa vie a été romancée dans l’après-guerre par un grand écrivain japonais Eiji Yoshikawa en deux tomes….La pierre et le sabre et La parfaite lumière ….éditions J’ai lu. Une magnifique adaptation cinématographique en technicolore existe aussi adaptée de ce roman. Les décors et vêtements traditionnels sont sublimes. Le Maxlinder l’avait programmé, il y a très longtemps.
    Cordialement.
    Stéphane

  • Lio

    Un article pasionnant.
    Les conventions, usages… liés à une profession, fonction, imposent, dictent leurs régles et là il est très difficile, voir impossible d’y déroger tellement l’ancrage est puissant, mais lorsque l’on a la chance de ne pas être contraint de s’habiller en pingouin tous les jours, même avec une belle coupe et une belle étoffe, on peut laisser libre cours à son imagination… et avec le temps trouver peut-être son style propre.

    J’adore les exemples de Nick Wooster et Douglas Bihlmaier sur la dernière photo.

  • heeta

    Mince alors mon niveau doit être complètement novice voire nouveau né, j’arrive pas à comprendre (pas encore), ni apprécier les différents exemples que vous donnez.

    Par exemple sur la photo de Stefano Pilati, je trouve que son manteau et son pantalon sont juste mais trop oversize !

    Je vois quelqu’un dans la rue je me dis qu’il était ex-obèse, et pourtant j’ai l’air de me tromper…

    Parfois je me dis qu’il faut juste faire presque n’importe quoi, mais tant que tu assumes, t’as un bon look !

    D’ailleurs dans la partie karaté, il y a un excellent film qui relate l’histoire de Maître Masutatsu Oyama qui est « Fighter in the wind », il date un peu, mais je vous le recommande 🙂

  • Psyché

    Pour moi actuellement THE modèle, celui qui m’impressionne toujours par ses tenues c’est Guillaume Bo.

    Bel article, ça donne envie d’apprendre.

  • Nicolò – BonneGueule

    Exactement Anthony !

    A ce stade là, la personne qui est dans une telle recherche a déjà dépassé depuis des années la fonction « d’intégration sociale » que peut donner le vêtement.
    Certains réalisent même que ce qu’ils veulent, c’est tout l’inverse 😉

    (Bon ceci dit tu peux aussi fréquenter des milieux hyper créatifs et huppés où tu seras discrètement moqué pour ton conformisme, et où l’envie d’aller « plus », voire « trop » loin est un quasiment un prérequis, mais c’est encore une autre histoire…)

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Thib !

    Merci à toi pour ton commentaire 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Loïc !

    On est d’accord 😉

  • Anthony

    Bel article, de ceux qui te donne envie d’aller plus loin, de trouver l’inspiration.

    Pour relativiser… La limite du style ultime est qu’il peut ou qu’il est souvent incompris.

    Mais qu’importe, à ce stade, on s’habille pour doi en cohérence avec soi et non plus pour les autres,leurs regards et leurs jugements.

  • Article de fou, merci.

  • Loïc

    Lino Leluzzi selon moi incarne le graal italien et Hugo Jacomet est aussi une figure de plus en plus importante!