Sélection de rentrée l’Exception – avec des styles plus formels

Temps de lecture : 9 minutes

Fin des vacances et retour au bureau, ou sur les bancs de l'école : c'est l'occasion parfaite pour vous pondre un article avec des styles formels et business un peu plus sérieux que d'habitude (pas de chemise avec des gens qui copulent cette fois, ça peut faire désordre).

L'Exception nous a comme d'habitude mis à disposition son équipement de shooting et surtout les nouvelles collections Automne/Hiver à partir desquelles on vous a élaboré quelques tenues (et sans lien d'affiliation, vous l'aurez compris !).

Elles sont composées en vue d'un usage professionnel et plus généralement urbain, dans un environnement où l'on vous demande de faire attention à votre apparence, mais sans qu'il y ait pour autant un formalisme réglementé et des codes stricts, comme en banque ou en audit.

Le but de cet article est double : vous donner un raisonnement à appliquer dès maintenant, avec des pièces de votre garde-robe, pour bâtir des tenues avec des superpositions, mais aussi vous faire découvrir des pièces et des nouveaux créateurs qui sortent du lot.

Je me suis un peu amusé aussi à faire varier les silhouettes, pour vous montrer précisément l'influence qu'ont les couleurs, les contrastes et les matières.

Disclaimer donc pour les puristes du fit : certaines tenues sont volontairement moins réussies, pour vous montrer en quoi certaines combinaisons peuvent être préjudiciables sur votre allure.

Tenue 1 : Less is more

Chemise blanche, pantalon en laine bleu marine et bottines noires :
je n'ai pas réinventé la roue à travers cette tenue.

Au premier abord simple et sans fautes de goût : elle se distingue par ses pièces.

La chemise Homecore m'a agréablement surprise : je croyais que la marque taillait un peu grand et ce n'est au final pas vraiment le cas. La matière est douce et légère et sa particularité réside dans la couture rouge verticale dans le dos, censée suivre la ligne de la colonne vertébrale. La marque a en effet l'habitude de souligner l'anatomie du corps humain à travers des jeux de coutures sur ses pièces.

Le pantalon Commune de Paris est slim, légèrement carrot et ultra confortable. Attention par contre, c'est au final du coton : il fera bien l'affaire jusqu'à novembre décembre mais risque de ne pas vous tenir si chaud aux alentours des 0 degrés.

Pour briser la première impression un peu trop conventionnelle de la tenue, j'ai choisi une ceinture rouge dépareillée qui s'accorde avec la couture de la chemise et la broderie du pantalon.

Le deuxième dose de couleur vient avec les bottines Chelsea Pete Sorensen et leur empiècement bleu électrique.C'est une pièce iconique de cette marque, faite main en Italie avec un montage Blake.

A l'opposé du montage Goodyear, le montage Blake est soit caractéristique des chaussures bas-de-gamme soit du haut du panier comme Berluti (et le bon moyen-de-gamme est souvent en Goodyear).

Vous n'en trouverez pas de bons à moins de 150-200 euros.

Tenue 2 : Formel oldschool à la Boardwalk Empire

L'assemblage est similaire sur cette deuxième photo :
tout se joue dans les détails avec une touche de dépareillé léger
histoire de détendre un peu la tenue.

J'ai choisi ici une chemise financier Commune de Paris (avec col et poignets blancs contrastants) en beaucoup plus casual : elle n'est pas unie mais à petits carreaux roses et j'ai particulièrement apprécié le bouton en coton pressurisé du col qui apporte justement la touche 19è siècle typique de la marque.

Le pantalon Gaspard Yurkevich est dans des tons plus foncés et dans une laine assez épaisse. Sa particularité ? Il est vraiment très court et s'arrête à 10 cm au-dessus des chevilles : il est parfait pour porter des bottines, ou si vous avez un style plus affirmé et dandy pour exhiber de belles chaussettes colorées (il existe aussi en gris, et le contraste peut être assez réussi avec des chaussettes rouges type Gamarelli, si vous êtes un énorme tradi).

Je termine enfin sur des bottillons Gershwin Pete Sorensen à embouts fleuris, montage Blake et une patine anglaise qui lui donne une superbe prise de lumière: cette esthétique très oldschool se mariait bien avec la chemise Commune de Paris. Une tenue qu'aurait pu porter Nucky Thompson dans Boardwalk Empire.

Je suis parti de cette tenue pour une première superposition, plutôt simple.

Tenue 3 : Une base de caractère, avec des ajouts faciles

Des couches simples à porter ont été rajoutées : un cardigan bleu marine Commune de Paris, avec un motif légèrement rayé et un liseré bleu un peu plus foncé et une veste tweed Saint-Paul.

J'ai été agréablement surpris par cette veste : elle est vraiment bien structurée ce qui rend sa coupe et son cintrage impeccables. La matière est épaisse et la doublure matelassée : c'est vraiment une veste d'hiver qui remplacera parfaitement un manteau. Attention, malgré sa coupe près du corps, ce n'est pas une veste d'intérieur car elle tient vraiment très très chaud et elle est plutôt rigide. Les détails sartoriaux révélateurs de qualité comme la boutonnière des manches ouverte, ou encore les poches à rabats boutonnées sont bien présents.

Elle est en laine et sa doublure est en laine et cachemire : une telle composition, surtout au niveau de la doublure, est extrêmement rare. D'où un pricing en conséquence : 975 euros.

En dépit de ce prix assez discriminant, j'ai tout de même choisi de vous la montrer car leur esthétique reste basique et se retrouve sur de nombreuses vestes: vous pouvez donc tout de même vous inspirer des looks réalisés.

Il en va de même pour la veste du look suivant.

Tenue 4 : Mêmes superpositions, différentes couleurs

Le principe de la tenue est similaire : la veste Saint-Paul bleu est construite de la même manière que la grise, excepté pour la doublure qui n'est plus matelassée mais lainée rouge avec des motifs géométriques blancs.

Les obsédés de la silhouette remarqueront que j'ai un peu foiré les proportions : c'est simplement dû au cardigan Melinda Gloss qui ne redescend pas assez. Je l'ai remarqué un peu tard et ça élargit un peu trop le bassin.

Au niveau des couleurs, le liseré gris était un bon trait d'union entre la chemise Homecore et le vert et bleu marine du cardigan et de la veste.

Tenue 4 : Jouer sur les détails, affiner la silhouette

J'ai ici réutilisé le cardigan à liseré gris foncé Melinda Gloss pour un rappel de couleur avec le col et les boutons du manteau Gaspard Yurkevich.

Attention à cette marque qui se focalise sur le travail stylistique de ses produits et trop peu sur leur qualité : si ce manteau a une coupe réussie et des détails intéressants comme le col contrastant et les boutons en bois, sa matière et la qualité de ses finitions ne justifient absolument pas un prix de 875 euros. Gardez juste en tête la superposition et le rappel de couleurs effectué, et si vous voulez vraiment ce manteau en particulier alors attendez les soldes.

Cette tenue est par ailleurs vraiment appropriée aux petites tailles car les lignes verticales sont partout : à travers les rayures de la chemise, le liseré du cardigan, et la rangée de boutons du manteau.

Par souci de simplicité aussi bien au niveau des couleurs que de la silhouette, j'ai conservé le bas de la première tenue, avec le pantalon Commune de Paris et les bottines Chelsea.

Tenue 5 : Jouer sur les matières, affiner encore plus

J'ai poussé cette logique de verticalité à fond, en m'essayant à une tenue plus monochrome, qui joue davantage sur les contrastes de matière :

Voici une autre tenue particulièrement adaptée pour les petites tailles : on joue ici sur des contrastes subtils de matière pour varier la tenue tout en maintenant une impression de continuité et donc de verticalité. J'ai utilisé pour cette tenue un pull Gaspard Yurkevich en laine merinos avec un col en Y. Comme pour le manteau, c'est une bonne pièce avec un col original mais au prix démesuré (200 euros).

A titre de comparaison, voilà ce que ça donne si je mélange le haut de cette tenue avec le bas des premières. La silhouette s'en retrouve transformée:

Tenue 6 : Bicolore, 20 cm de perdus

On distingue ici une rupture notable entre un haut foncé et un bas clair : la silhouette est perçue différemment. Les différentes parties de la tenue sont trop compartimentées, il n'y a aucune continuité et le regard ne peut donc pas la parcourir de haut en bas.

Tenue 7 : Gagner quelques centimètres avec un manteau bien choisi

Une dernière variante avec le manteau Gaspard Yurkevich : c'est lui qui réinjecte une impression de verticalité dans la tenue.

Cela montre bien qu'il ne faut pas se fier aux idées reçues selon lesquelles les petites tailles ne doivent pas porter de manteau : vous ne risquez rien en prenant un manteau ajusté dont la longueur s'arrête au dessus des genoux.

Tenue 8 : Et si je veux m'habiller pour les 20 degrés du début d'Automne ?

Voici une tenue avec moins de superpositions et des éléments plus légers, qui est donc très portable en Automne.

Elle s'appuie sur la veste éclectic la plus polyvalente : la City Jacket. Sa doublure est thermorégulée : elle tient chaud en hiver tout en étant respirante en été. Sa structure est plutôt classique : deux boutons, épaules molles et longueur normale (par rapport aux standards conventionnels et pas aux tendances éphémères). éclectic a aussi le souci des détails : les boutons sont en métal et sont réalisés dans une chaudronnerie du sud de la France.

J'ai choisi avec le chino des Chats Perchés, dont je vous avais déjà parlé dans une précédente sélection solde : il est réalisé à partir de rouleaux de tissus récoltés chez les grandes maisons. Sa coupe respecte les standards des chinos : il n'est pas moulant (un des critères fatidiques selon Luc, le créateur) et son tombé est droit et net, en suivant bien les proportions de la jambe. Un chino doit être ajusté et aéré à la fois.

Attention par contre à bien le choisir à votre taille dès le début : contrairement aux jeans et à certains chinos d'autres marques, il ne contient que du coton et pas d'élasthane et donc ne se détendra pas.

Enfin, j'ai utilisé une chemise coton et laine Surface To Air : un mélange double face que j'ai trouvé confortable et léger à la fois. Les boutons ont un aspect légèrement métallisé qui rappellent bien les boutons de la veste éclectic.

A propos des créateurs

On ne va évidemment pas vous rabâcher ici les particularités d'éclectic, Surface To Air, Melinda Gloss, Commune de Paris ou Gaspard Yurkevich : soit on en a déjà parlé, soit vous pourrez les découvrir sur leur site ou leur fanpage.

Cette partie vise plus à vous parler en détails des deux découvertes de cette sélection, sur lesquelles il est plus difficile de trouver des informations et que, au vu de la qualité de leur travail, nous voulons sincèrement mettre en avant : Saint-Paul et Pete Sorensen.

Saint Paul

Saint Paul est une marque surtout spécialisée dans la chemise à imprimé. Cela n'avait pas vraiment sa place dans la sélection : on aime le décalé, mais tout de même avec une certaine modération.

Aussi excentrique que ces chemises puissent être, je dois avouer que j'ai rarement vu un coton aussi doux et léger. Les techniques d'impression sont par ailleurs d'une minutie et d'une précision assez incomparables.

Ce soin pour la matière se retrouve dans les vestes : en tweed de laine, leur doublure est faite à 90% de laine et à 10% de cachemire, ce qui explique une chaleur et un confort qu'on retrouve rarement sur les vestes et manteaux du marché grand public. Cette doublure est ouatinée sur la veste grise et à motifs sur la bleu :

Retrouvez les chemises imprimées, tee-shirts graphiques et vestes d'hiver Saint-Paul.

Pete Sorensen

Kevin et Camille ont lancé cette année leur première collection, après un an passé à prospecter et sélectionner fournisseurs et artisans.

En parcourant leur gamme pour la première fois, j'ai été à la fois étonné et sceptique : la marque balaie une variété vraiment large de chaussures, de la bottine Chelsea avec l'empiècement caractéristique aux talons (modèle Phantom), jusqu'aux boots vintage, patinées à la main (modèle Detroit), en passant par les bottillons fleuris (modèle Gerswhin), qui font très vieille école et Boardwalk Empire.

La gamme a beau être large, elle est aussi très réussie : la marque réussit à interpréter parfaitement des registres très différents. Et le faire sur des pièces aussi exigeantes que des chaussures, ce n'était pas gagné d'avance.

Le fait que ce soit leur toute première collection est d'ailleurs particulièrement attractif car, vous vous en doutez, c'est à ce moment là que vous pourrez trouver les meilleurs rapports qualité/prix chez un créateur.

Petite note : lors de la commande, Kevin et Camille vous proposent systématiquement de personnaliser avant l'expédition, eux-même, la patine en fonction de vos attentes. Retrouvez ici les bottines, combat boots et botillons Pete Sorensen.

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