Conseils : Choisir une écharpe d’été #2 : Keffieh… ou pas keffieh ?

keffieh
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L'autre jour, j'étais à une soirée hypeuse comme il y en a une centaine chaque soir de week-end dans Paris, avec son lot de hipsters à moustache et T-shirts "Karl Who ?", de nanas qui se prennent pour Audrey Hepburn, d'éternels revendicateurs apolitiques... et de mecs bourrés qui transforment ton canapé en œuvre d'art sur les inconvénients de l'alcool.

Évidemment, la conversation a fini par rouler sur un terrain que le revendicateur apolitique aime bien : la situation au Moyen-Orient, parce que ça lui permet de taper sur les deux côtés en restant au milieu (et crédible), une forme de sadomasochisme comme un autre, au fond...

Là-dessus le hipster, pour qui la tolérance et le politiquement correct sont une règle de vie, s'incruste, proclame son amour pour la planète et les gens. Et dérive la conversation sur la mode (parce que c'est le seul sujet dont il arrive à parler sans être largué) avant de retourner tripatouiller iTunes pour mettre un obscur son de minimale berlinoise qu'il est le seul à connaître et à apprécier.

Ce qui nous a naturellement amenés sur le fameux keffieh de LPD (Leader Palestinien Décédé, acronyme affectueux utilisé pour désigner Yasser Arafat) et la raison pour laquelle, c'est la seule personne connue ayant pu le porter sans avoir l'air ridicule. Il y a une raison simple à cela : d'abord, c'était son signe distinctif, ensuite le keffieh est une écharpe qui ne tient pas une seconde la route face aux suivantes...

Le chèche

Longue écharpe de 2 à 8m de long pour environ la moitié de large, qui se porte naturellement plissé autour du cou, en lin ou en coton. Le chèche protège les Touaregs du sable, du vent, et de la chaleur. Ce type d’écharpe se prête naturellement à des parcours hors des sentiers battus : motifs originaux et couleurs intenses.

On en trouve à peu près partout... même si les seuls « vrais » sont aux Puces et dans les dépôts américains comme Doursoux, derrière Montparnasse. Et notamment dans les magasins pour femme comme Pimkie ou le magasin d’accessoires Claire’s. En ligne, la marque Salangane en fait des très bien à 8,90 €, ou sinon, on reste aux bonnes vieilles American Vintage.

Le bandana

Une excellente alternative à l’écharpe, c’est en fait un bête mouchoir à motifs (ou non), d’environ 50 x 50cm, qui coûte entre un paquet de Panzani et 40 €. Le bandana se noue autour du cou comme n’importe quel ami punk peut vous l’apprendre.

Il se marie évidemment très bien avec un perfecto. Les plus beaux sont assez polyvalents, puisqu’on les utilise aussi comme pochettes de costumes : ils font à peu près les mêmes dimensions.

Pour les rocks à motifs : 4,50 € chez Killiwatch, rue Tiquetonne, ainsi que ce modèle intéressant chez Asos  et pour le haut de gamme : Kimono, 74, Bd Haussmann.

La cravate fine

Une tendance que l’on retrouve de plus en plus est le port de cravates slim ou skinny (entre 2 et 4,5cm de large enroulées une fois autour du cou et pans flottants comme une écharpe. Du coup, il n’est pas idiot de s’orienter vers des matières très rugueuses ou du cuir pour viriliser un peu l’accessoire qui par sa finesse, a tendance a allonger le cou et féminiser les traits.

Trouvables pour les cravates en cuir à la friperie Episode, rue Tiquetonne. Quant aux cravates plus « rugueuses », une texture de type denim est un bon choix, mais en bleu nuit ou rouge grenat, des couleurs assez sombres pour contrebalancer l’aspect féminin de la cravate, comme celle-ci d’Under the Pyramids, que le clou en bas achève de rendre très masculine (Attention, les modèles étant tissés presque à la commande par la créatrice, ça part très vite).

L’étole ficelle

Un type d’écharpe long et fin (2,50m x 0,20m), décontracté, qui nécessite souvent deux tours de cou. Très versatile, l'étole ficelle se marie aussi bien avec des cuirs que des blousons légers ou des vestes d’été en jersey.

Sa finesse la rend cependant difficile à porter sur un simple tee-shirt, qui sera sublimé par le volume d’une plus grosse écharpe... alors que celle-ci fera au contraire un pendant intéressant entre les deux pans d’une veste/blouson, en équilibrant la tenue.

À ma connaissance, on n’en trouve que chez American Vintage à des prix raisonnables, avec comme d’habitude toute la gamme de couleurs dont on peut rêver.

Le plaid

Une écharpe très large et longue, carrée (2,50m x 2,50m), généralement en soie ou cachemire, d’environ 150 sur 150cm. Les versions les plus courantes sont monochromes, ou à motif tartan. Il en existe à d’autres motifs, mais elles sont clairement pensées pour les femmes.

Sur un homme, c’est une écharpe assez mixte. Elle donne un effet très souple à l’ensemble de la silhouette et peut être portée en été comme en hiver, grâce à sa polyvalence.

À cause de son ampleur, il se prête mal à d’autres ports que l’enroulement autour du cou de façon un peu lâche.

Néanmoins, et justement à cause de cette ampleur, il est possible de donner à ce port une infinie possibilité de plis et de formes, plus ou moins souples, plus ou moins lâches, plus ou moins étendues sur la poitrine.

La marque belge Essentiel en propose chaque saison en différentes couleurs dans sa gamme femme.

L’écharpe-tuyau

Un modèle très particulier, puisque c’est une écharpe qui n’a pas de pans et se présente comme une sorte de tuyau de tissu plissé qui s’enfile par la tête.

On peut en trouver d’assez beaux modèles chez des marques scandinaves, notamment Filippa K, certaines saisons chez les Anglais d’Unconditional, ou chez des créateurs spécialistes du drapé, comme Damir Doma, Rick Owens ou Yun Seong Bo, créateur de Baron Y.

Assez difficile à porter, et déconseillé aux petites tailles, car il cache le cou et a tendance à tasser la silhouette. Deux modèles intéressants à moins de 23 € chez Asos : ici et ici.

Le foulard

Type d’écharpe en soie qui se présente en général sous deux formes, le foulard « preppy » (environ 0,25m x 1,20m) qu’on a vu beaucoup noué autour du cou et rentré dans la chemise des bobos, et qui revient en force, dénoué et flottant sur la poitrine des rockeurs, et le foulard imprimé oversize qui donne presque autant de volume que le plaid au niveau du cou.

On trouve des foulards en soie chez Episode, toujours rue Tiquetonne, d’excellente qualité quoique de fripe, entre 5 et 12 €. Asos  propose également ce magnifique modèle de foulard oversize de chez Bolongaro Trevor pour 95 €.

Le keffieh

Une écharpe d’été qui ne cesse de revenir, de la tête de Yasser Arafat au cou des emos dépressifs et des fakes altermondialistes... pour le plus grand malheur des standards du bon goût.

Et effet, elle a une fâcheuse tendance à ressembler au bout d’une journée plus à une serpillière à carreaux qu’un accessoire de mode. Si affreux que la défunte Police du Bon Goût lui a consacré un article.

Le krama

Les kramas sont les foulards traditionnels du peuple Khmer, ils leur servent à peu près à tout : écharpe, hamac, couvre-chef, porte-bébé, ceinture, etc. Ce sont des foulards en coton avec un effet damier, un peu comme du Vichy, mais en plus brut. Et le krama est parfois rehaussé par une petite bande d'une autre couleur.

J'ai pu tester ceux de Krama Héritage qui sont importés de Phnom Penh. C'est un vêtement agréable à porter, bien tissé, avec un rendu très authentique. Excellente alternative à la fois fonctionnelle (léger et 100 % coton) et originale.

Pour aller plus loin, vous pouvez compléter cette lecture avec le guide des accessoires homme.

 

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  • Jean

    Salut Rafik,
    Merci pour ton avis, vous gérez à fond comme d’hab 🙂

  • RafikBG

    Hello Jean,

    Les deux sont très bien, et iront autant avec un manteau beige que bleu. Les couleurs sont faciles et les designs fins, aucun souci. Pour le coup, c’est vraiment une histoire de goûts : prends simplement celui que tu préfères 😉

  • Koalabear

    Très bon article, merci ! (et accessoirement, j’aime beaucoup ta prose)