Mac, tote bag et chukkas : les pépites de la rédaction #87 – Jordan

Temps de lecture : 5 minutes

Publié par le 8 novembre 2020

Les lignes de mon tableau Excel se noircissent. C'est ma wishlist qui s'allonge de jour en jour.

Faut dire qu'on en voit des vêtements, à force d'écrire sur le sujet. Du coup, forcément ça provoque des envies. Faut savoir résister, on n'est pas des animaux. Mais parfois, il faut savoir lâcher prise aussi.

C'est ce qui m'est arrivé sur l'une de ces pépites. La moins chère. C'est peut-être là l'explication de ce relâchement.

Je vous laisse juges.

Manteau de pluie marron foncé - Mfpen

Ça fait longtemps que je veux un mac.

J'ai sondé Vinted comme jamais à la recherche d'un Aquascutum, Grenfell ou Burberry de seconde main. Le déclic ne s'est jamais fait. En cause : le prix, la matière, l'humeur, la couleur, l'état.

L'intérêt d'acheter ce type de pièce en seconde main, c'est bien sûr de payer moins cher. Et je suis toujours dans l'espoir d'en racheter un pour une bouchée de pain à un papi soigneux qui ne le porte plus. Doux rêve qui m'anime encore.

Un autre intérêt de l'achat en seconde main, c'est d'accéder à des coupes amples et des manteaux longs. Ce que je veux absolument.

Le troisième, mais ce n'est pas spécifique à l'achat d'un manteau, c'est bien sûr de consommer raisonnablement.

Quand je suis tombé sur ce Mfpen, je l'ai d'abord trouvé beau. La couleur d'abord, ce marron moyen est très élégant je trouve avec ces boutons qui s'accordent parfaitement à lui.

Ensuite j'ai apprécié la coupe oversized avec ses épaules tombantes, la place aux manches, la longueur du manteau arrivant aux genoux du mannequin et puis l'empiècement de coton qui se révèle joliment quand on soulève le col.

Pour ne rien gâcher, la matière est un coton/nylon. Mais ce n'est pas ça qui m'intéresse. Ce qui m'intéresse, c'est qu'elle provienne d'un deadstock. Et donc, la marque n'a pas fait produire de tissu pour confectionner son manteau, elle s'efforce de ne pas surproduire.

Ça me plaît.

Je n'ai en revanche aucune indication sur le lieu de fabrication, ce qui me plaît moins. Au prix de 370€, on peut s'attendre à une fabrication en Europe de l'Est ou en Afrique du Nord peut-être. Mais ce ne sont que des hypothèses.

Je viens de leur envoyer un e-mail leur posant la question.

On verra bien ce qu'ils me répondent.

Ils m'ont répondu :

"The coats are being made in Turkey by Italian deadstock fabrics."

En fait, la matière est italienne et le pays de fabrication est la Turquie. Bon un pas de plus vers la transparence bien que le made in Turkey me refroidisse un peu.

Tote bag orange - Epperson Moutaineering

Je ne sais pas ce qu'il s'est passé.

J'étais sur Endclothing à la recherche de pépites. Et puis, dans la liste des marques je tombe sur Epperson Moutaineering. Intrigué, je clique.

Là, je tombe sur des sacs de toutes les couleurs. Et mon cerveau surchauffe et plante. À mon réveil, je reçois un mail de confirmation de commande.

Vraiment, je ne sais pas ce qu'il s'est passé.

Pour justifier ce mystère, vous conviendrez que je suis bien obligé d'inclure ce sac à mes pépites. Le voici.

Sac orange tote bag

"Je n'ai rien su faire", comme dirait l'autre.

Je fais une fixette sur l'orange. Ça me paraît clair.

Mais ce qui m'a plus tout de suite, c'est bien sûr ces anses orange vif, presque fluo on dirait, qui se prolongent sur toute la longueur du sac en de multiples boucles. Les mêmes qu'on trouve sur les sacs d'escalade ou de randonnée sportive pour y glisser des objets et en attacher d'autres au moyen de mousquetons.

Ça donne à ce tote bag une allure peu commune.

Je trouve aussi élégant d'avoir pensé la couleur du sac et celle des anses en camaïeux. Ça en fait un objet à l'esthétique équilibrée. Tout comme les proportions qui font qu'il se dégage une certaine harmonie de ce sac.

Entrons dans le détail. C'est fait aux États-Unis. Je ne vous cache pas que le made in U.S.A. fait toujours plaisir à voir.

Ensuite, la matière principale vient de Cordura, marque spécialisée dans les tissus réputés increvables. Ou du moins extrêmement résistants à l'abrasion et durables dans le temps. Là c'est du nylon pour ce sac, tissé de manière dense.

zoom sac orange

De plus, une membrane a été appliquée à la matière pour la rendre déperlante. À cela s'ajoute la possibilité de fermer le tote bag grâce à un système de fermeture décrit dans l'illustration explicative ci-dessous :

sac epperson moutaineeringEt là j'apprends que ces boucles s'appellent  "Daisy chain".

Le prix de cette petite beauté est de 105€ sur EndClothing. J'ai bénéficié de la gratuité des frais de port.

Sur le site de la marque, il coûte 80$, avec les frais de port, 105$, ce qui revient à environ 89€. Bon très bien mais je préfère ne pas en faire venir un nouveau des Etats-Unis alors qu'il y en a des disponibles plus près.

Ah et, une dernière chose : à l'intérieur du sac on trouve des compartiments fermés par des coutures soudées.

J'ai été dupé !

Je viens de recevoir le sac, à l'instant, nous sommes le mardi 10 novembre. Endclothing a été efficace et je les en remercie. Je vous montre quelques photos.

Extérieur face

sac orangeLa couleur de la toile tire plus vers le marron orangé. Mais c'est très beau et s'intègrera d'autant mieux dans des silhouettes variées.

Extérieur dos

sac orange

On voit bien ce petit cordon de serrage très randonnéesque.

Intérieur

ET VOILÀ LE HIC : pas de compartiments à signaler à l'intérieur du sac... Je parie qu'on les trouve sur la taille supérieure de ce modèle et qu'un copier-coller m'a induit en erreur.

Je m'en fiche un peu. Un totebag, c'est un cabas. C'est pour tout mettre en vrac dedans. Pas de compartiment, j'en fais pas une montagne.

Chukkas multicolore - Sperry Top Sider

Je n'ai peur de rien.

À part peut-être d'un plat épicé trop fort. Mais c'est tout. À part ça j'ai peur de rien !

Pas même de ces Chukkas Sperry Top Sider MULTICOLORE !

chukkas multicolores sperry top sider

C'est peut-être un défi personnel pour me sentir à nouveau vivant. C'est peut-être le confinement qui m'a entamé sévèrement les neurones. C'est peut-être parce que je me suis cogné la tête dans la salle de bain tout à l'heure. JE NE SAIS PAS.

Ce que je sais, c'est que ces Chukkas font vibrer une corde sensible. Je crois que c'est leur côté enfantin. Des couleurs pas subtiles mises tout ensemble, comme un tas de légo. Ça me fait penser aux Kickers aussi, la semelle verte, la semelle rouge. Elles me font retomber en enfance ces chaussures.

Et rien que pour ça, elles méritent leur place ici.

Le velours côtelé choisi pour ces chaussures rend le tout encore plus divertissant. Est-ce vraiment la vocation de chaussures d'être divertissantes ? Bonne question, j'ai la réponse mais je m'en fous pas mal.

Je ne suis même pas sûr de comment les porter mais c'est pas ça l'important. L'important c'est qu'elles me donnent envie de grimper aux arbres et de construire des cabanes, voilà l'important.

(Bon et les semelles sont des Vibram aussi.)

Je n'ai pas su déterminer avec précision où elles étaient fabriquées... mais j'ai dans l'idée que ça peut venir noircir le tableau. Pour sûr, elles n'ont pas été faites dans le Maine, aux États-Unis, comme certaines autres de la collection.

Jordan Maurin Jordan Maurin

Adepte des romans d’Ellroy et de Vian, j’essaie de vivre ma vie le plus artistiquement possible (comme le disait Glenn O’Brien). Fervent défenseur du pantalon blanc (Squarzi président !), j’aime le vêtement quand il donne confiance et ne déguise pas. Pour moi, s’habiller différemment, ça veut dire se donner le droit de penser différemment.

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