Reportage : Naples, ville historique du savoir-faire italien #2

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Suite et fin de notre reportage sur le savoir-faire napolitain.

Interview de Mauro Squillace, maître gantier (Omega Guanti)

Mauro assis à son bureau, sur lequel repose une montagne de gants.

Naples est aussi la capitale historique du gant en cuir. Cet art de la ganterie a débuté dès le XVIIIème siècle, et ce savoir-faire s’étend rapidement, notamment au XIXème grâce au soutien des Bourbons. Parmi les plus grands détenteurs de cet artisanat, la maison Omega Guanti, fondée en 1923, est le plus ancien atelier de ganterie de Naples.

Le procédé de fabrication suit un montage extrêmement précis et artisanal. Le respect de cette tradition est assuré par Mauro, qui représente la troisième génération de la famille Squillace, à la tête d’Omega Guanti. Pour commencer, il achète son cuir auprès de fournisseurs dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Ce cuir est traité et teint dans un site non loin de Naples. Ensuite, une fois le cuir réceptionné, les artisans experts étirent, découpent, cousent et finissent chaque étape de fabrication du gant à la main ; avec la lumière naturelle pour mieux distinguer les nuances de couleur.

Pas moins de 25 opérations de manutention sont nécessaires pour finir un gant (imaginez les contrôles de qualité). Les artisans utilisent encore des machines à coudre mécaniques (non-électriques) Singer des années 1900, pour honorer toujours plus le savoir-faire de la Maison Omega. Une fois les gants finis, Mauro les vérifie un par un avant qu’ils soient envoyés aux points de vente.

Dans cette vidéo, vous apprendrez comment reconnaître des gants de qualité, et vous pourrez suivre quelques étapes de fabrication.

Retrouvez une sélection de gants Omega Guanti.

Interview d'Anna Matuozzo, artisan chemisier

chemise Anna Matuozzo

Dans cet élan artisanal qui fait tout à l’ancienne et sans machines, il y a aussi Anna Matuozzo. Cette femme est probablement l’une des dernières chemisières à travailler de cette façon, avec ses filles Simona et Antonella. Quand on sait qu’elle a travaillé pendant 20 ans pour la prestigieuse Maison Rubinacci, on ne peut que comprendre son envie de perpétuer la tradition artisanale de la manufacture napolitaine. Son nom et son savoir-faire sont reconnus à l’international.

Mais alors comment Anna Matuozzo conçoit-elle une chemise ? Le client choisit son tissu et sa couleur, Anna s’occupe de la coupe et du patronage. Ses filles vont s’assurer que le montage soit bien respecté et coudront ensuite le tout à la main. La personnalisation des chemises vont au-delà de ce que l'on voit habituellement : chez Anna Matuozzo, les chemises sont adaptées à la morphologie, au visage, ou encore à la couleur de peau du client. Une vraie dimension "conseil" est présente au sein de la petite entreprise. Bien entendu, l’épaule napolitaine (la vraie) est présente dans les chemises sur-mesure d’Anna Matuozzo.

D'ailleurs, Romée des Croquis Sartoriaux en a fait une satire, car on a l'habitude de dire d'une veste napolitaine qu'elle a une "spalla camicia" (l'épaule de chemise). Le monde à l'envers, n'est-ce pas ?

croquis sartoriaux spalla camicia

Maintenant, vous allez apprendre ce qu'est-ce qu'une chemise napolitaine, et surtout : comment reconnaître une chemise de qualité !

Retrouvez une sélection de chemises Anna Matuozzo ici.

J'espère que vous en savez désormais plus sur Naples et ses savoir-faire ancestraux qui perdurent toujours. J'aimerais remercier tous les artisans qui nous ont ouvert les portes de leurs ateliers ; mais également Sadri et Julien de Zampa di Gallina, qui ont su nous guider et donner à Long (notre chef de projet vidéo) les meilleures adresses pour profiter de l'art culinaire napolitain. En parlant de Long, je voudrais également le remercier chaleureusement, pour m'avoir suivi dans la fournaise napolitaine avec sa bonne humeur tout son matériel.

Stàteve Buòn' !

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  • Benoit – BonneGueule

    Merci Guilhem ! Je comprends tout à fait ton point de vue, il n’y a rien de plus personnel que le vêtement que l’on porte, c’est donc normal qu’il y ait tout autant de manières de l’expliquer et de la raconter.
    De notre côté, il ne faut pas oublier que nous sommes encore très jeunes sur le format vidéo, on y va pas à pas 😉 Ca demande beaucoup d’organisation et de moyens (je te laisse imaginer le coût d’envoyer et d’héberger deux personnes à Florence pour le Pitti pendant plusieurs jours), mais petit à petit on se rôde et on espère proposer de plus en plus des formats longs.

  • Nicolò – BonneGueule

    Bonjour GC !

    Merci pour ton retour !
    Je ne comprends cependant pas trop ce que tu reproches au reportage sur le Pitti, qui m’a semblé avoir beaucoup plu, au contraire.

    Pour ce qui est du langage, c’est un choix : on souhaite justement démocratiser et mettre à la portée de tous ce savoir-faire souvent perçu comme inaccessible. 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Julien d’avoir accompagné notre Luca officiel dans son périple 😉

  • Luca – BonneGueule.fr

    Merci beaucoup pour ton retour ! Bien joué 😉

  • Excellent article(s) Luca et Long, très honoré d’y etre associé ! 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Gouhouf.

    Si la seule chose qui te pose un problème sont les marques qui misent tout sur leur com’ et rien sur leurs produits, alors nous sommes d’accord, toi, moi, BonneGueule, et probablement la majeure partie de nos lecteurs 😉

    Mais sache que Ralph Lorren et Burberry ont diverses lignes, et que certaines valent vraiment leurs prix.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Gouhouf.

    Je crois que tu accordes beaucoup trop d’importance au mot « tradition ». Dans ce contexte-ci, prends-le simplement pour ce qui l’est : un héritage qui découle d’une longue période de pratique de tel ou tel art, coutume, artisanat, ou autre. Et ça n’est nullement incompatible avec l’amélioration au fil du temps.

    Je pense qu’à force de trop théoriser, tu es passé à côté de certains faits : si je prends l’exemple des tailleurs napolitains, les coupes ont évolué, les matières utilisées ont évolué aussi.

    De même, la fabrication n’est pas devenue partiellement, industrielle, ce n’est pas par simple esprit de conservatisme, mais parce qu’il s’avère que le « fait main » pratiqué par un artisan talentueux est, pour l’instant, plus qualitatif que la machine. L’idée d’une « super machine » qui irait au delà n’est pas irréaliste, mais reste de l’ordre du pur concept pour le moment.

    Pour le snobisme, je pense que tu te fais une fixette. En quoi serait-il snob pour un acheteur de se diriger vers des produits qui lui plaisent et dont il a une idée, même vague, de l’excellence ? Lui faut-il le mérite d’être un expert pour qu’il ait le droit de se les procurer ? Le snobisme est une attitude, une mentalité, pas un ensemble de marques.

  • Benoit – BonneGueule

    Merci Matt !

  • Luca – BonneGueule.fr

    Quel retour ! Merci beaucoup pour ce commentaire détaillé, ça nous fait extrêmement plaisir. Je transmets à Long.
    Nous essayons sans cesse de s’améliorer dans les reportages, que ce soit dans la technique ou dans le contenu.
    De belles surprises arriveront très vite 🙂

  • Nicolò – BonneGueule

    Tout à fait juste !

  • Luca di toni

    Au passage, certains des produits proposés sur le site ne sont pas hors de porté.
    Une cravate à 40€, des gants en cuir à 80€… c’est quasi équivalent à des nombreuses bouses trouvables partout en PAP.

  • Luca di toni

    Au passage, certains des produits proposés sur le site ne sont pas hors de porté.
    Une cravate à 40€, des gants en cuir à 80€… c’est quasi équivalent à des nombreuses bouses trouvables partout en PAP.

  • Luca di toni

    Au passage, certains des produits proposés sur le site ne sont pas hors de porté.
    Une cravate à 40€, des gants en cuir à 80€… c’est quasi équivalent à des nombreuses bouses trouvables partout en PAP.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Ghani !

    Merci pour ton retour !

    Pour le col, je ne trouve pas la différence énorme. Effectivement si tu as une très très petite carrure, ce n’est pas conseillé. Mais pour une carrure normale, aucun souci.

    Il est important aussi de rester cohérent avec la veste que tu portes par dessus la chemise en question : si les revers son très fins (ce que l’on déconseille de toutes façons), là oui, le rendu sera bizarre. 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Chris !

    Merci pour ton retour !

    Honnêtement, quand tu es dans ces niveaux de qualité là et que tu as déjà fais le choix d’un budget conséquent, je te conseille de marcher au coup de coeur (raisonné quand même) 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Bonjour Gouhouf.

    Je trouve que c’est un sacré raccourci que de dire que le « traditionnel » équivaut au « folklorique ». Il y a certes des acteurs (sur tous types de marchés d’ailleurs), qui utilisent ce mot uniquement comme un argument marketing qui excite l’imaginaire de l’acheteur potentiel… Mais ça ne veut pas dire que l’artisanat n’a pas sa valeur propre.

    Le parallèle de « fiction historique » que tu fais est intéressant (même s’il n’est pas vraiment démontrable), et c’est vrai que c’est amusant de se demander « comment ce serait si »…
    Cependant la question n’est pas tellement de savoir quelle est la vision du meilleur mode de production selon l’époque, ou comment les mots et leurs définitions évoluent à travers le temps.
    Le vrai constat est que l’artisanat, tel que nous l’entendons aujourd’hui avec son héritage et ses innovations, lorsqu’il est pratiqué à des niveaux tels que ceux présentés ici, est capable de produire des produits d’une qualité que la fabrication industrielle ne peut pas égaler.

    Et si tu remarques que je ne parle pas de vêtements en particulier, c’est normal : je pense que c’est un constat qui s’applique a de nombreux domaines.

    Pour revenir sur les vêtements précisément : non, le PAP n’est pas un démon, et je ne pense pas avoir lu ou entendu ça où que ce soit, d’ailleurs. Il a ses avantages, et il est indispensable même aux plus sartorialiste des hommes (Les chaussettes et les caleçons sur mesure, c’est pas monnaie courante).

    Pour ce qui est du snob, du geek, du statut… Honnêtement, tout ça se passe dans la tête de celui qui décide de percevoir le vêtement comme snob (ou de celui qui veut se donner l’air snob et qui achète un vêtement pour ça).
    Ce serait une erreur de jugement que de penser que ça prend le dessus sur la passion d’un produit beau, fabriqué avec un désir d’excellence en tête. Le prix final n’est que le reflet de l’absence de compromis qui est requise pour arriver à de tels résultats. C’est l’essence de ces (vrais) produits de luxe, et si on essaye de les appréhender comme un consommable, on passe forcément à côté, et du coup on se retrouve entre incompréhension et sentiment d’exclusion. Ce sont ces produits qui sont conçus « pour être conçus » autant voire plus que des produits conçus « pour être achetés par », et il ne faut pas l’oublier.

    D’ailleurs, à titre personnel, je n’ai pas et ne suis pas prêt d’avoir les moyens de me payer quelque chose du genre. Et pourtant je trouve ça super de pouvoir admirer, tout simplement, et d’acquérir par la même occasion de vrais points de repères qui permettent du coup de situer le qualité de n’importe quel vêtement.

    Et d’ailleurs, tout ça n’est en rien incompatible avec un intérêt marqué pour d’autres types de vêtements plus accessibles. Merci au passage pour ton soutien en ce qui concerne notre travail là dessus 😉

    A bientôt.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Koncassor.

    Merci pour ce retour plein de superlatifs, décidément très flatteur ! 🙂

    Tu as tout à fait raison sur le point de la comparaison : moi-même je ne peux pas me permettre (pour l’instant) de me payer des pièces de ce genre, mais c’est très bien d’observer, de s’informer et d’admirer pour avoir une véritable idée de la qualité des produits sur le marché.

    PS: Je vais te livrer un secret… En fait, c’est en s’intéressant à ces produits que tu deviens le « geek sartorialist un peu perché » dont tu parles 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Tupac !

    On l’attend, alors 😉

  • Luca – BonneGueule.fr

    Bien joué ! C’est Sadri qui va être content 🙂

  • Tolst

    -Monde de merde!

    -Sheraf. Tu connais pas Sheraf? C’était un groupe ils étaient number one.

  • Benoit – BonneGueule

    Hello,

    Merci pour ton retour, tu as tout à fait le droit de ne pas aimer le style et l’image de la marque de Garçonne et Chérubin, mais si Constance et Florian ont apprécié le design et la qualité des produits (et c’est pas les plus novices en matière de vêtements), je ne vois pas pourquoi ils diraient le contraire dans leur article 😉

    Pour Zapa, je veux bien croire que tu n’aies pas foi dans la qualité de leurs produits, mais Romain démontre de manière spécifique, rationnelle, argumentée que le cuir testé est de bonne qualité. Il avance des faits et là aussi, il est loin d’être novice sur ce genre de produit.

    Mais encore une fois, tu as le droit d’avoir des avis contraires, c’est cette variété de points de vue qui rend les commentaires de chaque article très intéressants à lire !

    PS: merci pour les compliments pour cette série d’article sur Naples ! C’est vraiment le genre de format qu’on aimerait développer, mais tu le devines, c’est un format très coûteux (on a entièrement payé le voyage de Long et Luca de notre poche, et on n’a pas reçu le moindre centime pour le tournage).

  • Luca – BonneGueule.fr

    C’est toujours un énorme plaisir de lire ton retour Abdelhamid, et avec plaisir pour le voyage !

    Pour la chemise, c’est une Samson coupée dans un tissu Thomas Mason.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Guillaume !

    Merci pour ton retour ! Effectivement, c’est aussi pour ça qu’on aime vous montrer ces choses là ! Ce sont des produits de valeur, et tout le monde n’a pas forcément les moyen de les acquérir, mais ça apprend beaucoup de choses et ça donne une référence globale en terme de qualité 🙂