Japan Line : le retour du jean selvedge Kurabo

Temps de lecture : 7 minutes

Eh oui, c'était l'un des projets «sous-marins» et secrets de la ligne BonneGueule : la refonte du jean Kurabo, qui se traduit par un changement de toile et d'atelier. Je n'en dis pas plus pour le moment 🙂

Pour l'occasion, nous avons tourné une toute nouvelle vidéo et surtout, un tout nouveau shooting photo. Nous avons voulu explorer d'autres lieux, comme vous allez le voir.

Pour les plus pressés, vous pourrez trouver le jean selvedge Kurabo ici.

Pourquoi vouloir changer un jean qui était déjà très apprécié ?

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Presque 600 commentaires sur la page produit du jean Kurabo !

Après le premier lancement de notre jean Kurabo, nous avions récolté énormément d'avis et de suggestions de votre part.

Sauf qu'au moment du réassort, nous nous sommes retrouvés face à un problème de taille : la référence de la toile n'existait plus chez Kurabo, aussi étonnant que cela puisse paraître !

Il a fallu la remplacer, sauf que cela nous compliquait sérieusement la vie de l'envoyer en Tunisie. Alex a donc fait des recherches pour une fabrication en Asie.

Nouvelle toile, nouvel atelier, ce jean connaissait donc un nouveau départ. Et on s'est dit que ça serait l'occasion de retravailler légèrement la coupe. On vous explique tout ça en détail, la parole est à Alex !

Pourquoi le "made in Vietnam" ?

Ce jean est vraiment une pièce haut de gamme que très peu d'ateliers sont capables de confectionner. J'entends par là qu'il est extrêmement difficile de trouver une usine capable d'industrialiser la production d'une telle pièce.

Un cahier des charges exigeant

Il faut bien comprendre la différence entre être capable de développer un proto (ça, beaucoup d'usines savent faire), et être capable d'industrialiser la production du proto. Autrement dit, d'être en mesure de dire "ce proto, je peux en sortir 1.000 pièces en six semaines de production, en gardant la même top qualité".

Là, c'est une autre paire de manches, et vous comprenez pourquoi la fiabilité et le savoir-faire d'un atelier deviennent de plus en plus importants à mesure que les quantités augmentent…

Par exemple, voici quelques points relativement simples à faire en prototypage, mais plus délicats à dupliquer à l'échelle de quelques centaines de pièces :

  • Les rivets cachés dans les poches arrières : mine de rien, c'est une opération assez pénible, car elle "casse" la chaîne de production en rajoutant 4 opérations supplémentaires (pose de 2 rivets par poche arrière),
  • Les double passants, car il faut en coudre deux au lieu d'un seul, et sur plusieurs passants par jean, pour plusieurs centaines d'exemplaires, ça commence à faire beaucoup…
  • Les points d'arrêt différents : normalement, un atelier se débrouille pour utiliser la même largeur de point d'arrêt sur tout le jean, que ce soit sur le côté ou les passants. Ici, il y en a deux différents, ce qui suppose à chaque fois de faire un réglage de machine différent.
double passants nouveau Kurabo bonnegueule

À l'échelle de toute une production, doubler tous les passants devient une opération particulièrement longue.

La première production était faite en Tunisie, qui est un pays reconnu pour avoir un vrai savoir-faire dans le denim, avec la présence d'usines spécialisées dans ce domaine. À l'époque, nous avions profité d'une opportunité car la matière était déjà dans un entrepôt appartenant à l'usine, et nous étions très satisfaits de son travail final.

D'autant qu'on ne trouvait pas d'atelier capable de suivre notre niveau de détail en Europe !

Cependant, pour ce réassort, il a fallu passer commande directement chez Kurabo au Japon. Et dans ce cas-là, il est bien plus pertinent de faire confectionner les jeans à proximité. Cela facilite la livraison de la matière à l'atelier (Japon - Vietnam).

Le Vietnam, l'autre pays du denim

Peu de gens le savent mais le Vietnam est un pays spécialisé dans la confection de denim. Vous seriez surpris de connaître les marques haut de gamme qui fabriquent là-bas (en tout cas moi, je l'ai été). L'atelier dans lequel notre jean est confectionné appartient à un conglomérat japonais possédant des usines à travers l'Asie.

Ce sont de vrais puristes du jean, qui ont une sensibilité produit qu'on ne trouve (malheureusement) pas souvent ailleurs.

C'est-à-dire que quand vous leur parlez de rivets cachés, de poche ticket selvedge, ça ne leur pose aucun problème, et ils y sont plutôt positifs

Une transparence totale

N'allez donc surtout pas croire que nous sommes partis au Vietnam pour faire des économies ! Nous achetons le jean exactement au même prix que lorsqu'il était produit en Tunisie (lui-même plus cher que sa version portugaise) !

D'ailleurs, cela fait un moment que l'atelier insiste pour que nous venions filmer car ils tiennent absolument à nous montrer qu'il s'agit d'un atelier propre et moderne, où les employés travaillent dans de très bonnes conditions.

La toile Kurabo

Une toile qui n'existe plus

Pour la première production, nous avions eu accès à un ancien lot de matière Kurabo, que l'usine stockait dans son entrepôt depuis de nombreuses années. Une vraie toile authentique, avec un aspect duveteux quasiment introuvable aujourd'hui sur le marché.

Aujourd'hui, Kurabo ne propose plus cette toile à l'identique. La référence n'existe plus, elle a été remplacée par une autre, celle que nous avons achetée. Eh oui, l'offre des fournisseurs matières évolue de saison en saison et même certaines toiles historiques sont remplacées avec le temps.

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Notre toute nouvelle toile. #VagueIndigo

La différence ? Ben pas grand chose : l'aspect duveteux a été remplacé par un rendu plus lisse, qui se délavera tout aussi bien avec le temps !

Une toile écologique

Et évidemment, c'est toujours de l'indigo naturel. Pour rappel, en plus d'arguments écologiques (pas de pollution de l'eau utilisée), il permet un délavage beaucoup plus subtil. Je détaille longuement ce point dans le premier article de présentation du jean Kurabo.

Qu'on soit bien clair : c'est une toile dont le résultat est très, très, très, très proche de l'ancien, et même moi, je dois vraiment regarder de très près et sous une bonne lumière pour les distinguer… Vous pouvez donc considérer que d'un point de vue purement visuel, il n'y a quasiment pas eu de changement.

La coupe du jean BonneGueule Kurabo

Un tout nouveau patronage !

Sur cette nouvelle version du jean Kurabo, nous sommes repartis de 0 pour développer le fit parfait. Autrement dit, nous avons développé un tout nouveau patronage avec la nouvelle usine. Et vous vous doutez bien que Benoît a été intransigeant : nous avons fait une dizaine de prototypes pour arriver au résultat escompté !

Comment trouver le patronage parfait ?

Quand on retravaille le patronage d'un pantalon, il faut envisager le développement du produit sous deux aspects :

  • Dans un premier temps, il faut travailler sur la carcasse supérieure du pantalon (de la ceinture au bas de la fourche / début de la cuisse),
  • Dans un second temps, il faut se concentrer sur la ligne de jambe, à savoir du début de la cuisse jusqu'à l'ouverture de jambe.

Le plus compliqué est de mettre au point la partie supérieure du pantalon, celle-ci comprenant énormément de paramètres à prendre en compte comme les mesures de la ceinture, de la fourche avant, de la fourche arrière, des cuisses... C'est pourtant le plus important, car c'est elle qui donne tout son confort au jean.

coupe jean nouveau Kurabo

Une coupe harmonieuse et équilibrée, soulignant vos jambes sans les boudiner.

Une forme qui épouse mieux la morphologie

Certains d'entre vous ont remarqué qu'un "bec" se formait parfois au niveau du bas du dos (surtout pour les personnes cambrées). Sur cette nouvelle version du jean, vous verrez que celui-ci se plaque bien, y compris quand vous ne portez pas de ceinture.

Concernant la ligne de jambe, elle est un peu plus slim que la première version, c'est-à-dire que la ligne et l'ouverture de jambe sont légèrement plus ajustées. Rassurez-vous, nous restons sur une base semi-slim et le sizing ne change pas : prenez votre taille habituelle ! Nous souhaitions simplement que vos jambes soient bien mises en valeur.

Les finitions : encore mieux !

Concernant les finitions, le savoir-faire de l'usine dans la confection de jeans se fait ressentir !

Les points de chaînette sont bien épais et réguliers. Les boutonnières sont elles aussi bien épaisses, exécutées avec un fil compact et dense. Avec Benoît, on les compare même (en plaisantant) à des milanaises de blazer.

On est encore monté en gamme sur les fournitures (rivets, boutons...). Cela ne se remarque pas au premier coup d'oeil, mais vous verrez avec le temps qu'elles vieillissent bien et ne se dégradent pas.

Même si cela n'est pas encore visible, les boutons se patineront très joliment avec le temps.

Même si cela n'est pas encore visible, les boutons se patineront très joliment avec le temps.

En plus des passants doublés, vous retrouverez les sacs de poches en coton brut bien épais.

sac de poche nouveau Kurabo bonnegueule

Vos poches ne risquent pas de se déchirer !

La poche ticket selvedge est toujours présente, de même que les poches arrières semi-doublées.

poche ticket selvedge nouveau Kurabo bonnegueule

La poche ticket et son liseré selvedge.

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Les poches arrières sont doublées sur la moitié inférieure, vous pourrez y stocker vos clefs sans inquiétude.

Bien évidemment, les coutures à l'intérieur sont gansées pour un résultat plus net.

Pour un rendu le plus propre possible, les coutures intérieures ont été gansées.

Sans oublier les rivets cachés, détail qui ravira les puristes !

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Comment choisir sa taille ?

Encore une fois, le changement de toile n'a pas d'incidence sur le sizing qui reste très classique. Prenez simplement votre taille habituelle !

Inspirations : comment porter un jean brut ?

Vous le savez très bien maintenant, le jean brut est le pilier par excellence du dressing masculin. Aucune difficulté à le porter donc...

Du coup, on a pensé que ce serait l'occasion de s'amuser en essayant de nouvelles choses pour le shooting photo. N'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez dans les commentaires !

look jean et veste en jean homme bonnegueule

Pour porter un jean avec une veste en denim (le fameux "costume canadien"), l'essentiel est de partir sur deux nuances distinctes de bleu. Logiquement, le plus simple sera souvent d'utiliser une veste plus claire que le pantalon. (Veste A.P.C., tee-shirt Muji, chaussures Chevignon)

look jean brut et tee-shirt blanc homme kurabo bonnegueule

Sans la veste, la tenue reste équilibrée : c'est tout l'intérêt d'avoir des basiques parfaitement coupés ET à votre taille. Les bijoux ajoutent de la personnalité, sans pour autant en faire trop.

Pour renforcer la dimension workwear de sa tenue, Luca roulotte le bas de son jean pour laisser apparaître le liseré selvedge et des chaussettes en tricot épais. En prime, il parachève l'ensemble avec des chaussures à motif camo et une semelle en gomme. (Chaussettes Uniqlo)

Pour renforcer la dimension workwear de sa tenue, Luca roulotte le bas de son jean pour laisser apparaître le liseré selvedge et des chaussettes en tricot épais. En prime, il parachève l'ensemble avec des chaussures à motif camo et une semelle en gomme. (Chaussettes Uniqlo)

streetstyle jean brut et bombers homme bonnegueule

Si le look de Florian fonctionne autant, c'est notamment grâce aux multiples contrastes sur lesquels il s'appuie. Le teddy est travaillé avec un motif camo très subtilement fondu, on évite donc le côté "color block". Le bordeaux trouve sans surprise sa place au milieu du bleu, mais la véritable astuce consiste à avoir glissé une chemise claire au-dessous : elle apporte ainsi de la lumière à un ensemble relativement foncé, idem pour les sneakers. (Chemise en flanelle BonneGueule, sweat BonneGueule x Benjamin Jézéquel, teddy Monoprix x RoseAnna, sneakers Adidas)

look jean brut perfecto marron homme bonnegueule

Le combo jean brut / boots / perfecto est un grand classique de l'esthétique biker. Pour le moderniser, optez pour une veste et des chaussures marrons, moins évidentes que les sempiternels modèles noirs. L'ajout du sweat appuie la décontraction qui se dégage de la tenue. Le port du bandana autour du cou est un twist sous-estimé : en plus de jouer sur les couleurs - comme ici avec le rouge, rompant avec le reste plus terne - c'est un accessoire qui convoie des influences "baroudeur" dans un look à l'ADN masculin aussi marqué. (Perfecto Les Chats Perchés, sweat Uniqlo, bandana Levi's, boots Meermin)

inspiration casual chic jean brut blazer homme bonnegueule

Sur ce type de look, tirez votre épingle du jeu en variant tant que possible les textures : vous lui donnerez du relief et du caractère. Jouez également sur les accessoires, selon que vous souhaitez insister sur la dimension habillée ou casual. Autrement, c'est le genre d'assemblage que vous maîtrisez déjà parfaitement, alors amusez-vous ! (Chemise à pois BonneGueule - Japan Line, très beau blazer éclectic, pochette Hast, boots Mark McNairy)

Retrouvez le jean selvedge Kurabo ici.

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