Nos nouveautés en vidéo et nos brogues estivales en cuir suédé ☀️

Temps de lecture : 9 minutes

Publié par le 17 mai 2021

C'est l'heure des retrouvailles.

Retrouvailles avec le soleil, nos amis, les éclats de rire au grand air, les coupes de jus de tomate en terrasse mais aussi le plaisir de s'apprêter pour ces moments. C'est là qu'on intervient.

Ce samedi 22 mai, on vous propose de nouveaux vêtements. Le genre de vêtements dans lesquels on se sent beau, mis en valeur mais pas tiré à quatre épingles car ils sont aussi confortables et décontractés, à porter l'esprit léger. Dans cette collection capsule, pas de cravate ni de popeline mais :

  • Une paire de brogues en cuir suédé avec une semelle crêpe. Notre variante pour le printemps et l'été
  • Un blazer en lin et soie dans une couleur à part. Si confortable que vos épaules n'y verront que du feu
  • Une chemise en oxford japonais. Le retour aux sources
  • Trois polos en maille de lin et de coton. Se portent aussi bien avec un blazer qu'un bermuda, mais jamais les deux
  • Un pantalon gurkha en coton et chanvre. Parce que votre ceinture a droit à des vacances, elle aussi

Aujourd'hui, Benoit vous présente nos toutes nouvelles brogues !

Bonne lecture à tous !

Michel

Est-ce que ces chaussures ne sont qu'une "simple" déclinaison de nos premières brogues ? Oula non ! Entre le prototypage, le choix du cuir et la fabrication, sa conception a été toute une aventure !

Mais ça nous tenait vraiment à cœur de proposer une chaussure :

  • aux teintes printanières, couleurs "sable" et "terre",
  • très confortable grâce à la semelle crêpe,
  • polyvalente en termes de style, à porter pour un mariage ou simplement avec un bermuda pour se promener en bord de mer.

Et le tout, dans la même fabrication anglaise que nos premières brogues, afin de vous apporter la même satisfaction et le même enthousiasme que notre modèle Jack :

Pour résumer, il s'agit d'une paire de brogues :

  • "made in UK", au Royaume-Uni, près de Northampton, berceau historique du soulier anglais,
  • avec un cuir suédé italien,
  • et une semelle en crêpe italienne, venant du plus ancien fournisseur italien (1953 !) sur cette matière pleine de ressources.

Pourquoi une brogue estivale ?

Personnellement, c'est un type de chaussures auquel je me suis mis tardivement, alors qu'elles sont super pratiques.

Autant je déteste porter des chaussures habillées type richelieu avec un jean ou chino, autant la brogue "à l'anglaise" passe très bien avec des pantalons plus décontractés.

Si cette brogue vous donne envie de vous promener sur la côte, j'aurai réussi ma mission !

Evidemment, avec des pantalons ou un costume, le combo est parfait.

Pour donner un côté plus printanier à cette paire, il nous paraissait important de la doter d'une semelle en crêpe et d'un nouveau cuir, avec des tons plus ensoleillés, qui rappelleraient le sable d'une plage.

Mais comme vous allez le voir, le développement de ce projet fut épique !

L'aboutissement d'un projet empli de péripéties…

Je savais que le développement d'une nouvelle chaussure n'est pas un long fleuve tranquille, et j'en ai eu un bel aperçu avec le développement de ces brogues. Mais on finit toujours par y arriver, et c'est un peu le message officieux de cette paire : la persévérance paie.

Le nom officiel de cette chaussure est Genova, mais on pourrait sans problème la surnommer Résilience quand on voit d'où elle vient.

Reprenons tout dans l'ordre…

Prototype #1 : trop habillé

Le premier prototype nous fait prendre conscience d'une chose : on ne veut pas d'une paire trop habillée. Et ici, avec les lacets fins, les "dents" des perforations trop fines, le rendu n'est pas assez casual comme on le souhaite.

Et le cuir suédé est trop "plat", il manque de reflief et d'un "je-ne-sais-quoi"… On attend donc avec impatience le prototype #2…

Prototype #2 : on n'y est pas encore

Dans le développement d'un produit, il arrive toujours un moment où on reçoit un proto incohérent, où les instructions ont été comprises de travers. C'est le cas ici, avec une forme pas adaptée au pied, et surtout des perforations bien trop grosses. Regardez-moi la taille de ces dents !

Et on commence en parallèle à chercher un autre cuir, avec plus de relief.

A gauche, l'ancien cuir, avec un aspect très "plat". A droite, le nouveau cuir italien, avec bien plus de richesse dans la matière.

Prototype #3 : on y vient !

On teste un cuir italien, et… ça rend très bien ! Avec un joli relief, un aspect "moiré" comme on dit dans le milieu, c'est-à-dire avec un petit côté chatoyant à la surface, et un coloris tout en subtilité, bien travaillé à l'italienne.

Mais les œillets pour les lacets sont trop grands, les proportions du bout fleuri ne vont pas encore, et le fil blanc tranche trop avec le reste de la chaussure.

Prototype #4 : on affine !

C'est le moment où on peaufine le prototype :

  • on change la couleur du fil pour un visuel global plus harmonieux,
  • on retravaille le talon pour améliorer le confort,
  • et on élargit le devant de la chaussure pour avoir un rendu plus casual.

Ca y est, notre chaussure est prête ! Mais, mais, mais, les embûches ne sont pas terminées…

Une production impactée par le Covid

Le Made in UK a été très amoché par le Covid. En effet, historiquement, les fabricants anglais produisent des chaussures plutôt habillées, comme des brogues ou des richelieu.

Sauf qu'après une année rythmée par des confinements et le télétravail, la demande sur ce type de produit a énormément chuté, et Barker a malheureusement dû se séparer d'une soixantaine de salariés, quasiment un tiers de leurs effectifs.

Ils prévoient de les ré-embaucher dès que la demande remontera (dont ces brogues font partie), ce qu'on espère de tout cœur pour eux. Car n'oubliez pas notre motto : BonneGueule, c'est "Des Vêtements et des Hommes". Et là, plus que jamais, c'est d'actualité.

Acheter cette paire, c'est soutenir un savoir-faire anglais et le péréniser dans cette période troublée. Barker est ravi que l'on continue à travailler avec eux, c'est un engagement de notre part pour les soutenir.

De notre côté, ça nous a impactés parce que les délais étaient plus longs et qu'il a fallu encore plus anticiper une marge de sécurité.

Maintenant que ces brogues sont arrivées à bon port, on va pouvoir souffler un peu…

La cerise sur le gâteau : les douanes

Le Royaume-Uni ne faisant plus partie de l'Europe, les douanes anglaises croulent sous les envois à traiter, avec parfois un bon mois de retard.

Dans le cas de ces brogues, les douanes anglaises ont carrément renvoyé la marchandise à Barker car ils n'étaient tout simplement pas en mesure de les traiter. Et il a fallu attendre un peu et les renvoyer, mais au prix du sacrifice de notre marge de sécurité.

Voilà, vous savez tout sur les coulisses de cette paire, et cela nous rend d'autant plus fiers de vous les présenter.

Une fabrication "made in UK"

Nicolo a très longuement détaillé notre visite chez Barker, près de Northampton, berceau historique de la chaussure anglaise, je vous laisse lire son récit ici, vidéo à l'appui !

Vous y découvrirez en quoi le soulier anglais est spécifique et comment il est construit.

Un cuir suédé italien

Pour dénicher ce cuir, nous avons travaillé une fois de plus avec Cyril, notre agent spécialisé dans le cuir qui nous a déjà aidé pour notre cuir de cerf et notre perfecto.

Comme je l'ai dit, nous voulions un cuir suédé qui ne soit pas "plat", avec de la texture. On s'est donc tourné vers une tannerie italienne récente (crée en 2017) fondée par deux grands passionnés de cuir et spécialisée dans le cuir suédé.

Le résultat ? Un cuir suédé à la teinture sable/"dust" parfaitement dosée.

Je rappelle aussi les avantages du cuir suédé :

  • facile à entretenir (pas besoin de cirage, une brosse crêpe suffit),
  • ne marque quasiment pas les plis.

UN MONTAGE GOODYEAR TYPE "STORM WELT"

En ce qui concerne le montage, c'est du goodyear dit "storm welt", où la trépointe remonte légèrement sur la tige. Cela permet de renforcer l'étanchéité du montage (on reste sur du soulier anglais !).

Avant tout, voici un petit rappel de la différence entre du stormwelt et une construction "welted" plus classique :

On voit que la trépointe est plus haute dans le cadre d'un montage Storm Welt, cela rend la chaussure plus résistante aux intempéries.

Vous pouvez voir que la couture Goodyear fait tout le tour de la chaussure, on appelle ça un "talon baraquette".

Pourquoi une semelle en crêpe ?

Eh oui, habituellement, il est courant de voir des brogues avec une semelle classique. Alors pourquoi avoir voulu changer ?

Parce qu'une semelle crêpe est très confortable ! En fait, les milliers (millions ?) de bulles d'air emprisonnées dans le latex sont autant de petits coussins qui vont amortir vos pas.

Si vous avez une longue marche prévue dans la journée, ou que vous devez rester debout longtemps, c'est la semelle qu'il vous faut.

Et puis visuellement, j'aime bien cet aspect texturé qui décontracte cette chaussure.

Ici, c'est en plus une semelle qui a un des meilleurs grades de qualité : le grade PLC 1 (voir plus bas).

C'est un type de semelle dont la fabrication est très écologique :

  • pas de vapeur émise, de fumées ou de poudres,
  • pas de traitement chimique
  • les chutes de matières sont réutilisées, il n'y a pas de matière perdue

La semelle crêpe : le grand confort

Une matière travaillée depuis toujours un bon paquet de temps

Au commencement était un arbre : l'hévéa.

Et cet arbre, pour se défendre des agressions extérieures, produisait du latex .

Bien différent de la sève, le latex protège l'arbre de la blessure en formant une barrière protectrice.

Très tôt, les indiens d'Amazonie se rendent compte de l'utilité de cette matière : elle imperméabilise des tissus, sert à faire des balles et permet de faire bottes, comme le remarquent certains explorateurs dès le 15ème siècle, époque où la botte en caoutchouc était parfaitement inconnue en Europe.

Des chaussures d'indiens d'Amazonie, l'ancêtre de la sneaker ! Crédit photo : Dustin Holmes.

Puis après, la suite, vous la connaissez : le latex se décline dans les gommes à effacer, les toiles de montgolfière, les bretelles, une branche particulière de l'habillement, l'imperméabilisation de tissu (coucou le mackintosh), les pneus et… les semelles !

Comment fabrique-t-on une semelle en crêpe ?

C'est ce précieux lait d'hévéa qui est la base d'une semelle crêpe !

On récolte le latex en réalisant des entailles en spirale sur le tronc de l'hévéa.

De là s'écoule le lait d'hévéa (oui, ça s'appelle vraiment comme ça).

Puis, par un procédé industriel où chaque fabricant a sa recette secrète, ce liquide est séché, pressé et roulé en feuilles. Bref, il est manipulé dans tous les sens !

Ça, c'est une machine qui sert à laver les feuilles de crêpe.

Une semelle de grade PLC1

C'est avec une grande fierté que je vous annonce que parmi les trois grades de qualité pour une semelle en crêpe, on a le plus haut, le grade PLC pour Pale Latex Crepe, alors que la plupart du temps, c'est de l'EBS (Estate Brown Crepe) qui est utilisé chez les marques de chaussures.

Cela signifie que le grade PLC est composé uniquement, à 100%, de latex récolté de l'hévéa.

A l'intérieur de ce grade, il y a 4 catégories : le PL1X, le PLC1, le PLC2, et le PLC3 .

Et nous, c'est le PLC1 qui est utilisé !

En pratique, étant donné que les grades PLC ont le moins de caroténoïdes, ce sont les couleurs les plus claires, et donc celles qui sont vues comme les plus luxueuses.

Inversement, c'est donc pour cette raison que sur des chaussures cheap, les semelles crêpes ont une couleur qui tirent franchement dans le marron.

Note : Jacques & Demeter a fait un super article sur la semelle crêpe ! Je vous en recommande chaleureusement la lecture !

Les avantages de la semelle crêpe

Forcément, la première raison pour laquelle je voulais une semelle crêpe, c'était pour le confort.

En effet, sa structure interne emprisonne des milliers d'alvéoles remplies d'air qui absorbent les chocs lors de la marche.

C'est d'ailleurs pour cette raison que le corps médical utilise depuis longtemps des semelles crêpe pour les personnes ayant des maux de dos.

Donc si vous voulez avoir une tenue habillée ET marcher pendant des heures sans vous asseoir (typiquement : une journée de shopping ou de rendez-vous), prenez une chaussure avec une semelle en crêpe !

Et forcément, qui dit "micro coussins d'air" dit "isolation contre les sols froids". Les amateurs de semelle Vibram comprendront de quoi je veux parler…

C'est une semelle qui est évidemment très souple, ce qui donne là aussi un grand confort lors de la marche.

Et enfin, la semelle crêpe a un impact environnemental minime car un hévéa peut produire du latex pendant plusieurs dizaines d'années.

Parce que je vous ne cache rien : les limites de la semelle crêpe

J'aurais pu m'arrêter là et vous dire que la semelle crêpe, c'est le pied c'est le top. Mais à l'instar de la laine ou du cuir, et comme toute matière naturelle, la semelle crêpe est "vivante", c'est-à-dire qu'elle réagit à son environnement.

Par exemple, elle réagit très mal aux hydrocarbures et aux solvants type white spirit ou acétone.

Alors certes, ce n'est pas tous les jours qu'on marche dans une flaque d'acétone, mais je le précise au cas où !

Sur la résistance, certains disent qu'une semelle en crêpe peut s'user plus vite qu'une semelle classique mais mon expérience ne me permet pas de l'affirmer.

Je possède en effet deux paires de chaussures en semelle crêpe, que j'ai portées intensivement, et j'ai vraiment rien constaté d'anormal.

J'ai presque l'impression qu'elles s'usent moins vite qu'une semelle classique, thèse aussi soutenue par des partisans de la semelle crêpe.

De ce fait, je pense que sur une semelle crêpe de mauvaise qualité, l'usure est plus prématurée, exactement comme une semelle de sneakers finalement.

Par contre, une semelle en crêpe peut se ressemeler contrairement à ce qu'on pense, mais certains cordonniers rechignent à le faire. L'atelier Maubeuge est recommandé pour cette opération.

Prenons ensuite le vieillissement dans le temps : oui, une semelle crêpe s'assombrit avec le temps. Dire le contraire serait un mensonge commercial.

On peut la nettoyer pour enlever les parties sombres, mais personnellement, ça ne me dérange pas plus que ça, je n'ai pas peur des marques du temps qui passe sur mes chaussures.

Mais qu'on soit bien clair : toutes ces contraintes ne pèsent pas grand chose face au confort et au "look" d'une semelle en crêpe.

À suivre...

Demain, je vous présente notre blazer en lin et soie dans une couleur très particulière.

Et voici la suite du programme :

  • Jeudi soir, Michel vous présente notre chemise oxford et nos trois polos
  • Vendredi à midi, il vous dévoile notre pantalon gurkha
  • Vendredi à 18h, on répond à toutes vos questions en live sur notre page Instagram

À demain !

Comment vous procurer ces nouvelles pièces ?

Rendez-vous sur notre e-shop et dans nos boutiques de Paris 3eParis 6eLyon et Bordeaux.

Et pour ne rien louper de nos lancements, inscrivez-vous ici :

Benoît Wojtenka Benoît Wojtenka

J'ai fondé BonneGueule.fr en 2007. Depuis, j'aide les hommes à construire leur style en leur prodiguant des conseils clairs et pratiques, mais aussi des réflexions plus avancées. J'aime aussi le techwear, les matières japonaises, le sport et le thé.

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