Interview : Maison Standards avec Uriel Karsenti (prendre la mode à contre-pied)

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Dans la mode depuis 14 ans, Uriel Karsenti a dirigé des marques comme Barbara Bui ou encore Pierre Hardy. Durant ces années, Uriel a eu le temps d'analyser le besoin du consommateur et comment le marché y répond. Le problème étant que la plupart des grandes maisons proposent des produits à des prix très élevés, tout en prenant une grosse part du gâteau (car elles ne sortent pas forcément des qualités de vêtement à la hauteur du prix).

À contrepied, le crédo de Maison Standards est de proposer des basiques à des prix hyper accessibles, en cassant cette chaîne de valeur dans laquelle certains intermédiaires coûteux augmentent le prix boutique.

Certes, la qualité de Maison Standards ne s'aligne pas sur celle du luxe (on est sur un bon milieu de gamme), mais les produits qui sortent ont de très bons rapports qualité/prix dans leur grade de qualité. Découvrons un peu plus avec Uriel comme cela est possible...

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Interview de Uriel Karsenti, fondateur de Maison Standards

Dans cette interview, Uriel nous  plonge dans son activité, qui va à l'encontre des codes habituels de la mode. Et il nous explique :

  • pourquoi il a décidé de s'orienter vers ce business model bien particulier,
  • comment se justifie la hausse du prix du vêtement,
  • les marges des grandes marques et si elles sont justifiées,
  • comment il communique sans investir,
  • comment le marché évolue.

Bonus : Vous pouvez également jeter un oeil à l'article test de Maison Standards, dans lequel Benoît décortique des pièces phares.

Entretien avec Uriel Karsenti, Fondateur de Maison Standards

Uriel Karsenti : Alors, j’ai une longue expérience dans la mode. Depuis 14 ans, je travaille à développer des marques commerciales, à travailler leurs réseaux de distribution, à développer leurs produits. Et donc, j’ai développé une expertise là-dessus, venant d’un univers très différent puisque je suis avocat de formation.

Ton parcours ?

Uriel Karsenti : Alors, je suis aujourd’hui entrepreneur. J’ai dirigé des marques pendant quelques années : Barbara Bui, une marque de mode enfantine, dans un milieu moins designer et plus industriel. Et puis ensuite, Pierre Hardy pendant quatre ans jusqu’en 2012 où j’ai commencé à penser à ce projet de Maison Standards que j’ai ouvert en avril 2013.

Comment t’es venue cette réflexion ?

Uriel Karsenti : C’est plus une maturité qu’une réflexion. A un moment donné, ça s’est imposé. Lorsque j’ai quitté Pierre Hardy en 2012, il y a eu cette double conviction, ce double constat de la mode que j’ai beaucoup vécu qui était que d’un côté, l’essentiel de nos besoins, nous consommateurs et de clients est tourné vers les classiques, vers les indispensables de mode. Et également, le fait que ces collections, généralement, sont vendues à un prix qui est relativement inaccessible. Donc, je voulais dans ce projet proposer un luxe accessible, un luxe abordable pour tous et vendu dans un business model différent.

Quel est ton business model ?

Uriel Karsenti : Maison Standards s’appuie sur deux histoires. La première, c’est évidemment cette histoire de collection, de classique. Donc, d’un produit intemporel, d’un standard, d’un grand basique de qualité. Et explorer le vestiaire masculin-féminin de ces classiques était l’objet principal de Maison Standards. L’histoire principale, ensuite, qui vient pour le business model, c’est évidemment d’arriver à désintermédier. Aujourd’hui, l’essentiel des marques de mode sont vendues dans différents circuits de distribution, sur Internet, dans les boutiques multimarques, dans les grands magasins, sur leur propre site web et dans leur propre boutique retail.

L’objet de Maison Standards, de manière de prendre le contre-pied de la mode aujourd’hui, c’était d’arriver à vendre en direct, à s’adresser directement aux clients, de faire exactement le même process de mode et de design que les marques actuelles, les marques contemporaines qui font leurs propres collections, qui les fabriquent, qui les font sourcer, qui ensuite les mettent en vente. Mais nous, on le fait en direct avec le client, sans passer par des boutiques physiques, sans intermédiaires. Et du coup, par cette économie d’une étape de la chaîne de distribution, on réalise une économie forte pour le client et on reverse grossièrement un produit trois fois moins cher que le marché traditionnel.

Cela veut dire que les distributeurs n’ont plus d’utilité ?

Uriel Karsenti : Nous, on a voulu travailler dans l’ère du temps. On a voulu s’adresser à un consommateur nouveau, à un consommateur qui a évolué. Il n’a pas seulement 25 ans. Il a aussi 40 ans, 45 ans et plus, qu’il soit homme ou qu’il soit femme, qu’il vive dans les villes ou loin. Et on le voit chez nos clients aujourd’hui.

On a voulu s’adresser à eux parce qu’ils ont une manière différente de consommer. Pour autant, les distributeurs traditionnels – ceux avec qui j’ai travaillé pendant 15 ans, ceux chez qui je vais acheter aujourd’hui – ont évidemment une place essentielle dans le marché d’aujourd’hui. Ils ont une place d’abord de révéler les designers. Ils ont aussi le rôle et la responsabilité de les mettre en scène. Et puis également, ce sont des commerçants qui ont vocation à vendre leurs stocks, à vendre leurs marchandises une fois qu’ils l’ont acheté et à réaliser des bénéfices.

Evidemment, cette chaîne, elle devient de plus en plus compliquée. Les multimarques et les distributeurs sont de plus en plus nombreux. Et il y a une course chez les marques comme chez les distributeurs à un prix, un positionnement luxe ou à un prix, dans tous les cas, qui est souvent loin des capacités et du potentiel d’achat des clients. Donc, il n’y a pas d’énonciation du modèle des distributeurs. Il y a juste une façon différente d’aborder les choses et peut-être de proposer un modèle nouveau.

Globalement tout de même pour répondre à ta question, je dirais que dans l’avenir, ma conviction est que le retail va évoluer. Le retail physique, les boutiques traditionnelles physiques vont évoluer et vont devenir davantage des galeries qu’on visitera pour rencontrer physiquement une marque, pour rencontrer son état d’esprit, ses collections. Toucher également. Essayer peut-être. Mais globalement, l’essentiel du commerce se fera sur Internet qui propose des avantages majeurs. Il propose de l’avantage pour nous par exemple, d’avoir pu lancer en une journée dès le premier jour une marque qui s’adresse à Paris, qui s’adresse à Toulouse, qui s’adresse en province, mais aussi à l’étranger. Et donc, on peut vendre dans le monde entier aujourd’hui à travers un petit showroom parisien qui crée toutes ses collections de manière très simple.

C’est un avantage majeur également par rapport aux économies réalisées puisqu’on n’a pas besoin ni l’obligation dans les débuts d’investir sur une boutique physique, d’investir sur un lieu qui serait éventuellement caché. Et donc, on choisit une visibilité sur le web. On choisit aussi les réseaux sociaux. On choisit cette nouvelle voie de communication qui, d’une certaine manière, peut être intéressante pour faire vivre une marque.

Que justifie la hausse du prix des vêtements ?

Uriel Karsenti : Il y a eu, je l’ai vécu sur plusieurs types de métier, des augmentations ponctuelles sur des matières, sur… je pense au cachemire, je pense à la soie que j’achète régulièrement pour les chemises. Il y a des fluctuations sur le marché des matières qui fait que parfois les produits peuvent être impactés dans leur prix. Pour autant, l’essentiel des augmentations de prix qu’on note sur le marché et chez les marques et dans les boutiques physiques, évidemment, ne reflète pas du tout les augmentations de prix de revient. Je dirais que d’une manière générale, il y a un positionnement commercial, un positionnement image qui, aujourd’hui, est à mon avis certainement le critère numéro un pour fixer le prix d’un produit dans une boutique.

Si une marque vise un positionnement luxe, si elle cible un positionnement en designer, elle va évidemment chercher un produit qui se place au même niveau de prix que les concurrents. Et du coup, d’une certaine manière, peu importe le prix de revient. On retrouverait une moyenne dans ce marché-là des designers, du luxe même, une moyenne de sept à huit en termes de markup, en termes de multiplicateur entre le prix de revient sorti d’usine et le prix de vente vendu en boutique aux clients. Un produit acheté, donc, 10 euros serait revendu globalement 80 euros en boutique.

C’est ce qu’on note sur le T-shirt par exemple pour la plupart des T-shirts des designers : col rond, col V, en coton 100%. Rien de particulier ou de sophistiqué, ni d’imprimé d’ailleurs parfois justifie un prix de 80 euros. Evidemment, il a coûté huit fois moins. Il arrive évidemment que des produits qu’ils soient pricés ou qu’ils aient un coefficient modificateur moindre, on peut penser à 5, on peut penser à 6. On peut penser même à 12 parfois sur certains T-shirts ou certaines matières chères. Mais globalement, on peut estimer que le marché aujourd’hui est aux alentours de 7 à 8.

L’arrivée des nouveaux créateurs pousse les grandes marques à augmenter leurs prix ?

Uriel Karsenti : Je ne pense pas. Je pense qu’il y a des designers maintenant qui, quand ils arrivent à un niveau de renommée, de réputation, vont à ce moment-là chercher évidemment un positionnement par le prix. C’est donc peut-être le changement ou l’évolution de la marque elle-même qui fait qu’elle a besoin de chercher un nouveau positionnement de prix. Mais, il y va parfois de manière très progressive, de l’ordre de 5%, 10% par collection, pour arriver finalement – ce que j’ai fait parfois dans certaines marques – à des produits qui ont gagné 30% en trois ans. Mais ça s’est fait assez progressivement. Et donc, la perception par le client est plus lente.

Existe-t-il des pièces de designers à prix intéressants ?

Uriel Karsenti : Il existe bien sûr des designers qui ont un rapport qualité/prix relativement agréable et moi-même j’en suis client. On reste toujours lorsque c’est agréable dans des markup qui sont très loin de ce qu’on peut pratiquer, nous, en direct. Mais évidemment, il y a des positionnements aujourd’hui intelligents sur le marché dans la mode masculine comme dans la mode féminine. Plus rarement dans la mode féminine.

Geoffrey : Tu penses à qui ? Par exemple à A.P.C. ou d’autres ?

Uriel Karsenti : A.P.C. a un positionnement très honnête, je trouve, par rapport à ses produits. Il faut dire que lorsque le produit est bon, on est souvent plus flexible sur le prix. On le comprend davantage. Et donc, il n’y a pas d’abus, je dirais, de la part d’une marque comme A.P.C.

Lorsque chez ACNE les produits sont très chers, ils sont souvent aussi justifiés par des matières très belles, par une créativité spécifique. Et donc, on peut la comprendre. Là où on se retrouve évidemment beaucoup moins, c’est dans le monde du chiffon qui nous entoure plus souvent où les boutiques se multiplient, ils vendent les mêmes collections, et où la qualité ne s’y retrouve pas. Et la matière, évidemment, est un élément pour nous, en tous les cas au démarrage d’une collection important. C’est la matière, je trouve, qui ment souvent chez certains fabricants qui font des prix trop élevés.

Chez quel designer faut-il aller ?

Uriel Karsenti : Chez ACNE, chez A.P.C., essentiellement.

Geoffrey : Tu ne te fournis pas trop ailleurs pour t’habiller ?

Uriel Karsenti : Si, j’achète des marques américaines. J’achète même duJ-Crew. Il m’arrive d’acheter des Marc Jacobs. Je suis d’ailleurs à ce propos absolument comme tout le monde. Si je pouvais m’acheter un cardigan Hermès, je le ferais volontiers. Mais globalement, c’est évidemment des choses qui parfois sont interdites. On n’en a pas les moyens ou envies d’investir si cher sur une pièce. Et Margiela reste tout de même une marque que je n’ai pas citée mais qui, pour moi, malgré son prix très élevé, propose une offre, je dirais, assez spécifique, assez forte.

Tu as dit : « La mode, c’est une histoire de gâchis »

Uriel Karsenti : Je vais le développer, mais juste pour expliquer et le situer dans le contexte de Maison Standards, clairement, nous, ce qu’on a choisi chez Maison Standards dès le démarrage, c’est l’édition. Edition, c’est proposer peu de chose, peu de choix, travailler en amont pour que le client ait une proposition forte. Et je crois que la notion même de standard correspond à ça, à une édition, à une rareté, à travailler un produit qui a non seulement une fonction mais qui, en plus, a une certaine esthétique, une certaine pureté. Et donc, tout est dans la philosophie de Maison Standards : Vers l’édition et tourner dans l’édition.

L’histoire du gâchis de la mode, c’est une histoire qui ne mérite pas d’être particulièrement dénoncée. Si ce n’est qu’elle est, je dirais, dommageable pour les marques aujourd’hui et pour le marché en général. Pour construire une collection en amont de la vente, et pour ensuite la vendre en aval du circuit de distribution, il y a évidemment des gâchis monstrueux aujourd’hui. Pour construire une collection et, donc, proposer 20 modèles à la vente, il faut en construire environ 50 qu’on éditera ensuite. Ils seront fabriqués en échantillon dans chaque usine, parfois au prix monstrueux si évidemment, les matières sont chères, parfois moins chères mais c’est tout de même beaucoup de travail et beaucoup d’énergie tournés vers une collection qui ne verra jamais jour. Et donc évidemment, il y a à ce niveau-là déjà un premier gâchis qui est fait. Il y a une première sélection qui est faite avant d’être vendu soit aux distributeurs, aux intermédiaires, soit directement en boutique.

La deuxième partie du gâchis arrive en boutique lorsque les collections ne sont pas vendues et qu’elles doivent être déstockées. D’abord soldées pendant de longues périodes, pendant des périodes d’ailleurs de plus en plus nombreuses. Puis, déstockées dans la boutique même. Puis, déstockées une seconde fois, une troisième fois dans des endroits de déstockage ou dans des sites dédiés, ou dans des ventes privées qu’on qualifie souvent de ventes presse. Donc, évidemment, disons qu’il y a à tous les niveaux de distribution et même de création et d’édition d’une collection beaucoup de gâchis.

Quelles sont les difficultés liées à ton business model ?

Uriel Karsenti : Evidemment, le parti pris qu’on choisit est le moins évident commercialement. D’abord parce qu’il exige de définir un territoire de marque qui, en soi, est de l’ordre de l’émotion et de l’ordre de l’âme et de l’impalpable, et de l’image. Et évidemment, dans un deuxième temps, c’est difficile puisqu’on s’empêche de vendre plus de choses plus rapidement. Et en plus, on s’empêche de les vendre plus chères. On a une promesse envers le client qui est de proposer une marge raisonnable. Elle est de deux et demie à trois sur nos prix de revient quand elle est de l’ordre de huit à dix chez les concurrents.

Et évidemment, il y a une difficulté à développer plus rapidement. Mais c’est l’objet d’une marque qui, par ses produits, d’une certaine manière, s’ouvre des boulevards, s’ouvre des potentiels. Evidemment, le Standard, pour nous, c’est un territoire très large. Et donc, il y a un vestiaire édité mais important à décliner pour les clients.

Geoffrey : Dans ce contexte, est-ce que la notion de solde a encore un sens ?

Uriel Karsenti : Dans le contexte de Maison Standards, il n’a aucun. Les produits sont étudiés pour être honnêtes. Ils ne peuvent pas descendre dans la mesure où les marges de Maison Standards ne peuvent pas être inférieures à ce qu’elles sont aujourd’hui pour nourrir l’entreprise, pour permettre ce business. Et donc, évidemment, je dirais que même l’état d’esprit des soldes n’a pas sens puisque pour nous, les soldes dévalorisent le produit. Elles dévalorisent la perception de la marque par le client. Et elle n’a pas sa place dans une marque qui est déjà dans une posture d’honnêteté et de transparence.

Comment arrives-tu à communiquer sans investir ?

Uriel Karsenti : Alors, on est au début de notre histoire. On a huit mois à peine. La communication, pour l’instant, s’est faite par les blogs, par les prescripteurs, par la presse traditionnelle. Et en ce sens, on est resté relativement traditionnel. On a juste utilisé quelque chose de plus fort que sont les réseaux sociaux, qui nous ont permis d’être suivis, d’être connus par une communauté qui est particulièrement fidèle, qui est devenue nos clients. Et aujourd’hui, c’est la prescription qui marche dans le modele.

Prendre à contre-pied la mode te ferme des portes ?

Uriel Karsenti : Ça ferme évidemment les portes de certains distributeurs qui auraient peut-être vocation à nous rendre un peu plus visibles mais qui ne peuvent pas évidemment intégrer le discours, je dirais, anti-traditionnel de la mode ou qui éventuellement révèle ses marges. C’est vrai que dans le milieu de la mode, parler des marges n’est pas quelque chose d'apprécier. Pourtant, aujourd’hui, je pense que de plus en plus de gens ont envie de comprendre, ont envie de connaître, et dans certains métiers également très différents du nôtre ou très éloigné. Je pense à la lunette, par exemple, EyeWear aux Etats-Unis. En France, maintenant c’est arrivé. On le fait de manière plus proche aussi dans le design avec des modèles anglophones. Et donc, la mode s’imposait évidemment comme modèle nouveau, comme modèle important de consommation pour être transparent et pour parler de l’intérieur.

Le minimalisme t’inspire ?

Uriel Karsenti : Le minimalisme est quelque chose qui m’inspire. Je ne sais pas s’il m’inspire. En tous les cas, les collections le respirent. L’idée, pour nous, je ne sais pas si ça s’appelle minimaliste. Je ne sais pas si c’est « Less is more » comme disent trop de gens. Mais en tous les cas et à la fois, il y a une notion de « C’est rien et c’est tout ». Il y a parfois une difficulté à raconter un produit lorsqu’il n’a pas de fantaisie, il n’a pas de détail en particulier. Pour autant, notre travail c’est essentiellement sur la coupe, sur la matière, très importante. Et ensuite, on retrouve évidemment des notions de fitting, de mesure pour que le client s’y retrouve bien et qu’il soit confortable. Ça reste de la mode et c’est un produit dont on peut parler, je dirais, de manière visuelle. Voilà.

Quelles sont tes inspirations pour tes standards ?

Uriel Karsenti : Les inspirations des stylistes qui travaillent avec moi – moi étant l’arbitre du produit, mais n’étant pas le créatif en soi – c’est évidemment des produits qui ont appartenu à nos parents. C’est évidemment des produits qui ont traversé le temps. Et parfois, ils s’appellent Hermès. Parfois, ils s’appellent un vieux Bompard. Parfois, il y a un certain nombre de produits qui, évidemment, auxquels on est très attaché. Et je pense que chacun, dans ses familles, il pense de manière très personnelle. Le propos de Standard, c’est de finalement, pouvoir redonner possession d’un produit auquel on a un affect et qui dure dans le temps, et un produit qu’on peut décliner en couleur dont on sait qu’il est là tous les jours.

Comment vois-tu l’évolution du marché ?

Uriel Karsenti : Je pense qu’il y a deux catégories de projet dans la mode comme dans tous les secteurs de la distribution. Il y a ceux qui font les choses parce qu’ils sont passionnés. Et du coup, ils font les choses qui leur ressemblent. Et puis, il y a ceux qui font les choses pour gagner de l’argent. Les deux ne sont pas incompatibles. On pourrait essayer de faire les deux en même temps. Pour autant, les choix qu’on fait évidemment sont des limites au potentiel. Dans notre choix à nous, on s’est dirigé vers quelque chose qui nous est très propre, qui est partagée par beaucoup de gens. Mais évidemment, je pense que le business model a vocation à se développer. Je pense que le business model en direct va se développer. Ensuite, c’est la force des marques qui va parler. Et là-dessus, une marque peut être très forte en retail. Elle peut être très forte sur le web ; mais c’est la marque qui est la plus forte. Et c’est l’état d’esprit des créatifs, de l’équipe, de l’âme de la marque qui va parler du produit évidemment. Ce n’est pas tant le circuit de distribution. Le circuit de distribution n’est qu’un média. Et la force de certains projets, c’est d’être capable de le transmettre qu’il soit en physique ou qu’il soit sur le web ou sur l’écran.

Geoffrey : Merci beaucoup Uriel.

Uriel Karsenti : Merci à toi. Merci à vous d’être venu me voir.

 

A propos Luca Mariapragassam

Pour moi, la mode rime avec rester soi-même. Mis à part les films de Jackie Chan, je suis un grand passionné de Coca Zéro. Et je n'aime pas les S qu'on m'ajoute à la fin de mon prénom.

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  • Nicolò – BonneGueule

    Il est pile à ta taille, même pour la longueur des manches, tu as de la chance 🙂

    Tout bon, donc.

  • OnurBG

    Alors, la vidéo a été retirée pour des raisons de confidentialité.

  • OnurBG

    Ah bonne remarque Henry ! Je vais faire remonter cela à Long qui nous apportera plus de précisions.

  • JonathanBG

    C’est un peu comme le gris chiné, la sobriété de la couleur te permet de la porter avec tout justement.

    Notamment des vêtements un peu workwear style boots + jean brut si tu recherches un look plus viril (contraste entre le tissu doux du pull et la toile du jean).

    Jonathan

  • antoine

    hello,

    Je vous sollicite pour un petit avis. Maison standards sort son sweat dans une nouvelle couleur : blanc chiné.
    http://www.maisonstandards.com/fr/115-le-sweatshirt-blanc-chin%C3%A9.html#/taille-xxs
    J’hésite car je me dis que cette couleur est plus adaptée à une fille non ?
    A bientôt.

  • Simon

    Ce serait  » Certes, la qualité de Maison Standards NE s’aligne PAS sur celle du luxe (on est sur un bon milieu de gamme), mais … ». Je me suis fait la même réflexion que Thal. (et ce serait quelle négation ajoutER 😉

  • Merci pour l’interview

  • Interview très intéressante. On aime le concept. Dommage que toute la com’ et les produis n’aient pas leur identité propre et soient si proches de celle d’Everlane !

  • RafikSenouci

    Hello Paul !

    Merci pour le lien (nous collaborons effectivement avec Valéry), je ne connaissais pas du tout Everlane, quel dommage qu’ils ne livrent pas en France !

    Dans un esprit assez proche, tu as également Gustin pour les jeans (par ici pour le test : https://www.bonnegueule.fr/test-le-jean-gustin-finance-par-le-crowdsourcing/), ainsi que Frank & Oak (que Valéry mentionne également dans son article).

    Les marques adoptant cette démarche sont assez rares, on en voudrait plus 😉

  • RafikSenouci

    Merci pour le complément d’information Paul !

  • RafikSenouci

    Merci pour ton retour Guillaume, ravi qu’elle te plaise !

    Aucun problème pour la remarque, mais je t’avoue ne pas voir quelle négation ajouté haha. Où la mettrais-tu ? 🙂

  • Paul

    Les ceintures sont fabriquées en France, les chemises au Portugal.
    Pour le reste je ne sais pas, mais c’est du made in europe.

  • Thal

    Hello,

    C’est du détail, mais j’ai l’impression qu’il manque une négation dans cette phrase :
     » Certes, la qualité de Maison Standards s’aligne sur celle du luxe (on est sur un bon milieu de gamme), mais … »

    Interview très intéressante,

    Guillaume

  • Paul

    Salut!
    Auriez vous d’autres marques a nous conseiller dans la meme démarche que Maison Standard?
    J’ai fais quelques recherches et ai trouvé Everlane aux USA qui malheureusement ne livre pas en france (et qui fabrique en chine…)
    Merci

    ps: je me permets de rajouter le lien du Blog de Valéry ou j’ai trouvé l’info, qui je croie collabore aussi avec vous?
    http://jamaisvulgaire.com/blog/enquete-les-marques-low-cost-sans-intermediaires-une-vraie-qualite/

  • bobi

    Bonjour,
    J’ai essayé le Tshirt pour ma part. Il était ou trop serré en S, ou trpo large en S. Bref j’étais entre deux tailles, pas de chance. Il taille légerement plus grand que le Monoprix (qui il est vrai taille plutot petit).

  • Haddi Lam

    En prenant du L, la taille et la longueur était assez bonne, mais les manches donnaient un truc de ce genre:

    Mouais. Pas fan. J’ai dû me rabattre sur COS, qui fittent nickel sur moi.

  • Jonathan Theng

    C’est pour ça qu’on est là ! 😀

    N’hésite pas à faire un retour lorsque tu les auras.

    Jonathan

  • Jonathan Theng

    Merci pour ton retour !

    Tu sais ce que donnait la taille supérieure sur toi ? 🙂

    Jonathan

  • Jonathan Theng

    Ce modèle est vraiment sympa, le marron va vraiment avec tout. Choisis la boucle argentée si c’est celle qui te plaît le plus ! 😉

    Jonathan

  • el_lobo

    Leur démarche me plait vraiment. Merci encore BG pour nous faire découvrir des gens investi comme cela.

    Je vais me laisser tenté par une chemise, et une ceinture je pense, c’est dans la gamme de prix de zara, et le rapport qualité prix as juste l’air ouf.

  • Thomas Fondeux

    Très bonne interview l’équipe, très intéressante !

    Je vous demanderais bien un petit conseil … je veux me procurer une ceinture Maison Standards … j’aimerais un truc qui passe partout, avec lequel je pourrais mettre n’importe lesquels de mes fringues (je porte essentiellement jean brut APC // chemises // pull)
    Je voulais partir sur le modèle « Naturel » http://www.maisonstandards.com/fr/25-la-ceinture- , validez vous ? Avec quelle boucle la conseillez vous (je veux pas que ça fasse too much, je pensais prendre argent)

    Merci bcp !

  • Haddi Lam

    Je possède un de leur sweat, violet avec coudières. Je n’ai jamais vu un sweat aussi qualitatif pour ce prix. Dommage qu’il n’y ait que des basiques mais bon, je peux tout à fait comprendre leur démarche. Par contre un GROS point noir concernant leurs t-shirts: J’ai beau être dans la normalité tout en étant un minimum tracé, leurs t-shirts sur moi font office de t-shirt taille 16 ans pour un pauvre M (je ne fais pourtant qu’un 1m78 pour 78 kilos). Trop, vraiment trop court, et des manches plutôt volantes. Dommage.

  • Jonathan Theng

    Il peut arriver que le patron/fit soit adapté à la matière utilisée.

    Jonathan

  • Jonathan Theng
  • Jonathan Theng

    Tu peux contacter leur service client, ils pourront peut-être t’aider. 🙂

    Jonathan

  • PY

    J’ai une oxford blanche et une chemise en jean. Je trouve les 2 de très bonne qualité. Seul truc qui m’intrigue : des tailles bien différentes sur les deux chemises qui sont censées avoir la même coupe (les deux sont en M). L’oxford est assez ajustée et la jean presque trop grande.

  • Gary

    à 6min36 y’a une telle faute d’orthographe que j’ai vomi dans mes poumons.

  • desiremalerba

    Pour le coup, moi je n’ai pas été super content. J’ai commandé une écharpe en 100% laine (déjà 14 eur de
    frais de port pour un petit colis, pour la Belgique??), écharpe très jolie, comme sur les photos, mais je l’ai mis 5 fois et j’ai fait 3 trous.

    C’est peut être moi mais ca ne m’était jamais arrivé avant.

  • merci Robin (co-auteur de l’excellent blog Redingote.fr)

  • YouTube pour ce qui doit circuler, et Viméo pour ce qui doit rester privé 🙂

  • Jim

    Vous postez vos videos depuis Youtube ? Fini Viméo ? ( Les abonnés free vont être tristes..)

  • Max

    Je m’étais déjà approprié un de leurs produits : un sweatshirt bleu avec des coudières en cuir noir. La pièce est simple mais elle respire la qualité comme j’en ai jamais vu pour ce prix là. Je conseille vivement cette marque dont les produits au rapport qualité/prix sont très satisfaisant 🙂

  • Jonathan Theng

    C’est un micro-cravate simple, que tu trouves en premier prix chez Amazon 😀

    Jonathan

  • Nickta

    Tu ne peux pas avoir de « made in france » à ces prix.
    Les sweet sont made in europe, le reste je ne sais pas.

  • Gary

    Merci pour l’interview. Belle vidéo, bravo pour le montage.
    J’adore le rendu son du micro… on peut savoir quel est le modèle et la marque ? 😉

  • RafikSenouci

    Merci Sylvain, content qu’elle t’ait plu !

    Pour répondre à ta question, je sais qu’il ne s’agit pas de Made in France, mais n’ai pas le pays de fabrication en tête. Le mieux est de directement demander à la marque pour le coup 🙂

  • sylv1

    merci pour cette interview interessante.
    Une question : est ce que les produits sont made in France?

  • RafikSenouci

    Merci beaucoup Florian ! On essaie de varier les supports, et si ça te plait, alors on est vraiment ravi 🙂

  • RafikSenouci

    Ravi qu’il te plaise ! 🙂

  • Antoine

    interview super intéressante !! Une bonne leçon sur la relation aux prix des marques et la manière dont ceux-ci sont élaborés.

  • bobi

    J’ai acheté pour ma part une chemise oxford et un pull en cachemire col V. J’en suis extrêmement content. Je ne vois pour le moment aucun point négatif à relever. Le pull en particulier a une coupe parfaite, pour une personne de corpulence normale à mince. Parfaite.

  • Robin Nozay

    Très intéressant ! Merci pour cet article !

  • Florian

    Vraiment super de développer le contenu vidéo !! Continuez ainsi 🙂