Ligne BonneGueule : le bomber technique

Temps de lecture : 9 minutes

Aujourd'hui, on va parler d'une pièce qui m'a manqué pendant longtemps. Si vous saviez le nombre de fois où j'ai pu me dire :

Bon sang, mais si seulement j'avais le prototype sous la main !

En fait, tout a commencé avec l'idée de créer un vêtement qui serait utile en de nombreuses occasions. Une pièce qui agisse en renfort avec d'autres, mais qui puisse aussi exister seule, portée en tant que telle. Un peu comme une "couche intermédiaire" couteau suisse.

Les Anglo-Saxons ont une expression très parlante pour cela : ils parlent de mid layer, soit "couche du milieu". Et avec ce bomber en tissu Power Stretch Pro, notre but est de vous fournir le mid layer ultime à porter en toute saison.

Oui, même en été quand il fait frais le soir et que vous n'avez qu'un simple tee-shirt en-dessous, ou que vous avez besoin d'une pièce bien compacte à mettre dans votre valise, ne serait-ce que pour faire face à la clim de l'avion.

Notre version du mid layer, le bomber en Power Stretch Pro de chez Polartec.

La genèse : l'inspiration où on ne l'attend pas...

[Attention, instant très personnel, rendez-vous au paragraphe suivant si cela vous gêne.]

Épisode #1 - Les retours à Tours

Ma réflexion a mûri en regardant les habitudes vestimentaires de... ma famille.

En effet, quand je rentre à Tours, je vois souvent ma mère et ma petite soeur à la maison. Elles aiment bien porter une "polaire" tout au long de l'année, en intérieur ou dans le jardin, en mode chill comme disent les jeunes.

Et s'il était possible de créer une pièce aussi confortable et douillette mais avec un design, un fit tellement plus moderne qu'on la porterait aussi pour sortir entre amis ? Elle serait si agréable qu'en rentrant chez soi, on ne voudrait même pas l'enlever !

Épisode #2 - Le hangar ardéchois

Ma réflexion a encore avancé l'été dernier, lors que je suis parti en Ardèche avec mes amis Bruno et Valentin. Je vous laisse imaginer, j'étais en tee-shirt toute la journée.

En sortant un soir, on s'est retrouvés à la fête des voisins de Saint-Julien-le-Roux. C'était sous un hangar agricole et là aussi, dès que la nuit a commencé à tomber, les gens autour de moi se sont enveloppés des polaires épaisses et larges . Et boum, je me suis à nouveau perdu dans mes pensées :

Si elle doit être portée seule comme en mid layer, cette pièce devra avoir une matière vraiment douillette à l'intérieur, mais avec un rendu "contemporain" à l'extérieur.

Bruno et Valentin, à qui nous avions déjà consacré un article pour leurs styles d'entrepreneurs nomades.

Épisode #3 - La soirée dans le jardin

Lors de ce même été, j'ai invité des amis très proches à passer une soirée dans le petit jardin de la maison de mes parents à Tours. Il faisait chaud pendant l'après-midi, on frôlait les 30 degrés, mais la température devait redescendre le soir.

En bon obsessionnel du couple météo / vêtement du jour, j'ai pensé qu'il suffirait de rajouter une couche "normale" par-dessus ma chemise lors de la soirée. Un blouson en jean, en l'occurrence.

Sauf qu'à rester assis toute la soirée dans le jardin, j'ai franchement fini par avoir froid. Elodie, une amie présente ce soir-là, m'a même emprunté ma Canada Goose tant son trench ne suffisait plus. J'ai alors pensé :

Il m'aurait seulement fallu une pièce fine et isolante que j'aurais pu mettre sous ma veste en jean.

Alors c'est vrai, j'aurais pu mettre un sweat, mais ce n'est pas la même chaleur. Il n'y a pas ce côté douillet, surtout à même la peau. Sans compter les possibilités stylistiques réduites comparé au layering d'un mid layer.

Tous ces petits évènements de ma vie personnelle n'ont fait que renforcer la nécessité de mettre au point une telle pièce, qui aurait pu servir dans toutes les situations décrites.

[fin du paragraphe "vie de Benoit"]

Cette pièce est donc dédiée à ma mère, ma petite soeur, Bruno, Elodie, et tout ceux qui ne veulent plus voir des moments plaisants de la vie perturbés par des coups de froid imprévus.

Des exigences précises

C'est donc en revenant à Paris, la tête pleine de réflexions, que le cahier des charges de ce mid layer s'est dessiné :

  • très facile à entretenir,
  • stretch, pour avoir une silhouette près du corps pouvant facilement s'adapter à plusieurs couches,
  • avec un design type "bomber", pour éviter à tout prix le côté "outdoor / montagne" et ancrer la pièce dans une utilisation urbaine,
  • dans une matière à l'aspect extérieur urbain également,
  • dans une couleur relativement neutre pour l'intégrer facilement,
  • et offrant un confort absolu en termes d'isolation.

S'il est facile de trouver des matières isolantes, en trouver une avec une jolie main est une autre paire de manches. Et ça l'est encore plus si vous la voulez stretch...

Mais justement, pourquoi l'aspect stretch est-il si important pour moi ?

Pourquoi faire un mid layer stretch ?

Pourquoi vouloir du stretch quand Uniqlo a vendu des tonnes de doudounes qui ne l'étaient pas ? Si par essence, ce genre de pièce n'est pas stretch, pourquoi vouloir une matière élastique ? Quel est l'intérêt pour une pièce urbaine ?

En premier lieu, l'aisance et la liberté de mouvement. Puisque ce bomber est bien plus stretch qu'un sweat, il est donc d'un confort absolu.

Et surtout, l'élasticité de la matière permet d'obtenir une silhouette proche du corps, ce qui est bien utile quand vous devez enfiler une deuxième couche par-dessus.

On obtient une silhouette proche du corps, moderne et facilitant l'intégration du bomber dans des looks en layering.

Aucun excès de matière, les proportions sont nettes et justes.

C'est le défaut de beaucoup de mid layers : l'épaisseur. Grâce au stretch, nous évitons cet écueil sur le bomber.. Vous ne ressentirez aucune gêne en passant une autre pièce par-dessus.

Pourquoi une forme "bomber" ?

Comme je l'ai dit, il fallait une pièce urbaine avant tout, pas un vêtement de randonnée.

Pour moi, le bomber était le type de blouson se prêtant le mieux à l'usage de cette matière : on peut le porter ouvert ou fermé, avec une chemise, un sweat ou un tee-shirt. Il n'y avait que des avantages à travailler cette forme.

On l'a muni de deux poches zippées pour garder vos affaires en sécurité.

Aucun risque que vos effets ne se fassent la malle.

Quant à la couleur, elle a été développée spécialement pour nous. Le but était d'avoir un gris neutre qui mettrait en valeur le tee-shirt ou la chemise portée en-dessous... mais aussi la pièce que vous porterez au-dessus ! Il est fabriqué en Bulgarie, car les pays d'Europe de l'Est développent un savoir-faire de plus en plus pointu sur la confection de vêtements utilisant des matières élastiques.

Un gris facile à porter, qui se mêlera joliment aux autres nuances de vos looks.

La matière : le Power Stretch Pro de Polartec

Une matière largement plébiscitée

Le choix de la matière était vraiment clé pour cette pièce.

En faisant des recherches intensives, j'ai petit à petit découvert le Power Stretch Pro du fabricant bien connu qu'est Polartec. Il est d'ailleurs très loin de ne faire que des polaires et mène une intensive politique de R&D (dernier coup d'éclat : le Polartec Alpha commandé par l'armée américaine).

Je voyais souvent des marques d'outdoor très pointues utiliser cette curieuse matière que je ne connaissais pas : Rab, Mont, Cloudveil, Marmot, Millet, Houdini et même Dui, une marque de plongée ! Il fallait donc que je creuse encore un peu plus le sujet...

Voilà comment Polartec présente les avantages de ce tissu :

La documentation "officielle" de Polartec sur ce tissu, issue de la fiche de présentation.

Évidemment, je ne me suis pas arrêté là et j'ai aussi cherché d'autres témoignages, afin de croiser les sources et de m'assurer que je ferais le bon choix. Toutes mes excuses, les avis pertinents étaient uniquement en Anglais ...

Par exemple, dans un forum d'escalade, un utilisateur s'enthousiasmait sur les qualités du Power Stretch et de sa durabilité :

Ailleurs, un autre utilisateur décrivait le Power Strech comme "presque miraculeux" et louait ses propriétés techniques au regard de son poids. Ce qui m'a intéressé, c'est qu'il pointait le combo Power Stretch / veste légère imperméable comme la combinaison gagnante :

Sur un forum canadien, c'est un autre utilisateur qui se ravissait de son achat. Là aussi, il soulignait la durée de vie du tissu et mettait en avant le côté "cosy" de la matière :

Ici, un autre test d'un vêtement en Power Stretch Pro, où il récolte 9/10 grâce à la matière !

Du côté de la marque Rab, c'est le même enthousiasme sur cette matière qu'ils utilisent pour de nombreux vêtements (mais malheureusement avec à chaque fois un look totalement randonneur, que ce soit dans les coupes ou les couleurs) :

D'ailleurs, le site Gear Exposure (le BonneGueule des vêtements de montagne) a carrément qualifié le Power Stretch Pro comme meilleure matière pour mid layer en 2016.

Vous comprenez maintenant pourquoi j'étais enthousiaste à l'idée de choisir cette matière ?

Mais comment fonctionne le Power Strech Pro ?

C'est très simple : la partie en contact avec la peau, à l'intérieur du bomber, absorbe l'humidité du corps et la fait remonter à l'extérieur sur une grande surface. C'est là qu'elle peut sécher rapidement.

Voilà pourquoi on dit que cette matière est respirante.

Le fonctionnement de la matière en simplifié, avec un schéma fourni par Polartec.

Un dessin plus réaliste, où on voit bien le rôle de chaque face du Power Stretch.

Quelques rappels sur ce qu'on entend par "respirant"...

Attention, quand Polartec affirme que son tissu est très respirant, ça ne veut pas dire qu'il est rafraîchissant ou refroidissant. En réalité, on fait allusion à sa capacité à évacuer la transpiration, pour éviter que l'humidité du corps ne s'accumule à l'intérieur de votre vêtement. Pour lutter contre l'effet étuve !

C'est un point particulièrement crucial pour les activités en extérieur : si la transpiration n'est pas dangereuse lorsque le corps est chaud et en mouvement, elle le devient dès qu'on arrête de bouger. Vous auriez terriblement froid : c'est comme si vous sortiez de chez vous avec un tee-shirt mouillé et qu'il y avait du vent !

Il est également bon de rappeler qu'il ne s'agit pas d'un baguette magique, dans le sens où elle ne fera pas disparaître la sudation de votre corps. Si vous êtes dans le sous-sol d'un bar surchauffé et que vous transpirez dans votre chemise en oxford (portée sans rien au-dessus), au point qu'elle se trempe au niveau du dos et des aisselles, ce n'est pas en rajoutant une couche de vêtement par-dessus qu'elle sèchera comme par magie !

Dans le cas du Power Stretch Pro, cela signifie que dès que de la transpiration arrivera à l'intérieur, elle sera absorbée par capillarité puis rejetée à l'extérieur. En d'autres termes : c'est un tissu qui sèche très vite, contrairement à une veste en coton qui met trois plombes.

L'envers du tissu fait que vous pouvez le porter sans problème à même la peau. Pas de doublure "froide" quand vous êtes en tee-shirt par exemple. Certaines marques outdoor font même des pantalons dans cette matière, ça en dit long sur le confort du Power Stretch à même la peau.

En effet, théoriquement, vous pourriez tout à fait porter cette pièce torse nu (j'ai bien dit théoriquement) ! L'envers du vêtement est très doux. Polartec explique qu'ils ont voulu faire un tissu pouvant être utilisé en première couche, en superposition légère, ou en couche extérieure suivant l'activité physique.

Quant au stretch, il est impressionnant, un peu dans le même ordre que notre pantalon Schoeller pour les heureux possesseurs. C'est un vrai stretch 4 directions, et très sincèrement, vous serez plus limités par votre souplesse que par le bomber lui-même !

Vous avez de quoi faire !

Quelle différence entre le Power Stretch "normal" et le Power Stretch Pro ?

C'est la composition qui change, puisque que le Power Stretch "normal" comporte seulement du polyester et de l'élasthanne. La version pro, elle, présente certes ces deux matières mais aussi 33% de nylon.

C'est justement lui qui apportera plus de résistance à la pièce. Ainsi, elle sera beaucoup moins sujette au boulochage par exemple. L'entretien n'en sera que facilité car c'est une matière qui ne craint absolument pas le lavage en machine, contrairement à un bomber classique dont on ne sait pas toujours comment il ressortira du tambour...

Toujours grâce au nylon, on obtient un aspect plus "lisse" à l'extérieur, facilitant donc la "glisse" du vêtement que vous enfilerez par-dessus le bomber. Oui, oui, ça a vraiment été pensé pour ça. Bref, c'est une matière destinée au layering !

Enfin, le nylon augmente la "résilience" du stretch : sur le long terme, il ne se détend pas de manière irréversible. On appelle ça la "mémoire de forme".

Un bombers adapté aux températures d'été de mi-saison ?

J'ai pu tester la pièce en long et en large, et force est de constater qu'elle est très polyvalente.

Disons qu'elle peut aisément remplacer un sweat et une pièce d'outerwear quand le temps le permet (à partir de 15°C). Autrement, je l'ai portée en intérieur au bureau, avec juste un tee-shirt en-dessous : cela ne m'a posé aucun problème. Il m'est aussi déjà arrivé de porter le prototype avec une chemise et un sweat autour des 10°C très facilement.

En ce moment, avec des températures à Paris comprises entre 10 et 20°C, c'est une pièce idéale que je porte quasiment tous les jours. En fait, tee-shirt / chemise + bomber = combinaison gagnante.

Pour une saison estivale plus avancée - histoire de vous donner un ordre d'idée de quand porter cette pièce -, le bomber s'impose dès que vous avez un petit coup de froid en étant simplement en tee ou chemise !

Je suis content de voir qu'elle sera aussi très utile pour l'automne ou l'hiver. C'est clairement une pièce portable toute l'année, avec ou sans vêtement par-dessus.

Comment choisir sa taille ?

Le sizing est tout à fait classique, prenez simplement votre taille habituelle.

Si vous faites du M sur une chemise ou un tee, prenez ce bomber en M également.

Comment porter un bomber ?

Spontanément, vous pouvez coupler votre bomber à un jean brut. C'est une combinaison très sûre, vous n'avez aucune chance de vous tromper ! Au milieu de nuances relativement froides, le tee-shirt bordeaux apporte de la chaleur et réchauffe l'ensemble. Si Luca opte pour des bottines, des sneakers auraient été tout aussi envisageables. (Jean BonneGueule - Kurabo, tee-shirt top secret, boots Meermin)

Un bomber peut facilement prendre des accents sportswear. Jouant sur cette corde, Luca l'associe à un sweatpant. Une seule condition avec ce genre de pantalon : s'assurer que la coupe est impeccable, de sorte que le look reste urbain. Du reste, il termine sa tenue avec une petite paire de sneakers qui colle parfaitement avec ces influences (et dont les empiècements rappellent le tee). N'hésitez pas à explorer la piste des sneakers colorées : elles constituent un bon moyen d'amener une pointe de fantaisie, sans que ce ne soit trop polarisant pour autant. (Sweatpant Uniqlo, sneakers Piola)

Un bomber peut évidemment se porter avec une chemise. Pour le coup, misez sur un modèle casual, au risque d'obtenir un contraste bien trop marqué autrement. Rien de bien compliqué ici : la chemise et le chino sont des couleurs simples, et ce sont les Nike rouges qui apportent une touche d'inattendu, que le pantalon roulotté à la cheville met en valeur. Ce look est intéressant dans son approche des couleurs, qui mélange entre autres du rouge et de l'ocre. Pourtant, l'ensemble reste harmonieux : c'est la magie du gris, apaisant les nuances plus fortes. (Chemise Outlier, chino Maharishi)

Pour plus de relief, le haut de la tenue est construit en camaïeu avec plusieurs teintes de gris. Regardez d'ailleurs comment les deux cols se placent naturellement l'un par rapport à l'autre.

Je me suis plus amusé sur cette tenue, avec des Y-3 aux pieds (ces pompes sont tellement confortables), un cargo Maharishi de la gamme upcycled dont j'adore la coupe; avec une ceinture 1K Corp et un tee-shirt Silent (la gamme plus abordable de Damir Doma). Et je suis content de voir que le bomber trouve bien sa place même dans tenue plus forte.

Le détail du col en crêpe, dont la couleur très douce se marie avec le gris.

Comme d'habitude, je ne me sépare plus de mes bracelets Thomas V. et Catherine Michiels. La sangle vient de la ceinture à boucle Cobra de la marque 1k Corp.

Comment se procurer le bomber technique BonneGueule ?

Le Bomber technique est disponible sur notre Eshop

Vous pourrez aussi trouver les pièces dans nos boutiques à Paris , Lyon et Bordeaux .

Et pour les autres, inscrivez-vous sans plus tarder :

Benoît Wojtenka Benoît Wojtenka

J'ai fondé BonneGueule.fr en 2007. Depuis, j'aide les hommes à construire leur style en leur prodiguant des conseils clairs et pratiques, mais aussi des réflexions plus avancées.
Et j'ai quelques lubies : le sport en salle, le techwear… Et j'adore le thé sous toutes ses formes, que je bois à raison de plus de trois litres par jour.

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