Paraboot en patchwork, jean rapiécé, combinaison de pompiste : les pépites (étonnantes) de la rédaction #58 – Jordan

Temps de lecture : 4 minutes

Pepites de Jordan
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Le fonctionnement d’une rédaction peut paraître obscur pour celui qui n’y travaille pas.

En disant cela, je pense à mes collègues qui parfois passent derrière mon bureau et me voient scroller furieusement, faire la grimace, souffler de lassitude, faire des “wouaaaaah” admiratifs ou des “bouuuuuh” diffamatoires.

On me croirait devant un match de football à fort enjeu.

Eh oui, c’est qu’une partie de notre travail éditorial consiste à fouiller dans tous les recoins du web afin d’en extraire ce qui est remarquable. Nous sommes des genres d’archéologues.

On gratte la surface, allant de site en site, la sérendipité pour seule amie, l’espoir comme guide, le scroll comme seule arme.

Et cela ne s’arrête jamais, pas même le week-end, passionnés que nous-sommes par les merveilles que l’on pourrait trouver.

Voilà justement mes trois dernières trouvailles.

Une paire de Paraboot un peu particulière

paraboot michael beige

Paraboot x YMC

En dehors des sphères de la mode, Paraboot a une image austère largement justifiée par des créations rustiques et peu subtiles. Mais deux modèles échappent à cette réputation : la Michael et la Chambord.

Et on les voit, l’une et l’autre, aux pieds de japonais champion du style, d’adeptes de l’esthétique héritage ou workwear et même dans quelques lookbooks de marques de sportswear - comme Carhartt Wip. Et je ne serais pas étonné de voir les Michael chez Aimé Leon Dore.

La Michael, je la porte moi-même depuis quelques temps et c’est vrai qu’elle fait son effet. Elle est clivante, je le sais bien, mais il y a longtemps que ça ne m’arrête plus. Je trouve que sa forme, avec cette couture plateau faisant tout le tour de l’avant de la chaussure donne un modèle vraiment abouti, avec beaucoup de caractère.

Avec cette pépite, on renforce encore davantage ce caractère. Sorte de patchwork fait d’empiècements en cuir lisse et d’autres en suédé, jeu sur les couleurs aussi, c’est une pièce ludique que je me verrais bien porter avec un pantalon large de couleur écrue.

Je suis sensible à ce jeu de couleurs, dans un camaïeu de beige car c’est ce que je fais souvent à l’échelle d’une silhouette.

Si on veut parler technique : cette paire est fabriquée en France avec des cuirs issus de tanneries françaises. La semelle est robuste, grâce à son cousu norvégien.

Bref, elle est durable et apporte une proposition stylistique unique. Une vraie pépite.

Et c’est, selon moi, une véritable raison d’être d’une collaboration entre deux marques comme ici : Paraboot apporte son savoir-faire technique et You Must Create son sens du design et de la créativité.

Duo gagnant.

Une combinaison You Must Create

combinaison bleue YMC

Restons en compagnie de YMC que je trouve de plus en plus visible à mesure que la marque se développe. C’est une marque que je connaissais sans connaître et que j’oubliais volontiers au profit d’autres, pour des raisons que j’ignore.

Parfois, on n’est tout simplement pas prêt à voir certaines choses. Le cerveau guide l’œil ailleurs et on passe à côté de quelque chose.

Du coup, grâce à cette collaboration Paraboot x YMC, je me suis dit : “Tiens ! Que devient la marque ?” Et, au milieu d’autres pièces remarquables, j’ai déniché cette combinaison.

Je ne sais pas bien pourquoi non plus mais je sens poindre en moi une nouvelle obsession : les combinaisons de pompistes. J’en ai vues quelques-unes mais celle-ci, par sa simplicité et sa coupe m’a séduit.

combinason navy à rayures

Je sais bien que c’est difficile à assumer pour beaucoup et moi qui normalement n’ai pas grande difficulté à assumer mes vêtements, ici, je pourrais peut-être ressentir une gêne au premier port. Comme la première fois que je suis sorti en moustache, ou que j’ai porté un pantalon blanc etc.

On verra bien comment je réagis quand on me demandera de faire le plein…

Cela dit, elle est chère et je vais probablement attendre les soldes pour mettre la main dessus. Mais j’avoue que cette perspective m’enchante assez car il y a longtemps que je n’ai pas repoussé mes limites. Enfin, vraiment repoussé je veux dire.

Voilà l’occasion.

J’aime les rayures discrètes sur ce tissu garment dye, les boutons comme des donuts et ce col généreux de chemise et ce cordon premier degré, comme une corde trouvée par terre dont on se sert pour marquer la taille.

Un jean rapiécé Atelier and Repairs

jean délavé patchwork

Parfois, mon errance me mène à Instagram. Souvent même. Et, bien que je me dise qu'il faut ne pas me laisser déborder par la surabondance contenue dans cette plateforme, je dois dire qu'elle m'est bien utile.

Surtout pour y voir des silhouettes inédites de surdoués du style un peu partout dans le monde mais aussi pour y découvrir de nouvelles marques et leurs nouveaux produits.

Ainsi il en va d'Atelier and Repairs, que j'ai découvert par l'intermédiaire de Bruce Pask, directeur de la mode homme chez Bergdorf Goodman.

On le voit ici porter un jean similaire :

Je trouve que c'est vraiment du plus bel effet, à condition que les patchs ne fassent pas trop neufs, ni disposés de manière trop symétrique. C'est tout un art que d'arriver à ce résultat et cette marque le fait payer cher. Très cher. Trop cher.

Cependant cela demande du travail d'aller dénicher ces pièces vintage, ces chutes de tissus et d'en faire cela.

Si, à l'avenir, je n'achèterai pas chez Atelier and Repairs, au moins la marque me donne-t-elle envie de me procurer une machine à coudre et de réaliser moi-même ce genre de pièce.

Ainsi, je pourrais tenter de commencer à approcher le style imparable de Doug Bihlmaier :

Jordan Maurin Jordan Maurin

Adepte des romans d’Ellroy et de Vian, j’essaie de vivre ma vie le plus artistiquement possible (comme le disait Glenn O’Brien). Fervent défenseur du pantalon blanc (Squarzi président !), j’aime le vêtement quand il donne confiance et ne déguise pas. Pour moi, s’habiller différemment, ça veut dire se donner le droit de penser différemment.

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