Marque BonneGueule : le sweat d’hiver en molleton gratté Toki

Temps de lecture : 8 minutes

Nouveau : le raincoat technique, les pantalons en velours beige et kaki, et le sweatshirt d'hiver Toki sont à présent disponibles !

Le sweat, c'est clairement un de nos meilleurs amis, en hiver aussi.

Il y a un véritable plaisir à enfiler une pièce molletonnée, tout douce et confortable dès que le mercure chute.

Pour autant, nous ne voulions pas d'un sweat trop connoté streetwear, ni d'un molleton qui perdrait sa tenue après quelques ports.

Benoît, accroc de longue date aux molletons japonais (ils ont une main et un maintien unique), s'était déjà tourné vers Toki, filature nippone confidentielle. Une première version grise avait vu le jour, puis un modèle kaki. Mais son exploration du sweat n'allait pas s'arrêter là !

Vous l'aurez compris, on a décidé de remettre le couvert. Laissez-moi vous présenter le dernier venu de la Japan Line...

Notre nouveau sweat gris chiné en matière Toki.

Toki Sen-I, la filature iconique des molletons japonais

Ceux d'entre vous qui parcourent régulièrement nos colonnes ont déjà vu ce nom, que ce soit dans nos articles ou lors de la sortie de notre premier sweat, dans lequel nous vous avions présentés Toki Sen-I en détails.

Pour les autres, laissez-moi vous rappeler rapidement ce qui fait le charme de cette filature vieille de deux siècles.

Deux-cents ans de savoir-faire

Forte de ses deux siècles d'histoire, Toki est aujourd'hui renommé pour la qualité de ses molletons.

L'entreprise intégrée (elle transforme des fibres en fils, puis les tricote) produit des tissus solides, doux et souples, avec une esthétique toute japonaise que l'on reconnaît rapidement.

Ce travail, unanimement reconnu dans le monde du textile, leur a permis d'évoluer en étroite collaboration avec leurs clients, tout en restant à l'affut des innovations et du style.

À tel point que dans un récent défilé Dries Van Notten, vous pouviez voir... ça.

Extrait du défilé Dries van Noten A/H 2017.

Quand le nom d'un fournisseur devient le sujet central d'une tenue de défilé d'un grand créateur, ça en dit long sur le respect qu'il a obtenu au fil des années.

Regardons comment...

Les molletons premium de la ligne Slow Vintage 

Toki a une offre "classique", déjà très haut-de-gamme, qui représente le gros de la production.

Mais ils proposent aussi une gamme unique de molletons : les Slow Vintage. C'est un de ces molletons très particuliers que nous avons choisi.

Ils sont tricotés sur des machines du XIXème siècle, les fameux métiers "Tsuri". Ces derniers produisent nettement plus lentement, comptez 20 à 30 mètres de tricot par jour, contre plusieurs milliers de mètres pour une machine dernier cri ! Mais c'est justement ce qui nous intéresse...

Plus qu'un simple argument "traditionnel", cette lenteur joue grandement sur la qualité finale. Parce que la machine travaille doucement, il y a moins de frottements sur le fil de coton.

Son toucher, sa souplesse et sa résistance s'en voient donc mieux préservés. Tout simplement !

Le tricotage "à l'ancienne" a également un grain très particulier. C'est un véritable concentré de wabi-sabi, cette doctrine japonaise de "beauté dans l'imperfection" que nous aimons tant.

La fameuse machine "Tsuri". Vous avez l'impression d'avoir déjà vu cette photo plusieurs fois ? C'est normal... À vrai dire, c'est une des rares qu'on puisse trouver sur le Web. Preuve que le secret est au centre de la culture textile japonaise. Pour la petite histoire, la fabrication d'une seule de ses aiguilles peut prendre jusqu'à un an.

L'entreprise place toujours la traçabilité des matières premières au coeur de ses priorités.

Ils nous ont d'ailleurs expliqué leur philosophie :

L'idée conductrice est que chaque matière exprime sa personnalité : sa naissance, sa transformation, sa finalité... Tous ces éléments doivent former un tout cohérent.

On ne fait pas un molleton haut de gamme sans choisir un coton de qualité, bien évidemment. Mais surtout, il faut choisir LE coton le plus adapté à chaque matière selon sa finalité, son esthétique, sa main.

C'est ce que nous allons voir ici !

Le coton mexicain, meilleure provenance pour le molleton

Eh oui, il n'y a pas UN seul meilleur coton !

Vous avez probablement entendu parler de la sélection spéciale de telle ou telle provenance.

Mais tout dépend du résultat recherché : la douceur avec un coton Sea Island, la finesse avec un coton Giza égyptien, ou encore la souplesse avec un coton du Zimbabwe (que l'on mélangera encore à du coton australien ou américain pour obtenir différents fils).

Et pour ce molleton, Toki a choisi un coton mexicain. 

La fibre de ce coton est connue pour son épaisseur, qui lui confère une véritable robustesse face à l'abrasion et aux tensions. C'est pour cette raison qu'il est considéré comme l'un des meilleurs cotons pour la production de molleton et pour le denim !

Sa cueillette, très bien maîtrisée, bénéficie de plus d'un contrôle de pureté via des machines : la qualité du coton est garantie, évitant toute contamination par des fibres étrangères.

Autre point fort : quand le coton est "en écru", il est plus blanc et lumineux qu'un coton ordinaire. 

Vous allez bientôt comprendre pourquoi c'est important...

Un chiné subtil mais hyper-contrasté

"Comme des graviers noirs, jetés sur du papier de soie"

Toki nous a expliqué l'idée à l'origine de notre gris chiné :

Comme des graviers noirs jetés sur du papier de soie.

Mais surtout pas comme les gouttes d'encre noire qui tombent dans l’eau et se diluent.

La rugosité du brut, pas le raffinement du flou...

D'où ce chiné très contrasté, qui va du blanc pur jusqu'au noir absolu.

OK, ça a l'air tout bête. Et pourtant c'est très difficile à obtenir sur du molleton 100% coton.

Si vous y prêtez attention, vous remarquerez que la plupart des sweats que vous trouverez sur le marché ont soit un chiné plus discret et moins marqué (car le "blanc" est en fait écru), soit un pourcentage de synthétique (du plastique blanc, en gros).

Toki a donc totalement repensé la façon de produire un chiné...

Une nouvelle façon de chiner

Normalement, le chinage d'un fil de coton est obtenu par une teinture dite "en masse" de la fibre.

On injecte de la teinture noire dans une masse de fibres, et on obtient du coton partiellement et aléatoirement teint en noir. Et lorsque cette même masse est ensuite filée, vous obtenez le fameux contraste irrégulier au sein de la matière.

Les fils chinés de notre sweat ne sont pas faits de cette façon.

Les artisans de la filature Toki teignent une certaine quantité de fibres en noir. Après quoi, cette masse de fibres noires est mélangée avec une masse de fibres blanches. Tout cela de façon dosée et mesurée, sous le contrôle d'ingénieurs.

Et c'est seulement ensuite qu'ils mélangent les fibres.

On alors un contraste hyper-prononcé entre le blanc et le noir. Il faut vraiment le voir en vrai, mais la couleur est tout de suite "riche".

Une bouclette grattée pour plus de douceur

Le dernier point qui fait le charme de ce molleton, selon moi, c'est sa bouclette très douce.

Pour rappel, on appelle "bouclette" l'envers du molleton (un peu comme la texture d'une serviette de bain).

Et lorsque vous grattez ces bouclettes, à la manière d'une flanelle, vous obtenez un envers très doux et pelucheux. 

Et puisque la matière emprisonne mieux l'air ainsi, elle tient plus chaud.

De la neige ? Des nuages vus depuis un hublot en avion ?

Je me rappelle du moment où l'on a fait passer les premiers prototypes de ce sweat à quelques personnes de l'équipe (dont moi !).

Benoît hésitait un peu. Il y avait deux versions possibles : soit une avec une bouclette classique, plutôt destinée aux beaux jours, soit une version avec une bouclette grattée très duveteuse.

Tous ceux qui ont pu l'enfiler sont tombés d'accord : cette bouclette grattée, c'était top.

On aime s'y blottir, et tant mieux si ça tient légèrement plus chaud !

Une confection et des détails soignés

Pas de surprise ici les amis !

Toujours confectionné au Portugal, dans le même atelier que nos sweats kaki et gris. Toujours aussi bien fini, proprement cousu, et monté par des mains expertes !

Il y a cependant deux détails sur lesquels il est intéressant de s'attarder.

Un col plus élégant

Pour ce sweatshirt, nous avons opté pour un "colletage double-aiguille".

C'est une finition plus complexe, qui consiste à coudre le bord-côte "de part et d'autre" de l'encolure.

On obtient ainsi un col plus fin et plus élégant.

Le chiné apportait déjà beaucoup de caractère à la pièce, et il nous a donc paru logique de ne pas la surcharger avec un gros col épais.

Toki chiné BonneGueule col

Des bords-côtes à l'épreuve du temps

Nous avons très soigneusement choisi les bords-côtes pour qu'ils gardent le même aspect sans perdre leur tenue.

Sur des sweats de qualité moindre, on les trouve souvent dans des matières différentes, souvent synthétiques et moins chères que la matière principale du sweat... Mais ça permet aussi d'éviter qu'ils ne se déforment, ce qui a vite fait d'arriver sur des bords-côtes 100% coton !

Du coup, on a opté pour le bon compromis : les bords-côtes sont tricotés avec le même fil que le corps, pour conserver un rendu identique. Mais on y ajoute un fil d'élasthanne.

Ainsi, vous aurez des bords-côtes nerveux, robustes, qui ne perdront pas leur forme avec le temps.

Ça taille comment ?

Très normalement ! Chaque sweat a d'ailleurs reçu un traitement anti-rétrécissement.

Et pour ceux qui ont déjà pu essayer les dernières moutures des sweats gris et kaki, c'est toujours la même coupe.

Attendez-vous cependant à un ressenti et à un rendu légèrement différents. Chaque matière se comporte à sa façon, et celle-ci est un peu plus souple dès le départ.

Comment porter un sweat gris chiné ?

Vous ne pourrez pas vous tromper en couplant un sweat chiné à un pantalon en velours milleraies. Les deux textures se font écho. Niveau couleurs, le sweat permet aussi de trancher avec la dominance de tons beige/camel, mettant ainsi la pièce en valeur. Enfin, le blouson en cuir - plus "rigide" que les autres matières - apporte de la structure en soulignant les épaules. (Blouson en peau lainée Officine Générale, gants Galeries Lafayette, pantalon en velours milleraies BonneGueule, sneakers COS)

Sur la même base, François remplace le blouson par une doudoune sans manches et ses sneakers par des boots. Instantanément, le look revêt un côté plus "aventurier", qu'on aurait pu davantage accentuer par des accessoires (un bonnet en tricot épais, par exemple). Le pantalon beige, utilisé au milieu de couleurs plus foncées, permet d'amener une clarté bienvenue en hiver. Du reste, il n'y a rien de bien compliqué ! (Doudoune BonneGueule à découvrir en décembre, gants Galeries Lafayette, pantalon en velours milleraies BonneGueule, boots achetées en friperie)

L'aspect du coton chiné complète joliment celui de la doudoune. Celle-ci flatte aussi la silhouette en galbant le buste.

On reste dans sur un look en layering, plus fourni cette fois-ci. Coton chiné, denim, drap de laine : chaque pièce présente une texture différente. Autant que possible, choisissez des pièces qui ont chacune leur propre aspect, c'est la clef d'un layering réussi. Le mélange de couleurs reste harmonieux malgré leur nombre, c'est l'avantage de construire ses looks avec des nuances aussi polyvalentes. (Veste en denim Edwin, manteau camel BonneGueule, gants Galeries Lafayette, pantalon en matière japonaise secret et sneakers COS)

Quoi de plus naturel que de porter son sweat avec un jean ? Ici, François opte pour une toile bleached, changeant du denim brut classique. Il parachève sa tenue avec des brogues, habillant davantage le look. Cela dit, des petites sneakers resteraient évidemment à propos. C'est le genre d'assemblage sans aucune prise de tête, restez spontanés ! (Jean bleached Editions MR, brogues Grenson chez British Shoes)

Comment commander notre nouveau sweat d'hiver ?

Le raincoat technique, les pantalons en velours beige et kaki, et le sweatshirt d'hiver Toki sont à présent disponibles !

Nicolò Minchillo Nicolò Minchillo

Moi, c'est Nicolò. Chez BonneGueule, je m'occupe des tests de marques, et évidemment de faire des vidéos de conseil avec Sape m'en Cinq. À côté de ça, je prête parfois main forte au pôle produit pour qu'on développe des vêtements inspirés, dans de super matières.
J'aime la funk, le jiu-jitsu brésilien, le bacon, les manteaux majestueux, les blousons en cuir et les belles boots.

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