Fabrication d’une cravate – par Audrey Oltz de L’atelier à nouer

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Audrey Oltz est la créatrice de L’atelier à nouer. Comme son nom l’indique, c’est une jeune marque qui commercialise des cravates et noeuds papillons sur-mesure, entièrement faits-main dans un atelier à Lyon. Elle propose également des accessoires pour femmes : comme ça pas de jaloux 🙂

Vous n’êtes pas sans savoir que Lyon est la capitale historique de la soie. Une proximité qui permet à Audrey de choisir des matières nobles et de jolis motifs. Mais son choix ne s’arrête pas à la soie, Audrey sélectionne pour vous en jouant sur les matières et les textures pour créer des cravates (et noeuds papillons) originales. Je vous laisse maintenant aux mains de l’experte qui va vous présenter la confection de la cravate made in L’atelier à nouer. C’est un peu technique, mais je vous assure que c’est très compréhensible 😉

Les cravates sont faites-main dans un atelier grâce à un nécessaire de couture : un patron, une paire de ciseaux, une craie, une machine à coudre, différents tissus, un dé à coudre, des fils et des aiguilles.

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La sélection du tissu

Le choix du tissu est capital dans la confection d’une cravate. La qualité de sa trame rigidifie la cravate mais assure aussi sa souplesse.

L’immense majorité des cravates sont doublées avec un tissu épais que l’on appelle molleton de coton, ou triplure. Bien qu’invisible, ce composant est majeur dans la confection de la cravate. Son épaisseur et la façon dont il sera travaillé, détermineront le rendu visuel de la cravate ainsi que son aspect généreux par la création d’un léger galbe. Il existe des cravates très haut de gamme sans molleton qui sont construites avec un simple carré de soie plié 7 fois, mais les prix sont très élevés (Julien Scavini en parle très bien ici).

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Le molleton de coton qui va donner du corps à l’intérieur de la cravate.
Et non, on ne peut pas s’en servir comme oreiller !

La cravate fine, appelée Slim

Le patron (= le « plan » papier de la cravate qui sert à la confection) permet une découpe régulière du tissu extérieur et assure une largeur constante de 5 cm pour le grand pan (= la partie de la cravate visible sur votre buste quand elle est nouée). Le petit pan, celui qui permet le nouage de la cravate est plus étroit permettant ainsi une discrétion totale au niveau du col et de se glisser dans l’attache arrière tout en maintenant la cravate.

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Le patron en papier rigide, bien visible sur la photo.

La section carrée

Réservée il y a encore quelques années aux cravates à effet tricot, désormais « la section carrée » s’adapte à toutes les matières utilisées sur une cravate. Ainsi, on peut finir toutes les cravates avec une forme carrée et non pointue, ce qui donne une touche d’originalité sympathique. On adapte cette finition à l’ensemble des modèles tout en tenant compte des propriétés de souplesse et tenue des matières (cuir, tissu léger etc). En effet, une soie ne va pas réagir comme une laine ! La couture permettant le dessin d’une ligne horizontale à la fin de la cravate est réalisée à l’intérieur de manière à être la plus discrète possible.

Il existe deux méthodes de fabrication selon le tissu sélectionné (tricot ou coton, lainage) et du rendu souhaité.

La cravate tricot

La première reprend les procédés de fabrication de la cravate tricot, qui se finit toujours avec une section carrée.

A l’origine, elle est confectionnée à l’aide d’un tube de tricot puis cousue à ses extrémités pour lui donner la section carrée. Le principe ici développé est de reproduire ce tube textile avec une pièce de tissu rectangulaire, tel le pull (ci-dessous).

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On forme un tube de tissu à l’aide d’une machine à coudre (1), les deux extrémités de la cravate sont cousues de manière à fermer le tube (2), puis on retourne la cravate telle une chaussette par l’ouverture formée lors de la couture du tube (3). Note : les images numérotées se trouvent plus bas.

Une fois la cravate retournée, elle est refermée à la main par une simple couture avec exécution d’un point d’arrêt. Et vous êtes prêt pour faire un beau nœud !

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La machine à coudre pour former le tube de tissu (1)

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Les 2 extrémités sont cousues ensemble (2)

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On commence par retourner le tube de tissu sur lui-même…

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Et on retourne le tube de tissu formé comme une chaussette (3)

La cravate fait-main et sur-mesure

La deuxième technique fait davantage appel aux techniques de couture à la main et aux mêmes procédés que pour les traditionnelles cravates à pointe triangulaire.

Etape n°1 : Elle constitue sans aucun doute l’élément le plus important dans la confection de la cravate. Le traçage à l’aide d’une bonne vieille craie du profil de la cravate sur le tissu à partir de patrons en carton dessinés permet d’assurer une exactitude de découpe.

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Du tissu, du carton découpé, et une craie. Le reste n’est affaire que de savoir-faire !

Etape n°2 : A partir du tracé dessiné, la découpe du tissu peut s’avérer délicate en fonction de la qualité du matériau et de son épaisseur. Il s’agit donc de respecter scrupuleusement le dessin à la craie afin de respecter le profil du modèle crée. En effet, tous les tissus ne réagissent pas de la même manière au passage d’une lame de découpe : certaines se plissent, d’autres font de la résistance… La clé est de ne pas se précipiter !

Etape n°3 : Chacun des éléments ayant été dessinés puis coupés, il faut maintenant les assembler, l’un après l’autre : grand pan, tour de cou et pour finir petit pan.

Etape n°4 : Nous amorçons ici les finitions. La manière dont elles seront réalisées déterminera leur qualité et leur discrétion. Une bonne couture est une couture qui ne se voit pas ou au moins ne se remarque pas.

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Etape n°5 : Insertion de la triplure en coton qui va rigidifier la cravate tout en lui assurant son molleton. Il faut bien dimensionner cette pièce afin qu’elle ne génère ni tension, ni surépaisseur. Son dimensionnement est primordial puisqu’il structurera la cravate et lui donnera une vraie prestance !

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Etape n°6 : On démarre la couture de la cravate (utilisation d’un même fil pour toute la cravate)

Etape n°7 : On coud l’ourlet sur toute la longueur, sur la face qui est évidemment non visible et qui sera contre votre poitrine.

Etape n°9 : On finit la couture avec un point d’arrêt, qui est une technique assurant une finition optimale.

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La preuve en image que tout est fait de manière artisanale

Etape n°10 : Et enfin, on finit avec la couture de la bride/attache intérieure.

Benoît : À présent vous savez comment est fabriquée une belle cravate. Pour aller plus loin sur le port de la cravate, c’est ici. Sachez que les cravates d’Audrey sont disponibles sur son site aux alentours de 50-60 euros avec de multiples possibilités de personnalisation, ce qui plairait aux plus pointus d’entre vous. Au regard de la qualité de confection et de cette possibilité de personnalisation, c’est un très bon rapport qualité/prix.

A propos Benoît Wojtenka

J’ai fondé BonneGueule.fr en 2007. Depuis, j’aide les hommes à construire leur style. Mes préférences couvrent un large éventail de marques et de budgets. Quant à mon travail, il porte essentiellement sur la perception de la mode par les hommes. Et bien évidemment, je suis un inconditionnel du Ricard.

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