Nicolò : Mes obsessions 2019, mes envies 2020

Temps de lecture : 8 minutes

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Après avoir lu les obsessions de Jordan, David, et de Michel, voici venu mon tour de vous partager ce qui m'a marqué durant l'année passée, et ce qui risque fort de m'animer pour l'année à venir.

MES OBSESSIONS VESTIMENTAIRES EN 2019

1- Des pantalons à la taille plus haute

On ne va pas se mentir : ce n'est pas là par pur hasard, et si on est plusieurs dans l'équipe à y avoir été sensibles, c'est aussi parce que c'est, depuis quelques années, quelque chose qui apparaît de plus en plus sur le devant de la scène.

Mais parfois, l'exposition à une tendance peut s'avérer plus avantageuse pour certains que pour d'autres. Je fais exemple de mon cas ici, parce que pour moi et mes jambes courtes et trapues, il s'avère qu'une taille plus haute rééquilibre particulièrement bien ma silhouette.

J'ai de la chance du coup, beaucoup plus de chance qu'à l'époque où les coupes les plus à la mode demandaient, idéalement, une morphologie très différente de la mienne pour être portée.

Au passage, mes pantalons ont évidemment gagné en ampleur, mais là dessus, j'aimerais prêcher un peu la modération.

S'il peut-être tentant de se dire d'un coup "je ne veux plus que ça, c'est trop bien !", j'ai la ferme conviction que suivre une tendance "jusqu'au bout" ne peut amener qu'à des regrets, lorsque, en fin de route, elle montrera ses limites et s'essoufflera.

J'ai donc quelques pantalons plus amples, mes coupes "slim" sont devenues beaucoup plus "semi-slim", mais je ne prévois pas pour l'instant d'adhérer aux ouvertures de jambes rocambolesques et d'avoir du tissu sur mes chevilles qui flotte au vent, tel le pavillon d'un navire.

L'exemple montré plus haut est super cool quand toutes les pièces autour sont pensées pour que ça marche, mais c'est un parti pris fort, pas quelque chose qu'on peut choisir comme "standard par défaut".

De même, je me suis ravisé quand à l'idée de tout en prendre en taille "vraiment haute" : certains pantalons, tels que les jogpants dont l'esprit doit rester assez décontracté, me vont mieux avec une taille mi-haute voire tout à fait moyenne.

Pareil pour les jeans dont la toile plus rigide permettent un rendu "anatomique", qui suit le corps, où je trouve que trop d'ampleur donne rapidement le rendu d'un sac, à moins d'adapter toutes ses fringues au port d'une silhouette loose (ce qui n'est pas mon parti pris).

2 - Les pulls en cachemire portés à même la peau (ou presque)

L'année dernière, j'étais dans une phase où je voulais plutôt de la maille très très texturée, très originale. Et ma foi, c'est toujours quelque chose qui m'intéresse, mais cette année, j'ai fait la re-découverte du cachemire.

Au tout départ de mon parcours, j'avais le fantasme assez simpliste de me dire qu'une penderie "idéale" ne serait que composée de pulls en cachemire. Après tout, n'était-ce pas le plus précieux, le plus chaud, le plus doux des matériaux ?

Avec le temps, j'ai vite constaté qu'il était stylistiquement bien plus intéressant d'avoir de la variété, pour apporter une richesse visuelle, que de pouvoir s'extasier devant le plaisir quasi-compulsif du "tout en cachemire". Alors, entre ça et le ticket d'entrée nécéssaire pour acquérir du bon cachemire, j'ai tout simplement délaissé cette matière de ma garde robe.

pull cachemire à même la peau

C'est tout bête, mais le pull ne pourrait pas tomber avec autant d'aisance et de fluidité s'il était dans une laine rugueuse et un tricot moins lisse. Ni s'il était porté avec un tee épais en dessous. (Pull From Future, pantalon Claudio Mariani)

Et puis l'expérience m'a apporté un nouveau regard sur la matière, particulièrement sur son tombé : oui c'est doux, mais surtout, c'est doté d'une fluidité sans pareil. Et une maille entièrement en cachemire drape le corps du porteur d'une façon particulièrement avantageuse... Et c'est beaucoup, BEAUCOUP plus remarquable sans une couche intermédiaire entre les deux.

J'admets aussi volontiers que la pratique de la musculation (même en dilettante) a changé mon corps ,et que ce changement a nécessairement modifié la façon dont je veux le mettre en avant ou non.

Problème : porter le cachemire à même la peau demande pas mal de lavages . La solution selon-moi ? Posséder des tee-shirts particulièrement fins et respirants, donc l'unique rôle dans votre garde-robe sera d'être porté sous vos pulls sans ajouter d'épaisseur. Je réfléchis d'ailleurs à faire un article pour répondre à ce besoin...

3 - Les pièces ceinturées

Blazer ceinturé, manteau ceinturé, pantalon ceinturé...

Je n'envisage presque plus de tenues, sauf les plus décontractées, sans trouver un moyen de marquer la taille.

C'est peut-être de là aussi de la coquetterie due au sport. Ou peut-être que je me suis simplement fait à l'idée que, du haut de mes 1m71 autant profiter de cet élément qui est peut-être la seule chose que j'aie de "facile" à habiller sur ma morphologie.

Sur la photo ci-dessus, je porte un pantalon ceinturé sous une saharienne (donc, veste ceinturée par essence). Que la tenue soit ouverte ou fermée, la taille reste marquée. Une eshtétique qui peut-être flatteuse pour les hommes comme pour les femmes, et on comprend assez bien qu'elle ait autant plu à nombre de nos ancêtres, un peu partout durant les années 30 jusqu'à aujourd'hui.

4 - Les camaïeux de tons neutres

Michel vous a parlé des camaïeux de beige et marron plus tôt, eh bien pour moi, c'est un peu la même chose ici.

Encore que, j'applique aussi ce principe au gris, au blanc, et même au bleu, dans une moindre mesure.

Ce mode de fonctionnement procure également un avantage considérable à votre garde-robe : une très grande polyvalence des pièces entre elles. La contrepartie, c'est que les textures deviennent d'autant plus importantes, et que vous ne pouvez plus trop vous permettre d'enchaîner les juxtapositions matières lisses.

Mais bon, ça tombe bien puisque c'est naturellement ce vers quoi je m'oriente.

Selon moi, c'est une pratique qui convient d'autant plus à l'hiver qu'elle donne des tenues qui n'ont pas besoin d'un soleil éclatant pour révéler leur plein potentiel. Au contraire, elles s'accommodent très bien d'un ciel grisâtre, de lumières artificielles

 

Le bleu n'est pas ce que l'on peut légitimement appeler "une couleur neutre".

En revanche, c'est là aussi une couleur suffisamment facile pour qu'une tenue qui ne soit composée que de nuances de bleu ne soit pas une d'une extrême agressivité pour la rétine.

J'ai remarqué que c'était le choix que j'adoptais presque par automatisme dès qu'il y avait plus de soleil, puisqu'il permet pour le coup à toutes les différentes nuances de s'exprimer.

MES ENVIES POUR 2020

1- La Ranger Belt de mes rêves

Désormais habitué à des pantalons dont les ceintures sont dotées de moult fioritures, quand je reviens à mes jeans, j'ai envie de porter quelque chose d'un peu plus fort qu'une ceinture normale ! Et là vous allez certainement me dire...

"Mais Jordan il a déjà parlé de ces ceintures western !"

Eh oui, je sais que voulez-vous, j'aime ça aussi. Mais figurez-vous qu'une ranger belt n'est pas exactement une ceinture western. Là où la ceinture western est avant tout définie par la forme de sa métallerie, évocatrice de l'américana, la "Ranger Belt" ne peut en être une qu'avec un forme spécifique de ceinture :

Ceinture de chez Adriano Meneghetti, malheureusement indisponible désormais... Mais je trouverais, je ne m'en fais pas.

Ce sont ces ceintures qui sont large sur le milieu, et s'affinent nettement sur les extrémités, là où elle s'attache. Les longueurs sont pensées de façon à provoquer un jeu de superposition, où la partie fine vient se poser par dessus la partie large.

Mise à part l'originalité, qui est déjà un attrait en elle-même, il y a autre chose qui me plaît sur cette forme : on bénéficie à la fois du côté un peu sophistiqué d'une ceinture fine, qui semble s'attacher avec délicatesse à votre taille, et à la fois de l'équilibre visuel, et de l'apparence plus masculine qu'évoquent trois ou quatre bons centimètres de largeur de ceinture.

ranger belt western ceinture

Evidemment les ranger belts sont aussi dotées de la métalerie caractéristique de toutes les ceintures western, plus décorative.

2 - De vraies chaussures formelles

Et je les veux spécifiquement choisies pour sublimer des costumes. Le temps où je pouvais avoir "quelques paires à tout faire" est révolu. C'est un phénomène récurrent lorsque votre garde-robe s'agrandit : la polyvalence perd de son attrait, et vous vous mettez à désirer des pièces qui remplissent un rôle très spécifique, mais le remplissent à merveille.

Et franchement, ces chaussures Meccariello me donnent envie de porter du formel plus souvent. Passez moi un mouchoir, je bave sur mon clavier...

3 - De vrais vêtements adaptés à mon activité sportive

Des Nike Metcon 4, un short Triple Aught design, et des tees techniques respirants... Voilà ce qu'il me faut pour aller à la salle avec plus de confort, d'efficacité, et disons-le, un peu de style parce que ça ne fait pas de mal non plus.

chaussures nike metcon 2

Nike est loin d'être exempt de défauts, mais pour ce qui est d'avoir des chaussures adaptées pour soulever des charges très lourdes (il faut un à la fois bon maintien et un support le plus incompressible possible, surtout pas de machins pleins d'air !), difficile de faire mieux en rapport qualité/prix/style...

À l'heure actuelle j'y vais avec un vieux jogging et un marcel ou un tee-shirt basique, ainsi qu'une paire de running.

Et sincèrement, ça peut tout à fait suffire, mais il y a une satisfaction indéniable à avoir sa petite panoplie dédiée à une activité que l'on pratique plusieurs heures par semaine.

Sans compter que, si la différence sur le plan du confort est moins notable en hiver, c'est bel et bien en été que je regrette amèrement de ne pas avoir de tenue adaptée.

short sport technique

Le fameux short Triple Aught Design que javais sélectionné à la fois pour son style et sa technicité.

4 - De la workboot créative

Les boots et moi, c'est une longue histoire d'amour. Qu'elles soient formelles, casual, workwear, extravagantes, ou sobres, j'aime les boots.

Et ces temps-ci, je rêve d'un type de boot très spécifique : une boot plutôt casual, qui allie à la fois quelque chose de baroudeur, et une touche de créativité.

Ca vous paraît simple comme ça ?

Eh bien détrompez-vous.  Le truc, c'est qu'il n'y a pas meilleur exemple de boots casual que celles issues des marques inspirées du workwear et de l'héritage américain : Redwing, Wolverine 1000 Mile, Viberg, Oakstreet Bootmakers...

Mais ces marques ont deux inconvénients à mes yeux : d'une part, c'est très cher par rapport à ce que ça propose d'un point de vue technique. Ce sont des boots assez rustiques que l'on se doit, en pauvres petits européens que nous sommes, de payer à prix d'or parce qu'elles souffrent des coûts de transport et d'importation.

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Et le second inconvénient, c'est que qui dit "héritage" dit "tradition", et qui dit "tradition" dit... Potentiellement moins d'originalité.

C'est là qu'interviennent une flopée de petites marques indonésiennes, dont je vous présente les trois meilleurs représentants : Sagara Bootmaker, Txture, et Onderhoud. Elles travaillent toutes en production à la commande, et chaque paire est personnalisée selon les spécifications du client.

Non seulement la qualité a l'air très élevée et alignée sur des standards artisanaux avec beaucoup d'opérations manuelles, mais en plus il y a une vraie volonté de surprendre, de régaler l'oeil, d'innover sur les couleurs, les détails, les textures... Cerise sur le gâteau, les prix semblent beaucoup plus contenus, avec un ticket d'entrée à partir de 200$ environ chez Texture.

J'ai même essayé de démarcher ces marques pour leur proposer un test sur BonneGueule, mais je crois que ça ne se fera pas.

Pour une raison qui m'échappe, ces artisans ont soit totalement ignoré mes messages, soit eu une réaction presque offensée à l'idée de nous envoyer une paire pour que nous en fassions la critique. Mais je ne perds pas espoir, et je pense de toutes façons m'en acheter une dans le courant de l'année ! Impensable pour moi de ne pas voir une paire de près (particulièrement de la marque Txture, dont les designs me plaisent beaucoup.)

Et voilà, c'est tout pour moi.

Bah quoi c'est vrai, faut bien que j'en garde un peu sous le coude, tout de même !

Nicolò Minchillo Nicolò Minchillo

Moi, c'est Nicolò. Rédacteur depuis 4 ans (déjà! ça passe vite) chez BonneGueule.

J'écris des articles et je crée des vidéos sur notre chaîne YouTube, à savoir Sapristi, Sape m'en Cinq... et tous les trucs qui commencent par "Sape". Le tout avec un certain amour pour le débat.

À côté de ça, je prête main forte au pôle produit pour qu'on développe des vêtements inspirés, dans de super matières.

J'aime la funk, le bacon, les manteaux majestueux, le tailoring revisité, les blousons en suédé et les belles boots.

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