Nos premiers blousons en cuir, découvrez leur histoire…

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Ca y est, c'est arrivé !

Depuis les débuts de la marque, on entend :

Quand est-ce que vous faites un cuir BonneGueule ?

Après plusieurs années à vous dire qu'il faudrait patienter un bon moment — compte-tenu du prix de la pièce, mais aussi de la difficulté à trouver les bons savoir-faire —, nous sommes fiers de vous présenter les tous premiers blousons en cuir BonneGueule.

Nos deux bombers en agneau velours, camel et vert forêt !

D'abord dans un camel lumineux, coloris pas excellence des blousons suédés...

... Et puis un profond vert forêt. Une couleur plus rare, plus originale, mais facile à porter malgré tout !

Pourquoi un bomber suédé ?

Un blouson tout-terrain

La forme "bomber" est contemporaine et ultra polyvalente.

Par-dessus un jean, rehaussé d'un pantalon de costume pour faire "street-chic", avec des sneakers, des boots plus élégantes... Aucun problème ! C'est vraiment le genre de pièce que vous pouvez enfiler le matin sans vous prendre la tête sur la cohérence de la tenue.

Le fait qu'il soit suédé rend aussi le cuir moins tape à l'oeil : là où le cuir lisse "brille" en quelque sorte, et tend à être la vedette d'une tenue en captant les regards, le suédé, lui, s'intègre plus facilement en "cohabitant" avec les textures des tissus.

Le cuir suédé renvoie une décontraction plus appuyée que son homologue lisse.

Bref, pour notre premier cuir, il fallait absolument qu'on passe par là. Sans non plus être un des premiers basiques à acheter, il reste une pièce incontournable !

Qu'est-ce que le "cuir suédé" ?

Commencer par un peu de sémantique ne peut pas faire de mal ! "Suédé" est le terme générique regroupant tous les cuirs qui ont cet aspect et ce toucher "poilu". En Français, on dit encore parfois "daim", même si l'appellation est assez désuète.

Dans cette famille, les deux principaux cuirs sont le "velours", sur lequel on ponce le côté chair, et le "nubuck", sur lesquels on ponce le côté "fleur" plus légèrement (son aspect est à mi-chemin entre les cuirs lisses et les velours).

Les cuirs velours présentent une main plus douce, plus "veloutée" que les nubucks.

En général, le terme "suédé" est toujours utilisé pour parler de velours, car les cuirs nubuckés sont moins communs.

On peut faire du suédé d'agneau, de vache, de veau, de porc, et de tout un tas d'autres peaux !

Et maintenant, il est temps de répondre à la question que vous vous posez probablement...

Comment reconnaître un bon suédé ?

La réponse simple et rapide : un bon suédé est très doux au toucher, souple, avec des couleurs profondes. Il est vraiment chatoyant sous la lumière.

Pour ce qui est de son aspect "velours", vous devez presque être capables de "dessiner" avec votre main dessus, en l'effleurant du bout des doigts.

Il ne doit pas empester l'animal. Contrairement au mythe urbain qui laisse croire que "si ça sent fort, c'est du vrai !", ça veut surtout dire que le tannage a été réalisé à la vite, et que vous êtes face à un cuir de mauvaise qualité... Évidemment, une forte odeur de détergent ou de produit chimique n'est généralement pas un très bon signe non plus.

Un beau suédé est doux, souple, prend bien la lumière... Vous devez presque pouvoir "dessiner" dessus du bout du doigt !

Un bon cuir coûte cher à réaliser puisque l'équipement industriel est onéreux.

D'ailleurs, un cuir bien tanné passe plusieurs mois dans des cuves remplies d'ingrédients tels que des graisses de haute qualité et des agents de teinture organiques. Chaque tannerie haut de gamme a d'ailleurs ses propres recettes secrètes.

"Mais la pluie, alors ?"

Il y a toujours eu tout un tas de peurs et de débats autour de la supposée "fragilité" du suédé face aux intempéries. Si elle n'est pas tout à fait infondée, elle est souvent grandement exagérée.

Le seul "problème" véritable ? Effectivement, une fois qu'il a pris l'eau, un suédé ne sera plus jamais exactement dans son état d'origine.

Faut-il paniquer pour autant ? Non, absolument pas.

Après avoir pris l'eau puis séché, vous pourriez prendre peur en voyant votre cuir : tous les petits "poils" qui forment le suédé sont agglutinés, si bien qu'il paraît rugueux et semble même "taché".

Toutefois, un bon entretien permettra de lui redonner souplesse, douceur et, surtout, l'aspect velouté qui fait son charme !

Karim l'a très bien compris : l'eau n'est pas un drame pour un cuir suédé de qualité, et ce n'est pas quelques éclaboussures qui vont le ruiner ! (Notez toutefois qu'il ne s'apprête pas non plus à plonger avec...)

Les diverses brosses et produits font du très beau boulot pour les redresser et les séparer les uns des autres, mais ils sont si nombreux et fins qu'il est pratiquement impossible de tous les attraper. D'où le toucher velouté moins "parfait" qu'au départ.

Mais votre cuir restera très beau, et ses propriétés ne sont absolument pas altérées par l'eau.

Je parle en connaissance de cause puisque je me suis pris une grosse averse pendant 20 bonnes minutes avec le premier prototype du modèle vert ! Et comme vous pouvez le voir dans cet épisode de Sape M'en Cinq, il est nickel après un entretien adapté !

En revanche, les suédés de qualité moindre ne retrouvent jamais un bel aspect une fois mouillés ou salis.

Les poils, plus grossiers, peinent à se séparer à nouveau ou deviennent trop friables. Ils s'usent quand on passe la brosse, formant même parfois des sortes de "bouloches de cuir" assez tenaces. La couleur, quant à elle, ne reprend aucune homogénéité et peut même déteindre.

Le choix de l'agneau velours

L'agneau donne généralement le rendu le plus velouté et fluide, car sa peau est tout simplement plus fine.

Une peau plus épaisse apportera normalement un grain plus épais, donc des "poils" plus apparents.

Tandis que sur notre agneau, on obtient un grain plus fin, avec un toucher velours marqué, d'une plus grande qualité.

Bien sûr, il ne faut pas discréditer les cuirs plus épais pour autant : ils sont adaptés aux chaussures par exemple, qui ont besoin d'une matière plus robuste, ou aux fameux "roughout suede" qu'on trouve sur des combat boots et des blousons plus workwear.

Mais partez du principe qu'à qualité égale, pour ce qui concerne un blouson à la main souple et au grain raffiné, l'agneau velours est ce qui se fait de mieux !

L'agneau velours permet d'obtenir un grain très fin, une prise de lumière chatoyante et une belle souplesse.

Évidemment, tout ça doit être mis en perspective avec la provenance de la peau et la façon dont elle est travaillée. D'ailleurs, c'est aussi important pour la qualité que l'aspect éthique !

Je laisse donc à Benoît le soin de vous expliquer comment nous sommes arrivés à vous proposer une aussi jolie matière, en restant dans des tarifs très maîtrisés pour un blouson en cuir d'agneau...

Le mot de Benoît sur le sourcing

Une peau venant d'Italie

La création de ce blouson a commencé par une désillusion...

Les premiers fournisseurs sur lesquels nous sommes tombés, dans les gammes de prix abordables, n'étaient pas satisfaisants. En effet, les cuir suédés bon marché, voire même milieu de gamme, sont la plupart du temps fabriqués en Inde à partir de chèvres indiennes.

Sauf que les conditions de tannage sont loin d'y être exemplaires. Pollution environnementale, danger pour la santé de l'homme, maltraitance animale... C'est un pays qui se fait régulièrement épingler, notamment dans de nombreux documentaires.

Pour y pallier, on avait même essayé de creuser la piste d'un cuir indien avec des certifications éthiques et environnementales ! Mais nous avons été avertis par de nombreux professionnels de leur manque de fiabilité : difficile d'être certains du niveau de garantie offert par ces labels...

On a donc préféré repousser la production pour se mettre à la recherche d'un cuir européen, quitte à ce que ça prenne du temps ! Enfin, après plusieurs essais infructueux, on a fini par trouver ce qu'il nous fallait. On a abandonné la chèvre pour passer sur de l'agneau... Un très bel agneau qui vient d'Italie, de Toscane plus précisément.

Travailler une matière noble

Je peux vous dire qu'à nos yeux, c'est une belle victoire que de réussir à obtenir non seulement une provenance italienne — bien plus contrôlée — mais aussi de travailler une matière première plus noble !

Dans le très haut de gamme, la majorité des cuirs suédés sont en agneau. Je vous encourage à vérifier par vous-même : si vous prenez un cuir suède Tom Ford ou de chez James Grose, il s'agit toujours d'agneau, jamais de chèvre.

D'ailleurs, notre cuir de Toscane est originellement utilisé pour faire du shearling.

Et les marques qui peuvent se permettre de la peau lainée d'agneau plutôt que de mouton, italien par dessus le marché, sont des marques d'ultraluxe, tout simplement...

C'est aussi ce qui nous directement mis en confiance, car c'est vraiment un bon signe concernant la qualité des peaux.

Le cuir d'agneau que nous avons choisi est aussi utilisé dans la création de peaux lainées par des marques d'ultraluxe.

Concernant notre tannage, il est réalisé en Roumanie dans une tannerie familiale qui travaille avec des marques artisanales ou de luxe, et qui est certifiée REACH, comme toutes les tanneries européennes.

Pour la confection, cette tannerie s'associe ensuite avec son atelier voisin, spécialisé dans le montage des pièces en cuir, avec lequel elle travaille en étroite collaboration.

La question du prix pour un cuir de qualité

Bien que j'aborde rarement la question du prix dans nos articles, je dois le faire ici.

Pour faire simple : on ne peut pas tricher avec un cuir de qualité.

Même les marques habituées à distribuer en direct, avec des marges en-dessous du circuit classique du prêt-à-porter, peinent à vendre un blouson en chèvre indienne, fabriqué en Inde, à moins de 300 €...

Évidemment, n'espérez pas la moindre information sur la provenance du cuir, les conditions de tannage ou de montage à ce prix-là. Je préfère donc prévenir tout de suite : notre prix n'aura rien à voir, car le produit n'a rien à voir.

Nous serons juste en-dessous des 600 €, pour un blouson en velours d'agneau Toscan, au grain et à la texture riches, et une fabrication entièrement européenne du début à la fin. Plus grand chose à voir avec un sourcing de chèvre et une fabrication 100% Inde.

Pour vous donner une idée, dans le circuit classique, il serait vendu au moins 800 € chez une marque peu connue. Pour une marque plus hype, on peut allègrement dépasser les 1.000 €. Je reste donc très satisfait du rapport qualité/prix que nous proposons.

Les détails qui font la différence

Des bords-côtes pensés pour durer

Trop souvent négligés par les marques, ils ont fini par s'attirer les foudres des amateurs de beaux vêtements, qui tendent à s'en méfier sur les blousons. Ils sont parfois trop serrés, et dans une matière un peu cheap qui vieillit mal.

De notre côté, on a choisi de beaux bords-côtes, dans un solide mélange de laine (46 %), acrylique (46 %) et élasthanne (8 %), qui devraient bien tenir dans le temps et présentent une légère texture chinée que l'on apprécie beaucoup !

De bons bords-côtes en laine mélangée, solides et à l'aspect légèrement chiné. Le petit liseré apporte un détail plus racé !

La laine permet de donner une certaine noblesse à la matière, tant visuellement qu'au toucher. L'acrylique permet d'imiter la laine tout en apportant la solidité supplémentaire des matériaux synthétiques. Enfin, l'élasthanne amène la tenue et le stretch nécessaires à un bon confort.

On a aussi fait un petit travail esthétique sur le choix des couleurs.

Pour le blouson camel, on les a voulus ton sur ton, afin d'éviter un contraste trop fort avec une couleur claire (ce qui aurait donné un aspect trop "sport" à la pièce). Pour le vert, qui est plus sombre, on s'est permis de le contraster avec un coloris gris foncé, légèrement chiné lui aussi.

Enfin, notez ce petit liseré en relief au milieu des bords côtes, qui vient souligner les lignes du blouson !

Bords-côtes ton sur ton pour le modèle camel, et gris anthracite sur le vert forêt.

Un zip YKK, gamme Excella

Excella, le haut de gamme du fournisseur japonais et leader mondial YKK.

Une fiabilité, solidité, et une super sensation de glisse sur le zip ! C'est le genre de petit détail fonctionnel qu'on ne remarque qu'inconsciemment, qui donne naturellement envie de porter la pièce.

Un Zip "Excella" de chez YKK, solide, et qui glisse tout seul ! Notez que l'on a bien fait attention à choisir la couleur du zip ton sur ton avec le cuir, pour garder un rendu bien épuré.

Une belle doublure qui respire

On voulait que la doublure soit jolie, confortable et plus casual que celles en viscose habituellement présentes dans nos manteaux et vestes.

Sur un beau cuir suédé comme celui-ci, c'est tout de même plus sympa d'avoir une doublure en chambray, qui rappelle vos chemises casual préférées !

On a donc choisi ce chambray en coton-modal (76 % / 24 %) qui respire très bien, et dont la fluidité vous permet d'enfiler le blouson sans accrocs !

Comment se procurer les nouveautés du mois de février ?

 

Le blouson en cuir vert forêt, le blouson camel, le jean bleach ozone, la chemise col officier et la chemise kaki nid d’abeille sont disponibles sur notre e-shop !

Vous pouvez aussi les trouver dans nos boutiques à Paris, Lyon et Bordeaux.

Nicolò Minchillo Nicolò Minchillo

Moi, c'est Nicolò. Chez BonneGueule, je m'occupe des tests de marques, et évidemment de faire des vidéos de conseil avec Sape m'en Cinq. À côté de ça, je prête parfois main forte au pôle produit pour qu'on développe des vêtements inspirés, dans de super matières.
J'aime la funk, le jiu-jitsu brésilien, le bacon, les manteaux majestueux, les blousons en cuir et les belles boots.

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