Vacances : Projet DITA – San Francisco + Test Dockers + Interview Douglas Conklyn

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Notre Direct Itinary To America continue : nous sommes arrivés à San Francisco. C'est une drôle de ville, l'architecture est un curieux mélange de cité du Far West, de comptoir espagnol et d'influences européennes.

L'architecture victorienne typique de San Francisco.

Musée des beaux arts de San Francisco. Les architectes se sont inspirés de l'antiquité romaine.

Dans toutes les rues, ce sont les couleurs pastels qui dominent, et qui donnent à la ville un côté très Méditerranéen. Autre spécificité : la ville est la plus densément peuplée des USA : pour les grands boulevards aérés des métropoles américaines, il faudra passer son tour.

C'est du coup un peu galère pour se déplacer en voiture ou se loger, mais on se débrouille et le soleil brille sur la baie.

Oui, c'est parfois assez encombré, et très pentu.

Ce qui frappe aussi, c'est la segmentation des quartiers. Il y a clairement 5 villes : quartiers chics, asiatiques, hispaniques, afros, et quartier des affaires.

Le China Town de San Francisco.

Niveau style : c'est la ville US où les gens sont les mieux sappés, et de loin. On y trouve de belles boutiques de vêtements comme Azalea, The Archive, Welcome Stranger. Et on ressent fortement le passé beatnick de la ville, et sa culture du laid back (avoir un mode de vie décontracté).

Un des temps forts de notre séjour, c'est notre visite du QG de Levi's, qui a également fondé la marque Dockers en 1986 pour créer une gamme plus axée sur les chinos (on vous en avait déjà parlé lors du lancement de l'alpha khaki).

Interview du designer de Dockers : Douglas Conklyn

Nous avons rencontré Douglas Conklyn, qui est le designer de Dockers. C'est quelqu'un de vraiment accessible. Rien à voir avec l'image précieuse que certaines figures de la haute couture peuvent inspirer : quand Douglas vous parle de mode masculine et de ses inspirations, il le fait avec des termes simples et beaucoup de passion.

Douglas (responsable du design) et Rebecca (relations presse) qui nous a guidé.

Comment t'est venue l'envie de travailler sur du chino ?

Quand j'étais petit, je me souviens qu'il y avait cette caisse dans le sous-sol : il faisait sombre, et j'ai trouvé dedans les uniformes de mon grand-père, parfaitement repassés. Avant je mettais tout le temps des jeans, des shorts, et des trucs comme ça. Alors je les ai lavés, et toute la douceur du tissu est revenue, et ils étaient joliment délavés. Et puis j'ai commencé à les porter avec mes mocassins et mes chemises en Oxford pour aller au lycée.

C'est devenu mon... uniforme . Parce que tu sais, ce n'est pas Dockers qui les a inventé dans les 80s, c'était déjà là avant.

J'étais vraiment fasciné par les chinos, et puis j'ai toujours été inspiré par les uniformes militaires et cet univers. Ma passion pour les kakis vient de loin. Et soudain Dockers m'a proposé de les rejoindre en 2010. C'était quelque chose de nouveau pour moi parce que la marque est vraiment haut-de-gamme en Europe, mais bien plus répandue aux USA où on nous identifie sur des pantalons bons marchés.

Mais parce que j'aime vraiment les kakis je me suis dit que ce serait un défi intéressant de venir chez Dockers : nous sommes la plus grosse marque de kakis, mais je veux en faire la meilleure, la plus authentique, et créer le genre de trucs auxquels les gens s'attachent. Parce que je pense qu'on a perdu ça avec le temps...

L'authenticité de la marque et les inspirations de Doug...

Nos produits doivent être ressentis comme américains, car c'est ce que nous sommes. La force de Dockers en Europe est justement sa sensibilité américaine. Et je pense qu'on peut parfois la perdre à trop courir après la mode, alors il fallait montrer que cette sensibilité était toujours présente.

Mais aussi le côté classique. Alors des choses comme l'héritage de la marque et son authenticité sont devenues vraiment importantes pour moi.

Nous sommes connus pour vendre des kakis, et les kakis viennent de l'uniforme militaire. Donc c'est authentique. Et les uniformes sont dessinés pour être fonctionnels, pour aller à la guerre. C'est quelque chose de fort, et on devrait retrouver tout ça avec nos pantalons.

L'uniforme US couleur kaki de la 2nde Guerre Mondiale.

San Francisco est aussi devenu quelque chose qui nous permet de renouer avec nos racines en terme d'inspiration. Nous ne sommes pas une marque de la côte Est comme Ralph Lauren ou Tommy Hilfiger... nous on vient de San Francisco : on a des vibrations différentes, plus décontractées, et liées au voyage. Il y a beaucoup de choses que l'on peut utiliser de San Francisco pour être uniques... et puis aussi plus masculins.

Parce qu'aux US, les kakis sont devenus une sorte de tenue passe-partout. Si tu veux avoir l'air balèze et cool, tu portes des jeans. Et les kakis n'ont pas vraiment cette image, alors on la construit à travers nos pantalons.

Comment est venue l'idée de l'alpha khaki ?

On avait besoin d'un vêtement pour les hommes modernes : un fit différent, de nouveaux détails et délavages. Et on s'est inspirés de l'histoire et de notre héritage... mais en restant moderne. Alors notre première collection fut inspirée par les poètes de la beat generation, Jack Kerouac et Allen Ginsberg, mais aussi les couleurs de San Francisco, les boutiques de livres, le Golden Gate...

Jack Kerouac et les poètes de la beat generation.

Mais au milieu de toute cette nostalgie vintage, quand tu regardes comment ces hommes s'habillaient il y a 50 ans : ils portaient des pantalons ajustés, des chemises cintrées...

Portrait de Jack Kerouac.

Alors au final cette collection nous paraissait tout de même moderne et authentique, parce que si tu te promènes à san Francisco aujourd'hui les gens s'habillent comme ça, avec les lunettes à monture noire, les cheveux courts, les barbes : il y a cette sorte de tendance hipster qui est à la fois moderne et dépassée.

Les couleurs de San Francisco...

presque les mêmes que les chinos !

Bonus : Découvrez l'interview en entier et notamment comment San Francisco inspire d'autres facettes du travail de Doug. Tout cela dans le podcast (en anglais) à télécharger à la fin de cet article. Près de 25min d'audio au total (tout retranscrire et traduire m'aurait pris la journée !).

Dockers Art of Kaki

Fini les bavardages : voici quelques images de ce que vous pouvez trouver chez Dockers.

Leur pantalon qui tend à se généraliser est l'alpha khaki : c'est un chino coupé comme un jean, avec une coupe ajustée pour affiner la silhouette. Très agréable à porter en été, et bien pricé (autour de 80 €) : nous vous le recommandons.

Dans leur ligne premium Art Of Kaki, on trouve aussi de belles pièces. Et nous en avons testé quelques unes : portez-les sans trop vous prendre la tête dans vos looks de vacance.

L'avis de Benoit sur la chemise et le chino :

Sur la photo, mes sneakers ne sont pas les plus adaptées,
mais je n'avais que ça sous la main...

Je vais être honnête avec vous, j'ai été très agréablement surpris par la qualité de la chemise, sur plusieurs points :

  • la coupe : c'est la plus grosse surprise, elle est impeccablement bien coupée, surtout pour une marque américaine. Les épaules sont ajustées au poil et les manches ont suffisamment de longueur (notez que d'habitude, je galère souvent à trouver des chemises qui me vont avec des manches qui ne soient pas trop courtes).La longueur est top, vous pouvez la sortir du pantalon sans problèmes ! De ce fait, cette ligne de Dockers a beaucoup monté dans mon estime, car elle compte parmi les chemises qui me vont le mieux.
  • les finitions : belles surprises aussi. Jugez plutôt : hirondelles, dernière boutonnière horizontale, couture à l'intérieur des manchettes très propres, et couture aisselles parfaitement alignées. Rien à redire, on sent qu'il y a du soin derrière.
  • le design : les poches asymétriques sont sympas, mais ce qui est plus drôle est le délavage du chambray. Vous pouvez voir qu'il est plus clair en haut. Cela vient de l'inspiration de Doug qui a cherché à recréer le ciel de San Francisco et de sa très légère brume caractéristique.Une fois qu'on connaît l'idée derrière, force est de constater qu'il a vraiment réussi à délaver la chemise tout en subtilité comme un ciel très légèrement brumeux.

De nombreux détails comme les poches asymétriques et les boutons en nacre.

Mais aussi les hirondelles qui servent à renforcer la chemise.

Quant au chino, cela faisait longtemps que je n'avais pas porté de coupe classique (non slim). Même si le bas est assez large, les cuisses et les fesses sont très bien coupées, c'est tout sauf un sac à patates.

Par contre, quand on a passé ces dernières années à porter des pantalons avec un bas qui n'allait jamais au-delà de 21 cm, c'est un peu surprenant au début, mais on apprécie très vite cette légère ampleur bien dosée qui est extrêmement confortable.

C'est vraiment le chino par excellence, un vêtement masculin qui ne cherche pas à suivre la tendance, mais plutôt à affirmer son intemporalité, sans hype et sans coupe précieuse/parisienne derrière.

L'avis de Geoffrey sur la chemise en coton japonais

Autre belle découverte, des chemises en coton japonais (ici en gris mais qui existent aussi en bleu et rouge pastel). Le coton a un rendu très brut, bien masculin. On a beau avoir des motifs Gingham : la pièce est tout sauf "gentil garçon".

Et ça tombe bien parce que je commençais à me lasser des looks trop propres sur soi.

Le tissé est très subtil : ce sont en fait plusieurs petits fils qui donnent leurs teintes aux carreaux. En regardant de prêt, ils ne sont pas uniformes, ce qui renforce encore l'inspiration baroudeur de la pièce.

C'est ce genre de matières qui font la différence entre une chemise lambda et une chemise que l'on prend du plaisir à porter.

C'est une chemise très casual qui garde un bon cintrage.

Les épaules sont elles aussi coupées très proprement.

PS. Un grand merci à Rebecca, Lynn, Shaun et Doug (de Dockers USA), ainsi qu'à Karine et Aude (pour la France) pour leur accessibilité, leur bonne humeur, et nous avoir permis d'explorer les archives Levi's où sont conservés les plus vieux jeans au monde (l'article va suivre).

Point sur le roadtrip

17 mai - Traversée du parc de Redwoods dans le conté de Humboldt.

En parallèle de la route 101 : l'avenue des géants. WOW.

Et puis on s'est dit que vous aimeriez avoir un aperçu de notre jean BonneGueule
(en collab avec Renhsen) 😉

18, 19, 20 mai - Visite de San Francisco. Bien sûr on n'est pas restés enfermés à l'hôtel...

Bay To Breakers (travers la ville de la baie jusqu'à l'océan).
Une sorte de mix entre une course...

...et un carnaval. La plupart des participants ont gardé
leurs costumes le reste de la journée.

La Coit Tower sur Telegraph Hill : cliquez ICI pour un panorama de la ville.

On aperçoit aussi la prison désaffectée d'Alcatraz à quelques encablures du rivage.

Le Levi's Plazza, siège de la marque qui n'a
presque pas changé de place en 160 ans.

Et on a eu la chance de voir beaucoup plus que la facade grace à Lynn l'archiviste de Levi's (un article est en cours).

20 mai - De la route, de la route et de la route.

Prochaine étape : Direction Los Angeles. Notamment pour visiter la boutique Dita Legend, l'équivalent du Vatican, de La Mecque et Jérusalem réunis pour les passionnés de belles lunettes (selon les dires de ">Saint-Benoît).

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