Interview : Fary l’extra-terrestre, de l’humour au style

Temps de lecture : 6 minutes

28

Fary, dit "l'extra-terrestre", pour son style hors du commun et son humour décalé, est le nouveau poulain de Jean Marc Dumontet (qui produit déjà les comiques Nicolas Canteloup, Alex Lutz, Bérengère Krief, et bien d'autres).

Vous allez me dire : "encore un mec qui fait du stand up". Oui, il n'a rien inventé, mais il maîtrise incroyablement bien le verbe sans se prendre au sérieux. Vous verrez, l'interview est assez drôle...

Son style peut surprendre mais vous allez voir qu'il ne laisse rien au hasard.

Fary drapé

Fary, ce n'est pas le mec qui joue du Banjo. 

Dans cette interview Fary nous explique :

  • Comment s'habiller quand on est grand et fin,
  • Comment maîtriser le dark et le drapé, et quel intérêt de les utiliser dans une silhouette,
  • Sa vision sur la mode masculine,
  • Quelles sont les marques abordables vers lesquelles se tourner quand on veut acheter quelques pièces dark,
  • Comment il achète.

Un petit détail, Fary se produit au petit Point Virgule à Paris (le lundi et le mardi soir, si vous êtes francilien, ou de passage). Son one man show vaut vraiment le détour. Nous, en tout cas, on s'est bien marrés (on le rappelle, on ne fait pas d'article sponso, on aime pour de vrai !).

Transcription de l'interview de Fary

« Un métrosexuel, c’est un mec qui a tout d'un homosexuel, qui parle comme un homosexuel, qui se comporte comme un homosexuel. Le mec, quand tu le vois, t'es sûr que c'est un homosexuel. Un jour, il surprend tout le monde en parlant de sa meuf. Mais j'étais sûr qu’il était gay, mais trop ! Mais trop !Mé-tro, c’est de là que ça viens. Métrosexuel. »

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Fary. Je suis comédien, humoriste. Enfin, j’essaie d’être drôle. En ce moment, je suis sur Point virgule. Je défile au Point virgule. Je donne du plaisir aux gens.

«On connaît ce genre de mec. Donc, des mecs à qui tu parles et qui te répond hein ! Ecoute-moi. Hé, hé, hé, écoute-moi bien, man. Ecoute-moi bien ! Moi, je ne parle pas ! … PSG. T’inquiètes même pas. Alors que le mec, tu as juste demandé son prénom. Aie, si, si. Si, si. On est d'accord que le mot « si », c’est un mot pour exprimer la condition. Exemple, question : est-ce que tu veux du café ? Réponse : je veux bien du café si c'est du déca. Non. Même question, est-ce que tu veux du café ? Ah! Si, si. On est lààà ! On est là alors que le mec, il est tout seul. »

Ta prof d’histoire a écrit tes premiers textes ?

C'est très vrai, très vrai. Je n'ai pas couché avec si c'est la question qui vient après.

C'est elle qui m’a…. En fait je faisais de la scène depuis l'âge de 11-12 ans déjà, dans l’association. Ca va être très chiant comme histoire. Mon oncle travaillait pour une association au profit des enfants du Cap Vert, puisque je suis originaire du Cap Vert. Et donc, j'ai commencé à faire de la scène comme ça. Il faisait des soirées trimestrielles, et je faisais un sketch. Et arrivé à ma deuxième seconde, j'ai redoublé, ne me juge pas. A ma deuxième seconde, Je racontais à cette prof, prof d’histoire, Cassie Troja. Elle avait écrit une pièce de théâtre à l'époque. Elle l'avait vendu. Elle m’a dit un jour : je t'écrirai un one man show, comme ça. Et l'année d'après, elle est venue avec un cahier. Elle m'a dit voilà : j'ai écrit le début. On a commencé à écrire ensemble, on a écrit pendant deux, trois ans ensemble. On a fait « On n' demande qu'à en rire » ensemble. J’ai gagné « L’Humour en Capital », le prix « Humour en Capital » avec elle. Ça a duré un petit moment.

Tu penses être un extra-terrestre ?

Ah oui, c'était par rapport au titre. Un extra-terrestre. En fait, c'est très prétentieux comme... L'idée, c'est d'apporter quelque chose de différent en fait. C’était pour ça l'extraterrestre. C’est dire : j'arrive mais je fais quelque chose qui se démarque un petit peu. Avant de vouloir faire rire, j'ai la volonté de raconter des choses. J’aurai pu faire humoriste, j'aurai pu chanter, j'aurai pu écrire, tu vois. Mais je suis le petit talent.

Comment tu définis ton style ?

Mon style, j'aimerais ne pas pouvoir le définir. Oui, j'aimerais pouvoir faire quelque chose d'assez particulier pour pas qu'il soit « définissable », entre guillemets. Mais je sais qu’on m'apparente très souvent à des styles comme Asap Rocky ou Kanye West qui sont des trucs black zombie, all black all the time, mais j'essaie de me démarquer un petit peu de ça. Je suis dans cette tendance en ce moment. Je me suis rendu compte que j'étais dans une tendance. Et en fait, j'essaie de ne pas être dans des tendances, mais dans quelque chose d'un peu original. J'aime beaucoup les sarouels. Je ne mets quasiment que ça parce que j’ai de longues jambes et c'est vrai puisque je suis très, très mince. J'ai des jambes très, très longues. Et du coup le sarouel harmonise un petit peu tout ça puisque sinon, je ressemble à un avatar. C’est pour ça les trucs longs aussi, comme je suis long et fin, les trucs un peu drapés comme je disais tout à l'heure. Les vestes qui débordent, c’est un peu pour que ça. Ça harmonise un petit peu ma silhouette parce que je ne fais pas partie de ces noirs musclés. Il faut compenser.

Des références ?

A un moment, ça aurait pu être Kanye West. Il y avait Will.i.am aussi. Et j'aime beaucoup ce que fait, ce n’est pas un chanteur, c’est un styliste, Rick Owens. Oui, j'aime beaucoup ce qu'il fait. C’est un peu dans cette tendance-là. Après, il y a beaucoup de choses dans les films qui me plaisent. Dans les films de science fiction, il y a beaucoup de vestes qui me plaisent, dans ces trucs-là un petit peu cuir, tu vois. Dans les films de science fiction, dans les films fantastiques. C’est ces inspirations-là un petit peu. Des trucs très, très particuliers.

Aujourd’hui, tu portes quoi ?

Aujourd’hui, je porte cette veste. Pour le coup, elle vient de chez Zara. C’est une veste que je tiens beaucoup parce qu'elle est très, très originale. En dessous, c'est une veste un peu avec une capuche, c'est NIDG. C’est une petite boutique vers Châtelet. C’est un drap en fait. Et ça, c'est Fore Runner. Tu vois, il y a une mode à un moment donné avec des empiècements en bandana, avec des trucs un peu en jupe. En dessous, c'est la sarouel cc junior, la marque dont je t'ai parlé tout à l'heure. Et les chaussures, c'est Dolfie.

Que penses-tu du style des humoristes du moment ?

C’est une question que j’y pense. Qu’est-ce que je pense du style des… On a Walter d’ailleurs que j'aime bien. Walter, il est très, très bien habillé sur scène. Il est très, très classe sur scène. Très dandy? Après d'une manière générale, comme on part du principe que l'humoriste, c'est un amuseur, il ne doit pas paraître très élégant ou très habillé, tu vois. Donc, je pense que c'est une tendance logique en France que d'être habillé d'une manière assez neutre en fait sur scène. Mais aux Etats-Unis, si t'as l’occasion, et je t’y invite, à voir le spectacle d'Eddy Murphy, Stand up d'Eddy Murphy il y a quelques années de cela, il a des tenues incroyables. Tout de cuir vêtu, tout en rouge de la tête aux pieds, tu vois. Dans son deuxième spectacle, il est en bleu avec des, c'est du cuir aussi mais c'est du cuir bleu et noir. Il a une écharpe. C'est français en fait de s'habiller de manière neutre sur scène. Aux Etats Unis, tu regardes Kevin Hart aussi très récemment, on dirait Kanye West sur scène. Il y a du cuir, il a une chaîne, il a des... tu vois. Donc, c'est très français d'être neutre sur scène mais ça va évoluer. C’est terrible. C’est terrible.

Tu mets du temps à te préparer le matin ?

Je ne me prépare pas le matin, je me prépare la veille. Quand je suis dans mon lit, je réfléchis à ce que je vais mettre le lendemain. C’est-à-dire que quand je vais me coucher, je commence à réfléchir qu'est-ce que je vais mettre demain ? Et ça met toute la nuit à germer. Je me lève encore en train de réfléchir. Et la plupart du temps, ce n'est jamais ce que j'ai prévu parce qu'en m'habillant, je vois d'autres trucs, je tente des choses.

Plutôt pièces de qualité ou le style avant tout ?

C'est très rare que j'achète des pièces chères. Les seules choses que je me permets d'acheter assez cher, c'est les vestes, les vraies vestes et les sarouels parce que pour trouver un joli sarouel original, c'est assez compliqué. Donc, la rareté fait le prix. Mais non, je ne pense pas que c'est une question de prix de bien s'habiller.

Les faux pas que tu as pu faire ?

Dans mes achats, c'est drôle, oui, j'en ai fait un mais ce n'était pas de ma faute. C’est les achats sur Internet. C’est terrible. C’était un bomber. En fait, il est beaucoup trop gros. Je suis déjà pas très gros, je ressemble à Michelin avec mais qui aurait eu le cancer des jambes. Tu vois ? Ah, c'est toujours très, très réfléchi. Je m'arrête très souvent sur l'esthétique puisque je me fais souvent avoir. Moi, il y a une boutique que j'aime énormément, que je vais souvent faire un tour, c’est Zara, parce qu'il y a toujours des pépites cachées. Et malheureusement, Zara, ce n'est pas d’une extrême bonne qualité. Mais comme ils ont des jolis trucs, c'est vrai que très souvent, je me fais avoir.

Que peut-on te souhaiter pour tes années à venir ?

Souhaiter que mon spectacle rentre dans les annales, que ce soit un spectacle référence. Voilà ce qu’on peut me souhaiter.

J'oubliais ! Un grand merci à Mathilde Carron et à Jérémie Boublil de JMD Production qui nous ont permis de rencontrer Fary.

 

N'hésitez pas à passer le voir le 16 mai 2015 à Bobino !

Laisse-nous un commentaire

Questions de style, points de vue perso, bons plans à partager ? Nous validons ton commentaire et te répondons en quelques heures.