Sélection – L’essentiel du manteau d’hiver, cuvée 2011-2012

Temps de lecture : 8 minutes

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Cet article est une version réactualisée du précédent guide d'achat sur comment choisir un manteau, qui sera donc un peu plus brève vu que beaucoup de concepts ont déjà été énoncés l'année dernière. Ce guide est remis au goût du jour non seulement à travers la sélection en elle-même, mais aussi avec une mise en forme un peu différente.

Pour chaque type de manteau, vous aurez quelques lignes sur l’historique et son port de base (mais seulement quelques lignes rassurez-vous, on ne veut pas faire de vous des geeks du textile), une photo de leurs tout premiers ports et ensuite quelques recommandations pour tous les budgets, comme nous en avons l’habitude. Ce gramme de finesse dans notre monde de brutes vous servira surtout à affiner votre vocabulaire, votre culture sartoriale et à être plus précis sur vos exigences quand vous irez en boutique, et donc à être plus confiant.

Pour mes choix dans les tranches de prix hautes, j'ai préféré opter cette année pour du solide fonctionnel très viril et donc du traditionnel, souvent britannique avec du Gloverall, du Barbour et du Mackintosh. Quitte à claquer de la tune, autant le faire dans du durable.

Le but n'est après pas non plus de vous faire prendre 30 ans d'un coup mais plus de vous introduire ces classiques, si vous ne les connaissiez pas déjà, en vous proposant des modèles remis au goût du jour.

N'hésitez pas non plus à consulter le guide sur les manteaux si vous êtes perdu.

Le caban

Col haut, laine hyper épaisse, revers bien larges et poches intérieures en velours : le caban devint l’uniforme de l’US Navy à partir de 1881. Le côté marin fut par la suite affirmé avec les 6 boutons en Bakelite (un des premiers plastiques) sur lesquels étaient dessinées des ancres :

Le premier caban est le caban marin par excellence, puisque réalisé avec la marque bretonne Armor Lux. Si vous voulez le total look, prenez la marinière Hixsept ou quelque chose de moins marin pour un résultat moins convenu, comme une chemise à carreaux :

400 euros chez L'Exception

Daggs : Nous avons trouvé cette marque avec Geoffrey et d’autres amis en sortant de Maison Marais, un restaurant coréen situé rue Ferdinand Duval (testez le Bibimbap chaud).  La boutique se situe juste en face, rue Ferdinand Duval et nous y avons trouvé un caban en laine bien coupé, plutôt épais, avec en plus des bords francs (vous savez, ceux qui ont l'effet "découpé avec des ciseaux à l’arrache") et des boutons en bois :


Plus d'infos sur www.daggs.it ou à la boutique 4 rue Ferdinand Duval

Pour vous essayer au style caban très traditionnel, voici deux modèles particulièrement adaptés aux petites tailles...

Celui-ci est très classique et relativement court, il est idéal si vous faites 1m65-1m75 et que vous recherchez quelque chose de sobre et facile à porter tous les jours :

A partir de 50 euros chez JamaisVulgaire

Celui-ci se remarque déjà nettement plus avec ses boutons effet laiton et ses bandes rouges contrastantes dans le col :


A partir de 69 euros chez JamaisVulgaire

Le duffle-coat

Au début un manteau à capuche très lourd à la laine épaisse, venant du village belge Duffel, le duffle-coat est d’abord un vêtement militaire et de travail, ample et sans forme. Sa boutonnière bien particulière, faite de Brandebourg en corne, était conçue pour être manipulée sans efforts même les mains gelées.

Etrangement, le duffle-coat fut popularisé par le Field Marshal Bernard Montgomery, surtout connu pour avoir affronté Rommel avec ses Rats du Désert pendant la Seconde Guerre mondiale : d'où le nom du modèle de base chez Gloverall : le Monty, très lourd et vraiment ample (je vous le montre juste à titre indicatif, ce n'est vraiment pas parmi les premiers basiques à acheter).

295 livres chez Gloverall

La marque Gloverall est la référence en duffle-coat et est à la base une fabrique militaire : le nom Gloverall fut trouvé pour faire oublier les origines très militaires du vêtement et le rendre plus adapté à la vie de tous les jours.

Le Melinda Gloss propose un twist intéressant du duffle-coat, sans capuche et avec le rajout d’une fermeture éclair. On garde malgré tout les Brandebourg et une laine vraiment épaisse. Benoît en parle également dans notre analyse de la nouvelle collection.

565 euros chez Melinda Gloss

Engineered Garment, c'est la marque de Daikiri Suzuki, également designer de Woolrich Woolen Mill.

J’ai retenu leur duffle-coat car en plus de vraiment bien jouer avec les codes en proposant des fermetures Brandebourg encore plus visibles que d'habitude (grâce à un contraste blanc cassé/bleu marine efficace) mais en les arrangeant de manière plutôt fonctionnelle, celui du haut est asymétrique et permet une fermeture plus proche du corps et donc plus chaude.


525 euros chez Trèsbienshop

Encore une fois si vous voulez vous essayer au style, voici une version coréenne en laine plus cintrée que j'ai pu vous dégoter, avec des brandebourgs bien traditionnels.

A partir de 100 euros sur JamaisVulgaire

La parka

La parka telle qu’on la connaît aujourd’hui vient surtout de la guerre de Corée pour réchauffer les soldats américains en proie à la rigueur de l’hiver local : elle fut produite en masse avec de la fourrure synthétique et sans doublure. On l’appelle aussi Fishtail Parka en raison de l’élastique qui sert à nouer la parka autour des jambes pour bloquer le froid.

Elle est traditionnellement couleur olive clair, le khaki étant à l’époque déjà beaucoup trop répandu.

Un détournement intéressant pour cette collaboration French Trotters et Universal Work. En laine à chevrons et toile cirée, cette parka dispose d’une doublure amovible pour en faire une pièce malléable portable en hiver et en demi-saison.


480 euros chez FrenchTrotters

L'alternative coréenne, avec des couleurs moins communes, des petites tailles pour le prix d'une doudoune chez Uniqlo, avec les brandebours bien traditionnels en plus 🙂

A partir de 100 euros chez JamaisVulgaire / 166 euros sur Yesstyle

Le Mackintosh

Le nom vient de Charles Mackintosh, en gros l’inventeur du premier tissu imperméable. A la base fonctionnel plutôt qu’esthétique, il appartenait au début au registre rural et a fait son apparition petit à petit en ville. Il est aussi beaucoup apprécié dans l’équitation pour son confort.

Voici Mackintosh de base, coupe légèrement cintré et col chemise, complètement imperméable.


600 euros chez Trèsbienshop

La marque s’est diversifiée et fait des manteaux de formes différentes, en restant une référence niveau confort et imperméabilité avec ici de la laine enduite.

Celui-ci a également une doublure molletonnée détachable et un motif typiquement écossais que les aficionados de Melinda Gloss ne manqueront pas de reconnaître (le tartan Blackwatch). Pour ne pas faire de tenues trop ternes, éclaircissez ce manteau avec un chino à la couleur bien vive et une chemise chambray claire. Ca reste aussi une pièce très traditionnelle à la coupe droite, donc tâchez de la remplir un peu (mais sans vous saucissonner), par exemple avec un cardigan grosse maille.


1395 dollars chez CHCM shop... gros ouch !

Le trench

D’abord destiné aux officiers britanniques de la Première Guerre mondiale (qui l’ont évidemment conservé pour la vie civile), c’est une alternative plus militaire au macintosh avec ses épaulettes et sa boucle, ainsi que ses rabats à l’avant et à l’arrière (les “storm flaps”) prévus pour éviter les infiltrations d’eau sur des trenchs à l’époque pas tout à fait imperméables.

Le Melinda Gloss qui concilie un excellent rapport qualité/prix avec une bonne coupe, une matière très fluide en laine et cachemire, des boutons en cuir. Bref, on vous en avait déjà parlé l’année dernière.

485 euros chez Melinda Gloss

Le style est aussi une question de contexte. Si, vraiment, vous pensez que porter un trench en laine risque d’être trop habillé, mais si vous voulez quand même prendre le risque alors tentez une version moins onéreuse.

La matière (60% laine, 10% cachemire, 30% polyester) tient chaud et a un rendu extrêmement doux. La coupe est particulièrement adaptée aux morphologies asiatiques :

A partir de 50 euros chez JamaisVulgaire

Le même avec des rabats un peu différents, et un peu plus adapté aux grandes tailles :


A partir de 50 euros chez JamaisVulgaire

Les hors-catégories

Ceux qui n'ont pas encore de nom, comme les fameux manteaux long asymétriques à la Rick Owens. Evitez-les si vous commencez à vous constituer une garde-robe: ce ne sont vraiment pas des basiques.

Si en revanche vous avez déjà les fondamentaux et vous envisagez de vous tourner vers ce fameux style goth-ninja, ces deux manteaux sont une bonne occasion de tenter le style, à moindre coût. Assurez-vous d'avoir beaucoup de gris et un peu de blanc en haut, le piège de ce style serait de faire des tenues trop sombres avec par exemple seulement du noir.

250 livres chez All Saints

A partir de 55 euros chez JamaisVulgaire

Il peut enfin s'agir d'hybrides auxquels on finira bien par trouver un nom : par exemple cette veste à mi-chemin entre la tradition et la construction.

Issue d’une collaboration intitulée Héritage, cette veste a été réalisée par un designer japonais, fasciné par la mode de l’arrière-pays britannique, et donc par Barbour sa figure de proue. Je l’ai retenue pour sa combinaison exemplaire d’un assemblage traditionnel, de matières ultra fiables, d’une remise au goût du jour grâce au regard neuf de Yoshida :

Extrêmement tradi donc à porter avec un jean brut, le moins délavé possible. Avec ourlet apparent avec des chaussures aux semelles un peu imposantes, typiquement des Mark McNairy. Et idéalement des brogues pour rester dans l'esprit outerwear britannique

En dessous un combo cardigan col châle grosse maille et chemise chambray fera l’affaire.

Une coupe qui semble plus cintrée que d'habitude chez Barbour. Mon gros coup de coeur de cette sélection :

699 euros chez TheNextDoor.fr

Sortie du second numéro JamaisVulgaire (c'est quoi ?) : une sélection d'une vingtaine de manteaux de mi-saison

Avec un peu de retard, le deuxième numéro du magazine JamaisVulgaire est enfin terminé : vous y retrouverez de nombreux manteaux de mi-saison, à partir de 50 euros et adaptés aux petites tailles, ainsi que des blousons en cuir, des hoodies et bien d'autres surprises.

http://jamaisvulgaire.com/

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