Guide du tatouage : nos conseils pour bien le choisir

Temps de lecture : 17 minutes

Publié par le 23 janvier 2020

On le sait, on le voit, le tatouage ne souffre plus d’une image aussi négative que par le passé.

La perception de la société a changé et il n’est plus seulement associé aux marins, aux militaires, ni aux filles de joie et autres mauvais garçons. Aujourd’hui, c’est l’ensemble de la société qui a adopté cet art corporel, toutes générations confondues, de l’adolescent au retraité. L’époque est à ce titre exceptionnelle et le tatouage connaît un véritable âge d’or artistique.

Sa culture, forte d’une histoire aussi ancienne que celle de l’humanité, se développe à vitesse grand V dans nos sociétés modernes. Le nombre de studios explose et la profusion de talents est tout bonnement phénoménale. Chaque artiste ou artisan (à chacun sa casquette) porte avec lui un univers, un style, une ‘patte’ ou un savoir-faire qui le singularise.

Les possibilités semblent infinies et sont autant d’aubaines pour ceux souhaitant exprimer sur leur peau leur univers, leurs joies, leurs peines, leurs coups de folie ou tout simplement leur amour inconditionnel de l’art.

Trouver des inspirations pour son tatouage

C'est plus facile quʼon ne le pense. Pour la question du sens, c’est à vous de voir mais en ce qui concerne sa mise en scène, place au tatoueur.

Il faut bien un point de départ. Au début, c’est un peu brouillon, il faut composer avec une somme d’images, d’envies, de sens, de mots, sans pour autant qu’il existe de liens entre eux. L’inspiration peut venir d’un mur tagué, d’une couleur, d’une figure géométrique, d’une œuvre dʼart, de textures aperçues dans la nature, etc. C’est sans fin.

graffti mur

L'inspiration peut venir d'un graffiti par exemple. (Photo by Boris Roessler/picture alliance via Getty Images)

En fin de compte, tout est susceptible de nourrir l’inspiration pour peu que l’on prenne le temps de s’y arrêter et de faire un pas de côté. Vous avez du mal à mettre de l’ordre dans tout ça ? Il existe une solution qui a fait ses preuves. Elle consiste à rassembler tous vos éléments dans un dossier, que vous pourrez ensuite alimenter ou réduire au cours de la maturation du projet.
Une fois prêt, présentez-le à votre tatoueur. Les professionnels apprécient ce genre de documents. Ils peuvent ainsi mieux vous connaître et cerner avec plus de certitude vos attentes avant de se lancer dans la conception.

Qu’on se le dise, il n’y a pas d’urgence à se faire tatouer. L’impatience ne doit pas prendre le pas sur l’envie. Un bon tatouage est un tatouage qui a pris le temps de faire sens, de trouver sa place dans votre esprit et surtout d’avoir été remis en question. Avez-vous vraiment envie de ce tattoo ? Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? Etes-vous sûr de vouloir collaborer avec cet artiste ? Se marquer n’est pas un geste anodin. C’est pour la vie ! Alors prenez le temps de la réflexion, d’évaluer ce que vous aimez sincèrement ou pas, avant de faire le tri et de vous engager.

Le tatouage parle de vous, c’est un fait. Mais il peut être aussi simplement esthétique sans autre justification. A votre tatoueur de sublimer vos envies et de réaliser l’œuvre qui vous ressemble, dans laquelle vous vous reconnaissez, tout en prenant en compte les questions inhérentes au tatouage (le placement, les proportions) et en particulier celle du vieillissement. Un bon tatouage selon les anciens, c’est un tatouage qui accompagne le corps du tatoué toute sa vie. Avec le temps, il se patinera sur la peau comme une peinture sur une toile. 

Où se faire tatouer ?

Chez un professionnel, cela va sans dire. Et compte tenu du nombre de studios ou de shops privés qui ont fleuri ces dernières années, vous n’aurez que l’embarras du choix. D’autant plus que dans un même studio, plusieurs tatoueurs sont souvent à l’œuvre, chacun avec son style…

Vous trouvez ça compliqué ? Prenez le temps de comparer et profitez-en pour faire le tour de ceux qui vous intéressent. Vous aurez ainsi la possibilité de choisir en connaissance de cause et sinon de découvrir des lieux parfois insolites, des personnalités hautes en couleur, de nouveaux univers graphiques. Il y a certainement le vôtre.

Pour autant, il y a des points sur lesquels on ne transige pas: un salon de tatouage doit respecter les obligations en matière d’hygiène, de procédure et de produits. C’est simple, aujourd’hui la profession est assujettie à des règles très strictes et les tatoueurs ont obligatoirement reçu une formation aux conditions d’hygiène et de salubrité.

Le matériel utilisé doit être à usage unique ou stérilisé (avant chaque utilisation) et le tatouage doit être réalisé dans une pièce dédiée. Une information à prendre en compte peut être la vitrine du professionnel. Si celle-ci arbore le logo du SNAT, le Syndicat National des Artistes Tatoueurs , vous aurez toutes les chances d’avoir affaire à un tatoueur respectueux des normes en place.

Posez-vous la question : quelle est la réputation d’un shop ? Ecoutez ce que vos proches ou vos amis ont à dire sur telle enseigne et leur retour d’expérience. Bonne ou mauvaise, elle est un indicateur à prendre en compte. Pensez à pondérer les opinions en fonction de la personne qui témoigne. Recoupez vos informations. Deux avis valent mieux qu’un. L’ancienneté d’un studio est aussi un bon indicateur. Un professionnel installé depuis longtemps a souvent fait consensus sur le sérieux et la qualité de son travail.

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I tattooed Homer the other day... thanks a lot to @simpsonivore

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N’hésitez pas à entrer dans un shop. C’est une façon d’appréhender l’univers d’un tatoueur. Prenez en compte l’accueil qui vous est fait, prêtez l’oreille à la musique, observez les œuvres accrochées dans le studio, à la décoration. Vous aurez ainsi des informations sur les goûts et références de la maison.

On peut raisonnablement penser que si vous n’aimez pas ce que le tatoueur met sur ses murs, il y a peu de chances que vous aimiez ce qu’il projette de mettre sur votre peau. Surtout si ce sont ses propres dessins… Posez des questions, c’est une façon d’engager un échange et de sentir la personne en face de vous. Ce n’est pas un interrogatoire non plus !

Le message du Syndicat national des artistes tatoueurs est clair !

Quoi qu’il en soit, évitez les plans foireux dans votre cuisine avec votre pote qui vient tout juste de se procurer une machine alors qu’il ne sait même pas tenir un crayon. Vous vous éviterez quelques déconvenues, un tatouage qui risque de vous décevoir… et vous garderez votre pote.

Tatouage du bout du monde

Vous avez le budget et le goût de l’aventure ? Votre artiste travaille au Japon et vous vous sentez l’âme d’un samouraï ? De plus en plus de collectionneurs n’hésitent pas à prendre l’avion pour aller se faire encrer par un artiste choisi très précisément, même s’il faut faire des milliers de kilomètres. Se faire tatouer un tatouage polynésien par un Tahitien à Tahiti, cela a du sens, n’est-ce pas ? Voyage et tatouage fonctionnent main dans la main, pour autant que vous n’ayez pas les yeux plus gros que le ventre. Ce genre d’expérience peut vous emmener très loin… Attention au budget. Mais quel souvenir !

Quel tatoueur choisir ?

Faut-il préciser qu’un tatoueur doive savoir correctement piquer pour bien faire son travail ? Non. Comment savoir par contre si ce professionnel est compétent ? Quand on est dans le flou, il y a une arme imparable que nous avons tous la capacité de solliciter : le bon sens. Faîtes-vous confiance ! Vous êtes capable de voir si un portrait de Rihanna ressemble à Rihanna ? Si une cerise old-school ne ressemble pas à une tomate ? Pour un tatouage c’est pareil.

A moins que vous ne cherchiez un style très particulier, on attend des professionnels un travail propre et soigné. Ce qui veut dire : des lignes droites, des traits qui restent à leur place, le sens des proportions, des aplats de couleurs uniformes, etc. Attention toutefois à bien faire la différence avec des tatoueurs dont c’est justement le style de chambouler ces critères.

Pour trouver votre tatoueur, commencez par faire simple ! Regardez autour de vous. Que portent vos amis ? Ça vous plait ? Qui en est l’auteur ? Quels studios sont dans votre proche périmètre ou sur le chemin du boulot ? Vous en avez repéré un ? Passez la porte et allez rencontrer le professionnel.

Demandez lui ses références, son ancienneté, s’il a fait un apprentissage et auprès de qui, s’il fait des guests dans d’autres studios, en France ou à l’étranger, etc. Le courant passe ? C’est un excellent premier pas. Repassez une autre fois si nécessaire pour entrer un peu plus dans les détails de votre projet et en savoir plus sur la question des tarifs, de son agenda. Il faut attendre plusieurs mois parfois pour avoir un créneau. N’hésitez pas à voir plusieurs shops afin de vraiment faire un choix en connaissance de cause.

Il reste bien encore quelques magazines spécialisés et même des applications (on vous recommande ATC Tattoo, sur Google Play et Apple Store) pour appréhender la culture tattoo. Sinon, votre principale source d’inspiration sera Instagram. Tous les tatoueurs y sont. C’est LE réseau social indispensable à la profession.

Le site et l'appli ABC Tattoo permettent de trouver beaucoup d'inspiration, via livres et magazines.

N’importe quel tatoueur/se possède un compte -à moins qu’il ne soit dans une démarche particulière.  Oubliez Facebook, Twitter, si vous voulez découvrir le travail d’un tatoueur parcourez les publications de l’artiste. Abonnez-vous à son compte, c’est une porte vers son univers. Regardez les comptes auxquels il est abonné, cela vous donnera aussi une idée de son réseau et de ses références. Une astuce : consultez régulièrement ou abonnez-vous à des hashtags (#oldschool) afin de vous aider à élargir le champs de vos recherches et ainsi trouver des noms que vous ne connaissiez pas.

Photo: Annette Riedl/dpa (Photo by Annette Riedl/picture alliance via Getty Images

Les talents, il y en a ! Les tatoueurs travaillent dur aujourd’hui pour proposer quelque chose de personnel, un style unique avec lequel ils espèrent se démarquer. Il y en a pour tous les goûts. Alors faites preuve d’ouverture d’esprit en faisant un petit tour de ce que le milieu a de meilleur à proposer. Etudiez les figures incontournables vers lesquelles tous les regards se tournent, elles vous donneront une mesure de l’étendue des possibilités. Cela ne manquera certainement pas de vous donner des idées, en plus d’en chasser les mauvaises.

Vous avez pensé aux conventions de tatouage ? Généralement organisée sur deux ou trois jours, elles rassemblent le temps de l’événement des tatoueurs/ses locaux, nationaux, voire internationaux. Idéal pour avoir un ressenti plus concret. Elles sont toutes recensées sur ce site.

Dans ce milieu d’artistes ou de plus en plus tendent vers la spécialisation, n’oublions pas ceux pour qui un vrai tatoueur est un professionnel polyvalent, sachant se mettre au diapason des envies de son client, qu’elles impliquent du réalisme, du japonais, du tribal, etc.

Traditionnellement, un bon pro sait à peu près tout faire. Bien sûr, il aura ses affinités mais il saura faire preuve de constance quel que soit le genre balayé, selon que vous souhaitiez du réalisme, de l’old-school, du japonais, du biomécanique. Il saura aussi canaliser votre créativité … si vous les souhaitez tous en même temps ! Lui seul est gardien de la cohérence de la création. Si vous faites le foufou, il vous le dira et il aura raison.

Enfin, il y a les vraies stars, les papes, ceux dont tout le monde connait le nom et à qui on rêverait de confier un morceau de son épiderme. Celles ou ceux pour qui on est prêt à attendre un an, voire des années, et surtout à économiser. Ces artistes se sont construits une telle réputation que vous êtes sûr dʼavoir une pièce exceptionnelle et unique.

Evidemment tout cela a un prix et à partir d’un certain niveau il faut se rendre à l’évidence : ces artistes se consacrent essentiellement à de grands projets. Comptez donc un bras, un dos, voire le corps entier. Ensuite il y a très certainement une file d’attente qui peut aller jusqu’à plusieurs années pour les dieux de l’Olympe. Il faudra prendre son mal en patience. Vient enfin le coût… ça peut faire mal. Certains tatoueurs prennent jusqu’à 300e de l’heure. Vous êtes prévenus.

La convention est une bonne piste pour trouver l'inspiration, voire son tatoueur. Photo by Giorgos Zachos/SOPA Images/LightRocket via Getty Images

Quel est le prix d'un tatouage ?

Soyons clair, un bon tatouage a un coût. Pour reprendre une leçon bien connue dans le milieu (in english please): « Good tattoos aren’t cheap and cheap tattoos aren’t good ». Comme partout, la qualité se paie. Normal non ?  Et puis, le tatouage c’est pour la vie, alors autant prendre le temps de mettre de côté l’argent nécessaire pour un beau projet et d’en profiter sereinement les années suivantes. Mais si vraiment un motif vous donne une folle envie, faîtes-vous plaisir !

Le prix est fonction de plusieurs facteurs : la réputation de l’artiste, son niveau d’expérience, la qualité de son travail, le niveau de détail et la complexité des compositions de votre projet, ainsi qu’évidemment la taille de celui-ci, etc.

Parlez-en assez tôt avec le professionnel. Celui–ci aura ainsi une idée de la marge créative que vous lui laissez. Sinon, il pourra budgéter le projet que vous avez en tête. Vous devez vous mettre d’accord avant de vous engager. Les tatoueurs travaillent selon différentes formules. Chacun la sienne.

Grosso modo tout le monde s’accorde sur un prix fixé à l’heure, à la demi-journée ou à la journée complète, ou encore au forfait. Aujourd’hui, comptez au minimum 70 euros de l’heure pour un professionnel compétent. Evidemment, si vous voulez une star (Filip Leu, Tin-Tin, etc.) les prix peuvent s’envoler. Pour certains, le tarif à l’heure proposé est de plusieurs centaines d’euros…

Filip Leu, "star" du tatouage.

Sachant que tout dépend également de la taille de la pièce évidemment. Pour un bras entier à titre d'exemple, il faut compter 15-20h, sinon entre 1 heure et 5 heures pour une petite-moyenne pièce.

Les premiers échanges avec le tatoueur vous feront prendre conscience du niveau d’engagement demandé par le projet en discussion. Car, au-delà du prix, il y a la question du temps nécessaire incompressible pour sa réalisation. Ce sera l’occasion de faire le point sur votre motivation. Voyez à votre mesure. Commencez par un motif avant de vous lancer dans une fresque si vous n’êtes pas sûr. Tout le monde n’est pas prêt à s’engager sur plusieurs années comme les clients des maîtres japonais qui se font recouvrir l’intégralité du corps.

On ne le répètera jamais assez : vous garderez un tatouage à vie. Le prix nʼest donc pas le critère prioritaire. Si vous n’avez pas les moyens, mettez de côté ou révisez à la baisse les ambitions de votre projet.

Les différents styles de tatouage pour homme

Aujourd’hui, la profusion artistique et créative est tellement importante qu’il est impossible de faire le tour complet des styles, mais voici déjà les grandes lignes avec lesquelles se repérer.

1. Les tatouages japonais

hommes tatouages japonais

(Photo by Yamaguchi Haruyoshi/Corbis via Getty Images)

C’est LE style incontournable. Difficile effectivement de résister à la force d’attraction de la mystique orientale ainsi qu’à une telle abondance iconographique où se croisent animaux mythiques et légendaires (dragons, phénix), divinités bouddhistes et shintoïstes (Kannon, Fudô-Myôô), animaux (carpes, serpents) ou encore des fleurs (pivoines, chrysanthèmes, cerisiers, etc.) rivalisant de beauté.

Depuis le 19e siècle où la culture du tatouage se formalise dans la ville d’Edo les Japonais sont passés maîtres dans la décoration corporelle et la réalisation de fresques pouvant recouvrir la totalité du corps. Traditionnellement, les tatoueurs travaillent à la main, à l’aide d’une baguette en bois au bout de laquelle sont ficelées des aiguilles en faisceau.

Au 20e siècle, certains pionniers ont adopté la machine électrique occidentale importée de l’étranger, combinée avec la technique traditionnelle. Aujourd’hui on distingue les puristes, ceux qui suivent les règles de l’art et les « japonisants » qui s’inspirent librement du style pour l’adapter aux codes graphiques occidentaux.

2. Les tatouages asiatiques

hommes tatoués dans le dos

Des homme Iban portant des tatouages traditionnels dans le dos, dans l'état de Brunei Darussalam. (Photo by Paolo KOCH/Gamma-Rapho via Getty Images)

Deux représentants particulièrement bien identifiés des cultures asiatiques : le tatouage thaïlandais – le Sak Yan- et le tatouage de Bornéo, en Indonésie. Le premier est un tatouage dont les racines puisent dans la culture khmère, la tradition animiste du pays, le bouddhisme et le brahmanisme.

En Thaïlande, les tatouages sont réalisés pour répondre à des besoins très spécifiques. Un pouvoir magique leur est attribué, susceptible par exemple d’apporter une protection physique dans des métiers à risques, la réussite dans le commerce, l’amour, la bonne santé.  Ils mettent en scène de façon très fine et détaillée des inscriptions ainsi que des formes stylisées d’animaux et de divinités.

Les maîtres tatoueurs peuvent être des moines dont les rassemblements de « disciples «  - les tatoués- donnent lieux à des événements spectaculaires dans les temples.

homme tatoué

(Photo by Bertrand RIEGER/Gamma-Rapho via Getty Images)

Les populations d’Indonésie produisent depuis des milliers d’années des formes riches et variées de tatouage. A Bornéo, chez les Dayak, la tribu des Iban a perpétué une  culture du tatouage très ancienne. Les tatouages étaient des signes marquant les exploits du porteur, comme une sorte de curriculum vitae permettant de lire ses exploits guerriers, ses voyages, etc.

Uniquement de couleur noire, les motifs sont empruntés à la nature (scorpion, crabe, fleur d’aubergine) et forment des ensembles très graphiques qui vont considérablement inspirer toute la vague occidentale du style tribal dans les années 1990.

3. L'influence old school/new school

tatouages motifs old school

Celui-là s’est poli dans les cales des rafiots, dans les ports des quatre coins du monde. Autrefois, les marins portaient fièrement les motifs old-school après avoir passé le Cap Horn, traversé l’Atlantique ou survécu à l’immensité du Pacifique, sans parler des bonnes bagarres dans les bars bondés une nuit d’escale.

Dans les années 1950, le style trouve l’une des plus belles illustrations avec le travail de l’Américain Sailor Jerry (celui du rhum). Avec Cap Coleman et d’autres, voilà les pères de ce style incontournable. L’iconographie faite d’ancres, de trois mâts, s’est enrichie au fil du temps de sirènes, de portraits de femmes, de geïshas, etc.

On le reconnaît avec ses grosses lignes, sa palette de couleur réduite et ses aplats. Voilà un tatouage fait pour durer et qui ne se démode pas. C’est l’avantage des classiques. Si vous avez le goût du vintage, il est fait pour vous.

Dans les années 2000, toute une génération en a repris les codes mais renouvelant au passage les images parfois saturées de couleurs : c’est le New-Skool.

4. L'esthétique biomécanique

Inspirée directement de l’artiste Suisse H.R Giger (la créature du film Alien, c’est lui), le style mélange éléments mécaniques et compositions organiques. Le résultat, fascinant, à l’avantage de s’adapter parfaitement au corps, à ses mouvements.

Compte tenu de ses origines, il est évidemment prisé des amateurs de science-fiction et de fantastique.  On trouve de nombreuses variantes mêlant la robotique à l’organique, au biologique, avec des représentations de fractales, etc.

Les effets sont particulièrement spectaculaires et certains tatouages sont troublants de réalisme. Des trompe-l’œil qui font basculer dans des univers futuristes.

5. Les lettrages

(Photo by Jeff Gritchen/Digital First Media/Orange County Register via Getty Images)

Prisés de Latinos et des Chicanos californiens, les lettrages s’adressent aux amateurs de belles lettres, de typographie, aux hommes de conviction qui souhaitent affirmer leur message. Privilégié par la culture rap, il est aussi très populaire auprès des amateurs de street-art, de graff. Alors, si vous avez une parole à porter, prenez le temps de considérer un bon lettrage. Sur l’avant-bras c’est le top, dans le dos ça impose et sur le ventre c’est aussi efficace.

6. L'influence tribale/polynésienne

Un homme de l'île de Nukua Hiva, le corps recouvert de tatouages. Atlas of Krusenstern's Circumnavigation, 1813, collection du musée du Quai Branly, Paris. (Photo by Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images)

Dans la légende du capitaine anglais James Cook (18e siècle), celui-ci met pied à terre à Tahiti et découvre ébahi la culture du tatouage des Polynésiens, le tatau, qu’il retranscrit dans ses carnets sous le nom de « tattoo ». C’est un tatouage identitaire et décoratif.

Les motifs imbriqués forment des compositions très complexes et très graphiques dans lesquelles on retrouve des formes stylisées d’animaux, de figures sacrées, etc. Très esthétique, il s’adapte au corps et met en relief les lignes des muscles, les articulations, souligne les courbes.

Dans l’archipel polynésien plusieurs cultures du tatouage coexistent, alors à vous de savoir si vous préférez le style de Samoa, de Tahiti, celui des Marquises, etc. Très populaire dans les années 90, le tatouage polynésien est un classique.

7. Le tatouage (hyper)réaliste, les portraits et reproductions

tatouage buste jeune homme

Une pendule, un œil, des roses… un tatouage en mémoire de proches disparus. (Photo Mindy Schauer/Digital First Media/Orange County Register via Getty Images)

Un bon tatouage hyperréaliste c’est toujours une claque. L’effet est immédiat et le rendu spectaculaire. Ce visage vous fixe droit dans les yeux, ce vampire vous fait froid dans le dos, là c’est le fameux baiser du photographe Robert Doisneau qui est reproduit à la perfection. Bienvenue dans le monde de l’illusion et du trompe l’œil.

Photo by Pavlo Conchar/SOPA Images/LightRocket via Getty Images

On ne sait plus vraiment si l’on regarde une photographie ou une image sur peau ! Contraste, placement, détails, finesse des dégradés… tous les délires sont permis, selon que vous préfériez les compositions en noir & blanc (ça vieillit mieux) ou en couleurs. Un aspect touchant du réalisme est l’hommage que certains font à des proches défunts.

8. Les tatouages graphiques

Les artistes rivalisent de prouesse dans ces genres très techniques ou les mandalas se déploient sous toutes les formes, croisant des motifs géométriques répétitifs dans lesquelles viennent se greffer des portraits réalistes retouchés sur ordinateur.

Voilà une création dont l’inspiration doit beaucoup aux logiciels comme Photoshop qui ont ouvert des champs de création sans limite. Tout se mélange, se transforme, tout est modifié selon des paramètres très complexes manipulés avec dextérité par les tatoueurs dont la technique s’est étoffée des moyens technologiques de leur époque. En définitive, ce sont des créations originales, voir TRES originales. 

Comment bien préparer son tatouage ?

Arrivez bien reposé. Pas d’alcool avant (ça fluidifie le sang), ni de drogue afin de rester bien zen pendant sa séance. Le tatouage comme on dit dans le milieu c’est « No pain, no gain », autrement dit : on n’a rien sans rien.

Mais avec une bonne nuit derrière soi, les idées claires et une respiration par le ventre, vous serez détendu et paré pour laisser travailler votre tatoueur le temps nécessaire à la réalisation du tattoo.

Photo by Bill O'Leary/The Washington Post via Getty Images

Plus vous êtes relâchés, en confiance, mieux vous accepterez les morsures des aiguilles. Si la douleur est intolérable, il existe des crèmes qui anesthésient temporairement la peau.

1. Bien respirer suivant la méthode de l'artiste

Certains tatoueurs sont de vraies machines et pourraient travailler pendant des heures. Ce sera à vous de trouver la bonne balance entre la nécessité de l’avancée du projet et votre résistance à la douleur continue. C’est un travail qui se fait à deux. Echangez avec votre artiste.

Nous avons tous des limites et certaines zones sont plus douloureuses que d’autres. Alors si vous n’avez aucun tatouage et que vous voulez commencer tout de suite par les flancs ou par le ventre, prenez le temps de reconsidérer votre choix en fonction des recommandations du tatoueur.

Photo: Bernd Thissen/dpa (Photo by Bernd Thissen/picture alliance via Getty Images

Amener son PC portable ou passer son temps sur son smartphone pour regarder un film, pourquoi pas ? A vous de voir avec le tatoueur, tant que cela ne le gêne pas et que le film ne passe pas avant le travail en cours.

Certains tatoueurs aiment papoter pendant le travail, d’autres sont tellement concentrés qu’ils préfèrent rester silencieux. C’est un échange entre vous deux, à vous de trouver votre équilibre.

2. Quelles zones choisir pour un tatouage homme ?

Pour votre tatouage, privilégiez certaines zones quand dʼautres sont carrément à éviter.

Les endroits à éviter

On déconseille fortement le cou, les mains et le visage. Si vous cherchez un emploi, cela peut être handicapant. A moins d’évoluer tous les jours dans le milieu du tattoo ou d’autres milieux tolérants, gardez les pieds sur terre et soyez bien conscient du cadre professionnel dans lequel vous évoluez.

Photo by Kirill KukhmarTASS via Getty Images

L’ensemble de la société n’est pas encore forcément prêt à ce genre de distinction imposée. Les mentalités changent, certes, mais il faut bien peser les conséquences de l’acte. Traditionnellement, avant que les footballeurs et les chanteurs de pop ne les popularisent, les tatoueurs refusaient de tatouer ces parties visibles du corps, pour les raisons évoquées ci-dessus.

Ce genre de demandes étaient acceptées uniquement pour les personnes déjà lourdement tatouées, avec un « body-suit » ou « intégral », autrement dit le corps couvert de tattoos.

Les zones délicates

Les flancs et la poitrine sont à envisager en cas de projet artistique et de grosse motivation. Il ne faut pas se leurrer, sur les côtes ça va piquer ! L’avantage néanmoins c’est que la surface laisse suffisamment d’espace au tatoueur pour exprimer toute sa créativité. Sur le haut du torse, votre tatouage pourra être caché par une chemise boutonnée ou légèrement découvert si elle est entrouverte. Elégant et intriguant.

Le bas du dos, le poignet et la cheville, sont des zones plus généralement privilégiées par les femmes. A vous de voir. Il est vrai que ces zones laissent peu de place pour vraiment exploiter les possibilités dʼun tatouage. Tout dépend de ce que vous avez envie de dire.

Les zones à favoriser

Manchette (bras complet), avant-bras, haut du bras, dos, torse : voilà les zones de lʼanatomie masculine qui se prêtent bien à un beau développement graphique. Les possibilités sont nombreuses et intéressantes.

Photo by Gideon Mendel/Corbis via Getty Images

Trouvez la bonne mesure. Vous voulez exprimer votre personnalité ? Raconter une histoire ? Lancez-vous : faites une manchette japonaise, une poitrine réaliste ou un lettrage sur le haut du dos.

Comment entretenir son tatouage ?

La période qui suit la réalisation du tatouage est à considérer attentivement. Suivez scrupuleusement les conseils délivrés par votre tatoueur. Si vous l’avez bien choisi, c’est lui qui vous donnera les bonnes infos.

  • Une fois chez vous, lavez-vous bien les mains, retirez le film et passez la peau fraîchement tatouée sous l’eau de façon à rincer les fluides et autre résidus d’encre.
  • Tamponnez avec une serviette propre puis passez la pommade qui vous a été conseillée et recouvrez à nouveau avec du film, type alimentaire.
  • Les jours qui suivent, il n’est plus besoin de filmer la zone tatouée. Prenez juste soin de la laver correctement sous la douche, avec un savon au PH neutre et d’hydrater avec un peu de pommade plusieurs fois par jour pour relâcher et assouplir les chairs qui vont se tendre du fait de la cicatrisation.

La peau sera gonflée et vous aurez la sensation dʼêtre un peu irrité. Cʼest normal. La cicatrisation va susciter des envies de se gratter qu’il faudra absolument réfréner afin de laisser la croûte se former.

Pendant toute cette période, évitez tout frottement susceptible d’arracher la croûte et d’endommager votre tatouage, tamponnez avec les serviettes. Celle-ci va progressivement sécher puis tomber une fois la cicatrisation achevée.

Cela peut prendre un temps plus ou mois long selon les peaux, le type de technique employée pendant le tatouage et la partie du corps concernée . Comptez une dizaine de jours.

Evitez les bains chez vous, la piscine ou les bains de mer pendant toute la phase de cicatrisation.  Mais aussi le sauna, le hammam, etc. Attendez un mois pour exposer votre tatouage au soleil, les UVs ne sont pas les meilleurs amis de votre œuvre d’art, bien au contraire ! D’ailleurs, une fois à la plage, ne lésinez pas sur l’écran total dans le cas où vous souhaiteriez vous exposer au soleil.

La question du détatouage

En ce qui concerne le détatouage, la technologie au laser -la seule à l'heure actuelle dont l'efficacité est avérée- a fait aujourd'hui d'énormes progrès pour des résultats très convaincants. Pour certaines couleurs en tout cas, et tout particulièrement le noir. D'autres sont plus coriaces, comme le jaune et le rouge.

Photo by David L Ryan/The Boston Globe via Getty Images

Plusieurs séances seront nécessaires, selon la taille de la surface à détatouer. Elles devront être espacées de plusieurs semaines. Pour effacer une petite pièce, il faudra compter entre 5 et 10 séances (150 euros chacune). Ces actions répétées restent chères et pourraient même en fin de parcours vous coûter plus cher que le tatouage lui-même. Et puis ça fait mal...

Reste une solution si vous souhaitez vraiment tourner la page d'un mauvais souvenir : le recouvrement. Le tatoueur vient ainsi recouvrir le tatouage... par un autre.

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