Interview : Maxime Danna, Créateur de Bold Boys + analyse de la collection hiver 2013

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Il y a quelques mois, nous avons parlé de la marque pour les «good boys». Depuis, nous avons eu la chance de rencontrer et d’interviewer son créateur plein d’enthousiasme, Maxime Danna (site de Bold Boys ici).

Dans cette vidéo, Maxime nous explique les difficultés rencontrées lorsqu'on monte une marque, les problématiques auxquelles il doit faire face, et nous fait découvrir l'univers coloré de Bold Boys.

Retranscription de l'interview de Maxime Danna

Bonjour les lecteurs de Bonne Gueule, je suis Maxime, le créateur de la marque Bold Boys, la marque

à la barbe à papa.

Bold Boys, c’est quoi ?

Le credo de cette marque, c’est des vêtements cools pour des good boys, des bons garçons. Le logo, c’est une barbe à papa sur un cornet de glace, qui répond un peu à l’esprit général du style qui est un style hybride entre qui propose des vêtements, mixe entre des vêtements qui sont plutôt classiques d’une part et des vêtements qui sont plutôt urbains.

Donc, l’univers de Bold Boys c’est déjà un nom. Bold Boys qui veut dire les garçons audacieux. J’ai choisi ce nom-là parce que l’audace, c’est quelque chose qui est très présent aujourd'hui dans notre société. Tout le monde essaie d’entreprendre, de créer des projets artistiques vidéo et musiques. Donc justement, je trouvais que ça correspondait à la génération. C’est le premier point pour le nom.

Après, il y a le logo barbe à papa. Pourquoi ? Quand on est enfant, on est très audacieux, on ne réfléchit pas, on sort des sentiers battus ; et je trouvais justement que cette folie qu’on avait à l’enfance aujourd'hui se retrouve encore dans l’adulte mais dans des choses plus sérieuses, dans l’entreprise.

Et cette petite barbe à papa, Bold Boys, quand on l’arbore veut dire que le temps est passé mais que chez nous, l’audace est restée. Ce nom Bold Boys vient d’un écrivain qui a analysé les contes des frères Grimms, cet écrivain s’appelle Bottigheimer. Il a sorti une analyse. Dans cette analyse, il a sorti la conclusion que les garçons au contraire des filles sont épargnés par la morale de l’histoire. Donc en gros si on traduit, c’est des mecs qui font des conneries, des bêtises qui sortent des sentiers battus et qui s’en sortent à bon compte. Et je trouvais justement que ce côté peu audacieux, il s’en sort à bon compte, je croyais que c’était beau de le transcrire dans une marque et le nom Bold Boys était tout trouvé.

Comment as-tu eu l’idée de lancer une marque streetwear ?

Alors déjà si je peux me permettre de te reprendre sur ce point-là, la marque n’est pas streetwear. La marque est plus selon moi, c’est un hybride entre quelque chose qui est plutôt chic et quelque chose qui est plutôt urbain, streetwear. Les collections en fait sont construites autour d’un thème, d’un esprit mais répondent à différents types de clients et de styles.

Ce que j’entends par là, c’est que aujourd'hui Bold Boys comme je l’expliquais, c’est l’esprit des garçons audacieux, des gens qui entreprennent, des good boys, des gens qui sont dans un côté sympathique qui ne veulent pas se prendre la tête et qui sont contents d’arborer justement quelque chose de plutôt chaud, cool, coloré comme la barbe à papa.

Mais après, on fait des choses qui sont plutôt chics, élégantes pour des gens qui sont chics et élégants, et des choses plutôt urbaines pour des gens qui sont urbains. On veut juste réunir les gens qui sont dans notre état d’esprit, et cet état d’esprit peut justement être retrouvé chez des gens qui sont classiques et des gens urbains, donc on a décidé de ne pas segmenter la marque dans un seul style et de faire un côté hybride.

 

Tu portes ce style au quotidien ?

Moi, je porte le style Bold Boys au quotidien. Maintenant, ça fait la troisième collection donc j’ai aussi eu l’occasion de varier plus que la première saison. Et moi, j’ai plusieurs looks. Comme je l’ai expliqué, un look qui peut être parfois plus urbain plus décontracté, puis des fois un look qui est plus chic. Et je vais varier en fait le look en fonction des situations. Là aujourd'hui par exemple, je porte le T-shirt qui s’appelle Duke qui est un basique de la marque, qui existe depuis trois saisons avec une doublure en fait de poche, qui peut être positionnée en pochette.

Donc, c’est modulable. On peut la sortir ou ne pas la sortir. On peut avoir une pièce qui peut être plutôt un T-shirt qui est basique, plutôt le T-shirt avec l’esprit urbain, street, ou le sortir, avoir un côté beaucoup plus chic. Et aujourd'hui, j’ai aussi ramené sur le thème, sur l’esprit de la collection Royal Winter ce pull Camo donc qui est en laine 50% mérinos et 50% acrylique, et dont le Camo en fait a été créé en fonction de la structure des cheveux de Louis XIV qui est le visage, l’identité, la nouvelle forme de la nouvelle collection.

Donc au lieu de reprendre un Camo qui existe, on a créé un Camo pour donner l’ondulation des cheveux dans le visage de Louis XIV et ce Camo, après, on le retrouve sur diverses pièces dont ce pull bleu électrique.

Pourquoi la création de Bold Boys ?

Quand j’ai créé Bold Boys, ce n’était pas justement pour répondre à mon style, c’était juste mettre sur des vêtements, sur une collection mon esprit, mon attitude, mon état d’esprit, à savoir sortir des choses qui peuvent être un peu élitistes, hautaines ou très froides et fermées qu’on peut retrouver chez certaines marques et qui, souvent, sont bien éphémères ; et plutôt mettre un côté accessible, cool, chaud, amical, ce que je retrouvais aujourd'hui chez mes amis.

Et il y a aussi quelque chose que je retrouvais chez mes amis qui est dans l’esprit de la marque, c’est que chacun a un style différent. Vous savez, on peut être dans la musique, dans les mathématiques, dans l’ingénierie, dans tout ce que vous voulez, aujourd'hui évoluer tous ensemble et ça fera que aujourd'hui dans le groupe d’amis, on a tous des styles différents, c’est plus formaté.

Et je me suis dit : Mais pourquoi est-ce que je ne peux pas habiller tous mes amis en même temps et d’avoir juste habiller une partie de mes amis ? Donc, ça répondait justement à ce melting pot social qui est en train de se développer de plus en plus.

Quelles sont les inspirations ?

Chaque saison, on définit un thème, une histoire. La première collection, c’était les voyages de Jules Vernes, la collection que vous aviez présenté sur Bonne Gueule. La seconde collection, c’était les Îles du Pacifique. La collection actuelle, c’est Royal Winter. Comme c’est l’actuelle, je vais vous en parler. L’idée est de partir sur un thème de départ qui est ce côté royal avec le visage de Louis XIV. Après en fonction de ça, on va aller chercher plein de référence mais qu’on va réinterpréter, réinventer. C’est pour ça que ce n’est pas évident d’expliquer vraiment les collections puisque les collections, c’est moi le créateur, elles sortent de mon esprit. Et parfois l’imaginaire n’est pas palpable, ce n’est pas racontable. On est devant un papier et puis d’un coup, on se dit : tiens. On a pensé à quelque chose qui fait référence à, mais c’est ma vision, c’était mon idée. Après, l’objectif c’est de raconter l’histoire pour que les gens la comprennent. C’est comme quand vous avez un film d’animation, du cinéma et autre, tout n’est pas logique ; mais une fois que tout est bien imbriqué, ça l’est. Au même titre que la collection, vous ne pouvez pas prendre ce pull-là uniquement pour résumer cette collection.

Il faut que vous ayez ce pull, le visage de Louis XIV, ce T-shirt, les chemises en jean et le tout va vous permettre de comprendre l’histoire que j’ai voulu raconter. Mais vous pouvez acheter une pièce ou deux, c’est suffisant quand même pour avoir l’état d’esprit. Vous n’êtes pas obligés de tout acheter.

Quelle est ta clientèle ?

Ma clientèle, j’ai différents types de point de vente. J’en ai 18 aujourd'hui, j’en aurai 24 à venir sur la prochaine collection qui n’est pas sortie. Je dirai qu’il y a beaucoup d’étudiants : école de commerce, ingénierie, médecine, des gens qui sont dans l’esprit, c'est-à-dire qui sont élégants, qui sont cools, simples, et qui aiment bien les belles choses. Voilà. C’est au final la valeur que transmet ce logo. Et pour vous dire, je vais vous raconter une petite histoire. J’ai aujourd'hui dans mes clients des gens qui se rapprochent de moi et ils me donnent un coup de pouce, me permettent de développer la marque. Ils sont là, présents pour moi pour m’aider.

Ce n’est pas le cas pour toutes les marques, donc c’est vraiment que l’esprit que j’ai voulu véhiculer va permettre de toucher les clients qui ont justement ce côté cool, audacieux, sympathique. Et je suis content de retrouver ça en retour. Et je voudrais remercier ceux qui se reconnaîtront au passage.

Le plus grand obstacle pour une marque qui se lance ?

Le plus grand obstacle quand on lance une marque, en fait, c’est le manque de crédibilité et peut- être quand on est jeune aussi, le manque de trésorerie. Alors la crédibilité, ça, c’est plus d’un point de vue artistique, d’un point de vue image ; et la trésorerie, c’est plus lié à la gestion financière de l’entreprise.

Alors pour l’image, c’est vrai qu’aujourd’hui le marché de la mode est tellement encombré pour moi. Il est encombré seulement à l’entrée, pas après en profondeur. Mais à l’entrée, il y a tellement de gens qui se lancent, qui créent des marques, que ce n’est pas évident pour les boutiques et les distributeurs de s’y retrouver.

La chance qu’a eu Bold Boys et notamment je remercie Bonne Gueule de me recevoir aujourd'hui, c’est d’avoir toujours sur son chemin en fait des personnes qui ont compris son esprit, qui ont écouté, qui ont permis justement d’avoir un peu de visibilité. Et c’est cette visibilité qui aujourd'hui nous permet de développer notre marque, de développer notre point de vente et de pouvoir vous offrir les vêtements là où vous êtes.

Contrairement à la première collection où nous avions 5 points de vente et malheureusement, vous pouviez trouver les vêtements sur le site Internet mais pas le voir, pas le toucher, maintenant on développe la marque en France. Comme j’ai dit, on a 18 points de vente. Les boutiques sont disponibles sur le site. Vous pouvez aller découvrir la marque, la toucher et voir le produit en vrai. Et c’est justement, la plus grande difficulté d’une marque de vêtement, c’est d’arriver à passer la première vague, vous savez, comme dans le film « Seul au monde », qui vous ramène toujours au rivage. Parce qu’à chaque fois, quand on n’est pas connu, on fait un petit peu, puis c’est un pas en avant et deux pas en arrière. Et après pour la trésorerie, il faut avoir les moyens nécessaires pour lancer la marque mais chacun fait son étude de marché, ses besoins de trésorerie.

Pourquoi utiliser l’impression digitale sur les chemises ?

Ben écoutez, c’est déjà une grande chance que cette technique ait été développée. Ce n’est pas si vieux que ça, c’est plutôt récent, je crois que ça fait 5 ans. Ça permet à des jeunes marques de pouvoir fabriquer ses propres tissus et dans des quantités qui ne sont pas très importantes. Si je peux vous expliquer parce que je sais que les lecteurs de Bonne Gueule sont friands de ça.

Si vous prenez un tissu, si vous l’imprimez en logo, il faut créer des rouleaux, il faut créer des moules, il faut avoir un métrage au minimum d’environ mille mètres. Mille mètres de tissu pour une marque, ça équivaut à peu près à 600 chemises, 700 chemises. Et aujourd'hui, on n’est pas capable de sortir sur le temps d’une collection. Alors que l’impression digitale nous permet de choisir le nombre de métrage nécessaire de un mètre pour fabriquer les collections d’un prototype à 10 mètres, 20 mètres, 50 mètres et 100 mètres. Et le deuxième avantage, c’est contrairement à l’impression rouleau, l’impression laser permet d’avoir une quantité de couleur qui est infinie.

C’est ce qu’on peut retrouver notamment sur le T-shirt ou la chemise grain qui avait été développé sur la collection des Îles du Pacifique. Les grains, il y avait une centaine de couleurs de grains différents qui permettaient en fait de mener l’idée d’une plage de sable en fait. Et ça, on ne pourrait pas l’avoir avec l’autre type d’impression.

 

Quelle est l’évolution de Bold Boys depuis la collection précédente ?

Donc en fait, il s’est passé pas mal de choses entre la première collection et la troisième collection. Vu qu’on me filme très bien, je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais eu l’occasion de trop dire, c’est que moi je suis le créateur de la marque mais je suis aujourd'hui un petit peu l’homme à tout faire.

C'est-à-dire que je suis le designer, la personne qui prend sa valise pour aller développer la marque dans de nouveaux points de vente, qui contacte la presse, les médias, qui fait vos commis, qui vous les envoie, qui designe le site Internet, qui écrit les textes de la page Facebook. Malgré tout ça, vous voyez, c’est vraiment un travail du quotidien, du soir au matin, sept jours sur sept. Et ça prouve quand même que l’évolution, on est passé de 5 boutiques à la prochaine première collection, aujourd'hui 18 et 24 pour la prochaine.

Pas mal de présence média. Des produits qui ont évolué en termes de largeur de gamme et en termes de technicité. Quand on avait sur les premières collections des T-shirts, on se retrouve avec des manteaux, des pulls en maille. Donc, c’est plus compliqué à faire. A venir certainement, une collaboration avec une grande enseigne aussi à Paris. Mais ça, on vous en dira un peu plus, plus tard.

Donc là, on est à un moment, une période charnière entre la phase de lancement où on est toujours à la troisième collection en lancement, je vous assure, et la phase de développement qui va arriver sur la prochaine collection où là, je vais être rejoint par des personnes et je suis déjà en train de développer ça avec notamment Apple sur la partie média et réseaux sociaux. Voilà.

 

As-tu des matières originales à nous faire découvrir ?

En fait, je n’ai pas des matières originales. Je les utilise sur diverses collections. Il faut savoir que ce que j’aime chez Bold Boys, c’est le côté ludique des vêtements. Sur la deuxième collection, vous l’avez vu certainement, ou je vous invite à regarder sur Internet, c’est la chemise brillante. C’était une mousseline en fait avec une matière en lurex. Et la particularité, c’était que sous la lumière du soleil, le lurex en fait ressortait dans la transparence et la chemise devenait brillante.

Vous voyez, ça, c’est un exemple de tissu et le côté brillant n’était pas visible tout le temps. Ou les hoodies avec une capuche et fait un peu capuchon, qui permet de cacher la barbe à papa derrière ou de la montrer en fonction de l’envie. Ces T-shirts que je porte avec les pochettes qui peuvent être sorties ou pas sorties, donc c’est aussi ce côté ludique, modulable qui me plaît.

Sur la prochaine collection, on sort un polo avec des broderies qui sont phosphorescentes, donc, qui deviennent phosphorescentes la nuit. Sur ce pull-là, le pull Camo que je vous ai présenté tout à l’heure, il y a aussi un travail, on retravaille le Camo où là, on n’est pas dans l’innovation du tissu. On est dans l’innovation dans le motif.

On aime vraiment les détails ludiques, les finitions sont vraiment bien travaillées et autant que faire se peut, on essaie de bouleverser les codes avec au lieu d’avoir des empiècements courts, on a des empiècements rectangulaires qui commencent sous le bras, ce qu’on peut retrouver sur les pulls monarques de la collection actuelle. Et il faut le préciser, j’ai oublié, on a deux types de chemises : on a une chemise col boutonné et une chemise à col rigide. Et le col rigide, en fait à l’intérieur, il y a une mousseline, donc le col est matelassé. On n’a plus besoin d’avoir des barrettes pour qu’il se tienne, il suffit de le laver, de le repasser et avec le matelassage, le col reste droit. Donc vous voyez, c’est tout un tas de petites choses, de petites innovations qu’on met dans les vêtements pour avoir un basique qui sort du lot.

Quelle est la provenance des matières que tu utilises ?

Au niveau des matières, tout est fait au Portugal. Tout est fabriqué au Portugal. Quand j’ai commencé en fait sur les T-shirts, j’ai rencontré mon premier partenaire qui a eu toujours sur moi un regard vraiment bienveillant, qui m’a mis un peu le pied à l’étrier quand je n’y connaissais pas grand-chose à la sortie de mon école de commerce. Et on a sélectionné des matières sur des T-shirts, des sweat.

Aujourd'hui sur des T-shirts, on a deux matières : le 100% coton et le coton polyester quand on utilise des matières chino, parce qu’on est obligé d’avoir un fil polyester pour le chino. Sur les sweat, il y a un pull fin, et un pull plus épais. Et ça, c’est des matières qui ont été sélectionnées 100 % coton, le coton est peigné, c’est fabriqué au Portugal, c’est de la superbe qualité. Les pulls mérinos, c’est fabriqué au Portugal.

Les chemises, le tissu vient d’un petit peu partout. On a du tissu qui est français pour certaines chemises. Pour d’autres, du tissu qui est portugais. Et on a aussi sur cette troisième collection du tissu qui vient de Turquie, pour du denim. Et majoritairement, la provenance de mes tissus vient de ces pays. Après pour la fabrication, on a essayé de sortir un petit peu de l’Europe mais ça n’a pas été la meilleure idée qu’on a eu, donc on est revenu là en Europe et tout est fait en Europe, et c’est de la super qualité et voilà.

Il y a une réelle évolution dans la nouvelle collection qui est plus mûre. Maxime produit un vestiaire de plus en plus complet : il intègre des pièces plus complexes comme un trench ou un blazer à col châle et utilise des imprimés plus élaborés et originaux, comme le camouflage (inspiré de la chevelure de Louis XIV, tiré par les cheveux, et désolé pour la blague).

Bold Boys FW13_10

Trench Bold Boys avec des empiècements en chambray. 

Les tenues de la nouvelle collection sont plus réfléchies : on s’éloigne peu à peu des basiques pour aller vers des silhouettes avec une identité plus forte.

Il est tout de même surprenant de voir cet éclectisme chez B.B. Dans la vidéo, j’ai posé cette question à Maxime : «Comment as-tu eu l'idée de lancer une marque de vêtements streetwear ? ». Il n’a pas hésité à me corriger en me disant que Bold Boys n'était pas qu’une marque streetwear. Il a précisé que la marque habillait un état d’esprit et non un style bien particulier. On ressent bien la volonté qu’a Maxime de ne pas entrer dans un moule précis. Il ne souhaite pas que les gens "étiquettent" sa marque.

Analyse de la nouvelle collection Bold Boys

Depuis notre précédent article, Maxime a ajouté de la couleur à son vestiaire, en conservant l’ADN des premières collections "Les voyages extraordinaires de Jules Verne et les légendes des îles du Pacifique".

La nouvelle collection "Royal winter" est surprenante. Maxime nous emmène dans son univers : un monde qui s'inspire de l'époque du grand Versailles, de sa cour et de son influence. On retrouve donc dans la collection des matières plus élaborées comme du velours ou des motifs mouchetés...

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Tee-shirt Louis XIV et sa chevelure en Camo. 

Par opposition au streetwear, la collection propose également des polos.

Vous allez me dire qu'il est difficile de porter ce type de pièce, mais il faut oser. Pour atténuer la couleur framboise, portez un brut (comme sur la photo) ou un chino sombre. Si vous avez froid, munissez-vous d'un cardigan gris.
N'ajoutez jamais une autre couleur forte dans ce cas. 

Louis XIV et sa chevelure camouflage

Je vous ai dit plus haut que Maxime désirait réellement nous plonger dans un monde bien à lui. Louis XIV l'a beaucoup inspiré, surtout ses cheveux. En effet, cette "fameuse" chevelure lui a inspiré un motif camouflage, que vous pouvez retrouver sur plusieurs pièces de la collection.

On retrouve ces motifs sur la maille que Maxime nous dévoile dans l'interview :

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Maxime a assorti son pull avec un chino de la collection précédente, mais vous pouvez très bien l'associer avec un jean brut. Évitez les jeans et chinos de couleur noire, vous risquez de tomber dans le côté obscur. 

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Voici une pièce plus facile à porter, avec des empiècements en chambray. Cassez la tenue avec un chino de couleur plus vive et plus claire (sable, rouge, etc.) pour contraster avec la couleur sombre du pull. 

Les mailles Bold Boys sont composées à 50 % de laine mérinos et à 50 % d'acrylique.

Petit rappel :

La laine mérinos 

La laine mérinos est plus douce et plus spongieuse que la laine traditionnelle (qui gratte). Elle permet de réguler la température que votre corps dégage. Lorsqu'il fait chaud, la laine mérinos évacue vraiment bien les odeurs. Vous n'aurez ni une laine rêche, ni une laine qui bouloche si vous prenez soin de votre vêtement.

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Merci Bernard. 

L'acrylique 

C'est une matière très légère, chaude et douce. Elle ne craint pas le gras, et est donc facile à laver. De plus, elle est très bon marché comparé aux matières naturelles (ce pourquoi beaucoup de marques en abusent). Génial vous allez me dire, mais l'acrylique n'évacue pas bien la chaleur du corps et fait donc transpirer. C'est également une matière qui bouloche et qui se froisse un peu.

Maxime a vraiment voulu démocratiser le mélange de ces deux opposés. Il faut également voir le côté économique qui pèse son poids. Le prix des matières premières augmente fortement, il est donc de plus en plus difficile de proposer des prix attractifs avec des matières naturelles.

Note : Lorsque c'est possible, préférez rester sur des matières naturelles comme le coton, la laine, ou le Ricard (ou alors veillez à respecter une répartition plus tournée vers le naturel que le 50-50). Mais si c'est d'abord un design que vous achetez, parfois vous pouvez transiger.

Les tee-shirts Bold Boys

Avec les chemises (testées dans l'article précédent), ce sont les pièces les plus efficaces chez Bold Boys.

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Tous les tee-shirts de la marque, réalisés dans un coton assez épais, sont confectionnés au Portugal. Les cols sont légèrement échancrés pour plus d'aisance. Les finitions sont plutôt standards, mais ils sont très bien coupés, bien cintrés. Parfois ennuyant et monotone, ce basique est ici revisité grâce aux touches de couleurs.

pochette

 La doublure du tee-shirt peut se transformer
en pochette pour ajouter une touche preppy. 

Alex (que l'équipe surnomme le Kanye West blanc, rappelons-le), a opté pour un tee-shirt moucheté :

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Il y a une superposition des matières intéressante ici. Alexandre a marié son tee-shirt avec un blouson col mouton, et un jean gris BonneGueule x French Trotters.

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 Le logo rappelle le mouchetage rose (tissu imbriqué dans la matière)
contrastant avec le bleu marine du tee-shirt. 

Pour conclure, aimer Bold Boys, c'est aimer l'état d'esprit du créateur. Maxime a l'ambition de lier les belles coupes, la recherche de matières intéressantes, à l'aspect ludique des vêtements (dans beaucoup de pièces, vous découvrirez une subtilité).

Pour cette troisième collection, il y a davantage de pièces fortes. Une ambition louable compte tenu de la difficulté qu'ont les petites marques à se développer sur un style qui leur est propre, en dehors du "tout-basique".

Et les prix sont calculés de manière très raisonnable, c'est un des grands points forts de la marque.

pouce

De son côté, Maxime m'a affirmé hors caméra qu'il souhaitait continuer à se développer comme il l'entendait, tout en respectant sa priorité : habiller les "boys" qui lui ressemblent et ne jamais s'entêter.

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  • Arthur

    Merci pour ta réponse

  • Maxime Fox Danna

    Je confirme !

  • BenoitBG

    Prends du M !

  • Arthur

    Salut, j’aimerai m’acheter le t-shirt Duc mais je sais pas trop quelle taille prendre, j’aurai besoin d’un peu d’aide 🙂 (je fais 1m86 et 75 kg) Merci

  • Etienne

    De rien Maxime :). Je suis content du produit donc je le dis (surtout que le fait que ce soit la troisième collection de la marque donne l’impression d’être un « happy few » 😉 ). Et je trouve que le logo est un point fort (il est sympa, il permet de ne pas se prendre trop au sérieux, sans pour autant passer pour un clown ;)… ) donc je le dis aussi :).

    Et oui je permets le tutoiement, je crois que c’est l’usage ici, et c’est très plaisant :). Et puis je pense que nous sommes en plus très proches en âge, et étant plus jeune que toi, le vouvoiement me ferait bizarre 😉

  • Maxime Fox Danna

    Merci pour cet description Etienne. Les retours clients sont toujours intéressants. Mais là c’est vraiment un beau cadeau que tu me fais. ( Si tu permets le tutoiement) 🙂 . Merci également pour les félicitations moi qui me suis toujours arrêté aux encouragements du conseil. Max

  • bien sûr !

  • Etienne

    Merci Geoffrey 🙂 toi de même (si tu permets le tutoiement 😉 ).

  • merci Etienne, retour intéressant !
    bonne année,
    Geoffrey

  • Etienne

    Pour revenir sur le logo, après avoir porté la chemise en denim « Gold Digger » de la collection de F/W 2013-2014 ( http://www.bold-boys.com/fr/collection-automne-hiver-2013/135-chemise-gold-digger-bold-boys.html ), à l’occasion de la soirée du Nouvel An j’ai pu constater que:

    – Le logo Barbe à Papa a attiré l’attention, polarisé, étonné et fait sourire beaucoup (en mode « Oh c’est sympa ») :-)… Et a beaucoup été touché :).

    – Il n’a en rien occulté la qualité et l’élégance de la chemise (très agréable à porter, très belle et tout à fait adaptée à ce genre de cadre de détente mais qui peut être beaucoup plus formel aussi).

    Le logo à mon sens contribue fortement (notamment pour des pièces peu « funky » comme la chemise Gold Digger) à l’image de la marque: qualitatif, élégant, mais simple, et marquée par l’aspect « on se fait plaisir, on s’amuse tout en produisant un produit élégant, original, portable par tous et simple » :). Ce serait donc dommage de le faire disparaître à mon sens et il me semble nécessaire de la conserver :).

    Encore toutes mes félicitations à Maxime Fox Danna dont l’enthousiasme fait plaisir à voir et écouter. Et la philosophie de Bold Boys est vraiment… Sympa ;). Bonne continuation

    En vous souhaitant de bonne fêtes à tous 🙂

    Etienne

  • Je t’en prie, c’est moi aussi qui ait compris de travers 🙂

    Excellente année 2014 à toi aussi !
    Geoffrey

  • Anthony.A

    Désolé, je me suis peut-être mal exprimé, mais pour ce qui est de partir dans tous les sens, je parlais encore de la marque, je ne me suis pas exprimé sur BonneGueule trouvant mon message déjà bien long 🙂 !

    Sur ceux! C’est le moment de passer un bon moment alors je vous souhaite à tous une très bonne soirée, que de réussite pour 2014 et plus encore pour la suite !

    A bientôt. Anthony.

  • Hello Anthony,

    Merci pour ton retour sur Bold Boys.

    Concernant BonneGueule, c’est vrai qu’on se diversifie, notamment avec l’arrivée de sang neuf dans l’équipe cette année (Florian qui est très branché pièces tailleur un peu originales, Alexandre et sa culture streetwear, Luca et Nico sur les bons plans, etc.). Après, je ne pense pas qu’on parte dans tous les sens, dans la mesure où on reste concentré sur ce qu’on a toujours fait : conseiller les gens sur leur style, en se concentrant sur les marques avec de bons rapports qualité/prix.

    Passe un très bon nouvel an !
    Geoffrey

  • Maxime Fox Danna

    Bonjour Sonor ! Les polos sont ajustés donc oui ils tombent relativement près du corps !

  • The Print Fix

    Sympa le motif t-shirt avec chevelure camo

  • Sonor

    Bonjour, marque très intéressante, j’aime notamment beaucoup le polo. La coupe est elle près du corps ?
    D’ailleurs en parlant de polos, pensez vous que ce soit un bon substitut au combo jean brut-chemise pour l’été? Notamment pour les rendez vous pro, à moins que vous me soyez capable de porter une chemise lorsqu’il fait 35°….?

  • Leo Blogdemonsieur

    Yeah Bold Boys ! Une très bonne marque récemment découverte, l’originalité est très présente, le tout de bon gout. Bien joué pour l’interview !

  • Maxime Fox Danna

    Bonjour Nicolas. Vos remarques sont très légitimes et je vous remercie pour les compliments ! Si je peux simplement me permettre un point, il n’est pas possible de comparer le logo Bold Boys qui a 18 mois à celui de nike qui existe depuis 49 ans. Aujourd’hui la marque est à la genèse de son histoire. Plus nous grandirons plus notre storytelling sera palpable et légitime.

  • Maxime Fox Danna

    Jérémy, les pulls Bold Boys ne gratte absolument pas. J’espère que vous aurez un jour l’occasion d’en passer un ! Maxime

  • Maxime Fox Danna

    Bonjour Paul ce sont des Pantofola D’oro. Elles sont géniales mais ça risque d’être dur de les trouver je les ai depuis un bon moment :). Maxime

  • Paul

    J’aime bien le pull avec le chambray et le t-shirt que je trouve simpa.
    Article bien présenté comme d’hab ! 🙂

    Est-ce quelqu’un connaît la marque des chaussures de maxime ? (présentes en début d’article et sur la dernière photo)
    Merci d’avance ! 😉

  • Lucas

    Je me permets d’intervenir. J’achète une ou deux pièces de la marque chaque saison depuis sa création. Il s’avère que j’ai un T-shirt chiné gris et le pull monarque. Je les porte à même la peau sans aucun problème et sans aucune sensation désagréable. L’acrylique ne gratte pas, en tout cas pas chez Bold Boys. Je rejoins Adrien : la qualité est toujours au rendez-vous. J’attends maintenant avec impatience que le T-shirt Louis que j’ai repéré se découvre dans le calendrier de l’Avent. Merci au rédacteur de cet article très intéressant et très bien écrit.

  • Nicolas

    Je fais parti de « l’école » qui considère qu’un logo ne sert pas souvent à grand chose, sauf quand ce dernier représente parfaitement l’esprit d’une marque (ici j’ai du mal à croire au storytelling) et/ou est un chef d’oeuvre de design (swoosh chez Nike par exemple). Les vêtements de Bold Boys brillent pas une originalité et une certaine fraicheur, aucun besoin selon moi d’y ajouter quelque chose de plus. Leur originalité est peut-être justement leur meilleur logo.

  • avec un tee-shirt non, mais le port à même le corps est proscrit

  • Adrien

    Je ne suis pas non plus spécialement emballé par les motifs et les couleurs « flashy » comme le polo par exemple. Cependant, je trouve que certaines pièces que l’on peut également considérer comme « originales » (le T-shirt poche et le pull monarque) sont intéressantes. Pour ma part je possède deux pièces Bold Boys, le sweat zippé et une chemise (modèle Elliot) qui ont été testés sur BG. La qualité est au rendez-vous, la coupe également, je les porte régulièrement et je suis très satisfait, ce sont de beaux produits. J’encourage donc Maxime à continuer sur cette voie même si je préfère de loin les pièces originales sans être trop élaborées. Et super article bien sûr comme d’habitude^^

  • Jérémy

    50% d’acrylique, ça doit gratter énormément, non ?

  • Balthazar

    Le logo ne me dérange pas. Il met l’accent sur le côté ludique de la marque et correspond bien à l’histoire des Bold Boys. Je pense que les consommateurs de BAP ne seront pas ceux du « B plus discret ». et qu’au final tous s’y retrouveront. Il y a effectivement des modèles très intéressants et le T-shirt pochette en fait partie. En ce qui me concerne un gros coup de coeur pour les pulls Monarque et Camouflage.

  • Maxime Fox Danna

    Merci Nicolas. Nous travaillons dès à présent sur des pièces plus classique sur lesquelles le logo B.A.P s’effacera au profit d’un simple B plus discret. Si vous allez sur le site vous remarquerez que c’est déjà le cas sur le Pull Monarque. Il en faut pour tous les gouts 🙂 Maxime

  • Maxime Fox Danna

    Merci Alexandre ! Nous n’avons effectivement que trois collections à l’actif. Mais comptez sur nous pour vous surprendre rapidement !

  • Teobald

    Je suis plutôt du même avis. C’est assez flagrant sur le t-shirt d’ailleurs. On part d’une idée sympa avec la pochette colorée qui peut se rentrer et on rajoute par dessus un logo « qui polarise » et qui surcharge le T-shirt. Cela mis à part, les matières mouchetées et les empiècements sont intéressants. Bonne continuation à la marque !

  • BenoitBG

    C’est clair que le logo polarise !

  • BenoitBG

    Oui, je suis un peu comme toi, je suis pas spécialement fan de tous ces motifs, mais je comprends tout à fait que ce genre de pièces « rafraichissantes » plaisent à d’autres !

  • BenoitBG

    Un bon vieux APC !

  • Walter62

    Quelle est la marque du blouson d’Alex? Merci d’avance.

  • Marque sympathique. J’ai jamais été très fan de leurs collections et à mon sens, elle est encore trop jeune pour proposer quelque chose de réellement pertinent. À suivre tout de même dans l’avenir.

    On notera aussi son petit calendrier réservé aux clients/abonnés très sympa pour la fin d’année.

    Bonne continuation à lui dans tous les cas :-).

    Alexandre

  • Nicolas

    Marque intéressante pour ses lignes et certains de « ses originalités » mais je trouve personnellement le logo très inesthétique. Il faut parfois s’abstenir.