Test : les derby Menlook Label

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Vous connaissez sans doute Menlook, l'e-shop sur lequel on trouve un nombre important de marques pour homme. Aujourd'hui, nous avons choisi de vous en dire plus sur leur marque en propre. Depuis 2011, Menlook Label créé des vêtements contemporains autours des pièces incontournables du vestiaire masculin. Leur gamme printemps/été est assez complète pour vous habiller de la tête au pied au quotidien :

  • Outwear : caleçons, chaussettes 
  • Accessoires : foulards, cravates & noeuds papillon, ceintures
  • Prêt-à-porter : chemises, tee-shirt, polos, sweat, cardigan, pull
  • Chaussures : derby, desert boot

Et bonne nouvelle, c'est Florent de SoDandy qui est aux commandes en tant que styliste.

Le tout décliné en plusieurs couleurs. Tout n'est pas à prendre (il y a quelques matières synthétiques) mais on y trouve globalement de bons basiques à intégrer dans votre garde-robe. Et les prix sont abordables. Mais, il existe aussi des pièces plus fortes comme cette collaboration avec SixPack autour d'imprimés reptile.

MenLook x SixPack

Mais, aujourd'hui, je vais m'attarder sur une paire de derby bicolores (bleu marine et noire).

La différence entre la derby et la richelieu

Avant d'aller plus loin, je tenais à souligner la différente entre une paire de derby et une paire de richelieu. Peut être que vous la connaissez déjà mais il y a trop de confusions encore. Appelons un chat, un chat 🙂

La richelieu

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Une belle paire de richelieu - 7ème Largeur

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De belles derby cette fois-ci - Florian Denicourt

Ce qui différencie une paire de richelieu d'une paire de derby est assez simple : c'est au niveau du laçage que ça se passe. Premièrement, le nombre d'oeillets est plus important sur le richelieu : 6 contre 4 pour les derby. Mais il peut y avoir des exceptions.

Là où c'est plus subtile, c'est au niveau de l'assemblage. Pour les richelieu, le laçage est fermé : les quartiers et la languette sont intégralement cousus sur la claque. Autrement dit, les quartiers, de part et d'autres de la languette, sont solidaires entre eux.

A contrario des derby où le laçage est ouvert : la languette peut se soulever. Pour mieux, comprendre où se situent ces différentes parties de la chaussure, je vous invite à regarder le schéma ci-dessous.

eclate_chaussure C'est au haut du schéma que ça se passe 😉

Pour les puristes, les richelieu font généralement plus habillé que les derby. Personnellement, je trouve que ça dépend du design global du soulier. Mais je m'accorde à dire que les richelieu sont plus formelles et allongent plus la silhouette grâce au nombre d'oeillets.

Le processus créatif : toutes les réflexions menant au produit final

Nous avons pu discuter avec Florent sur son travail de styliste. Faire un produit ne s'improvise pas : il y a des étapes à respecter.

L'inspiration : faire émerger une idée

inspirations

Tous les processus créatifs partent d'inspirations, un concept qui formera une ligne directrice que le créateur conservera pour développer sa collection : le tout adapté au positionnement et à l'identité de la marque.

Ces inspirations peuvent venir d'un peu partout et pas seulement de la mode : l'art, l'architecture, le design, les voyages etc... Bref, c'est assez vaste. Comme le dit Paul Smith, "l'inspiration est partout, mais surtout d'ailleurs".

Coucher l'idée sur le papier : le stylisme

Après cette étape de réflexion créative, le créateur (ou la direction artistique) commence à dessiner les premières ébauches de silhouettes, de vêtements et accessoires. C'est ce qu'on appelle le stylisme. Bien souvent, cette étape se fait de façon instinctive : n'est pas créateur qui veut, cela demande des compétences bien particulières. Le styliste décide des matières employées, des couleurs, et de la coupe des vêtements. C'est à dire tout le design du produit.

Ces premières esquisses sont ensuite retravaillées, améliorées pour répondre au cahier des charges établi par la marque. Dans le prêt-à-porter, le créateur n'est pas le seul décideur, les pièces doivent répondre à des contraintes de faisabilité. Ce sont majoritairement les coûts de développement qui confirment ou infirment le design d'un produit. Dans ces coûts, on retrouve majoritairement les achats de matières premières (tissus, cuirs, boutons, fermetures etc), les frais liés à la production et les frais liés à la distribution.

Globalement, l'exigence apportée à la qualité des matières premières et de l'expertise des unités de production influent le prix final du produit. Bien sûr, il y a aussi la marge visée par la marque et le distributeur : mais c'est un autre débat !

Le développement du produit : la concrétisation du stylisme

Une fois que le style des produits et de la collection est acté, place au choix des matières premières : tissus, cuir, boutons, lacets (dans le cas des chaussures) et j'en passe.

nuancier
Les échéanciers de tissus sont fournis par les fournisseurs :
ils permettent à la marque 
et au créateur de
sélectionner le tissu en fonction du stylisme et du budget.

choix boutons - tissus

Idem pour les boutons.

test matieres

Et oui on parle aussi chiffon : on touche les matières 😉

Une fois que les matières sont choisies, un cahier des charges est établi dans lequel on trouve les dessins techniques. Ces dessins techniques sont directement transmis à l'usine de production. Grosso modo, ce sont des instructions pour le patronage et l'assemblage (fabrication). Pour en savoir plus à ce sujet, c'est par ici.

Un prototype sort alors des ateliers, et est envoyé à la marque.

controle proto1

Florent essaye la maille pour voir si elle est conforme au cahier des charges établi.

controle proto 2

Il faut contrôler la pièce en détails. On mesure, on regarde, la coupe, les finitions :
bref on passe au crible tous les protopypes.

controle-mesure proto3

Et c'est exactement la même chose avec les chaussures.

L'objectif est de valider ou invalider les prototypes pour ensuite lancer la production. Le cas échéant, des réajustements sont fait jusqu'à ce qu'on obtienne l'adéquation parfaite entre la coupe, l'assemblage, les finitions et le coût de production (ou alors on change de fournisseur). L'enjeu, c'est de ne pas faire trop d'allers-retours avec l'usine, tout en gardant une exigence de qualité.

Vous comprenez pourquoi maintenant, les marques travaillent toujours en décalage pour préparer la collection de la saison suivante ?Le développement d'une collection prend souvent une bonne année (du stylisme à la distribution en magasin).

Test : les derby bicolore Menlook Label

La piqûre de rappel, concernant la différence entre derby et richelieu, était nécessaire pour aborder sereinement ce test.

packshot

La photo en témoigne, ce sont pas des derby au sens classique du terme. La tige est en suède bleu marine puis l'empeigne (devant de la chaussure) et le contrefort (l'arrière de la chaussure) sont en cuir vernis noir. Quant à la semelle, celle-ci est en gomme blanche légère et solide.

Des derby confortables et facilement intégrables à vos tenues

Je les porte depuis plusieurs semaines maintenant et je peux vous dire qu'elles sont vraiment confortables. La semelle cousue en gomme allège le poids total : je ne les sens pratiquement pas quand je les porte. Et le fait que cette semelle blanche soit en gomme, amortit considérablement les chocs. Enfin, le cuir suédé de la tige est fin, ce qui est vraiment agréable à l'usage.

Côté style, elles sont faciles à assembler dans vos tenues :

La tenue "no prise de tête"

look pied 3:4

Les derby apportent un vrai plus dans une tenue décontractée.
Elles finissent une tenue car la semelle casse le côté formel de la derby

focus shoes

focus shoes 2

Le fait que les derby ne soient pas trop pointues est un avantage :
vous pouvez les intégrer dans une tenue décontractée.

Vous pouvez aussi les porter pieds nus, l'intérieur est 100% cuir. C'est testé et approuvé ! Elles sont tout aussi confortables.

Derbymenlook-pieds nus

Encore une fois en été, ne vous prenez pas la tête : un chino,
une chemise bien coupée et les derby. Et c'est tout !

La tenue habillée mais pas trop

La risque lorsqu'on veut être élégant, c'est de porter des vêtements trop formels. Si vous êtes banquier, avocat (et j'en passe), le costume / cravate est de rigueur, c'est inévitable. Sinon, de multiples solutions s'offrent à vous : mixer les pièces dites "formelles" avec des pièces plus "décontractées".

Et les derby Menlook réunissent un peu ces deux styles.

look blazer

Une tenue accessible : un blazer, une chemise (éventuellement une cravate),
un jean ou un chino et des derby.

Pour les couleurs, c'est à vous de voir selon ce que vous avez dans votre garde robe. Si vous avez des doutes sur l'assemblage des couleurs, je vous invite à relire l'article sur les rappels de couleurs.

Vous voyez, vous pouvez facilement associer ces derby avec des styles différents et surtout en accord avec le vôtre.

Gardez en tête une chose pour mixer pièces formelles et pièces décontractées : l'harmonie. D'autres souliers formels seraient inadaptés : il y aurait un décalage trop important de style entre les chaussures et le reste de la tenue. Dans un look, les chaussures ont pour rôle de finir votre tenue et non de la desservir (donner la touche finale en quelque sorte).

C'est primordial de le prendre en compte. Vous aurez beau avoir les plus beaux vêtements (un bon look), si vous négligez les chaussures (souliers ou sneakers), vous n'exploiterez pas pleinement votre style. C'est franchement dommage !

Des derby d'un bon rapport qualité/prix

Petit tour du propriétaire

Ces derby sont fabriquées au Portugal, un des pays référents dans la fabrication de chaussures. Un gage de qualité dans l'assemblage.

couture tige:quartier

Le cuir est bien régulier, les coutures sont propres et le cuir commence doucement
à patiner au niveau des plis d'usure : RAS

trépointe

La couture "petits points" de la trépointe est régulière,
le cuir verni est également de bonne qualité. 
On s'y voit presque comme dans un miroir (pratique pour se recoiffer).

Notez que l'on trouve des matières en polyester qui imitent de mieux en mieux le cuir verni mais elles font généralement plus cheap. Vos pieds ne respirent pas, la pellicule de verni déposée en surface se dégrade avec le temps : un conseil, évitez-les. Pour les distinguer, pas de secret, il faut faire appel à ses sens. Le simili cuir verni (en polyester) a un effet plus cartonné et plus lisse au toucher tandis que le cuir verni a des aspérités au toucher (dans une très petite proportion). C'est un peu comme la différence entre une cravate en soie et une cravate en polyester. Enfin, l'odeur vous donnera une autre indication sur la nature du verni.

A 99 euros la paire, je trouve que ces derby ont un prix vraiment intéressant au regard de la qualité.

Focus sur la nature de l'assemblage de la semelle

Globalement, le cousu Goodyear est plus répendu chez les chausseurs (montage inventé par Charles Goodyear Jr à la fin du XIXe sicèle). Il existe le cousu Blake et le cousu Norvégien qu'utilise notamment Heshung. Ces 3 techniques d'assemblage ont leurs particularités. Les derbys Men Look utilisent justement le premier procédé. Concrètement comment ça se passe ?

GoodYear

Certains éventrent la chaussure pour vous montrer sa configuration,
j'ai choisi une méthode moins barbare : un bon vieux schéma !

Tout d'abord, qu'est-ce qu'une trépointe ? C'est une bande de cuir souple de quelques millimètres d'épaisseur, située au-dessus de la semelle, autour de la chaussure. Elle fait la liaison entre la première, la tige et la semelle. Vous l'avez compris, la couture "petits points" dont je vous parlais précédemment ont leur importance.

La particularité du montage Goodyear provient de la "couture trépointe" qui lie la trépointe au reste de la chaussure. Avec la couture "petits points", c'est ce qui atteste de la fiabilité et de la solidité de ce montage.

Le verdict ?

Je les ai volontairement portées de façon intensive (plusieurs jours de suite par semaine) afin de vous donner un meilleur ressenti. Et je peux vous dire, qu'elles ont répondu à l'appel. Ces derby Menlook ont été confortables dès mes premières minutes d'utilisation. Côté qualité, le cuir commence naturellement à travailler (n'oubliez pas que le cuir est une matière vivante, qui évolue dans le temps).

Et il ne faut pas oublier son prix : 99 euros. On est sur des chaussures d'entrée de gamme de qualité, ce qui est assez rare aujourd'hui. A ce prix là, je ne suis pas sûr que vous trouvez beaucoup de marques avec des souliers cousus et totalement en cuir (intérieur et extérieur).

Je suis donc vraiment satisfait de ces souliers, que j'ai définitivement (et facilement) adoptés pour composer mon style. J'apprécie ces parties en cuir verni qui apportent un vrai plus ! Et elles sont aussi appréciées par mon entourage.

Si elles vous intéressent, vous pouvez les trouver sur le site de MenLook.

Désormais, il ne vous reste plus qu'à savoir comment les entretenir, notamment par rapport à l'entretien du cuir verni.

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