Pascal VanLef : le dossier

/

Vous n'avez pas encore remarqué que cette marque nous tient à cœur. Et pourquoi cela ? On va vous l'apprendre tout de suite et ceci juste pour nous prouver que l'on peut servir à quelque chose en vous racontant tout pleins de choses avec même un petit scoop à la fin.

Concrètement on va vous parler d'une marque discrète et confidentielle, que dis-je, d'un créateur discret et confidentiel. Et pas comme les autres, un de ceux qui sublime le corps avec des pièces de qualité à la coupe et aux détails renversants. Elle est pas belle la vie?

Et bien si, je vous le dis, elle l'est.

Note : suite à une modification des droits des photos de la collection, nous avons dû retirer lesdites photos. Pour voir la collection, nous vous invitons à vous rendre sur le site de Pascal Vanlef.

Par ChaoS

Mercredi. Il n'est pas 18h30 et nous venons d'arriver en face du Showroom avec D.E. Avant même d'être rentré dans la boutique, les questions fusent. Nous voulons en savoir, plus, toujours, encore et même davantage. On ne sait rien de ce créateur, de ses inspirations, on ne connaît que ses pièces en série limitée. Mine de rien, nous avons parlé avec Pascal VanLef himself durant plusieurs heures.
Compte-rendu.


Inutile de vous dire d'où vient le nom. L'utile par contre est de vous en dire plus sur l'homme qui ne se cache pas derrière. Autodidacte, international et sur-mesure. Il a commencé depuis son plus jeune âge la couture et c'est à 18 ans qu'il roule vers Bologne pour la haute-couture cette fois. Sous l'aile de différents tailleurs, il a appris le métier au contact de personnes passionnées et non pour le moins prestigieuses. Cette formation l'influencera beaucoup dans son travail, nous allons le voir plus loin. Puis il fit son retour par la case Paris afin de refaire ses gammes. S'en suit encore de nouveaux départs vers l'Asie, le Moyen-Orient et l'Espagne. C'est seulement en 2001 qu'il s'installa et décida de créer sa marque avec son identité dans tout ce qu'elle a de plus propre.

Pour vous situer, Pascal VanLef au départ c'est du sur-mesure haut de gamme. Tout était privé, se faisait sur rendez-vous et par bouche à oreille. L'exigence de la qualité, des finitions et de la coupe parfaite était déjà là. C'est donc naturellement que les collections de Prêt-à-porter arrivèrent aux fils des saisons. Bien sûr cette dernière ligne est tout comme la première. Attendez vous à voir des pièces qui ne ressemblent à aucune autre. Il nous le dira : "ici, il n'y a pas de vêtements secondaires". Que des pièces fortes en somme. Vous êtes intraitables? Cela tombe bien, vous serez comblés.

Chaque créateur a des influences, une vision et des envies qui leurs sont propres ou en tout cas l'on aimerait que cela soit comme cela. M. VanLef a heureusement la fâcheuse tendance à vouloir faire ce qu'il aime. Et grâce à Dieu, ce qu'il aime ce ne sont pas les autres marques mais ce qu'il voit, touche et ressent. Cintrage de veste, vêtements hybrides, montage unique de jean, teeshirt coupé dans un seul morceau de tissu. Nombreuses idées qui lui sont venues autant lors de voyages, de son vécu professionnel dans le sur-mesure, que dans ses balades parisiennes.

Pour l'anecdote, un cintrage particulier a été lancé après que VanLef ai vu un homme qui, souffrant du froid, s'était blotti dans sa veste trop petite pour lui, les mains dans les poches. Ceci lui donnait alors une cambrure ondulée et un dos sublimé. Il n'en fallu pas plus pour qu'une veste (pas trop petite cette fois çi) soit faite avec ce cintrage qui donne un dos superbe (malheureusement une des parties du corps les plus oubliées car invisible à celui auquel elle appartient).

Je vous quitte juste avant le summum du dossier et c'est maintenant D.E qui va vous parler de la nouvelle collection Automne Hiver 08/09 qui arrivera en boutique en septembre.

Par D.E

A présent, intéressons-nous de plus près à ses créations si particulières.

ChaoS vous l'a confié, M. Vanlef a une vision de la mode masculine qui va au-delà du simple exercice de style "veste à 1/2/3 boutons". Par exemple, voici son interprétation du costume pour homme :

On le voit peu sur la photo, mais le tissu a un aspect brillant et il y a de minuscules rayures... Les bas de la vestes plongeants affinent encore plus la silhouette.

D'une manière plus générale, Pascal VanLef aime mélanger les codes de construction traditionnels des vêtements. Ne vous étonnez donc pas de trouver dans cette collection des chemises montées comme des vestes, des polos avec des poignets, des chemises avec des cols en denim, ou encore des chemises à plastron (dont nous ne sommes pas vraiment fans) en maille de jersey.

Là aussi, la photo ne rend pas hommage au tissu bleu, on en distingue à peine les nuances.

Un vêtement signé VanLef est, au final, muni d'une identité très forte, et voyons sa nouvelle collection autour de trois points articulés : la coupe, les finitions, la matière.

1. La coupe
Du fait de son apprentissage chez des tailleurs italiens, ses vêtements ont une coupe très sophistiquée, pour peu que l'on s'y penche un peu. Le cintrage n'a plus de secret pour lui : il nous le confirmera, il est très soucieux de la cambrure d'une silhouette, d'où ces vestes au dos parfaitement coupé reconnaissables (entre autres) par un cintrage en forme de T. Autre détail révélateur : il arrive à créer des vestes très cintrées sans pinces de cintrages verticales sur le devant comme on l'habitude de voir ; le tour de passe passe est en fait de déplacer la pince de cintrage en oblique. Toujours dans les vestes, ses épaules sont aussi sa marque de fabrique : creuses et petites, avec une couture courbe (là où tout le monde la fait droite) qui se finit dans l'anglaise du revers (= la partie crantée du revers). Parfait pour les silhouettes élancées.

Un détail sur les fameuses coutures aux épaules. Notez aussi l'absence de pinces de cintrage verticales... 170 € le jean et 600 € la veste.

Sa maitrise des coupes et des volumes se traduit aussi par ces curieux tee-shirts confectionnés en un seul morceau de tissu (oui, même les manches en font partie) qui donnent une impression décontraction et de drapé, inspiré des saris indiens.

2. Les finitions
Toujours de par son héritage du tailoring italien, Pascal Vanlef est un adepte des finitions hyper travaillées. Ainsi les coutures sont gansées par son fameux liseré violet vif que l'on retrouve partout : à l'intérieur des vestes ou sur les bas des jeans et des pantalons. A contrario, le bord dit "coupé franc" (comprenez par là que le tissu coupé au ciseau est laissé tel quel) est présent, mais avec une ganse insérée en dessous pour effet plus graphique, comme sur ses jeans par exemple :

Ces bords coupé franc sont récurrents dans la collection automne hiver. A ce propos, il est intéressant de voir qu'ils sont placés de manière à accompagner certains muscles du corps. Certains soulignent des dorsaux, d'autres les crêtes iliaques, ou encore les abdominaux, donnant ainsi des lignes flatteuses pour celui qui porte le vêtement. On vous l'a dit, Pascal Vanlef tient à ce que ses vêtements embellissent et flattent une silhouette.

Plus visible, son goût pour les finitions se remarque aussi aux boutons de chemises ou aux doublures en soie de ses vestes "pour les faire vivre". Mais en ce qui concerne les finitions, je crois que les photos parlent d'elles-mêmes :


3. Les matières
Tout est fabriqué en France (ce qui explique en partie le prix), et le tissu est anglais, italien, ou japonais. Là, je vous invite à vous déplacer et constater la qualité des tissus par vous même, un toucher sur un velours Mille raies vaut mieux qu'un long discours. Les tissus sont très élaborés, j'ai notamment en tête ce polo à boutonnière profonde avec le col et les manches faites avec le velours sus cité :

Concernant les jeans (tous bruts dans cette collection), les puristes des denims japonais qui nous lisent doivent se demander si la toile est selvedge ou pas. La réponse est non (elle est italienne) pour une raison simple : une toile japonaise est trop épaisse et trop rigide (et même anti-écologique selon ses dires : chlore, décolorant, eau,...)  pour l'utilisation que Pascal Vanlef souhaiterait en faire.

Comme vous avez pu le voir, vous ne serez pas dépaysé si vous aimez les cols officiers (notez une fois de plus les coutures qui suivent les omoplates) :


Parmi nos coups de cœur, il y a :

Petit pull avec encolure façon col tailleur, parfait avec une chemise blanche en dessous. 110 €

Chemise à plastron en toile très légère et semi transparente. 180 €

Manteau en matière très aérienne, fluide avec quantité de détails intéressants non visibles sur la photo. 800 €

Tee shirt réversible en maille aspect flammée, 95 €

Maintenant, passons aux détails pratiques.
L'unique boutique sur Paris se trouve au 6, rue de Vaucouleurs (métro Couronnes), vous la reconnaitrez par son enseigne peinte en violet. L'atelier de création est ouvert sur la boutique, vous pourrez donc y voir comment on dessine un patron, comment est construite une veste, voir les rouleaux de tissus, et d'autres choses encore. Je vous conseille d'autant plus d'y faire un tour car ils soldent à - 50 % en ce moment. Autre chose, si vous êtes intéressé par un article, prenez garde, la marque a déjà ses inconditionnels, et le nombre de pièces est limité...

Et enfin, le petit scoop de la fin : Pascal VanLef nous a confié qu'il travaillait en ce moment sur des sacs à mains pour homme, avec toujours cette envie de confectionner des pièces hybrides. On vous tient au courant dès qu'on a une photo sous la main.

Site Internet


Copyright photos : C.DELORY
Dossier rédigé par ChaoS et D.E

A propos Benoît Wojtenka

J'ai fondé BonneGueule.fr en 2007. Depuis, j'aide les hommes à construire leur style en leur prodiguant des conseils clairs et pratiques, mais aussi des réflexions plus avancées.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont validés manuellement, mais tous sont acceptés et publiés avec une réponse (il faut compter 24h en moyenne).

  • Fritz

    Enorme! Je suis complètement fan. Ces vêtements sont-ils uniquement distribués sur Paris?

  • Les prix sont dans l’article, c’est n’est pas si chère que cela si l’on considère le travail de création derrière (toute proportion gardé en fonction du porte-monnaie de chacun).

    Zara et Celio, c’est du bas de gamme, VanLef est dans du haut de gamme.

    Oui, on peut en porter si l’on est un peu enveloppé, la coupe de certaines vestes étant parfaitement adaptées à certaines corpulences, par contre il faut savoir écrire un minimum français et ne pas poser des questions totalement stupides et inutiles qui me font perdre mon temps.

  • dop

    slt

    é ce ke sa coute chere ? par rapor à zara et célio c vrémen miE la qualité ?

    merki d’avance

  • jonathan

    ok merci c’est cool 😉

  • Nous avons surtout basé notre entretien sur la ligne de Pret-à-poter. Cependant, je vais demander à D.E de leur envoyer un mail pour savoir la moyenne du prix d’un costume de leur ligne mariage.

    Je te répondrais en commentaire, juste un peu de patience.

  • jonathan

    Bonjour,

    Je souhaite offrir un costume à mon frère pour son mariage, et je me demandais quels étaient les prix d’un costume complet?!