Reportage : Naples, ville historique du savoir-faire italien #2

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Suite et fin de notre reportage sur le savoir-faire napolitain.

Interview de Mauro Squillace, maître gantier (Omega Guanti)

Mauro assis à son bureau, sur lequel repose une montagne de gants.

Naples est aussi la capitale historique du gant en cuir. Cet art de la ganterie a débuté dès le XVIIIème siècle, et ce savoir-faire s’étend rapidement, notamment au XIXème grâce au soutien des Bourbons. Parmi les plus grands détenteurs de cet artisanat, la maison Omega Guanti, fondée en 1923, est le plus ancien atelier de ganterie de Naples.

Le procédé de fabrication suit un montage extrêmement précis et artisanal. Le respect de cette tradition est assuré par Mauro, qui représente la troisième génération de la famille Squillace, à la tête d’Omega Guanti. Pour commencer, il achète son cuir auprès de fournisseurs dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Ce cuir est traité et teint dans un site non loin de Naples. Ensuite, une fois le cuir réceptionné, les artisans experts étirent, découpent, cousent et finissent chaque étape de fabrication du gant à la main ; avec la lumière naturelle pour mieux distinguer les nuances de couleur.

Pas moins de 25 opérations de manutention sont nécessaires pour finir un gant (imaginez les contrôles de qualité). Les artisans utilisent encore des machines à coudre mécaniques (non-électriques) Singer des années 1900, pour honorer toujours plus le savoir-faire de la Maison Omega. Une fois les gants finis, Mauro les vérifie un par un avant qu’ils soient envoyés aux points de vente.

Dans cette vidéo, vous apprendrez comment reconnaître des gants de qualité, et vous pourrez suivre quelques étapes de fabrication.

Retrouvez une sélection de gants Omega Guanti.

Interview d'Anna Matuozzo, artisan chemisier

chemise Anna Matuozzo

Dans cet élan artisanal qui fait tout à l’ancienne et sans machines, il y a aussi Anna Matuozzo. Cette femme est probablement l’une des dernières chemisières à travailler de cette façon, avec ses filles Simona et Antonella. Quand on sait qu’elle a travaillé pendant 20 ans pour la prestigieuse Maison Rubinacci, on ne peut que comprendre son envie de perpétuer la tradition artisanale de la manufacture napolitaine. Son nom et son savoir-faire sont reconnus à l’international.

Mais alors comment Anna Matuozzo conçoit-elle une chemise ? Le client choisit son tissu et sa couleur, Anna s’occupe de la coupe et du patronage. Ses filles vont s’assurer que le montage soit bien respecté et coudront ensuite le tout à la main. La personnalisation des chemises vont au-delà de ce que l'on voit habituellement : chez Anna Matuozzo, les chemises sont adaptées à la morphologie, au visage, ou encore à la couleur de peau du client. Une vraie dimension "conseil" est présente au sein de la petite entreprise. Bien entendu, l’épaule napolitaine (la vraie) est présente dans les chemises sur-mesure d’Anna Matuozzo.

D'ailleurs, Romée des Croquis Sartoriaux en a fait une satire, car on a l'habitude de dire d'une veste napolitaine qu'elle a une "spalla camicia" (l'épaule de chemise). Le monde à l'envers, n'est-ce pas ?

croquis sartoriaux spalla camicia

Maintenant, vous allez apprendre ce qu'est-ce qu'une chemise napolitaine, et surtout : comment reconnaître une chemise de qualité !

Retrouvez une sélection de chemises Anna Matuozzo ici.

J'espère que vous en savez désormais plus sur Naples et ses savoir-faire ancestraux qui perdurent toujours. J'aimerais remercier tous les artisans qui nous ont ouvert les portes de leurs ateliers ; mais également Sadri et Julien de Zampa di Gallina, qui ont su nous guider et donner à Long (notre chef de projet vidéo) les meilleures adresses pour profiter de l'art culinaire napolitain. En parlant de Long, je voudrais également le remercier chaleureusement, pour m'avoir suivi dans la fournaise napolitaine avec sa bonne humeur tout son matériel.

Stàteve Buòn' !

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  • Benoit – BonneGueule

    Merci Guilhem ! Je comprends tout à fait ton point de vue, il n’y a rien de plus personnel que le vêtement que l’on porte, c’est donc normal qu’il y ait tout autant de manières de l’expliquer et de la raconter.
    De notre côté, il ne faut pas oublier que nous sommes encore très jeunes sur le format vidéo, on y va pas à pas 😉 Ca demande beaucoup d’organisation et de moyens (je te laisse imaginer le coût d’envoyer et d’héberger deux personnes à Florence pour le Pitti pendant plusieurs jours), mais petit à petit on se rôde et on espère proposer de plus en plus des formats longs.

  • GC

    « Démocratiser » ne veux pas dire faire un excès de « jeunisme ». Et j’ai beau être guère plus âgé que votre équipe je suis toujours surpris par certaines tournures employées.

    Concernant la vidéo du Pitti elle a le mérite d’exister, d’être, en un sens, séduisante mais elle manque cruellement de contenu. Et c’est bien dommage car je sais que certains intervenants vous ont fait des commentaires bien plus intéressants que ce que vous en avez gardé au montage.

    Par contre Hugo Jacomet m’a fait reconnaitre la qualité globale de votre travail! Donc n’y voyez que de la critique constructive… Un monde où tout le monde vous fait des louanges n’est en rien intéressant!

    Bonne continuation en tout cas, je continuerai à vous lire avec attention.

    Guilhem

  • Nicolò – BonneGueule

    Bonjour GC !

    Merci pour ton retour !
    Je ne comprends cependant pas trop ce que tu reproches au reportage sur le Pitti, qui m’a semblé avoir beaucoup plu, au contraire.

    Pour ce qui est du langage, c’est un choix : on souhaite justement démocratiser et mettre à la portée de tous ce savoir-faire souvent perçu comme inaccessible. 🙂

  • GC

    Bonjour l’équipe,

    Je vais être franc, je suis régulièrement très critique sur votre travail.

    Cependant je pars du principe que seul les idiots restent sur leur position… Et je dois reconnaitre que vous avez fait du super boulot sur ces reportages (Ça change dur reportage sur le Pitti dont le montage est hasardeux).

    Les artisans napolitains sont très bien mis en avant.

    Cela reste cependant un brin léger dans la façon de « mener la vidéo », sur le montage… Sur le langage employé par Luca un peut trop « décontracté ».

    Bonne continuation car malgré tout car vous êtes sur la bonne voie.

  • Nicolò – BonneGueule

    Merci Julien d’avoir accompagné notre Luca officiel dans son périple 😉

  • Luca – BonneGueule.fr

    Merci beaucoup pour ton retour ! Bien joué 😉

  • Julien de Zampa di Gallina

    Perso, à part les 2 crétins qui vous accompagnent, je trouve le reportage tip-top, tant visuellement que dans le contenu.
    Très sérieusement, on a passé un super bon moment ensemble, et on est content que le courant soit aussi bien passé avec les artisans.
    Encore un grand merci (et un grand bravo) à l’équipe de Bonne Gueule, rebaptisée « bonégouèle » par Francesco, ce qui est bien mais pas top.

  • Bravo pour ces beaux reportages Luca. La « Classe Américaine » ! 😉

  • Gouhouf

    Voilà, ce que tu décris à raison est exactement ce qui m’énerve. Si Ralph Lauren et Burberry ne faisaient que de mauvais produits, ça ne me poserait aucun souci. On critique parfois des marques comme Desigual pour la qualité de leur produit, mais jamais ils n’ont mis en avant un savoir-faire particulier (ou du moins, je n’ai jamais vu, ni sur leurs vêtements, ni sur leur site). Alors que ces marques, RL et Burberry ont un savoir-faire et profitent de la publicité autour de ce savoir-faire, qui est visiblement véritable, pour vendre de mauvais produits. Parce qu’ils savent que l’image de marque lié à ce savoir-faire permet de tromper le client. D’où le fait qu’ils exposent parfois sur certains produits leur logo de façon un peu trop visible. Le cas typique est celui-là (le polo est peut-être bien, je ne sais pas en juger par la photo, je ne m’intéresse ici qu’au marketing autour du produit) : http://ralphlauren.fr/product/index.jsp?productId=46705821. On met des logos partout, on met une petite étiquette « Quality Sporting Good », une mention « est. 1967 », pour bien insister sur un savoir-faire ancien du polo que possède sans doute RL. Et à partir de là, on vend de tout et n’importe quoi. Si rien de ce que produisait RL était de bonne qualité, tout ceci ferait juste sourire, et ils ne vendraient sans doute pas à ce prix. Mais là, ils trichent et font leur beurre sur les moins fortunés. Du coup, je me méfie plus des vieilles marques qui prônent un savoir-faire ancien que des nouveaux arrivants qui ont tout à démontrer.

    Mais comme je le disais, malgré cette réticence, je fais confiance à un certains nombres de bons conseillers sur le net, dont Bonne Gueule. Les produits conseillés ici m’ont toujours donné satisfaction jusqu’à aujourd’hui.

    Gouhouf

  • Excellent article(s) Luca et Long, très honoré d’y etre associé ! 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Gouhouf.

    Si la seule chose qui te pose un problème sont les marques qui misent tout sur leur com’ et rien sur leurs produits, alors nous sommes d’accord, toi, moi, BonneGueule, et probablement la majeure partie de nos lecteurs 😉

    Mais sache que Ralph Lorren et Burberry ont diverses lignes, et que certaines valent vraiment leurs prix.

  • Gouhouf

    Juste, à la suite de ma réponse précédente, pour revenir à mon commentaire d’origine, ce que je voulais dire c’est qu’un détail sur un vêtement peut soit être vu comme un détail de connaisseur (geek) ou une manière de rejeter celui qui n’a pas les codes (snob). C’est un point que l’on observe bien par exemple dans la série « Madmen », où certains ont les codes, certains ne les ont pas, et l’habit est une façon de savoir qui est ou non dans le milieu. Voilà, c’était juste pour préciser le sens que j’y donnais. Sens qui évidemment peut être source de débats 🙂

    Gouhouf

  • Gouhouf

    Bonjour Nicolò,

    Je pense que nous sommes sur la même longueur d’onde. C’est juste peut-être, comme tu le dis, que le mot tradition me gêne toujours un peu. Ce n’est qu’un mot, et je devrais y accorder moins d’importance. En l’occurence, pour les tailleurs et fabricants présentés dans ton reportage, je suis convaincu, comme toi, qu’ils font évoluer leurs coupes, leurs techniques. Et je pense que c’est ainsi qu’ils continuent à être considérés comme maîtres dans leur domaine. L’important, c’est le résultat final, et sa capacité à suivre au mieux les besoins qui évoluent.

    Concernant le snobisme, on ne peut pas nier que les vêtements sont un instrument de pouvoir, quel que soit le milieu, la classe ou la communauté. C’est d’ailleurs un point que j’apprécie énormément sur Bonne Gueule, le fait d’ouvrir à de nouvelles communautés, des habitudes, et des techniques d’habillement qui appartenaient à d’autres. On ne voit pas les mêmes vêtements Villa Montmorency et à la Goutte-d’Or. Les vêtements de très grand luxe sont clairement des vêtements visant des gens suffisamment aisés, qui sont également généralement liés aux cercles de pouvoir. L’habit ne fait pas le moine, mais il y contribue. Sur ce point, les articles sur « comment s’habiller pour un entretien d’embauche » étaient très intéressants. Acheter un vêtement, c’est un message, acheter une marque donnée, c’est montrer soit son statut, soit le statut que l’on aimerait avoir, les petits détails des pièces de luxe, comme la marque des épaules, la couture des gants, sont autant de messages entre gens qui font partie d’une même communauté. Ceci d’ailleurs, quelle que soit la communauté. Dans le RER, les usagés croisent parfois des hommes habillés en robe, généralement très colorées, avec certains motifs qui reviennent régulièrement, et qui semblent dépendre du jour de la semaine (en fait je n’en sais rien). Je n’ai pas grande idée de ce que tout ceci signifie, et il y a sans doute derrière des questions religieuses dans lesquelles je n’ai jamais été versées. Je suppose que ces vêtements véhiculent également tout un tas de messages que je ne reçois pas car je n’en ai pas les codes. Pour un costume, c’est la même chose. Le costume véhicule des messages, et on sait ou ne sait pas les lire. Si on ne sait pas les lire, cela n’empêche aucunement de les acheter, supposant que d’autres savent les lire. Le snobisme n’est qu’un mimétisme social, et même si il est perçu comme péjoratif, ce n’est pas forcément mon avis. Il y a derrière une volonté d’appartenir à un groupe dont on a parfois été exclu de naissance (car les codes s’apprennent généralement très tôt), et un snob est quelqu’un qui tente de sortir d’un groupe qui ne lui convient pas. Le souci parfois est que le snob tente d’utiliser ces codes pour rejeter ceux qui tentent de le suivre dans son ascension, mais là n’est pas la question.

    Je digresse. En fait, la seule chose qui me pose souci, ce sont les marques qui utilisent leur image pour vendre à prix délirant des produits de mauvaise qualité, parce qu’ils visent justement une clientèle qui achètent une marque au lieu d’acheter un produit. C’est le message des logos Ralph Lauren ou Burberry. Ces marques profitent de l’image qu’elles diffusent pour vendre hors de prix des produits qui ne sont pas forcément à la hauteur (« plus il y a de logos, moins c’est bon signe »…). Et le mot « Traditionnel » est un mot qui transporte un message également pour celui qui ne s’y connaît pas. Alors que celui qui connaît le milieu est simplement capable de dire si le produit est bon ou mauvais, quels que soient les mots utilisés. Ces gens semblent faire de bons produits, et ne semblent pas voler leur image de marque, ils ne profitent donc pas du client qui n’est pas versée dans l’art du tailoring visiblement.

    Gouhouf

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Gouhouf.

    Je crois que tu accordes beaucoup trop d’importance au mot « tradition ». Dans ce contexte-ci, prends-le simplement pour ce qui l’est : un héritage qui découle d’une longue période de pratique de tel ou tel art, coutume, artisanat, ou autre. Et ça n’est nullement incompatible avec l’amélioration au fil du temps.

    Je pense qu’à force de trop théoriser, tu es passé à côté de certains faits : si je prends l’exemple des tailleurs napolitains, les coupes ont évolué, les matières utilisées ont évolué aussi.

    De même, la fabrication n’est pas devenue partiellement, industrielle, ce n’est pas par simple esprit de conservatisme, mais parce qu’il s’avère que le « fait main » pratiqué par un artisan talentueux est, pour l’instant, plus qualitatif que la machine. L’idée d’une « super machine » qui irait au delà n’est pas irréaliste, mais reste de l’ordre du pur concept pour le moment.

    Pour le snobisme, je pense que tu te fais une fixette. En quoi serait-il snob pour un acheteur de se diriger vers des produits qui lui plaisent et dont il a une idée, même vague, de l’excellence ? Lui faut-il le mérite d’être un expert pour qu’il ait le droit de se les procurer ? Le snobisme est une attitude, une mentalité, pas un ensemble de marques.

  • Benoit – BonneGueule

    Merci Matt !

  • Chris

    Tu trouveras des éléments de réponse sur la taille et la forme du col de chemise en fonction de ta morphologie ici :
    http://parisiangentleman.fr/academy/choisir-le-bon-col-de-chemise/

    Le guide d’Alan Flusser « Dressing the Man » contient bien sûr encore plus d’info, mais pas forcément besoin d’aller aussi loin dans l’analyse.

  • Gouhouf

    Bonjour Nicolò,

    Merci pour ta réponse. Stricto sensu, folklorique et traditionnel sont plus ou moins équivalents, mais il est évident que folklorique a une connotation fortement péjorative, aussi bien que snob. J’utilisais ce terme entre parenthèses, sans viser d’ailleurs les produits présentés, pour décrire le risque que je vois à ce genre de publicité.

    Je ne sais pas évidemment, ni quand a été achetée la machine, ni ce qu’elle représentait en particulier pour cette maison quand elle fut achetée. Il est intéressant de voir comment la fabrication de vêtements forme une mythologie complexe et qui évolue au cours du temps. Toute fabrication, de vêtement ou autre, est liée à un ensemble de choix technologiques. Il y a des milliers de façons d’arriver à un même résultat. La question qui se pose est alors : pourquoi choisir un mode de fabrication plutôt qu’un autre ? C’est une question qui me semble extrêmement intéressante, et les raisons peuvent évidemment être multiples, allant du choix économique au choix moral, voire éthique (il n’est pas rare de trouver des marques qui exposent un argument moral à un choix), il peut être patriotique, nostalgique, etc. L’image de marque est évidemment l’un des points à prendre en compte, et celui-ci évolue selon les époques et les lieux.

    Or, pour ma part, j’ai un très grand respect pour le savoir-faire, en particulier le savoir-faire artisanal. Et de par mon métier, j’ai le plaisir de voir autour de moi des spécialistes dans des savoir-faire extrêmement précis (parfois peut-être exotiques) et cela peut réellement m’impressionner le travail nécessaire pour obtenir certains résultats. Mais a contrario, le principe de tradition me laisse totalement indifférent, voire déplacé. Un savoir-faire s’acquiert pour être perfectionné et amélioré. Un savoir-faire fixe, depuis des décennies, est un savoir-faire mort. A mon avis, il doit évoluer, s’améliorer, un bon tailleur par exemple doit pouvoir développer de nouvelles compétences, être capables de produire de nouvelles choses, d’utiliser, ou même de développer de nouveaux outils. Eventuellement, trouver de nouvelles clientèles. Je suis de façon générale pour la démocratisation de vêtements de qualité, en particulier, évidemment, parce que je pourrai en profiter ! A mon avis, l’industrialisation peut produire de très bons produits, mais il nécessite évidemment un investissement qui ne pourra pas être rentabilisé si l’objet se vend en trop petite quantité. La question de l’industrialisation est celle du rapport coût/bénéfice. Evidemment, si on remplace une couture par un collage, la qualité est potentiellement moindre, mais un robot peut coudre avec une précision bien supérieure à un humain. Savoir si le coût en vaut la chandelle est une question toujours très complexe.

    A mon avis, on ne peut pas juger la qualité d’un objet à la façon dont il est fabriqué, même si cela peut en justifier le prix. Le produit final est seul juge, que ce soit pour l’industrie, l’artisanat ou l’art tout court. Personne n’achèterait un tableau cher si il est jugé mauvais, même si le peintre a une technique irréprochable, y a mis tout son cœur et y a travaillé 10 ans. La technique ne fait pas nécessairement la qualité finale malheureusement, même si, sans technique, certains résultats peuvent être impossibles à atteindre.

    Il y a évidemment un grand nombre de savoir-faire anciens qui ont disparu, parce qu’ils étaient des savoir-faire de luxe. D’excellents exemples d’ailleurs sont donnés dans la série « Downton Abbey » pour ceux qui l’ont vu. Avoir un vrai valet qui sache habiller l’homme de la maison le matin est un savoir-faire par exemple qui a disparu. S’habiller soi-même est évidemment un compromis. Mais ce n’est pas parce qu’un savoir-faire est ancien qu’il est nécessaire de le garder.

    Je ne critique en rien le reportage qui a été fait. Il est très intéressant, et présente divers aspects que je ne connaissais pas. M’intéressant aux vêtements (d’où le fait que je lis BG 🙂 ), je suis intéressé par les coulisses. Mais je me dis, ne pourrait-on pas faire mieux encore ? Ne peut-on pas aller plus loin ? Est-ce vraiment figé ?

    Du point de vue du non-consommateur (si l’objet est conçu pour être conçu), la question ne se pose sans doute pas. Comme ceux qui construisent un château fort (je ne sais plus où) avec les techniques de l’époque. Ils s’amusent bien, ce sont sans doute des passionnés, et je respecte leur passion. Par contre, du point de vue du consommateur, si certains produits sont conçus pour être vendus, la question qui se pose, ou du moins que je me pose, reste toujours ce qu’est capable de produire telle ou telle maison. Si l’on me propose d’acheter A ou B, au même prix, et que A est plutôt meilleur que B (du moins selon le jugement que je peux m’en faire évidemment), si le seul argument de B est la tradition, alors je choisirai A. Si B a d’autres arguments qui peuvent me toucher, peut-être choisirai-je B. En l’occurence, certains produits présentés par Zampa di Gallina me semblent de très bon rapport qualité/prix (pour les chemises j’aimerais plutôt bénéficier du conseil avisé de la patronne).

    Concernant le snobisme dont je parlais, j’ai peur qu’il touche un certains nombre de clients de grandes marques italiennes (et de clients de grandes marques de montres suisses). Acheter un objet, uniquement parce que c’est la maison Unetelle qui l’a fabriqué est une forme de snobisme. Comme acheter une Ferrari pour aller chercher son pain. Il faut d’autres arguments, et je pense que, si certains les ont, parce qu’ils connaissent la plus-value de tel tailleur, et celle-ci leur semble suffisamment intéressante par rapport au prix proposé, le snob a pour seul argument qu’Unetelle est une maison fort bien cotée dans le milieu.

    Encore merci pour tes articles,

    Gouhouf

  • Matt

    Décidément je pense que ce sont mes articles préférés, j’apprends beaucoup de choses à chaque fois merci.

  • Luca – BonneGueule.fr

    Quel retour ! Merci beaucoup pour ce commentaire détaillé, ça nous fait extrêmement plaisir. Je transmets à Long.
    Nous essayons sans cesse de s’améliorer dans les reportages, que ce soit dans la technique ou dans le contenu.
    De belles surprises arriveront très vite 🙂

  • BruceWong

    Salut la BG Team,

    Je me joins au concert de louanges pour toutes ces belles vidéos que avez faites. J’imagine que le mérite revient en particulier à Long, mais j’imagine bien aussi que tout le monde a mis la main à la pâte. Luca est très à l’aise devant la caméra et sa diction claire et décontractée rend le visionnage très agréable.
    Une mention aussi pour la prise de son qui est vraiment impeccable grâce aux micros cravate (et j’imagine que la prise de son dans les ateliers n’était pas forcément évidente) et pour le cadre toujours très propre.

    J’aime bien le fait que vous laissez les réponses se développer, sans trop couper. Les interviewés prennent le temps de répondre comme dans une conversation et du coup, le rythme du reportage m’est vraiment apparu très sympa. L’utilisation des plans d’insert pour donner un peu de dynamisme aux vidéos tout en illustrant le propos est vraiment très agréable aussi.

    Le choix du jaune pour les sous-tires façon Arte, c’est bien vu, aussi.

    Bravo tout le monde!
    Continuez comme ça.

  • Nicolò – BonneGueule

    Tout à fait juste !

  • Luca di toni

    Au passage, certains des produits proposés sur le site ne sont pas hors de porté.
    Une cravate à 40€, des gants en cuir à 80€… c’est quasi équivalent à des nombreuses bouses trouvables partout en PAP.

  • Luca di toni

    Au passage, certains des produits proposés sur le site ne sont pas hors de porté.
    Une cravate à 40€, des gants en cuir à 80€… c’est quasi équivalent à des nombreuses bouses trouvables partout en PAP.

  • Luca di toni

    Au passage, certains des produits proposés sur le site ne sont pas hors de porté.
    Une cravate à 40€, des gants en cuir à 80€… c’est quasi équivalent à des nombreuses bouses trouvables partout en PAP.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Ghani !

    Merci pour ton retour !

    Pour le col, je ne trouve pas la différence énorme. Effectivement si tu as une très très petite carrure, ce n’est pas conseillé. Mais pour une carrure normale, aucun souci.

    Il est important aussi de rester cohérent avec la veste que tu portes par dessus la chemise en question : si les revers son très fins (ce que l’on déconseille de toutes façons), là oui, le rendu sera bizarre. 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Chris !

    Merci pour ton retour !

    Honnêtement, quand tu es dans ces niveaux de qualité là et que tu as déjà fais le choix d’un budget conséquent, je te conseille de marcher au coup de coeur (raisonné quand même) 😉

  • Nicolò – BonneGueule

    Bonjour Gouhouf.

    Je trouve que c’est un sacré raccourci que de dire que le « traditionnel » équivaut au « folklorique ». Il y a certes des acteurs (sur tous types de marchés d’ailleurs), qui utilisent ce mot uniquement comme un argument marketing qui excite l’imaginaire de l’acheteur potentiel… Mais ça ne veut pas dire que l’artisanat n’a pas sa valeur propre.

    Le parallèle de « fiction historique » que tu fais est intéressant (même s’il n’est pas vraiment démontrable), et c’est vrai que c’est amusant de se demander « comment ce serait si »…
    Cependant la question n’est pas tellement de savoir quelle est la vision du meilleur mode de production selon l’époque, ou comment les mots et leurs définitions évoluent à travers le temps.
    Le vrai constat est que l’artisanat, tel que nous l’entendons aujourd’hui avec son héritage et ses innovations, lorsqu’il est pratiqué à des niveaux tels que ceux présentés ici, est capable de produire des produits d’une qualité que la fabrication industrielle ne peut pas égaler.

    Et si tu remarques que je ne parle pas de vêtements en particulier, c’est normal : je pense que c’est un constat qui s’applique a de nombreux domaines.

    Pour revenir sur les vêtements précisément : non, le PAP n’est pas un démon, et je ne pense pas avoir lu ou entendu ça où que ce soit, d’ailleurs. Il a ses avantages, et il est indispensable même aux plus sartorialiste des hommes (Les chaussettes et les caleçons sur mesure, c’est pas monnaie courante).

    Pour ce qui est du snob, du geek, du statut… Honnêtement, tout ça se passe dans la tête de celui qui décide de percevoir le vêtement comme snob (ou de celui qui veut se donner l’air snob et qui achète un vêtement pour ça).
    Ce serait une erreur de jugement que de penser que ça prend le dessus sur la passion d’un produit beau, fabriqué avec un désir d’excellence en tête. Le prix final n’est que le reflet de l’absence de compromis qui est requise pour arriver à de tels résultats. C’est l’essence de ces (vrais) produits de luxe, et si on essaye de les appréhender comme un consommable, on passe forcément à côté, et du coup on se retrouve entre incompréhension et sentiment d’exclusion. Ce sont ces produits qui sont conçus « pour être conçus » autant voire plus que des produits conçus « pour être achetés par », et il ne faut pas l’oublier.

    D’ailleurs, à titre personnel, je n’ai pas et ne suis pas prêt d’avoir les moyens de me payer quelque chose du genre. Et pourtant je trouve ça super de pouvoir admirer, tout simplement, et d’acquérir par la même occasion de vrais points de repères qui permettent du coup de situer le qualité de n’importe quel vêtement.

    Et d’ailleurs, tout ça n’est en rien incompatible avec un intérêt marqué pour d’autres types de vêtements plus accessibles. Merci au passage pour ton soutien en ce qui concerne notre travail là dessus 😉

    A bientôt.

  • GHANI

    Salut ,

    merci pour cet article qui m’a fait découvrir une autre facette de Naples, visiblement y a pas que le foot, c’est vraiment admirable de voir toutes ces mains pleines de maîtrise et de savoir-faire, et en voyant les prix sur le site Zampa di galina ( je parle des chemises ) je rejoins tout a fait le commentaire précédent qui parle de  » bon marché ».

    En revanche j’ai une petite question concernant le col  » dit napolitain » de ces chemises que je trouve un peu plus grand si le mot est juste par rapport aux cols que vous proposer dans votre collection BG, est-ce qu’il peut convenir à tout le monde ou bien faut-il avoir des proportions et des formes bien précises du visage pour pouvoir le porter ?

  • Chris

    Merci pour cette 2e partie de l’article, tout aussi passionnante que la première.

    Un vrai bonheur de voir comment les gants Omega Ganti sont faits. Ca ne m’arrange d’ailleurs pas vraiment pour savoir où je vais acheter ma 1e paire de gants de bonne qualité (Omega Ganti, Fabre, Dents, Causse (probablement trop cher par rapport aux autres) …).

  • Gouhouf

    Merci pour ces articles. Je me vois mal acheter un produit extrêmement cher, parce que sa fabrication est « traditionnelle » (synonyme généralement de « folklorique »). Mais on voit ici que les problématiques sont vraiment le produit final. Même si pour les machines à coudre, on trouve peut-être mieux aujourd’hui que des singer de 1900. Ce qui est amusant, c’est que ça a dû choquer à l’époque de leur acquisition, car ça devait être considéré comme hérétique, d’utiliser ce genre de machines en 1900. En 1900, au même interview, il aurait sans doute expliqué le contraire, qu’il était le premier à abandonner l’artisanal, source de défauts, et de prix trop élevés, pour faire enfin de la fabrication en chaîne ! Un spécialiste par étape, c’était de l’industriel à l’époque. Et sans doute qu’ils en étaient fier. La fabrication à la chaîne de l’époque est maintenant appelé fabrication artisanale, c’est assez amusant.

    Par rapport à la boutique de chemises, j’apprécie vraiment le fait de construire des vêtements solides et bien coupés (heureusement, en l’occurence, ça a l’air d’être le cas), et surtout, le conseil personnalisé, l’adaptation au client. Ca, pour le coup, c’est un point qui me paraît essentiel, et ce, quel que soit d’ailleurs le produit vendu. Le fait qu’un vendeur puisse dire « Ca, ça vous ira pas », c’est vraiment une différence, pour laquelle, je suis prêt à payer pour une ou deux chemises. Par contre, je suppose que pour bénéficier du service de conseil, il faut aller sur place. Du coup, je ne vois absolument pas l’intérêt d’acheter sur internet.

    Par contre, contrairement à Tupac Di Gallina, j’aime beaucoup les articles sur des marques qui restent bon marché. Même si tout ce qui est présenté ici est très joli, et les articles intéressants, tout ceci reste très geek (enfin, par geek, je veux dire snob en l’occurence 🙂 ). Il n’est pas nécessaire d’acheter un costume traditionnel napolitain pour être bien habillé, et le PAP n’est pas une incarnation démoniaque. Certains oublient que, il y a un siècle, 0.5 % de la population pouvait s’acheter un vrai costume napolitain, aujourd’hui, peut-être 5 % le peut. C’est donc plus accessible en moyenne, mais ça reste : 1. un truc de riches, même passionnés 2. pas forcément indispensable, même en étant riche et de bon goût. Et vous faites d’excellents articles pour démontrer qu’il y a d’autres habits possibles. Après je suis d’accord sur ce fait, quand c’est cher et moche, ça n’a pas grand intérêt.

    J’ai lu récemment la biographie de Beauvoir « Mémoires d’une jeune fille rangée ». Où elle explique que dans la famille de sa meilleures amie, famille plutôt bourgeoise, il était complètement hors de question d’acheter des vêtements. Pour cette famille, c’était totalement impensable d’acheter un vêtement fabriqué, « conçu » par un fabricant de vêtement, car ça ne pouvait forcément pas convenir au besoin, seul connu de celui qui s’habille et de son entourage. Par conséquent, ils achetaient des étoffes, et cousaient tout eux-mêmes (enfin, les femmes cousaient pour les hommes hein, la parité, tout ça, n’était pas d’actualité). Ceci en 1920-1930. Pour eux, c’était un peu comme… acheter des plats préparés par exemple. C’était bon pour la populace qui ne savait pas, pas pour des bourgeois de bonne éducation. Je pense que certains qui crachent sur le PAP, s’ils étaient nés en 1920, cracheraient tout autant sur le sur-mesure, et sur les machines Singer, parce que c’était un produit de masse. Vous le rappeliez d’ailleurs il y a quelque temps sur un article sur des jeans français.

    Gouhouf

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Koncassor.

    Merci pour ce retour plein de superlatifs, décidément très flatteur ! 🙂

    Tu as tout à fait raison sur le point de la comparaison : moi-même je ne peux pas me permettre (pour l’instant) de me payer des pièces de ce genre, mais c’est très bien d’observer, de s’informer et d’admirer pour avoir une véritable idée de la qualité des produits sur le marché.

    PS: Je vais te livrer un secret… En fait, c’est en s’intéressant à ces produits que tu deviens le « geek sartorialist un peu perché » dont tu parles 😉

  • Koncassor

    Bravo à Luca et Long pour ces vidéos vraiment exceptionnelles. Je suis resté scotché devant mon écran pendant le visionnage. J’avoue que je pensais que ces produits étaient destinés à un cercle restreint de geek-sartorialist un peu perché. J’étais à des années lumières d’imaginer que ces produits étaient confectionnés à ce point manuellement. C’est beau de voir la manière dont ils travaillent. Les prix sont totalement justifiés (voir très bon marché !) surtout en comparaison des produits de « PAP luxe mainstream ». C’est grâce à ce type d’article qu’on peut apprécier vraiment ce type de pièce et comprendre le prix. Je pense que Zampa di Galina et ces artisans italiens peuvent vous remercier pour ce travail pédagogique. Bravo encore.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Tupac !

    On l’attend, alors 😉

  • tupac di gallina

    Quel patron généreux tu fais 🙂
    Tu aurais du les envoyer en stop

    Du coup j’ai commandé une cravate tricot sur Zampa, je ferai un feedback

  • Abdelhamid Niati

    Plaisir partagé Luca. Merci pour la chemise

  • Luca – BonneGueule.fr

    Bien joué ! C’est Sadri qui va être content 🙂

  • Tolst

    -Monde de merde!

    -Sheraf. Tu connais pas Sheraf? C’était un groupe ils étaient number one.

  • Benoit – BonneGueule

    Hello,

    Merci pour ton retour, tu as tout à fait le droit de ne pas aimer le style et l’image de la marque de Garçonne et Chérubin, mais si Constance et Florian ont apprécié le design et la qualité des produits (et c’est pas les plus novices en matière de vêtements), je ne vois pas pourquoi ils diraient le contraire dans leur article 😉

    Pour Zapa, je veux bien croire que tu n’aies pas foi dans la qualité de leurs produits, mais Romain démontre de manière spécifique, rationnelle, argumentée que le cuir testé est de bonne qualité. Il avance des faits et là aussi, il est loin d’être novice sur ce genre de produit.

    Mais encore une fois, tu as le droit d’avoir des avis contraires, c’est cette variété de points de vue qui rend les commentaires de chaque article très intéressants à lire !

    PS: merci pour les compliments pour cette série d’article sur Naples ! C’est vraiment le genre de format qu’on aimerait développer, mais tu le devines, c’est un format très coûteux (on a entièrement payé le voyage de Long et Luca de notre poche, et on n’a pas reçu le moindre centime pour le tournage).

  • Luca – BonneGueule.fr

    C’est toujours un énorme plaisir de lire ton retour Abdelhamid, et avec plaisir pour le voyage !

    Pour la chemise, c’est une Samson coupée dans un tissu Thomas Mason.

  • Nicolò – BonneGueule

    Hello Guillaume !

    Merci pour ton retour ! Effectivement, c’est aussi pour ça qu’on aime vous montrer ces choses là ! Ce sont des produits de valeur, et tout le monde n’a pas forcément les moyen de les acquérir, mais ça apprend beaucoup de choses et ça donne une référence globale en terme de qualité 🙂

  • tupac di gallina

    Pourtant pas d’accord avec vos derniers articles (notamment Garçonne & Chérubin pour le style et l’image de la marque, ZAPA pour la qualité médiocre de leurs produits) et rarement fan de vos produits maison, il faut reconnaitre que vous savez faire de très bons articles. Vous êtes meilleur sur ce type d’article IMO et je vous incite à continuer de nous apprendre des choses dans ce domaine.

  • Abdelhamid Niati

    Magnifique cette seconde partie Luca. Les gants m’ont fait de l’œil sur le site zampa di gallina mais acheter des gants online est encore un peu difficile pour moi et mes Fabre tiennent toujours. J’ai particulièrement apprécié les portraits et la parole donnée à ces personnes aussi bien pour le gant que pour la chemise. On en sort grandi et quelques phrases resteront gravées telle que : la chemise n’est pas un consommable. La phrase issue du grand détournement ne pas marqué plus que ça mais il fallait placer au bon moment. Pour conclure, Luca je veux bien être du prochain voyage.

    PS : d’où sort la chemise que tu portes et sur laquelle on te complimente ?

  • Guillaume

    Merci pour ces super reportages, extrêmement enrichissants. N’étant pas familier de tels produits artisanaux, il permet de vraiment se rendre compte de la différence de qualité par rapport au PAP traditionnel, de la justification du prix et l’incroyable travail qu’il y a derrière ces fabrications.