🎬 Les secrets des… bijoux amérindiens ! #6

12 min

🎬 Les secrets des… bijoux amérindiens ! #6

12 min
Publié le : 9 février 2022
bonnegueule secrets benoit bijoux amerindiens

Dans cet épisode, je vais retracer toute l'évolution des bijoux amérindiens, en traversant les âges et les peuples. Des secrets de fabrications jusqu'aux petits détails insoupçonnés, vous allez maintenant comprendre tous les mystères de ces bijoux si particuliers.

Si vous me suivez sur mon Instagram personnel, vous savez que j’aime les bijoux japonais d’inspiration amérindienne. Lorsque je vois Hiroki Nakamura de Visvim qui porte ce type de colliers, je trouve que ça marche très bien dans une multitude de tenues.

hiroki nakamura bijoux blanc bleu

Cependant, j’ai eu envie de remonter à la source, et de la remonter très loin, là où ces bijoux sont nés, à savoir aux Etats-Unis, par les Amérindiens.

Pour parler de ces bijoux, nous nous sommes rendus dans une boutique parisienne mythique : Harpo. Pour trouver des bijoux amérindiens authentiques et de qualité, vous pouvez y aller les yeux fermés. 

Quand on parle de bijoux amérindiens, on entend quoi exactement ? 

Globalement, c’est la bijouterie du sud-ouest américain qui est la plus connue, c’est une vaste région qui englobe l’Arizona, le nouveau Mexique, et quelques parties de la Californie, du Nevada, de l’Utah ou du Colorado. 

localisation mines turquoise

© By Artist Mike Ross, 602-348-5699, www.turquoisemap.us

Crédit : (By Artist Mike Ross, 602-348-5699, www.turquoisemap.us)

Plus précisément, les artisans amérindiens les plus connus sont les Navajos, les Zunis, les Hopis et les Pueblos (ce sont des Amérindiens qui vivent dans des maisons pierre juxtaposées d’où le nom).

Les bijoux sont principalement constitués d'argent, c'est pourquoi en anglais on les appelle des Silversmith qu’on pourrait traduire par un orfèvre, un artisan spécialisé dans le travail de l’argent. 

Mais les Amérindiens n’ont pas été des Silversmith de tout temps, loin de là. Mais pour autant, comme à peu près toutes les cultures humaines, ils fabriquaient des bijoux avant 1860.

AVANT 1860 : LES PRÉMICES DES BIJOUX AMÉRINDIENS

A priori, les peuples qui vivaient en Amérique à la préhistoire, des chasseurs-cueilleurs, ont commencé à utiliser de la turquoise quelques siècles avant JC, entre -200 et -900.

C’est au début du dixième siècle qu’ils ont augmenté leur utilisation de cette pierre, qu’ils appelaient la pierre du ciel, en raison de sa couleur turquoise. Ils y prêtaient des pouvoirs magiques, comme la santé, la chance, l’amour... c’est la raison pour laquelle la turquoise est aussi omniprésente. Celle-ci avait même un usage chamanique. 

harpo turquoise

© Harpo

Crédit : Harpo

Ils faisaient aussi des bijoux en os et en coquillage, comme des pendentifs et des bracelets.

Plusieurs peuples travaillaient la perle en os et la turquoise comme les Hohokam, les Mogollons ou les Anasazi qui étaient culturellement très développées, y compris dans l’artisanat des bijoux. 

PUIS ON ARRIVE VERS 1860… 

Ce sont les Navajos qui se sont particulièrement distingués par leur travail du métal. Au début ils ont commencé en faisant des petits objets utilitaires comme des boucles pour des brides ou des gamelles pour les soldats américains.

gamelle soldats americains argent

On présume qu’ils ont aussi transmis leur art de l’argent aux tribus voisines, comme les Hopis et les Zunis.

Concernant le travail de l’argent chez les Navajos, il y a finalement assez peu de sources primaires. En effet, plusieurs auteurs évoquent des années différentes en citant des sources diverses. 

Les Navajos ont appris à travailler le fer, le cuivre, le bronze, mais l’argent est vite devenu leur métal favori. Ils l’appelaient le métal de lune, en référence à sa couleur argentée.

pepites argent noir

Il y a un artisan qui se distingue à cette époque, c’est Astidi Sani. On considère que c’est le premier orfèvre amérindien connu, qui a transmis son art à ses fils mais également à d’autres amérindiens.

C'est vraiment lui qui après avoir travaillé le métal s’est mis à travailler l’argent, comme un orfèvre. Malheureusement, on ne sait pas grand-chose sur sa vie et on ne sait même pas vraiment quand il est mort. Certains disent que c’est en 1870, d’autres en 1890 ou carrément après 1900 ! 

Après Atsidi San, tu as un autre artisan connu, c’est Atsidi Chon, où l'on pense qu’il a été le premier à créer la très célèbre Concho belt.

1870 : LA DÉMOCRATISATION DU SAVOIR-FAIRE 

On estime que c’est en 1870 où le bijou amérindien tel qu’on le connaît est né. À l'époque comme aujourd'hui tout est fait main. À ce jour, les artisans utilisent toujours les mêmes techniques. Les natifs d'Amérique se sont inspirés des premiers colons espagnols, puis mexicains. Ils ont immédiatement remarqué la métallerie sur les brides et les sangles des cheveux.

selle cheval metal

Les Amérindiens ont donc commencé à intégrer ce métal dans leurs tenues vestimentaires. À partir de ce moment, on observe alors des bijoux mêlant métallurgie et pierres traditionnelles?en général ce sont des perles.

Certains Indiens convertis au christianisme par des missionnaires commencent à porter des rosaires. C’est comme ça que la croix fait son apparition très tôt dans la bijouterie amérindienne.

De ce fait, quelques businessmen s'intéressent peu à peu à ce phénomène. Ces opportunistes vont démocratiser le commerce de ces bijoux en jouant les intermédiaires entre les clients et les artisans. 

Dans les années 1880, les Amérindiens commencent à suffisamment maîtriser le travail du métal pour incruster des pierres dans leurs bijoux en argent. Quand on y réfléchit, cela paraît assez logique puisqu’ils travaillent la turquoise depuis toujours. 

bague harpo turquoise

Crédit : Harpo

Mais encore fallait-il trouver un moyen de faire tenir cette pierre sur les bijoux, et il a fallu perfectionner cette technique où une fine couronne de métal enserre la pierre et la met en valeur.

Plus on avance dans le temps, plus la couronne est fine et épouse parfaitement la pierre. Parmi le nombre de pierres présentes sur un bracelet, on trouve toutes les explications 

En ce qui concerne les croyances les experts ne sont pas d’accord. Une partie affirme que certains peuples ont des affinités avec les nombres impairs, d’autres disent que ce sont les nombres pairs qui sont favorisés, notamment le quatre et le six pour les quatre directions cardinales.

Les revendeurs de ces bijoux se sont vite aperçus des possibilités créatives avec de tels matériaux, et ils n’hésitèrent pas à aider les Amérindiens à trouver des outils pour mieux polir la pierre dans les petits points de vente autour des réserves indiennes. 

L’alliance de la turquoise et de l’argent est devenue une signature bien distincte des bijoux amérindiens. À titre personnel, je trouve que le gris de l’argent, surtout quand il est patiné, se mélange magnifiquement avec toutes ces nuances de bleu.

En fonction de la mine d'où est extraite la turquoise, il y a plusieurs nuances, qui vont du vert olive au bleu très intense. On considère que plus la turquoise à un bleu intense, plus elle est de qualité. Ceci n'est en aucun cas une vérité générale car certains aiment aussi les turquoises qui tirent plus vers le vert.

bracelet harpo turquoise vert

© Harpo

Crédit : Harpo

Les outils pour fabriquer ces bijoux étaient quand même très rudimentaires, et il est remarquable de voir ce que les artisans arrivaient à créer malgré ça. Surtout quand on pense que ces outils étaient fabriqués par les Indiens eux-mêmes.

Pour autant, ils voulaient être créatifs, et ils ont créé plusieurs techniques autour du moulage, comme le sand cast ou le tufa cast. Vous pouvez retrouver une vidéo d'explication ici afin de mieux comprendre ces deux techniques. 

Le sandcast, ou le moulage au sable en français, est un procédé qui a mis du temps à être maîtrisé par les artisans et pour cause. C’est une technique où il faut créer un moule dans du “sable”. Rapidement la pierre volcanique a remplacé le sable. On fait alors couler de l’argent dedans, et magie, nous avons un bracelet. 

Très vite le sable a été remplacé par le tufa, une roche volcanique beaucoup plus pratique à travailler. De plus, il donne une texture légèrement sablée que je trouve magnifique et ça permet de créer des formes bien plus variées qu’avec une simple feuille d’argent courbée en bracelet. Il a un côté plus sculptural et visuel avec cette technique.

bracelet harpo turquoise gris

© Harpo

Crédit : Harpo

Par la suite, la technique s’est sophistiquée, avec par exemple des motifs martelés sur l’argent. Aujourd'hui il y a peu d’artisans qui le font, car le moule s’use ou se casse avec le temps et c’est vraiment chronophage.

Lors de la première phase, que l'on appelle communément : "la phase une", les bracelets étaient larges, avec des motifs décoratifs dessus, les colliers avaient des grandes perles.

Bref, ce sont des designs qui vont poser les bases pour les générations à venir. C’est vraiment vers 1900 que la production de bijoux pour les non Amérindiens va augmenter et devenir un véritable marché. 

DE 1900 À 1930 : L'HEURE DE L'EXPANSION

Entre 1900 et 1930, il y avait deux courants :

  • Les bijoux destinés aux Amérindiens, fabriqués par les Amérindiens, avec des designs plus forts, qu’on appelait "traditionnels" 
  • Les bijoux plus génériques qui étaient destinés pour un marché plus touristique dirons-nous, qu’on appelait "classiques", car plus simples dans leurs lignes, plus légers, plus faciles à porter pour des non-collectionneurs
bracelet ketoh turquoise

Bracelets traditionnels destinés aux Amérindiens, communément appelé "Ketoh"

Notamment au niveau du poids, les bracelets à destination des Amérindiens étaient plus lourds et plus imposants que les bracelets pour les touristes, avec un vrai côté “parure”. Les motifs étaient plutôt rectilignes car avec les outils de l’époque il était plus simple de faire des lignes droites que des courbes, c'est une esthétique plutôt simple et “humble”. 

Puis, au fur et à mesure, les techniques vont s’affiner pour créer des motifs plus complexes, notamment pour l’incrustation de pierre, grâce à des machines pour les couper. Gardez à l'esprit que c’est une culture très sensible à des notions d’équilibre, d’harmonie, de formes naturelles avec un goût pour la symétrie. 

Mais pour autant, ils ont aussi eu des influences venant de l’extérieur comme les motifs carrés et répétitifs par exemple. Ils se sont grandement inspirés des chemins de fer et des bâtiments européens.

Pour le côté technique, les Indiens faisaient fondre les pièces en argent pour trouver le métal, et c’est vraiment à partir de 1880 que l’argent devient totalement prédominant sur tous les autres métaux. 

À partir de 1900, les motifs se complexifient avec des flèches, des animaux, de la répétition. C'est une période particulière, car c’est là où on a atteint l'essence du bijou amérindien, en termes d’artisanat et de goût. 

bracelet harpo fleche turquoise

© Harpo

Crédit : Harpo

Les outils s’améliorent, notamment pour couper les métaux, on commence à utiliser des chalumeaux, ce qui rend l’incrustation de pierres bien plus facile. Un outil très important qui apparaît, c’est le rolling mill, pour laminoir en français. Ça permet de donner plusieurs formes à une bande de métal et même d’y “imprimer” des motifs

Si vous êtes intéressé, vous pouvez en acheter une sur le site Amazon. 

La qualité de l’argent s’améliore et le rend plus facile à travailler. On observe alors une sophistication et une diversification des designs. Les Navajos sont plus géométriques et les Pueblos plus organiques, avec des animaux.

Ils vont utiliser beaucoup de turquoise pour décorer le bracelet, plutôt que l’argent. Les Amérindiens se mettent aussi à utiliser des câbles en argent et à la tourner pour faire des motifs, un héritage indiscutable de l’esthétique des colons espagnols. 

bracelets harpo turquoise

© Harpo

Crédit : Harpo

LES ANNÉES 30 : LES DÉBUTS DU DÉVELOPPEMENT COMMERCIAL

Après les années 30, le marché était en demande de créations plus personnalisées et signées par un artiste. 

Forcément, des imitations apparaissent et en réponse, plusieurs associations pour protéger les arts amérindiens se créent, comme l’Indian Arts and Craft Board. Un tampon officiel sur les bijoux est apparu afin de garantir son origine, qu’elle soit Navajo, Hopi ou Zuni. Malheureusement il n’a duré que jusqu’à la deuxième guerre mondiale 

En 1937, un jeune anthropologue, John Adair se lance dans un projet ambitieux : étudier les pièces amérindiennes des musées et interviewer les artisans en activité, il en fera même un livre qui sort en 1944, sobrement intitulé The Navajo and Pueblo Silversmiths.

navajo pueblo silversmiths john adair livre noir gris

C'est le premier livre qui va documenter de manière très sérieuse les bijoux amérindiens, qui est encore édité aujourd’hui. Mais vu que la demande grandit, les produits deviennent plus commerciaux : il faut donc les produire plus facilement et de manière plus industrielle.

Ils vont donc miser sur une pièce en particulier : le bracelet. En effet ce n'est pas particulièrement difficile à faire, c’est un accessoire tendance, facilement portable par les hommes et les femmes. En bref, le bracelet coche toutes les cases de l’accessoire parfait.

Cette industrialisation va amener des designs plus géométriques et avec plus de répétition dans les motifs. Certains artisans ont embrassé le mouvement, en acceptant de faire des designs plus centrés sur ce que les clients aimaient et voulaient pour booster les ventes. 

En revanche, pour d'autres la transition était plus difficile car il souhaitait préserver la quintessence du bijou amérindien. Même à l’époque le tourisme de masse faisait déjà des dégâts ! 

Cette situation va poser des graines pour que 30 ans plus tard, dans les années 60-70, des artisans plus célèbres que d’autres émergents, comme Charles Loloma, Abraham Begay ou Joe Quintana.

charles loloma hopi artist portrait multicolore

Charles Loloma, artiste Hopi

C'étaient des bijoux finalement mixtes, à une époque où les hommes n’avaient pas beaucoup de choix et surtout pas l’habitude de porter des bijoux. Les bracelets amérindiens étaient une très bonne alternative, avec une demande pour des designs de plus en plus forts.

Il existe même des bijoux qui servent de bracelets de montre pour toucher une clientèle masculine. 

LES ANNÉES 50 : L’ÂGE DE LA DIVERSIFICATION 

Les deux catégories qu’on a vues précédemment vont finalement se transformer afin de devenir trois catégories bien distinctes : 

  • Les bijoux vintage, qui ont plusieurs dizaines d’années, pour les collectionneurs, que l’on trouve chez certains antiquaires spécialisés 
  • La deuxième catégorie qui représente le gros du marché, appelé “craft work” avec de beaux bijoux bien fabriqués, avec des influences historiques mais aussi contemporain, dans l’air du temps 
  • Et enfin la création de bijoux de masse, très grand public, générique, un produit milieu de gamme et plus accessible en termes de prix, principalement pour les touristes, qui a malheureusement un peu terni l’image de la bijouterie amérindienne à cause de son côté fake et cheap 

collier carft work harpo violet turquoise

© Harpo

Collier "Craft Work", crédit : Harpo

Jusqu'à présent, les artisans vendaient leurs bijoux à des revendeurs “non amérindiens” qui eux-mêmes les revendaient aux clients finaux, en grande partie des touristes. Et sans grandes surprises, ces revendeurs américains étaient de très bons businessmen.

Petit à petit, ces revendeurs se sont mis à arbitrer l’esthétique de ces bijoux en se fiant sur les tendances du moment “ça va pas plaire aux clients / ça va être un carton donc développe ce design”. 

Ce traitement n'a pas plu à certains artisans qui se sont dit “ça serait quand même bien qu’on puisse vendre en direct nos bijoux à nos clients, on pourrait faire ce qu’on veut”.

Après réflexion, les Amérindiens ont ouvert des boutiques ou des galeries d’arts spécialisés dans l’artisanat amérindien. Ils souhaitaient se détacher des designs très commerciaux pour aller vers des choses encore plus créatives, vers un retour aux sources. 

1970 : DES BIJOUX TOUJOURS PLUS POPULAIRES

Dans les années 70, c’est vraiment là où le bijou amérindien devient vraiment, vraiment en vogue.

À tel point qu’en 1975, dans Arizona Highway, un magazine de voyage sur les US, un journaliste se plaint du prix des bijoux qui a triplé en seulement trois ans.

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Magazine authentique "Arizona Highway" 1975, crédit : Amazon

Ralph Lauren y a aussi beaucoup contribué, il adore cet imaginaire un peu fantasmé du cow-boy dans son ranch et il y mêle d'ailleurs souvent des bijoux amérindiens. L'américain a été impressionné par ces ornements qui ont traversé les générations, notamment grâce à une femme : Teal McKiben.

C'était une artiste qui avait ouvert une boutique à Sante Fe, qui s’est vite passionnée pour la bijouterie amérindienne et dont l’expertise était très réputée. Malheureusement elle nous a quittés en 2006 

Culturellement, les choses changent aussi, les Etats-Unis commencent à mieux embrasser et valoriser la diversité ethnique et la culture de son pays.

En 1962, une école d’art spécialisée dans les arts amérindiens ouvre même ses portes : institute of american indian arts. L'université existe toujours, le cursus se réalise sur 4 ans, il y a même un petit musée sur place.

ecole bijoux amerindiens grege terre de sienne

C’est aussi pour cette raison qu’en 1974 il y a Indian Arts and Crafts association qui se crée pour protéger les arts amérindiens. On sent vraiment une volonté d’être beaucoup plus inclusif envers les Amérindiens.

Les années 70, c’était aussi une période où le rôle des revendeurs commence à changer. Ils deviennent des véritables gérants de galeries dédiées à l’art indien. Auparavant ces endroits étaient plutôt considérés comme des boutiques très touristiques. Là, ils aident les artisans à trouver des matériaux de qualité par exemple.

Bref, ils repensent leur proposition de valeur pour ne plus être un simple intermédiaire, et se poser comme de véritables partenaires dans le succès des artisans.

Logiquement, cela favorise l’émergence de designs beaucoup plus audacieux, qui se détachent de l’héritage, quelque chose de plus contemporain. À cette époque l'or fait son apparition, pour des pièces encore plus luxueuses.

Le mouvement hippie a été également très attiré par cette culture amérindienne, centrée sur l’harmonie avec la nature, et cela a contribué à renforcer la mode autour de ces bijoux. 

hippie chic noir blanc

C’est aussi à ce moment-là qu’un japonais parcourt les Etats Unis et qu’il rencontre un artisan qui l’initie au travail de l’argent. Il était tellement respectueux des traditions locales qu’il fut admis chez les Lakota et qu’il participa à quelques cérémonies normalement non accessibles aux non natifs.

Il était surnommé Yellow Eagle, notamment grâce à la plume qu'il a mis au point en guise de pendentifs. Par la suite il ouvrit une boutique à Harajuku.

Oui, il s’agit du célèbre Goro, qui entraînera l’émergence de toute une génération de bijoutiers japonais avides de cette esthétique amérindienne : First Arrow, Larry Silversmit, WIng Rock, Albatory...

artiste japon goro noir blanc gris

Ce sont eux qui propulseront le bijou amérindien à un autre niveau encore, avec un énorme travail sur le ciselage. Mais c’est une autre histoire, et j’en parle dans mon épisode Parlons Vêtements sur les bijoux masculins.

Je pense que les Japonais ont largement contribué à introduire ce genre de bijoux dans des tenues très pointues, notamment avec des marques de streetwear tokyoïtes, et c’est comme ça qu'il y a une célébrité comme John Mayer qui porte du Goro avec Visvim et du Acronym.

1980 : L'ÉMERGENCE D'ARTISTES PLUS CONTEMPORAINS

C'est la continuité des années 70, c’est-à-dire que certains artistes sont de plus en plus connus, et que certains collectionneurs sont en recherche de pièces de plus en plus uniques, avec un design moins générique.

Des designs plus contemporains apparaissent, moins traditionnels, avec presque un travail de mosaïque, notamment grâce à la technique du chip inlay, où on va mettre de minuscules morceaux de turquoise dans de la résine pour créer des dessins.

chip inlay turquoise

Des artistes comme Cody Sanderson ou Chris Pruitt illustrent bien cette mouvance plus moderne et plus audacieuse, ce ne sont pas les seuls d'ailleurs.Certains disent que la bijouterie indienne n’a jamais été aussi belle que maintenant,où on arrive à une maturité technique, artistique et culturelle, où l’artisanat est littéralement devenu art.

ANNÉE 2000 : LE BOULEVERSEMENT D'INTERNET 

Internet est apparu, la connaissance s’est diffusée, les belles photos de bijoux aussi, et ça a donné encore plus un nouvel élan à la bijouterie mondiale. Plus précisément depuis le retour en force du workwear US et de tout l’imaginaire qui va autour.

Aujourd’hui, les artisans les plus connus cherchent à être contemporains, avec plus de liberté dans leurs créations, pour sortir du design très premier degré auquel ils ont été habitués toute leur vie.

Cela dit, la demande a vraiment augmenté, mais pas tellement l’offre, et aux Etats-Unis, le nombre de point de vente s’est restreint et les prix ont augmenté. 

Il existe encore de nombreux créateurs de bijoux contemporains, dans des boutiques spécialisées aux Etats Unis, comme Garlands ou Waddell. Cependant la qualité et les prix sont très haut de gamme. On monte facilement dans les 1000$ pour un bracelet, c’est plus réservé à de vrais passionnés, et pas vraiment à un débutant.

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