Test : le sweatpant « Bâton-Rouge » de Duke & Dude + interview des créateurs

Temps de lecture : 10 minutes

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On a déjà pu vous parler dans les détails de Duke & Dude, cette jeune marque française spécialisée dans les pantalons confortables ET stylés.

Depuis, ils ont encore amélioré leurs produits, et développé leur gamme : l’occasion pour nous de refaire un test, mais aussi de vous donner quelques idées de tenues incorporant leurs sweatpants, en plus de rencontrer les créateurs de la marque.

Vous allez voir, ce n’est pas forcément très compliqué à porter.

Interview de Thibault et Bertrand, les créateurs de Duke & Dude

Nous avons eu la chance de rencontrer les deux créateurs de la marque, et de leur poser toutes nos questions. Dans cette vidéo, vous allez donc découvrir :

  • Quel est le parcours de Bertrand et Thibault ?
  • Comment l'idée du sweatpant leur est venue ?
  • Quelles sont leurs influences ?
  • Quelle est leur démarche stylistique, et les contraintes qu'ils rencontrent à ce niveau ?
  • De quelle manière souhaitent-ils étendre la gamme Duke & Dude ?
  • Quelles sont leurs recommandations sur comment porter leurs pièces ?

Transcription de l'interview de Thibault et Bertrand

Bertrand : Bertrand et Thibault à ma gauche. Donc, nous, on est passionné depuis fort longtemps par tout ce qui est produit noble, matière textile notamment. On a fait une école universitaire, on a fait un master en stratégie. Pour être bref, aujourd'hui, Thibault dans l’entreprise s’occupe de tout ce qui est stratégie marketing et communication. Et moi, de tout ce qui est développement de produits, suivi des intermédiaires, gestion financière.

Pouvez-vous nous présenter « Duke & Dude » ?

Bertrand : C’est une base qui est spécialisée dans le pantalon de survêtement. On a essayé de le développer de façon originale en reprenant les codes de confort qu’on peut retrouver de façon générale sur les pantalons de survêtement, en y ajoutant une touche supplémentaire au niveau des finitions, de la qualité des matières. On essaie d’utiliser le plus possible des matières relativement nobles et relativement de qualité, on va dire. On utilise principalement de la laine en hiver, du coton en été, certains jersey. L’été dernier, on a utilisé du jersey de lin ou des matières en cachemire comme c’est le cas cet hiver, qu’on a proposé. C’est la première fois qu’on le fait d’ailleurs. Ensuite, on essaie de jouer sur des éléments esthétiques comme des martingales, pour les éléments qualitatifs, des finitions de tailleur aussi à l’intérieur des poches. Et en fonction des nouvelles, on joue avec des boutons ou avec des élastiques au niveau de la taille, on essaie de mettre des passants de ceinture pour pouvoir laisser la possibilité aux porteurs du pantalon de mettre une ceinture s’ils le souhaitent, d’agrémenter un peu sa tenue avec des accessoires.

Comment associez-vous confort et élégance ?

Bertrand : Ça se joue à des détails. Par exemple dans tous nos produits, notamment cet hiver, on a des doublures à l’intérieur. Des doublures en tenue de soie, c’est 100% soie donc c’est une matière relativement qualitative. Ensuite, par le travail de la coupe en elle-même. La coupe est travaillée pour être très ajustée, mais pour aussi garder les éléments de confort. C’est là que le styliste prend tout son sens et c’est là qu’il doit être bon. C’est que nous, avec les contraintes esthétiques qu’on a, il faut qu’il arrive à retrouver les éléments de confort qu’on peut retrouver sur les pantalons de survêtement.

Ce n’est pas un survêtement ni un pantalon de costume, qu’est-ce que c’est ?

Bertrand : Effectivement, c’est un produit qui est relativement hybride. Mais c’était une volonté de notre part dès le début, en fait, de le transformer en produit hybride. On voulait un produit confortable, un pantalon de survêtement confortable. Mais après, on voulait que les gens puissent se permettre de le porter dans les situations par exemple professionnelles ou le soir pour sortir, le week-end pour se balader. Vraiment, c’est un produit qui est fait pour porter à l’extérieur mais non pas à l’intérieur, même si effectivement les aspects de confort permettent aux gens de les porter à l’intérieur de façon assez décontractée.

Thibault : En tout cas, le pantalon survêtement aujourd'hui ne peut pas vraiment se définir comme avec des termes génériques. Mais en tout cas, vraiment il y a les deux aspects, les deux mots-clés qu’on peut retrouver, c’est l’élégance et le confort. Nous, c’est vraiment notre ADN de marque.

D’où vient cette idée de pantalon ?

Bertrand : A la base, on avait un projet qui était dans la demi-mesure traditionnelle. Ce projet a rapidement été avorté pour différentes raisons. Par contre, on voulait s’inspirer de nombreuses réflexions qu’on avait menées pour ce projet-là dans le nouveau projet qui est de faire un projet de pantalon de survêtement. Alors pour l’histoire, le pantalon de survêtement a très vite été couché sur papier, j’ai envie de dire. On avait fait un listing de différents produits qui étaient traités de façon un peu particulière. Les autres produits, il y avait les opportunités de marché, des choses comme ça. Le pantalon de survêtement était un produit qui a été traité soit de façon très créateur, soit de façon très sportwear. Donc l’opportunité de marché s’offre à nous, et on s’est dit ben pourquoi pas retrouver le pantalon de survêtement retravaillé de façon un petit peu originale.

Comment porter ce pantalon au quotidien ?

Bertrand : L’avantage des pantalons de survêtement qu’on a, c’est qu’on peut les assembler avec beaucoup de tenues différentes, beaucoup de vêtements différents. Si on veut avoir une tenue assez élégante pour une journée, porter une cravate, etc. comme les matières sont relativement nobles et les couleurs sont plutôt agréables à regarder, il est facile d’assembler les différents pantalons de survêtement qu’on propose. Moi aujourd'hui, je porte le pantalon de cachemire avec des boots, donc des chaussures montantes, une veste de costume et une chemise bleu ciel.

Avez-vous des retours de clients sur ces pantalons ?

Thibault : Des clients, on a vraiment de tout. Et autant, on va voir la personne très, très street, toujours avec des sneakers montantes, les pantalons retroussés, etc. qui ont vraiment un style comme ça. Et puis après, on a certains produits par exemple qui sont en tissu de costume. Et ce genre de pantalon, on a des clients comme les avocats qui vont venir nous acheter ce type de pantalon. Et même ce genre de pantalon, ils osent le porter au travail.

Quelles sont les autres pièces de la marque ?

Bertrand : On a sorti des chemises et des vestes, des vestes croisées. Donc là, toujours pareil. Pour les pantalons, on a essayé de détourner un petit peu, de prendre le contre prix au final de ce que faisait le marché, on va dire la globalité du marché. Par exemple, ça se fonde sur les cols de chemise. On utilise les cols clubs. On a une broderie aussi qui est faite à la main, qui se retrouve en bas de la chemise. On essaie de jouer sur des légers contrastes de couleur sur la chemise. Ensuite, on a effectivement travaillé à développer une veste. Une veste qui est de matière entre un col officier en cuir. C’est une veste qui est croisée à deux boutons, avec la particularité de présenter du Teflon à l’intérieur, donc, ce qui veut dire que la veste peut être retournée, c’est une veste réversible.

Quelles sont vos influences ?

Bertrand : Déjà, on a un styliste qui est influencé par des choses qui lui appartiennent. Il a une patte qu’il essaie de retranscrire au mieux et de façon la plus précise possible sur les produits qu’il développe.

Thibault : Comme on le disait, le premier projet c’était sur la demi-mesure traditionnelle. Donc ça, c’est par exemple une influence qui est concrète dans ce qu’on fait aujourd'hui, c'est-à-dire qu’on essaie de reprendre des éléments par nos tailleurs pour les retrouver sur les pantalons, pour les retrouver sur les chemises, pour les retrouver sur les vestes, etc. Et puis après, à côté de ça, nous, voilà, c’est les influences du quotidien, ce qu’on voit à la télé, ce qu’on voit dans la rue, ce qu’on voit au cinéma, ce qu’on voit dans les autres pays quand on lit des blogs, quand on regarde. Quand on interviewe même des personnes etc., effectivement ça reste aujourd'hui tout ce qui est… Le travail d’interview, c’est vraiment un plaisir personnel mais indirectement ou inconsciemment même, vous pouvez être influencés par ce genre de choses.

Est-il difficile de collaborer avec le styliste ?

Bertrand : Alors ça, ça peut effectivement être compliqué. Après, que ça soit avec un styliste ou avec une autre personne qui fait un métier différent du nôtre, on a tous des façons de penser et des comportements qui sont différents. Donc à partir de là, il faut avoir une certaine adaptabilité par rapport à la personne qu’on dirige, qu’on manage, etc., par rapport aux principes qu’on donne. Donc effectivement, ça peut être parfois compliqué mais il suffit juste de prendre un petit peu de recul par rapport à des situations parfois problématiques qui se présentent à nous et d’essayer de les solutionner de la meilleure des façons, c'est-à-dire en prenant en considération le profil psychologique ou le type de comportement de l’intermédiaire avec qui on travaille.

Le styliste est-il limité dans sa créativité ?

Bertrand : C’est là que la plus grosse des problématiques en tout cas pour le développement des produits arrive. C’est que à un moment donné, on a un styliste qui est très créateur en plus donc, Rabi Ramanoj, qui est notre styliste. Donc, Rabi est quelqu’un de très créatif. Il recherche en permanence de nouvelles choses, de nouvelles façons de développer les produits qui existent déjà, de les améliorer. Par contre, à côté de ça, il y a des contraintes d’entreprise qui sont principalement des contraintes financières. Et effectivement, il faut trouver le juste milieu, ajuster le curseur au bon endroit pour pouvoir laisser suffisamment de liberté au styliste de façon à ce qu’il puisse exprimer vraiment son talent – donc nous, on a un style de talent donc ça tombe bien – qu’il puisse vraiment s’exprimer et en même temps, pour que nous, on puisse retrouver en tout cas les grandes lignes de développement qu’on lui avait fixées en amont.

Et qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter à part de sponsoriser bientôt le stade toulousain ?

Bertrand : De continuer comme ça et surtout de continuer à apporter un petit peu le propos au marché du textile de façon générale. C’est en tout cas ce qu’on essaie de faire avec nos moyens qui sont des moyens modestes, mais essayer justement de continuer notre route dans cette direction-là. Ne pas perdre le fil en cours, en gros. Et voilà. De continuer dans la même dynamique avec la même passion surtout.

Test du sweatpant de luxe Bâton-Rouge

Pour ce test, j’ai choisi le modèle Bâton-Rouge qui est mon préféré, car sa couleur est simple, il est hyper agréable en hiver avec son molleton de laine, et surtout, il reste bien fitté (les sweatpants trop larges sont rapidement une catastrophe dans une tenue).

sweatpant duke and dude

On a bien quelque chose de confortable ET de fitté, merci à la souplesse du molleton. Remarquez aussi que cela colle très bien avec des combat boots.

La qualité du produit a encore nettement augmenté, d’autant qu’elle était déjà très bonne. C’est surtout au niveau des finitions que cela se ressent.

Tout d’abord, les passants sont toujours aussi bien réalisés, mais la jonction entre le jersey de laine et la ceinture élastique est beaucoup mieux finie : il y a moins de petits plis, le contact entre ces deux matières très opposées semble beaucoup plus naturel et « intégré ».

passants jogging ceinture

La bande élastique permet un grand confort.

On retrouve le cordon de serrage, caché derrière un petit patch fait dans un joli cuir. Tout va bien de ce côté-là.

cordon jogging

Perso, je ne m’en sers pas trop, car la bande élastique fonctionne très bien. Mais c’est à vous de voir !

Sur ce modèle, on a aussi une patte de serrage à l’arrière du pantalon. Pour moi, c’est surtout un détail esthétique (quoi qu’elle soit tout à fait fonctionnelle), mais le résultat n’en est pas moins joli.

boucle de serrage sweatpant

La fameuse patte de serrage, et les boutons recouverts du même jersey de laine que le corps du pantalon. Il y une très grosse attention apportée aux détails.

Par contre, LE détail que j’adore, c’est le double cordon élastique au niveau de la cheville. Cela garde le sweatpant bien fitté, et permet de le maintenir en place au-dessus de chaussures montantes, comme celles que je porte. Il permet également de bien plaquer le pantalon quand il fait froid, pour insulariser le corps par rapport à l’air frais.

jogging fitté

Le cordon hyper efficace.

poche sweatpant

Notez aussi les poches en molleton, qui gardent les mains bien plus efficacement au chaud que des sacs en coton.

Dernier détail, mais quel détail : la culotte en soie (toi aussi, retrouve les sensations de Hugh Hefner). Tout le haut du pantalon, des genoux jusqu’à la ceinture, est doublé d’une culotte en soie sauvage. C’est confortable, et cela tient surtout chaud, tout en restant thermo-régulant.

Je tiens à dire que ce pantalon tient vraiment toutes ses promesses de confort et de qualité. C’est plus cher qu’un jean, matières obligent, à finitions équivalentes. Mais on a vraiment un produit supérieur, et finalement un excellent rapport qualité / prix.

Mais qu’en est-il du style de ce pantalon ?

Quelques idées de tenues avec un sweatpant

J’ai choisi de porter ce sweatpant avec des combat boots, car les deux se combinent bien : la cheville bien dégagée de la combat boot permet vraiment de définir la silhouette. C’est important quand on prend le parti de porter des vêtements qui donnent un peu de volume.

tenue homme sweatpant

Manteau Melinda Gloss, chemise Bold Boys, pull La Comédie Humaine, sweatpant Duke & Dude, et rangers Heschung.

C’est intéressant de voir à quel point de bons basiques peuvent être détournés de manière aussi simple. Bien que le seul élément vraiment casual soit le sweatpant, on a tout de même une tenue très proche du streetwear.

manteau melinda gloss

Un manteau et des rangers Heschung qui ont bientôt 4 ans et n’ont pas bougé. D’où l’importance d’investir un minimum dans certaines pièces.

tenue bold boys

Avec cette simple chemise de chez Bold Boys, cela passe aussi.

Mon avis sur ce sweatpant de luxe

Franchement, je ne pensais pas que je m’en servirais autant. Mais dès l'arrivée de l'hiver, je ne peux plus m’en passer.

Que ce soit pour traîner chez moi le week-end, puis sortir déjeuner avec des amis dans un bistrot, ou pour passer un week-end à la montagne, je ne quitte plus ce pantalon (et sa culotte en soie, au fait, je vous ai dis qu'il y avait une culotte en soie ?).

C’est typiquement le genre de pièce dont vous ne réalisez la pleine utilité qu'après l’avoir essayée.

Je vous l'accorde, ce n’est pas un basique indispensable dans une garde-robe. Mais pour quelqu’un qui a déjà quelques beaux jeans, un bon chino, voire un pantalon en laine habillé, un sweatpant comme celui-ci s’impose à l’usage : c’est un vrai plus.

pull la comedie humaine

Un vêtement confortable auquel on s’attache beaucoup.

Le point sur Duke & Dude aujourd’hui

Après s’être pas mal diversifiés, les deux gars de Duke & Dude cherchent à développer leur marque et sont en ce moment-même à la recherche de financements.

En attendant, ils mettent les nouvelles collections en stand-by afin de repartir sur de bonnes bases le moment venu.

C’est très louable de prendre ce choix courageux, tout cela pour maintenir la même qualité, quitte à freiner le développement. Sachez tout de même que leurs anciennes pièces sont toujours disponibles, tout est sur leur eshop.

Et n’hésitez pas à faire un tour sur leur très beau blog, que je prends personnellement toujours plaisir à lire.

Geoffrey Bruyère Geoffrey Bruyère

Je suis un des deux fondateurs de BonneGueule. Je crois aux contenus de qualité, au digital qui n'oublie pas l'humain, et aux marques positives ✊ Et c'est moi qui trouve les surnoms dans l'équipe !

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